Back to the city again ! – Sixième épisode

Après ma promenade quotidienne, laissant mon mari à ses pinceaux, j’accompagne notre conjoint au deuxième sous-sol. Il y a sa cave et a besoin de mon aide, et de mon regard acéré, pour faire le tri entre ce qu’il emportera à la campagne, ce qu’il pourra laisser à Paris et ce qu’il devra jeter.

– Et merde !

Comme beaucoup de copropriétaires s’en plaignent, la lumière est trop faible, la minuterie s’éteint trop vite, après à peine deux minutes. La tour étant assez ancienne, il n’y a que trois interrupteurs répartis sur un long couloir. Les caves en elles-mêmes ne sont pas électrifiées, il faut donc penser à se munir d’une lampe de poche ou de son téléphone portable. C’est aussi pour cette raison qu’il a besoin de ma présence.

– Et re-merde !

Son cri rebondit le long des murs du couloir. Notre conjoint fulmine. Il y a deux ans, la porte de sa cave avait été forcée, il en avait donc changé la serrure. Il vient de s’apercevoir qu’il s’est trompé de clé. Je suis plus fataliste que lui.

– C’est pas grave, on n’a qu’à faire un aller-retour jusque chez toi et…

J’ai tout juste le temps de remarquer une lueur égrillarde dans ses yeux avant que la lumière ne s’éteigne.

– Pas si vite, mon ange… !

Quand il m’appelle « mon ange », le sexe n’est jamais bien loin. La pression sur mon bras confirme ma pensée.

– Ici ?!

– Et pourquoi pas ?

– Mais… on pourrait nous surprendre…

– C’est tout l’intérêt de la chose, mon ange… tu n’as qu’à mettre les pointillés de côté…

– Les pointillés ? Ça veut dire que… et vous oubliez le vouvoiement, mon chéri !

– Le vouvoiement, c’est quand on a le temps, c’est un luxe que les rebelles de la pipe ne peuvent s’offrir !

Je soulève le bas de ma robe avant de m’agenouiller devant lui, qui ne prend même pas la peine de baisser son pantalon, se contentant de sortir son engin par la braguette ouverte. Je dois reconnaître que sa manie de ne porter aucun sous-vêtement s’avère judicieuse en la circonstance. La lumière de son téléphone me donne l’impression d’être sous le feu des projecteurs.

– Mes genoux vont être tout sales et peut-être même écorchés…

– Arrête, tu m’excites !

– Ne me fais pas rire, sinon… je vais avoir du mal à me con…

Il m’impose le silence d’une façon sexy. Niveau 12 sur une échelle allant de 1 à 10.

Bon sang, j’ai toujours, dès ma première pipe, aimé sucer, mais la texture, l’odeur, le goût de sa queue me transportent bien plus loin. J’ai apprécié ce sentiment de sérénité après un court moment d’embarras quand, alors que je venais de faire cette remarque à voix haute, mon mari m’a rétorqué « Attends un peu cinquante ans, on verra si cette sensation persiste ! »

La crainte d’être surprise met tous mes sens en alerte, ce qui exacerbe le plaisir que je prends à pratiquer cette fellation dans les couloirs du deuxième sous-sol. Il est si intense que malgré le risque, contre toute prudence, je m’offre des pointillés, pour le plaisir de faire durer cette pipe.

Les mots de notre conjoint « Ta langue… ta langue agile, mon ange… » ; ses doigts caressant mes lèvres, comme s’il voulait s’assurer qu’il ne rêve pas « Ta bouche… ta bouche divine… » et quand, lassés de me caresser, ses doigts remontent le long de mes joues pour se crisper sur mon crâne, à m’en arracher quelques cheveux… ses quelques va-et-vient qu’il impose à ma bouche pour la contraindre à suivre son rythme avant de capituler et de me laisser faire « Ô, mon ange, ma suceuse d’amour… »

L’obscurité nous enveloppe depuis bien longtemps, mon sémillant a renoncé à éclairer mon visage et a rangé son téléphone dans la poche de son pantalon. Je m’émerveille de la souplesse de son gland sous ma langue, entre mes lèvres, je pense à la suavité parfaite du litchi. Je ne saurais trouver meilleure analogie puisque c’est un de mes fruits préférés.

Je réalise que j’avais fermé les yeux quand un « CLAC ! » me les fait ouvrir et sursauter. La lumière soudaine agace mes yeux. « Y a quelqu’un ? » D’un mouvement parfait comme une chorégraphie, mon fringuant me relève, me fait pivoter, avant de me précipiter contre la porte de sa cave, qui s’ouvre comme par magie.

 Hé ho, y a quelqu’un ?!

– Oui, ici. Je cherchais mes clés quand la lumière s’est éteinte…

– J’ai demandé à ce que la question de l’éclairage des parties communes, surtout au niveau des sous-sols, soit portée à l’ordre du jour de l’assemblée générale. J’espère pouvoir compter sur votre voix.

– Vous le pouvez…

– Mais en attendant, il ne faut pas oublier de prendre une lampe de poche quand vous allez à la cave, monsieur !

– C’est ce que je me disais, justement.

– Ou votre téléphone portable, il y a une lampe intégrée, vous savez…

– Oh, mais quelle bonne idée ! Au revoir et bonne journée, madame… euh…

– Bonne journée à vous !

Les pas s’éloignent, j’entends la porte d’une cave s’ouvrir à l’autre bout du couloir. Hilare, le taquin me rejoint. Il éclaire sa cave juste assez longtemps pour que je puisse distinguer des rayonnages remplis de bouteilles couvertes de poussière, des caisses et des cartons empilés de brique et de broque, assez longtemps pour qu’il puisse remarquer mon air furibard et s’en amuser.

