Les balades avec Palli

1ère étape de la baladeJe vous propose de nous retrouver ici, quand vous aurez un peu de temps devant vous pour vous balader dans mes courts textes, des défis d’écriture, mais pas que… laissez-moi prendre votre main et… suivez-moi !

Une première balade, un premier parcours

Issus de mon « blog au nom imprononçable », ces textes m’ont inspiré quelques autres promenades, une thématique pour chacune. Cliquez sur l’image illustrant la thématique de chacune de ces balades et laissez-vous guider !

Balade estudiantine

Balade contractuelle

Balade artistique

Balade merveilleuse

La petite fée captive d’une capucine

À la lisière d’une forêt, détonant au milieu d’un tapis de violettes, une capucine orange surprise par l’aurore n’a pas encore déployé ses pétales. Elle retient prisonnière la petite fée imprudente qu’elle a capturée quand tombait la nuit.

La petite fée imprudente, affolée d’être la captive de ses pétales soyeux a tout d’abord tenté de s’échapper. Elle tournoyait dans la corolle, se heurtant à la soie devenue rempart. Quand elle pensait accéder enfin à la liberté, inéluctablement, elle retombait au fond de la clochette.

Elle aurait voulu pleurer, mais ses larmes restaient coincées, tout comme elle l’était.

Assise dans cette geôle, elle se calme peu à peu. Quelle est donc cette odeur qui la ravit tant ? Cette odeur délicate et entêtante ? La petite fée la suit, étonnée, curieuse et surprise par ce parfum qui lui est encore inconnu…

Arrivée à l’extrémité d’une étamine, elle ouvre sa bouche et commence à la goûter… au début, d’un bout de langue timide… sa timidité a tôt fait de se muer en gourmandise. La petite fée imprudente se fait impudique, elle lèche, avale, dévore, déguste la première étamine avec autant de plaisir que si c’était une verge offerte à ses baisers.

Repue des sucs de cette première anthère, étourdie par cette douce ivresse, la petite fée s’amuse à glisser le long du pétale comme elle le ferait le long d’un toboggan, si sa petite taille ne lui interdisait pas cette joie enfantine. C’est alors qu’elle remarque l’extrême douceur du duvet qui tapisse l’intérieur de la corolle. Son plaisir rieur et enfantin se transforme en plaisir charnel, en plaisir sensuel. La peau de son dos frémit agréablement à chaque glissade, qu’elle effectue à un rythme de plus en plus rapide.

Exténuée, en sueur, la peau rougie, elle se repose, lovée au fond de la fleur. Les yeux ouverts, elle remarque cette autre étamine qui semble l’appeler, l’inviter par son chant muet. La petite fée entreprend l’ascension, guidée par ses sens aiguisés, en alerte…. arrivée au sommet, un grain de pollen s’échappe, lui inspirant un désir fou…

Elle s’empale sur l’étamine tentatrice et lui fait l’amour avec toute la science de sa candeur… elle aime se sentir pleine, se sentir vide… pleine encore… Elle se penche en avant, elle se penche en arrière, elle se penche sur les côtés, jouissant de ces différentes vibrations qu’elle s’offre à chaque changement de position.

Elle crie de son minuscule cri de fée, presque inaudible… enfin, son plaisir explose tel une fontaine… Elle inonde sa geôle et s’endort… enfin apaisée grâce à ce plaisir fou qu’elle vient de prendre tout en étant captive.

Quand au petit matin le soleil réveille la nature, quand la chaleur de ses rayons donne envie aux pétales de s’étirer, aux corolles de se déployer, la capucine s’ouvre, délivrant sa prisonnière qui s’envole vers de nouvelles aventures…

Un peu changée, la petite fée se demande si elle devra, désormais, se montrer plus prudente… Un dernier regard… en découvrant les traces de sa jouissance, elle décide que non. Définitivement non. À tout jamais, elle acceptera de tomber dans tous les pièges que la vie lui tendra pour n’en garder que le souvenir du plaisir qu’elle y aura pris.

Je dois la photo et l’idée de ce texte, à la douce Ingrid, ma si belle et talentueuse amie.

Fin de la balade ! Pour en refaire une autre, cliquez ici !

La malédiction

– Que t’arrive-t-il donc, jeune fille ?

– Ne voyez-vous donc pas la catastrophe ? Mes cheveux mes magnifiques cheveux de jais, soyeux, ondulés à souhait… Mes cheveux, mon unique trésor, la seule grâce dont les fées m’aient dotée… Mes cheveux…

– Comment est-ce arrivé ?

– Je me suis endormie, j’ai fait ce rêve… cet homme que je séduisais, cet homme que j’échauffais, cet homme que j’enflammais, cet homme à qui je me refusais, cet homme qui s’embrasait et qui, avant de disparaître en fumée, me lançait cette malédiction « Vois ce qui arrive aux allumeuses de ton espèce ! » Dans mon rêve, il empoignait mes cheveux de ses mains de braise, m’arrachait au sol, poursuivait son envol et mes beaux et longs cheveux s’enflammaient, se transformaient en torche « Ceci est mon  butin, ma rançon et ta malédiction ! » Dépourvue de cheveux, je tombais… Je me suis réveillée au matin, heureuse d’être délivrée de ce cauchemar, à l’abri dans mon lit… mais sur mon oreiller, telle une couronne mortuaire, ma chevelure éparse. Et me voici chauve ! Que vais-je devenir ? J’ai couvert mon crâne nu, presque… impudique, je suis venue vous voir, puisqu’on vous prête quelques talents de sorcière…

– Écoute mon conseil, jeune fille. Apprends à aimer ton crâne nu, montre-le avec fierté ! Regarde autour de toi et apprends à aimer ! Apprends à aimer ! Aimer est le secret. Seul l’amour sans condition mettra un terme à ta malédiction.

Je suis rentrée à la maison. J’ai dit adieu à mes cheveux, en ai rempli un de mes bas, enterré le bas au fond de la forêt, au pied du premier arbre dont j’ai entendu l’appel et j’ai appris à aimer. J’ai observé, jugé, critiqué puis accepté.

Les gens se sont habitués à me voir passer, la tête nue, la tête haute… et plus je les aimais, plus il me devenait facile de les aimer.

L’été est passé, je me souviens de ce premier hiver…

Combien d’étés, combien d’hivers avant que je m’accepte, avant de m’aimer pour celle que je suis, pas uniquement pour celle que je me plaisais à vouloir être ? Avant de comprendre que pour pouvoir offrir de l’amour, il faut s’aimer soi-même ?

