Odette&Jimmy – « La musique adoucit les mœurs »

La troisième breloque que j’ai accrochée à mon bracelet, c’est la petite Fender, parce qu’aucune autre n’aurait pu mieux symboliser ce séjour.

Nous avions laissé éclater notre bonheur dès nos retrouvailles, pont de l’Alma. Face à l’embarcadère, nous avions pris un selfie où je dévoilais mes seins. Plus tard, alors que nous étions installés à notre table, nous en fîmes un autre en levant symboliquement notre flûte de Champagne en direction de l’objectif, une fois encore j’exhibai ma poitrine.

Jimmy m’avait prévenue « À la fin de la croisière, ça risque d’être la cavalcade ». En effet, nous n’eûmes même pas le temps de faire un petit cliché devant la gare du nord, nous arrivâmes juste à temps pour monter dans le train.

— Mais… et nos bagages ?

Jimmy sourit, blasé et amusé « J’ai anticipé, Princesse ! ». Nous fîmes quelques selfies supplémentaires dans le train. J’avais déjà pris l’Eurostar, mais c’était la première fois que j’y voyageais en première classe. Jimmy, songeur, souriait aux anges.

— À quoi tu penses ?

— Au train en général… à Monique, à sa grand-mère, Rosalie et aux trains qui ont bouleversé leur destinée en particulier.

— Raconte-moi ça !

Jimmy me raconta le dépucelage de Monique dans ce train qui la menait en Provence pour passer un mois interminable avec sa grand-mère, recluse dans ce trou paumé. Elle partageait son compartiment avec un fils à papa et un étudiant lubrique. L’étudiant n’était autre que le cousin de Christian, qui allait devenir son compagnon. C’est en attendant le train qui devait la ramener à Paris, assise sur un banc du quai aux côtés de Christian, qu’elle avait lu le cahier remis par sa grand-mère, Rosalie et qu’elle avait pris la décision de s’installer au village.

C’est en prenant le train que Rosalie avait rejoint son filleul de guerre, Pierrot, à l’arrière, pendant une de ses rarissimes et trop brèves permissions et c’était un autre train qui l’avait conduite en Provence, quand ses parents l’avaient chassée et reniée.

Jimmy souriait toujours, le regard plongé en lui-même, semblant ignorer ma présence, tout à ses pensées.

— L’an dernier, j’avais déjà ressenti ce truc… Je savais que tu serais présente à notre rendez-vous. Je le savais. Je n’avais aucun doute à ce propos, pourtant au plus je m’approchais du pont de l’Alma, au plus une petite voix me susurrait « et si elle ne venait pas ? Si elle avait un empêchement de dernière minute… si elle ne venait pas ? » Dès que cette voix commence à résonner, le temps s’étire comme un félin paresseux vautré au soleil. Les minutes n’en finissent pas de s’écouler, comme alourdies d’impatience. Et quand je t’aperçois, ça me fait comme un grand clac de soulagement. Comme si l’on desserrait une pince accrochée à mon cœur… Une pince dont je n’avais pas perçu la présence avant… Cette année, la sensation fut plus forte encore.

— C’est que tu prends de l’âge, mon ami !

Jimmy rit en silence.

— Bien tenté, mais tu ne me feras pas sortir de ma béatitude avec un de tes bons mots, aussi amusant qu’il puisse être ! Tu as une idée de notre destination ?

— J’hésite entre Lisbonne et Managua…

— J’espère que tu as conscience que je mémorise chacun de tes sarcasmes et qu’une fois redevenu simple mortel, je t’en ferai payer le prix ? Fort, le prix.

— Tu sais, cette pensée « Il ne viendra pas » me traverse aussi l’esprit, alors, je la chasse. Mais elle revient au galop, plus forte, plus logique, plus envahissante. J’en arrive à ne plus savoir que faire de cette journée du 29. Vaut-il mieux m’étourdir de musique au risque de m’endormir brutalement et de rater notre rendez-vous ? Je change au moins cent fois de tenue…

— Cent fois ?!?!

— Au bas mot ! Et tu me connais, l’exagération, c’est pas le genre de la maison ! Ne vaudrait-il pas mieux que je quitte mon petit appartement à Gif-sur-Yvette dès la fin de la matinée et passer la journée sur les quais au risque de choper la crève ? Et quand je te vois, je me traite d’idiote d’avoir pu douter. Et si le clac résonne dans ma poitrine, je ne ressens aucune béatitude m’envahir. Je ressens du soulagement, c’est certain, mais le bonheur doit se frayer un chemin dans tout ce mélange de sentiments. Je ne l’atteins que lorsque nous nous blottissons enfin dans les bras l’un de l’autre, quand mon visage trouve sa place sur ton épaule…

Pour la première fois, ayant prononcé ces mots, je me sentis apaisée, envahie par cette plénitude et poussai un soupir de soulagement. Jimmy posa sa main sur ma cuisse, me la caressa tendrement.

– Ça ne te dispensera pas de la sanction prévue à l’article 12 de… euh du… J’me comprends !

De ce séjour, je me souviens surtout des concerts. Jimmy avait eu la bonne idée de nous acheter des places pour certains qui avaient lieu dans des salles prestigieuses, des groupes à la notoriété bien établie, mais entre ces concerts, nous allions écouter des groupes moins connus, dans des lieux moins réputés.

Nous ne sommes pas restés à Londres, nous avons voyagé dans toute l’Angleterre, nous avons repoussé toutes les limites en osant nous aventurer jusqu’au Pays-de-Galles ! Je m’enivrais de vivre à soixante ans passés, les vacances dont j’avais tant rêvé jeune fille. Jimmy m’offrait des CD comme d’autres offrent des fleurs.

C’est pendant un de ces concerts que Jimmy m’ouvrit à de nouveaux horizons. La salle était blindée, j’avais chanté, crié, sifflé, dansé pendant plus d’une heure. J’étais en sueur, mais je ne le remarquai qu’au changement de groupe, alors que la salle s’était vidée. Le public quittant cette atmosphère suffocante pour se diriger vers le bar, j’avais été saisie par cette fraîcheur subite. Jimmy empoigna mon bras « Viens ! Suis-moi ! » et m’entraîna dans les toilettes des filles.

De son index posé sur sa bouche, il demanda à la nana en train de se remaquiller les lèvres, de garder le silence. Aucun sursaut, aucune surprise n’éclairèrent son regard embrumé.

Nous nous enfermâmes dans les toilettes. Les mains de Jimmy brûlaient d’une impatience fébrile

— Je ne peux plus me retenir ! Tu me rends fou quand tu… rhôôô… !

Il avait passé sa main sous mon tee-shirt et me caressait les seins.

— J’en étais sûr, j’aurais dû le parier, tu ne portes rien dessous, capoune !

— Faudrait savoir, monsieur le râleur, si je mets quelque chose, ça va pas et si j’anticipe en ne portant aucun dessous, ça va pas non plus !

— Qui t’a dit que je m’en plaignais ? Je ne regardais que toi et… c’que t’es bandante quand…

— Redis-le, en me caressant les seins

— Bandante ! Ça te va ? T’es comme Monique et Sylvie… ça vous fait un drôle d’effet…

— C’est parce qu’avec votre accent… le mot… rebondit… banne danne te… je sais pas avec votre accent… on sent bien l’idée… le mouvement… l’érection vers les cieux… oui, quoi… on voit l’idée… le mouvement, quoi !

— Tu sais parler aux hommes, toi !

Il s’excusa par avance de la brièveté de l’étreinte à venir, mais il ne voulait pas rater le début du concert suivant, prendre le risque de ne pas me voir danser, bouger, de ne pas m’entendre m’époumoner.

— On ne sortira qu’à l’entrée en scène du prochain groupe… quel que soit notre état, mais rhabillés !

Jimmy approuva mon idée. J’étais assez sereine puisqu’ils en étaient encore à débrancher les instruments et les pédales d’effets du groupe précédent quand Jimmy m’avait conduite ici.

Mon corps a gardé l’empreinte de mes sensations lors de cet « entracte ». Le jean qui a du mal à glisser le long de mes cuisses en sueur. La caresse d’un érotisme ému sur mes fesses « et pas de culotte non plus ! Non ! Ne t’en excuse pas ! J’en suis ravi ! ». La caresse rugueuse de mon tee-shirt qu’il retire avant de l’accrocher au loquet de la porte. Mes bras tendus vers le ciel. Jimmy dans mon dos qui me caresse les seins. Le selfie. Mes mains contre la porte. La main de Jimmy sur mes reins pour m’indiquer comment et jusqu’où me pencher en avant. Ses doigts entre mes cuisses. Son gland qui les rejoint avant de les évincer. Ses va-et-vient précautionneux. Le bruit de son sexe coulissant dans le mien. Les cris que je tente d’emprisonner derrière la barrière de mes dents. La main de Jimmy sur ma gorge. Ses coups de boutoir qui se font plus intenses. La porte qui vibre, secouée au rythme de ses mouvements. Le brouhaha confus d’une discussion près des lavabos. En ouvrant ma bouche, un cri s’en est échappé. Des rires de l’autre côté de la porte. Une folie érotique s’empare de Jimmy qui m’exhorte à jouir parce qu’il ne tiendra pas bien longtemps. Ma main qui se décolle de la porte, y laissant une trace humide. De mon doigt, je désigne ma nuque. Ne pas parler pour retenir mes cris. Son cri transperce ma peau en même temps que ses dents, il ressort par ma bouche, amplifié par les miens que je contenais.

Je me souviens m’être demandé si c’était la salive ou une goutte de mon sang que je sentais perler. Le tissu du tee-shirt tombé à terre. Je me souviens aussi avoir craint de ne pas pouvoir remonter mon jean, de m’être maudite d’avoir choisi celui-ci, un peu trop juste, un peu trop slim, néanmoins de m’être bien gardé de l’avouer à Jimmy qui aurait alors su qu’en matière d’anticipation, j’avais quelques progrès à faire ! D’avoir souri à cette idée. Avec son aide, je n’eus finalement pas trop de mal à me rhabiller.

On entendait les premières notes, les premiers boum-boum sur la grosse caisse, les premiers coups de baguettes sur les cymbales qui indiquaient la mise en place du groupe. Je me souviens du bruissement de la salle qui se remplissait quand nous sortîmes des cabinets. La fille au regard vide avait disparu. À sa place, quatre nanas qui fumaient leur cigarette près du vasistas à droite des lavabos. En nous voyant, une gamine aux cheveux trop raides pour que ses tresses « africaines » tiennent le temps du concert, cette gamine tatouée et piercée a ouvert des yeux de merlan frit et la bouche en même temps. Elles se sont interrogées du regard puis celle qui avait une fesse posée sur le radiateur a eu un hochement de tête approbateur « Good game ! ».

Je me souviens de tous ces détails, ainsi que de la lumière jaune, un peu faiblarde qui accentuait l’aspect crasseux des lieux, en revanche, je ne me souviens pas de l’odeur aigrelette de vieux pipis, ni d’avoir vu des graffitis sur les murs. Je sais qu’ils étaient forcément présents, mais je les ai occultés.

Un autre « nouvel horizon » que nous nous offrîmes lors de ce séjour anglais, fut celui de faire des photos avec l’intention de les adresser à Jim, que nous avions côtoyé régulièrement lors de notre séjour à Perth. Nous avions passé de très jolies journées et soirées en sa compagnie et il entretenait une correspondance avec Jimmy depuis notre retour. Jimmy avait une imprimante photo et tirait un exemplaire de chaque cliché que nous légendions avant de les envoyer à Jim.

J’étais particulièrement excitée en imaginant la réaction de son corps quand il ouvrirait les enveloppes. Mon excitation était amplifiée par le fait que je n’en saurais pas la teneur avant le prochain réveillon. Je bénis intérieurement les lenteurs de la poste et le fait que Jim n’ait pas accès à internet. J’avais demandé à Jimmy de ne pas me révéler ce qu’ils échangeraient à ce propos d’ici-là. Il m’en avait demandé la raison et m’avait reproché le vice de mon esprit tordu avant d’affirmer que ça justifiait une sanction.

Nous étions au balcon de notre chambre, il avait relevé ma robe, baissé ma culotte, fait claquer une jarretelle sur ma cuisse.

Sa première claque s’est abattue en même temps que débutait le compte à rebours. À la troisième, j’ai écarté mes fesses « Plus fort ! ». La claque suivante fut plus énergique et plus ciblée. Quand la foule a hurlé SIX ! un doigt m’a pénétrée, en plus de la claque. FIVE ! son doigt me fouilla, mais pas de claque. FOUR ! il sortit de mes fesses. « Oh non ! » THREE ! une claque à l’intérieur de mes cuisses. TWO ! son gland à l’entrée de mes fesses. ONE ! Je les écarte davantage et me cambre tout à fait.

— Bonne année et joyeuse sodomie, ma Princesse chérie !

Odette&Jimmy – « Two atoms they collide in all their random ways »

Lors de notre premier séjour, Jimmy m’avait fait une proposition très séduisante.

–  Princesse, j’ai envie de te faire découvrir tant de nouveaux horizons, en découvrir certains avec toi. Me suivrais-tu si je te proposais de partir à l’aveugle, sans connaître la destination et vivre à nouveau sept semaines d’amour, rien que toi et moi ?

–  Mais pour mes bagages ? Si je ne sais pas sous quelle latitude…

–  Ne t’en fais pas, je m’en chargerai.

De retour en France, je lui avais envoyé des photos et les copies des documents dont il aurait pu avoir besoin. Nous sommes convenus de ce qui est devenu notre petit rituel annuel. Chaque 29 décembre, nous nous retrouvons à 19 heures, pont de l’Alma. Nous embarquons pour notre dîner-croisière sur la Seine et l’aventure peut commencer.

Pour ce deuxième séjour, alors que nous venions de trinquer, Jimmy consentit à me révéler un indice, nous séjournerions sur une île.

– Une île ? Mais laquelle ? Il y en a tellement !

– Si tu me montres tes seins, je t’en dirai davantage.

Après avoir jeté un regard circulaire, j’avais exaucé ce vœu en dénudant brièvement ma poitrine.

– L’exhibition était minimale, Princesse, mon indice le sera également. Pense à l’île de Wight, mais celle où nous nous rendons sera plus grande.

Nous étions arrivés à Perth depuis quelques jours, avions fêté la nouvelle année avec faste et nous nous offrions une petite balade le long de la côte. Sur une plage, tout près d’un embarcadère, Jimmy remarqua un petit bateau, s’exclama « Il n’attendait que nous ! », courut vers lui et masqua une partie du nom « Jim O, c’est bien nous deux, non ? »

Nous riions de sa bêtise quand son regard fut attiré à l’intérieur de l’embarcation, le voyant blêmir, je me précipitai vers lui. Un homme recroquevillé, suffoquait. Je ne saurais dire pourquoi je compris ce qui lui arrivait. Je montai à bord et pratiquai la manœuvre de Heimlich. Il expulsa ce qui ressemblait à une boulette de pain ou de poisson et put enfin respirer normalement. Machinalement, je lui pris le pouls et lui demandai s’il se sentait mieux. Il parlait trop vite pour que je puisse le comprendre. Jimmy me traduisit sa réponse. Il s’était vu mourir et ne savait comment nous prouver sa gratitude.

Je haussai les épaules pour lui signifier que ce n’était pas la peine, mais Jimmy lui demanda s’il consentirait à nous offrir une balade en mer et lui chuchota un secret à l’oreille. Le marin eut un sursaut de surprise, nous regarda mi-amusé, mi-interloqué, un large sourire s’épanouit sur son visage et topa dans la main de Jimmy pour sceller leur accord.