– On a failli se faire surprendre !

– Ne me dis pas que tu n’as pas goûté au sel de la situation…

Il glisse sa main sous ma robe, lâche un juron et, comme un reproche, me complimente « Tu es trempée comme un sous-bois après un orage d’été ! »

– La faute à qui ?

– La faute ?! Petite ingrate ! Tiens, voilà pour ta peine !

Il rallume son téléphone, me retourne face aux casiers et leurs bouteilles poussiéreuses, relève le bas de ma robe, éteint son téléphone et me pénètre d’un coup. Je me plains.

– Si tu ne baisses pas ton pantalon, je ne peux pas sentir tes couilles contre mes cuisses…

– Tu ne le mérites pas, ingrate que tu es !

Dans le ton de sa voix, je perçois nettement son incrédulité, j’y entends sa pensée « Si j’avais pu imaginer prononcer ces mots un jour… »

Comme il sait y faire, le bougre ! Il me fait onduler comme les épis d’un champ de blé sous un vent d’Ouest. Je ferme mes yeux, qui se sont accoutumés à l’obscurité, pour mieux profiter de ses assauts, qui alternent entre douceur et rugosité.

– Tu es bien silencieuse, mon ange, à quoi penses-tu ?

– À rien… je… je profite… mais co…

– Quelle pensée cherches-tu à me cacher ?

– Non ! N’arrête pas ! Comment as-tu pu croire ton ex, alors que tu me fais jouir si aisément… d’un claquement de doigts…?

– Et pas d’un coup de pine ?

– C’est malin, ça ! Tu me baises divinement bien, c’est si bon… partout… tout le temps… Ooh tes doigts…! On pourrait croire que tu aimes ça !

– Quoi ? Que j’aime quoi, mon ange ?

– Me baiser comme… Oooh… comme… comme un voyou… tout en branlant mon clito tel le prince… avec… Hmmm… avec la… Oooh… la Belle au Bois Dormant…

– Vraiment ?! Tu crois qu’il le lui branlait comme ça… comme une petite pine… Ooh ! Ta chatte chante et palpite déjà…! Dans la version officielle, il la réveille d’un baiser, non ?

– Oooh… Oooohhh… la bran… ooohh…!

– Tu disais ?

– La branlette du clito… ooohh… hmm… est… Rhââââ… Ooh… elle est implicite… elle… N’arrête pas ! Elle précède le cunni qui la sort de… C’que c’est bon ! Qui la sort de son long sommeil…

– Tu as vu quelle version au juste ? Oh ! Tu palpites encore ! Quelle version du dessin animé… parce que je suis preneur, mon ange !

– Disney, comme tous les ricains, est le roi des cons… Ooh oui… comme ça ! Il ne comprend rien à la littérature européenne… et encore moins à la française… Bouge encore… N’arrête pas… Il est question d’un doux baiser sur les lèvres, parce qu’il… Oooh ! Parce qu’il n’était pas nécessaire de préciser lesquelles à un lectorat averti !

– Laisse-moi deviner, avant la retraite, tu enseignais la littérature comparée ?

– Ne me fais pas rire ! Oh oui… touche-moi comme ça ! La culture populaire, l’éducation populaire, ça te dit quelque chose ? Oh ! Pourquoi tu te retires ?

Il allume son téléphone, la lumière me pique les yeux. Il m’assied sur une grosse malle.

– Tes yeux, ma gourmande… tes yeux quand je jouis dans ta… Rhââââ ! Dans ta bouche !

Il me laisse déglutir avant de m’embrasser tendrement. Nous remettons un peu d’ordre dans notre tenue avant de rentrer chez nous. Dans l’ascenseur, il me regarde comme s’il me voyait différemment, comme s’il découvrait la réponse à une question qui le taraudait. Entre le cinquième et le septième étage, il me dit :

– En fait, tu ne m’as jamais sucé, tu ne me suces pas, tu m’offres un voyage initiatique au pays merveilleux de la fellation, c’est ça ton secret !

– Flatteur !

Nous entrons dans l’appartement, mon époux est en train de ranger son matériel de peinture. Il me fait remarquer ma chevelure en désordre et le bas de ma robe froissé.

– Figure-toi que ton épouse a absolument tenu à me sucer dans les couloirs du deuxième sous-sol…

– Oh ! T’es gonflé ! Il a fait semblant de ne pas avoir les bonnes clés et a profité de l’obscurité pour…

– On a failli se faire griller…

– Par madame Sanchez, en plus ! Et tu sais quoi ? Il ne s’était même pas trompé de clé, en plus !

– En même temps, c’est normal puisque c’est la même depuis que j’ai emménagé…

– Quoi ?! En plus, je me suis niqué les genoux… Regarde-moi ça !

– C’est trois fois rien, ma chérie…

– Et tu sais quoi ? En plus, il m’a dit « tu »… tout le long, il me disait « tu »…

– Finalement, notre conjoint c’est Monsieur Plus…

– Et ça vous fait rire, en plus ! Vous mériteriez que… Bon, je dois admettre que j’ai adoré tous ces frissons, la situation et tout, mais c’est pas une raison pour vous marrer !

– La mère Sanchez a dû être vachement surprise de te voir aider notre conjoint à débarrasser sa cave.

– Elle ne m’a pas vue et figure-toi qu’avec tout ça, on n’a rien débarrassé du tout !

– En plus ?!

Je devrais fusiller mon époux du regard, mais je préfère rire avec eux.

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