Ce matin, à mon réveil, mes longs cheveux de jais, mes longs cheveux soyeux, mes longs cheveux ondulés à souhait avaient repoussé, comme s’ils n’avaient jamais brûlé…

Je me regarde sereine et je retrouve les gestes pour les tresser savamment, comme j’aime qu’ils le soient, comme ils aiment l’être…

Je déambule dans la ville, les gens me sourient comme s’ils n’avaient rien remarqué. Peut-être est-ce le cas ? Peut-être que pour eux, rien n’a jamais changé…

Au pied d’un livre abandonné, je te trouve. Tu lèves la tête, tu me regardes, me souris. Nous nous observons, nous nous sourions… Un pas l’un vers l’autre, les bras que nous tendons avant de les ouvrir. Nous nous parlons, nous nous apprenons, nous nous reconnaissons… Le premier baiser comme on retrouve le chemin de la maison. La première caresse, comme une porte qui s’ouvre. Me voici chez toi, te voilà chez moi…  Ta langue qui découvre ma nuque, mon cou, tes doigts qui courent…

– Laisse-toi transporter…

Comme par magie, ma tresse s’anime… Mes cheveux s’enroulent autour de toi, comme un boa sensuel… Tu aimes leurs différentes caresses… tantôt coups de fouet, tantôt bruissements d’ailes… mes cheveux doux par lesquels je jouis des caresses qu’ils t’offrent… Ton corps ondule… tantôt serpent, tantôt branche de saule…

Je regarde mes longs cheveux de jais s’enrouler et repter à leur tour… je vois le plaisir et tu m’interdis de bouger… oubliant que tu es le captif… ! Lis-tu dans mes pensées ? Tu me souris…

– Je ne le suis point… regarde le plaisir que tu m’offres !

À cet instant précis, je sens une chaleur… ce feu qui me consume… et je repense à la malédiction… Combien de temps me reste-t-il avant qu’ils ne s’enflamment ? Je m’accroche à ton regard… Que signifient ce sourire énigmatique et cette lueur sereine qui brille au fond de tes yeux ?

– Quel était le conseil ?

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Dessin d’Apollonia Saintclair

Je repense à cette femme que l’on disait sorcière… « Apprends à aimer ! » … je suis ce conseil, je te souris confiante… enfin rassurée… mes cheveux autour de ton sexe… une petite braise et avant qu’elle ne devienne flamme, tu laisses exploser ton plaisir… ce sont ses petites gouttes qui éteignent cette petite braise avant qu’elle ne devienne flamme…

– Oui ! Ouvre la bouche… prends des forces… il nous reste tant de plaisirs à partager… imaginons-les ensemble… !

Le sort est conjuré. La vie peut commencer.

Quand le mystère se fait mystérieux…

 

Séance d’écriture

Je rédigeais un texte ardu quand il m’a interrompue une première fois.

J’ai envie de vous rencontrer.

Je lui ai fait ma réponse habituelle « Restons-en aux échanges virtuels »

Il s’est fait insistant

Acceptez une rencontre, vous ne le regretterez pas !

Entre agacement et amusement, je lui ai rétorqué « … des mots, toujours des mots, les mêmes mots, rien que des mots… »

C’est alors qu’il m’a envoyé une photo de son sexe dressé, maintenu à sa base d’une main ferme. J’ai été surprise et admirative de l’harmonie entre sa main longue et fine, presque féminine, et la longueur et l’épaisseur de sa verge si masculine.

Jusqu’où serait-il prêt à aller pour obtenir un rendez-vous ? J’ai demandé d’autres photos, en précisant ce que je voulais voir de lui, sous quel angle se photographier… Mieux qu’une série de photos, il m’a envoyé une vidéo, puis une autre…

J’ai cédé à sa supplique, lui ai donné mon adresse, en lui précisant que la personne qui l’accueillera lui expliquera le déroulement de ce rendez-vous, qu’il sera libre d’accepter ou de refuser mes conditions, et dans ce dernier cas, rentrer chez lui et s’en tenir uniquement à une relation virtuelle.

Il est venu. J’écoutais à travers la fine cloison de bois, les mots que mon premier valet lui disait. Les mots étaient les siens, précis et masculins, pour ce marché qui est le mien. J’ai entendu le bruissement de vêtements que l’on ôte, qui tombent à terre avant d’être ramassés, pliés avec soin et déposés sur le fauteuil de mon boudoir privé. J’ai entendu le bruit d’un tiroir qu’on ouvre, la précision de mon premier valet « Non ! Dans le dos ! », le petit cri surpris, teinté d’excitation quand les liens ont entravé ses poignets. J’ai entendu s’ouvrir la porte de mon salon d’écriture.

Mets-toi à genoux sous la table de travail, si tu la fais bien jouir, elle te pardonnera de l’avoir interrompue.

Je ne la verrai pas ? Je ne lui parlerai pas ?

Tu dois d’abord te faire pardonner, te montrer soumis, habile de ta bouche, de ta langue, si tel est le cas… Oh ! Ton érection est impressionnante ! Elle en sera ravie… tentée quand je lui en parlerai !

J’ai attendu que mon visiteur soit installé, mon premier valet est venu me chercher, un échange de sourires, sa main experte me met en condition, en se glissant sous mon chemisier pour caresser mes seins, sa bouche mutine effleure la naissance de ma gorge. Il sait que la force du plaisir que nous prendrons ensemble dépendra de celui que j’aurai pris grâce à cet inconnu agenouillé sous ma table.

622_1000Il prend ma main, me fait entrer dans mon salon d’écriture. Je m’assieds, avance ma chaise pour être idéalement placée, écarte mes cuisses et me laisse aller à la douceur des lèvres, à la langueur de la langue de mon visiteur.

J’écris ces mots, ne relevant mon stylo que pour observer les réactions de mon valet, qui regarde la scène dans un coin de la pièce. Il sait déjà le plaisir que nous prendrons tout à l’heure, quand j’aurai déjà bien joui devant lui.

Je reprends mon stylo, me concentre sur ma calligraphie. Quand les caresses de la langue de mon visiteur ne me conviennent pas, j’enfonce mon talon aiguille sur sa cuisse, excitée par son cri de douleur étonnée. Je ne dis pas un mot, il n’entendra pas le son de ma voix ce soir, mais il s’applique davantage.

