Back to the city again ! – Dixième épisode

Tout content de pouvoir peindre en extérieur, mon mari déploie son chevalet, sort sa palette, ses tubes de peinture de leur boîte et part chercher une toile vierge parmi celles entreposées dans le réduit sous l’escalier. Quand il revient, il s’étonne de nous trouver, sur la terrasse, piaffant d’impatience, un paquet à la main.

– Tiens, c’est de notre part à tous les deux

– Mais, qu’est-ce… Oh ! Mais ce n’était pas la peine, je t’ai dit que je sacrifie un jean et un vieux tee-shirt…

– C’est pas à cause des taches. On a vu un documentaire sur les impressionnistes et on a appris que s’ils portaient ces longues blouses noires, ce n’était pas pour faire leur intéressant, mais pour que le soleil ne se reflète pas sur la toile, ce qui aurait modifié leur perception des couleurs…

– Parce que jusque-là, les peintres restaient dans leur atelier…

– C’est quoi ce sourire amusé ? Je sais bien à quoi tu penses, eh ben non, môssieur l’ironique, on ne fait pas que baiser quand on se retrouve tous les deux, sans toi ! On se cultive aussi, figure-toi !

– Je te dois un plateau de fruits de mer, mon ange ! Ton épouse avait parié que tu réagirais ainsi… et elle vient de remporter son pari.

Mon époux déplie la blouse, l’enfile, tourne sur lui-même, s’extasie.

– Oh, il y a même une poche sur le devant pour y ranger mes pinceaux !

– Euh…

– Mon amour, ce n’est pas vraiment une poche et c’est plutôt conçu pour… comment dire ? Pour sortir ton gros pinceau.

– Ah, tout de même ! J’ai cru un instant que vous aviez viré sérieux !

– Je savais que tu ne vois en nous que des êtres lubriques, autant ne pas te contrarier… Regarde, ça s’ouvre comme ça…

– À ce propos, j’ignorais tout de ses talents de couturière

– Tu n’as pas idée de tous les talents de ce petit bout de bonne-femme. Ah ah ! Regarde-la fulminer, elle a cette expression en horreur !

Notre conjoint se dirige jusqu’à la tente au fond du jardin. Je demande à mon époux de retirer son jean, d’ouvrir la porte de sa blouse et de mimer une branlette afin qu’on sache si nous le verrions.

– Dois-je me contenter de mimer ou puis-je me branler franchement ?

– Ah, mais tu fais bien comme tu veux, mon chéri !

– ON DEVINE PLUS QU’ON VOIT !

– ET SI JE M’INSTALLE COMME ÇA ?

– ALORS, LÀ, ON VOIT ! ON VOIT MÊME QUE VOUS AVEZ RELÉGUÉ LE DUC DE WELLINGTON AUX OUBLIETTES !

– IL EST À CRAINDRE QUE JE SUBISSE VOTRE MAUVAISE INFLUENCE EN MATIÈRE DE BRANLETTE, TRÈS CHER…

– Attends, ne te relève pas tout de suite, il reste un truc à vérifier…

– Quel truc ?

– Si tu peux ranger ton gros pinceau dans mon petit étui…

– Oh ! Ton divin fourreau… soyeux… humide… délicat… torride… tu sens comme mon gros pinceau s’y sent bien ?

– JE VOUS VOIS AUSSI !

– APPROCHEZ, MON CHER, APPROCHEZ ET ADMIREZ !

– Qu’est-ce qu’on va être heureux, ici, tous les trois !

Mes deux hommes m’approuvent. Je les embrasse à tour de rôle avant que mon mari ne nous demande de regagner la tente et de lui donner motif à peindre. Nous avions anticipé cette possibilité, notre conjoint me fait un clin d’œil. Mon époux s’étonne de me voir tourner les talons et rentrer dans la maison. Je reviens avec un masque de sommeil, je lui demande de le mettre et d’attendre notre signal pour l’enlever. Il y consent avec un large sourire.

Son regard occulté, je pose à ses côtés un baby-phone que notre conjoint, à son grand étonnement, a découvert dans le fatras d’un carton qu’il n’avait pas ouvert depuis son divorce et son emménagement dans la tour. Il s’apprêtait à le jeter. Au détour d’une conversation, il m’en a parlé et l’idée d’en détourner l’usage a jailli simultanément dans nos deux cerveaux. Nous avons même pensé à mettre des piles neuves

Notre conjoint a revêtu son kimono, il sourit comme un gamin quand il me voit arriver. Je porte mon fameux short de combat, mais ce qui achève de le séduire c’est le chemisier que j’ai choisi d’étrenner pour l’occasion. Je l’ai trouvé, froissé, en boule, au fond d’une corbeille dans une friperie. En fait, je ne suis pas vraiment certaine qu’il s’agisse d’un chemisier. La mousseline de soie et la dentelle sont trop transparentes pour être honnêtes, cependant, les nombreux boutons de nacre m’interdisent d’y voir une pièce de lingerie. Je suis tout de suite tombée sous le charme de sa couleur, rose poudré pour la mousseline de soie et gris perle pour les dentelles. J’aime beaucoup cette harmonie, mais je serais incapable de dire depuis quand. Il y a peu, je ne lui aurais accordé aucune attention, pourtant quand je l’ai vu, il m’a paru évident que je devais l’acheter. J’étais même prête à le retoucher, mais le hasard m’a permis de ne pas avoir à le faire.

