Les saynètes de Madame – « Tel est pris qui croyait prendre ! »

– Vite ! Vite ! Accourez, mon ami ! Et venez juger par vous-même !

– Que se passe-t-il, très chère ? Qu’avez-vous de si important à me montrer que vous me dérangez en plein labeur ?

Le rideau s’ouvre, laissant apparaître la chambre conjugale d’un intérieur bourgeois.

– Constatez ! Constatez que je ne vous ai point menti ! Le voici, le gredin ! Le voici, mon tourmenteur ! Ah, ah, monsieur le Méchant, vous voilà bien attrapé !

– Qu’est-ce ceci ? Allez-vous m’expliquer ?

– Vous m’avez, à maintes reprises, soupçonnée… que dis-je « soupçonnée »… accusée d’être une épouse infidèle, tenant pour preuve mon… intimité souillée, selon vous, de la semence de mon amant. Or, je vous ai toujours affirmé vous être restée fidèle, je vous ai toujours clamé mon innocence. Seulement, vous ne m’avez pas crue. Votre regard et vos remarques acerbes me souillaient aussi certainement que si je m’étais vautrée dans la fange, mais vous… Si j’avais eu un amant, je m’en serais souvenu ! Étais-je donc folle à lier ? J’avais beau chercher dans mes souvenirs, je ne me rappelais de rien, si ce n’étaient quelques rêves… dont je préfère ne pas parler…

Après le dîner, puisque comme tous les soirs vous deviez vous pencher sur quelque dossier de la plus haute importance, je décidai de mettre en pratique le plan que j’avais échafaudé le matin même. Comme tous les soirs, j’allai dans notre chambre, me mis au lit, lus un chapitre d’un roman d’amour, éteignis la lumière, mais à la différence des autres soirs, je ne bus pas ma tisane relaxante et la laissai sur ma table de chevet.

Me pensant endormie, ce gredin, entra subrepticement par la fenêtre, que vous tenez à garder ouverte, hiver comme été, malgré ma tendance aux refroidissements, se glissa dans le lit et tandis qu’il ôtait ses… haillons, remarqua la tasse posée sur ma table de chevet « Alors, t’as pas bu ton digestif, la bourgeoise ? » et la but d’un trait, avant de s’allonger à mes côtés.

Je faisais semblant de dormir et lui me faisait exactement ce que me fait habituellement Alain Delon dans mes rêves… je vous passe les détails… Pendant ce temps, la tisane faisait son effet et il s’est endormi pendant qu’il « me faisait mon affaire », pour reprendre sa grossière formulation.

– La tisane agirait-elle si rapidement ? Au bout de combien de temps s’est-il endormi ? Pendant combien de temps avez-vous dû subir ses… assauts ?

– Je ne saurais vous dire précisément… un peu plus d’une heure… moins de deux, je suis formelle ! Moins de deux… Quand il fut endormi, je vous empruntai quelques cravates, me servis également de mes bas et le ligotai.

Ah, ah, vous voilà bien attrapé, Monsieur le gredin ! Et veuillez cesser, je vous prie de vous tortiller comme un ver à soie !

Quant à vous, Monsieur mon mari, reconnaissez votre erreur et admettez ma parfaite bonne foi !

– Si fait, Madame, si fait ! Afin que je puisse prendre la pleine mesure de ma faute, dans ce méjugement, auriez-vous l’obligeance de me montrer ce qu’Alain Delon vous faisait dans vos rêves ? (Regardant le gredin d’un air blasé) Alain Delon… !

– Puisque vous y tenez, et afin que vous ne puissiez plus remettre en cause ma bonne foi, je veux bien consentir à vous accorder cette démonstration. À cette fin, veuillez, je vous prie m’aider à installer le gredin sur ce fauteuil et prendre sa place.

Le mari et son épouse, entreprennent de déplacer le corps ligoté du gredin.

– C’est qu’il est lourd, le bougre ! Aidez-nous, monsieur le tourmenteur, au lieu de vous agiter sottement ! Laissez-vous transporter, aidez-nous plutôt que de lutter ! Et il ne sert à rien de grogner ainsi, derrière votre bâillon, vos propos demeurent inintelligibles ! Allons-nous devoir vous assommer ? Non ? Voilà qui est raisonnable…

Le gredin installé dans le fauteuil, l’épouse reprend son récit.

– Voilà qui est plus conforme à la situation. Veuillez, mon ami, avoir l’obligeance de vous dévêtir et de porter à vos narines ma culotte que j’avais posée, proprement pliée et que ce malotru a reniflée, froissée avant de la jeter à terre, comme un vieux chiffon usagé. Voilà qui est mieux… Devrais-je éteindre la lumière ou souhaitez-vous que je la laisse ?

– N’éteignez point, ainsi je pourrais mieux me rendre compte.

– Vous avez raison, mon ami ! Et quant à vous, monsieur le gredin, vous pourrez ainsi prendre la mesure des tourments que vous me faites subir plusieurs fois par semaine !

Plusieurs fois par semaine, dites-vous ?

– Hélas, mon ami… hélas… ! Je suis donc allongée sur le dos, les mains reposant pieusement sur la couverture. Ce gredin s’allonge à mes côtés. Oui. C’est ainsi qu’il fait. Par une pression sur mon épaule, m’oblige à me mettre sur le flanc… comme ça… oui !

– Groumpf ! Groumpf !

– Mais cessez donc de vous agiter, Monsieur, j’entends à peine les indications de mon épouse ! Cessez donc ces grognements, ces soubresauts ! Ah ! Vous voyez où ça vous a mené ? Vous avez chu et je vais devoir vous réinstaller sur le fauteuil !

Le mari se lève et tente de remettre le gredin sur le fauteuil.

– Mais aidez-moi au lieu de résister ! Qu’avez-vous donc de si important à me dire ?

Le mari desserre le bâillon.

– Avant de la mettre sur le côté, comme il fait nuit noire, je dois m’assurer que c’est bien elle…

– Oh ! C’est trop fort ! Après m’avoir injustement accusée, voici que vous le laissez aller à ses divagations ! Quel affront !

– Laissons-le s’expliquer, mais je vous assure que votre version aura ma préférence, si je devais faire un choix. Alors, ainsi vous vous assurez qu’il s’agit bien de mon épouse ? Ensuite… ?

Le mari reprend sa place sur le lit et, comme à tâtons, caresse le visage, les épaules, les seins de son épouse.

– Non ! Non ! Si vous voyiez mes mains, vous constateriez qu’elles sont bien trop caleuses pour me servir d’yeux dans le noir !

– Et de quelle façon procédez-vous à l’identification ? Avec votre bouche ?

– Que nenni ! Je me sers de mon membre que je passe comme ça sur ses joues.. oui… ainsi… Descendez jusqu’au menton, oui… Remontez le long de l’autre joue… plus près de l’oreille… Boudiou ! Je me tords le cou et j’y vois goutte ! Oui… Tournez-vous ainsi… de toute façon, d’un côté comme de l’autre, c’est toujours le même lit ! Remontez encore… jusqu’au front… caressez-le sur toute sa surface… oui… avec le gland… Boudiou ! Je bande comme un âne à vous regarder faire et ce bas me cisaille les joyeuses !

– Hors de question que nous vous détachions, monsieur le gredin ! J’ai eu trop de mal à vous capturer !

– Reprenons ! Je fais ainsi… comme un peintre applique ses couleurs…

– Maintenant, descendez le long du nez, faites le tour de sa bouche, titillez-la avec votre… Monsieur, avec tout le respect que je vous dois, vous vous y prenez mal ! Parce qu’elle aurait déjà dû avoir entrouvert ses lèvres et permis à votre gland de goûter à la douceur de sa bouche… gourmande.

– Monsieur ! Je vous en prie, vous vous égarez ! Que dites-vous là ? Ce n’est qu’un gredin, mon ami, n’écoutez point ce tissu de mensonges !

– Avec moi, elle parle pas…

– Reprenons là où nous en étions. Fermez les yeux, ma mie, et faites semblant de dormir…

– Vouaï, comme avec moi… Agacez-lui le bord de la lèvre… à la commissure… Non ! Juste au-dessus… titillez-la comme l’abeille qui se pose sur le pistil… elle ne sait où butiner… où que ce sera le meilleur… aaahhh… voilà… ! Laissez-vous faire, maintenant… Vous sentez comme elle vous tète avec…

– Oh oui !

– C’est donc la bonne personne ! Maintenant, que vous en êtes sûr et même s’il vous en coûte, sortez de sa bouche… en prenant tout votre temps… et faites-la pivoter sur le cô… tout doux ! N’allez pas nous la réveiller ! Et allongez-vous derrière elle… Je veux pas me moquer, mais avé moi, elle se colle direct à mon corps…

– Ne croyez pas ses allégations, mon ami ! Cet homme ment ! Si je me collais à son corps, je m’en souviendrais !

– Quand elle est tout contre moi, je glisse doucement mes mains sous sa chemise de nuit… plus furtif que ça ! Imaginez un renard se faufilant dans un poulailler… Oui ! D’une main, remontez jusqu’aux belles mamelles… mais ! Vous voulez la traire ou quoi ?! Boudiou ! Une telle poitrine mérite un peu d’attention, de respect ! Caressez-la doucement… prenez son sein dans votre main… aussi délicatement que si vous trouviez un joli petit nid tombé de l’arbre et que vous vouliez le remettre en place… doucement… dou-ce.-ment… L’autre main, je la plaque sur son ventre… ainsi, je peux la serrer tout contre moi… N’oubliez pas les caresses légères… glissez la main entre ses seins… le tranchant de la main… Fermez les yeux, imaginez… C’est votre membre qui coulisse entre ses mamelles… Imaginez la douceur… Boudiou ! Au moins, desserrez-moi ce putain de bas !

– N’en faites rien, mon ami, poursuivez… l’exercice…

– Et que faites-vous, ensuite, monsieur le… ligoté ?

– J’appuie plus fermement sur son ventre tout en poursuivant les va-et-vient de ma main entre ses seins… vous voyez, rien de bien offensant… Mon sexe se frotte contre la raie de ses fesses, au même rythme…

– Mais pas du tout ! Il glisse son membre entre mes cuisses et fait descendre sa main de mon ventre à… là… Voilà comment et où il met son gland et comment il appuie… là… sur mon « bouton »… s’agitant comme on fornique… C’est ainsi qu’il fait ! J’en suis certaine !

– Mais ça, c’est que pour le dimanche !

– Menteur ! Je me souviens de certains… rêves identiques, lundi, jeudi, vendredi !

– Mais… mais c’étaient les lundis de Pâques et de la Pentecôte, le jeudi de l’Ascension, et le Vendredi Saint ! Quand je dis « dimanche », je veux dire « jours du Seigneur » !

– Alors, dites-le ainsi ! Soyez précis, monsieur le gredin ! Puisque vous racontez, veillez à l’être !

– Pouvez-vous soulever la couverture, que je puisse vérifier si vous faites tout comme moi ?

Le mari s’exécute. Le gredin étire le cou… le mari desserre son étreinte afin que le gredin vérifie la position du corps de l’épouse assoupie.

– Remontez davantage la chemise de nuit… Boudiou ! Son cul est encore plus beau que je l’imaginais !

Et vous le laissez se rincer l’oeil ?! Je ne vous félicite pas, mon ami !

Le mari reprend sa place, dans le dos de sa femme. Il glisse son sexe entre les fesses de son épouse, suivant les indications du gredin. Il se frotte langoureusement, comme il le ferait entre les seins de sa femme.

– Mon ami, continuez vos caresses sur mon… sur ma féminité

– Soyez plus finaud ! Gardez vos forces ! Le but de ces caresses c’est de l’amener à bouger, à onduler dans son… sommeil. Oui ! Faites-la danser ! Regardez comme elle aime ça, la bourgeoise ! Elle est mouillée du minou ou pas encore ? Me regardez pas avec des yeux de merlan frit ! Pour le savoir, mettez-y les doigts ! Ah… voilà qui est mieux !

En effet, l’épouse roucoule de plaisir et ondule lascivement de la croupe.

– Elle est mouillée comment ? Un peu ? Beaucoup ? Vous savez pas ? Plus ou moinssse que d’habitude ? Plutôt plus ? Ah ! Tant mieux pour vous, alors ! Vous y mettez combien de doigts ? Que un ?! Mais vous la soumettez à la torture si vous y en mettez que un !

Ah ! C’est bien ce que je me disais, mais je n’osais vous en faire la remarque, mon ami !

– Voilà qui est mieux ! Écoutez-la roucouler, sentez comme elle bout de plaisir, sentez comme son coeur s’emballe.

De fait, l’épouse ne peut cacher la vague de plaisir qui s’empare d’elle.

– C’est bien ainsi qu’il procède, se comporte avec vous, madame ?

– Dans… mes rêves… il lui arrive de me… de me… pénétrer et de me faire… onduler… danser autour de son membre… sans cesser ses caresses…

– Ainsi ? C’est ainsi qu’il vous… fait danser ?

– Perdriez-vous la tête, mon ami ?! Ainsi, ce serait pécher ! Nous ne sommes ni dimanche, ni un jour férié !

Pendant que le mari sodomise son épouse, l’excitation du gredin est à son comble. Ses grognements rageurs, ses plaintes et ses suppliques sont couverts par les cris de plaisir du couple légitime.

Le rideau se ferme. Puis s’ouvre. Le mari, l’épouse et le gredin saluent sous les applaudissements du public. Le rideau se referme. On entend des bruits divers sur la scène. Des pas qui s’éloignent. La lumière s’éteint.

– Bon. Vous attendez quoi pour me détacher ? Non ! Revenez ! C’est pas drôle ! Vous pouvez pas me laisser comme ça, tout ficelé comme un rôti !

– N’y comptez pas, car telle est la sanction que mon époux et moi-même nous plaisons à infliger à tous les gredins de votre espèce !

Odette&Jimmy – « All them good times, baby, baby, I’ve been yearnin' »

Comment évoquer la découverte du plaisir des étreintes torrides, sans cette évocation musicale qui l’illustre à la perfection ? Y aurait-il d’autres esprits aussi tordus que le mien pour avoir entendu pendant 40 ans « Wet down inside » ? J’ai halluciné en lisant les vraies paroles la semaine dernière !

Monique prit le volant aux côtés de Jean-Luc, je montai à l’arrière, entre Jimmy et Christian.

– On va te montrer la fameuse crique, mais nous n’y allons plus depuis presque quarante ans. Trop de touristes veulent profiter de cet écrin encore un peu sauvage et ce genre de touristes aiment à y venir avec leurs bambins, bambins avec lesquels ils ont envie de partir à la découverte de ce petit sentier qui grimpe le long des rochers… La crainte de nous faire surprendre par eux a très vite calmé nos velléités de partouzer ici !

– Parce que certains sont d’éminentes personnalités locales, respectables et respectées, un maire et son épouse, la directrice de l’école, le directeur d’une autre…

– Le capitaine des pompiers bénévoles…

Ex-capitaine !

– Oui, mais n’empêche… j’en connais plusieurs qui auraient préféré mourir plutôt que tu leur fasses le bouche-à-bouche, s’ils avaient su où tu aimes mettre la tienne… où tu la mets !

– Tu ne t’en plaignais pas…

– Je ne m’en plains toujours pas, mais je pense à…

– C’est marrant, j’aurais cru que le fantasme du pompier…

– Ah ah, Dédette ! Vas-y Christian, parle-lui de ce fantasme !

– En théorie, il existe. Dans la réalité, aussi. Je dois vivre à la frontière des deux, ni en théorie, ni dans la réalité ! Les femmes que j’ai eu à secourir étaient ou bien des mamies qui avaient glissé, étaient tombées à terre et ne parvenaient plus à se relever. Elles me gratifiaient alors d’un bisou sur la joue, en me remerciant et en me rappelant que mon papé était aussi bien serviable. Chez certaines, une petite lueur dans les yeux me permettait d’imaginer le genre de service qu’avait pu leur rendre le Toine, mais je ne leur ai jamais demandé. Sinon, de la viande saoule, des accidentées de la route ou de jeunes gamines blessées dans les rochers… des mômes de quatorze quinze ans pour qui j’étais un vieux croulant de plus de trente !

– Merde, alors ! Pas d’bol !