Quand je sens mon corps décoller vers l’extase, je retire mes escarpins et le masturbe de mes pieds gainés de soie. Son gémissement de plaisir comble mes sens. Il n’a pas retiré sa bouche de mon sexe et parvient à me faire jouir plusieurs fois d’affilée avant d’inonder mes chevilles de son sperme chaud et épais.

Je me rechausse, d’un mouvement de tête, j’indique à mon valet complice que je suis satisfaite. Il m’aide à me relever et m’accompagne jusque dans ma chambre, il sait depuis tout ce temps, que je titube après avoir bien joui.

Me laissant seule, il retourne dans le salon d’écriture afin de libérer mon visiteur. Il attend d’être dans le boudoir, de lui avoir ôté les liens qui entravaient ses poignets, pour lui tendre ce mot que j’ai écrit quand il était sous la table.

« Ta langue est divine,  jeune homme ! Si tu le souhaites, tu pourras revenir un autre jour, maintenant que j’ai une idée de tes baisers, j’aimerais goûter à tes caresses… Je te propose une relation initiatique où tu me montrerais progressivement l’étendue de ton désir, l’étendue des plaisirs que tu pourrais m’offrir avant que je te laisse succomber aux miens. »

Quelques instants après, mon premier valet me rejoint, un plateau dans les mains. Il prépare le thé à la perfection désormais. Dire qu’il n’y voyait que tisane quand j’ai accepté de le rencontrer !

Un sourire, nous savons ce qu’il signifie. Tandis que je porte la délicate tasse à mes lèvres, il s’agenouille devant moi. J’aime le faire ronronner en glissant mes doigts dans ses cheveux tandis que sa langue humide lèche avec délice mon bas maculé.

– Vous serez heureuse d’apprendre que désormais, votre harem compte un serviteur de plus…

Je lui prends la main, lui demande de s’allonger à mes côtés, de me ravager d’une étreinte sauvage en me susurrant le nombre de lecteurs qui sont tombés dans les rets de mes mots.

– Vous allez être comblée… douze… douze… douze… nous sommes douze, désormais… !

Fin de la balade, en cliquant sur ce lien, vous pourrez en choisir une autre !

Délicate caresse

Dessin de Jineuf

 

Sa verge qui caresse la paume de ma main, la douceur de sa peau… promesses de longues heures de découvertes… apprendre à le connaître au toucher soyeux de la peau de son sexe…aux doux frémissements qui le parcourront, cette nuit peut-être… à moins que ce ne soit demain, que je le sentirai au creux de ma main…

Après cette courte halte toute en douceur, voici comment l’auteure accueille ses visiteurs...

Quand je suis devenu une œuvre d’art

Ron Mueck

Dépité, assis, recroquevillé dans un coin du salon, je regarde ma femme jouir d’un autre homme. De mon meilleur ami. C’est la seconde fois que je le vois baiser ma femme.

La première remonte à bientôt 32 ans. Notre libido était déjà flageolante et quand elle ne l’était pas, il arrivait à mon corps de ne pas être à la hauteur de mes rêves. Nous avions évoqué nos problèmes à ce couple d’amis et nous avions décidé de vivre ce  fantasme… échange de partenaires…

J’avais été surpris de l’ambivalence de mes sentiments, de mes sensations en regardant ma femme prendre du plaisir avec lui. J’étais à la fois jaloux et terriblement excité. J’aurais voulu qu’elle me réclame à cor et à cri, tout en souhaitant la voir s’offrir davantage, faire « sa salope »  avec lui comme elle ne le ferait jamais avec moi.

Mon sexe était impressionnant de vigueur quand je m’étais dirigé vers la femme de mon ami, vers la meilleure amie de ma femme. Elle me suçait comme une actrice porno, avec vice et gourmandise, alors que je savais qu’elle refusait la fellation avec son époux.

J’avais aimé la baiser longtemps, je regardais ma femme et je lisais dans ses yeux l’ambivalence des sentiments, des sensations que j’avais éprouvée un peu plus tôt. Nous avions passé une bonne partie de la nuit à baiser comme on s’affronte en duel « regarde le plaisir que je prends, regarde ce que je lui offre de moi ! »

Nous avons rangé cette nuit unique dans la boîte à jolis souvenirs. Nous n’en avons jamais reparlé, mais aucun de nous quatre n’a regretté le plaisir incroyable que nous avons pris cette nuit-là…

Mais aujourd’hui, aucune érection. Je regarde nos corps vieillis en regrettant qu’ils ne parviennent plus à m’émoustiller. Je regarde ma femme jouir, s’offrir et j’ai juste envie de la gifler. Ou de me recroqueviller en pleurant à chaudes larmes sur mon impuissance. Pourquoi parvient-il à bander et pourquoi je n’y parviens pas ? Pourquoi cette femme qui se caresse devant moi ne parvient pas à susciter la moindre réaction de mon corps ? J’aimerais tant la baiser ! Elle m’excite, j’ai une folle envie de son corps, mais mon sexe est comme mort, flasque, mou, inutile…

Lèche ma femme, salope ! Fais-la jouir et je te défoncerai !

Sidéré, je regarde mon épouse obéir à cette injonction et je me sens encore plus seul. Je me recroqueville davantage, m’avachis comme un vieux cartable, dépité, déçu de cette soirée que j’attendais comme  une fête. Je ferme les yeux.

Combien de temps ? Quand je les rouvre, je suis à la même place, mais au milieu d’humains miniatures, comme si je m’étais transformé en statue monumentale. J’entends les commentaires de ces visiteurs qui parlent de moi comme d’une œuvre d’art, ces inconnus qui me touchent, qui me caressent…

Je note que le contact des petites mains légères des asiatiques éveille en mon corps des fourmillements d’excitation très agréables… J’aime aussi le contact rugueux des mains plus viriles. Il y a longtemps que je ne me suis senti aussi bien. En y réfléchissant, c’est bien la première fois où je me sens en parfaite harmonie avec moi-même, où je me sens à ma place…

Oh ! Ces deux japonaises qui s’amusent de leur audace en s’asseyant entre mes cuisses ! Comme elles me troublent à se photographier ainsi ! Je voudrais leur hurler de continuer à caresser mon sexe comme elle le font! Leur rire est joyeux et plein d’espoir comme une cascade au jardin d’Eden…

Mais je ne puis émettre aucun son. Pour elle, je ne suis, je ne serai qu’une gigantesque statue. Je sens une vague monter du plus profond de moi, je la sens enfler, et j’ai envie de hurler « Non ! Ce n’est pas un mécanisme qui fait gonfler et se dresser mon sexe ! »

Pourquoi posent-elles leurs lèvres sur mon gland ? Pourquoi me lèchent-elles ? Pourquoi l’écho de leur rire gêné m’excite autant ? Je ferme les yeux pour me concentrer sur ces sensations, tant d’autres mains, tant d’autres bouches, tant de commentaires flatteurs… c’est si bon de  me sentir vivant en étant statue… !