Nous embarquâmes aussitôt. Notre capitaine d’un jour nous faisait découvrir la côte et ses surprises tantôt loquace, tantôt presque muet. Jimmy se racla la gorge et d’une voix entre effronterie et timidité expliqua « Je voudrais offrir l’océan indien à la superbe poitrine de ma Princesse. Puis-je la dénuder sans que la vue de ses mamelons offusque la morale anglo-saxonne et puritaine de quiconque ? »

– Laissez-moi vous conduire jusqu’à un endroit que les nageurs n’atteindront pas et dont les eaux n’attirent aucun pêcheur.

Il nous mit de la musique, j’étais surprise de l’apprécier autant alors que je ne suis pas fan de ce genre musical d’ordinaire. Quand nous fûmes arrivés, après avoir coupé le moteur, il regarda droit devant lui et nous indiqua d’un geste de la main que nous pouvions procéder.

Je me sentais rougir comme une adolescente tandis que les doigts de Jimmy rejoignaient les miens sur les boutons de la robe que je portais.

– Pourquoi t’as mis un maillot de bain ? Et un « une pièce » en plus ! Pourquoi ?

– Je ne m’étais pas imaginé… j’avais pas anticipé… oh… Jim…

Je remarquai le sursaut de notre capitaine « Je crois que notre matelot s’appelle Jim et qu’il nous mate en loucedé ». Jimmy voulut vérifier mon pressentiment, aussi il se tourna de telle façon qu’il lui suffit de jeter un regard en biais vers le gros rétroviseur pour y croiser celui de notre marin. Il lui fit un grand sourire complice.

– What’s your name?

– Jim!

– So…

Jimmy dénuda totalement ma poitrine, mon maillot de bain roulé à la taille. Il faisait pigeonner mes seins entre ses mains, les vantant comme une marchandise inaccessible. Je succombais sous ses caresses, sous le regard de cet homme qui cherchait à masquer son érection dans un geste d’un érotisme involontaire, mais absolu.

– Tu vois, Jim, j’ai couché avec cette déesse, je l’ai même dépucelée, quand elle avait dix-sept ans, je l’ai retrouvée à cinquante-neuf et c’est comme si nous avions toujours été ensemble pendant toutes ces années… Et c’est encore meilleur !

– Quel veinard ! Moi, si j’avais une telle femme… je…

– Tu ?

Encouragé par mon sourire, Jim précisa sa pensée.

– Je me frotterais à son corps… qu’elle sente mon désir pour elle…

Jimmy se frottait à moi. J’ondulais, plaquant mes fesses contre le sexe de Jimmy puis les en détachant. J’ondulais autour de lui, passant de mes fesses à mes hanches, de mes hanches à mon ventre, de mon ventre à mes hanches, de mes hanches à mes fesses. J’entendais le souffle court, animal de Jim qui déglutissait bruyamment.

– Je la ferais asseoir sur la banquette… là… oui ! Et je lui demanderais…

Anticipant sa requête, je déboutonnai le pantalon de Jimmy qui, en homme avisé, ne portait aucun dessous. Il me sourit, l’air de dire « Tu vois ? »

– Et maintenant ? Pour quoi opterais-tu ?

Jim sembla surpris de ma question.

– Elle veut savoir si tu préfères la regarder me sucer ou si tu préfères… entre les seins.

– Je ne sais pas… à ma place, tu choisirais quoi ? Que me conseilles-tu ?

– Ah ah ! Je ne répondrais pas ! Toi, d’ici quelques heures tu ne la verras plus, ma Princesse, tandis que moi… Je ne prends pas le risque d’une mauvaise réponse ! Mais dis-moi, ma Princesse, t’en penses quoi ? Qu’est-ce qui te ferait le plus plaisir ?

– Tu sais bien… moi ce que je préfère, c’est mater !

Jimmy qui parlait bien mieux anglais que moi, malgré les cours du soir que j’avais pris dès notre retour de Vancouver, lui expliqua mon goût pour la beauté des sexes d’hommes, qu’ils soient au garde à vous ou au repos. Jim était sidéré. Nous étions le Père et la Mère Noël venus rien que pour lui en ce jour où il s’était vu mourir ! Il ouvrit des yeux comme des soucoupes quand je le priai, d’un geste, d’offrir son sexe à ma vue.

Après quelques secondes d’hésitation, Jim se débraguetta. Un peu trop vite à mon goût. Il portait un caleçon un peu ridicule et s’en excusa d’un haussement d’épaules. Je lui fis signe d’approcher. J’observais son sexe attentivement, m’extasiant en mon for intérieur de ses reliefs, de sa forme, qu’il était beau ! Je regardais Jim qui me souriait. Je réalisai soudain que je n’avais jamais vu d’aussi près le sexe d’un homme noir. Je ne pus m’empêcher de pouffer. Pour éviter tout malentendu, je tentai de m’expliquer.

Jim ne comprenait pas, Jimmy traduisit. Je les regardais alternativement, essayant de comprendre leur dialogue. Il fallut que Jim pose sa main sur la mienne pour que je prenne conscience que mes ongles couraient sur sa hampe.

– Regarde, Jimmy ! Le petit bourrelet !

Jimmy avertit Jim de ma tendance à oublier l’homme au bout de la queue. Ils rirent de cette boutade. Je me détournai du sexe de Jim pour regarder, caresser, lécher d’une langue timide se faisant de plus en plus gourmande, celui dressé devant moi. J’eus l’envie de reproduire les mêmes titillements que je venais de prodiguer à Jim sur la queue de Jimmy. J’avais envie que notre spectateur en prenne conscience. Quand ce fut le cas, j’entrepris d’agacer le gland de Jimmy d’abord d’une langue timide puis je levai les yeux vers Jim, qui comprit mon message « Voilà comme je te sucerais ».

Jimmy gémissait, tentait de trouver les mots. Il se plaignit de ne pas y parvenir. Je le regardai, compris. Une boule de chaleur explosa dans mon ventre, ma bouche s’emplit de salive. Je manquai de jouir en attrapant du bout des doigts la queue sombre de Jim. Un premier orgasme me transperça quand je découvris son goût, quand il se plia en deux et que je sentis sa main chercher à s’introduire sous mon maillot de bain. Jimmy en écarta le tissu. Un juron s’échappa de la bouche de Jim quand ses doigts trouvèrent ma chatte trempée.

Ma langue, mes lèvres étaient trop occupées avec le sexe de Jim pour que je les en prive, ne serait-ce qu’une seconde. Jimmy lut dans mon regard. Il expliqua à notre complice comment bouger ses doigts en moi. Il posa sa main sur la sienne pour en accentuer la pression. « Elle va jouir »

Je déglutis quand ils me firent jouir, avalant presque la queue de Jim qui poussa un grognement de plaisir. Je fermai les yeux. J’aimais me sentir caressée par ces deux hommes, l’un plus vieux que moi, l’autre nettement plus jeune. J’aimais ce qu’ils disaient de moi, même si je ne comprenais pas tout. J’aimais par-dessus tout me plier à leurs désirs. Désormais nue, je m’offrais à leur vue, me montrant impudique à un point dont je ne me serais jamais cru capable. J’aimais leur demander d’exaucer mes vœux. Que je me sentais belle, à demi-allongée, Jim à ma droite, Jimmy à ma gauche ! Je les observais se branler tout contre moi, ne fermant les yeux que pour me laisser aller aux plaisirs de leurs caresses.

Je sentis une langue, puis une autre. Je gémis de plaisir.

– Tu aimes te faire lécher devant moi, Princesse ?

J’allais répondre quand le gland de Jimmy força mes lèvres. La langue de Jim explorait ma vulve, ses lèvres tétaient mon clitoris tout en douceur et en ardeur. Que c’était bon de me laisser aller à ses baisers ! Ses mains couraient le long de mon corps, écartaient mes cuisses, mes fesses, caressaient mes seins, tandis que Jimmy faisait l’amour à ma bouche.

Les yeux toujours clos, je lui fis signe de me les bander. Son érection s’en trouva renforcée. Quand je le sentis ajuster le tissu, le faire glisser de mon visage vers mes yeux, quand je les sentis en pleins conciliabules en langue des signes improvisée, je sus que leur surprise me permettrait d’atteindre le Paradis.

– Redresse-toi un peu qu’on puisse profiter de… You see?

En disant ces derniers mots à Jim, Jimmy fit courir le bout de son index tout autour de mon mamelon, déclenchant un délicieux frisson le long de ma colonne vertébrale. Je me cambrai dans un réflexe. Répondant à une question dont je n’avais entendu que le murmure, Jimmy rit doucement en passant ses doigts sur les traces des morsures qu’il m’avait offertes depuis notre arrivée à Perth. Son ton redevint sérieux et impératif quand il précisa qu’il exigeait d’être et de rester le seul à me déchirer ainsi la peau.

– Tu es son vampire ?

– Son vampire exclusif ! Écarte un peu plus tes cuisses, Princesse… Écarte-les ! Et les genoux aussi !

– Pourquoi vous tenez-vous si loin ?

– On se branle un peu en te matant. Oui ! Tu fais bien de glisser ton bassin vers l’avant !

– Il me mate aussi ?

– Oui

– Et il apprécie ?

– Tu serais folle de plaisir si tu le voyais se branler pour toi !

– Il se branle comment ? Vite ou lentement ?

– Il alterne ! Look!

Je sentais cette divine sensation, ces picotements, la chair de poule tout autour de mes seins, puis dans une vibration circulaire, les frissons qui se concentrent vers les mamelons, annonciateurs de plaisir. N’y tenant plus, je me les caressais, me cambrant comme pour offrir mes seins à des mains inconnues.

Un « Oh » un peu rauque, d’une musicalité particulière, que je remarquai pour la première fois, me fit tourner la tête. Tout en invoquant un dieu dans un anglais mâtiné d’argot, Jim s’approcha de moi, s’agenouilla face à moi. Je sentis sa bouche se refermer autour de mon téton. Dès la première succion, je me sentis emportée dans un tourbillon sensoriel.

Je sentais les mouvements réguliers de sa main. Je pouvais le visualiser en train de se branler entre mes cuisses ouvertes.

– Je voudrais sentir sa queue le long de ma fente… tu crois qu’il voudra bien ?

Comme s’il avait compris ma question, Jim me le proposa, mais il tenait à jouir sur mes seins. Uniquement sur mes seins.

– Tu es pressé de jouir ?

– Si le jeu se prolonge, je ne pourrai résister à l’envie de te baiser, je n’ai pas de capote… ce ne serait pas safe-sex, tu comprends ?

– Alors, laisse-moi profiter du spectacle !

Ils détachèrent le tissu. Jimmy semblait plus excité par la situation que je ne l’aurais cru. Il se tenait à l’écart, souriant, traduisant mes propos quand cela s’avérait nécessaire. Il se branlait, me souriait, attentif au plaisir que je prenais à regarder Jim se branler pour moi. Ses doigts caressaient la cicatrice que les dents de Jimmy avaient provoquée dans la nuit du 31 décembre. Il me regarda, me sourit. Telle une anguille, sa main glissa vers mon entrecuisse, ses doigts s’engouffrèrent sans peine dans mon vagin. Purée ! J’étais trempée !

– Oh lala, Jimmy ! Ne jouis pas ! Je veux que tu me prennes après… quand nous aurons joui, lui et moi !

Jimmy me regardait, sidéré. « Comme je t’aime, ma Princesse, comme je t’aime ! » Je demandai à Jim d’arrêter de se branler, je voulais à quoi ressemblait son sexe. Il était encore plus beau, plus nervuré, plus tentant ! Il perlait.

Mes doigts rejoignirent les siens dans mon vagin. Je caressai délicatement son gland humide avec ma joue. Nous gémissions chacun dans notre langue maternelle. Je sentais mon clitoris se gonfler, je pouvais même ressentir l’afflux de sang. Jim le sentit également. Il s’agenouilla sur un petit banc. Son sexe se plaça naturellement au niveau du mien.

Je ne pouvais distinguer son gland qu’au travers des poils de ma toison pubienne. C’est d’ailleurs en observant son gland que je remarquai pour la première fois « mon minou désormais poivre et sel ». J’éclatais de rire sans pouvoir en expliquer la raison.

J’essayais de visualiser les reliefs que je sentais le long de ma vulve. Son petit bourrelet cognait régulièrement juste au-dessus de mon clitoris, le décalottant davantage. Je déchirai mes cordes vocales et les tympans de Jim en hurlant mon plaisir.

N’y tenant plus, il me pencha en avant, cala son membre -qui me parut avoir épaissi- entre les seins et débuta ses va-et-vient. J’étais ravie de voir son sexe apparaître puis disparaître… Il me traitait de déesse diabolique, compressait mes seins, relâchait la pression qu’il exerçait sur eux avant de l’accentuer à nouveau…

Il eut un regard presque suppliant qui m’étonna. Je me penchai vers lui et l’embrassai naturellement, ignorant encore cette règle que certains s’infligent « Pas de baiser sur la bouche ». Trouvant le premier baiser, un peu trop furtif, j’en réclamai un second, plus long, que j’obtins sans aucun problème. J’aimais la grâce avec laquelle nos langues dansaient ensemble. Sensation accentuée par les caresses de son magnifique membre entre mes seins.

Mes doigts se crispèrent sur sa nuque. Je jouis « comme une chienne ». Cette image décupla mon plaisir. Jim jura. Je regardais avec une joie infinie, son sexe éjaculer, son sperme maculer ma gorge. J’avais l’impression qu’il ne s’arrêterait jamais ! Avide, je bus la fin de son éjaculation. Ses doigts se crispèrent à leur tour sur ma nuque. Il me remercia avec des mots, des caresses, des baisers d’une tendresse incroyable. Jimmy pesta.

– Et voilà ! Je pensais débusquer la piste qui me mènerait à mon père et tout ce que je trouve, c’est le fils d’Alain ! Quand ça veut pas, ça veut pas !

Jim ne parlant pas le français, se fia au ton de Jimmy et se méprit. Jimmy lui raconta l’histoire de sa naissance et cette blague qui revient régulièrement entre nous, cette blague qui nous unit l’un à l’autre. Il dut sans doute lui expliquer pour la particularité particulière d’Alain, mais je ne compris pas ou ne fis pas attention. Ce détail ne m’est revenu en mémoire que lorsqu’Alain me fit visiter la maison de Jean-Luc.

– Viens ! Viens ! Prends-moi, Jimmy ! Prends-moi maintenant !

– Serviteur !

Une fois de plus, il réussit à me faire éclater de rire tout en me pénétrant. Il se figea. Parut perplexe. « La p’tite bosse ? ». Fit marche arrière. Sortit presque de mon vagin. Un sourire. « La p’tite bosse ! » et rassuré me pénétra à nouveau. Faisant rouler mes lèvres autour de son bourrelet. Tout en faisant semblant de me reprocher de n’avoir pas eu la patience d’attendre que le sperme de Jim ait fini de sécher.

– Tu as aimé me voir… avec un autre ?

– Et toi ? Tu as aimé t’offrir à Jim ? Devant moi ?

– Tu ne l’as pas remarqué ? Senti ?

Après avoir joui, nous passâmes la journée sur le bateau, à profiter du soleil, de la beauté de nos corps. Nous ne nous caressions pas forcément, mais nous étions bien tous les trois sur ce petit rafiot au milieu de l’océan. Parfois, au détour d’une phrase, au gré d’une vague un peu plus forte, la main de l’un ou de l’autre glissait sur mon corps, déclenchant l’érection de mes tétons, la chair de poule sur mes aréoles… Je pestais alors avec la plus parfaite mauvaise foi « Et si je te faisais ça, moi ? » Mais les gredins n’y voyaient point sanction !