Pas d’bol ?! Tu déconnes ou quoi ?! J’ai pu faire ma vie avec les femmes que j’aime et qui s’aiment, j’ai pu la vivre entouré de mes amis les plus chers ! Pas d’bol ?! On est passé au travers des années SIDA sans qu’aucun d’entre nous ne soit contaminé et tu me dis que j’ai pas de bol ?!

Qu’aurais-je pu répondre à une telle tirade ?

Je reconnus immédiatement la crique, pas tant grâce aux descriptions qu’en faisait Monique, mais à cause d’une photo que m’avait montrée Mireille quelques heures auparavant. Une photo les représentant, entourant Rosalie, Nathalie, Valentino, Barjaco et Neuneuille peu avant le décès de ce dernier.

Il était trop tôt dans la matinée pour les promenades familiales des touristes et en ce printemps, le temps trop incertain pour les pique-niqueurs. Monique me désignait l’endroit exact de sa rencontre avec Marcel et Alain, quand retentit derrière nous l’éclat de rire de ce dernier « J’aurais dû le parier ! ». Il était en route vers le mas, quand il avait eu cette « prémonition ».

Alain me proposa de me montrer où et comment il vit Monique pour la première fois. Il s’installa à l’abri d’un buisson bien chétif et s’en plaignit sans grande conviction, m’invita à l’y rejoindre. Monique souriait, ravie de l’aubaine. Christian demanda à Jean-Luc de prendre sa place « à titre exceptionnel ». Jimmy se joignit à eux. Entourée de deux de ses meilleurs amis, je le regardais s’éloigner en contrebas.

Je n’aurais jamais pu imaginer que voir Jimmy avec une autre femme amplifierait à ce point mon désir et mon amour pour lui. Je sentais mon cœur battre à tout rompre dans mes oreilles, m’assourdissant à moitié. Je me tordais le cou à vouloir trouver le meilleur angle. Mes seins étaient lourds, mon sexe me brûlait, mes cuisses et mes fesses attendaient leurs caresses et je manquais singulièrement de mains pour les combler.

Christian et Alain l’avaient compris et s’étaient portés à mon secours. Je les avais repoussés « Non ! Après ! Attends ! » et j’avais davantage étiré mon cou.

– Ô, pute vierge ! Christian nous a trouvé son alter-égo ! Vé ! Elle est comme toi ! Mater lui suffit !

Christian me prit le menton pour m’obliger à le regarder dans les yeux. Il y cherchait une certaine lueur, qu’il trouva. Un large sourire illumina son visage buriné. Un petit nuage de prière inavouable traversa son regard. Je lui rendis son sourire et accédai à son vœu muet en ouvrant mon chemisier et le laissant admirer, il n’y a pas d’autre terme, ma poitrine dénudée.

Il me proposa de regarder à nouveau batifoler Jimmy, Monique et Jean-Luc en contrebas. Il se tint dans mon dos, malgré ma plainte « Je ne pourrais pas regarder ta queue, si l’envie m’en prenait ».

– Si tu regardes sur ta droite, celle d’Alain pourra te consoler

Je sentais son sexe durcir contre mes reins. Ses mains caressaient mes seins. Ses lèvres titillaient le lobe de mon oreille. Christian murmurait comme un mantra « Regarde ! Regarde comme ils sont beaux ! Regarde ! Regarde comme ils sont beaux ! ».

Je ne savais plus où donner du regard. À ma droite, le sexe d’Alain me fascinait, me faisait bouillir de désir. Au loin, plus bas, Jimmy prenait Monique adossée à un rocher, quand il me vit, il me fit un signe de la main auquel je répondis. Jean-Luc, pour changer, offrait à sa queue les plaisirs de la bouche de Monique. Mais j’avais beaucoup de mal à détacher mon regard de Jimmy, de son corps, je cherchais à apercevoir son sexe aller et venir, j’attendais qu’un rayon de soleil fasse étinceler sa peau brillante de plaisir.

Je me cambrai davantage pour répondre aux frottements de Christian, qui avait changé de mantra « Oh, tes seins, tes seins, tes seins ! ». Sans détacher mon regard de Jimmy, qui était sorti de Monique et permutait de place avec Jean-Luc, je suppliai Christian.

– Oh, tes mains, tes mains, tes mains ! Tu voudrais bien faire l’amour à mes seins avec tes mains ? Je suis sûre qu’elles pourraient me faire jouir.

Christian, dans mon dos, grogna de plaisir et entreprit d’exaucer mon vœu.

Quand je vis Jimmy, au comble du bonheur, fermer les yeux, porter ses mains à ses cheveux, je pris une main de Christian et une d’Alain, les guidai sur mon sexe, par-dessus le tissu de ma jupe. De son autre main, Christian caressait mes seins comme s’il suivait un parcours rituel. Je sentais les mouvements d’Alain se branlant, rien qu’aux tressautements de la main qui me caressait.

Je criai bien plus fort que je ne l’aurais cru, bien plus fort que je ne l’aurais dû. Jean-Luc, Monique et Jimmy se figèrent, me regardèrent surpris.

Je murmurai « Encore, encore ! », mais l’épaisseur du tissu qui m’avait été si agréable s’était transformée en barrière qui m’interdisait d’éprouver tout le plaisir dont j’avais envie. Un regard sur ma droite. Des sourires. Un « Christian, n’arrête pas ! » Les mains d’Alain sous ma jupe, à la recherche d’une culotte à ôter. Culotte aussitôt tendue à Christian bandant plus fort. Alain sous ma jupe. Mes lèvres écartées par ses doigts. Sa bouche. Sa langue. Les mains fébriles de Christian. « Relève ta jupe, que je puisse le voir te sucer ! ».

Le tissu froissé de ma jupe dans mes mains. Le visage de Christian penché vers celui de son ami. Mes seins jouissant des mains de Christian. Mes yeux fermés. La certitude d’être observée. Le désir de voir leur regard.

Mes yeux dans ceux de Jimmy. Une évidence. Nos regards vers Monique. Bel échange de sourires. Jimmy debout face à moi. Monique agenouillée devant lui. Moi debout, Alain à genoux devant moi. La langue d’Alain. Mes yeux dans ceux de Jimmy. La bouche gourmande de Monique. Le sexe à demi flapi de Jimmy.Ses yeux dans les miens. Les mains de Christian sur mes seins.Les yeux de Jimmy sur les mains de Christian. La langue de Jimmy affûtant ses dents. La langue d’Alain. Le sexe dur de Christian dans mon dos. Le sexe à nouveau dur de Jimmy. La langue de Monique. Les mains de Christian. Le souffle court de Jean-Luc. La main de Jimmy prenant la mienne. Les mains de Christian. La langue d’Alain. La bouche de Monique. Les yeux de Jimmy dans les miens. Notre premier orgasme simultané dans son pays. Les souvenirs me reviennent par flashs, comme un diaporama.

Alain nous proposa d’aller dans la maison de la rue Basse, la leur étant encore occupée par les gamins, qui devaient se préparer avant d’aller au mas pour d’ultimes répétitions. En chemin, Alain me désigna une petite maison en contrebas « C’était là que vivait Valentino ». Je demandai ce qu’il en était advenu à sa mort. Jimmy serra sa main sur ma cuisse. Nous étions à l’arrière de la voiture d’Alain, Monique, Christian et Jean-Luc ayant pris l’autre auto.

– Le p’tit puceau l’avait acheté en viager

– « Le p’tit puceau » ?! Le Balafré ? C’est comme ça que… ô, pute borgne ! Faut mettre ça à l’ordre du jour ! Le p’tit puceau… elle est bien bonne, celle-là !

– Non ! Je t’en prie, Alain… si tu savais comme j’ai honte d’avoir cru si longtemps qu’il… Demande-moi ce que tu veux, mais… par pitié…

Les pneus ont crissé, la voiture a un peu dérapé quand Alain a freiné sur le gravier. L’autre auto s’est arrêtée.

Alain m’entraînait sur le sentier qui mène à la maisonnette quand j’entendis Jimmy dire à ses amis, d’un ton faussement las « Elle a dit à Alain qu’il pouvait lui demander ce qu’il voulait… ». Je ne sais pas qu’elle fut leur réponse, ni même s’il y en eut une.

Odette&Jimmy – « Il en faut peu pour être heureux »

Pour écouter la version française, cliquez sur ce lien. En cliquant sur la vignette « La playlist à Dédette » sur la droite vous y trouverez en outre la version américaine enregistrée par Louis Amstrong.

J’ai ouvert les yeux vers cinq heures du matin. Je regardai le plafond sans le reconnaître. Je tournai mon regard vers la fenêtre et réalisai enfin où je me trouvais. À la même vitesse que je glissais du sommeil vers l’éveil, mon corps se rappela à moi. Je souris et sentis la main de Jimmy se poser sur ma hanche. Il dormait encore. Son visage et son corps étaient plongés dans l’obscurité, aussi je pouvais imaginer son sourire exactement comme je le souhaitais.

Jimmy poussa un soupir comme un grognement et colla son corps contre le mien. J’avais franchi un pas, peut-être le plus important, le premier, avec une aisance qui me surprenait encore. Celui qui m’attendait m’effrayait un peu, allais-je retrouver l’évidence de la veille ?

Je ressentis une envie pressante. Pour aller aux toilettes, je devais traverser la cour. Le jour n’était pas levé, personne ne pourrait me voir. J’enfilai à la hâte le peignoir de Jimmy. Les souvenirs m’assaillirent par bouffées et m’étourdirent. Je souris en sortant de la chambre.

Avant de rejoindre Jimmy, j’entrouvris la porte de la salle de spectacles afin d’y jeter un rapide coup d’œil.

– Tu n’arrives plus à dormir ?

Je sursautai en reconnaissant la voix de Mireille.

– J’avais besoin d’aller aux toilettes et avant de rejoindre Jimmy, je jetais un coup d’œil…

– Pourquoi n’es-tu pas allée dans celles attenantes à votre chambre ?

– Parce que j’ignorais leur existence !

Mireille me rejoignit dans mon éclat de rire.

– Le souci avec les confrères et les consœurs, c’est qu’ils ne prêtent aucune attention aux contingences matérielles ! Tu veux que je te fasse visiter le mas tant qu’ils dorment encore ?

– Volontiers !

– Reste sur tes gardes, Marcel est matinal et il est équipé d’un radar à belles femmes !

J’ai beaucoup aimé la délicatesse de Mireille, elle me fit découvrir les lieux, les mille et une cachettes et recoins conçus pour ce qu’elle appelle « les pauses tendresse ». Nous revînmes à notre point de départ. Mireille me fit découvrir la scène, les coulisses, la « loge des artistes » ainsi que la salle proprement dite. Les mots pour exprimer mes craintes me vinrent aisément. Mireille les comprit et me rassura en me racontant sa première rencontre avec les membres de la Confrérie et poursuivit,

– J’ai tout de suite compris qu’inventer des saynètes me permettrait de réaliser certains fantasmes, dont celui de l’exhibition. Parce que ce n’est pas Mireille Fabre qui est sur scène, c’est Madame et crois-moi, la différence est essentielle, la saisis-tu ?

– Je crois

– Attends !

Mireille alla dans les coulisses et revint, quelques feuillets dactylographiés à la main. Elle s’assit à mes côtés et lut par-dessus mon épaule les saynètes qu’elle avait inventées, jouées. En les lisant, je sentais me monter le feu aux joues. Je jetai un regard en biais sur ma gauche et constatai que Mireille était elle aussi toute rouge. Elle me sourit comme une gamine faisant lire son journal intime, plein de remarques insolentes, à une autre gamine avec la certitude que ses secrets seraient bien gardés.

– Tu crois que Mireille Fabre pourrait faire de telles choses, en public, qui plus est ? Non, bien sûr que non ! Alors que Madame est tout à fait à l’aise pour endosser ces rôles !

– La scène que vont nous jouer les gamins ce soir, sera du même topo ?

– Oui. Normalement ça aurait dû être une surprise, pourtant… je crains de savoir laquelle ils vont nous interpréter…

– Pourquoi ? Comment ?

– Parce qu’il en manquait une sur les rayonnages où elles sont rangées. Ça m’ennuie un peu de gâcher l’effet de surprise.

– Garde le silence jusqu’à la représentation, il sera toujours temps de me dire après si tu avais bien deviné.

Mireille me fit un gros bisou sur la joue et m’invita à la suivre dans les coulisses, où elle rangea soigneusement les feuillets. Elle me montrait la scène et les marques au sol « Comme ça, on perd moins de temps entre deux tableaux » quand retentit la voix de Marcel. « Où tu te caches, capoune ? » puis, m’apercevant « Fatché ! Elle a pas fait rappliquer sa sœur jumelle ! » ce qui nous fit pouffer.

– La pauvre ! Elle errait comme une âme en peine à la recherche des commodités, je ne pouvais pas rester sans rien faire ! La pauvre, Jimmy ne lui avait pas dit que leur chambre en est pourvue !

– Je te reconnais bien là, toujours prête à porter secours à une âme en détresse ! Hep ! Pas de messe basse sans curé ! Qu’est-ce qu’elle t’a dit de si drôle ?

– Que j’avais raison…

– Boudiou ! Que tu avais raison de quoi ? Tu vas me le dire ou me laisser dans l’ignorance jusqu’à que je sèche sur pied ?

– Si nous te dévoilions tous nos petits secrets, nous perdrions tout intérêt à tes yeux, mon Bavard adoré !

J’avais l’impression d’être au spectacle, Mireille et moi sur la scène, Marcel à la fenêtre, les bras croisés sur le rebord. Je tombai immédiatement sous le charme de leur relation, de leur complicité.

– Tu lui as espliqué pour le café ?

Madame rougit violemment.

– Non, mais puisque tu es là, autant le lui montrer !

Marcel éclata de rire et s’éloigna en se frottant les mains « Boudiou ! Comme je vais l’aimer cette journée ! ». Mireille m’entraîna dans la cuisine en chantonnant « Il lui en faut peu pour être heureux ! ».

Marcel s’affairait en cuisine. Il se tourna vers moi, son regard approbateur me déshabilla plus que je ne l’étais déjà.

– Café pour toi aussi ?

– Plutôt un thé

Comme s’il relevait une évidence, Marcel fit une réflexion sur les Parisiennes.

– C’est quoi ces généralités ?

– Qué « généralités » ? Je constate et pis c’est tout ! Je connais trois Parisiennes et les trois boivent du thé. C’est tout !

– Aahh… je comprends mieux ! J’ai fait aussi ce genre de constatation… par exemple, tous les paysans provençaux que je connais sont des amants exceptionnels, ils savent tous comment s’y prendre avec les femmes, mais ils sont tous tellement bavards qu’on ne se méfie pas d’eux. T’as raison, ça doit être lié.

– Et tu en connais combien de paysans provençaux ?

– Un seul, mais ça m’a suffi pour forger ma conviction !

– Boudiou ! Comme j’aime ton insolence !

Je n’avais pas remarqué qu’il avait mis de l’eau à chauffer. Il me demanda de choisir le thé et me le prépara tandis que Mireille coupait de larges tranches de pain.

La table du petit-déjeuner dressée, j’allai pour m’asseoir aux côtés de Mireille quand Marcel leva son index « Non ! » et l’abaissa en direction du banc d’en face « Observe et mémorise ! ». Mireille haussa les épaules, fataliste.

– Que veux-tu, c’est la tradition

– Je dirais même mieux, la tradition traditionnelle !

Leurs airs de faux-culs absolus me comblaient d’aise. Mireille se servit un grand bol de café, le sucra, le touilla, en prit une cuillerée qu’elle porta à sa bouche, fit la grimace, marmonna « trop chaud » avant de le repousser vers le centre de la table et de plonger vers les cuisses de Marcel, impavide, qui touillait son propre café, le regard dans le vide.

Mireille me demanda de me pencher pour l’observer. Je m’exécutai. Elle me fit un clin d’œil et du pouce m’incita à me redresser et de l’index me conseilla de bien regarder. Un échange de sourires pour lui confirmer que j’avais bien compris. Oui, j’observerai la réaction de Marcel quand elle commencerait à le sucer et oui, je me pencherai à nouveau pour la regarder procéder.

Marcel, dans un premier temps surpris de me voir resurgir de sous la table, comprit immédiatement de quoi il en retournait. Il me sourit en levant les yeux au ciel. Je remarquai qu’il avait posé une soucoupe sur le bol de Mireille, son café serait chaud plus longtemps. Marcel me fit un clin d’œil complice en levant le pouce de la victoire.