Quand j’ouvre les yeux, les visiteurs se sont évaporés, tout est à nouveau à mon échelle, mais mon érection est intacte.

Je me lève, arrache la femme de mon ami à l’étreinte de la mienne, lui écarte les cuisses, pose ses chevilles sur mes épaules et la pénètre en la regardant droit dans les yeux. J’aime son air admiratif quand elle constate la dureté de mon sexe, qu’elle soit surprise de tant de vigueur… surprise et flattée de la susciter. Je ne veux pas la détromper, c’est pour ça que je lui dis :

– Avoue que ça t’a manqué, ces trente dernières années !

Un dessin repéré sur Twitter, je ne connais de son auteur qu’un pseudo, Jineuf

Contrat prénuptial

Je ne suis pas le prince charmant dont tu rêves…

Je le sais bien, mais c’est justement parce que tu ne l’es pas que je te demande ce service…

J’ai rencontré Nicolas la semaine dernière et mes joues s’empourprent, mon cœur s’emballe quand je pense à la surprenante relation que nous avons nouée et à ce contrat que je viens de lui proposer…

Je vais me marier avec l’homme qui m’a été destiné depuis toujours. C’est ainsi que les choses se font dans mon milieu. Je connais mon promis depuis l’enfance, il ne m’aime et ne me désire pas plus que je l’aime ou le désire, mais tout comme moi, il est trop bien élevé pour se rebeller. On nous a limé les dents, nous ne mordrons jamais les mains qui nous ont nourris. La différence notable entre nous deux, c’est que je dois arriver vierge au mariage et que lui n’y est pas tenu.

Mon fiancé a choisi le traiteur et la salle de réception, je devais composer le menu, décider de la décoration et de la musique pour la soirée. Voilà toute la liberté qui nous a été laissée, même ma robe, même sa tenue, même nos alliances nous ont été imposées par des traditions dont nous ignorons l’origine.

J’avais déjà eu beaucoup de mal à me décider pour le menu, je voyais bien que mes hésitations agaçaient le traiteur, quand Nicolas est arrivé et m’a demandé quelle était ma sélection musicale, je lui ai répondu « Ce qu’on écoute pendant les mariages »

Mais quels sont vos goûts ? Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ?

En voilà une question ! Je ne me la suis jamais posée !

Alors, il a pris son temps, il paraissait surpris de ma vie passée, de ma vie présente et de la vie future qui m’attend. Une vie où mes goûts n’ont aucune importance, où mon plaisir n’entre pas en ligne de compte.

Il m’a appris quelques pas de danse et dans ses bras, je me sentais devenir ardente… j’aurais voulu que ces quelques minutes ne s’arrêtent jamais… L’intimité née de nos corps dansant ensemble a fait sauter le verrou du voussoiement et le tutoiement a jailli de nos bouches sans que nous nous en soyons aperçus.

Tu vois, la danse c’est pas différent du reste… tu te laisses guider par tes sensations et ça vient tout seul !

Il m’aurait parlé en martien que je n’aurais pas plus compris… me laisser guider par mes sensations ?  Mais on m’a appris à les brider depuis toujours !

Avant de retourner à ma vie, j’ai osé le regarder presque dans les yeux, en fait, je fixais le lobe de son oreille, pour lui demander

Tu pourrais m’apprendre à… embrasser ?

Ne me dis pas… tu n’as JAMAIS embrassé ?

Pas comme… comme dans les films ou comme les amoureux…

Il était gêné, il a hésité et a posé ses lèvres sur les miennes puis s’est éloigné. Satisfaite de ce premier baiser, je m’apprêtais à prendre mon manteau quand j’ai entendu les premières notes de musique.

Viens danser un peu…

Nos corps ont esquissé quelques pas, ses lèvres ont rejoint les miennes, mais elles se sont entrouvertes. J’ai senti sa langue entrer dans ma bouche, sans me demander si je m’y prenais bien, j’ai laissé ma langue s’aventurer, danser à son tour avec celle de Nicolas…

Depuis ce premier baiser, je me pose des questions que j’aurais jugées inconcevables jusqu’alors. J’ai hésité plusieurs jours avant de le rappeler. Nous voici attablés et je viens de lui proposer ce marché.

Tu voudrais bien m’apprendre le plaisir ? Que je sache…

Quoi ? Qu’attends-tu de moi ?

J’ai aimé les réactions de mon corps, quand nous dansions ensemble, quand tu m’as embrassée… j’aime les sensations que ces souvenirs font naître en moi… Alors, si tu pouvais me montrer celles auxquelles je pourrais m’attendre…

Il éclate de rire, me dit qu’il ne s’attendait pas à un tel contrat… je n’ai d’yeux que pour ses mains qui font bouger le verre entre elles…

Mais…

Ah ! Je me doutais bien qu’il y aurait un « mais »… 

Il a retrouvé son sérieux et je comprends que sa phrase restée en suspens est sa façon de me demander de lui en dire plus.

Je voudrais… si c’est possible… que tu ne me déflores pas…

Que… que je ne te… DÉFLORE pas ?

C’est impossible, n’est-ce pas ?

Non, non ! Bien sûr que tu peux prendre du plaisir et en donner sans que je te dépucelle, mais… regarde ! Tu rougis déjà !

Le mot est… cru…

Si tu trouves que le mot « dépuceler » est cru, comment veux-tu que je fasse ? Je ne sais pas parler comme dans les livres… Je ne suis pas le prince charmant dont tu rêves…

Je le sais bien, mais c’est justement parce que tu ne l’es pas que je te demande ce service…

Tu te maries dans quelques semaines, comment allons-nous faire ?

Il a réfléchi quelques minutes, m’a demandé de l’attendre à la sortie de la ville. Il est arrivé en voiture à ma hauteur, m’a fait monter à ses côtés et nous avons roulé jusqu’à ce petit hôtel discret. Une fois dans la chambre, alors que je me demandais si je devais me mettre nue devant lui ou me déshabiller dans la salle de bain, il a marmonné un  « ça va pas être facile », s’est assis sur le bord du lit et m’a invitée à le rejoindre à ses côtés.