Notre conjoint m’attire contre lui, il m’embrasse, nous pénétrons sous la tente, nous nous allongeons et poursuivons ce flirt, entre baisers et caresses. J’aime entendre ses mots, ses phrases hachées par sa respiration, son souffle court. Il prend son temps pour déboutonner mon chemisier, ses yeux brillent.

– Je suis dingue de ton corps… Il me rend fou de désir… Comment ai-je pu te croiser sans m’en apercevoir ? Oh… oh… ton corps… je ne me lasse pas de le découvrir… Si je m’écoutais, je te baiserais tous les jours pour endiguer le flot de tout le désir qui m’envahit… et une fois calmé, apaisé… oh… je te ferais l’amour… ooohh… Si je m’écoutais, oui, c’est sûr, je te baiserais et te… ooh… ferais l’amour tous les jours…

– C’est bien ce que tu fais, non ?

Il sursaute, ma question et ma main qui saisit tendrement sa queue l’ont surpris. Il me regarde, son sourire est éclatant de malice.

– C’est parce qu’il est primordial de savoir s’écouter, mon ange…

Notre baiser est-il assez sonore pour que mon époux en entende toute la sensualité ? J’apprécie que notre conjoint prenne tout son temps avant de glisser sa main entre mes cuisses, j’aime le regard qu’il pose sur mes seins, la timidité de son index qui effleure mon mamelon, le baiser qu’il y pose…

– Tu me mets à la torture, mon ange… tes doigts délicats qui courent sur mon corps, qui se crispent sur mon pubis et qui ignorent ma pine…

– Je me laissais bercer par tes mots, je ne voulais pas qu’ils s’envolent… disparaissent à cause d’un geste comme celui-ci…

– Oh… oh… mais quelle sorcière es-tu pour deviner… pour savoir de quelle façon j’ai envie que tu me branles ? Jamais tu ne te trompes. Tu le sais… oh… toujours… oh… ce que… hmm… ce que je…

Estimant que je le branle avec trop de science, craignant de jouir trop vite, il se dégage de mon étreinte. Ses lèvres glissent le long de mon corps. La tente est un peu trop petite pour qu’il puisse s’installer entre mes cuisses comme il le souhaiterait. Je me redresse un peu, à demi assise.

– Quand tu écartes mes cuisses comme… Oooh… comme tu viens de le faire… ooh… ça me fait comme un coup de poing dans le ventre… un coup de poing d’excitation… Ooohh… ta… ooh… ta… oui ! Oh, ta langue… !

Il me regarde, d’un geste de la main me demande de continuer à lui parler. Il aime m’entendre lui dire avec quel naturel, quelle aisance il me fait jouir, lui qui a cru pendant tant d’années qu’il ne savait pas s’y prendre avec les femmes. Je sais aussi qu’il aime savoir que mon mari entend mes mots, qu’il aime partager cette intimité avec lui, sans aucune forme de rivalité, plutôt comme un compagnonnage. De mon côté, j’aime être cette femme qu’ils me permettent d’être, j’aime être, en quelque sorte, le maillon qui les relie l’un à l’autre. Je me surprends encore de l’évidence avec laquelle notre relation s’est nouée. Je me demande même si nous ne la pressentions pas déjà quand nous avons retenu la porte de l’ascenseur.

Je respire de plus en plus fort. Accaparée par le plaisir, j’en oublie les mots, j’en oublie les phrases pour le décrire.

– Ta bouche… ta langue… comment… ooh… comment fais-tu pour… pour savoir… oh… à chaque fois différents… toujours idéaux… ooh… Oui… le bout de ta langue sur mon… ooh… ooh… Non ! N’arrête pas !

– Tu veux connaître le goût de ton clito ?

Du bout de sa langue, il caresse le bout de la mienne. Je réalise alors que ses doigts dans mon vagin le caressent à la perfection. Il le lit dans mes yeux. Il sourit. Satisfait. Il les sort et les fait bouger tout près de mon visage, comme s’il voulait me narguer… Je tente de les happer. Il m’offre son index, qu’il lèche avec moi. Puis c’est le tour de son majeur. Un baiser plus tard, en silence, nous tombons d’accord.

– Tu peux regarder, maintenant.

Mes cuisses autour de ses hanches, ses yeux plantés dans les miens, notre conjoint me pénètre au rythme de ses caresses sur mes seins. Cette sensation est divine, pourtant…

– Mon cher amant… ooh… vous avez… tu as… ou… oublié de t’écouter… ooh… hmm…

– Comment ça ?

