Back to the city again ! – Troisième épisode

Toute à ces considérations, je n’ai pas entendu la porte s’ouvrir. Je suis concentrée sur le plaisir que je prends quand je remarque enfin la présence de mon époux et de notre voisin au seuil de la chambre, épaule contre épaule, se branlant en silence en me regardant.

– Fallait pas interrompre votre partie pour moi… mais puisque vous êtes là…

– Quel est donc cet objet, soudain silencieux que tu cherches à nous cacher ?

– Mon nouvel ami, mais je préfère attendre un peu avant de vous le présenter…

Je me lève, ôte le kimono que je tends à notre camarade de jeux. J’aimerais qu’il l’essaie tout de suite, mais il refuse. Je frissonne quand il sourit comme ça, quand ses yeux se teintent de lubricité.

– Avant de l’essayer, j’aimerais le voir sur votre corps quand votre époux vous culbute, mon ange.

Comment résister à une telle proposition ? Ni mon mari adoré, ni moi n’avons trouvé la moindre réponse à cette question existentielle. Je revêts donc le kimono et m’allonge sur le lit, parce que la rencontre avec mon premier joujou sexuel m’a un peu coupé les pattes. Je ne sais pas si c’est lié, mais je m’aperçois que j’ai la bouche sèche. Pour exprimer cette sensation avec précision, je devrais écrire « j’ai la langue comme un steak de cantine ».

Je demande à notre voisin de m’apporter un grand verre d’eau, ce qu’il fait volontiers. Je le bois d’un trait, ce qui n’est pas dans mes habitudes, quelques gouttes d’eau coulent à la commissure de mes lèvres. En tendant le verre vide à notre voisin, tout en le remerciant, je m’essuie du revers de la main. D’un seul coup, le regard de mon époux ne lui ressemble pas. Je veux dire, on dirait qu’il me voit pour la première fois, ses yeux sont animés d’une lueur un peu folle, comme si nous allions mourir dans l’heure et que la seule chose que nous devions faire était de prendre tout le plaisir possible. Dans l’urgence. Une seule et unique chance de nous offrir une jouissance démentielle. Mettre toute notre énergie vitale dans un ultime coït.

Conscient que son regard me trouble, troublé lui-même, mon époux dégrafe son pantalon qui tombe sur ses chevilles, il ne porte ni slip ni caleçon. Il sourit en m’entendant déglutir bruyamment. Mes yeux vont de son visage à son sexe dressé. Je m’allonge sur le dos, écarte mes cuisses. D’un geste assuré, il attrape mes chevilles. Son regard m’interroge « Et les préliminaires ? » Mon regard lui répond « Fuck les préliminaires ! » J’ai, il a, nous avons sous-estimé le pouvoir lubrifiant du gel lubrifiant, aussi quand il me pénètre d’un coup, son sexe s’enfonce tellement en moi qu’il m’atteint en plein cœur. Je pousse un cri où résonnent la surprise, le plaisir et un soupçon de douleur. Mon mari n’a pas le temps de s’en excuser, mon sourire lui intime l’ordre de ne rien en faire.

J’aime quand il va et vient en moi avec autant d’aisance. Il n’est pas en territoire conquis, plutôt en invité d’honneur. J’ondule, je grogne, ravale mes cris de plaisir. Je ne remarque pas tout de suite la présence de notre voisin à nos côtés. Il s’est assis sur le lit, tout près de moi. Il se penche pour mieux regarder le sexe de mon époux, brillant de mille feux, entrer et sortir de mon vagin. Il reprend ensuite sa position pour regarder mon visage. Il écarte un pan du kimono pour observer mon corps tout à son aise. Je ne sais pas s’il marmonne ou si c’est le plaisir qui m’assourdit. Il me semble qu’il dit quelque chose. Mon époux sourit.

Je sens mon front et mes joues devenir brûlants, je sais que je suis en train de rougir. Je m’étonne de l’absurdité de ce rougissement, parce que si la situation pourrait se prêter à cet accès de pudeur, ce qui me fait rougir est en réalité ce que je viens de remarquer. Notre voisin, assis à mes côtés, n’a pas retiré son infâme vieux pantalon de jogging, son érection tend le tissu et c’est la vision de cette bosse qui m’a troublée au point de teinter mon visage. Je ne sais pas si je le leur dirai un jour.