Nos lèvres se frôlent et ma langue retrouve la sienne. Sa main caresse mon visage, tandis que les miennes restent sagement à leur place, sur mes genoux. Ses lèvres quittent les miennes, je voudrais les retenir, je le supplie du regard.

Tu aimes mes baisers ?

Oui

(ma voix s’est perdue dans un souffle)

– Montre-le moi ! Montre-moi ton désir !

Mais… COMMENT ? Comment puis-je te le montrer ?

Oublie tes bonnes manières ! Laisse-toi guider par ton désir !

Je l’embrasse avec impudeur, il retient ma main quand je la tends vers l’interrupteur.

– Non ! N’aies pas honte de la nudité ! Regarde, observe nos corps, si tu veux savoir ce qui te fera jouir !

Il déboutonne mon chemisier, je regarde ses doigts si masculins sur les petits boutons de nacre, mon cœur bat la chamade.

C’que c’est bandant de te faire rougir !

Ce mot ! Il me choque et attise mon désir tout à la fois. Nicolas le remarque, il murmure à mon oreille.

Descends ma braguette et regarde ma queue qui bande pour toi…

Mon chemisier gît sur la moquette, mais je suis figée par la vision de la bosse dans le pantalon de Nicolas, j’ai une envie folle de voir son corps nu, j’ai une envie folle qu’il me regarde longtemps avec cette lueur dans les yeux, mais…

J’ai peur de te blesser en descendant ta braguette…

Son rire… mon Dieu, son rire ! Il attrape ma main et la pose sur son pantalon, précisément sur cette bosse, j’ouvre la bouche, écarquille les yeux, mon crâne s’embrase, mon cœur s’emballe, mon corps devient… je ne sais pas les mots…

 Ça te plaît, on dirait, ma jolie pucelle !

Ooh… oui… oh… je ne sais pas… oh… Nicolas, n’arrête pas !

Il sourit, fait voler mon soutien-gorge, touche mes seins comme je ne soupçonnais pas qu’on puisse les toucher… ma main est toujours à la même place, sur la bosse… Il rit encore.

Finis de te déshabiller pendant que je retire mon pantalon, d’accord ?

Je jette ma jupe et mon collant sur le sol, je n’ose plus le regarder… d’une voix timide, je demande

Je retire aussi ma culotte ?

Son rire me fait frissonner d’une façon que je n’avais jamais connue auparavant. Comment est-il arrivé derrière moi ? Sa bouche sur ma nuque, il attrape ma main, la glisse dans ma culotte.

Avant de la retirer, laisse-moi regarder nos mains découvrir… hmmm… tu sens comme tu mouilles ?

Oui

(ma voix est presque inaudible)

Je voudrais ne jamais cesser et en même temps, retirer ma main comme si je risquais de me brûler…

– Tu sens comme je bande pour toi ?

Ces mots… ! Pourquoi les emploie-t-il ? Pourquoi ces vilains mots m’électrisent autant ? Je devrais les honnir, pourtant…

Retourne-toi… regarde-moi… non ! Ne retire pas ta main ! Garde-la dans ta culotte, jolie pucelle et décris-moi ce que tu sens sous tes doigts…

Je reste ébahie, j’ai du mal à déglutir, fascinée, effrayée tout à la fois…

Alors ? Lâche-toi ! Prononce les mots que je lis dans tes yeux !

C’est… c’est… oh, ce que c’est… beau !

 Ça te fait quoi dans ta culotte ?

Je bafouille en rougissant, je voudrais toucher ce sexe dont je n’arrive pas à détourner le regard, mais Nicolas m’en empêche. À sa demande, je m’installe sur le bord du lit, les cuisses grandes écartées. Impudique, je me caresse pour la première fois sous les encouragements de Nicolas qui me montre combien je l’excite. Je sens des frissons partir de mes pieds, remonter le long de mes mollets, descendre à nouveau vers mes pieds, remonter, mes oreilles bourdonnent, mon bassin ondule et quand je sens que ces ondes vont se rejoindre pour exploser sous mes doigts, je retire ma main, comme si j’allais me brûler.

Une fois.

Deux fois.

Trois fois.

À Nicolas qui me demande si je le fais exprès pour nous exciter davantage, je réponds par des sanglots et lui explique que j’en ai envie, mais la honte, une sorte de crainte, m’empêche d’aller jusqu’au bout. Il s’installe entre mes cuisses, un grand sourire rend son visage presque enfantin.

Tu vas m’offrir ton premier orgasme alors, ma jolie pucelle !

À sa demande, j’écarte les lèvres de mon sexe et manque de m’évanouir quand sa langue, –SA LANGUE !– commence ses caresses. J’ondule, je gémis, ondule davantage, pousse des petits cris dont je n’avais aucune idée jusque lors, je ne veux qu’une chose : que les caresses de sa bouche, de sa langue soient plus intimes encore…

Sans que j’en aie vraiment conscience, je suis emportée dans une vague de sensations, le plaisir soulève mon corps, je suis presque assise sous la violence de ce plaisir, mes mains plaquent la tête de Nicolas sur mon sexe, mes cuisses se referment violemment et un cri animal, inconvenant s’échappe de ma bouche.

Je retombe sur le lit, comblée, étonnée. C’est donc ça, la jouissance ! Nicolas rit quand je m’excuse d’avoir serré mes cuisses aussi fort, de lui avoir fait mal, peut-être. Sa voix est douce quand il me dit que c’est bon de me faire jouir. Il s’allonge à mes côtés et me demande si je veux toucher sa queue. Comme la peau est douce ! Il met sa main autour de la mienne et m’encourage à le branler. Au lieu de me révulser, ce mot m’excite. J’en suis surprise. Quand il m’embrasse, sa langue a un goût différent, je sais que c’est celui de mon plaisir. Il remarque mon trouble, récolte du bout des doigts un peu de ce liquide poisseux et me les fait sucer. Je n’ai plus la force, plus l’envie de rougir.

T’es trop bandante, ma pucelle ! Trop bandante !

Lui obéissant, je caresse mon sexe de mon autre main, plonge un doigt timide dans mon vagin, le ressors et le suce avec gourmandise en regardant Nicolas droit dans les yeux.

Comment veux-tu me faire jouir, pucelle ? Avec ta main ou avec ta bouche ?