Nous naviguions vers l’embarcadère quand Jimmy fut pris d’une inspiration soudaine.

– C’est sûr, papa était australien ! Jimmy O’Malley ! C’était son nom ! La preuve : toi et moi ! Princesse et Jim O’Malley !

Devant mon air ahuri, au prix d’un effort surhumain de self-control, il consentit à m’expliquer.

– Les Aristochats ! The AristoCats !

– Sauf que c’est Tom O’Malley et Duchesse, Monsieur Cinéma !

Jim avait compris le sens de notre conversation. J’étais pliée de rire, me moquant de l’inculture de Jimmy. Prenant l’australien à témoin. D’une belle voix grave, il entonna la chanson de Thomas O’Malley, remplaçant les Thomas par des Jimmy. Je capitulai devant leur coalition.

Après avoir accosté, nous nous dîmes au revoir. Jimmy m’offrit un dîner somptueux, au cours duquel il m’invita pour la dernière fois à venir m’installer avec lui en Provence. Proposition que je déclinai.

Quelques jours plus tard, alors que nous nous promenions en ville, nous entendîmes une mélodie sifflotée derrière nous. Nous nous retournâmes. Jim nous souriait, il nous remercia encore de la journée que nous avions passée ensemble. Il laissa sa proposition en suspens, mais elle finit par franchir ses lèvres tandis qu’il nous tendait une petite carte de visite.

– Si vous avez envie d’une autre promenade en mer…

– Tu as pensé aux capotes ?

Jim éclata de rire, me fit un clin d’œil et en sortit une pleine poignée de sa poche.

Quelle autre breloque aurait pu mieux représenter ce deuxième séjour « Nouveaux horizons » ?

Affres de la création

C’était décidé, ce mercredi 2 octobre serait un mercredi consacré à l’écriture !

J’avais oublié que parfois, souvent, mes personnages jouent la scène dans ma tête et qu’il sont parfois, souvent d’humeur taquine… !

Espérons qu’ils se montrent plus coopératifs en ce jeudi !

Post-scriptum : En janvier 1995, j’ai découvert cette fanfare « Tarace Boulba » dont le mode de fonctionnement est (était ?) incroyable, ouverte à toutes celles, à tous ceux qui voulaient la rejoindre. J’avais acheté leur premier album « À la demande générale », CD malheureusement disparu. Il y a quelques jours, j’ai eu la joie de le trouver sur YouTube. Vous pouvez l’écouter en cliquant sur ce paragraphe. N’oubliez pas d’onduler de la croupe, de remuer du popotin et de chanter à tue-tête !

Odette&Jimmy – Après le spectacle

Après la représentation, quand les gamins vinrent nous retrouver, radieux et fiers d’être parvenus à relever ce défi, Émilie voulut s’isoler avec moi.

– Ça va, mémé Dédette ? Je t’ai entendue crier au début…

– Si tu tiens à ne pas te faire engueuler voire écharper par Jimmy, laisse tomber « mémé Dédette » ! Il pourrait te couper la langue, s’il t’entendait !

– Je dois t’appeler comment, alors ? « Mémé » tout court ?

J’éclatai de rire et fis mine de lui donner une tape sur les fesses.

– Dédette ou Princesse, puisque tous m’appellent ainsi… J’ai sursauté et poussé ce cri parce qu’il s’est passé un phénomène étrange, incroyable. Ne pense surtout que je suis en train de perdre la boule, mais quand tu as caressé Vincent… j’ai senti le corps de Marcel sous mes doigts et quand Vincent t’a retournée contre la table… tout ce qu’il te faisait… c’était comme si Christian me le faisait…

Émilie écarquillait ses magnifiques grands yeux noirs, j’y voyais l’éclat de ceux de Louise, ma maman.

– Tu veux dire… comme Monique et Rosalie ?!

Je ne comprenais pas ce à quoi elle faisait allusion. Elle me conseilla d’en parler avec Monique, mais d’attendre le lendemain pour le faire, parce que c’était sa dernière soirée parmi nous, sa vie, ses études l’attendaient à Paris et elle était curieuse d’en savoir un peu plus sur mes cures de jouvence annuelles.

Nous nous installâmes dans le bureau de Jimmy, celui-même d’où j’écris ces mots, et je lui racontai pourquoi et comment ce qui aurait dû être une escapade unique s’était transformée en rendez-vous réguliers.

Nous avions prévu un séjour de quinze jours, mais il y avait tant de paysages à admirer, tant de choses à découvrir que de report en report, nous sommes finalement restés sept semaines au Canada. Le retour vers la France fut un véritable déchirement. Pour autant, je déclinai l’invitation de Jimmy à venir m’installer chez lui et même celle de lui rendre visite. Je préférais m’imaginer le mas comme un Éden où ceux qui voulaient vivre nus le pouvaient, où ceux qui ne le souhaitaient pas n’y étaient pas contraints. Je craignais surtout de m’y sentir mal à l’aise.

C’est pourquoi nous avons décidé de nous offrir chaque année, un long séjour loin de la France. Enfin, « loin » est légèrement abusif puisque nous avons séjourné en Écosse, en Irlande, en Angleterre… Tout est parti d’une blague au cours de ce premier voyage. Dans un cimetière militaire, il s’inclinait devant la tombe de chaque soldat prénommé Jimmy.

– Je suis ton fils.

– Qui te dit qu’il est mort à la guerre ? Qui te dit qu’il était canadien ?

– Rien ni personne, mais une chose est certaine, il se prénommait Jimmy et ça… c’est un renseignement de premier ordre !

Il souriait comme un gamin farceur.

– Si ça se trouve, il s’appelait Johnny…

– Arrête ça tout de suite ! Mon père n’aurait jamais menti ! Tu m’entends ? Jamais !

– Peut-être que ta mère a mal compris…

– Et allez donc, insulte sa mémoire, tant que t’y es !

– Je dis juste que vous avez… une certaine façon de parler, qui n’est pas… Franchement, votre accent… c’est quand même… Vous le faites un peu exprès, non ?

– Ça, ma vieille, tu vas me le payer !

J’ai adoré la façon dont il m’a fait payer mon insolence et depuis, c’est devenu un jeu entre nous. En bon historien, il connaissait l’origine de tous les corps britanniques ayant combattu dans le sud de la France dans l’année qui précéda sa naissance. Je lui avais fait remarquer que rien ne prouvait les origines provençales de sa mère.

– Si j’avais été enceinte d’un soldat, que j’avais voulu cacher cette grossesse et accoucher sous X, je serais partie me réfugier à l’autre bout de la France…

Jimmy n’avait jamais envisagé cette possibilité.

– Tu es en train de me dire que ma maman pourrait être… normande ?

– Ou parisienne…

– Parle pas de malheur !

– Oh… misèreu deu peuchèreu !

– Mais ! Mais tu la cherches ta fessée ! On dirait que tu aimes ça, capoune !

– P’tète ben qu’oui…

C’est aussi lors de ce premier séjour que j’ai découvert le plaisir de faire l’amour en pleine nature, ne pas me contenter d’observer de loin, mais être celle qui pouvait être vue. Dans ces immenses forêts où nous risquions plus de choper une pneumonie, de n’avoir pour spectateur qu’un ours bougon sorti prématurément de son hibernation, réveillé par nos cris enthousiastes !

L’année suivante, en Australie, nous avons découvert celui de faire l’amour en pleine mer. Déjà, lors du vol, Jimmy avait rabattu sa couverture sur ma tête. J’avais eu du mal à ne pas rire quand, sérieux comme un pape, il avait expliqué à l’hôtesse de l’air « Ma femme a peur en avion, le seul moyen de lui éviter une crise de panique, c’est de dormir la tête sur mes cuisses, le visage protégé par la couverture ». En disant ces mots, il avait posé sa main sur ma tête, dans un geste que l’hôtesse avait pris pour une caresse apaisante. En réalité, il était en train de jouir dans ma bouche. Il fallait bien le connaître pour déceler le déraillement de sa voix.

Parmi la longue liste des plaisirs que nous aimons nous offrir, figure celui du « mine de rien ». Nous aimons nous jouer des autres grâce à notre apparence des plus convenables. Nous avons nos petits signes, nos codes secrets, gestes et mots anodins qui précèdent une étreinte sauvage, plus ou moins brève. Quand il caresse la cicatrice sur son avant-bras, quand je tripote l’une des breloques de mon bracelet, nous nous adressons un message, nous nous envoyons une invitation.

Mon fameux bracelet à breloques, que personne n’a jamais remarqué ! Nous avons fait le choix de n’acheter qu’une breloque par voyage, pour que chacune ait une réelle signification, qui lui serait propre, à nos yeux. Ce peut être le souvenir d’une étreinte particulière, d’un endroit précis, d’un éclat de rire, quoi qu’il en soit, chacune évoque un moment qui n’a appartenu, qui n’appartient qu’à nous, qu’à notre belle histoire d’amour.

Émilie regarda mon bracelet et m’interrogea du regard. Durant toute ma carrière, je n’avais jamais porté de bracelet, ni même de montre au poignet, elle avait simplement cru que ça avait été ma façon de fêter ma retraite, mais m’avoua aussi qu’elle n’y avait jamais prêté attention, ni remarqué qu’il s’était étoffé au fil des ans.

– Tu avais tout juste seize ans lors de ma première « cure », c’est bien normal que tu n’y aies pas prêté attention !

Je répondis à sa question muette en lui donnant quelques détails, mais maintenant que je couche ce souvenir sur le papier, j’ai envie d’en livrer davantage puisque j’ai eu le temps d’en parler avec Jimmy et que cette perspective l’enchante.

Notre premier séjour allait bientôt s’achever, nous savions déjà qu’un autre suivrait, mais cette séparation était un véritable crève-cœur. Nous nous promenions quand nous fûmes attirés par la vitrine d’une boutique spécialisée dans la lithothérapie. Une des pierres était censée protéger celle qui la portait lors de voyages, elle prémunissait aussi contre les troubles féminins, je riais de ces bêtises, néanmoins son éclat m’attirait. Jimmy se proposa de me l’offrir en souvenir. Je refusai prétextant que je ne saurais qu’en faire et que je ne voulais pas que ce cadeau finisse au fond d’un tiroir.

Nous poursuivions notre balade quand il s’arrêta devant l’échoppe d’un bijoutier. Un des bracelets lui avait tapé dans l’œil et il tenait absolument à me l’offrir. Laquelle d’entre vous est capable de lui résister quand il fait ces yeux-là, quand il penche la tête comme ça, quand il vous souffle à l’oreille « s’il te plaît » de ce ton-là ? Laquelle ? J’acceptai donc d’entrer dans la boutique et d’essayer le bracelet « de toute façon, il ne m’ira pas ! ». Je voulais bien m’avouer vaincue, mais tenais tout de même à livrer un minimum de combat !

Le bracelet m’allait à merveille. Le bijoutier nous expliqua qu’il était conçu pour qu’on y fixe des breloques et nous en proposa quelques-unes. Aucune ne nous convenait, mais Jimmy facétieux demanda si, à tout hasard, on pouvait y accrocher une petite pierre. Je crois que le bijoutier a remarqué l’éclat juvénile de son regard et son sourire attendri. Bien entendu, la chose était tout à fait faisable à condition qu’elle ne soit pas trop grosse et qu’elle soit pourvue d’une attache particulière, il se proposa même de s’en charger. Quelques précisions plus tard, nous retournâmes avec la pierre chez le bijoutier, qui nous apprit que la tradition voulait qu’on la montât sur un bijou en argent ou en or blanc.

– La tradition de ma famille est d’offrir des bijoux en or jaune à nos femmes… je préfère rester fidèle à mes origines.

L’aplomb avec lequel Jimmy avait évoqué ses origines familiales faillit me faire tomber à la renverse. Décidément, il était encore capable de me surprendre alors qu’il l’avait fait durant tout ce séjour. À commencer par sa maîtrise parfaite de l’anglais que je ne soupçonnais pas !

Il nous fallait attendre quelques jours afin que le bijoutier puisse nous préparer tout ça. Nous riions en pensant à « cette pierre de lune si bien nommée ». Nous avions admiré la pleine lune qui nous semblait si proche qu’on aurait cru pouvoir la toucher, c’était lors d’une randonnée au beau milieu de nulle part, je m’étais exclamé « Regarde la lune, comme elle est belle ! » Jimmy m’avait caressée en me reprochant « Pour la voir, encore faudrait-il que tu me la montres ! ». Il faisait un froid de canard, pourtant ses mots m’avaient tant embrasée… ses caresses aussi, faut dire… que j’avais retiré mon pantalon en lui demandant « Et maintenant, tu en penses quoi de cette pleine lune ? » Il me sourit, sans un mot. Je lui montrai alors le ciel en affirmant « Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt ! »

– Mais quand Odette montre la sienne, le sage y met les doigts !

Je lui reprochai ce mot facile, mais succombai tout à fait. Ce fut la première fois où je goûtai aux plaisirs d’une sodomie hivernale en plein-air. La première fois où je manquai de réveiller un ours tant je hurlais mon plaisir à pleins poumons. Mon corps a mémorisé chacune de mes sensations à l’exception d’une, je ne me souviens absolument pas d’avoir ressenti la morsure du froid, alors que je me souviens tout à fait de celle des dents de Jimmy. Rien qu’à l’évoquer, de divins frissons parcourent ma colonne vertébrale.

C’était un signe. La pierre de lune symboliserait à tout jamais ce mois de janvier 2010.

Et c’est au beau milieu de ce récit qu’Odette décide de poser la plume pour vous maintenir dans un suspens haletant ! 😉

Odette – « Il n’y a pas de théâtre sans fraternité »

Quand j’ai donné mes textes à lire à mes futures consœurs, à mes futurs confrères, leur réaction a été unanime. Je n’avais pas raconté ce qui s’était passé lors de la représentation théâtrale.

– Vous croyez que c’est si important que ça ? C’est d’une banalité affligeante, non ?

– Profite pas de la situation, déjà qu’on passe l’éponge sur… je me comprends…

– Qu’est-ce qui te retient en réalité, ma Didou ?

– Je n’arrive toujours pas à m’expliquer, à comprendre…

Après une discussion animée sur l’utilité de comprendre un phénomène pour tenter de le raconter, je me suis installée au bureau de Jimmy. La fenêtre entrouverte me permet de suivre, d’une oreille distraite, ce qui se passe dans le patio et je n’ai qu’à me retourner pour apercevoir, par la porte ouverte, la salle des fêtes où tout s’est déroulé.

Nous étions installés et attendions le début du spectacle. Je m’étais assise sur un grand canapé confortable aux côtés de Jimmy. Mireille était assise sur les bords du lit installé dans un recoin, Daniel et Marcel l’avaient rejointe, un verre à la main.

Monique et Cathy s’étaient disputé le confort du corps de Martial, enchanté d’être l’enjeu de la bataille ! Sylvie avait mis fin à la querelle. Sans un mot. Un regard sur Martial. Un mouvement du menton. Un regard en biais sur Monique et Cathy. Capitulation desdites. Éclat de rire général.

Sylvie s’est donc installée sur l’autre lit, se vautrant langoureusement sur le corps de Martial en gémissant d’aise.

Cathy et Monique rejoignirent Alain, Jean-Luc et Christian qui les chassèrent, les traitant tout naturellement de Pomponnette. Même Joseph se refusa à elles, affirmant se sentir outragé. Il rejoignit le lit de Mireille.

La tête posée sur l’épaule de Jimmy, je lui demandai si c’était toujours comme ça.

– On se taquine souvent, mais ce soir, ils sont en forme…Vé !