Mes mains sont devenues folles, elles courent le long de mon corps, rapprochent mes seins l’un de l’autre, avant de les abandonner pour caresser mon ventre. Je sens qu’il me manque quelque chose pour atteindre la perfection de ce moment et qu’elles cherchent à m’expliquer quoi. Mon mari est beau comme un dieu, notre voisin ne l’est pas moins. Il arrange une nouvelle fois mon kimono pour mieux jouir du spectacle. C’est alors que la solution m’apparaît. Je lui prends la main et la pose sur ma tempe. Il me sourit et crispe ses doigts sur mes cheveux. Je ferme les yeux pour mieux profiter de toutes ces sensations que m’offrent mon corps, mon mari et notre partenaire. Mes mains ont repris leurs caresses, qui se prolongent jusqu’à ma vulve. J’ouvre les yeux.

– Embrassez-moi !

Quand la langue de notre voisin caresse la mienne, mon époux clame que c’est trop bon, et me demande si je sens qu’il est en train de jouir. Il sait bien que je ne le sens jamais, mais ma réponse n’a aucune importance, sa question n’a pour objectif que de nous propulser un peu plus haut dans le plaisir. Je sens les pulsations de mon vagin autour de sa verge. Le baiser de notre voisin se fait plus tendre. La tête me tourne.

Mon mari s’allonge à mes côtés.

– Vous permettez ?

Nous sourions de le voir réclamer ce baiser. J’ai l’impression d’être une adolescente délurée, entre deux garçons qui m’embrasseraient à tour de rôle. La main de notre voisin caresse mon ventre, mes cuisses. Je lui demande un peu de répit, qu’il m’accorde volontiers. Après de longues minutes entre eux deux, je leur demande s’ils ont aussi le gosier sec. Mon mari me recommande de ne pas bouger, il part dans la cuisine et revient avec un pichet rempli d’eau fraîche, nous buvons dans le même verre. Au point où nous en sommes, le mélange de salives n’est plus un problème.

L’après-midi est sur le point de laisser sa place à la soirée quand, remise de mes émotions, je propose à notre voisin d’essayer son kimono. Il tergiverse, demande à s’isoler dans la chambre d’ami.

– Je préfère l’essayer seul, si ça me convient, je vous appelle, sinon, permettez-moi de ne pas me ridiculiser à vos yeux

Nous lui accordons bien volontiers cette faveur, de toute façon, je suis convaincue qu’il nous appellera. Mon mari décide de profiter de cet intermède pour préparer l’apéro dînatoire. J’ai à peine le temps d’enfiler une robe-chemise que la voix de notre voisin se fait entendre. Je le rejoins dans la petite chambre, j’ai le souffle coupé tant je le trouve irrésistible. Il le remarque.

– Qu’en pensez-vous, mon ange ?

– Attendez, je vais arranger un peu votre tenue…

– Comment ça ?

Je m’approche de lui, relâche un peu la ceinture, échancre l’encolure, écarte un peu les pans.

– Voilà qui est mieux… caché sous le tissu, votre corps ne laisse pas transparaître votre émoi…

– Que devrais-je dire ? Votre robe, boutonnée jusqu’au cou… c’est… j’ose le mot, un véritable blasphème !

– Oh, vous n’êtes qu’un vil flatteur !

Il veut m’aider à déboutonner ma robe, mais ses doigts impatients ralentissent plus qu’ils ne hâtent mon déshabillage. La robe gît sur le plancher quand on toque à la porte.

– Ciel, mon mari !

Mon voisin ouvre les pans et m’invite à me cacher sous le kimono, qu’il referme sur moi.

– Auriez-vous une idée d’où se trouve mon épouse ?

– Votre charmante épouse n’est pas dans votre chambre ?

– Hélas, non… elle a dû sortir pour faire quelques courses, je vais l’attendre dans le salon…

– Vous faites bien, de mon côté, je vais laisser la porte de la chambre ouverte au cas où vous ne la verriez pas arriver…

– Vous êtes bien aimable !

– Mais non, mais non… entre voisins, il est normal de s’entraider…

J’adore quand ils se parlent ainsi, quand leur voix sonne aussi faux que celle des mauvais acteurs de nanards ! Je leur ai dit, un jour qu’on regardait je ne sais quel navet, depuis ils en jouent pour notre plus grand plaisir.

À l’abri du kimono, blottie contre son corps, mes lèvres baisant légèrement son épaule, je caresse plus que ne branle la grosse pine de notre voisin. Je sens les frissons parcourir sa peau. Ses mains courent sur la mienne au-dessus du tissu soyeux.