Ses mains courent sur mon corps, de mes seins vers mon ventre, de mon cou vers mes cuisses et sa question tourne dans ma tête sans que j’y trouve la réponse. Il y a une semaine, l’idée de poser mes lèvres sur un sexe m’aurait donné la nausée, mais maintenant, je n’ai qu’une envie, déguster, me régaler de celui de Nicolas.

J’ose enfin regarder ma main qui le branle. Je pense « Regarde comme tu le branles » et des frissons parcourent mon dos, mon corps entier. « Regarde comme il aime que tu le branles… branles… queue… tu branles sa bite et tu aimes ça ! »

Lit-il les mots qui hantent mon cerveau ? Son sourire fait tomber une nouvelle barrière.

Avec ma bouche. Apprends-moi à te sucer… à sucer ta… sucer ta bite…

Il se lève, me demande de m’agenouiller devant lui. Je dépose un baiser sur son gland, l’odeur de son corps me fait bouillir de désir. Je le lèche avec un naturel qui me surprend, j’ouvre ma bouche et il la pénètre. Oohh… que la sensation de ses mains tirant mes cheveux est excitante ! Je cherche ses yeux du regard.

Oui ! Oui, ma pucelle, regarde-moi comme ça ! Suce-moi avec gourmandise ! Oui, comme ça !

Il va et vient dans ma bouche, la salive afflue sous ma langue… que c’est bon ! Ses mots, ses gestes… prend-il autant de plaisir que moi ?

Bouge mieux ta langue… comme si tu voulais rouler une pelle à ma queue… oui… comme ça… ! Tu suces comme une belle salope, ma jolie pucelle… Oohh… tu suces… putain, tu aimes ça… ! Tu aimes sucer ma queue !

Je ne le quitte plus du regard et me demande s’il existe quelque chose d’aussi bon que ce moment, que ce plaisir… Je le supplie de tirer plus fort sur mes cheveux… Je sens des fourmillements le long de son sexe et prends conscience que le mien fourmille autant… Je voudrais sentir sa langue, jouir encore sous sa langue… Le lit-il dans mes yeux ? Le sent-il à mes baisers ? Il sort de ma bouche, s’allonge sur la moquette, me demande de m’installer au-dessus de lui…

Ses mots sont doux et roses comme des petits cochons quand il me parle du plaisir que nous prenons ensemble, quand il m’encourage à suivre mes pulsions… Je le lèche, je le suce comme si c’était une évidence. Sa langue est douce et gourmande quand elle me lèche, ses mains viriles sont puissantes quand il m’écartèle… Ooh ! Qu’a-t-il fait ? C’était si… bon ! Je veux qu’il le refasse encore ! Je bouge pour le lui faire comprendre sans, pour autant, cesser de le sucer…

Tu aimes ça, ma pucelle ?

En guise de réponse, je le suce avec plus d’ardeur encore. Ses mains écartent mes fesses, je sens que je me cambre pour m’offrir davantage.

– Hummm… tu aimes que je te bouffe le cul !

Quand il prononce ces mots, son sexe devient plus gros, je le suce avec avidité, mes mains serrant la base de sa queue… Sa langue se fait plus audacieuse, je tends mes fesses comme pour lui donner l’autorisation muette de me faire jouir ainsi…

Je vais jouir, jolie pucelle… si tu ne veux pas que je le fasse dans ta bouche, recule ta tête…

Tout au contraire, je le suce avec un entrain incroyable, je veux qu’il jouisse dans ma bouche, je ne veux que ça… Il éjacule en criant que je suis bonne, que je suis bonne, que je suis bon… ne… ! Je tends mes fesses vers sa bouche et crie comme une bête sauvage quand son doigt pénètre mon anus, me faisant jouir pour la deuxième fois…

Nous sommes allongés, enlacés depuis presque une heure, j’aime couvrir son corps, ses joues, sa bouche de baisers délicats, j’aime lui dire « branler » à la moindre occasion. Pourquoi ce mot précisément ? Je ne saurais le dire. « Je peux te branler un peu ? » « Tu aimes quand je te branle ? » « J’aime bien te branler ! » 

Nicolas rit. Nicolas m’embrasse. Nicolas me touche. Nicolas me caresse. Nicolas me fait jouir. Nicolas aime ça et me le dit. Nicolas me fait rougir en me disant qu’il va me bouffer le cul. Nicolas me fait rugir quand il y met ses doigts.

Je ne lui dis pas que s’il y mettait sa bite –que ce mot m’excite aussi !– il ne me déflorerait pas pour autant… Je voudrais qu’il le comprenne, qu’il le lise dans mes yeux… Je regarde son sexe gonflé, aux veines saillantes. Ma voix est à la fois légère et rauque de désir quand je lui demande de me parler de son fantasme le plus fou, celui qu’il rêverait de vivre.

Il me le confie, me parle de ces détails qu’il a mis au point, mais il m’avoue qu’il n’a jamais trouvé celle avec qui le vivre, sans aucune conséquence. Juste un rêve éveillé, un souvenir excitant, mais un rêve unique, qu’il ne revivrait plus jamais.

Demain matin, en fermant la porte de cette chambre, nous fermerons cette parenthèse. Veux-tu l’assouvir avec moi, Nicolas ?

Mais… ma petite pucelle… tout à l’heure, tu rougissais de mes mots ! Je ne veux pas t’imposer mon fantasme et que tu le regrettes par la suite !

 Ça, c’est mon problème ! Si tu n’en as pas envie avec moi, dis-le, mais si tu en as envie… Jouissons !

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Milo Manara

Un coup de fil, des sourires, un rendez-vous fixé et me voici, presque nue, dans ce parking abandonné. Je regarde cet homme inconnu dans sa voiture, cet homme inconnu qui regarde mon sexe comme pour en estimer la valeur, la beauté, cet homme inconnu dont les grosses mains me caressent, cet homme inconnu qui ne prononcera pas un mot, cet homme inconnu qui a sorti son sexe qu’il branle par intermittence, et je suis excitée « comme une Sainte-Salope ».

 

Nicolas est dans mon dos, il m’offre à cet inconnu, j’aime ses mots, ses caresses, ses baisers cochons, il a déchiré un emballage, m’a longuement préparée, les doigts pleins de lubrifiant, à cette première sodomie. Il me penche un peu en avant, les doigts de son ami me caressent plus rapidement, son ami qui se branle d’une façon terriblement excitante, je sens le sexe de Nicolas me pénétrer. Je suis bien.

T’es cap’ ou t’es pas cap’ ?