Nous parlions de tout et de rien, Mireille prenait son temps, le ton de Marcel se faisait plus impatient, mais je notai son sourire amusé « Ainsi tu as fait le choix de ne pas f… Boudiou ! Que c’est bon ! ». Il avait sursauté, laissant échapper sa cuillère qui tomba dans le bol de café, éclaboussant la table et le menton de Marcel, aux anges.

Je me penchai pour observer Mireille et constatai le plaisir qu’elle prenait à le lécher, des gonades jusqu’au gland, d’une langue gourmande. Elle me regarda en écarquillant les yeux et en ouvrant une bouche en cœur, comme les pin-up ingénues d’Elvgren. Son index tendu me désignait le gland de Marcel. Quand elle fut certaine que j’avais compris, sa bouche ingénue avala tout en douceur le gland qu’elle convoitait, avala un peu plus encore, puis encore un peu plus, davantage encore. Je me demandai jusqu’où elle engouffrerait ce sexe massif, quand elle fit marche arrière et que Mireille asséna une pichenette savante sur les couilles de Marcel qui, loin de s’en plaindre, en grogna d’aise.

Je l’admirai effectuer ainsi plusieurs va-et-vient gourmands quand j’entendis Marcel évoquer un historien espécialiste des traditions et de leur respect. Son interlocuteur s’assit à mes côtés et je n’eus pas besoin de me redresser pour savoir de quel espécialiste il était question et combien il lui importait que les traditions fussent respectées.

J’avais dix-sept ans quand il a fait naître en moi ce déclencheur magique, cette caresse du bout des ongles le long de ma nuque, ses doigts qui se crispent à la naissance de mes cheveux, les plus fins, les plus sensibles, ses doigts qui se relâchent aussitôt pour reposer calmement sur mon occiput. Cette caresse sensuelle m’ensorcelle, il peut faire de moi ce qu’il désire quand il me la prodigue. Il le sait depuis notre réveillon en Australie.

J’entrepris de le sucer, non pas comme Mireille suçait Marcel, mais comme je le fais lors de nos déplacements en avion. Ses mains se crispèrent sur mes tempes.

– T’as raison… outch ! Les traditions… !

Je le suçais avec délectation, faisant de ma langue un boa constrictor s’enroulant autour de son membre devenu séquoia. Pour une fois, la salive me faisait défaut. Je me redressai pour boire une gorgée de thé. Mireille fit de même, laissant Marcel dans le même état que je laissai Jimmy.

Nous discutions, j’aimais les caresses de Jimmy sur ma cuisse qui m’obligeaient à les écarter. J’aimais savoir mon sexe offert à la vue de quiconque regarderait sous la table. Un sursaut me projeta en avant quand les doigts de Jimmy écartèrent mes lèvres et que son majeur explora ma vulve. J’avais du mal à garder un ton neutre. Mireille y parvenait parfaitement, pourtant son corps et son visage cramoisis, les contractions régulières du biceps de Marcel ne laissaient aucune place au moindre doute. Je lui fis part de mon admiration. Elle sourit.

– Et encore, tu l’as pas entendue quand on l’encule ! Fatché ! On dirait pas à l’entendre, et pourtant, on peut dire qu’elle aime ça !

Marcel !

– Quoi « Marcel ! » ? C’est vrai ou c’est pas vrai que t’aimes ça ?

– Toi et ta manie d’exagérer… quand on m’encule ma voix est nettement moins assurée ! Odette, laissons les hommes dire leurs bêtises, nous avons mieux à faire !

En disant ces mots, Mireille plongea sous la table. Je l’imitai. Je ne sais plus combien de temps s’est écoulé avant que j’entende la porte s’ouvrir et d’autres convives venir prendre leur petit-déjeuner. Monique se mit carrément à genoux pour nous rejoindre sous la table. Elle fit la bise à Mireille. Un petit coup de langue sur les couilles de Marcel, qui lâcha un juron. Elle me fit la bise et me demanda d’un regard l’autorisation de saluer Jimmy. Autorisation que je lui accordai. Elle m’indiqua d’un geste ce qu’elle attendait de moi. J’opinai. Sa langue remonta, tel un liseron enchanté, des bourses jusqu’au gland tandis que la mienne faisait le mouvement inverse. Je ne sais pas laquelle de nous deux a été qualifiée de diablesse par Jimmy, sans doute fallait-il l’entendre au pluriel.

J’entendis des bruits de vaisselle, celui des bols qu’on pose sur la table. Les hommes s’installaient sur le banc, je compris mieux les allusions de Marcel et de Jimmy à propos des avantages du mobilier de ferme, de ces grandes tables qu’on installait dans les cours pour un repas convivial avec les ouvriers agricoles à la fin des récoltes, des vendanges.

Sans nous être concertées, Sylvie, Mireille et moi rejoignîmes Monique sous la table. Je m’étonnai de la souplesse de nos articulations. Nous taquinâmes les sexes que nos hommes offraient à nos bouches. Je reconnus celui de Christian et pris le temps de l’observer sous toutes ses coutures. Je voyais les tressautements de sa jambe qui marquaient son impatience. Je déposai un baiser sur la hampe avant de le sucer. Sa main se posa sur mes cheveux et j’entendis son soupir. Signifiait-il qu’il était satisfait de ce que je lui faisais ou qu’il l’était d’avoir la confirmation de qui le lui faisait ?

J’abandonnai ce sexe délicieux pour me retourner et me trouver face à celui qui était paré d’une marque brune. Comme je l’avais fait avec Christian, je pris tout mon temps pour observer cette queue magnifique. Je crois que jusqu’à mon dernier souffle, je serai béate d’admiration devant la beauté d’un phallus, qu’il soit au garde-à-vous ou au repos. Jean-Luc sursauta quand je manipulai sa bite.

– T’inquiète, Dédette, celle de ton frère, elle est toute noire, tu pourras pas te tromper !

– T’es vraiment le roi des cons, Jean-Luc !

– Te tracasse pas, sœurette, c’est le propre des petits puceaux !

J’ai mis un peu de temps à comprendre pourquoi il me fallait interrompre mes pipes peu après les avoir débutées. Je crus tout d’abord que Monique était impatiente de saluer ainsi tous ses confrères, mais il n’en était rien. Quand nous eûmes fait le tour des convives, Sylvie râla « Et voici venu le moment où l’on regrette sa jeunesse perdue ! ». Je ne sais pas comment nos hommes ont pu nous trouver aussi désirables après nous avoir vues nous extirper à grand peine de sous la table.

Je n’oublierai jamais le plaisir indicible et joyeux de me savoir ainsi scrutée sans avoir la certitude de qui le faisait. Je sentais le souffle d’hommes sur mes cuisses, entre elles. J’entendais de vagues échos de commentaires élogieux. De temps à autre, un doigt timide découvrait la douceur de mes replis, leur chaleur moite. Certains doigts, plus audacieux, écartaient mes lèvres, plongeaient dans mon vagin, semblaient vouloir le visiter avant le coup de langue libérateur.

– T’es avec nous, Dédette ?

Toute à mes sensations, j’en avais oublié la discussion que nous avions entamée dès que nos fesses s’étaient posées sur les bancs. Monique se pencha. « J’ai proposé à Odette de lui faire découvrir la crique avec Christian et le Balafré. Vous en pensez quoi ? »

Je jouis d’une bouche inconnue avant d’entendre la réponse enjouée de Jean-Luc. Après m’avoir léchée, sucée, aspirée, la bouche se décolla de ma vulve. Christian affirma qu’il en serait enchanté.

Avant d’échanger une nouvelle fois nos places, Jimmy me prit dans ses bras. « Tu accepterais que je vous y accompagne ? ». J’étais si troublée que je ne pensai pas à plaisanter en répondant non.

Il était dix heures passées quand nous nous mîmes en route.

Odette&Jimmy – « Oh mama, quel bonheur, quel grand bonheur pour moi ! »

Plutôt que la version française, qu’elle soit interprétée par Sacha Distel, Dalida ou les Surfs, je préfère vous renvoyer vers la version ska de Peter Tosh, parce que j’aime le teuch et le ska ! 😉

Jean-Luc s’était enfui en prenant garde que je ne le perde pas de vue. Je le retrouvai dans ce qui semblait être une salle de spectacle. Il se tourna et éclata de rire, en me montrant du doigt.

– Un peu de tenue, Dédette !

Toi ! Et pis d’abord, sors d’ici ! J’ai un compte à régler avec ton pote et il est hors de question que tu assistes à la scène !

– Et pourquoi donc ?

– Et parce que t’es mon frère, pardi !

– Ça devrait me gêner ? Plus que te voir débarquer en courant à poil, le peignoir de Jimmy détaché, en hurlant ton dépit, ta frustration à la Terre entière ?

Horrifiée, je tentai de refermer le peignoir, mais la ceinture et mes mains semblaient s’être liguées contre moi.

– Mais c’est pas la peine de le cacher, ton corps ! Ce n’est pas celui de ma sœur, mais celui de la femme qui a fait dire à mon ami « Elle fait de ce jour le plus beau de ma vie » !

Jimmy s’approcha de moi, arrangea le peignoir avant de l’échancrer. Les étoiles qui scintillaient dans ses yeux me firent penser à ces nuits en Australie, où, allongés côte à côte sur la terrasse, nous comptions celles qui brillaient dans le ciel.

– De quelle dégueulasserie dégueulasse s’est rendu coupable le vilain petit puceau, ma chérie ?

– Tiens ! Tu vois les sarcasmes que j’endure, par ta faute ?

Avec dédain, je haussai les épaules à Jean-Luc et répondant à Jimmy, me plaignis « Il m’a toute excitée pour me laisser en plan. Comme ça. Au beau milieu d’une pénétration. Et il riait, le bougre ! »

À cet instant, j’entendis au loin un étrange roucoulement. Avant que je ne demande le nom de cet animal, Martial me donna la réponse. « Bon, ben… je vais aller voir si Madame accepte ma présence… Elle. »

– Reste à portée de voix, que tu entendes Odette clamer que je ne suis pas un petit puceau !

– Ça te convient, madame « Scandale dans la famille » ?

– Dans ces conditions… oui…

Monique et Christian étaient présents, Alain et Cathy étaient retournés au village, pour mettre au point la soirée prévue le lendemain avec les jeunes, ils en profiteraient pour ramener Joseph parmi nous. Je râlai un peu, pour faire bonne figure.

– Donc, si j’ai bien compris, être mes témoins ne les tentaient guère…

– Mais pas du tout ! Seulement, les premiers candidats ont largement dépassé leurs douze minutes, ils pensaient que ça irait crescendo et qu’ils avaient le temps avant que vienne leur tour…

– Donc, si je comprends bien, c’est encore de ma faute ?

Christian allait me répondre, quand Monique affirma « Si tu regardais ses yeux au lieu de ses nichons, tu verrais qu’elle se fout de toi ! ». Sylvie me demanda si sa présence ne me dérangeait pas « Parce que Jimmy et les autres affirment que nous sommes sœurs ? Non. Pas le moins du monde, ta présence ne me dérange pas du tout ».

– Puisque tu restes, tu pourrais prendre quelques photos de mon dépucelage définitif, la Fiancée ?

– Bonne idée, Jean-Luc, comme ça mon frère ne t’embêtera plus avec ça !

Jimmy me prit la main qu’il tendit à Jean-Luc. Il désigna ce qui ressemblait à un banc de prière « Je pense que ce serait idéal pour… procéder ». Nous avions moins de vingt pas à faire jusqu’au banc, je ne sais pas pourquoi j’entonnai la marche nuptiale. Monique, Christian et Sylvie se regardèrent, surpris et ravis.

Je venais de leur dire que de toute façon, j’avais bien l’intention qu’ils soient tous mes témoins, que je ne concevais pas cette cérémonie autrement que dans le partage.

C’est ainsi qu’il fut décidé que les confrères me feraient jouir pendant toute la durée du discours de Daniel, tandis que les consœurs agaceraient Jimmy.

– Et pourquoi ne feraient-elles que t’agacer ?

– Parce que j’ai soixante-quinze ans, Princesse ! Je ne bande plus aussi souvent qu’avant !

Sylvie demanda quel serait le rôle de Martial, dans cette configuration.

– Il tiendra le registre !

Monique prit un air fâché « Pourquoi ne nous as-tu pas rejoints plus tôt ? » puis tout aussi brusquement sourit « Le principal, c’est que tu sois enfin parmi nous ! »

Jean-Luc me regardait. J’aimais son sourire ambigu. Comme ça avait été le cas plus tôt dans la journée, Jimmy se tenait dans mon dos, me caressait les joues, le cou, les épaules, les seins. « Ça va, Princesse ? »

Oui, ça allait, ça allait même tellement bien que je m’en étonnais, me demandant pourquoi je n’avais pas sauté le pas avant.

Monique et Sylvie pressaient Jean-Luc « Qu’est-ce que tu attends ? » Christian riait. Au loin, Martial s’impatientait « J’entends rien ! » Mireille roucoulait et Marcel jurait comme un charretier.

– Depuis le temps que j’attendais ce moment, laissez-moi profiter ! Ah… tu peux te vanter de m’avoir fait fantasmer, Dédette !

Il me pénétra. Je fermai les yeux pour mieux sentir son premier va-et-vient. Puis le suivant. Les mains de Jimmy couraient sur mon corps, le faisaient onduler. D’autres mains titillaient, agaçaient mes mamelons. Je reconnus les caresses de Christian.

– Tu peux ouvrir les yeux, Didou, elle n’est pas en relief !

Je les ouvris donc. Tous me souriaient. Je pouvais même deviner le sourire de Jimmy. J’avais du mal à reconnaître Jean-Luc, étonnamment plein d’assurance,

– Si tu savais comme ce fantasme m’a tenu éveillé… si tu savais comme je me suis branlé en imaginant ce moment !

– Pas trop déçu ?

– Oh que non ! Et toi ? Tu aimes ?

– Tu le sens bien, non ?

– Alors, dis-le !

– Oui !

– Encore !

– Oui !

– Princesse, je crois que tu ne le dis pas assez fort à son goût… pense à l’enjeu !

Je hurlai à pleins poumons que Jean-Luc était un super amant, qu’il me faisait jouir et comment il y parvenait. Je criai plus fort qu’il n’était pas puceau. Martial prit sa plus grosse voix pour affirmer « Ah ben… il était temps ! Merci de l’avoir enfin déniaisé, Dédette ! »

Comme ça avait été le cas avec Christian, mon orgasme avait du mal à éclater. Je ressentais des petites étincelles de jouissance sous ma peau, mais au lieu d’exploser en feu d’artifice, elles pétillaient comme des cierges magiques. Jean-Luc se faisait plus directif. Sa voix, ses mots m’électrisaient. Quand il se taisait, je lui demandais de me guider encore. Je n’avais jamais remarqué les intonations vibrantes de sa voix, la précision presque chirurgicale de ses mots.

J’entendis Jean-Luc et Jimmy dire en même temps « Ses yeux ! Son regard ! », compris qu’ils s’adressaient à Sylvie et pris conscience des cliquetis de son appareil photo.

– Odette… j’ai envie de jouir, mais je veux te voir jouir avant…

Comme s’ils n’avaient attendu que ce signal, Christian et Monique caressèrent, léchèrent mon corps, des épaules au pubis. Jimmy me serra plus fort dans ses bras, me redressa un peu. Je sentais ses dents prêtes à déchirer ma nuque.

Les va-et-vient de Jean-Luc se firent plus amples. « Ouvre tes yeux, Dédette ! » Je les rouvris pour voir le regard électrique de Jean-Luc, ses lèvres crispées que sa langue semblait caresser. J’aimais cette salive blanche un peu épaisse à la commissure de ses lèvres. Je vis aussi les cheveux blonds de Monique sur mon pubis.

– Oui… lèche-moi la queue en même temps que son minou ! Oui… ! Tu aimes, Dédette ? Tu aimes quand je te baise et que Monique te lèche la chatte ? Tu aimes comme nous te faisons l’amour ?

Il paraît que mon cri aurait déraciné un arbre millénaire, mais il est probable que Christian ait légèrement exagéré.

Quand je fus enfin seule avec Jimmy, que je le vis resplendissant de bonheur, qu’il me prit dans ses bras pour me demander si toutes ces aventures ne m’avaient pas trop chamboulée, je voulus être honnête avec lui.

– J’ai bien aimé, j’ai trouvé ça excitant, jouissif, mais… je ne pourrais pas en faire mon quotidien.