– Que signifie ce sourire, mon ange ?

– J’aime l’aisance avec laquelle je jouis quand je suis entre vos bras… Je me sens comme…

– Comme ?

– Vous allez vous moquer de moi.

– Pourquoi le ferais-je ?

– Quand vous me touchez, quand vous m’embrassez, quand nous faisons l’amour, je suis un Stradivarius entre les mains d’un virtuose et j’aime ça…

– Oh, mon ange ! Mon ange… mon ange…

Son baiser est émouvant, sincère comme un premier amour.

– Aimez-vous le contact du tissu sur votre peau ?

Sans attendre sa réponse, j’en ceins son sexe et le branle lentement, pour qu’il prenne le temps d’apprécier toutes les nuances que j’y mets. J’aime les mots tendres qu’il me murmure à l’oreille, tout comme j’aime sentir ses grosses couilles frôler ma hanche. D’un geste habile, il écarte le kimono, de telle façon que mon corps nu peut être vu par mon mari. Enfin, enfin seulement, sa main se faufile entre mes cuisses.

– Votre chatte dégouline encore du plaisir de votre époux, mon ange, et de celui que vous avez pris avec lui !

– Dois-je faire une petite toilette ?

– Surtout pas ! Savoir qu’après avoir déjà tellement joui, vous avez envie de moi… vous ne mesurez pas à quel point j’en suis honoré… J’ai espéré pendant des années être le héros d’une telle histoire d’amour et quand j’ai cessé d’y croire, nous nous sommes trouvés… Voyez comme votre époux est heureux de me regarder vous faire jouir, regardez comme il est heureux de vous voir ainsi !

Ma main se resserre sur son sexe, ses mouvements s’accélèrent, mon autre main soupèse, flatte ses grosses couilles, je veux qu’il remarque la douceur qu’apporte le tissu à mes caresses. Il sourit. Bien sûr qu’il la sent, bien sûr qu’il l’apprécie, mais si je montre autant d’ardeur que d’habileté, il ne va pas tarder à jouir. Est-ce là le but recherché ? Je lui souris en retour.

J’insiste. Inlassablement, je lui pose les mêmes questions, ivre de mes mots, ivre de mes sensations, ivre du regard que mon mari pose sur nous, ivre de la voix frémissante de cet homme que je branle et qui me caresse si bien. Il finit par me prendre au mot, y a-t-il une différence entre mes caresses avec ou sans tissu ? « Je vous laisse juge, mon ange ! » Il prend un pan du kimono et veut s’en servir pour me caresser. Je sursaute.

– Non !

– Et pourquoi donc ?

– Vous allez salir votre kimono…

– Le salir ?

– Vous l’avez vous-même constaté, ma chatte dégouline encore !

– Mais, mon ange, ce n’est pas de la saleté, c’est de l’amour, rien que de…

– Ooohh… ooohh…

Ses mots, la précision de ses caresses, la douceur du tissu soyeux m’emportent dans un tourbillon de plaisir. Je jouis sans rien retenir, ni mes cris, ni mes frissons, je vacille, je sens que mes joues se gonflent comme la gorge d’un crapaud, mes yeux se révulsent comme s’ils cherchaient à visualiser cet orgasme directement dans mes tripes. Je m’envole loin de ce monde et du temps, emportant avec moi mon merveilleux amant que je ne cesse de branler, comme si nos vies en dépendaient. Il jouit dans un râle sublime. Nous nous écroulons sur le plancher. Nos bouches se cherchent. Nos bouches se trouvent. Nos mains glissent sur nos corps, légères, aimantes.

Mon mari attend, patiemment, le sourire aux lèvres que nous soyons remis de nos émotions. Enfin, il se lève, se hâte lentement, entre dans la chambre.

– Ah ! Vous l’avez donc trouvée ! Mais où te cachais-tu, ma chérie ?

– Je ne me cachais pas le moins du monde, j’étais justement venue demander à notre… À ce propos, comment dois-je vous appeler « voisin » ou bien « conjoint » ? J’étais justement venue lui demander si par hasard, il savait où tu étais passé, parce qu’il est grand temps de passer à l’apéro. N’est-ce pas ?