Cathy et Monique s’étaient installées sur un large sofa et se câlinaient. Revenant sur leur première décision, Jean-Luc, Christian et Alain s’approchèrent à pas glissés. « Que dalle ! » Cathy s’enflamma « Pomponnette Power ! »

J’ai cru qu’il allait falloir réanimer Alain, mort de rire, qui ne parvenait plus à reprendre son souffle.

– Ô ma Cathy, si je n’étais pas déjà ton époux, je te demanderais de me marier !

Cathy, vaincue, consentit à l’accepter à ses côtés. Jean-Luc et Christian restaient punis. Devant l’air abattu de Jean-Luc, Monique lui accorda une « éventuelle » petite pipe si le spectacle l’inspirait. Toutefois, elle resta inflexible.

– Mais toi, toi qui m’as traitée de Pomponnette, toi, Christian, pour ta punition, tu devras assister aux spectacles, celui sur scène et celui dans la salle, sans y participer, juste regarder ! Ah, ah ! Te voilà bien puni, mon mari !

Un « Bien dit ! » fusa du côté de Mireille.

La salle fut plongée dans l’obscurité. Pauline se présenta à nous devant le rideau fermé.

– En lisant les lettres de Sylvie, nous avons appris pour les spectacles que la Confrérie du Bouton d’Or offre à ses membres. Nous avons découvert le talent de Madame pour l’écriture de saynètes. Quand le Bavard a parlé de lui, il a choisi une pièce très féministe, où les rôles sont inversés, les stéréotypes aussi. Cette lettre, il l’a envoyée à Lucas le 8 mars et il est trop malin pour que ce ne soit que le fruit du hasard. Nous avons donc décidé de vous interpréter « Renouvellement de bail », mais nous avons rencontré un problème. Puisque si nous respections « la logique », Vincent jouerait le fermier et moi, la propriétaire. Je ne me voyais pas coucher avec mon cousin devant nos grands-parents, alors c’est Émilie qui interprétera ce rôle.

Je ne pus m’empêcher de regarder en direction de Mireille. Il y avait assez de lumière pour que je la voie m’adresser un vigoureux oui de la tête.

Pauline rejoignit « le coin-régie » duquel elle actionna l’ouverture du rideau. Sur scène, ma petite Émilie dans un « tailleur Chanel », si éloigné des vêtements qu’elle porte habituellement. « Me dis pas que c’est pas moche ! Vé ! La gamine, on dirait qu’elle a cent ans ! » Mireille bougonna un « Chut ! » agacé.

Vincent est entré en scène et très vite, je n’ai plus vu ma petite-fille, mais une actrice burlesque. J’ai enfin compris ce qu’on m’avait expliqué plus tôt dans la journée. C’est alors que ça s’est produit.

Émilie tournait, virait autour de Vincent, l’aguichant comme Mireille aguichait Marcel. Quand ses mains ont caressé les cuisses de Vincent, quand elles ont soupesé ses couilles, j’ai senti la peau, le corps de Marcel sous mes mains. Je criai un « Oh ! » surpris auquel répondit un sursaut « Fatché ! » de Marcel. Nous nous regardâmes, lui bien moins étonné que moi.

Après une court moment de flottement, Émilie et Vincent reprirent leur rôle. Il était très perturbant pour moi de caresser Marcel, de le branler, de le sucer alors qu’il se tenait à plusieurs mètres de moi. Je ne distinguais pas son visage, mais la façon dont il se tenait ne laissait planer aucun doute sur le plaisir qu’il prenait à la situation. Je fis part de mon trouble à Jimmy, qui me répondit « Te pose pas tant de questions, profite, ma Princesse, profite ! »

Alors, j’ai profité, me mordant la langue pour ne pas demander à Émilie de faire à ma manière. Je me laissais bercer par mes sensations, oubliant presque mes amis. J’étais excitée tant par ce que je voyais que par ce que je ressentais. Sur scène, Émilie paraissait dépitée.

– Il me semblait que les hommes de la terre… mon amie m’avait laissé entrevoir d’autres proportions… son métayer…

– C’est que je ne suis pas votre métayer, Madame, je suis que votre fermier !

– Et de l’esprit avec ça ! Décidément, vous me plaisez de plus en plus, mon brave ! Possédez-vous le téléphone dans votre… masure ?

– Oui, Madame, depuis l’automne dernier ! Avé la télé, j’ai tout le confort moderne de la modernité confortable !

– Peu me chaut la… télé ! Puis-je me permettre… ?

Je ris aux larmes quand Émilie décrocha le téléphone. Plus tard, elle nous expliqua leur surprise en découvrant le cadran « Trop lourd, ce truc ! Trop lourd… ! » (« lourd », en l’occurrence signifiant « génial »).

– Allô, chère amie ? J’ai mon fermier sous les yeux et je suis dans l’obligation de vous faire part de mon léger désappointement… On est loin des proportions des hommes de la terre dont vous m’aviez parlé… Oui ! Exactement, ma chère ! Nous vous attendons… Oui… Oui… Vous avez parfaitement raison, très chère, l’essayer ne m’engage en rien ! Oui… Tout à fait… ! Oui !

Émilie raccrocha le téléphone.

– Montrez-moi, mon brave, comment vous manœuvrez votre engin pour susciter l’émoi d’une dame respectable !

– Mais… je ne sais pas…

– Tss tss ! Et la corne dans votre main ?

– C’est que d’habitude… j’ai l’imagination… pour m’échauffer, je regarde des photos… et j’imagine…

– Indiquez-moi comment me tenir… je serai votre pin-up en chair et en os.

– Pour commencer, installez-vous sur la table… mouais… échancrez votre chemisier… un peu plus que ça… mais pas trop… Ouvrez la bouche en cœur… En cœur, j’ai dit ! Pas en cul de poule ! Mais non ! Pas comme ça non plus ! Vous l’ouvrez trop ! Et pis… vous mettez pas en arrière !

Vincent s’approcha d’Émilie et l’installa comme il le souhaitait. Pour qu’elle ouvre la bouche comme il voulait, il s’approcha d’elle et taquina ses lèvres avec son gland, un peu comme s’il voulait lui baiser la bouche et juste au dernier moment, reprit sa place.

– Regarde-moi faire, la bourgeoise ! Ça te plaît que je me branle pour toi ? Tu mouilles quand je me branle comme ça ?

Émilie, fascinée ne répondait pas, elle suivait les mouvements de la main de Vincent avec un plaisir non dissimulé.

– Alors ? On a perdu sa langue, la bourgeoise ? Je ne t’entends plus pérorer ! Réponds, ça te fait mouiller quand tu me regardes me branler pour toi ?

Émilie commit alors l’irréparable. Enfin, c’est à ce moment que tout a basculé une nouvelle fois.

– Venez vérifier pas vous-même, mon brave ! Mon taurillon provençal !

– Qué « taurillon » ? Je vais te montrer ce qu’est un vrai taureau, la bourgeoise !

Vincent fonça sur Émilie, la retourna contre la table, mais ce furent les mains de Christian qui empoignèrent ma taille, ce furent ses doigts qui me fouillèrent. Marcel soupira de dépit et quand Vincent prit Émilie, ce fut le sexe de Christian qui alla et vint en moi. C’est à ce moment qu’il ressentit ce phénomène que je ne m’explique toujours pas.

À la demande générale, Vincent et Émilie se livrèrent de nombreuses fois à la leçon de sémantique « De la différence entre « limer » et « bourrer », explication par l’exemple ». Nous les encouragions « Encore ! Encore ! », Christian et moi y ajoutant une dose supplémentaire de conviction. Ils s’en donnaient à cœur joie, n’ayant pas conscience de ce que Christian et moi ressentions. J’étais au bord de l’extase, quand j’entendis la voix de Jimmy par-dessus les autres « Encore ! Encore ! ». Je le regardai, en le voyant se branler à mes côtés, un bras passé autour de mon cou, mon orgasme éclata, me projetant sur le côté opposé. Jimmy me sourit et me prit dans ses bras. « Tu vois, c’est plutôt sympa ! ». Il avait vingt ans ! Je vous jure, il avait vingt ans !

Après avoir patienté, puis s’être impatientés, Manon, Enzo et Lucas firent leur entrée en scène. Manon jouait à la perfection la pétasse parisienne, avec une telle conviction qu’on aurait pu oublier qu’elle jouait, si ça n’avait été ses rires contenus et le rouge qui lui montait régulièrement aux joues. Faisant avec les acteurs qu’ils n’avaient pas, les gamins ont réécrit ce passage de la saynète.

Après avoir salué son amie, Manon reprit la conversation comme si de rien n’était.

– Comme je vous le faisais remarquer, chacun a ses avantages… Regardez-moi celui-ci, il n’est pas vraiment musclé, pas vraiment gros, même pas maigre… il n’a pas l’air bien malin, mais… regardez-moi son équipement ! Et attendez ! Vous allez voir comment il s’en sert ! Tenez… essayez-le, vous m’en direz des nouvelles !

Manon arracha Vincent du corps d’Émilie, Lucas prit sa place et je redevins une spectatrice comme les autres.

Lucas fit quelques va-et-vient dans Émilie pendant que Manon tournait autour de Vincent, l’estimait, le jaugeait. Elle jeta un regard en direction de Lucas, lui ordonna de sortir d’Émilie, l’amena aux côtés de son amie.

– Et regardez-moi comme sa queue est a-do-rable quand elle brille comme ça ! Vous voyez ? Et à sucer… ô, ma chère amie, si vous saviez comme cette queue est divine à sucer…! Au lieu de rester planté là, comme un idiot, viens donc faire goûter ta bite à la dame !

Lucas s’exécuta.

– En contrepartie, pourrais-je m’enfiler le vôtre ou préférez-vous en garder la primeur encore un peu ?

– Faites donc, chère amie, faites donc ! Il est vrai que la queue de votre employé est des plus délicieuses…

– Oh merci ! Je les choisis toujours avec beaucoup de soin. De votre côté, vous êtes bien urbaine de me prêter votre jouet ! Il est comment en sodomie ?

– Je n’en sais fichtre rien !

– Ah ? Vous ne l’avez pas encore testé ? Si je ne craignais de me montrer par trop gourmande, je vous demanderais bien…

– Mais faites donc, chère amie, je vous le prête bien volontiers ! Dites-vous que vous me rendez service en le rodant. Et toi, montre-moi ce que tu vaux sur la longueur…

Lucas reprit son activité auprès d’Émilie, mais je n’avais d’yeux que pour Manon qui s’en donnait à cœur joie avec Vincent. J’ai vraiment eu l’impression d’assister à l’éclosion d’une actrice au talent phénoménal. Je fis part de cette sensation à Jimmy qui me murmura « J’étais justement en train de me faire la même réflexion ».

– Si vous pouviez l’utiliser au milieu des meules de foin… La paille, ça l’inspire et le contraste sublime son corps, qui en devient… hmm… excitantissime ! Hein que ça t’inspire, mon joli paysan ? Vous verrez, à l’usage, il est très endurant… Hmm… mais ta bite est un véritable régal pour mon cul, mon gars ! Dites-moi, chère amie, je vous l’échangerais bien contre un des miens pour la soirée… Oooh, mais qu’il m’encule bien, le bougre ! S’il vous plaît, laissez-moi vous l’emprunter !

– Mais faites donc, chère amie, d’autant que le vôtre… hmm… n’est pas mal non plus !

– Et vous n’avez encore rien vu !

D’un claquement de doigts, Manon ordonna à Enzo d’approcher.

– Mais pour vous qui rêvez de sodomie sans limite… regardez ce que je vous ai apporté ! Entendons-nous bien, nous parlons bien de bite de compétition ?

Enzo avança jusque devant Émilie, au milieu de la scène et, faisant fi de toutes les conventions théâtrales, nous tourna le dos.

– Montre à la dame ce qui fait de toi mon étalon préféré ! Allez, montre à la dame ta grosse bite de métayer !

Enzo se déshabilla sous le regard admiratif d’Émilie.

– Si ce n’est pas de la bite de compétition, je ne m’y connais pas !

– En effet, chère amie, en effet ! Je vous le concède ! Viens par ici, mon gars et montre-moi comment tu t’en sers !

Enzo obéit à Émilie. En le voyant de profil, un « Ooh ! » général emplit la salle. Une chose est indubitable, Enzo est bien le petit-fils d’Alain !

Le rideau s’est refermé et Pauline est revenue sur scène.

– En lisant la saynète dans son intégralité, nous avons su de quelle façon le métayer pouvait offrir du plaisir à ces dames, mais puisque le Bavard a jugé bon d’achever son récit à cet instant crucial, nous avons estimé qu’il serait inconvenant d’aller plus loin. Nous espérons que le spectacle vous a plu et vous convions au buffet que nous vous avons préparé.

Odette au spectacle avant la représentation

Le trajet fut très court et encore, nous fîmes un détour pour nous garer dans la cour de la grande maison, celle que Nathalie avait léguée à Cathy et à Alain. J’ai aimé la petite plaque « La maison du Toine ».

– Nathalie en voulait à son Toine de n’avoir jamais cru à l’au-delà, à la vie après la mort. Elle s’en voulait surtout de n’être jamais parvenue à le convaincre, à le rallier à ses croyances. Elle voulait offrir sa maison à Cathy et Alain, seulement pour des histoires d’héritage, c’était impossible. L’idée du viager s’est imposée d’elle-même. Quand les papiers ont été signés chez le notaire, nous avons organisé un grand repas entre membres de la Confrérie, nous avons trinqué, Alain et Cathy se sont levés, elle nous a fait ce discours « Quand je pense à là d’où je viens, je mesure la chance de vous avoir connus, vous tous, tous autant que vous êtes. Quand je vois Monique près de Rosalie, quand je pense au lien qui les unit, je ne peux m’empêcher d’y voir celui qui m’unit à Nathalie. Combien de fois n’avons-nous pas regretté, elle et moi, que son Toinou n’ait pas eu le temps de me rencontrer ? Il lui claironnait qu’on oublierait son nom quand leurs enfants seraient morts et ça contrariait Nathalie. J’aime pas qu’on contrarie Nathalie, ma mamé de coeur, la vraie, la seule. J’aime pas qu’on la contrarie, même si c’était son Toinou, même s’il est mort. Alors, avec Alain, on a eu l’idée de le faire mentir, on n’oubliera jamais son nom ! » Alain a dévoilé la plaque, qu’il a, plus tard, scellée sur la façade.

J’étais émue aux larmes. Je reçus une sacrée douche froide quand Cathy m’accueillit dans la maison de la rue Basse.

– Toi ! Toi ! Toi ! Toi, je te retiens ! On a parlé de toi et je te retiens ! Qu’est-ce que tu foutais pendant tout ce temps ? Ça te plaît tant de te faire désirer ?

Interloquée, je balbutiai « Je ne savais pas qu’il était si urgent que… si je l’avais su, j’aurais refusé la proposition d’Alain… »

– C’est ça… minimise l’affaire… pff… deux petites heures pour masquer quarante… cinquante ans de retard ! Cinquante ans pendant lesquels on t’a attendue ! Tu imagines le calvaire que ça a été pour l’autre zigoto là… le petit puceau ?

Elle m’a prise dans ses bras. Je riais. Je pleurais. Christian s’enquit de Joseph.

– Il ne va pas tarder, d’ailleurs à ce propos, madame la princesse retardataire, il te faudra aussi rendre des comptes… Je me comprends…

Il était l’heure de déjeuner, la table fut rapidement dressée. Martial s’était surpassé en cuisine. Joseph arriva enfin. Nous trinquâmes à son retour. Il tint à s’excuser de son départ précipité, la veille.