– Parce que tu crois que c’est le cas pour nous ?! C’est très exceptionnel ! On n’a pas cessé de te le répéter, on n’a plus vingt ans ! Et même quand nous étions encore fringants, nous avions d’autres contingences. Mireille et Daniel, avec leur famille nombreuse devaient de plus ne pas être vus en compagnie de Marcel, pour éviter les ragots. Je travaillais à Lyon, j’y étais la plupart du temps. Sylvie avec ses gamins, Monique avec ses études…

– Pourtant, les dossiers me paraissent bien épais…

– Mais ils contiennent un siècle de souvenirs ! Plus de la moitié concerne les fondateurs de la Confrérie du Bouton d’Or. Comme eux, nous avons remarqué ce phénomène, des périodes de frénésie puis tout aussi soudainement, des périodes d’accalmie, ce qui n’a jamais empêché les rencontres, les séances plénières, comme les appelle Daniel. L’arrivée de la vidéo nous a aidés, parce qu’on se passait, on se passe encore, les enregistrements de nos saynètes… Autant leur visionnage peut déclencher des orgies, autant il peut suffire à nous combler… et puis… nous ne sommes pas un monolithe, je peux me palucher dans mon coin en regardant l’écran pendant que d’autres s’envoient en l’air et réciproquement ! Tu comprends, ma Princesse ?

– Ça me rassure ! Et aussi de savoir que si te voir avec une autre me pique un peu trop le cœur, je pourrais me contenter d’écouter…

– Ou de prendre ton pied avec Jean-Luc…

– Si tu n’es pas à mes côtés, ça perd une bonne partie de son intérêt et quitte à choisir…

– Et quitte à choisir ? Tu préférerais Alain et sa grosse bite ?

– Non ! Marcel et ses grosses mains et sa grosse langue !

Marcel ?! Toi aussi ?! Marcel ?! Mais qu’est-ce que vous avez toutes avec lui ?

– Il s’est passé un truc étrange… deux trucs étranges, en fait… et je suis sûre qu’ils ne m’ont pas monté un turbin. Monique a plaisanté sur notre ressemblance, elle et moi, tu vois ? Certes, elle rigolait, mais elle y a fait allusion… Plus tard, Marcel m’a dit que ça lui avait fait exactement la même chose avec moi qu’avec elle, la première fois…

– Qu’il savait… que son corps savait d’instinct ce que le tien aimait ? Il t’a dit ça ?! Mais c’est… c’est la preuve que tu es des nôtres !

– Ça ne lui a pas fait pareil avec Cathy, Mireille et Sylvie ?

– Non, pas du tout ! Le phénomène ne s’est produit qu’avec Monique, jusqu’à aujourd’hui, donc. Ça et la petite fée… attends, je vais te chercher les feuillets où ils en parlent…

– Non ! Je préfère que tu me racontes… tu veux bien ?

Jimmy m’a prise dans ses bras. Allongée contre lui, je fermai les yeux tandis qu’il couvrait mon visage de doux baisers et de tendres caresses. Il m’a parlé de cet ectoplasme qui s’échappait parfois du corps de Monique, cet ectoplasme qui lui permettait de voir tout ce qui se passait, d’observer les autres couples ou trios ou quatuors, de reluquer les hommes qui se tenaient dans son dos. Cet ectoplasme que Marcel identifiait comme une petite fée aux traits de Monique, qu’il n’en avait pas parlé tout de suite parce qu’il croyait qu’elle était le fruit de son imagination et…

Et j’ai perdu le fil du récit quand nos caresses légères se firent plus appuyées, quand nous nous embrassâmes à nous en dévorer la bouche, quand nos crocs déchirèrent nos peaux, quand son sexe dur pénétra le mien gonflé de désir. Je n’avais plus soixante-neuf ans, il n’en avait plus soixante-quinze, nous étions fougueux comme à vingt ans, expérimentés comme des septuagénaires. Nous riions de tout ce que la vie nous réservait de surprises, de bonheur.

– Tu préfères quand je fais… hmm hmm comme ci… ou han han comme ça ?

– Ça dépend… et toi ? Tu préfères quand je bouge comme ci… ou quand j’ondule comme ça ?

– Ça dépend… pourquoi, madame la jésuite ?

– Parce que si je bouge comme ci… je préfère que tu me prennes comme ça… han han… bien au fond… presque trop au fond… alors que si j’ondule comme ça… je préfère que tu fasses comme ci… hmm hmm… plus chaloupé… Pourquoi tu ris ?

– Parce que c’est exactement la même chose pour moi ! Tu sais ce que ça signifie ?

– Qu’on était faits pour s’entendre au pieu ?

Je ne peux pas résister quand il sourit et éclate de rire comme il a souri et éclaté de rire. À chaque fois que j’y parviens, je le vis comme une victoire personnelle sur les mauvaises fortunes qui ont émaillé ma vie.

C’est à cet instant que nous nous sommes rendus à l’évidence, même si la chose était pratiquement acquise depuis quelques heures. J’allais devenir consœur du Bouton d’Or. Jimmy m’a proposé d’écrire ma version de cette journée ainsi que les circonstances qui y ont mené. Ça m’aura pris presque trois mois, mais j’y suis parvenue.

– Tu peux me réexpliquer pour la petite fée, la différence avec l’ectoplasme ?

– Tu préfères que je te l’explique à la sauvage ou à la lascive ?

– Je sais plus bien la différence… essayons les deux, je te dirai après…

– Gourmande !

– Irrésistible gourmandise !

Nous avons chaloupé, nous y avons été plus sauvagement, Jimmy a plaisanté sur les étranges vertus de notre chambre nuptiale qui lui faisait retrouver sa vigueur, mais avant tout, c’est la beauté de son rire, l’amour dans son regard, sa sérénité qui m’ont donné l’envie de demander le divorce à Bertrand et la main de Jimmy.

Odette – « J’ai perdu la tête »

Cliquez ici pour entendre cette chanson inoubliable et profitez-en pour danser !

Marcel sorti, pendant que je m’essuyais le corps, je pensais à Jean-Luc en me demandant si mon désir pour lui résisterait à un tête-à-tête, s’il n’allait pas éclater comme une bulle de savon, sans raison apparente. Je me remémorais ce que m’avait confié Monique, la discussion que nous avions eue.

– Je ne peux que te conseiller de te laisser guider sur le chemin qu’il te proposera, mais que ça ne t’interdise pas, au détour d’un sentier ou d’un buisson, si l’envie t’en prenait de lui suggérer un de tes fantasmes… Tu vois ce que je veux dire ? En tout cas, ça fait plaisir de le voir si excité à l’idée de coucher avec toi !

– Ah bon ?

– Il se frotte les mains en répétant à qui veut l’entendre « Ça va être ta fête, ma p’tite Dédette ! » On dirait qu’il a quinze ans !

– Ah bon ?

– Il a toujours envié Jimmy sur ce plan !

Ah bon ?!

– Tu ne t’en doutais pas ?

– Pas le moins du monde !

– Tu n’as jamais remarqué qu’il bandait comme un âne quand il allait chez vous ? Chez vos parents ?

Ah bon ? Il bandait ? Non. J’avoue que je n’ai jamais songé à… regarder… On n’est pas finaude quand on a dix-sept ans !

Monique avait salué l’astuce en tapant dans ma main. J’avais l’impression de retrouver une vieille copine alors que nous étions en train de faire connaissance… Jimmy m’avait dit que nous nous entendrions bien, que nous riions des mêmes choses, mais je ne pensais pas me sentir aussi proche d’elle.

Toc. Toc. Toc.

– Entre !

Jean-Luc est entré en chantant à tue-tête « J’ai perdu la tête depuis que j’ai vu Dédette ! Je perds la raison quand je pense à ses nichons ! » Il se dandinait, faisant tout pour faire naître un air blasé sur mon visage et y parvenant.

– C’est un complot ou quoi ? Qu’est-ce que vous avez tous avec mes nichons ?

– Ils sont superbes, voilà tout et je ne savais pas qu’on t’avait déjà complimentée à leur propos ! J’ai donc douze minutes pour te convaincre… Comment faire ?

– Tu pourrais me montrer… tes… atouts…

– Et allons donc ! Tu ne t’en tireras pas si aisément, Odette ! Avec tout le mal que tu as fait à mon honneur… ce serait trop facile !

– Quel mal ? Quel honneur ?

– Et allez donc ! Continue ! Joue les innocentes, ne t’en prive pas !

– Toi, t’es en train de jouer la montre. Tu te déballonnes et t’inventes n’importe quoi ! À quel moment ai-je porté atteinte à ton honneur ?

Je me déballonne ?! Mais tu rigoles ou quoi ?! Quand je t’aurai donné ma proposition pour laver cet affront, tu trouveras le moindre prétexte pour ne pas l’accepter !

– Alors, exprime-toi… monsieur Jean-Luc, le juge balafré ! Balance ta sentence !

– Depuis que tu as émis des doutes… Non. Depuis que tu as affirmé que j’étais puceau, ton frère, sa femme… même Monique et Christian me traitent de petit puceau… Ça fera dix ans au premier janvier… dix ans que je dois supporter leurs sarcasmes… alors, il est…

– C’est ça mon crime ?! Tu te fous de moi ou quoi ?! Ils sont bien placés pour savoir que je me trompais ! Même Sylvie a éclaté de rire en m’affirmant que tu étais le plus grand baiseur que l’Univers ait jamais engendré !

– Elle a dit ça ?

Jean-Luc souriait comme un gamin flatté. Il reprit immédiatement son faux air sentencieux.

– Quoi qu’il en soit, Martial affirme que si tu pensais que j’étais puceau, c’est que je devais l’être… au moins dans ma tête… parce qu’avec ton D.U. de psychologie appliquée, tu étais en mesure de savoir les secrets obscurs que nous souhaitions cacher au monde entier… Donc, je suis « le p’tit puceau »… par ta faute…

– Par ma faute ? Et c’est quoi ces conneries de D.U. ? Je n’en ai jamais passé ! Les seules formations non administratives que j’ai suivies concernaient les soins d’urgence ! Rien à voir ! Martial t’a raconté des bobards ou c’est toi qui inventes ?

– On m’aurait donc menti ? Faisant, plus de sanction… what a pity ! Me voilà reparti pour cinquante ans de fantasmes… Merci bien, Dédette !

– T’es gonflé ! Tu fais ça rien que pour m’embêter, pour que je te supplie de me dire quel sort tu me réservais !

– Et j’ai réussi mon coup ?

– Tu le sais bien ! Je ne pense qu’à ça depuis que tu m’as montré ta bite !

– Pourquoi ne te l’ai-je pas montrée plus tôt ?

– Peut-être parce que t’es qu’un p’tit puceau dans ta tête ?

– Ça, ma vieille, tu vas me le payer !

– Quand tu veux !

Jean-Luc s’approcha de moi, desserra la ceinture du peignoir, regarda mes seins avec gourmandise. Sa main glissa le long de mon ventre. Pourquoi ma peau distendue, mes vergetures m’avaient complexée toutes ces années ? Il me semblait que j’étais la seule à les remarquer, à leur prêter importance. Il jouait avec mes poils en me disant sa crainte de découvrir que j’étais tombée dans le camp de l’épilation intégrale. Il fourra son nez dans mon cou et me renifla, embrasant mon désir. Je voulus ouvrir sa braguette. Il retint mon geste, mais maintint ma main fortement appuyée sur son pantalon. Je le sentais durcir dans la paume de ma main.

– Je te caresserai, te baiserai de partout, la bouche, la chatte, le cul, à t’en faire hurler de plaisir… ensuite, je te ferai l’amour pour t’accorder mon pardon…

– Ça va, la sanction sera… supportable… je m’attendais à pire !

– Mais je te ferai tout ça devant les moqueurs… devant Jimmy pour lui apprendre à avoir téléphoné à Sylvie… devant Monique qui me taquine trop souvent à mon goût… devant Sylvie qui a lâché le morceau aux autres… et devant Martial qui a inventé ce pucelage mental…

Devant Martial ?! Mais tu n’y songes pas ! Devant Martial ?! Mais tu sembles oublier qu’il est mon frère !

– Aïe ! Et tu comptes assister au spectacle des gamins, demain soir ?

– Ben oui, pourquoi ?

– Ah… tu n’es donc pas au courant des spectacles que l’on donne au mas… en un mot comme en cent, attends-toi à voir Émilie ou Lucas… ou les deux baiser sur scène…

– Martial et Sylvie regardent baiser leur petit-fils ?!

– Ce sera leur premier spectacle, mais quand ils verront Lucas, s’ils le voient, ils ne verront pas leur petit-fils, mais un futur confrère… Il est vrai que tu n’es pas encore au courant de toute notre histoire… En résumé, Monique, Christian, Marcel jouaient déjà des saynètes cochonnes devant leurs grands-parents… moi-même, je faisais l’amour, je baisais devant Valentino qui aurait pu être mon aïeul tant son histoire d’amour avec Rosalie était similaire à celle que je vis avec Monique… Ça ne nous a jamais posé le moindre problème, mais je suis heureux de t’avoir avertie avant… Tu n’as pas à rougir de ne pas te sentir capable d’assumer ça… Tu viens de débarquer, nous avons presque un demi-siècle de complicité derrière nous… Ne te sens pas obligée d’y assister… des spectacles, il y en aura d’autres…

Jean-Luc, d’une pression sur mes reins, m’avait rapprochée de son corps. Sa voix était douce, posée, envoûtante. Tout en me parlant, il caressait ma poitrine. Je fermai les yeux, me laissai guider.

– Ta peau est fraîche… douce et fraîche…

– J’ai fait mes ablutions il y a peu…

– Sous le regard de Daniel, de Mireille ou de Marcel ?

– Marcel

– Tu me raconteras ?

– Tu me montreras ta bite à défaut de me baiser ? Tu me laisseras la toucher ? La goûter ?

Nous dansions sans vraiment nous en apercevoir, son corps collé au mien, le mien au sien. Jean-Luc prit ma main, me demanda de m’asseoir sur le bureau pendant qu’il s’installerait sur la chaise. Il dégagea mes cuisses, écarta les pans du peignoir de telle façon qu’ils ne couvraient plus mes seins. Il les caressa avec assez de science pour que j’écarte mes cuisses sans qu’il ait besoin de me le demander.

Alors, il consentit à se débraguetter et à me montrer son sexe que je trouvais de plus en plus tentant. Il me demanda si je voulais toucher sa balafre et n’attendit pas ma réponse pour se lever afin que je puisse le faire. Il releva son visage, nos regards se croisèrent, nous nous embrassâmes. À nouveau son baiser me transporta sur le chemin agréablement glissant du désir. Pourquoi Sylvie ne m’a pas prévenue que Jean-Luc maîtrise à ce point l’art du baiser ? Suis-je la seule à qui ils font un tel effet ?

Je m’allongeai à demi sur le bureau. Jean-Luc caressait mon corps avec ses doigts, avec son sexe, avec ses lèvres et je me laissais faire, totalement passive. Il me rendait folle à effleurer ma bouche avec son gland et à l’éloigner dès que je l’ouvrais. « Tss tss, tu es trop avide, trop pressée ! ».

À force de minauderies, je finis par le convaincre de me prendre ainsi, sur le bureau. Il y consentit, se plaça face à moi, me complimenta pour mon joli petit con, se demanda à voix haute quels plaisirs il allait lui procurer. Je sentis son gland à l’entrée de mon vagin, j’étais admirative de sa maîtrise, il parvenait à me pénétrer au ralenti, millimètre par millimètre, alors que je le savais bouillant de désir. Grâce à un savant jeu de miroirs, je pouvais regarder sa lente pénétration. Il avait pratiquement entré son gland quand une alarme sonna.

Jean-Luc se retira d’un coup. « Hélas, le temps qui m’était imparti étant écoulé, je dois interrompre mon intervention ». Il éclata de rire avant de sortir de la pièce pour rejoindre ses confrères et consœurs.

Je le poursuivis « T’avais pas le droit ! Ça c’est de la dégueulasserie dégueulasse ! T’as pas le droit de me faire ça ! »

Odette – « Chez nous, à chaque instant, c’est jour de fête »

Voici le lien vers la chanson en question !