Back to the city again ! – Deuxième épisode

Pour la quatrième fois consécutive, mes deux hommes passent l’après-midi ensemble, deux étages au-dessus de moi. Il paraît que ma présence les empêcherait de se concentrer sur leurs parties d’échecs. Comme si j’étais du genre à les perturber, moi ! Moi qui leur prépare, avec amour, moi qui leur apporte, avec grâce, leur petite collation, je serais un élément perturbateur ?! Je serais en droit de ruminer ma rancœur, mais je ne suis pas faite de ce bois-là. Puisqu’ils veulent passer du temps ensemble, j’en profite pour renouer avec mon quartier.

J’aime me promener à mon rythme, en traînant ou en pressant le pas, selon mon bon vouloir. Ce que j’apprécie le plus dans mes promenades, c’est l’air mystérieux et impénétrable que je prends quand, une fois que nous retrouvons tous les trois, mon mari adoré et notre fringuant complice me demandent où m’ont menée mes pas… Ils font semblant d’enrager, puis me câlinent à qui mieux mieux et je fais semblant d’avoir oublié, comme si mes souvenirs s’étaient dissous dans le plaisir qu’ils viennent de m’offrir.

Alors, même si je fais mine de me plaindre de leurs apartés dans ce qui est devenu leur garçonnière, force m’est de reconnaître que cette situation m’arrange bien ! C’est sans doute pour ça que je me suis juré, que nous nous sommes juré que je ne mettrais jamais les pieds dans l’appartement du 9e étage.

Aujourd’hui, je n’ai pas fait ma promenade habituelle vers le parc Montsouris en passant par la place de l’abbé Hénocque, j’ai décidé de remonter vers le Nord, jusqu’au Jardin des Plantes, bon prétexte pour lécher une certaine vitrine. Vitrine de la boutique où je suis entrée, avec l’air faussement dégagé d’une habituée, pour acheter du gel lubrifiant. J’ai apprécié de ne pas remarquer sur le visage de la vendeuse un sourire de circonstance, au contraire, comme j’étais la seule cliente, nous avons pu parler. Elle était étonnée du nombre de flacons que j’achetais, je lui ai expliqué que nous passons une bonne partie du temps dans un village de province, que d’habitude, nous commandons par internet, mais puisque l’occasion se présente, autant faire des stocks. J’aime bien le frisson qui me parcourt quand je dis « nous » il me semble même qu’on peut l’entendre dans le ton de ma voix, parce que ce « nous » signifie « nous trois » et qu’elle entend « nous deux ».

Je suis sur le point de payer quand je sollicite un conseil, quel sex-toy recommanderait-elle à une femme de soixante-sept ans qui n’en a jamais utilisé ? Aucune ironie, aucune condescendance dans les conseils qu’elle me donne. Je suis surprise de la précision de ses questions et avant tout de leur pertinence. Je repars avec mon premier jouet sexuel, fière comme Artaban.

Allez savoir pourquoi, le Jardin des Plantes a soudainement perdu tout attrait. Je décide donc de rentrer à l’appartement, en veillant toutefois à ne pas trop me hâter, histoire de laisser monter en moi la douce vague du désir. Presque sans m’en apercevoir, je rentre dans une autre boutique où j’achète le superbe kimono qui m’a fait de l’œil à travers la vitrine. J’espère que je n’aurai pas trop de mal à convaincre notre délicieux poète de le porter.

Arrivée à l’appartement, je dois encore faire preuve de patience le temps que les batteries du jouet se chargent. Pour que l’attente ne soit pas trop agaçante, je décide de regarder mon petit porno préféré. C’est la première fois que j’en visionne un toute seule, ce qui ajoute un frisson supplémentaire à mon excitation. Avant que le film ne commence, mon regard se pose sur le sac où se trouve le kimono. Je plisse un peu les yeux pour mieux imaginer le corps nu de notre partenaire, à demi-visible, à demi offert, je me demande comment sa peau réagira au contact du tissu. Je m’interdis de me caresser tant que le sex-toy ne sera pas en état de fonctionner.

Étrangement, cette contrainte me fait rougir les joues quand je regarde, captivée, fascinée, les images du film, images sur lesquelles se superposent celles du corps de cet homme en kimono faisant semblant de ne pas remarquer mon émoi.

Enfin, enfin, je peux me servir de mon jouet ! Alors, alors seulement, je mets en œuvre le plan que j’ai échafaudé dès la sortie de la boutique. Je relance le film, en augmentant un peu le son, je m’allonge sur le lit, m’asperge d’une énorme giclée de lubrifiant, ce qui est superflu étant donné mon état d’excitation, mais en l’occurrence une bonne dose de superflu me semble capitale, je mets en marche le joujou et téléphone à mon époux adoré.