– Vous êtes arrivée hier, je vous ai regardée et j’ai vu tous les bijoux dont je souhaiterais vous parer. J’ai perdu l’inspiration il y a sept ans, au décès de ma chère épouse. Bien entendu, je pouvais reproduire d’anciens modèles, effectuer des commandes, mais créer, trouver, imaginer, rêver au bijou idéal pour chaque instant de la vie… ça, je l’avais définitivement perdu. Et je vous ai vue. J’avais vingt ans et tant d’idées en tête ! Tenez, regardez les premières esquisses…

J’étais éberluée ! Trois croquis très précis. Putain, il avait raison, ces bijoux… c’était moi ! Et l’éclat de gratitude dans son regard ! Je me suis dit « C’est pas possible, je rêve, je vais me réveiller ! »

– Et pour ce retard, quelle est ton excuse ?

En me disant ces mots, Cathy m’a prise par le cou, m’a attirée à elle pour me faire un gros bisou. Prise d’une inspiration soudaine, je m’exclamai « Je veux bien pour ce matin, mais pour les quarante ou cinquante ans, j’y suis pour rien ! Jimmy ne m’avait jamais parlé de la Confrérie ! » Au lieu des acclamations de joie auxquelles je m’attendais, je n’eus droit qu’à des hochements de tête mi-réprobateurs de celles qui allaient devenir mes consœurs. « Ah… quand même ! C’est pas trop tôt ! »

Prenant un ton professoral, Monique, Sylvie, Cathy et Mireille martelèrent la table du bout de leur index « Quand une consœur te reproche quelque chose, incrimine un confrère. C’est la base ! »

Le reste de la journée s’est déroulé à l’avenant, beaucoup de rires, de plaisanteries. J’avais trouvé une famille. Enfin, ça se situait entre le pensionnat mixte pour adultes vieillissants, une maison de retraite somme toute, et l’ambiance familiale. Sylvie me dit, en désignant Jimmy « Je crois que je ne l’ai jamais vu aussi heureux ! »

– Si je ne craignais de nouveaux reproches, je te répondrais bien que moi, si !

À cet instant précis, alors qu’il ne pouvait avoir entendu notre conversation, Jimmy me chercha du regard, me trouva, me sourit.

– Euh… j’ai rien dit, t’avais raison, ma Vivi…

Avais-je déjà ressenti un tel bonheur, une telle plénitude avant cet instant ? Rien n’est moins sûr.

Plus tard, je cherchais Jimmy du regard, ne le voyant pas, j’allais poser la question à Martial quand Christian me proposa de me faire visiter sa maison et de m’en dévoiler quelques secrets. Je le suivis donc. Une tenture masquait une porte de placard qui s’ouvrait sur un petit bureau un peu austère, un fauteuil fatigué, une chaise, un pupitre, des feuilles de papier, quelques rayonnages garnis de livres.

À l’invitation de Christian, je m’installai dans le fauteuil, il me fit remarquer le judas à ma droite, à hauteur d’yeux. Je fis coulisser le petit panneau qui l’obturait. Christian s’assit sur la chaise face à moi et fit de même avec celui qui se trouvait à sa gauche.

Sylvie était en pleine discussion avec Jimmy, qui lui parlait sans fard de son bonheur, qui demandait « Tu crois que je pourrais lui présenter mon frère et ma sœur ? Ce ne serait pas trop… précipité ? »

– Trop précipité ? Jimmy ! Tu as soixante-quinze ans, elle en a soixante-neuf ! Ça fait dix ans que tu ne vis que pour vos voyages, que par eux ! Hé ho ! Atterris !

Jimmy eut un regard lubrique.

– J’aime bien quand tu t’énerves comme ça, on voit tout de suite si tu portes un soutif ou si t’en portes pas. Et là, t’en portes pas !

Regard lubrique de Sylvie.

– Tu veux voir ?

– À ton avis ? Odette me fait retrouver toute ma vigueur. La savoir de retour parmi nous… je bande comme un jeune homme ! Regarde-moi ça !

– De retour ?

– Enfin… tu me comprends… Tu voudrais bien m’offrir un strip-tease, pour fêter ça ?

Je regardais par l’œilleton. Leur échange, leurs commentaires, les consignes précises que donnait Jimmy, les consignes précises que Sylvie respectait au pied de la lettre m’électrisaient, je vibrais au même rythme qu’eux. Jimmy était face à moi. Se doutait-il de ma présence derrière ce mur ? Était-ce un coup monté avec la complicité de Christian ? J’eus la réponse peu après quand, émoustillé, ce dernier se félicita de s’être montré un hôte accueillant. « Un bienfait n’est jamais perdu ! ». Il me fit un clin d’œil, devant mon air mi-figue mi-raisin, il m’en demanda la raison, je lui dis qu’il faisait un peu trop sombre pour que je puisse le voir lui aussi se branler, mais que c’était bien le seul reproche que je pouvais adresser à ce poste d’observation, il me sourit, alluma une applique entre nous deux.

– Ça va mieux comme ça ?

– C’est génial ! On dirait qu’on est sous un réverbère, ça fait encore plus… c’est génial !

– Et maintenant que tu peux me mater moi aussi, tu aimes tout à fait ?

– Oh oui !

– Tu es sûre ? Je ne te crois pas !

– Comment te convaincre ? Je ne peux que…

– Tu peux me montrer tes seins ?

Étonnée, je les lui montrai. Il les regarda, eut un sourire satisfait. Je l’interrogeai du regard. Le bout de son index fit le tour de mon mamelon « La preuve », un nouveau sourire satisfait. Il regarda par le judas.

– Hola, ma belle, je préfère te prévenir… Jimmy risque de ne pas rester que spectateur… si tu ne veux pas voir ça, je te montre d’autres « curiosités »…

– Mais… Jimmy m’a dit qu’il n’avait presque jamais couché avec Sylvie ?

– Il ne t’a pas menti, mais… il la caresse…

– Ah oui ! Ça je le savais… tu crois que je supporterai ? Ça ne t’ennuie pas quand Monique vit avec Jean-Luc ?

– Pas plus que ça n’ennuie Monique quand je vis avec Cathy !

– J’ai autant envie de regarder que j’en ai peur. De toute façon, j’y serai confrontée un jour, mais je ne sais pas si je préférerais y être confrontée seule ou devant témoin, j’ai peur de m’écrouler, de ne pas assumer, j’ai peur de pleurer ou d’être folle de rage… et je me dis que si je dois regarder, je préférerais que tu sois à mes côtés, parce que nous nous ressemblons beaucoup et que tu saurais comment réagir…

– Si les choses entre Jimmy et Sylvie… évoluent et que tu as du mal à le supporter, malgré tout que tu en sois curieuse, tu peux refermer le volet et je te décrirais ce que je vois…

– Tu ferais ça pour moi ?!

– Bien sûr !

L’idée nous plut au point que nous décidâmes de la mettre en œuvre sur le champ, en nous accordant sur le vocabulaire, sur les détails que nous remarquions. Sylvie s’était assise dans une posture très sexy.

– Tu vois, moi… je ne serais pas assez à l’aise avec mon corps pour assumer mes vergetures, mes grosses cuisses…

– C’est marrant, je ne les avais pas remarquées avant, moi je vois de belles jambes aux cuisses bien faites, à la fois fermes et tendres… Je sais que Jimmy prendra son temps, mais il me tarde qu’il la caresse enfin ! Et cette poitrine… ! Je suis un véritable obsédé des seins, avoue que je suis verni ! Et maintenant que tu es là… les plus belles paires de seins appartiennent aux femmes de mon entourage ! Quel veinard je fais !

– Et tu es marié avec Monique…

– Mais je suis fou des petits seins de Monique ! Un veinard, je te dis !

– Ou un grand malade…

– C’est ce que dit Marcel quand il veut me charrier, parce qu’il les aime bien aussi, les petits nichons de Monique !

– Et Jean-Luc, il en dit quoi ?

– Jean-Luc ?! Il ne le dirait pas comme ça, mais il vénère Monique comme une déesse. Je crois que quarante-cinq ans après, il n’en revient toujours pas d’être entré dans son cœur ! Tu verras, avec le temps en la fréquentant, en la côtoyant, tu comprendras pourquoi… Monique est une femme… extraordinaire…

– Comme vous tous…

– Ça y est ! Regarde ! Vé comme il pose sa main sur son sein… Vé comme il la caresse !

– Il est odieux de retourner s’asseoir ! Il l’excite pour la laisser en plan !

– Il voulait juste lui montrer comment se caresser pour lui

– Oui, mais c’est dégueulasse ! Tu connais pas l’effet des caresses de l’autre salopard ! Même avec toute ma science… non…

Christian pouffa.

– T’imagines ? C’est comme si…

Je me levai, me plantai devant lui, mon corps tamisait la lumière de l’applique, les ombres ainsi projetées ajoutaient du fantastique à l’ambiance déjà chargée de sensualité.

Je me penchai, mes seins pendants caressaient ses cuisses, je le branlai un peu avant de regagner ma place. « Maintenant, tu sais comment faire ! »

Christian me menaça de l’index « Ça, tu vas me le payer ! » menace sourde de délation auprès de sa coépouse. Nous reprîmes notre observation.

C’est en regardant le corps de Sylvie, en écoutant ce qu’en disait Christian, que j’ai enfin admis la charge érotique qui pouvait émaner d’un corps vieilli.

J’aimais ses remarques, sa respiration un peu sifflante. Notre complicité confinait à l’intimité tant son évidence s’était imposée à nous.

Sylvie ondulait, la main de Jimmy posée sur sa hanche.

– Oh… c’qu’il est agaçant quand il fait ça ! Glisse un peu ta main, bon sang ! Aaah… quand même !

Je tournai mon visage pour regarder Christian qui souriait sur sa chaise.

– Parce qu’en posant sa main là, puisque Sylvie se caresse comme ça… tu vois… là… sur les petites lèvres… juste là… ça fait comme un courant électrique… comme un éclair… ou un petit serpent plus fin que le plus fin des cheveux… qui ondulerait à toute vitesse… là… comme ça… et…

– Et ?

Une vibration particulière dans la voix de Christian me fit frissonner d’excitation.

– Et… c’est drôlement bon ! Je voudrais être à la place de Sylvie, parce que je regarderais de plus près… et Jimmy adore quand on y regarde de plus près… et… tu vois quand sa main se crispe… regarde son gland ! C’est magnifique, non ? Moi, ça me fait… comme plein de toutes petites étincelles un peu partout sous ma peau… ces petites étincelles qui se regroupent, se rejoignent à l’endroit précis où ses dents arracheront ma peau… et toi ?

– Je suis dans un état second. Je regarde Jimmy et Sylvie, je me branle, je fais attention à mes sensations pour te les décrire, je t’écoute et me rends compte de ce qui se joue dans ton corps, je me demande ce que ressent Sylvie, ce que ressent Jimmy, ce que je ressens maintenant que je sais pour toi… J’y prends un tel plaisir, c’est presque… irréel… je ne parviens pas à détacher mon regard de Sylvie parce que je crains en tournant mon regard vers toi que tu aies disparue et que j’émerge d’un rêve, tout seul dans ce cabinet de la curiosité, regardant par le judas une pièce vide à peine éclairée par les rayons du soleil couchant au travers des persiennes…

– J’ai souvent cette impression depuis l’appel de Jimmy… !

– Je suis tellement heureux d’avoir enfin trouvé une partenaire. Il ne manquait que toi pour que mon bonheur soit complet et tu es là !

– Ne le dis pas à Cathy, elle serait capable de m’engueuler !

– Et elle aurait bien raison ! Maintenant qu’on te connaît, on va s’apercevoir à quel point tu nous as manqué ! Mais le principal c’est que tu sois là ! Je peux te prendre dans mes bras ?

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Odette – « And givin’ yourself to me could never be wrong »

Dites-moi franchement, même vous, les fans de rock, les purs et durs, pourriez-vous résister ?

Je savais qu’aucun des amis de Jimmy ne fermait sa porte à clé, néanmoins, je fus étonnée de voir Alain pénétrer chez Jean-Luc comme s’il était chez lui. Devinant ma surprise, il m’expliqua « Il m’est arrivé de vivre ici, lors de certaines… configurations conjugales… ». Semblant se souvenir soudain de la raison pour laquelle nous nous trouvions ici, il me prit la main et me convia à le suivre dans la véranda, à l’arrière de la maison.

– Celle dont tu as tracé les plans ?

– Té ! Comment le sais-tu ?

– Jimmy m’a dit que tu avais tracé les plans de certaines parties de son mas et de la véranda de Jean-Luc, mais il ne m’avait pas dit que c’était la maison de Valentino…

– Tu sais ce qui me ferait plaisir ? Te voir nue, en plein soleil, la peau luisante de monoï…

Je me sentis rougir, son sourire s’élargit.

– Tu serais d’accord ?

Je pensai « le regard lubrique est donc une spécialité provençale… »

– Tu as du monoï ?

Pendant que je me déshabillais, j’entendais Alain bougonner en cherchant fébrilement dans les tiroirs qu’il ouvrait et refermait, dans les placards dont il faisait claquer les portes. Un cri de victoire. « On va faire ça à l’ancienne, avec les produits locaux ! », puis semblant se souvenir d’un détail me concernant,

– Vous faites comment, vous autres, là-haut ? Avé… du beurre ?

– De toute façon, y a pas assez de soleil pour qu’on ait l’idée de faire briller notre peau sous ses rayons ! Alors, on fait pas. Le problème est résolu avant d’être posé !

Mort de rire, Alain me tendit la bouteille d’huile d’olive.

– Quitte à choisir, je préférerais sentir tes mains sur ma peau…

Il versa d’abord délicatement un filet d’huile sur mon épaule. Filet qu’il guida délicieusement vers mes seins… « Oh, mon salaud ! Oh, mon salaud ! ». Ces mots résonnaient comme le plus beau des compliments. « Oh, mon salaud ! »

Alain versa davantage d’huile, ses mains se firent plus volontaires, plus affirmées. Mon corps se détendait sous ses caresses, comme si ma peau avait voulu se déployer pour mieux profiter de leur douceur, des plaisirs que les attouchements d’Alain lui procuraient. « Oh, mon salaud ! Oh, mon salaud ! »

Tout en me caressant, tournant autour de moi, reculant d’un pas pour avoir un meilleur point de vue, se rapprochant, me manipulant comme une statuette, Alain oignait mon corps d’huile « Oh, mon salaud ! Oh, mon salaud ! ». Je ne comprenais pas de quel salaud il parlait.

– Tu n’as pas vu la pin-up affichée dans la chambre, face au lit ?

– Euh… je n’ai pas vu sa chambre en pleine lumière…

Votre chambre !

– Qu’a-t-elle de si particulier, cette pin-up ?

– Elle te représente… c’est moi qui l’ai dessinée d’après les indications précises de Jimmy, mais il ne m’avait pas tout dit, le salaud ! Tes seins, par exemple, il ne m’avait pas dit qu’au creux de la main… Fatché ! Ton coeur s’emballe ! Et ton ventre… et tes cuisses… Tu veux bien t’offrir un peu à ma vue avant de t’offrir au reste de ma personne ?

– Tu es super beau quand tu me regardes comme ça… avec gourmandise… Tu veux bien te déshabiller à ton tour que je puisse aussi me régaler ?

– Dans ce cas, il te faudra m’enduire d’huile… ça te convient ?

– Je n’attendais que ça !

La paume de ma main pleine d’huile commençait à en enduire le sexe énorme, agréablement durci d’Alain. Je fermai les yeux pour ne jamais oublier cette sensation. Ces picotements étaient-ils ceux qui agaçaient ma paume ou ceux qui parcouraient la verge d’Alain ?