– Tu me fais l’amour… sans… oh que c’est bon ! Sans m’avoir baisée… a… avant !

– C’est ce que me dicte… hmmm… que c’est bon de te faire l’amour !

Ses yeux, le tressautement de ses lèvres, ses mains qui ne savent où donner de la tête, et surtout l’aisance avec laquelle il va et vient en moi, me rendent duelle, à la fois plus sauvage et plus sereine. Nos corps ondulent, chaloupent au rythme des petits grognements qui s’échappent de ma gorge, au rythme de sa respiration saccadée qu’il renonce à maîtriser.

– Ooohh… oui… tes doigts qui se faufilent… qui cherchent mes couilles… qui les trouvent… ooh… ! Tu les rends si… aimables quand hmm… quand tu les touches comme ça !

Il interrompt ses caresses sur mon corps et du bout de ses doigts, écarte mes lèvres. J’aime savoir que la vue de mon clitoris surgissant des replis de ma chatte l’émerveille à chaque fois. Il détache son regard de ce spectacle et, souriant, me demande la raison de ces fortes pulsations autour de sa grosse pine.

Il n’attend pas ma réponse, se retire brusquement et me demande de mémoriser le goût de son sexe quand il a fait jouir le mien en lui faisant l’amour.

Je pourrais le sucer pendant des heures, mais à peine ai-je eu le temps d’y goûter, qu’il me prive de cette gourmandise.

– Et si nous baisions, mon ange ?

– Comment pourrais-je refuser cette proposition que tout mon être appelle ?

Je pivote sur le flanc. À ma demande, notre conjoint maintient ma jambe en l’air. Je veux avoir tout le loisir de regarder les mouvements de sa queue, je veux pouvoir l’admirer s’enfoncer dans ma chatte, en sortir entièrement, y replonger. Je veux aussi voir ses couilles tout contre ma vulve, en voir les poils se recouvrir de ma mouille. Je me surprends moi-même des mots que j’emploie, du ton de ma voix, de mon souffle rauque terriblement excitant. Je devine quel effet ils produisent sur mon époux… et le constate sur notre conjoint.

– Dis-moi, redis-moi encore que… HAN ! Que je te fais… HAN ! HAN ! Que je te fais jouir, mon… HAN ! Mon ange !

– Ooohh… tu es un… Oh, oui ! Comme… ooh… comme… ooohh… comme ça ! Tu es un… ooohh… un amant exceptionnel… !

Il se retire, une nouvelle fois, me donne à goûter sa pine quand elle m’a fait jouir en me baisant. Il me demande si je veux qu’il me baise encore.

– Oh oui ! J’aime la femme que… Ooh… quand tu me prends comme ça… Ooohh… j’aime la femme que… ooh… que je deviens… Ooh… Que tu me baises… hmmm… c’est si bon ! Que tu me baises… ou que… Rhâââ… que tu me fasses… l’amour… Encore… encore… OUI ! Fort… encore… encore… oui… comme une salope ! Ooh… encore… encore… Rhâââ !

– Je vais jouir, mon ange ! Oui ! Regarde ma pine ! Regarde-la quand… Rhââââ ! J’aime tellement jouir au fond de ta chatte !

– Je peux te sucer un peu ?

Je tombe amoureuse de son éclat de rire attendri. « S’il n’y a que ça pour te faire plaisir… ! » Le temps s’est écoulé plus vite que je ne l’aurais cru. Le soleil est déjà bas dans l’horizon quand je remarque mon époux remiser son chevalet et sa toile à l’abri des intempéries. Il nous fait signe de le rejoindre. La température a notablement fléchi, ce qui hâte notre décision de le retrouver bien au chaud dans la maison.

Nous sommes ébahis devant la toile où les couleurs ne sont pas toutes posées, mais il nous semble pouvoir les deviner. Je fais remarquer à mon mari adoré qu’il peint de plus en plus vite. Il me répond que nous baisons de plus en plus longtemps. Je me sens rougir.

Notre conjoint et moi nous apprêtons à prendre une douche, mais mon époux nous demande de ne rien en faire. Tandis qu’il peignait, une scène s’imposait à son esprit « m’obligeant à fournir des efforts incroyables de concentration ». Faussement contrits, mais véritablement excités, nous lui demandons s’il souhaite confronter ses visions à la réalité. Il n’attendait que ça.

– J’espère que je n’apparaissais pas dans vos visions, parce que la bête a tout donné… elle sera hors d’usage pour un bon bout de temps !

Mon mari sourit, lui demande de s’installer confortablement dans le gros fauteuil, s’éloigne de quelques pas, m’invite à le suivre et me chuchote ses consignes dans le creux de l’oreille.

– Quelle est la raison de ce regard en coin, mon ange ?