– Tu as besoin de quelque chose, ma chérie ?

– Non, non… tout va bien… je m’occupe…

– Mais… tu te mates un porno en solo ?

– Euh… non… pas du tout !

– Tu n’es pas toute seule ?

– Bien sûr que si, mais… ooh… je ne regarde pas un porno…

– Mon ange, vous nous mentez !

– C’est quoi ce bruit de fond ? En plus du film, je veux dire…

– Quel… ooh… quel… hmmm… quel bru…

– Tu veux qu’on vienne te rejoindre ?

– Non ! Vous… Oooh… vous…

J’éloigne le jouet de mon corps, parce que je ne veux pas jouir si vite et que je veux donner l’impression d’être sereine au téléphone.

– Si c’est pour me reprocher d’interrompre votre partie d’échecs, merci bien ! Autant que je reste toute seule ! Et puis… si j’appelais…

Étonnamment, alors que le jouet est loin de mon sexe, je sens un orgasme couver en moi. Je ne sais pas trop comment faire pour l’empêcher d’exploser trop vite. Si je regarde à ma gauche, je le vois, si je regarde à ma droite, je vois le flacon de lubrifiant non rebouché, si je regarde devant moi, je vois le film, si je regarde au plafond, je m’imagine telle que je suis, les jambes écartées, une main allant d’un sein à l’autre, l’autre main tenant le téléphone.

– Tu disais ?

– J’appelais pour dire que j’ai trouvé la tenue idéale pour… tu vois de qui je veux parler… quand il nous rejoint au petit-déjeuner avec son braquemard d’enfer… euh… sa trique d’enfer… Oooh… sa belle grosse pine dressée qui ne trouve pas sa place dans son pantalon…

– Eh bien, mon ange, on dirait que ça vous émoustille… Oh ! Mais voilà que le bruit reprend !

– Tu nous ferais pas une crise d’asthme, par hasard ? Ton souffle me semble bien court, ma chérie… As-tu besoin que nous te rejoignions ?

– Non ! Je voulais juste que… oh putain, c’que c’est bon !

– Qu’est-ce qui est bon ?

– De vous imaginer bander pendant que… ooh… pendant que… rhââââ ! C’est trop bon !

Je coupe le téléphone, profite de ce premier orgasme assisté, et me caresse doucement comme si mes doigts découvraient mon sexe. J’ai joui, mais j’en veux encore. Peut-être parce que j’ai l’impression d’avoir un peu bâclé ce premier orgasme.

Je me lève, je prends le sac posé sur le canapé, tant pis pour la surprise, je déchire le papier cadeau, enfile le kimono avant de retourner dans la chambre. Je regarde le sex-toy droit dans les yeux. Maintenant que je sais ce dont il est capable, je vais tâcher de faire plus ample connaissance.

Il y a presque cinquante ans, celui qui allait devenir mon époux m’émoustillait en chuchotant à mon oreille « Tu n’es qu’une petite vicieuse ! Petite vicieuse… ma petite vicieuse ! » Ces mots ont accompagné notre plaisir et je leur en suis reconnaissante. Quand je regarde le sex-toy dans ma main, que je le dirige entre mes cuisses, je l’entends me traiter de vieille vicieuse, paradoxalement, ces mots me rajeunissent, oui, je suis vieille, oui, je suis vicieuse, et alors ? Qu’est-ce qui m’empêcherait d’aimer l’être ?

Toute à ces considérations, je n’ai pas entendu la porte s’ouvrir. Je suis concentrée sur le plaisir que je prends quand je remarque enfin la présence de mon époux et de notre voisin au seuil de la chambre, épaule contre épaule, se branlant en silence en me regardant.

– Fallait pas interrompre votre partie pour moi… mais puisque vous êtes là…

Back to the city again ! – Premier épisode

Il a bien fallu nous résoudre à rentrer sur Paris, ne serait-ce que pour les élections dont la prévisibilité des résultats ne nous enchante guère. Il y a aussi et surtout l’assemblée générale annuelle de la copropriété qui s’annonce houleuse, néanmoins nous avons l’espoir de rallier assez de copropriétaires à nos arguments pour faire infléchir le vote.

Notre voisin est dans son appartement, nous sommes dans le nôtre. Il a besoin de réfléchir à la décision qu’il va être amené à prendre, ni lui, ni nous ne voulons l’influencer en la matière.