Marcel me regarda comme s’il hésitait à me poser la question qui le taraudait. Je l’anticipai en y répondant « Je lui ai affirmé que tu ne risques pas de lui claquer dans les pattes… au pire, nous achèterons un défibrillateur »

– Mais bordel à couilles, j’ai jamais rien eu au cœur ! Je lui ai dit qu’elle me faisait de l’effet au palpitant pour ne pas lui dire « je t’aime », mais c’était tout ce que je voulais dire… Boudiou ! Pour une fois que je l’ouvre !

Pour une fois ? C’est sans doute pour cette unique fois qu’on te surnomme « le Bavard » ?

– Donc, si je comprends bien, c’est Paris qui vous rend chiantes ? Déjà qu’avec Monique et Sylvie… si tu t’y mets à ton tour… Et à part ça qu’est-ce que tu sais de moi ?

– Que tu parles en baisant, que tu es le meilleur coup de la Confrérie…

– C’est Mireille qui t’a dit ça ?

– Mireille, mais Monique l’écrit et Sylvie me l’a dit aussi… Je sais que tu fais tout ce que nous devrions détester et que malgré tout, tu les fais jouir comme personne !

– Le problème avec vous, les femmes, c’est votre réalisme. Vous ne laissez jamais aucune part au merveilleux, ce qui me chagrine…

– Comment ça ? C’est quoi cette histoire de merveilleux ?

Comme s’il n’attendait que ma question, Marcel prit un air énigmatique.

– Je ne sais pas si tu mérites que je t’esplique… regarde-moi ça… une vraie souillon !

Je me dirigeai vers le petit lavabo, habilement masqué par le paravent, cherchai un gant de toilette ou une éponge, mais Marcel voulut me voir penchée au-dessus du lavabo « les mamelles » à fleur d’eau. Je commençai à comprendre Mireille, Monique et Sylvie.

Pourquoi ce mot « mamelles » qui aurait dû anéantir mon désir l’avait, au contraire, enflammé dès lors que Marcel l’avait prononcé, dès lors que ses grosses mains carrées, poilues et rugueuses m’avaient palpée, fouillée ? Pourquoi le contact de l’eau fraîche sur mes mamelons réchauffait ainsi le reste de mon corps ? Pourquoi avais-je eu l’envie que Marcel maltraite mes seins, fasse semblant de les traire alors que j’étais penchée en avant et qu’il se tenait derrière moi ?

Quand sa main remonta jusqu’au milieu de mon dos, que d’une pression ferme, elle m’incita à me pencher davantage, Marcel prit une voix douce, choisit ses mots et commença son « esplication ».

– Est-ce que Monique t’a parlé de son ectoplasme ?

– Non, mais j’ai lu les pages où elle en parle. Pourquoi ?

– Elle en parle souvent, tu sais, mais ce que tu ignores encore… Hou ! Tu me fais bander comme un conscrit ! Décessa de rire, créature, ou j’arrête de t’espliquer ! T’as froid ou quoi ? Vé la chair de poule qui te fait comme une ceinture ! Vé… et là… elle te remonte le long de la colonne ! Hou comme j’ai envie de te faire onduler de la croupe… et espin… et la regarder bouger ! Ah, si Mireille n’avait pas exigé que je lui réserve mes cartouches… je t’aurais bien fourrée… comme ça… tu sens mes doigts ?

Je me retournai pour lui répondre, le regardai. Son sourire et son regard me le rendirent irrésistible. Il m’arracha presque du sol, prit mon visage entre ses mains et fourra sa grosse langue baveuse dans ma bouche. Pourquoi cette façon répugnante d’embrasser m’excitait autant ? Pourquoi avais-je envie qu’il ne cessât jamais ? C’était donc ça le merveilleux que Monique avait omis de me raconter ?

– Fatché ! Ça me le refait avec toi ! Comme avec Mounico !

– Ça te refait quoi ?

– L’impression que c’est pas la première fois… savoir exactement comment tu fonctionnes…

– Ah… le merveilleux dont tu parlais !

– Qué « le merveilleux » ? Ah mais non ! Boudiou, tu m’as fait perdre le fil, bougresse !

D’une claque étonnamment sensuelle sur mes fesses, Marcel m’intima l’ordre de me remettre en position afin qu’il puisse terminer son récit « si tu te décides enfin à ne plus m’interrompre à tout bout de champ ! »

J’allai protester quand il plaqua sa grosse main sur ma bouche « Pas le physique, ni la religion ! » et me sentit sourire sous sa paume.

Je n’en revenais pas, mon corps ne m’appartenait plus, il anticipait les caresses de Marcel, réclamait des attouchements dont il n’aurait pas voulu auparavant, des attouchements qu’il refuserait aujourd’hui encore à quiconque. Sauf à Marcel.

Marcel le bavard qui entrecoupait son récit de commentaires grossiers autant qu’élogieux sur ce qu’il était en train de me faire, sur ce qu’il ressentait.

J’entendais ses « Oh, mais tu mouilles comme une pucelle ! », ses « Tu sens comme tu es Odette la marionnette quand je te… ho, fatché ! Je te fais jouir, jolie marionnette ! », ses « C’est si facile… Boudiou ! Comme on va se prendre du bon temps… Oui ! Crie comme ça ! », ses « Maintenant que tu t’es décidée à venir…Oh ! Comme t’es bonne ! », mais, attentive à toutes ces sensations, j’avais perdu le fil de son récit. L’avait-il remarqué, venait-il de s’apercevoir qu’il l’avait interrompu dans le feu de l’action ?

– Bon, j’en étais où, Dédette la marionnette ?

– Que ça te faisait avec… moi… oh oui, comme ça… avec moi comme… OooOOOoooh… avec Monique… mais… c’était pas ça… Oooh… pas ça le mer… veille… ooh… eux…

– T’as donc rien écouté, bougresse ! Peuchère ! Tiens ! V’là pour tes fesses !

Sa claque déclencha ma supplique « Encore ! »

– Tu s’rais trop contente ! Bon. Je reprends depuis le début ?

– Oui !

– Mais sans les mains, ni rien !

– Oh !

– J’ai dépassé mon temps imparti et j’ai trop envie… si je te touche encore un peu, je pourrai pas résister et j’aurai plus de cartouche pour Mireille et Mireille…

Marcel soupira, exprimant ainsi et par son regard lointain, tout l’amour qu’il lui portait, qui la rendait unique à ses yeux.

– C’est un ectoplasme qui s’échappe du corps de Mounico, mais c’est une petite fée que je vois…

– Que tu… vois ?!

– Hé vouaï, que je vois ! Et pis…té… lis ce dossier… il raconte toutes ces bizarreries bizarres, ces étranges étrangetés, mais vous, les filles, la poésie, la féerie, vous vous en foutez, y a que le cul qui vous intéresse, à vous !

– C’est pas vrai ! Y a les bites, aussi ! Tu me montres la tienne ?

Marcel, comme s’il consentait un effort surhumain, me montra son sexe avant de me tourner le dos avec emphase, s’offrant ainsi une sortie théâtrale.

Je m’essuyais brièvement la poitrine et le ventre en me demandant qui allait être la prochaine personne à toquer à la porte. Je venais de finir de réajuster le peignoir quand retentirent trois petits coups cadencés. Toc. Toc. Toc.

Odette – « You got me so I don’t know what I’m doin’ now »

Plutôt que la sublime version originale des Kinks (ouh les frissons quand j’entends la voix de Ray Davis et le son de sa gratte !), plutôt que la trop démonstrative version de Van Halen (mais oui, Eddy, on a bien compris que tu peux jouer tout plein de notes super vite !), j’ai préféré une version dub que vous trouverez en cliquant sur ce paragraphe.

Monique referma la porte en maugréant « Oh la la, c’que t’es procédurier ! ». Toc. Toc. Toc. « Entrez ! » La porte s’ouvrit. Daniel entra dans le bureau, tout sourire.

– C’est donc toi le premier ?

– Les discussions furent âpres, mais mes arguments ont fini par porter. Puisque je vais procéder à la cérémonie, je ne pourrai pas être ton témoin. Cependant, il m’a paru sensé de plaider la cause de Joseph qui a dû s’absenter avant la séance. Il mérite autant qu’un autre d’être ton témoin. Je voulais aussi en profiter pour me présenter. Sais-tu que c’est moi qui ai marié Monique avec Christian et Cathy avec Alain ?

– Il me semble que oui.

– Je vois que tu as le premier cahier de Monique dans les mains, vas directement à l’antépénultième chapitre… Je ne pourrais pas mieux me présenter à toi…

– L’antépénultième… on croirait entendre mon père ! Tu ne peux pas dire l’avant-avant-dernier chapitre, comme tout le monde ?

– Non !

– Tu me proposes de le lire avec moi pendant que…

– Non, non ! Du tout, du tout ! Si tu devais le lire devant moi, je préférerais que tu t’allonges sur le sofa, que tu le lises en silence, que tu te laisses emporter par les mots de Monique pendant que je te regarderais faire, assis devant le bureau.

– Devrais-je me déshabiller… dans l’idéal ?

– Dans l’idéal… tu te déshabillerais derrière le paravent et revêtirais le peignoir en satin… celui que Jimmy enfile à la hâte quand un importun sonne à la porte… Savais-tu qu’il passe tout son temps à poil ?

– Oui, je le savais ! J’ai vraiment du mal à réaliser que mon corps puisse être excitant pour des hommes qui ne l’ont pas connu jeune et frais, tu sais que j’aime observer le sexe des hommes à la dérobée, j’aime aussi l’idée d’être surprise prenant du plaisir à ce spectacle… J’ai aimé coucher avec Christian, mais je ne suis pas sûre de vouloir coucher avec un autre… sauf Jean-Luc, lui… j’avoue… j’en frémis de plaisir rien qu’à l’idée… En revanche, ce que tu me proposes me convient tout à fait !

Pendant que je me déshabillais derrière le paravent, Daniel poursuivit.

– Et dans l’idéal… la prochaine à venir te parler sera Mireille, si tu la recevais ainsi, elle saurait ce qui s’est passé et ça l’exciterait et… j’aime la savoir émoustillée grâce à une de mes surprises…

– La recevoir ainsi ?

Le Notaire me regarda et me transforma en sex-symbol. Troublée, je m’allongeai sur le sofa. J’avais veillé à attacher la ceinture de telle façon qu’en m’allongeant sur le flanc, mes cuisses et ma poitrine soient découvertes… J’étais déjà très excitée quand je lus les premiers mots… oubliant presque sa présence, je me laissai emporter dans cette vague légère et sensuelle. Sans m’en apercevoir, je caressai mes seins. Je pris conscience de sa présence en même temps que de mes propres caresses… Je le regardai presser nerveusement son gland au travers du tissu… Je lui fis signe d’approcher. Il glissa vers moi, toujours assis sur le fauteuil à roulettes, j’eus une pensée amusée pour sa secrétaire.

Arrivé à mes côtés, je lui pris la main et le priai de caresser mes seins pendant que je poursuivrais ma lecture… « et si tu pouvais libérer ton sexe que je puisse l’observer… ». J’imaginai la façon dont sa langue pourrait me faire jouir s’il m’en prenait un jour l’envie… Je vis sa main aller et venir, je vis son gland changer de couleur, ses doigts pincèrent délicatement mes tétons tendus. Je jouis sans avoir pris conscience de la montée de mon propre plaisir. Les douze minutes étaient largement écoulées, mais je lui demandai une dernière faveur.

– Voudrais-tu faire l’amour à mes seins pour me souhaiter la bienvenue ?

Galant homme, il prétendit, lui aussi être mon serviteur avant de s’exécuter. Il jouit à moitié dans ma bouche, à moitié sur mes seins. Je lui proposai de ne pas m’essuyer avant l’arrivée de son épouse. Il m’embrassa chaleureusement avant de partir la chercher.

Mireille fit son entrée. Un regard expert sur mon décolleté, elle sourit.

– C’était joué d’avance !

– Je peux te poser une question ? Je viens de lire la description du vin d’honneur après la double cérémonie de mariage. Sincèrement, tu ne t’es doutée de rien ?

– Peuchère non ! Si tu savais comme ça m’a pesé… J’avais peur de lui avouer, je savais qu’il me faisait cocue, mais j’avais peur qu’il demande le divorce… pour autant, je m’en voulais de lui mentir… Quand j’ai appris pour la confrérie, pour cette mise en scène avec Alain, je lui en ai voulu. De ne pas me l’avoir dit avant, de toutes ces années que nous avions perdues ! Et… il y a Marcel… Comment aurais-je pu deviner que ce paysan que je méprisais tant saurait conquérir mon corps et mon cœur comme aucun ? Je te préviens, c’est un amant redoutable ! Incontestablement le meilleur de tous les confrères !

– Et je ne dois pas m’en approcher si je tiens encore à mes yeux, c’est ça ?

– Au contraire ! De toute façon, nous ne couchons plus ensemble depuis quelque temps…

– Ah bon, mais pourquoi ?

– La dernière fois, il s’est plaint de son « palpitant », maintenant il prétend qu’il plaisantait, mais j’ai trop peur qu’il me meure dans les bras, tu comprends ?

– Il est cardiaque ?

– Non ! Il m’a même apporté un mot du cardiologue expliquant que son cœur allait très bien, mais s’il faisait un malaise ici ? Je ne sais même pas faire le massage cardiaque !

– Mais… Christian est infirmier, pompier bénévole, je suis infirmière ! S’il n’y a que ça pour te rassurer, on peut acheter un défibrillateur ! Ce serait trop con de te priver de plaisir pour un risque quasi nul !

Mireille m’a prise dans ses bras, m’a embrassée comme du bon pain. Se réjouissant à l’avance de la séance de demain soir aux côtés de son diable de Marcel, elle reprit son sérieux en reluquant ma poitrine et me demanda si elle pouvait la caresser, elle n’avait jamais vu d’aussi près un corps de femme noire. Elle caressa délicatement mes seins.

– Oh ! Tu as la même peau que…

– Martial ?

– Mais non ! T’es bête ! Que Sylvie ! C’est pour ça que Jimmy aime tant la peloter en passant… l’air de rien ! Comme tes seins sont beaux et tes mamelons… oh ! Je t’envie !

– Montre-moi les tiens, qu’on compare ! Oh, t’es toute rouge !

– Fais pas ta maline, parce que je n’ai rien dit par… décence… mais tu es au moins aussi rouge que moi !

Pour me prouver ses dires, elle déplaça le paravent, ce qui fit apparaître le miroir en pied devant lequel, nous comparâmes nos corps. Étonnées de les trouver si ressemblants, malgré la blancheur de son teint et ma peau foncée. Nos seins avaient pratiquement la même forme, sauf au niveau des mamelons, elle trouvait les siens immondes parce que ses aréoles, prétendait-elle, étaient bien trop brunes et bien trop larges. Pour ma part, je les trouvais plutôt sexy. Elle enviait les miens, leur couleur, leur texture, et ses « petits points saillants tout autour ». Je lui expliquai que c’était dû à cet état d’excitation permanente dans lequel j’étais plongée depuis mon arrivée. Nous détaillâmes avec le même plaisir les autres parties de notre corps et avant de regretter leur jeunesse perdue, nous admîmes qu’ils continuaient à nous offrir tant de plaisir que nous devions leur en être reconnaissantes.

Nous échangeâmes ainsi pendant les douze minutes, elle me fit remarquer qu’elle, au moins, respectait le contrat initial, ce qui me fit éclater de rire. On toqua à la porte, Mireille l’ouvrit.

– Et ne va pas tirer toutes tes cartouches, on a du temps à rattraper, tous les deux !

Marcel, me regarda, interloqué.

– Boudiou ! Qu’esse tu lui as fait bouffer ?

Jimmy&Odette – La première fois d’Odette

Après mon service, j’ai vécu quelques années à Paris. Martial m’invitait souvent à partager leur repas avant de passer la soirée dans sa chambre, à refaire le monde, à boire et à fumer, à écouter de la musique, à nous raconter nos exploits, nos conquêtes réelles ou fantasmées, à nous préparer à sortir en boîte…

Un soir, alors que je revenais de la bibliothèque universitaire, je croisai Odette dans le bus, une surprenante valisette à la main. Je lui demandai où elle allait. Toute excitée, elle m’expliqua qu’une de ses copines organisait une boum et qu’elle avait obtenu à la dernière minute, l’autorisation d’y rester dormir. Ni ses parents ni ceux de sa copine ne possédaient le téléphone, la surprise que sa venue allait lui faire était pour beaucoup dans l’excitation d’Odette. Nous devisions joyeusement, elle trouvait amusant que ce soit à mon tour de passer une soirée studieuse et solitaire.