Je ne réponds pas parce que je viens de remarquer la musique en fond sonore. Quand a-t-elle débuté ? Les notes d’un slow langoureux emplissent l’espace. Mon époux me serre contre lui. Nous dansons. Il n’a pas eu à me l’expliquer, d’instinct je comprends ce qu’il souhaite. J’aguiche notre partenaire en feignant d’ignorer sa présence. Nous nous rapprochons de lui et nous nous embrassons comme si nos vies en dépendaient.

À la fin du morceau, tandis que la playlist joue encore, je m’agenouille devant notre conjoint. Mon époux se tient dans mon dos, j’entends le bruissement du tissu tombant par terre.

– Tu as retiré ta blouse ?

Je sens ses caresses sur mes fesses, sur mes cuisses qui s’écartent pour laisser passer ses doigts. Bon sang ! Comme il me connaît bien, comme il sait y faire !

– Ma chérie, je veux voir ma queue aller et venir en toi, tout comme notre conjoint, te faire l’amour après lui, après que vous avez joui l’un de l’autre, m’excite au plus haut point… Rien qu’à cette idée, je bande plus dur… Tu le sens comme je bande plus dur ? Avec la blouse, j’y verrais moins bien… Oh !

Son petit cri de ravissement me surprend, il m’en donne l’explication avant que je lui pose la question.

– Tu coules encore de lui !

Mû par la curiosité, il écarte mes lèvres, introduit une phalange dans mon vagin et s’exclame « Il en reste encore plein ! ». Comme convenu, il tire légèrement sur mes cheveux. C’est le signal du départ. Je détache la ceinture du kimono, j’en écarte les pans et je désigne les attributs de notre conjoint qui sourit, mais ne bande pas. Mon époux me pénètre tandis que j’accomplis ma mission.

Ma mission (puisque je l’ai acceptée) consiste à lécher les couilles de notre partenaire d’une langue baveuse jusqu’à effacer toute trace olfactive et gustative de nos étreintes dans le jardin. Je ne peux pas me servir de mes mains puisqu’elles me permettent de garder l’équilibre sous les assauts de mon mari.

J’aime fourrer mon nez dans ses plis et replis, j’aime le contact rugueux de ses poils sous ma langue. Je suis une petite truie heureuse, je montre mon contentement en remuant mon derrière et en grognant d’aise.

– Que regardez-vous, cher ami ?

– Votre sperme recouvrant ma queue… c’est troublant… vraiment troublant… et tellement bandant ! Je m’imagine ce que vous ressentiez… le plaisir que vous preniez à baiser ensemble… c’est… oh ! Je n’aurais jamais pu imaginer que ça serait si… épanouissant…

– Je vois parfaitement ce à quoi vous faites allusion… Oh… mon ange ! Comment peux-tu m’offrir tant de plaisir alors que je n’arrive toujours pas à bander ?

– Elle ne m’a jamais léché les couilles comme ça… Oh ! Regardez comme je bande dur, comme ma bite brille !

– Et vous… ? Moi, à votre place, je…

– Vous… ?

– Si je vous le dis, ma jolie salope angélique cessera de me… Oh, mon ange ! Oui ! Gobe-les-moi ! Ooohh… c’est… diaboliquement divin !

– Ah ! Je crois avoir compris…

Mon époux se retire, il vient à mes côtés et me demande si je veux bien lécher sa bite… Je suis de si bonne humeur que je m’abstiens de lui répondre « C’est demander à un aveugle s’il veut voir ! » Cette pipe a l’admirable saveur de l’interdit

– J’étais presque sur le point de commencer à bander…

La mauvaise foi de notre conjoint ajoute au plaisir que nous prenons ensemble. Magnanime, mon mari adoré me demande de poursuivre ma mission. Il me pénètre tandis que je lèche les grosses couilles de notre complice, je grogne, je m’agite, je fouille son entrejambe comme une truie à la recherche d’une truffe enfouie entre les racines d’un chêne truffier. Les va-et-vient vigoureux de mon mari me propulsent dans une autre dimension. J’oublie tout, le temps, l’espace, la musique, mon univers se résume à nos trois corps, à nos trois êtres, reliés, unis dans cet instant de grâce. La certitude d’en être le maillon central me confère une liberté dont je n’aurais jamais soupçonné l’existence.

Je lève les yeux vers notre conjoint, je décolle ma bouche de ses bourses et, au lieu d’exprimer mon souhait avec des mots, je tire la langue en poussant de petits gémissements plaintifs. La magie qui nous réunit lui permet de comprendre immédiatement ce que je veux. Il fourre son sexe pratiquement mou dans ma bouche. « Tiens, régale-toi, jolie cochonne ! »

Et pour me régaler, je dois dire que je me régale ! Quand je sens sa queue sur le point de bander, elle cesse de m’intéresser. Je la délaisse et reprends ma mission là où je l’avais laissée. Mon mari lui demande alors de m’écarter les fesses, parce qu’il ne peut pas le faire. Il est vrai que la puissance et l’amplitude de ses va-et-vient le contraignent à me tenir fermement par la taille.