– Il s’était bien gardé de me dire ça aussi, le salaud ! Tu branles…

– Tu peux me le redire ? J’aime votre façon de prononcer « bandante », « branler »… votre accent en devient non seulement chantant, mais terriblement érotique aussi…

– Alors, branle, branle, bandante Princesse !

– Oh ! Tu rends même le mot « Princesse » excitant !

– Excitant, bandante Princesse ?

Ses doigts se faufilèrent entre mes cuisses, Alain voulait vérifier à quel point ses mots m’excitaient.

– Pourquoi tu souris comme ça ? Pourquoi tu me palpes comme ça ?

– Rien… des bêtises… l’émotion… l’honneur que tu me fais…

– À ce point ? L’honneur ?

– En dehors de Jimmy, avec lesquels d’entre nous as-tu couché ?

– Euh… Christian, Jean-Luc… couché-couché tu veux dire, on est bien d’accord ?

– Oui, oui ! Avec Christian, c’était devant témoins…

– Ah ! Et Jean-Luc aussi !

– Et avec moi, ce sera…

– Entre quat’z’yeux !

Émue comme une jeune fille, je l’embrassai en le remerciant de voir les choses ainsi.

– Té… t’es une princesse ou tu n’es pas une princesse, Princesse ? Et puis, Jimmy…

– Jimmy ? Quoi « Jimmy » ?

– Après vos retrouvailles, quand il est revenu de Vancouver, il m’a demandé de lui dessiner sa pin-up. Il n’a pas voulu me montrer des photos de toi. Ça nous a pris presque deux ans.

J’ouvrais des yeux comme des soucoupes ! De quoi était-il en train de me parler ? Je suivis Alain dans une chambre, m’assis sur le bord du lit pendant qu’il précisait son propos.

– Pour tout modèle, je n’ai eu droit qu’à la photo de vous deux sur un bateau mouche « Mais je la veux réaliste, ma pin-up ! Celle qui me fait bander n’a plus dix-sept ans, c’est la femme de soixante ! » J’ai vieilli ton visage… et pour ton corps… oh, le salaud ! J’étais loin du compte ! Il m’avait juste parlé d’une belle femme, gaulée comme une déesse, mais tu es… tellement plus !

Il me regardait et je devenais plus que belle. Ses mains caressaient mon corps comme si elles craignaient de le profaner.

– Regarde-moi ces jambes… ces cuisses… Tu aimes quand je te caresse comme ça ? Oh ! J’aurais jamais cru que tu rougissais…

– Parce que je suis noire ?

– Mais non ! Ce qui est troublant, c’est que tu rougis presque autant que Mireille… Et ta peau… ta peau est si agréable à caresser… Je veux profiter de ce moment aussi longtemps que possible. Et tes grands yeux noirs… et ta bouche sublime qui appelle les baisers… et qui embrasse si bien… Quand tu souris comme ça, je la volerais de baisers ! Oh, le salaud ! Pourquoi t’a-t-il privée de tout… de nous, de tout ce qui nous unit pendant tout ce temps ?

– Peut-être parce que je n’y étais pas prête avant, qui peut savoir ?

– Et ta voix… ta voix ! Tu n’as jamais songé à chanter ?

– Chanter quoi ? Le blues ? Le R’n’B ? Tu sais bien que c’est pas la musique que j’aime !

– Et c’est quoi, la musique que tu aimes ?

– Le rock. Au début, c’était pour moi… c’est idiot, je sais bien… c’était une façon de me démarquer… dans les seventies, une noire qui n’écoutait pas de funk, de rythm’and blues, c’était atypique… Je me démarquais, je sortais du lot… ma boule afro dépassait des rangs… Tu vois ?

Les mains d’Alain se sont crispées juste au-dessus de mes genoux et de surprise ont écarté mes jambes plus brusquement qu’il ne l’aurait souhaité.

– Rapidement, j’ai constaté que cette musique me correspondait, qu’elle parlait à mes tripes… Mais si tu m’entendais parler anglais… ! Euh… tu peux cligner des yeux et refermer ta bouche ? Là, c’est limite flippant ! Je sais bien que tu aimes le rock, que tu as une discothèque incroyable. Je pensais que Julien te l’avait dit. Quand il venait passer ses vacances avec nous, il ne parlait que de toi et était fier de m’en remontrer sur le sujet… Hier, quand tu as mis Jam Ram, j’ai cru que c’est parce que tu savais…

– Mais… ce n’est pas possible… tu n’es pas réelle ! Rassure-moi, tu as au moins un tout petit défaut ?!

– Je suis une parisienne à moitié normande…

– Aïe ! Ça c’est plus qu’un petit défaut !

Ses yeux débordaient d’une tendresse infinie et amusée.

– Tu voudrais bien me laisser observer ton minou ? L’offrir à ma vue autant que je le souhaite ?

– Jimmy aurait-il aussi omis de te parler de ma petite particularité ? M’imaginer que quelqu’un observe, scrute ma chatte suffit à m’exciter, alors quand on la scrute pour de vrai… le souffle d’un grain de poussière pourrait me faire jouir !

– Ah, le salaud ! Ça aussi, il s’est bien gardé de me le dire !

– Mais que t’a-t-il dit, alors ?

– Qu’il aime titiller, du bout de la langue, ce petit cercle de chair de poule qui orne ton mamelon quand tu es très excitée, qu’il aimerait le faire plus longtemps… Pour y parvenir, il devrait se figer en toi, mais tes ondulations prennent alors le relai… alors… il jouit en oubliant de te mordre…

– Et tu voudrais savoir s’il n’a pas un peu exagéré ?

– Laisse-moi te regarder encore un peu…

– Non ! Si tu continues à me regarder comme tu le fais, je vais jouir et je préférerais que ce soit par ta queue plutôt que par tes yeux, pour ce premier orgasme… en tête à tête… dans le lit du p’tit puceau !

Alain a ricané. A écarté mes cuisses. Soulevé mon bassin. Y a glissé un gros coussin dessous. Je ne le quittais pas des yeux. Lui non plus. Son regard a glissé. J’ai senti sa main attraper sa queue, que je ne voyais pas. Son autre main a écarté mes lèvres. Son gland a caressé ma vulve et m’a pénétrée en prenant tout son temps.

L’orgasme qui couvait a explosé si vite que je n’ai pas senti ce renflement que j’aime tant quand les hommes me font l’amour ou me baisent. Il n’y en a pas eu tant que ça, Alain est le cinquième mais le premier dont je n’ai pas senti le bourrelet.

Je m’excusai d’avoir joui trop tôt. Excuses acceptées. Je lui demandai de sortir de moi et lui en expliquai la raison. Il consentit.

– Tu peux me la montrer ? Je voudrais voir à quoi elle ressemble quand j’ai joui dessus.

– Elle te plaît ?

– Oh ! Elle est magnifique ! Regarde comme elle brille ! Regarde-moi tous ces reliefs ! Oh ! Qu’elle est belle !

Je n’avais pu m’empêcher de tendre la main vers cette magnifique queue et du bout de l’index, caressai veine et veinules, tellement fascinée que j’en oubliai presque la présence d’Alain !

– Et tu voudrais savoir le goût qu’elle a quand elle t’a fait jouir ?

Anticipant ma réponse, il offrit sa queue à ma bouche comme on offre un sucre d’orge. Je la suçai comme telle, avec délectation. Les yeux fermés. Il sortit de ma bouche. J’ouvris les yeux. Nos regards se comprirent. Je refermai les yeux. Entrouvris mes lèvres. Il plaça son délicatement gland dessus avant de pénétrer ma bouche et de la baiser ardemment.

Je perdais pied, noyée dans ce flot de salive, submergée par ce plaisir incroyable que je prenais à ses va-et-vient vigoureux sans être brutaux. Il sortit soudain de ma bouche.

– Je voudrais te prendre comme…

– Comme tu m’as dessinée ? C’est ça ? Dans quelle position je suis sur ton dessin ?

– Ben… justement… Jimmy a voulu un diptyque… Agenouillée comme les pin-up, de face tes doigts délicats cachant à peine tes mamelons… encore plus excitants, bandants en vrai… De dos tu offres ta croupe à l’admiration des foules, bien cambrée comme il faut, on aperçoit un de tes seins et tu nous regardes avec un sourire coquin…

– Le choix est… cornélien… Si tu veux lécher mes mamelons, c’est de face… Si comme Jimmy, et ça m’a tout l’air d’être le cas, ma croupe t’inspire…

– Mais toi… quelle position ? Oh ! L’éclair coquin dans ton regard ! Pas la peine de baisser les yeux, je l’ai remarqué !

– Depuis que je revois Jimmy, je fais quelques exercices de gymnastique chaque jour. Oh ! Pas des trucs de dingue, juste des étirements, des assouplissements, de l’éveil musculaire et de la marche, beaucoup de marche. Quand ma voiture a rendu l’âme, je ne l’ai pas remplacée. Ça me permet d’encaisser… mes escapades avec Jimmy, mais surtout d’aimer à nouveau mon corps. Non pas pour ce qu’il a été, mais pour ce qu’il est devenu. Comme je suis ma propre coach, j’ai mes lubies, les périodes « piscine » peuvent alterner avec de longues périodes « yoga »… tu vois ? Depuis janvier, c’est ma période ischio-jambiers… alors… si je devais choisir…

J’ai senti mon propre sourire, j’ai senti l’éclat lubrique de mon regard quand j’ai laissé ma phrase en suspens. Je m’étonnai de l’absence de miroir dans la chambre. Alain sourit, retourna les tableaux. Trois d’entre eux révélèrent des miroirs, le quatrième, un écran vidéo. Alain revint vers moi, une petite caméra à la main « Si tu veux voir les détails ». Regard lubrique. Selon les indications, il s’allongea au milieu du lit, à plat dos. Je l’enjambai, m’accroupis au-dessus de lui.

– T’inquiète, si je sens que mes muscles faiblissent, on fera dans le moins gymnique !

– Je te fais confiance, Princesse… bandante !

Je m’accroupis davantage. Alain tenait son membre dressé. Je pensai « Une chance que sa queue soit si longue ! ». Il lut dans mes pensées. Je souris. Alain leva les yeux au ciel, faussement consterné.

Il m’offrit de prendre son sexe dans ma main et de guider la pénétration. Je vibrai de plaisir en le sentant si dur entre mes doigts. Ma langue agaçait mes lèvres. Il fallut qu’Alain me le fasse remarquer pour que j’en prenne conscience. Son regard a invité le mien à glisser sur ma droite. Nos sourires. La caméra allumée. L’hypocrisie de mon argument. « C’est à visée scientifique ». Nos sourires. En regardant les images animées sur l’écran, je m’étonnai intérieurement « Ouah, je pensais pas mouiller autant ! »

– Jimmy m’avait également dit que dans ta chatte, c’est comme au Paradis, mais en mieux !

– Et ? Pas trop déçu ?

– Pourquoi le serais-je ? Oh ! Au plus tu regardes l’écran, au plus tu mouilles, t’as vu ?

– Au plus ta queue est excitante, regarde comme elle brille !

– Je peux ? Avé la caméra ? Sur ton clito ? Je voudrais le voir bander… Oh ! Vé… oh !

– C’est malin !

– Oh, comme c’est bon quand tu jouis comme ça ! Oooh… !

– Et c’est que le début !

– Ça, je savais ! Jimmy me l’a dit ! Penche-toi un peu, que je sente tes seins sur ma peau !

– Non. Si je le fais… je vais devoir me cambrer davantage, comme ça… et regarde dans le miroir… tu vois… ça deviendrait soudain… lubrique, non ?

Je profitais du luxe que m’offrait tout ce qu’Alain ignorait de moi. Ces petites astuces, ces petits secrets intimes que Jimmy ne lui avait pas révélés.

– Tu resteras inflexible ?

– Parfaitement !

– Alors… ce n’est pas la peine que…

Alain avait l’air innocent de l’agneau qui vient de naître, le regard faussement résigné quand retentirent les premières notes de « Let’s get it on ». J’aurais voulu crier un tonitruant « Jimmy ! » plein de reproches, mais j’ai été captée par le son de la pédale wah-wah…

– Maintenant, ça me revient… il avait dû m’en parler aussi…

Je me suis donc penchée. Mes tétons ont effleuré sa peau. Je me suis cambrée davantage. Le jeu des miroirs a renvoyé le reflet de nos corps. J’ai fermé les yeux. Pour fixer à tout jamais cette image, comme un instantané. Et pour chasser les autres, les imaginaires, les fantasmées. Je me sentais onduler. Je frémissais de ce tourbillon qui m’assaillait.

– Ouvre tes yeux…

– Non. Je ne veux pas que tu puisses lire dans mes pensées…

– Tu ne veux pas voir ce que je regarde ?

– Il t’aurait donc aussi parlé de ma curiosité… ?

– Si peu… si peu…

J’ouvris les yeux. Alain lut dans mes pensées. Ses mains lâchèrent la caméra, empoignèrent mes fesses. Quand je vis dans le miroir, le reflet de son majeur glissant le long de ma raie, je n’ai pu m’empêcher d’onduler encore, de tendre mes fesses. « And givin’ yourself to me could never be wrong ». Les images s’incrustèrent en surimpression. « Tu rougis encore ! ».

Je n’aurais jamais pu imaginer à quel point les dimensions du sexe d’Alain modifieraient ces images, les graveraient définitivement dans le souvenir de cette matinée. Hier encore, à la même heure, je m’activais dans mon petit appartement giffois, le téléphone n’allait pas tarder à sonner. Vingt-quatre heures plus tard, j’osai enfin évoquer ces images à l’homme qui venait de contribuer à les susciter.

Pour la deuxième fois de la journée, j’allais en parler alors que je les avais tenues secrètes pendant tant d’années ! Avec Mireille, les mots avaient coulé sans problème, au détour d’un échange sur l’opportunité de réaliser un fantasme. Elle m’avait confié « Ce qui me faisait le plus honte, c’était quand je m’imaginais me faire prendre par un autre homme devant mon mari. Sauf que je m’imaginais plutôt un notable, au moins député… ! » Attendrie, elle avait ri « Dans « le pire du pire », je m’imaginais prise en levrette devant Daniel que je suçais ou qui se branlait entre mes seins. Quelle horreur ! Quelle honte si quelqu’un venait à l’apprendre ! Et puis… dès la première fois, ça a été merveilleux. Je n’étais pas une Marie Couche-toi là, nous étions trois personnes qui faisions l’amour… c’est pour ça qu’ici (chez Jimmy) on a un lit trois personnes… si tu savais comme c’est bon de nous endormir… Marcel dans mon dos, moi blottie dans les bras de Daniel… Pour me taquiner, il leur arrive de mettre un des grands mouchoirs de Marcel… un propre, bien sûr, sur mon visage, ils « causent sérieusement », comme si je n’étais pas là, de ce qu’accepterait de leur faire la femme idéale, de ce qu’ils lui feraient… bien entendu, ils miment chacun de leurs mots… J’aime me dire que j’y suis aussi pour quelque chose dans leur profonde amitié… On est loin de la dépravation, n’est-ce pas ? »

– Quand je suis cambrée comme ça… que tu écartes mes fesses… que Marvin Gaye me fait onduler ainsi… sur ta queue… que ton majeur… C’est comme si tout mon corps s’ouvrait de partout pour accueillir et offrir de l’amour à d’autres hommes…

– Et c’est ça qui te fait rougir bandante princesse ? Ouvre les yeux, regarde et dis-moi… qui verrais-tu à la place de mon majeur ?

– Jimmy… Jimmy… je n’imagine personne d’autre que lui dans mon cul…

– Ensuite ?