Nous avons eu mille petites choses à faire, mille détails à régler, aussi la journée est passée très vite, d’autant que nous sommes arrivés à Paris à 14 heures passées. Ce soir, au moment de passer à table, nous nous sommes aperçu que nous l’avions dressée pour trois. Sans un mot, mais avec un sourire contrit, nous avons rectifié notre erreur.

Nous nous sommes couchés à l’heure habituelle, fatigués, mais il nous est impossible de trouver le sommeil. Enfin, pour être plus précise, mon mari s’endort puis se réveille au bout de quelques dizaines de minutes, j’en fais autant et nous replongeons dans le sommeil pour un nouveau cycle identique qui est bien parti pour se répéter tout au long de la nuit.

Il est 3 heures du matin quand j’entends sonner le téléphone de mon époux, qui est parti nous chercher deux verres d’eau dans la cuisine. Il décroche, met le haut-parleur.

– Vous faites quoi ?

– On s’ennuie…

– De toi… On arrive pas à dormir… on tourne, on vire dans notre lit…

– Vous me faites une petite place ?

– T’es pas déjà dans l’ascenseur ?!

– Ah ah ! Ça ne saurait tarder, mon ange !

Quand notre voisin arrive, nous échangeons quelques mots. Il n’arrivait pas à dormir alors, quand il a remarqué que la lumière de notre cuisine venait de s’allumer, il nous a téléphoné. Nous plaisantons à propos de cette mode architecturale, tellement honnie, des façades verre et béton qui pour une fois, s’est avérée utile.

Le temps pour nous de boire nos verres d’eau et pour notre voisin de se déshabiller, nous retrouvons tout naturellement nos places respectives dans le lit. Les pieds de notre voisin sont glacés, dans sa précipitation, il est sorti pieds nus. Nous nous endormons, presque en même temps, l’un après l’autre, comme s’éteindraient trois chandelles entièrement consumées.

Je me réveille alors que le soleil est assez haut dans le ciel pour que sa lumière éclaire notre chambre malgré les rideaux tirés. Face à moi, notre voisin dort à poings fermés. La main de mon époux caresse délicatement ma hanche. J’ondule contre son corps, je sens sa queue durcir contre mes fesses. Je me tortille pour la positionner à l’entrée de mon vagin. Mon époux m’arrête net.

– Je ne suis pas un homme facile

Interloquée, je me tourne vers lui.

– Depuis quand ?

Son sourire est ravageur et ses yeux brillent d’une lumière qui n’a rien à envier à celle du soleil.

– T’as d’beaux yeux, tu sais…

– Embrassez-moi !

Comme ces mots me font palpiter ! Nos pelles sont de plus en plus harmonieuses et cette victoire, nous la devons à celui qui dort à nos côtés. Après un long baiser, nous pivotons de façon à ne pas le perdre des yeux. Mon mari me pénètre au ralenti, un peu trop doucement à mon goût. Je sens son souffle chaud à mon oreille.

– Chut… allons-y doucement… laissons-le dormir… Pour toi, il dort comment ?

– À poings fermés… oh… oui… il dort à poings fermés…

– Chut… pas si fort… pour une fois essaie de ne pas crier… de ne pas onduler… je voudrais qu’il dorme à pine dressée… hmmm… C’est bon de baiser comme ça…

– « À pine dressée » ? Mais pourquoi ? Ooh…

– Pour qu’à son réveil, il se demande pourquoi…

Nous faisons l’amour à un train de sénateur… Je dois faire un effort surhumain pour ne pas chalouper, pour retenir mes cris, pour interdire à mes doigts de se crisper sur les draps. Cet effort, m’offre un orgasme charmant comme un bouquet de fleurs des champs cueillies lors d’une promenade impromptue. Mon époux adoré mord dans ma chevelure quand il jouit en moi.

Nous nous levons pour prendre le petit-déjeuner. Avant de sortir du lit, nous remarquons que dans son sommeil, notre voisin a dirigé sa main vers son bas-ventre. Nous nous sourions, complices, et partageons un nouveau baiser.

Notre voisin nous rejoint dans la cuisine.

– Le pantalon était en option ?

– J’aurais bien voulu, mais il n’y avait pas la place pour garer l’engin… regardez-moi cette trique d’enfer !

– Trique d’enfer, trique d’enfer… je demande à voir…

– Eh ben, constate, mon ange !

Mon époux adoré, qui s’était levé pour préparer notre deuxième tournée de café, interrompt mes constatations.