Notre conjoint s’exécute « Avec grand plaisir ! », pour ce faire, il se penche en avant. J’en profite pour glisser le bout de ma langue un peu plus bas, le goût de son périnée me transporte. Ma langue se fait plus audacieuse. Il sursaute.

– Non, mon ange, non !

Ma langue retrouve son périnée. Il se ravise.

– Euh… non, mon ange, n’arrête pas !

Mon nez frotte contre ses gonades. Une vision s’impose à moi sans parvenir à me déconcentrer. Je me vois portant des Ray-Ban qui sont en réalité sa grosse paire de couilles. Des ongles arrachent la peau de mes hanches. Le cri de mon mari a la violence d’une déclaration d’amour inattendue. C’est alors que je prends conscience de la puissance de mon propre orgasme.

Je m’écroule à terre. Mon époux allongé sur le sol me prend dans ses bras. Nous n’avons pas dîné, mais nous décidons de rejoindre notre grand lit nuptial. Là, à tour de rôle, mes deux hommes, mes amours lavent mon sexe de leurs langues agiles et délicates. Épuisée, vidée, je n’ai même pas la force de rire à leurs pitreries empreintes d’esprit chevaleresque de pacotille.

– Après vous, cher ami !

– Je n’en ferai rien, vous êtes son époux !

– Mais vous êtes notre hôte !

– Que dites-vous là, vous êtes ici chez vous !

– Si vous le prenez de la sorte, sachez que vous êtes son époux autant que je le suis !

– Dans ces conditions…!

Je n’ai pas senti venir le sommeil. Quand je me réveille, mes deux hommes sont en plein conciliabules à l’étage du dessous. Je ne sais pas s’il fait déjà jour ou si la nuit ne fait que commencer. Dans le doute, j’enlace un oreiller et je ferme les yeux en espérant que mes rêves soient à la hauteur de ma réalité.

Back to the city again ! – Neuvième épisode

Les résultats du premier tour de la présidentielle s’avérant être ceux qu’on attendait, n’ayant aucune intention de participer à la mascarade du second tour, nous décidons de prendre la route dès le lundi matin. En fait, le temps de charger la camionnette louée pour l’occasion, nous ne partons de Paris qu’en début d’après-midi. Mon époux et notre conjoint me laissent sur place et repartent aussitôt le contenu déchargé afin de ne pas payer plus que nécessaire.

Ils ne reviennent qu’à la nuit tombée, encore devons-nous nous estimer heureux que la proximité avec la capitale leur ait permis de faire cette navette en une journée. Mon mari a ouvert le coffre et commence à le vider des affaires qu’il contient. Je le rejoins pour l’aider, mais notre conjoint, pianotant sur le capot de la voiture, m’interpelle.

– Une promesse est une promesse…

– Mais… déjà ?

– Et pourquoi pas ? Tu avais l’air d’en avoir envie, l’autre jour…

Je me penche sur le capot de la voiture, notre conjoint trousse ma robe, me traite d’hypocrite en constatant que je porte mon short de combat. Je ne peux nier que je comptais sur des galipettes sexuelles, mais en toute franchise, j’avais un peu oublié cette promesse faite en lisant le roman-photos.

Je craignais que le capot me brûle les mains, en fait, il n’est pas si chaud que ça. Mon mari claque le hayon, referme les portières, ce faisant, le plafonnier s’éteint.

– C’est malin, j’y vois plus rien ! Tu peux rouvrir les portières ?

– Attends, j’ai mieux que ça !

Il brandit sa fameuse lampe-torche.

– Maintenant que la lumière est revenue, laisse-moi vérifier que tu as envie de te faire baiser comme sur les images pieuses que je t’ai fait découvrir…

– Tu en doutes encore ?

– Je pensais que tu appréciais de te faire doigter, comme ça… mais si tu ne veux que ma grosse pine… sans les préliminaires requis…

– L’avantage, quand tu la doigtes, c’est qu’on a pas besoin de chercher le lubrifiant…

– Tu as raison, mais va convaincre cette tête de mule… !

– Hey ! On est en train de… vous devez vous vouvoyer, toi qui es si à cheval… oh putain, c’ que c’est bon quand tu… ooh… Toi qui es si à cheval sur les termes des contrats… Oh… c’est pas du jeu quand tu… ooh… c’ que c’est bon !

– Mais tu le tutoies bien, toi !

– Je trouve que c’est plus excitant comme ça…

– Tu veux dire quand le vouvoiement reste de mise entre notre conjoint et moi, alors que vous deux passez allègrement au tutoiement ?

– Exactement !

– Que pensez-vous de cette idée, cher ami ?

– Si cela sied à votre épouse, je n’y vois aucun inconvénient… de plus, ça me permet de constater l’étendue de l’âme humaine et dans quels sombres recoins se cachent certaines… perversions…

– Vous m’ôtez les mots de la bouche !