Je descendis à mon arrêt, me retournai pour lui faire un signe de la main, quand je constatai qu’elle était descendue à ma suite. « Est-ce que je pourrais te demander de me rendre un service ? » À son regard inquiet, je compris que ce n’était pas le genre de service qu’on pouvait demander incidemment au coin d’une rue, fut-elle animée. Supposant qu’elle allait m’avouer qu’elle passerait la soirée et la nuit, non pas chez une copine, mais avec son petit ami, n’osant pas lui proposer de monter dans ma garçonnière, je lui offrais d’en parler autour d’un verre.

– Jure-moi de garder le silence sur ce que je vais te demander. J’ai des copines qui ont déjà couché… elles disent que la première fois, c’est toujours nul, qu’il faut en passer par là, ça ne fait pas toujours mal, mais ça n’est jamais agréable la première fois. Mais moi, je suis sûre que c’est parce que les mecs étaient puceaux eux aussi. Alors, je me demandais… est-ce que tu voudrais me dépuceler, en t’appliquant pour que j’en garde un bon souvenir ?

Abasourdi, je regardai tout autour de moi, effrayé à l’idée que quelqu’un ait pu entendre ses mots. Presque aussitôt, je réalisai que personne ne nous connaissait, que personne ne savait qu’elle était la petite sœur de mon meilleur ami. Pour tous ces gens, nous étions un couple d’amoureux et c’est ainsi que j’acceptai sa proposition, à condition toutefois, de pouvoir en parler librement à Martial si j’en éprouvais le besoin. J’insistai sur ma volonté que les heures qui allaient suivre ne changent en rien les rapports que j’entretenais avec elle. Odette me tendit son petit doigt recourbé afin que j’y accroche le mien, sa façon toute adolescente de « toper là ».

Arrivés chez moi, Odette se tint debout au beau milieu de la pièce, semblant chercher quelque chose du regard, elle respirait à pleins poumons comme pour s’imprégner de l’air ambiant.

Je ne veux rien oublier de cette soirée ! Euh… je me déshabille ou tu me déshabilles ?

Son sourire coquin et son regard mi-effronté, mi-craintif me firent l’effet d’une gifle. Je m’ébrouai comme on cherche sa lucidité et lui annonçai un changement de programme.

– Non, Odette. Non. Pas ici. Pas comme ça. Pas maintenant. Remets ta gabardine, prends ta petite valise et suis-moi !

– Tu… tu me ramènes chez moi ?

– Sauf si tu y tiens, mais… quant à moi… À nana exceptionnelle, il faut une ambiance et un cadre exceptionnels ! Vérifions tout d’abord si nous avons de la chance…

En chemin, je lui expliquai mon plan de bataille et les solutions de repli. J’avais fait exprès d’employer ces termes, un peu par jeu, beaucoup par défi. « Et si pour ce soir, tu oubliais un peu tes études ? » Je ne connais aucun mot pour exprimer l’intensité de notre regard à cet instant précis.

À la sortie du métro, une bouffée d’air chaud nous surprit. Odette retira sa gabardine qu’elle posa sur son avant-bras. Elle courait en direction des quais, se retournant tous les deux pas « Viens ! Mais viens ! Plus vite ! » Je me régalais du spectacle de sa robe qui, en virevoltant, dévoilait ses magnifiques jambes.

Nous avions de la chance, dit l’employé des bateaux-mouche, une table venait de se décommander, nous pouvions donc embarquer pour ce dîner-croisière. Je vous jure que j’ignorais tout de l’histoire de la photo de Jean-Baptiste avant que Martial ne m’en parle, sept ans plus tard !

Une fois installés, Odette me demanda ce qu’elle devait choisir et si sur ma carte aussi les prix étaient absents. Tout en me posant la question, elle se leva et se pencha pour vérifier.

– Ouah ! C’est vachement cher !

– Rien n’est plus beau que tes seins… euh… rien n’est trop beau pour toi !

J’avais du mal à déglutir.

– Bah ! Tu les as même pas vus !

Je lui expliquai qu’elle devrait être attentive au plaisir qu’elle prendrait à sentir le désir de son partenaire s’accroître tout au long de la soirée, qu’elle devrait guetter ces petites flammèches qui le ravivent, l’entretiennent.

– C’est facile pour toi, tu le sais tout de suite si tu bandes ou pas, tandis que pour moi…

– Ça ne t’arrive jamais de ressentir comme une brûlure entre les cuisses ?

Odette baissa les yeux et marmonna « Si »

– Et que fais-tu dans ce cas-là ?

Le serveur prit notre commande et revint presque aussitôt avec nos coupes de Champagne. De vraies coupes, puisqu’à l’époque, on ne le servait pas dans des flûtes. Nous trinquâmes et la réponse d’Odette s’évanouit au milieu du tintement des verres qui s’entrechoquaient autour de nous.

– Tu disais ?

– Je mets mon oreiller entre mes cuisses que je serre très fort jusqu’à ce que ça passe…

Je fermai les yeux pour tout à la fois chasser cette image et la graver à tout jamais dans ma mémoire. Odette se méprit.

– Mais je suis encore vierge, tu sais… tu veux touj… ? Pourquoi tu fermes les yeux ?

– Je me représentais la scène et…

– Et ?

– J’ai eu besoin de quelques secondes de… méditation pour m’empêcher de te culbuter. Là. Tout de suite. Sur la table !

– Tu… tu bandes ?

– Oui

Elle me fit craquer quand elle posa ses mains sur ses joues. « Oh… la chance ! » Le serveur venait de nous apporter les entrées quand elle me demanda, si ça ne faisait pas un peu mal. J’éclatai de rire en répondant non, à nouveau, elle soupira « La chance… ! »

– Pourquoi ? Ça te fait mal ? Avec l’oreiller ?

Prenant des airs de conspiratrice, elle me dit.

– Des fois, c’est pire avec l’oreiller ! Tellement pire que je suis obligée de m’asseoir sur du froid pour tout arrêter !

– Et tu n’as jamais eu l’idée de te… soulager ? De t’offrir du plaisir ?

– Tu… tu crois que je peux ?

– Mais bien sûr ! Qui aurait le droit de t’en empêcher ?

– Mais je te demandais pas « Je peux ? », genre « Je peux ? J’ai le droit ? », je te demandais « Je peux ? », genre « Tu crois que c’est possible ? » !

Je remarquai le sourire en coin du serveur qui ne perdait pas une miette de notre conversation. J’éclatai de rire.

– Ça c’est sûr ! Je sais que tu le peux !

Le serveur desservait notre couvert quand elle me demanda « Tu pourras me montrer comment faire ? Tu veux bien ? » Je la rassurai sur ce point. Elle me regarda avec fierté et gratitude.

– J’étais sûre que… avec toi… Après, tu pourras me demander tout ce que tu veux, tu sais ! Tout. Tout. Tout !

Le serveur trébucha, ce qui créa un peu de diversion. Tout au long du repas, elle me posa des tas de questions, me fit des confidences. Nous étions assis côte à côte en attendant le photographe, quand elle me demanda si je bandais. Je répondis oui. « Je peux toucher ? » La peur que l’on remarque son geste malgré la table derrière laquelle nous étions assis, l’excitation que cette crainte engendrait me fit bander puis débander puis rebander mollement. Je sentis sa main sur mon pantalon. Je la dirigeai discrètement.

– C’est normal que quand je te touche ça me fasse des trucs dans les nichons ? Pas sur le bout du téton, mais… tout autour des mamelons… comme plein de petites piqûres d’aiguille, mais en vachement agréable… Oh ! Mais t’en as un autre ou c’est le même ?

Je ne pus calmer mon fou-rire qu’à l’arrivée du photographe. À la fin de cette croisière, avant de descendre sur le quai, Odette ouvrit son porte-monnaie et s’excusa de ne pas pouvoir donner plus au serveur, qui la rassura en lui disant que c’était le geste qui comptait.

Pendant ma vie d’étudiant, j’ai exercé plusieurs petits boulots ; en 1967, j’étais tout à la fois le guide et le conservateur d’un hôtel particulier du 18ᵉ siècle. Quand j’en ouvris les grilles à Odette, elle s’écria « Je suis une princesse ! Je suis une princesse ! » Je la pris dans mes bras « Chaque homme qui te désirera devra te traiter comme telle, Princesse ! »

Je voulus lui faire visiter les lieux, mais dans un des boudoirs, n’y tenant plus, je l’embrassai. Elle me demanda

– C’était bien ? T’as aimé ?

Je lui retournai la question. Elle parut réfléchir, hésiter, m’embrassa de nouveau. « J’adore ça ! » Nous nous effondrâmes sur le sofa, inscrit au Mobilier National, nos baisers étaient de plus en plus fougueux quand elle me supplia de lui “peloter les nichons”. Le temps qu’elle dégrafe sa robe, je me déshabillai. J’étais en train de retirer mon slip quand elle s’arrêta net, le haut de sa robe tombant sur ses épaules. « Oh ! Mais c’est vachement beau, en fait ! » et comme si elle me le reprochait « Pourquoi on dit que c’est moche ? C’est vachement beau, en vrai ! ». Tendant un index timide, elle me demanda « Je peux ? » Comment le lui refuser ? Je lui rappelai toutefois son souhait de se faire peloter les nichons. Elle eut un geste agacé, comme pour me dire « plus tard ».

Nous étions dans ce boudoir parce qu’il n’était percé d’aucune fenêtre, que la lumière pour les visiteurs y était volontairement tamisée. Odette regardait mon sexe de tout près, le touchant, le manipulant comme un enfant découvre un jouet. J’avais eu le tort de lui dire « Amuse-toi avec pour faire connaissance, après, je m’occuperai de ton cas ». Alors, elle le taquinait du bout de l’index.

– Bite ! Bite ! T’es qu’une bite !

L’attrapant à pleine main et prenant une voix grave.

– Non ! Je suis une grosse verge ! Je ne suis pas une bite !

De nouveau l’index.

Si ! Bite ! Bite ! Bite ! T’es qu’une bite !

Appelons nos amis pour nous départager !

Elle fit alors courir ses longs doigts graciles le long de mon corps.

Bite ? Verge ?

Ses deux mains à plat sur mes cuisses convergèrent vers mon membre. « Pénis ! », puis me regardant.

On dit « pénisse » ou « péni » ?

– Pénisse, sauf si tu veux plaisanter

– Tu sais, je fais souvent un drôle de rêve… je suis devant une statue et je lèche son pénis comme ça…

Je ne pus m’empêcher de crisper mes mains autour de sa tête, ni de réprimer un juron quand sa langue lécha mon sexe sur toute sa longueur.

– Oh pardon ! Je t’ai fait mal ?

Oh non, Odette ! Bien au contraire ! Mais laisse-moi découvrir ton corps…

Je finis de la dévêtir, en prenant tout mon temps. Je voulais qu’elle grave à tout jamais cette nuit dans sa mémoire, mais je tenais également à ne jamais oublier mes propres sensations, à ne jamais oublier l’éclat de sa peau brune magnifiée par cette lumière oblique, sa douceur, sa chaleur, ses seins ronds et déjà lourds. Pour éviter de jouir trop vite, je déplaçai ses mains de mon corps vers le sien, nous nous embrassions comme pour prolonger ces préliminaires. Nos doigts se rejoignirent sur son pubis. J’allais lui expliquer comment soulager la brûlure dont elle m’avait parlé plus tôt quand elle me demanda si j’avais déjà couché avec une noire. Devais-je mentir ? Elle lut la réponse dans mon regard hésitant et manifesta son dépit.

J’aurais dû m’en douter…

– Ça t’ennuie ?

– Non, mais comme tu vas être mon premier… j’aurais aimé être ta première quelque chose…

Comment lui dire qu’elle resterait à jamais la première de beaucoup de choses ? Comment lui expliquer qu’elle resterait pour toujours la première pour laquelle j’avais dépensé en un repas la somme avec laquelle j’aurais pu manger pendant quinze jours et que je ne le regrettais pas… la première avec laquelle je passais un moment aussi joyeux que sensuel, aussi léger qu’émouvant avec une telle évidence… la première que j’emmenais sur mon lieu de travail… la première à m’avoir sucé sur le sofa sur lequel d’anciens propriétaires prestigieux avaient certainement connu les mêmes plaisirs ?

– Je n’ai jamais couché avec la petite sœur d’un de mes amis, tu es donc la première !

– T’es sûr ? Jure-moi que c’est vrai !

– Est-ce que Martial a une autre sœur ? Non.

T’as même pas un peu couché avec une sœur de Jean-Luc ?

– Mais… Jean-Luc n’a pas de sœur !

– C’était pour être sûre… Tant mieux alors !

Soudain, elle retint ma main.

– Tu préfères te caresser toute seule ?

– Non… c’est pas ça… mais il faut que je m’essuie avant… c’est… comme tout mouillé…

– Mais c’est justement ça qu’on cherche ! Pour que ça coulisse mieux… regarde !

Je glissai mon majeur entre ses lèvres. Bon sang, elle était trempée ! Je la pénétrai de mon doigt avec l’intention de le faire aller et venir, mais elle croisa violemment ses cuisses, bloquant ma main et m’interdisant le moindre mouvement. Je sentais son corps onduler et une longue plainte venue du plus profond de ses tripes s’échappa de sa bouche.

J’aurais voulu qu’elle ne fermât point les yeux. Quand elle les rouvrit, elle voulut s’en excuser.

– C’était tellement bon ! Il n’y a rien de meilleur, n’est-ce pas ?

Regardant mon sexe et remarquant mon sourire, Odette ajouta

– C’est encore meilleur avec une bite ?

Je m’étais promis de lui faire découvrir d’autres plaisirs avant de la pénétrer, mais cette remarque anéantit toutes mes bonnes résolutions. Je me levai, la pris dans mes bras, la déposai sur le lit de la chambre nuptiale. Prenant une voix de baryton, je lui dis enfin.

– Qui t’a parlé de bite ? Je te parle des plaisirs que peut t’offrir une grosse verge ! … C’que tu peux être belle quand tu souris comme ça ! Non ! Garde tes yeux ouverts !

Je la pénétrai lentement, à l’affût du moindre sursaut, du plus léger frémissement indiquant une quelconque douleur ou un éventuel déplaisir. Sa bouche semblait psalmodier une prière, je lui demandai si elle avait mal, pour toute réponse, elle me sourit et, comme anéantie, fit non de la tête, je regardais sa boule afro danser sur l’édredon. Qu’elle était belle ! Quand elle put enfin parler, elle me demanda si c’était aussi agréable pour moi. Voyant mon sourire, elle me demanda d’une toute petite voix si je pouvais me retirer pour la prendre à nouveau. Je m’exécutai avec un étonnement non feint. Elle venait d’ajouter, sans le savoir, un nouvel item “première fois”, parce qu’elle reste la première à avoir exprimé tout naturellement son désir. Je me retirai prestement et la pénétrai de nouveau au ralenti.

– Encore… encore… enc… mais retire-toi tout doucement… que je puisse profiter… oui… outch ! j’aime bien la p’tite bosse…

La p’tite bosse ? Ça ?

– Oui ! Stop ! Ne bouge plus ! Pourquoi tu souris ?

– Parce que je suis heureux !

Oh ! Merci ! C’est gentil ! Mais… pourquoi tu bouges plus ?

Tu m’as dit « stop »

J’acceptai de reprendre mes va-et-vient à la condition qu’elle me guide avec ses mots, tantôt elle voulait que j’aille vite, tantôt lentement, elle demandait que j’aille « tout au fond » ou, a contrario, de maintenir mon gland à l’entrée de son vagin. Elle donnait parfois l’impression de suffoquer jusqu’à ce qu’une grande inspiration soulève sa magnifique poitrine. Elle me réclamait des baisers, je les lui offrais.

– Montre-moi… pour les… brûlures… calmer…

Je pris sa main et la guidai vers son clitoris.

Avec moi ! Aide-moi ! Montre-moi… comment… faire… !

Je posai ma main sur la sienne, mes doigts exerçant une pression sur les siens.

– Odette, je vais jouir…

Mais… après… on passe quand même la… nuit ensemble ?

Ému, je me penchai pour l’embrasser quand je remarquai un cercle saillant autour de ses aréoles. Je décidai de les caresser du bout de la langue, pensant naïvement parvenir à retarder mon éjaculation. Odette poussa un charmant petit cri aigu et délicat.

– Tu sens ? Que… je jouis en toi ?