– Alors… pour ce faire, je dois me redresser un peu… tant pis pour la caresse de ta peau sur mes seins…

J’en profitai pour changer de position. Assez fière d’être parvenue à m’agenouiller sans qu’il ait besoin de sortir de moi. Fière et surprise.

– Entre mes seins… oh ! J’adore ta façon de me les caresser ! Entre mes seins, Daniel puisque Mireille m’a dit qu’il faisait divinement bien l’amour aux siens… dans ma bouche, Marcel… parce qu’avec lui… c’est facile… et parce que Mireille m’a confié « Quand tu suces Marcel, il te transforme en Sainte » et… pour finir, Christian en spectateur… et voilà ! Regarde mes seins !

Sa langue me maintenait à l’orée du plaisir. Je fermai les yeux. Ses lèvres enserrèrent mon mamelon, se rapprochèrent et sans que nous n’ayons besoin de nous servir de nos mains, trouvèrent la position idéale pour qu’Alain me tète. Je jouis longuement, d’un orgasme apaisé. Une pression ferme d’Alain me fit me cambrer plus que je ne l’étais déjà. J’ouvris les yeux sur son sourire.

– Et Jean-Luc ?

– Dans la bouche de Monique… pour changer !

J’étais en train de m’imaginer la scène. Je regardais Alain me sourire, des œillades furtives vers l’écran. La caméra ainsi posée ne me permettait de voir que le dos de la main d’Alain sur ma fesse. Une idée, une envie me traversa l’esprit. Nos regards se croisèrent. Nos sourires devenaient de plus en plus complices. L’expression de son visage, signifiant « Ça tombe bien, moi aussi ! ».

Je me retrouvai à quatre pattes au bord du lit. Alain, debout derrière moi, se justifiant « Je me régale du spectacle ! » puis approchant la caméra « Regarde comme ta chatte brille ! Elle brille de mille feux ! Oh ! Oohh! Regarde ! »

– Montre-moi ta bite, avec la caméra…

– Regarde ! Elle brille presque autant !

J’aimais sentir ses doigts me fouiller sans aucune timidité, comme eux aussi me transformaient en marionnette « T’as vu quand je fais comme ça, tu te cambres… Oh ! Regarde les jolies fossettes que ça te fait sur les reins ! Et quand j’appuie ici… devant… tout en appuyant… avec le pouce… dessus… tu t’offres tout à fait… Regarde ! »

Je le suppliai de me prendre. Je n’en pouvais plus de désir. Il écarta un peu mes cuisses. Je le vis écarter mes fesses, les admirer et, comme à regret, les relâcher pour guider sa pénétration. Il posa son gland sur mon anus, appuya un peu « Tu veux toujours pas ? »

– Jamais la première fois, mon cher ! Je suis une femme de principe, moi, Monsieur !

– Si c’est pas malheureux… et c’est encore l’autre salaud qui va en profiter ! Y en a vraiment que pour les crapules !

Il me pénétra lentement « Jimmy a raison, dans ta chatte c’est encore mieux qu’au Paradis ! ». Je sentais tous les reliefs de son sexe frottant si intimement sur les parois de mon vagin qu’ils en révélaient les miens.

Il sortit lentement de mon vagin pour me pénétrer à nouveau. Un peu moins lentement. Un peu plus profondément. Avant de ressortir. Âprement.

Je ne perdais pas une miette du spectacle, mon regard allait de l’écran aux miroirs, comme dans un panorama. Nos corps se comprirent avant nos regards. Une sauvagerie s’empara de nous. Chacun de ses va-et-vient devenait plus brutal. Chacune de mes injonctions, plus impératives « Encore ! Plus loin ! Plus profond ! Plus fort ! Plus fort ! Plus fort ! »

Je n’aurais jamais osé espérer le faire baver de plaisir. Quand je vis sa langue chercher à retenir sa salive, quand, profitant d’un sourire, la première goutte s’est échappée de sa bouche et est venue mourir sur ma fesse, je projetai mon bassin vers le sexe d’Alain, anticipant sa pénétration.

Il entra d’un coup de tout son long. J’aurais pu m’évanouir de douleur, au lieu de ça, je jouis.

– Ô, pute vierge, je viens, je viens !

Combien de « je viens » de plus en plus sauvages, combien de « ô, pute vierge » brutalement tendres avant que nous nous sentions apaisés, repus ? Le sperme d’Alain avait coulé jusqu’à mes genoux, mais je voulais rester un peu dans cette position. J’admirai mon reflet dans les différents miroirs, sur l’écran.

– Voilà qui « revisite » légèrement le concept de la pin-up !

– Mais pas du tout !

– Tu te vois me dessiner ainsi ?!

– Ça dépend des circonstances…

– Pour l’offrir à Jimmy…

– Toute ruisselante comme ça ? Le minou tout brillant de ta mouille ? Les cuisses toutes tachées de mon foutre ?

– Oui… Certes, ça te contraindrait à… avant la séance de pose…

– En effet, mais pour un ami, qui ne consentirait pas à ce sacrifice ? Écarte un peu tes fesses avec tes mains… Oh, fatché ! Oh, le salaud ! Regarde comme c’est beau !

S’il m’avait demandé une nouvelle fois l’autorisation de m’enculer, s’il avait bandé un peu plus dur, j’aurais accepté. Au lieu de ça, il s’amusa à agacer mes tétons avec son gland.

Je me relevai. De son sexe à demi flapi, il fit l’amour à mes seins de la façon idéale dans ces conditions précises. Nous profitâmes de ce moment d’absolue communion jusqu’à ce qu’il ait retrouvé un semblant d’érection. J’aimais regarder sa queue disparaître entre mes seins. Puis, voir apparaître son gland et plus encore. J’aimais voir sur l’écran ses doigts aller et venir dans mon sexe dégoulinant. J’aimais quand il nous les offrait à sucer. J’aimais le goût des baisers qui s’ensuivaient.

Quand nous sortîmes de la maison, nous les trouvâmes en train de discuter sagement sur la terrasse. Je m’étonnai de les découvrir habillés, un verre de vin à la main. Monique me répondit, dans une imitation très réussie d’Arletty « Pour qui que tu nous prends ? On n’est pas des bèÿtes, tout de mèÿme ! »

D’un regard étonné, Jimmy interrogeait son ami qui le rassura « Non… Ça c’est en prévision… Tu veux voir l’état de sa culotte ? » En disant ces mots, Alain souleva ma robe.

– Elle a oublié de la remettre, l’étourdie ! Dis-moi, bandante princesse, pour quelqu’un qui n’aime que le rock…

Les mains de Jimmy me caressaient, comme si elles cherchaient à deviner dans quelles positions nous venions de faire l’amour. Je pris une profonde inspiration avant de pouvoir répondre à Alain « Je ne peux pas résister à l’intro… »

Monique sonna l’heure du départ. Encore étourdie, troublée par cette matinée, je me trompai d’auto et m’assis à l’arrière de celle de Monique. Jean-Luc monta à mes côtés et chantonna les premières notes de « Let’s get it on » tout en regardant, innocemment, par la vitre de sa portière.

Les saynètes de Madame – « Tel est pris qui croyait prendre ! »

– Vite ! Vite ! Accourez, mon ami ! Et venez juger par vous-même !

– Que se passe-t-il, très chère ? Qu’avez-vous de si important à me montrer que vous me dérangez en plein labeur ?

Le rideau s’ouvre, laissant apparaître la chambre conjugale d’un intérieur bourgeois.

– Constatez ! Constatez que je ne vous ai point menti ! Le voici, le gredin ! Le voici, mon tourmenteur ! Ah, ah, monsieur le Méchant, vous voilà bien attrapé !

– Qu’est-ce ceci ? Allez-vous m’expliquer ?

– Vous m’avez, à maintes reprises, soupçonnée… que dis-je « soupçonnée »… accusée d’être une épouse infidèle, tenant pour preuve mon… intimité souillée, selon vous, de la semence de mon amant. Or, je vous ai toujours affirmé vous être restée fidèle, je vous ai toujours clamé mon innocence. Seulement, vous ne m’avez pas crue. Votre regard et vos remarques acerbes me souillaient aussi certainement que si je m’étais vautrée dans la fange, mais vous… Si j’avais eu un amant, je m’en serais souvenu ! Étais-je donc folle à lier ? J’avais beau chercher dans mes souvenirs, je ne me rappelais de rien, si ce n’étaient quelques rêves… dont je préfère ne pas parler…

Après le dîner, puisque comme tous les soirs vous deviez vous pencher sur quelque dossier de la plus haute importance, je décidai de mettre en pratique le plan que j’avais échafaudé le matin même. Comme tous les soirs, j’allai dans notre chambre, me mis au lit, lus un chapitre d’un roman d’amour, éteignis la lumière, mais à la différence des autres soirs, je ne bus pas ma tisane relaxante et la laissai sur ma table de chevet.

Me pensant endormie, ce gredin, entra subrepticement par la fenêtre, que vous tenez à garder ouverte, hiver comme été, malgré ma tendance aux refroidissements, se glissa dans le lit et tandis qu’il ôtait ses… haillons, remarqua la tasse posée sur ma table de chevet « Alors, t’as pas bu ton digestif, la bourgeoise ? » et la but d’un trait, avant de s’allonger à mes côtés.

Je faisais semblant de dormir et lui me faisait exactement ce que me fait habituellement Alain Delon dans mes rêves… je vous passe les détails… Pendant ce temps, la tisane faisait son effet et il s’est endormi pendant qu’il « me faisait mon affaire », pour reprendre sa grossière formulation.

– La tisane agirait-elle si rapidement ? Au bout de combien de temps s’est-il endormi ? Pendant combien de temps avez-vous dû subir ses… assauts ?

– Je ne saurais vous dire précisément… un peu plus d’une heure… moins de deux, je suis formelle ! Moins de deux… Quand il fut endormi, je vous empruntai quelques cravates, me servis également de mes bas et le ligotai.

Ah, ah, vous voilà bien attrapé, Monsieur le gredin ! Et veuillez cesser, je vous prie de vous tortiller comme un ver à soie !

Quant à vous, Monsieur mon mari, reconnaissez votre erreur et admettez ma parfaite bonne foi !

– Si fait, Madame, si fait ! Afin que je puisse prendre la pleine mesure de ma faute, dans ce méjugement, auriez-vous l’obligeance de me montrer ce qu’Alain Delon vous faisait dans vos rêves ? (Regardant le gredin d’un air blasé) Alain Delon… !

– Puisque vous y tenez, et afin que vous ne puissiez plus remettre en cause ma bonne foi, je veux bien consentir à vous accorder cette démonstration. À cette fin, veuillez, je vous prie m’aider à installer le gredin sur ce fauteuil et prendre sa place.

Le mari et son épouse, entreprennent de déplacer le corps ligoté du gredin.

– C’est qu’il est lourd, le bougre ! Aidez-nous, monsieur le tourmenteur, au lieu de vous agiter sottement ! Laissez-vous transporter, aidez-nous plutôt que de lutter ! Et il ne sert à rien de grogner ainsi, derrière votre bâillon, vos propos demeurent inintelligibles ! Allons-nous devoir vous assommer ? Non ? Voilà qui est raisonnable…

Le gredin installé dans le fauteuil, l’épouse reprend son récit.

– Voilà qui est plus conforme à la situation. Veuillez, mon ami, avoir l’obligeance de vous dévêtir et de porter à vos narines ma culotte que j’avais posée, proprement pliée et que ce malotru a reniflée, froissée avant de la jeter à terre, comme un vieux chiffon usagé. Voilà qui est mieux… Devrais-je éteindre la lumière ou souhaitez-vous que je la laisse ?

– N’éteignez point, ainsi je pourrais mieux me rendre compte.

– Vous avez raison, mon ami ! Et quant à vous, monsieur le gredin, vous pourrez ainsi prendre la mesure des tourments que vous me faites subir plusieurs fois par semaine !

Plusieurs fois par semaine, dites-vous ?

– Hélas, mon ami… hélas… ! Je suis donc allongée sur le dos, les mains reposant pieusement sur la couverture. Ce gredin s’allonge à mes côtés. Oui. C’est ainsi qu’il fait. Par une pression sur mon épaule, m’oblige à me mettre sur le flanc… comme ça… oui !

– Groumpf ! Groumpf !

– Mais cessez donc de vous agiter, Monsieur, j’entends à peine les indications de mon épouse ! Cessez donc ces grognements, ces soubresauts ! Ah ! Vous voyez où ça vous a mené ? Vous avez chu et je vais devoir vous réinstaller sur le fauteuil !

Le mari se lève et tente de remettre le gredin sur le fauteuil.

– Mais aidez-moi au lieu de résister ! Qu’avez-vous donc de si important à me dire ?

Le mari desserre le bâillon.

– Avant de la mettre sur le côté, comme il fait nuit noire, je dois m’assurer que c’est bien elle…

– Oh ! C’est trop fort ! Après m’avoir injustement accusée, voici que vous le laissez aller à ses divagations ! Quel affront !

– Laissons-le s’expliquer, mais je vous assure que votre version aura ma préférence, si je devais faire un choix. Alors, ainsi vous vous assurez qu’il s’agit bien de mon épouse ? Ensuite… ?

Le mari reprend sa place sur le lit et, comme à tâtons, caresse le visage, les épaules, les seins de son épouse.

– Non ! Non ! Si vous voyiez mes mains, vous constateriez qu’elles sont bien trop caleuses pour me servir d’yeux dans le noir !

– Et de quelle façon procédez-vous à l’identification ? Avec votre bouche ?

– Que nenni ! Je me sers de mon membre que je passe comme ça sur ses joues.. oui… ainsi… Descendez jusqu’au menton, oui… Remontez le long de l’autre joue… plus près de l’oreille… Boudiou ! Je me tords le cou et j’y vois goutte ! Oui… Tournez-vous ainsi… de toute façon, d’un côté comme de l’autre, c’est toujours le même lit ! Remontez encore… jusqu’au front… caressez-le sur toute sa surface… oui… avec le gland… Boudiou ! Je bande comme un âne à vous regarder faire et ce bas me cisaille les joyeuses !

– Hors de question que nous vous détachions, monsieur le gredin ! J’ai eu trop de mal à vous capturer !

– Reprenons ! Je fais ainsi… comme un peintre applique ses couleurs…

– Maintenant, descendez le long du nez, faites le tour de sa bouche, titillez-la avec votre… Monsieur, avec tout le respect que je vous dois, vous vous y prenez mal ! Parce qu’elle aurait déjà dû avoir entrouvert ses lèvres et permis à votre gland de goûter à la douceur de sa bouche… gourmande.

– Monsieur ! Je vous en prie, vous vous égarez ! Que dites-vous là ? Ce n’est qu’un gredin, mon ami, n’écoutez point ce tissu de mensonges !

– Avec moi, elle parle pas…

– Reprenons là où nous en étions. Fermez les yeux, ma mie, et faites semblant de dormir…

– Vouaï, comme avec moi… Agacez-lui le bord de la lèvre… à la commissure… Non ! Juste au-dessus… titillez-la comme l’abeille qui se pose sur le pistil… elle ne sait où butiner… où que ce sera le meilleur… aaahhh… voilà… ! Laissez-vous faire, maintenant… Vous sentez comme elle vous tète avec…

– Oh oui !

– C’est donc la bonne personne ! Maintenant, que vous en êtes sûr et même s’il vous en coûte, sortez de sa bouche… en prenant tout votre temps… et faites-la pivoter sur le cô… tout doux ! N’allez pas nous la réveiller ! Et allongez-vous derrière elle… Je veux pas me moquer, mais avé moi, elle se colle direct à mon corps…

– Ne croyez pas ses allégations, mon ami ! Cet homme ment ! Si je me collais à son corps, je m’en souviendrais !