– Déblatérez tant que vous voudrez, n’empêche que… bah… je préfère encore me taire…

Amusée, je fais semblant de m’offusquer de les voir se chamailler pour savoir lequel de leur sexe aura les honneurs de ma bouche.

– Grandissez un peu, messieurs, comportez-vous en adultes !

– Qu’appelles-tu se comporter en adulte ? Il me semble que notre conjoint fait preuve d’une certaine maturité en… Je ne me lasse pas de vous regarder quand vous la prenez comme ça !

– Je suis folle de ton regard quand tu l’observes… ça ne peut qu’être excitant à voir, parce que… oh, putain, c’ que c’est bon !

– Alors, tu reconnais qu’on se comporte en adultes, non ?

– Ooh… pas… pas tout à fait…

– Pas tout à fait ?

– Si… ooh… arrête un peu… le temps… que… ooh… que j’explique… On devrait en profiter pour officialiser… Ça y est, j’ai fini d’expliquer… C’est fou, comme j’aime cette situation… Alors, mon époux adoré, mon mari chéri acceptes-tu que le poète actuellement dans ma chatte devienne notre conjoint et de partager avec lui tout ce qui fait notre vie ?

– Oui, je le veux !

– Et toi, mon sémillant, mon fringuant, mon sévèrement burné, acceptes-tu de devenir notre conjoint, de partager notre vie et notre quête du bonheur ? Ooohh… !

– Oui, je le veux ! Tu peux le constater comme je le veux, et vous, mon cher conjoint regardez à quel point je le veux !

– Et toi, ma chérie, ma fidèle épouse, acceptes-tu…

– Ooohh ! Ooohh… oh…

– J’AI PAS FINI ! Acceptes-tu de partager notre vie avec celui qui a su apporter tant de bonheur dans notre mariage ?

– Ooohh… Oooohhh… OUI ! OUI ! OUI !

– Cher conjoint, je vous cède ma place, le temps de poser la question requise à ma future conjointe.

– Avec plaisir ! Hmm… « plaisir », le mot est faible !

– Oooh ! Mon ché… ooh… mon chéri… c’est… ooh… si bon ! Et pour toi ? Ooh… dis-moi que tu aimes ça !

– Ma chérie, j’aime par-dessus tout te prendre après notre conjoint… tu t’en doutais quand même un peu, non ?

– Je pense à notre conjoint… ooh… attends… oui… attends un peu… Notre conjoint aime que les choses soient claires et nettes…

– En parlant de ça, mon ange m’acceptes-tu en conjoint pour le bonheur et pour le plaisir ?

– Oooh… ooh… OUI… Je le… Rhâââ… VEUX !

– Vous pouvez embrasser notre conjointe.

Un baiser a-t-il déjà été plus parfait que celui-ci ? Nos langues ont-elles déjà mieux fait l’amour ensemble qu’en cet instant ? Peut-être… sans doute, mais je préfère l’omettre pour mieux graver celui-ci dans ma mémoire. Mon époux s’est penché pour regarder nos bouches, nos langues, ce faisant, c’est enfoncé jusqu’à la garde qu’il jouit en poussant un râle sublime.

– Échangeons une fois encore nos places, que vous puissiez à votre tour embrasser notre conjointe.

Mon époux se retire, il me manque déjà. Notre conjoint prend sa place.

– Ooh… je crois que je ne me lasserai jamais de cette sensation !

Mon mari, qui allait m’embrasser, s’interrompt et mû par la curiosité demande à quelle sensation notre conjoint fait allusion.

– De la pénétrer, encore vibrante du plaisir que vous venez de prendre ensemble, encore pleine de votre foutre… c’est chaud, c’est… hmm… c’est si bon !

Ses mots, ses couilles battant la mesure sur mes cuisses, la bouche de mon époux sur la mienne, nos langues qui désormais se comprennent si bien, leurs mains sur mon corps qui appellent les miennes… Je jouis avec cette sensation que mes tripes explosent sous la violence de mon plaisir… Notre conjoint jouit en nous criant son amour.

Nous nous regardons tous les trois comme si nous flottions dans l’air au milieu d’une bulle de bonheur, nos sourires paraîtraient crétins à quiconque nous verrait en cet instant précis, nous nous en moquons éperdument. Notre conjoint me reproche d’avoir épuisé leurs dernières forces et d’être dans l’incapacité de déposer dans la maison le contenu du coffre de la voiture. Mon mari se joint au concert des récriminations.

– Je n’ai fait que tenir la promesse que tu m’as rappelée, dans mon souvenir l’étreinte sur le capot de la voiture est en plein jour, j’ te signale.

– Certes, mais tu aurais dû te montrer moins… enthousiaste… t’offrir… a minima… mais non, comme toujours, tu nous as emportés dans une vague sensuelle, irrésistible comme une lame de fond… et nous, pauvres diables n’avons pu y résister.