– Ne bougez pas ! Il faut que je capte cette image… tout est parfait… La petite érection matinale, mignonne comme tout… le regard gourmand et la bouche entrouverte de notre douce épouse… la lumière magnifique et en arrière-plan, les immeubles parisiens… C’est trop beau !

– Comment ça « petite érection matinale » ?! Ben merde, alors ! Je bande comme un âne…!

– Comme un âne turc, je dirais… laisse-le dire, c’est la jalousie qui s’exprime par sa bouche…

– Oh mon ange… tes mains… ton souffle

Mon mari revient, non pas avec son appareil photo, mais avec son bloc de dessins et ses crayons.

– Vous passez au tutoiement, tous les deux, si je comprends bien

– Une petite érection matinale ne mérite pas le vouvoiement.

– Bien dit ! Tiens, ce qui serait encore mieux, c’est que tu boives un bol de café pendant qu’elle te suce… N’y vois aucune malice, c’est tout simplement pour donner un repère temporel… bol de café, petit-déjeuner./

L’exercice n’est pas si agréable de mon point de vue, parce que mon époux exige que je reste la bouche entrouverte à quelques millimètres du gland, fort appétissant, de notre voisin. Très vite, pourtant, je parviens à le convaincre que quelques coups de langue habiles et légers permettraient de maintenir cette érection, qui ne demande qu’à faiblir. Un coup de langue en entraînant un autre, puis un baiser en entraînant un autre, je m’offre enfin le plaisir d’une fellation.

Je suis surprise quand notre voisin se retire. Je ne pensais pas que l’activité de ma bouche et de ma langue pouvaient donner lieu à des pointillés. En fait, la raison en est toute autre

– À moins qu’il ne dessine avec sa bite, je pense que votre mari est passé à autre chose.

Je pose mon regard sur mon époux et constate qu’il a lâché pinceaux et crayons et se masturbe allègrement. Sans vergogne.

– T’exagères, mon chéri, tu ne bandes même pas !

– Un petit peu quand même… disons une demi-molle… presque une demi-molle… mais l’artiste a quand même un peu le droit de se laisser aller à ses fantasmes, non ? Si ça me plaît de me tripoter en vous regardant, où est le problème ?

– Où est le problème ?! Tu rigoles ou quoi ?! Tu me demandes, tu nous demandes de tenir une position super inconfortable soi-disant pour nous dessiner… alors que tu aurais parfaitement pu faire une photo… et toi, tu laisses tout en plan pour te branler… il est là le problème ! Si je ne respectais pas l’artiste qui sommeille en toi, il y a belle lurette que j’aurais demandé à notre voisin de me prendre sur un coin de table, mais il se trouve que j’ai le respect chevillé au corps, moi, monsieur !

– Tant de respect vous honore, mon ange… mais puisque l’artiste ne m’en semble pas digne, si vous en avez toujours l’envie, laissez-moi vous prendre sur ce coin de table qui n’attend que nos ébats… ainsi, l’artiste irrespectueux se verra bien puni ! (Il grommelle) « Petite érection matinale »… j’t’en foutrais, moi d’une petite érection matinale… !

Notre voisin prend la peine de poser un coussin sur la table, je lui en suis reconnaissante. Il m’est arrivé de me plaindre de la sensation désagréable, à la limite de la douleur, quand mes seins heurtent le dessus de la table sous les mâles assauts.

Penchée sur la table, j’écarte trop légèrement les cuisses, parce que j’aime sentir la main de notre voisin les écarter davantage. Je sens son gland frôler ma vulve, je l’attrape et le guide jusqu’à l’entrée de mon vagin. Cette « prévenance » de ma part l’a tout d’abord agréablement surpris, elle lui semble désormais nécessaire.

Il me pénètre au ralenti, pousse un petit juron de surprise, s’enfonce en moi, toujours au ralenti, attentif à ses sensations, il l’est assez pour que je m’en rende compte, puis dans un mouvement inverse se retire presque entièrement avant de s’enfoncer de nouveau, toujours au ralenti, le souffle suspendu entrecoupé de « Mais… mais… mais… ? » Il se retire tout à fait, me laissant tremblante d’un désir exacerbé, mais non assouvi.

– Vous aurait-on déjà honorée ce matin, mon ange ?