 

Avent… aventures

Vous m’attendiez au milieu de la salle de cette célèbre brasserie. J’avais suivi vos consignes, et vous rejoignais vêtue d’une robe très sobre, à peine maquillée.

Pablito s’est penché sur son smartphone. La puissance de la vibration m’a fait sursauter. Un clin d’œil complice, j’avais donc aussi obéi à cette injonction… Le plug dans mes fesses que vous actionneriez au gré de vos envies, ce dîner du premier dimanche de l’Avent s’annonçait truculent.

Tu as commandé un gargantuesque plateau de fruits de mer, nous conversions joyeusement, de temps à autre, toi ou Pablito faisiez vibrer le sextoy au plus profond de mon cul jusqu’au moment où vous avez décidé de le faire réagir aux sons de la salle bruyante.

Je décortiquais mon tourteau quand un orgasme a failli me faire tomber de ma chaise.

Le repas s’est achevé sans que je m’en aperçoive, enivrée par le vin, étourdie par le plaisir.

J’aimais être l’objet de vos fantasmes, vous savoir bander. Je visualisais vos sexes durs… le tien épais, trapu, celui de Pablito plus fin, plus long.

Nous sommes montés dans ta voiture, tu as roulé longtemps. À l’arrière, la queue de Pablito a remplacé le plug tandis que ses doigts jouaient avec mon clito.

Tu t’es arrêté en pleine forêt, m’as déshabillée, attachée à cet arbre. Je sentais le froid du tronc contre mon dos, tu me fouettais avec des branches de houx couvertes de givre…

J’étais au paradis…

La vue du sang sur mes seins t’a rendu fou, tu m’as détachée avant de me prendre sauvagement… Je n’ai pas crié, la queue de Pablito au fond de ma gorge m’en empêchait.

Quand nous avons entendu les pas, les voix des bûcherons, le bruit d’une tronçonneuse, nous n’avions qu’une envie, qu’ils nous découvrent…

Ce qui fut le cas.

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Sculpture éphémère de Paul MacCarthy – 2014 – Est-ce un sapin de Noël ? Un plug géant ? Ce qui est certain c’est que c’était Place Vendôme !

Fin de la balade… vous en voulez encore ?
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Plans de comptables

Je trinque avec mon gobelet en plastique à demi plein d’un mauvais jus d’orange. Je me bénis d’avoir joué mon rôle durant toutes ces années… Celui de cette femme sans vie, sans envie, qui ne mange que pour se nourrir, qui ne boit pas une goutte d’alcool et qui ne s’autorise guère plus qu’une cigarette ou deux par an. Cette femme terne, qui ne rit presque jamais, qui n’a jamais noué de liens d’amitié avec aucun de ses collègues… Une comptable bien triste, comme on se les imagine quand on ne les connaît pas… Cette collègue qui part à la retraite dans quelques heures…

Un regard sur la bouteille de mousseux à demi tiède m’a convaincue de ne pas tout leur dévoiler, comme je me plaisais à rêver de le faire.

Un échange de regards en silence, son sourire grimaçant… le mousseux est donc bien aussi mauvais qu’il en avait l’air !

Je suis celle pour qui le pot a été organisé, je devrais être le centre de l’attention, mais personne ne semble se souvenir que je suis là. J’ai pourtant trinqué avec chacun…

Je regarde ces gamines, qui auraient pu être les miennes, si j’avais eu des enfants, tellement sûres d’elles, de leur pouvoir de séduction… Je regarde ces gamins, qui auraient pu être mes fils, entre fanfaronnades et sens des convenances… Je les regarde se régaler à l’avance de la vie qui s’offre à eux, ils pensent encore qu’ils la croqueront à pleines dents… Je les regarde et je me souviens…

J’avais à peine 35 ans et déjà 15 ans d’ancienneté, j’avais gravi un à un tous les échelons… Je travaillais seule dans mon grand bureau, seule au milieu de mes registres. La société prenant de l’ampleur, il a fallu recruter un autre comptable. On m’a demandé si ça ne m’ennuyait pas de partager mon bureau. De toute façon, aurais-je eu la possibilité de refuser ?

Avant même qu’il n’arrive, je l’avais reconnu. J’avais entendu les murmures de couloirs… Tu as vu le nouveau comptable ? Ils iront bien ensemble ! Ah ah ! Ça va être joyeux dans le bureau ! Ah ah ! T’imagines l’ambiance ? Ah ah !

Il est entré, précédé du chef du personnel –on les nommait encore ainsi, à l’époque– échange de noms comme on se tend des cartes de visite. Le chef du personnel parti, il a pris place au bureau qui avait été installé le vendredi précédent. Il s’est penché sur son registre, moi sur le mien. Une heure de labeur s’est écoulée en silence.

Toc toc…

Vous venez boire un café avec nous ?

Je ne bouge pas de ma chaise, j’ai à peine relevé la tête.

Non merci. Je préfère vérifier ce bilan…

Sourires contrits. La porte qui se referme. Les rires étouffés et des chuchotements dans le couloir… Les pas qui s’éloignent.

Je tourne la tête de la porte close vers lui. Échanges de regards. Nous nous reconnaissons. Sourires. Il approche sa chaise près de la mienne.

Alors… ce bilan… que vous inspire ce bilan ?

czi0hinvqae5hngIl joue un rôle tout comme moi ! Pourvu qu’on puisse le jouer ensemble ! Toute à cette pensée, mes yeux plantés dans les siens, je descends sa braguette. Impressionnée par ce que je sens sous mes doigts, je jette un regard furtif vers son sexe et reste ébahie.

Oh !

Sa main sous ma jupe, qui découvre le secret de mes dessous.

Vos bas sont charmants sous mes doigts, ma chère… !

Je n’oublierai jamais cette première branlette et le rituel, la formule magique qui annonçait les suivantes « N’y aurait-il pas une erreur ? Si nous vérifions ça ? »

Vingt-cinq ans d’étreintes quotidiennes, sur nos chaises, sur nos bureaux, sous nos bureaux…

Je le regarde faussement absent. Je sais qu’il pense aussi aux plaisirs des bonnes levrettes à l’abri des archives poussiéreuses du deuxième sous-sol. Notre façon de fêter Pâques en y rangeant les documents comptables de plus de cinq ans.

Vingt-cinq ans d’éclats de rire, de restaurants gastronomiques, d’ivresse dans les suites luxueuses des grands hôtels.

Vingt-cinq ans de bonheur secret, de plaisirs que nous nous offrions grâce aux petits centimes que nous détournions ici et là, au gré d’une facture, d’une légère erreur comptable.