– Si tu espères me séduire par tes mots, sache que… c’est presque réussi. Et ne rigole pas ! Toi, non plus, mon chéri ! Ah, vous vous êtes bien trouvés, tous les deux ! Vous mériteriez que je te prenne au mot, vous avez de la chance que…

– Que… ? Que quoi, mon ange ?

– Que j’aie trop à y perdre en baisant a minima… je t’assure que si je n’y prenais pas autant de plaisir, je cesserais immédiatement de baiser ainsi ! Mais, je préfère me montrer magnanime…

– Surtout que ça t’arrange bien, ma chérie !

– Ah, toi… n’en rajoute pas !

Nous retournons dans la maison, pendant leur absence, j’ai préparé un petit en-cas. Nous dînons sur le pouce et de bon appétit. Les cartons, meubles et autres objets attendront avant de trouver leur place définitive. Quand nous rejoignons enfin notre grand lit, mon mari puis notre conjoint s’endorment l’un après l’autre, malgré leurs promesses. J’attendrai donc demain matin avant de voir ce que je vais voir !

Je me réveille dans les bras de notre conjoint, mon époux ronfle comme un sonneur, le sourire aux lèvres. Dernière endormie, première réveillée, je mets un certain temps à m’extirper du lit sans perturber leur sommeil. Je m’affaire dans la cuisine quand ils me rejoignent, notre conjoint dans son kimono, mon mari en tee-shirt. Le temps est favorable à un petit-déjeuner sur la terrasse, nous n’avons pas de pain frais, mais une fois n’est pas coutume, nous nous contenterons de biscottes. Je bois mon café, quand notre conjoint me demande si le soleil éclaire suffisamment la voiture. Je souris en remarquant l’érection des deux acolytes.

Une promesse est une promesse…

Back to the city again ! – Huitième épisode

Nous voici tous les trois dans la cave de notre conjoint. Mon époux adoré s’est muni de son énorme lampe-torche.

– Ouah ! Ben dis donc, t’es sacrément équipé !

– C’est ce que ces dames me disent souvent, en effet…

Je ricane avec eux, on a 14… 15 ans grand max. Éclairée, la cave m’apparaît bien différente que dans l’obscurité, un peu moins encombrée, un peu mieux rangée, la poussière est épaisse, elle recouvre même les toiles d’araignées. Je repère la malle sur laquelle j’étais assise l’autre jour. Elle semble venir tout droit d’une époque ancienne et révolue.

– Que contient-elle ?

– Je n’en sais rien.

– Arrête de me charrier !

– Je suis tout à fait sérieux, mon ange ! Elle a été confiée par un ami au frère de mon grand-père, qui avait fait la promesse expresse de ne pas chercher à l’ouvrir et de la conserver jusqu’à son retour. Je n’en sais pas plus. Le frère en question est mort vieux garçon. Mon grand-père en a hérité, il l’a transmise à mon père et j’ai fini par en hériter à mon tour. Je crois que personne de ma famille n’a eu les clés pour ouvrir la serrure. Je l’ai gardée sans y penser. Quand j’étais encore marié, elle était déjà entreposée dans la cave de mon ancien logement.

– T’es pas très curieux, moi… à ta place…

– Une promesse est une promesse, mon ange !

Je le taquine à nouveau sur sa manie des contrats et du respect de leurs termes. Nous faisons l’inventaire, les casiers sont remplis de bouteilles vides recouvertes de poussière. Elles étaient déjà là quand il a emménagé, elles y resteront. Le bric-à-brac est essentiellement constitué de vieux pots de peinture, de chutes de papier-peint, de lino, de moquette, quelques dalles de carrelage, de la colle qui finiront à la déchetterie.

Le vieil établi est plus problématique pour notre conjoint qui lui accorde une valeur sentimentale, il le verrait bien dans la remise du jardin, si toutefois il lui prenait l’envie de l’aménager en atelier. Il fera le tri parmi les outils, certains seraient récupérables, d’autres non. Nous les rapportons donc à l’appartement. En fin de compte, ce tri aura duré moins longtemps que prévu. Je regarde mes hommes, les bras chargés. Je m’assieds sur la malle.

– Lequel d’entre vous souhaiterait honorer ma bouche ? Non, non, non ! On ne pose pas ce qu’on a dans les bras !

Mon mari s’approche, je baisse son pantalon. Quel délice ! Ils ne sont pas dupes du plaisir que je prends à remonter son pantalon, après quelques minutes, malgré son érection « à la limite de la douleur ». Je fais mine de me relever.

– Et moi ?

– Et toi quoi ?

– Tu vas quand même bien me sucer un peu, mon ange ! C’est ma cave, après tout !

– Bon… si ça peut te faire plaisir… viens par ici…

– Vous vous tutoyez, maintenant ?!