– Ce n’est pas ce que vous croyez, mon sémillant… C’était une idée de… Oh, mon chéri, explique-lui donc ce qui nous a…

– La science. C’est l’amour de la science qui nous a incités à tenter l’expérience…

– La science ? L’expérience ?

– Nous voulions savoir si en faisant l’amour à vos côtés, durant votre sommeil, en ne faisant aucun bruit, en ne bougeant pas plus que nécessaire, votre corps aurait une réaction quelconque… Il semble que oui…

– Mais quelle délicieuse idée ! Oh ! Moi qui croyais devoir m’en fâcher… j’en suis… ô, mon ange… votre bouche… Oh… mais que…

– Voilà qui confirme ce que je vous disais l’autre jour, cher ami. Les pipes de notre femme, toujours délicieuses, deviennent divines quand elle suce une queue recouverte de sperme…

– Certaines se régalent d’un café gourmand, ou d’un thé gourmand, j’ai bien le droit de me régaler d’une pipe gourmande, non ?

Je regarde la grosse pine de notre voisin, où il ne reste plus aucune trace du sperme de mon époux et me remets en position. Nous allons jouer ce scénario à plusieurs reprises, jusqu’à ce que toute trace de « l’expérience » ait disparu. Alors, ses va-et-vient deviennent rugueux à souhait. Je tente de retenir les mots que j’ai envie de crier. Mon époux s’en aperçoit et me demande ce que je cherche à taire. J’essaie, mais les mots ne veulent pas sortir de ma bouche. Notre voisin me demande à son tour de laisser parler mon cœur. Je n’ose lui répondre qu’en l’occurrence, mon cœur n’a pas grand-chose à voir avec ce que j’ai en tête, mais sa demande me libère tout à fait.

– Ooh… mon cher voisin… mon merveilleux… mon sémillant… Oooh… mon fringuant… Ooh… j’espère que vos grosses couilles sont pleines de… ooh… de foutre… et que… Oooh ! Et que… vous allez les vider dans ma chatte… ooh… Vos couilles… décharger… foutre… Ooohh… oui… fort comme ça ! Oooh… mon sémillant voisin… Oohh… je vous… ooh… je t’aime… Oohh… oui… oui… Rhââââ… OUI !

Un grognement me fait tourner le visage en direction de mon époux. Il regarde le creux de sa main. Je lui crie « Non ! » avant qu’il ne se l’essuie. Il comprend, me sourit, se lève et m’offre sa paume à lécher.

– Ô, ma salope angélique… comme je vous aime quand vous… rhâââââ !

Son cri, quand il jouit me propulse par-delà le Paradis. Comme ça m’arrive de plus en plus souvent depuis le jour de l’an, je ressens un plaisir absolu, un bonheur total, la définition même de la plénitude. Nous restons quelques minutes sans bouger, moi penchée sur la table, mon mari debout à ma droite, notre voisin affalé sur mon dos, son sexe désormais mou presque entièrement sorti de mon vagin.

Je sens sa bouche sur mon épaule. Je frémis à l’avance de ce qui va suivre. Ses lèvres glissent le long de mon dos. Il s’agenouille alors, ses doigts écartent mes lèvres, je demande à mon mari adoré de vérifier si notre voisin a réellement joui ou s’il a simulé pour m’être agréable. Mon mari constate que notre voisin n’est pas un simulateur. Alors, je laisse notre partenaire lécher ma vulve, jouer avec ses doigts dans mon vagin pour en extirper le sperme. Lécher ses doigts, me lécher la vulve à nouveau. Enfin, il se redresse, me fait pivoter pour me regarder droit dans les yeux. « M’accorderiez-vous un baiser, mon ange ? » Alors, nos langues se font l’amour et la tête me tourne.

Plus tard, après s’être plaint que son café était froid, notre voisin se dit prêt à réitérer l’expérience chaque matin, jusqu’à ce que mon époux ait enfin dessiné la scène de ses rêves. Nous avons quitté la cuisine pour le canapé du salon.

– Tu sembles contrarié… c’est à cause de la décision que tu devras prendre ?

– Non… c’est que je suis redevenu votre voisin et que j’aimais bien être votre conjoint…

– Mais… c’est ce que tu es, non ? Pour être notre conjoint, il faudrait que tu partages ta vie avec la nôtre…

– Ne me tente pas, mon ange, ne me tente pas !

– Et moi ? J’ai le droit de te faire la même proposition que notre merveilleuse femme ? Si je te demande officiellement « Voudrais-tu vivre avec nous ? » quelle serait ta réponse ?