Non. Il vaut mieux ne pas laisser tomber le masque. Pas encore. Jamais.

Dans quelques mois, il prendra lui aussi sa retraite et nous nous envolerons vers ce petit paradis tropical que d’autres petits centimes égarés nous ont permis d’acquérir.

Dans les arcanes juridiques, les contrats en tout genre…

Pince-fesses

Près du buffet, je regarde ces inconnus qui me frôlent sans me voir dans cette soirée où je n’aurais pas dû venir. Je me sens comme ces convives bouche-trou qu’on invite pour faire le quatorzième à table…

Il m’avait expliqué son embarras, une fête à laquelle il se réjouissait d’assister, unique contrainte « venir accompagné » soit-disant pour élargir le cercle de relations de notre hôte, barcelonais récemment débarqué à Paris. « L’ami qui devait venir avec moi a un empêchement de dernière minute… et puis, tu es la seule à parler couramment espagnol… »  Je n’ai pas pu résister à son air de chien battu, à ses « Steuplé… steuplé… »

Le seuil de la villa à peine franchi, il m’a oubliée, a embarqué dans le bateau des réjouissances, m’abandonnant sur le quai de la réalité. Je ne sais même pas qui est cet hôte qui nous reçoit… J’ai essayé de tendre l’oreille pour capter un mot, une intonation, un accent qui m’aurait donné un indice… mais rien.

La musique est trop forte dans le salon, l’air trop humide dans le jardin, alors, je me tiens dans la véranda, près du buffet… Compromis qui pourrait être judicieux, si je n’étais pas bousculée par ces hommes, ces femmes qui viennent se restaurer, un verre à la main…

Premier point positif, l’alcool est excellent et les tapas délicieuses ! Ce qui explique l’affluence…

En fait, c’est le second point positif, parce que sur les murs du salon, sur le piano sont exposées des œuvres d’Apollonia Saintclair. J’en connaissais la plupart, mais je ne les avais jamais admirées si bien mises en valeur. Si la musique avait été un peu moins forte, je serais restée des heures entières à me laisser aller au trouble qu’elles font naître en moi…

C’est un peu comme si cette femme connaissait mes fantasmes les plus enfouis et les dessinait avec une précision incroyable… C’est surtout comme si elle me révélait ceux qui n’ont pas encore pris forme dans mon esprit et me les tendait, comme un jeu de cartes « choisis celle que tu veux », me les offrait comme une gourmandise inconnue, mais tellement tentante…

Je me contente de regarder ces dessins de loin, en penchant la tête quand un invité me masque la vue.

Combien de verres ai-je bus, combien de tapas ai-je grignotées avant que cette femme, trop jolie pour ne pas être refaite, qui rit trop fort pour que ce soit innocent, me renverse son verre dessus dans un mouvement brusque ? Comble de malchance, elle boit de la sangria ! Bien entendu, le vin se répand sur le tissu clair de ma robe… « Oups ! Désolée ! » Je la regarde et lui marmonne un « C’est pas grave »… Toute la rage que je sens monter en moi explose dans le sourire doux que je lui adresse.

Je traverse le salon pour aller vers la salle de bain, si je fais vite, les dégâts ne seront peut-être pas irrémédiables et surtout, je ne sentirais pas la vinasse pour le restant de la soirée… Je ralentis un peu mon allure pour regarder ce dessin… puis cet autre… mais je me reprends et poursuis mon chemin.

J’entre dans la salle de bain, ôte ma robe, fais couler de l’eau dessus et commence à frotter le tissu quand la lumière s’éteint brusquement. Quelle poisse ! Je cherche l’interrupteur à tâtons quand je sens une main sur mon épaule. Une main d’homme. J’obéis à cette injonction silencieuse avec une excitation rare.

Toute l’aigreur que j’avais accumulée depuis mon arrivée se mue en bouffées de désir, de plaisir, de désir encore… et de plaisir… comme des feux d’artifice qui exploseraient, qui s’entrechoqueraient, se répondraient en écho, en miroir… Je sens son sexe dur se frayer un chemin sous le tissu soyeux de ma culotte… Alors, alors seulement, j’entends sa respiration régulière, mais qui s’accélère… son souffle taurin…

Apollonia Saintclair

Emportée comme dans un tourbillon, dans l’univers de ce dessin, de ce dessin précis qui m’a toujours fascinée, je sens mes reins se cambrer, mes fesses se tendre… Je voudrais que la caresse de cette queue inconnue ne s’arrête jamais… je ferme les yeux… oubliant que je suis dans le noir… pour mieux sentir la douceur de ce gland bouillant, les veines de cette hampe, ses reliefs… à son tour, ma respiration devient animale…

Ma main gauche, attirée par la sienne, s’arrache au rebord du lavabo pour la rejoindre entre mes cuisses humides… nous ne disons pas un mot, mais nos souffles se répondent… je me mords le bras pour étouffer mes cris…

Que ses mouvements sont excitants, que les caresses de son sexe sur ma peau sont jouissives ! Il accélère… il ralentit… accélère encore… Je me laisse aller, m’enivre de nos sensations… Mon orgasme explose sous nos doigts mêlés. La surprise l’oblige à laisser échapper un « Oh ! »

Comme s’il voulait s’assurer du plaisir qu’il peut m’offrir, il me fait jouir deux fois encore avant d’inonder mes fesses… Je sens son sperme chaud et poisseux couler vers mes cuisses… Il se rhabille, rallume la lumière et me laisse seule dans la salle de bain.

J’attends que la porte soit refermée avant d’ouvrir les yeux… Le tissu de ma robe est presque sec… une auréole rosée persiste, mais je la vois comme la relique sensuelle d’une étreinte improbable, de ce plaisir que je n’attendais pas…

Je rejoins la véranda, mon absence est passée inaperçue. Ce qui me ravit ! Des « Oh ! » des « Ah ! » m’apprennent que les desserts sont servis… Je regarde ces hommes en me demandant « Lequel d’entre eux ? »

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Dessin d’Apollonia Saintclair

Un plateau qui passe devant moi… je regarde ces pâtisseries… une main… un souffle… ce souffle… je le dévisage enfin… son air agréablement choqué, son sourire quand je réponds à son « Qu’est-ce qui te tenterait ? » par ce souhait qui a pris forme en même temps que mes mots « Tu polla como un cono de helado a la sepia ».1

1. « Ta bite en guise de cornet de glace à la seiche »

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