N’arrête pas ! N’arrête… pas !

Je me figeai en elle, espérant ne pas débander trop vite, elle arrêta de se caresser, me demanda de le faire à sa place tandis qu’elle se caressait les seins. Nous nous sentions tellement bien que j’acceptai sa proposition, retarder au maximum l’explosion de son plaisir. Je bougeai à peine tant je redoutais sortir de son vagin et, alors que j’avais craint la débandaison, je sentis ma queue redevenir vaillante. Odette s’en aperçut également.

– Merci, Jimmy !

– Y a pas de quoi, Odette !

Quand elle jouit, ma bite était à nouveau dans une forme olympique, mais je craignais d’irriter le sexe fraîchement dépucelé d’Odette, aussi, je me retirai assez vite.

– Tu me montres la p’tite bosse ?

Dans un sourire, je lui fis découvrir le bourrelet à la base de mon gland. Elle l’embrassa avec tendresse.

C’est encore meilleur que dans mes rêves… slurp… de statue… !

Durant toute la nuit, je fus secrètement jaloux de l’homme qui aurait la chance de partager sa vie. Odette était avide de plaisirs, curieuse, belle, libre de son corps, de ses pensées, inventive…

J’étais invité au déjeuner dominical chez Martial et ses parents, une journée s’était passée depuis notre nuit, je me demandais quelle contenance je devrais prendre. J’étais tellement troublé par ces heures passées avec Odette que si elle me l’avait demandé, j’aurais fait ma vie avec elle, mais elle s’en tint à notre accord initial. Elle me fit la bise « Oh, t’as l’air en pleine forme dis-moi ! », Louise m’apprit que depuis la boum à laquelle elle avait assisté, Odette se montrait particulièrement insolente sous ses airs angéliques. J’aurais dû être embarrassé de ce mensonge, mais j’étais heureux de le faire.

Peu après, Odette rencontra Bertrand, avec lequel elle eut très vite un premier enfant, puis un autre et enfin un troisième. Quand je m’installai à Lyon, nos liens se distendirent, nous nous envoyions nos vœux de bonne année, un petit mot pour chaque anniversaire, mais j’avais surtout de ses nouvelles par Martial.

Je ne l’ai vraiment revue qu’aux obsèques de ses parents. Leur mort avait été si brutale qu’elle nous a tous anesthésiés. En revenant du cimetière, avant d’entrer dans leur petite maison, je la vis tirant nerveusement sur une cigarette. Avec l’espoir de faire naître un sourire sur ses lèvres, je lui demandai « Comment va ma Princesse ? ».

Odette s’effondra dans mes bras. Je pensais avoir ravivé ses plaies et m’en voulais quand elle m’avoua ce que toute sa famille ignorait encore.

– Tu parles d’une princesse ! Elle a quarante ans et autant de kilos en plus, ta princesse ! Son mari la fait cocue et va emménager à la fin du mois avec une plus jeune et bien plus belle qu’elle ! Monsieur a besoin de découvrir de nouveaux horizons ! Si seulement, j’en avais la possibilité, moi aussi j’aimerais en découvrir, de nouveaux horizons !

– Serviteur !

Je m’étais incliné vers elle, dans la posture requise par tous les manuels de savoir-vivre.

– Te fous pas de moi, chuis pas d’humeur…

J’attrapai ses poings au vol, l’obligeai à me regarder dans les yeux.

Je suis sérieux, Odette ! Tu peux poser des congés rapidement ?

Ça fait six mois que je suis à la retraite !

– Déjà ? Mais…

Enfin, je la revis sourire ! Elle m’embrassa sur la joue.

Flatteur, va !

– Et ton connard de mari, il compte partir quand au juste ?

Le 30… ils emménagent à Cannes.

– À Cannes ? Pff… quel ringard !

Tu crois que j’ai l’air plus fine, moi, avec mon pavillon devenu trop grand en Seine-et-Marne ?

– D’où l’urgence de te faire découvrir de nouveaux horizons !

– C’est quoi ce regard lubrique ?

– De nouveaux horizons, Princesse !

Mais t’as vu c’qu’elle est d’venue ta Princesse ? C’est facile pour toi, t’as pas changé, t’as gardé ton corps de jeune homme ! Pas un pèt’ de graisse…

J’objectai mollement, sincèrement flatté qu’elle me vît ainsi. Tel un maquignon estimant la valeur d’un bestiau, elle palpa mon abdomen.

– Oui, mais ça c’est pas du gras ! C’est du rembourrage, ça compte pas ! Alors que moi… regarde-moi ça !

Elle me désigna Martial qui se dirigeait vers nous.

– C’est marrant, tout de même… Papa et maman n’étaient pas gros, alors que nous…

– Ça va ? Pourquoi vous n’entrez pas ?

– J’essaie de convaincre ta sœur d’accepter l’idée de découvrir de nouveaux horizons…

– Avec Bertrand ? Ça s’arrange, finalement ? Sylvie craignait que…

– Oui !

– Pas vraiment…

– Oui ou pas vraiment ? Mettez-vous d’accord !

Bertrand me quitte, il déménage à Cannes avec sa pouffiasse.

Odette !

Quoi « Odette ! » ? Laisse-moi le temps de digérer le truc avant de me demander d’être peace&love !

– D’où les nouveaux horizons

– Ah ouais… genre… « Serviteur ! » ?

– Exactement !

– Dédette, tu peux pas refuser !

– Si je te dis « nouveaux horizons », tu me réponds… ?

– Canada

Alors… va pour le Canada ! On embarque à la fin du mois !

– Mais t’es taré ! Complètement taré !

En s’éloignant, Martial nous dit « Je vais leur dire de vous laisser en paix, que vous avez besoin de vous isoler pour parler un peu. Mais savoir que vous arrangez en douce une escapade amoureuse… c’est comme si papa et maman n’étaient pas morts, que Sylvie n’était pas dans le coma… Vous ne pouviez pas me faire plus plaisir… la vie continue et vous en êtes la preuve ! »

Avec les années, le quotidien, Odette avait oublié qu’elle est belle, qu’elle est née belle, qu’elle a grandi belle, qu’elle sera belle jusqu’à son dernier souffle. La femme qu’elle me décrivait n’était pas celle qui se tenait devant moi. Je crus qu’elle l’avait compris quand je la vis esquisser un sourire. Par jeu, je lui en demandai la raison.

– Je voulais savoir… j’avais droit à combien de vœux ?

– ??

Pour les nouveaux horizons… j’ai privilégié la destination, mais…

– Odette ! Je n’aurai jamais la patience d’attendre tout un mois !

Il le faudra bien, Jimmy. Laisse-moi me faire à l’idée que je peux encore être une princesse !

Mais tu l’es ! Tu es une princesse, Princesse !

– C’est peut-être évident pour toi, mais ça ne l’est plus pour moi et depuis belle-lurette ! Laisse-moi me faire à l’idée… j’ai besoin de faire la paix avec moi-même !

Alors, laisse-moi tout organiser, l’attente sera moins pénible…

Elle se hissa sur la pointe des pieds, pour m’embrasser sur la joue, puis, après avoir jeté un bref coup d’œil en direction de la maison, se ravisa « Après tout… » et me roula une pelle. « À tous les coups, je vais passer un mois entier à rêver de statues… ! » Je lui mis une claque sur les fesses.

Odette&Jimmy – « Encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots »

La chanson en question

Je me remettais de toutes ces émotions dans les bras de Christian, goûtant avec délice ce moment d’une tendresse absolue. Nous échangions quelques mots, entrecoupés de longs silences bruyants. J’entendis Martial éclater de rire, suivi par Cathy et Monique. Poussés par la curiosité, nous les avons rejoints. Je ne me souvenais pas avoir vu mon frère totalement nu, je découvrais son corps à 73 ans.

– On réservait nos places pour le spectacle de demain soir et comme ça risque de durer, on cherchait notre place sur Martial… parce que c’est le plus confortable de la bande et qu’il se tient mieux que Marcel…

– Note qu’elle n’a pas dit que je suis gros, je suis confortable !

– C’est parce qu’elle est polie !

– Toi, t’es envieux ou je ne m’y connais pas !

– Un peu que je le suis ! Il y a quelques années, c’est ma compagnie que ces dames recherchaient… O pute borgne, toutes ces années à entretenir ce magnifique corps d’athlète, toutes ces années d’ascèse et tout ça pour qu’elles préfèrent le gros nounours ! On le serait à moins, non ? Qu’est-ce que t’en penses, Princesse à Jimmy ?

– J’en pense que je comprends pas la moitié de ce que vous racontez, mais que je suis heureuse d’être avec vous tous… qu’il sera toujours temps pour m’expliquer… Et je commence à comprendre que le spectacle des gamins sera assez éloigné de la kermesse de fin d’année…

– Ils t’ont rien espliqué tout ce temps qu’ils t’ont accaparée rien qu’à eux, ces vauriens ? Pff ! Boudiou !

– Non. Ils sont passés directement aux travaux pratiques !

– Faudra que je vérifie ça aussi ! Pasque si ça se trouve, ils ont oublié des tas de détails… Boudiou ! Mais tu rougis ma coquine ! Dis donc, ta mémé elle aurait pas fauté avec Gentil Coquelicot, par hasard ?

Je comprenais de moins en moins, Christian m’a tendu un cahier qu’il venait de sortir d’un meuble à secrets. J’en commençai la lecture et ne relevai la tête qu’après avoir lu le dernier mot. J’étais bouleversée dans tous les sens du terme. Je voulais en savoir plus, Sylvie me désigna leurs « archives » qu’elle m’avait données trois heures auparavant. J’aurais vraiment voulu rester avec eux, mais la curiosité me consumait. Daniel me rassura.

– On a tout le temps pour faire connaissance ensuite ! Tu restes jusqu’à quand parmi nous ?

Comme si j’avais honte de l’avouer, je regardai mes pieds.

– En fait… j’aimerais bien ne plus repartir… si c’est possible pour Jimmy… pour vous tous…

Jimmy m’entraîna dans son bureau pour que je puisse lire confortablement. Sylvie me conseilla de prendre la plume si l’envie me prenait de raconter quelques souvenirs. Mon cœur bondit dans ma poitrine quand elle ajouta « Vous verrez, sa façon de raconter est… un peu comme si elle décalait d’un tout petit degré l’angle de la caméra… et ce tout petit degré de différence te donne une perspective totalement nouvelle de la scène… ! Vous verrez ! »

En ouvrant la porte de son bureau, Jimmy m’a demandé si j’étais sérieuse quand j’avais dit que je voulais m’installer au mas, si j’avais conscience de ce que cela impliquait.

– J’en ai eu un aperçu tout à l’heure…

– Tu ne m’as pas vu en désirer une autre que toi, faire l’amour avec une ou plusieurs d’entre elles… Tu ne m’as pas entendu leur dire le plaisir que j’y prends…

– Certes, mais j’ai pu ressentir… comprendre… comprendre et ressentir dans mes chairs le plaisir de se faire toucher par d’autres, de faire l’amour avec l’un sans que ça ne remette en cause le plaisir que je prends avec toi, l’amour que je te porte… En l’éprouvant moi-même, j’ai pu réaliser ce que tu, ce que vous ressentez… Et tant que je ne suis pas obligée de coucher avec Martial…

– Ô, ma Princesse ! Tu sais quoi ? On va se marier ! Tu veux me marier ?

J’aurais pu le taquiner sur le trouble profond qu’il ressentait, trouble qui l’avait fait parler comme le faisaient ses parents adoptifs, façon dont il se moquait avec tendresse. J’aurais pu le taquiner, mais je n’en ai eu ni l’envie, ni la force. Je lui rappelai que je n’ai jamais divorcé.

– On a les locaux, on a un ancien maire et conseiller municipal, on a tous les témoins qu’on veut et même le lieu idéal pour notre nuit de noces… On n’a rien besoin d’autre !

– Ah bon ? J’aurai même pas droit à une petite alliance ?

– Eh bien, figure-toi que si, tu vas en avoir une et moi aussi et pas n’importe laquelle ! Joseph, Joseph qui s’excuse de s’être défilé, Joseph est joaillier, figure-toi ! Il nous fera les plus belles alliances du monde, ma Princesse ! Et pour tes témoins…

– Sylvie et Martial pour moi, non ?

– Ce serait trop facile, Princesse… les témoins se choisissent avec grand soin, ma chérie… dis-moi un nombre…

– Douze

– D’accord. Installe-toi, commence la lecture… chacun et chacune viendront te retrouver… elles et ils auront douze minutes pour te convaincre de devenir ton témoin… Seuls Martial et Sylvie en seront dispensés.

– Ah bon ? Et pourquoi donc ?

– Coquine ! Et s’il nous reste assez de temps avant le début du spectacle, je te ferai découvrir la chambre nuptiale…

– Oh, Jimmy… quand tu souris comme ça…

Je n’achevai pas ma phrase, parce que nous nous embrassâmes avec fougue et passion.

J’avais commencé la lecture du cahier écrit par Monique. Ses mots m’avaient davantage excitée que ceux de Rosalie. Ils m’étaient plus proches, contemporains. Je venais de finir un chapitre quand elle ouvrit la porte. Elle maugréait en souriant.

– La démocratie, c’est bien, mais c’que c’est long… ! Ça n’en finissait pas… Dans quel ordre allons-nous nous présenter à Odette ? Alors, j’en ai eu marre et me voilà !

Elle fit un petit pas sauté, tapa dans ses mains et écarta ses bras, comme un Jean-Paul Belmondo d’opérette. Quelle énergie !

– Ah… tu lis le récit de mes fredaines ? T’en étais où ?

– À tes fiançailles, je viens de terminer…

– Ah ah ! Quel bizarre hasard ! Plutôt que te parler de moi, je te propose de te lire le chapitre suivant…

– Rassure-moi, y aura pas de meurtre, pas de cannibalisme, pas de violence, au moins ? Putain, Monique…Titus Andronicus, quoi !

– Jimmy m’a raconté combien tu as été choquée, mais je trouve que les mots de Shakespeare se marient tellement bien avec la bouche de Martial… et, je vais t’avouer un grand secret, nous prétextons souvent « Titus » pour nous isoler, mais la plupart du temps, nous lisons « La mégère » ou « Le songe d’une nuit d’été »… Je compte sur ta discrétion ! Serais-tu d’accord pour une lecture chaleureuse et amicale ?

J’acceptai, tout en pressentant que Monique avait usé de doux euphémismes. Elle s’installa sur le sofa près de la fenêtre, me demanda de poser ma tête sur ses cuisses. Je m’exécutai, le cœur battant. Monique remarqua mon trouble.

– Tu n’as jamais couché avec une femme ? Ça ne t’a jamais tentée ?

– Euh… non… enfin si, mais non… Au lycée, une rapatriée d’Algérie est arrivée en cours d’année… en première… elle venait de Marseille où elle avait vécu quelques mois… Elle était l’attraction de la cour de récré… et que je te papouille et que je rigole super fort… Je la détestais et j’en voulais à mes amies de lui faire la bise, de la taquiner… Elles m’oubliaient à cause de cette fille que je désirais avec tant de violence. Je m’en étais aperçu quand j’avais constaté le plaisir que je prenais à la reluquer en douce dans les vestiaires… Début juin, elle est arrivée en larmes. Elle venait d’apprendre que sa scolarité s’arrêterait là. L’époux que ses parents avaient choisi pour elle ne voulait pas d’une femme trop savante parce que ça risquait de la rendre stérile. Touchée par son désespoir, j’attendis d’être seule avec elle pour la serrer dans mes bras. Elle pleura longuement sur mon épaule. J’embrassai… ou plutôt je caressai la naissance de son cou avec mes lèvres, passai mes doigts dans ses cheveux. Des pas retentirent dans les couloirs. Avant qu’ils ne soient remplis d’élèves bruyantes, elle m’embrassa sur les lèvres. Elle disparut de mon univers dès la fin de l’année scolaire. Je l’ai croisée par hasard quand j’étais enceinte de Caroline. Elle me demanda combien j’avais d’enfants, je lui désignai mon ventre « Trois, en comptant celui-ci ». Elle leva les yeux au ciel. « Veinarde ! J’en suis déjà à sept ! » Elle m’envia de travailler, son mari estimait que la place d’une femme était au foyer. Son temps étant compté, nous nous échangeâmes nos adresses, nous promîmes de nous écrire bientôt de nous revoir très vite et d’organiser un « quatre heures » où nous pourrions papoter tout à notre aise. Bien sûr, toutes ces promesses sont restées à l’état de promesse.