– Quand elle est tout contre moi, je glisse doucement mes mains sous sa chemise de nuit… plus furtif que ça ! Imaginez un renard se faufilant dans un poulailler… Oui ! D’une main, remontez jusqu’aux belles mamelles… mais ! Vous voulez la traire ou quoi ?! Boudiou ! Une telle poitrine mérite un peu d’attention, de respect ! Caressez-la doucement… prenez son sein dans votre main… aussi délicatement que si vous trouviez un joli petit nid tombé de l’arbre et que vous vouliez le remettre en place… doucement… dou-ce.-ment… L’autre main, je la plaque sur son ventre… ainsi, je peux la serrer tout contre moi… N’oubliez pas les caresses légères… glissez la main entre ses seins… le tranchant de la main… Fermez les yeux, imaginez… C’est votre membre qui coulisse entre ses mamelles… Imaginez la douceur… Boudiou ! Au moins, desserrez-moi ce putain de bas !

– N’en faites rien, mon ami, poursuivez… l’exercice…

– Et que faites-vous, ensuite, monsieur le… ligoté ?

– J’appuie plus fermement sur son ventre tout en poursuivant les va-et-vient de ma main entre ses seins… vous voyez, rien de bien offensant… Mon sexe se frotte contre la raie de ses fesses, au même rythme…

– Mais pas du tout ! Il glisse son membre entre mes cuisses et fait descendre sa main de mon ventre à… là… Voilà comment et où il met son gland et comment il appuie… là… sur mon « bouton »… s’agitant comme on fornique… C’est ainsi qu’il fait ! J’en suis certaine !

– Mais ça, c’est que pour le dimanche !

– Menteur ! Je me souviens de certains… rêves identiques, lundi, jeudi, vendredi !

– Mais… mais c’étaient les lundis de Pâques et de la Pentecôte, le jeudi de l’Ascension, et le Vendredi Saint ! Quand je dis « dimanche », je veux dire « jours du Seigneur » !

– Alors, dites-le ainsi ! Soyez précis, monsieur le gredin ! Puisque vous racontez, veillez à l’être !

– Pouvez-vous soulever la couverture, que je puisse vérifier si vous faites tout comme moi ?

Le mari s’exécute. Le gredin étire le cou… le mari desserre son étreinte afin que le gredin vérifie la position du corps de l’épouse assoupie.

– Remontez davantage la chemise de nuit… Boudiou ! Son cul est encore plus beau que je l’imaginais !

Et vous le laissez se rincer l’oeil ?! Je ne vous félicite pas, mon ami !

Le mari reprend sa place, dans le dos de sa femme. Il glisse son sexe entre les fesses de son épouse, suivant les indications du gredin. Il se frotte langoureusement, comme il le ferait entre les seins de sa femme.

– Mon ami, continuez vos caresses sur mon… sur ma féminité

– Soyez plus finaud ! Gardez vos forces ! Le but de ces caresses c’est de l’amener à bouger, à onduler dans son… sommeil. Oui ! Faites-la danser ! Regardez comme elle aime ça, la bourgeoise ! Elle est mouillée du minou ou pas encore ? Me regardez pas avec des yeux de merlan frit ! Pour le savoir, mettez-y les doigts ! Ah… voilà qui est mieux !

En effet, l’épouse roucoule de plaisir et ondule lascivement de la croupe.

– Elle est mouillée comment ? Un peu ? Beaucoup ? Vous savez pas ? Plus ou moinssse que d’habitude ? Plutôt plus ? Ah ! Tant mieux pour vous, alors ! Vous y mettez combien de doigts ? Que un ?! Mais vous la soumettez à la torture si vous y en mettez que un !

Ah ! C’est bien ce que je me disais, mais je n’osais vous en faire la remarque, mon ami !

– Voilà qui est mieux ! Écoutez-la roucouler, sentez comme elle bout de plaisir, sentez comme son coeur s’emballe.

De fait, l’épouse ne peut cacher la vague de plaisir qui s’empare d’elle.

– C’est bien ainsi qu’il procède, se comporte avec vous, madame ?

– Dans… mes rêves… il lui arrive de me… de me… pénétrer et de me faire… onduler… danser autour de son membre… sans cesser ses caresses…

– Ainsi ? C’est ainsi qu’il vous… fait danser ?

– Perdriez-vous la tête, mon ami ?! Ainsi, ce serait pécher ! Nous ne sommes ni dimanche, ni un jour férié !

Pendant que le mari sodomise son épouse, l’excitation du gredin est à son comble. Ses grognements rageurs, ses plaintes et ses suppliques sont couverts par les cris de plaisir du couple légitime.

Le rideau se ferme. Puis s’ouvre. Le mari, l’épouse et le gredin saluent sous les applaudissements du public. Le rideau se referme. On entend des bruits divers sur la scène. Des pas qui s’éloignent. La lumière s’éteint.

– Bon. Vous attendez quoi pour me détacher ? Non ! Revenez ! C’est pas drôle ! Vous pouvez pas me laisser comme ça, tout ficelé comme un rôti !

– N’y comptez pas, car telle est la sanction que mon époux et moi-même nous plaisons à infliger à tous les gredins de votre espèce !

Odette&Jimmy – « All them good times, baby, baby, I’ve been yearnin' »

Comment évoquer la découverte du plaisir des étreintes torrides, sans cette évocation musicale qui l’illustre à la perfection ? Y aurait-il d’autres esprits aussi tordus que le mien pour avoir entendu pendant 40 ans « Wet down inside » ? J’ai halluciné en lisant les vraies paroles la semaine dernière !

Monique prit le volant aux côtés de Jean-Luc, je montai à l’arrière, entre Jimmy et Christian.

– On va te montrer la fameuse crique, mais nous n’y allons plus depuis presque quarante ans. Trop de touristes veulent profiter de cet écrin encore un peu sauvage et ce genre de touristes aiment à y venir avec leurs bambins, bambins avec lesquels ils ont envie de partir à la découverte de ce petit sentier qui grimpe le long des rochers… La crainte de nous faire surprendre par eux a très vite calmé nos velléités de partouzer ici !

– Parce que certains sont d’éminentes personnalités locales, respectables et respectées, un maire et son épouse, la directrice de l’école, le directeur d’une autre…

– Le capitaine des pompiers bénévoles…

Ex-capitaine !

– Oui, mais n’empêche… j’en connais plusieurs qui auraient préféré mourir plutôt que tu leur fasses le bouche-à-bouche, s’ils avaient su où tu aimes mettre la tienne… où tu la mets !

– Tu ne t’en plaignais pas…

– Je ne m’en plains toujours pas, mais je pense à…

– C’est marrant, j’aurais cru que le fantasme du pompier…

– Ah ah, Dédette ! Vas-y Christian, parle-lui de ce fantasme !

– En théorie, il existe. Dans la réalité, aussi. Je dois vivre à la frontière des deux, ni en théorie, ni dans la réalité ! Les femmes que j’ai eu à secourir étaient ou bien des mamies qui avaient glissé, étaient tombées à terre et ne parvenaient plus à se relever. Elles me gratifiaient alors d’un bisou sur la joue, en me remerciant et en me rappelant que mon papé était aussi bien serviable. Chez certaines, une petite lueur dans les yeux me permettait d’imaginer le genre de service qu’avait pu leur rendre le Toine, mais je ne leur ai jamais demandé. Sinon, de la viande saoule, des accidentées de la route ou de jeunes gamines blessées dans les rochers… des mômes de quatorze quinze ans pour qui j’étais un vieux croulant de plus de trente !

– Merde, alors ! Pas d’bol !

Pas d’bol ?! Tu déconnes ou quoi ?! J’ai pu faire ma vie avec les femmes que j’aime et qui s’aiment, j’ai pu la vivre entouré de mes amis les plus chers ! Pas d’bol ?! On est passé au travers des années SIDA sans qu’aucun d’entre nous ne soit contaminé et tu me dis que j’ai pas de bol ?!

Qu’aurais-je pu répondre à une telle tirade ?

Je reconnus immédiatement la crique, pas tant grâce aux descriptions qu’en faisait Monique, mais à cause d’une photo que m’avait montrée Mireille quelques heures auparavant. Une photo les représentant, entourant Rosalie, Nathalie, Valentino, Barjaco et Neuneuille peu avant le décès de ce dernier.

Il était trop tôt dans la matinée pour les promenades familiales des touristes et en ce printemps, le temps trop incertain pour les pique-niqueurs. Monique me désignait l’endroit exact de sa rencontre avec Marcel et Alain, quand retentit derrière nous l’éclat de rire de ce dernier « J’aurais dû le parier ! ». Il était en route vers le mas, quand il avait eu cette « prémonition ».

Alain me proposa de me montrer où et comment il vit Monique pour la première fois. Il s’installa à l’abri d’un buisson bien chétif et s’en plaignit sans grande conviction, m’invita à l’y rejoindre. Monique souriait, ravie de l’aubaine. Christian demanda à Jean-Luc de prendre sa place « à titre exceptionnel ». Jimmy se joignit à eux. Entourée de deux de ses meilleurs amis, je le regardais s’éloigner en contrebas.

Je n’aurais jamais pu imaginer que voir Jimmy avec une autre femme amplifierait à ce point mon désir et mon amour pour lui. Je sentais mon cœur battre à tout rompre dans mes oreilles, m’assourdissant à moitié. Je me tordais le cou à vouloir trouver le meilleur angle. Mes seins étaient lourds, mon sexe me brûlait, mes cuisses et mes fesses attendaient leurs caresses et je manquais singulièrement de mains pour les combler.

Christian et Alain l’avaient compris et s’étaient portés à mon secours. Je les avais repoussés « Non ! Après ! Attends ! » et j’avais davantage étiré mon cou.

– Ô, pute vierge ! Christian nous a trouvé son alter-égo ! Vé ! Elle est comme toi ! Mater lui suffit !

Christian me prit le menton pour m’obliger à le regarder dans les yeux. Il y cherchait une certaine lueur, qu’il trouva. Un large sourire illumina son visage buriné. Un petit nuage de prière inavouable traversa son regard. Je lui rendis son sourire et accédai à son vœu muet en ouvrant mon chemisier et le laissant admirer, il n’y a pas d’autre terme, ma poitrine dénudée.

Il me proposa de regarder à nouveau batifoler Jimmy, Monique et Jean-Luc en contrebas. Il se tint dans mon dos, malgré ma plainte « Je ne pourrais pas regarder ta queue, si l’envie m’en prenait ».

– Si tu regardes sur ta droite, celle d’Alain pourra te consoler

Je sentais son sexe durcir contre mes reins. Ses mains caressaient mes seins. Ses lèvres titillaient le lobe de mon oreille. Christian murmurait comme un mantra « Regarde ! Regarde comme ils sont beaux ! Regarde ! Regarde comme ils sont beaux ! ».

Je ne savais plus où donner du regard. À ma droite, le sexe d’Alain me fascinait, me faisait bouillir de désir. Au loin, plus bas, Jimmy prenait Monique adossée à un rocher, quand il me vit, il me fit un signe de la main auquel je répondis. Jean-Luc, pour changer, offrait à sa queue les plaisirs de la bouche de Monique. Mais j’avais beaucoup de mal à détacher mon regard de Jimmy, de son corps, je cherchais à apercevoir son sexe aller et venir, j’attendais qu’un rayon de soleil fasse étinceler sa peau brillante de plaisir.

Je me cambrai davantage pour répondre aux frottements de Christian, qui avait changé de mantra « Oh, tes seins, tes seins, tes seins ! ». Sans détacher mon regard de Jimmy, qui était sorti de Monique et permutait de place avec Jean-Luc, je suppliai Christian.

– Oh, tes mains, tes mains, tes mains ! Tu voudrais bien faire l’amour à mes seins avec tes mains ? Je suis sûre qu’elles pourraient me faire jouir.

Christian, dans mon dos, grogna de plaisir et entreprit d’exaucer mon vœu.

Quand je vis Jimmy, au comble du bonheur, fermer les yeux, porter ses mains à ses cheveux, je pris une main de Christian et une d’Alain, les guidai sur mon sexe, par-dessus le tissu de ma jupe. De son autre main, Christian caressait mes seins comme s’il suivait un parcours rituel. Je sentais les mouvements d’Alain se branlant, rien qu’aux tressautements de la main qui me caressait.

Je criai bien plus fort que je ne l’aurais cru, bien plus fort que je ne l’aurais dû. Jean-Luc, Monique et Jimmy se figèrent, me regardèrent surpris.

Je murmurai « Encore, encore ! », mais l’épaisseur du tissu qui m’avait été si agréable s’était transformée en barrière qui m’interdisait d’éprouver tout le plaisir dont j’avais envie. Un regard sur ma droite. Des sourires. Un « Christian, n’arrête pas ! » Les mains d’Alain sous ma jupe, à la recherche d’une culotte à ôter. Culotte aussitôt tendue à Christian bandant plus fort. Alain sous ma jupe. Mes lèvres écartées par ses doigts. Sa bouche. Sa langue. Les mains fébriles de Christian. « Relève ta jupe, que je puisse le voir te sucer ! ».

Le tissu froissé de ma jupe dans mes mains. Le visage de Christian penché vers celui de son ami. Mes seins jouissant des mains de Christian. Mes yeux fermés. La certitude d’être observée. Le désir de voir leur regard.

Mes yeux dans ceux de Jimmy. Une évidence. Nos regards vers Monique. Bel échange de sourires. Jimmy debout face à moi. Monique agenouillée devant lui. Moi debout, Alain à genoux devant moi. La langue d’Alain. Mes yeux dans ceux de Jimmy. La bouche gourmande de Monique. Le sexe à demi flapi de Jimmy.Ses yeux dans les miens. Les mains de Christian sur mes seins.Les yeux de Jimmy sur les mains de Christian. La langue de Jimmy affûtant ses dents. La langue d’Alain. Le sexe dur de Christian dans mon dos. Le sexe à nouveau dur de Jimmy. La langue de Monique. Les mains de Christian. Le souffle court de Jean-Luc. La main de Jimmy prenant la mienne. Les mains de Christian. La langue d’Alain. La bouche de Monique. Les yeux de Jimmy dans les miens. Notre premier orgasme simultané dans son pays. Les souvenirs me reviennent par flashs, comme un diaporama.

Alain nous proposa d’aller dans la maison de la rue Basse, la leur étant encore occupée par les gamins, qui devaient se préparer avant d’aller au mas pour d’ultimes répétitions. En chemin, Alain me désigna une petite maison en contrebas « C’était là que vivait Valentino ». Je demandai ce qu’il en était advenu à sa mort. Jimmy serra sa main sur ma cuisse. Nous étions à l’arrière de la voiture d’Alain, Monique, Christian et Jean-Luc ayant pris l’autre auto.

– Le p’tit puceau l’avait acheté en viager

– « Le p’tit puceau » ?! Le Balafré ? C’est comme ça que… ô, pute borgne ! Faut mettre ça à l’ordre du jour ! Le p’tit puceau… elle est bien bonne, celle-là !

– Non ! Je t’en prie, Alain… si tu savais comme j’ai honte d’avoir cru si longtemps qu’il… Demande-moi ce que tu veux, mais… par pitié…

Les pneus ont crissé, la voiture a un peu dérapé quand Alain a freiné sur le gravier. L’autre auto s’est arrêtée.

Alain m’entraînait sur le sentier qui mène à la maisonnette quand j’entendis Jimmy dire à ses amis, d’un ton faussement las « Elle a dit à Alain qu’il pouvait lui demander ce qu’il voulait… ». Je ne sais pas qu’elle fut leur réponse, ni même s’il y en eut une.