– Si tu veux, on essaie… N’oublie pas qu’entre nous, le principe de base est de pouvoir dire non à tout moment et que ce non sera respecté.

– Ça, je le savais déjà, mais merci de me le rappeler

Je m’installai. Monique souleva le tissu de mon chemisier, le déboutonna, glissa sa main sous mon soutien-gorge. Elle embrassa mon front quand elle constata à quel point mon cœur battait fort. Elle remonta ma jupe « pour garder un œil sur ta jolie culotte ».

– « Voiture avec chauffeur » de et par Monique alias Fille de Mère-Nature

Quelle étrange impression ! Comme elle lisait bien ses propres mots ! Je fermai les yeux et fus propulsée en 1975.

– « L’après-midi fila à la vitesse de l’éclair et la voiture m’attendait déjà lorsque j’arrivai à la gare. Un homme y était déjà installé. Je m’assis à ses côtés, du bout des doigts, il souleva ma robe, écarta ma culotte et me regarda comme pour estimer la marchandise. Je le trouvais déplaisant, mais quand il sortit sa queue de son pantalon, je fus rassurée. Une longue cicatrice un peu brune dessinait une ligne presque droite le long de sa hampe. Catherine m’avait déjà parlé de cet homme un peu étrange, dont la timidité maladive l’handicapait avec les femmes, mais qui, dès qu’il était rassuré, s’avérait être d’une incroyable gentillesse. »

Tout en lisant ces mots, elle souleva ma culotte et glissa sa main vers mon pubis. Je retrouvai mes émois adolescents, quand, le traversin entre mes cuisses, je l’embrassais en imaginant que c’était Clara.

– Oh ! J’adore les poils de ta chatte ! Tu n’es pas choquée par ce mot, j’espère ?

– Non. Bien au contraire ! Comment il t’a touchée, la première fois, Jean-Luc ?

– Comme ça… ooh… j’aime vraiment tes poils, Odette ! Et pis… ils sont presque aussi blonds que les miens ! Putain ! T’es déjà trempée ! Au moins autant que moi !

– Parole, parole, parole…

– Tu me crois pas ?! Lève-toi, tu vas voir !

Elle se leva aussi. Surjouant un courroux agacé, elle ouvrit sa robe, la jeta à terre. Acheva de me dévêtir et se planta face à moi.

– Qu’est-ce que je disais ? Presque aussi blonds que les miens et au moins aussi mouillée que moi ! Tiens, puisque tu ne me crois pas…

Ce disant, elle prit ma main, la glissa entre mes cuisses avant de la remettre entre les siennes. Je l’embrassai. Nous reprîmes nos places sur le sofa. Monique m’invita à ne pas résister s’il me prenait l’envie de la caresser, de l’embrasser. Je la chambrai un peu d’avoir employé des termes aussi délicats.

– Mais… est-ce que j’aurais aussi le droit de te doigter et de te bouffer la chatte ?

– Bien sûr Odette, si tu ne crains pas que nos gouinages te fassent jouir !

– C’est toujours aussi facile… aussi évident entre vous ?

– Oui. Euh… sauf quand il s’agit de déterminer dans quel ordre on se présentera à toi ! « Caressant délicatement son membre du plat des ongles, je lui demandai s’il m’autorisait à le sucer un peu en attendant les autres passagers. Il accepta de bon cœur et c’est avec sa queue dans ma bouche que j’entendis la portière s’ouvrir sur les deux derniers passagers, qui nous saluèrent joyeusement. »

Monique avait repris sa lecture. Elle lisait, tenant son cahier d’une main et me doigtant de l’autre.

– Oooh ! Je comprends Jimmy ! Comme on est bien dans ta chatte !

Mes doigts allaient et venaient dans la sienne avec une aisance croissante. J’étais en train d’offrir du plaisir à une femme ! Cette prise de conscience me donna le courage de réaliser ce qui jusque-là n’était qu’un fantasme récurrent. Tout en écartant ses lèvres, je tendis ma bouche vers son clitoris qui saillait comme un petit diamant dans un écrin rosé. Enfin ! Enfin, je connaissais ce plaisir dont j’avais tant rêvé ! Que son goût m’a plu ! Et ses mots ! J’entendis le cahier tomber à terre.

– Fais-moi jouir, Odette… fais-moi jouir !

– Toi d’abord, Monique ! Toi d’abord !

– La Princesse est exigeante !

– Hey ! La Princesse doit choisir son témoin, c’est pas rien !

– Mais tais-toi donc !

En prononçant ses mots, elle appuya sur ma tête de telle façon que ma bouche se trouva plaquée contre son minou. L’odeur de son pubis me propulsa au milieu des étoiles. J’aurais passé ma vie ainsi, le nez collé à sa toison blonde, la bouche contre son sexe, ma langue titillant son clitoris. J’aimais quand elle avançait son bassin, quand elle écartait un peu plus ses cuisses, quand elle me demandait de la doigter plus fort… comme ça… et qu’elle me prodiguait des caresses rugueuses, pourtant si féminines… Que j’ai aimé lui indiquer par les miennes celles dont j’avais envie ! Je pensais « Tu fais l’amour à une femme ! Sens comme ça te fait jouir ! C’est bon ! C’est bon de se faire baiser par une femme ! Écoute ce qu’elle te dit ! Tu la fais jouir comme une sainte salope ! Écoute comme elle aime ça… et toi… »

Je décollai ma bouche pour hurler mon plaisir. J’avais oublié qui j’étais, où j’étais. Je n’étais que jouissance dans un océan de plaisir. Monique avait joui en criant que je la suçais comme une déesse.

Nous nous étreignîmes, nous embrassâmes tendrement, puis quoique chassé, le naturel revint au galop.

– C’est malin ! Non seulement, j’ai pas eu le temps de finir ma lecture, mais en plus je vais me faire engueuler ! Trente-sept minutes au lieu de douze… !

– T’as qu’à leur dire que tu te doutais qu’ils avaient besoin de plus de temps pour enfin prendre une décision !

– Oh, Odette ! Comme on va être heureux avec toi !

Elle m’embrassa sur la joue, me conseilla de mettre un peu d’ordre dans ma tenue, enfin… de me rhabiller et partit chercher mon prochain postulant.

Je ne l’entendis pas s’éloigner, mais reconnus son pas quand elle revint, ouvrit la porte pour m’annoncer dans un éclat de rire « Timing parfait, Princesse ! Ils viennent juste de se décider ! »

Odette&Jimmy – « She really gets me high »

Il vous suffit de cliquer sur cette phrase pour écouter la chanson qui illustre ce texte.

Jean-Luc caressait mes seins entre surprise et curiosité, chaque caresse était plus assurée que la précédente, plus apaisante, plus excitante. Il me projeta dans ses bras, je sentais pour la première fois la chaleur de sa peau, la force virile et animale de son corps. Il m’embrassa à pleine bouche, comme les voyous le faisaient dans les séries B des années 50. Ses mains glissèrent de mes reins à mes fesses qu’elles empoignèrent.

Je frottai mon ventre à son sexe dressé.

– Regarde, regarde la raison pour laquelle on m’appelle le Balafré. Regarde ! Tu aimes ? Tu veux bien la caresser ?

Mes doigts couraient le long de sa marque. Je sentais les picotements annonciateurs d’un désir violent tout autour de mes aréoles, je sentais mes tétons pointer et durcir, je sentais la chaleur moite entre mes cuisses, cette moiteur bouillante qui bientôt m’obligerait à onduler des hanches pour tenter de l’apaiser, de la raisonner. Je pris la main de Jean-Luc et la fis descendre jusqu’à mon intimité ardente. Jimmy m’invita à rejoindre un lieu plus adéquat.

J’entrai dans une pièce attenante, les coulisses d’une salle de spectacle remplie de toute une gamme de costumes et accessoires. Jimmy installa une espèce de fauteuil à l’assise particulière.

J’étais à demie allongée, les genoux plus hauts que mes épaules, le bassin projeté en avant.

– Écarte les genoux et montre-leur la chance que j’ai !

J’hésitai, le regardai en coin.

– Tu pourrais m’habiller de lumière ?

Je faisais allusion à notre premier voyage, aux premières photos pour lesquelles j’ai accepté de poser nue, offerte. Quand il m’avait vue ainsi, sur l’écran de son ordinateur, toute habillée de lumière, il avait oublié ma présence et s’était branlé zoomant et dézoomant, jusqu’à ce que, dans son dos, j’entreprenne de le caresser, en lui demandant de m’expliquer ce qu’il aimait tant sur cette photo.

À cette évocation, un éclair délicieusement vicelard traversa le regard de Jimmy. Je devinai sa langue gourmande derrière ses lèvres closes. elle devait commencer à affûter ses dents… Je le connais assez pour savoir comment aiguiser son appétit de me mordre, tout comme il sait comment aiguiser le mien.

– Tu sais ce qu’il t’en coûtera, Princesse. Tu veux toujours que je t’habille de lumière ? Tu es prête ?

Christian se plaignit de ne rien comprendre, je demandai à Sylvie de lui expliquer les sous-entendus pour moi, comme il avait eu la gentillesse de le faire plus tôt dans la journée.

Jimmy partit chercher l’appareil-photo, Alain et Jean-Luc l’aidaient pour les éclairages. Je fermai les yeux et expliquai que c’était d’autant plus difficile pour moi de poser devant Sylvie qui était si à l’aise face à l’objectif. Elle me répondit que le regard de tous nos amis allait me donner confiance, elle leur demanda de me rassurer sur ce point. Prise dans cette ambiance totalement nouvelle, je leur promis, en échange de leurs mots, de leurs compliments de poser dans l’attitude qui les exciterait le plus.J’espérai qu’aucun n’ait des idées trop… loufoques.

J’ai eu l’impression de sentir la chaleur des projecteurs, mais il est plus probable que ce soient les cliquetis qui m’aient avertie. Jimmy demanda à Sylvie de l’assister, plus exactement, il lui demanda de diriger la séance photo et de bien vouloir l’accepter comme assistant. Je n’avais pas envisagé cette possibilité, pour moi… tous les clichés nous verraient l’un avec l’autre, lui avec moi, mais pas… cette perspective m’embrasa littéralement. Jean-Luc fit valoir l’antériorité de notre amitié et demanda à passer le premier.

– Si on veut être exacts, j’ai vu leur bite avant la tienne, je n’ai pas le souvenir d’avoir vu une photo où tu ne la fourrais pas dans la bouche de Monique !

– C’est mon péché mignon… ! Alors… quelle formule magique dois-je invoquer pour que tu écartes enfin tes genoux et que je puisse enfin admirer ton trésor ? Sésame, ouvre-toi ?

– Bien joué, le Balafré ! Ça a fonctionné !

– Écarte-les un peu plus… oui… comme… ça…

Il tendit la main vers mon pubis, mais retint son geste au dernier moment. D’une ondulation, je l’invitai à poursuivre… Il avait le souffle court, s’extasiait de la couleur, des couleurs de mes replis. Je l’invitai à venir à mes côtés afin que je puisse regarder sa queue de plus près, la toucher… Je succombai sous ses caresses et ne comprenais pas pourquoi je ne l’avais jamais désiré avant alors que des feux d’artifice explosaient un peu partout en moi tant j’avais envie de lui, de lui partout en moi, partout sur moi, envie de lacérer sa peau à coup de dents, à coup de griffes… Ses mots étaient teintés d’émerveillement et de regrets…

Je pris enfin conscience des cliquetis. J’étais bouillante de désir, je voulais sentir la queue d’un homme bien précis en ce moment bien précis. Je tournai mon regard vers Christian, qui, surpris désigna sa poitrine d’un air interrogateur.

– Oui. Toi. Ça ne t’ennuie pas ?

Que son éclat de rire sait m’enflammer ! Il fit les quelques pas qui le séparaient de moi pour me montrer à quel point ça ne l’ennuyait pas. Je regardai tous ces hommes autour de moi et sifflai d’admiration. Quelle chance, tout de même ! Moi qui avais reluqué en douce quelques bites ces vingt dernières années, j’avais sous les yeux de quoi faire rêver la voyeuse que je suis ! Je le leur dis.

Christian me demanda de resserrer les genoux, il voulait que je les écarte quand il serait face à moi, que je les écarte avec la lenteur et la délicatesse d’une fleur qui déploie ses pétales. Il voulut que ses amis soient sur la photo. Il avait une idée bien précise. Alain serait à ma droite. Jean-Luc à ma gauche. Jimmy dans mon dos, m’offrirait à leurs caresses.

– Tu te sens prête, Princesse ? Si tu changes d’avis, à quelque moment que ce soit, n’hésite pas à nous le dire.

– Décidément, mon amour, tu resteras à jamais mon initiateur !

Jimmy éclata de rire. Cet idiot n’y avait même pas songé ! Il laissa échapper les mots d’amour que nous réservions à notre intimité, ses amis manifestèrent leur surprise par des exclamations joyeuses. Il ne les avait jamais prononcés devant eux. Il se pencha pour me souffler à l’oreille « Encore une première, Princesse ! »

Quand il vit mon sexe totalement offert à sa vue, Christian eut une réaction similaire à celle de Jean-Luc, il reprocha une nouvelle fois à Jimmy de ne pas m’avoir invitée plus tôt, il lui reprocha de ne pas avoir insisté. Il caressait mon corps, je ne parvenais pas à onduler comme je l’aurais souhaité. Alain me demanda s’il pouvait mettre un morceau de circonstance.

Je n’eus pas à répondre, mon sourire soulagé était assez éloquent. Il me fit un clin d’œil « l’avantage de la modernité moderne » avant de lancer à distance cette chanson que je n’avais plus entendue depuis des décennies. Je me surpris à danser, les cuisses écartées, ne pouvant que bouger mon bassin, mes bras et le haut de mon corps. Je fus encore plus étonnée de m’entendre chanter à plein poumons les paroles qui me revenaient au fur et à mesure.

Alain à mes côtés, caressait mon sein, mon ventre avec son sexe, son autre main caressait l’intérieur de ma cuisse. Oh oh Black Betty… J’étais béate d’admiration devant la beauté de son corps, de son sexe… par sa taille impressionnante et pourtant pas effrayant, bien au contraire !

Jean-Luc taquinait mes seins, prétextant chercher la partie de ma peau dont la carnation serait la même que celle de sa marque. Je fis semblant de protester, mes mamelons sont bien plus foncés que sa pseudo balafre, mais il n’en eut cure, il continua à les exciter avec sa bite. J’étais aux anges !

Alain se pencha vers moi, me demanda s’il pouvait m’embrasser. J’acceptai volontiers. Son baiser avait un goût merveilleux, le goût des vacances d’été. Je me tournai vers Jean-Luc. Bon sang ! Il embrasse comme un dieu, ce con ! Devinant mes pensées, il me dit dans un éclat de rire « et t’as encore rien vu, ma p’tite ! »

Jimmy s’inclina vers moi. me demanda de me pencher davantage, pour que nous puissions voir ensemble le sexe de Christian me pénétrer. Je sentis mon sexe s’ouvrir, palpiter puis se resserrer autour du gland de Christian, qui me pénétrait en commentant à voix haute ce qu’il ressentait. Je me redressai encore un peu et le suppliai de m’embrasser.

Je ne sais pas ce qui me fit jouir si fort la première fois, les caresses d’Alain, celles de Jean-Luc, les caresses et les mots d’amour de Jimmy, les va-et-vient savants, les mots, les caresses et les baisers de Christian, à moins que ce ne soit les cliquetis de l’appareil-photo.

Je rugis et Jimmy me tendit son avant-bras… lui aussi a une marque indélébile, qu’il fait passer pour une scarification rituelle qu’il aurait faite dans une tribu maorie. La tribu existe, nous y avons séjourné quelques jours, c’est effectivement lors de ce séjour que sa peau a été déchirée, mais en aucun cas ce ne fut l’œuvre d’un chamane local, mais bel et bien celle de mes dents.

À chaque fois, le même goût divin dans ma bouche… Je pourrais m’enivrer de cette sensation. Je jouis plusieurs fois encore avant que Sylvie ne s’estime satisfaite du cliché. Je me remettais de ces émotions dans les bras de Christian pendant que Jimmy discutait avec Alain et Jean-Luc, je les entendais ricaner et approuver la proposition de Sylvie qui les avait rejoints.