Ma bouche à quelques millimètres de son gland, je demande à notre conjoint d’expliquer à mon époux le concept de rebelles de la pipe. Il rit avant de se lancer dans un long discours. Quel régal ! Je déguste sa grosse pine comme un œnologue le ferait avec un grand cru.

– Hé ! Mais y a triche ! Tu ne m’as pas sucé aussi longtemps !

J’ai les injustices en horreur, par conséquent, je remonte le pantalon de notre conjoint, malgré ses supplications. Nous voilà en route vers l’ascenseur, comme une petite troupe, j’ouvre la voie, la lampe torche à la main.

Les outils déposés « pour analyse » dans la chambre d’ami, nous redescendons au deuxième sous-sol pour récupérer la malle.

– Putain, elle est encore plus lourde que dans mon souvenir !

– Elle ne l’est pas, c’est toi qui es plus vieux.

– Merci de me rappeler mon âge ! Telle est donc la femme que j’aime…

– Si tu étais plus jeune, je ne te calculerais même pas… alors, imagine pour le reste !

– Qu’est-ce qui te fait préférer les vieux comme moi aux hommes plus jeunes ?

– Les grosses couilles des hommes de ton âge pendent davantage !

Profitant qu’ils ont les mains occupées, je pars en courant vers l’ascenseur, mais je dois rebrousser chemin quand mon mari se met à crier « LUMIÈRE ! »

La malle sur la table de la cuisine, la question « L’ouvre-t-on ou ne l’ouvre-t-on pas ? » se pose. Elle est purement rhétorique, sinon pourquoi se seraient-ils donné tant de mal à la remonter ? Mais, voilà le hic, les serrures qui la verrouillent sont peut-être grippées et certainement délicates à déverrouiller. Aucun outil de fortune n’est assez fin pour l’exercice, y compris les petits tournevis. Notre conjoint préfère renoncer plutôt que prendre le risque d’esquinter l’objet qui a été confié à sa famille il y a plus d’un siècle.

Mes deux hommes décident de remettre cette tâche à plus tard. Je sors de l’appartement. Quand je reviens après quelques minutes, je suis accueillie par leurs quolibets. « Alors ? On a oublié le porte-monnaie, madame Tête de Linotte ? » Je les laisse ricaner et, sans un mot, le regard narquois, j’agite sous leurs yeux ébahis, le jeu de crochets que je suis allée chercher.

– Mais… ?

– Comment… ? Où… ?

– J’ai demandé à madame Dubois si son mari voudrait bien me prêter ses outils, tout simplement !

– C’est qui, madame Dubois ?

– Deuxième étage gauche. J’avais complètement oublié qu’il était serrurier !

– Et c’est moi la tête de linotte ! Monsieur Dubois s’est même proposé de venir chez nous pour ouvrir la malle, mais j’ai poliment décliné son offre…

– Et pourquoi donc, mon ange ?

– Parce que d’expérience, quand un voisin retraité ou presque franchit le seuil de notre appartement… pas besoin de te faire un dessin !

– Tu es l’insolence faite femme !

Je les regarde tenter d’ouvrir la première serrure. Je les écoute pester, mon mari se propose de chercher un tuto sur le Net.

– Je peux essayer ?

La première serrure cède facilement. J’attendrai un peu avant de leur expliquer qu’il y a quelques années, je m’étais retrouvée enfermée dehors et que madame Dubois m’avait gentiment ouvert la porte, son mari lui avait montré comment faire et que, dans l’enthousiasme du moment, elle m’avait à son tour enseigné la technique du crochetage.

La deuxième serrure se montre plus récalcitrante, mais elle finit par céder sous l’effet conjugué des crochets et de ma menace. « Je te préviens, si tu ne te laisses pas faire, je te crache dedans ! »

Notre conjoint se tient debout face à la malle. Il hésite encore à en soulever le couvercle. Je propose à mon époux de m’accompagner chez les Dubois pour leur rendre le jeu de crochets. Quand nous remontons, nous le retrouvons affairé autour de la malle. Un vieil uniforme est posé sur le canapé, ainsi qu’un chapeau et un casque colonial. Je m’étonne que ce soit lui qui ait moins bien résisté aux outrages du temps. L’explication est pourtant simple, l’uniforme était enveloppé dans plusieurs couches de papier, le chapeau dans une boite, mais le casque n’était pas protégé.

La malle contient également diverses breloques, des décorations et des insignes militaires entre autres, une boîte remplie de 78 tours, un guide touristique complètement bouffé aux mites, un livret militaire, quelques papiers devenus illisibles, une carte d’État-Major qui est tombée en miettes quand nous avons voulu la déplier, un poignard dans son étui, des bibelots asiatiques, une correspondance, mais surtout un album « Souvenirs du Tonkin ». En l’ouvrant, nous avons tout de suite compris quel genre de souvenirs il contenait

Nous le feuilletons rapidement, parce qu’il nous apparaît urgent de débuter une séance de ciné-club, mais avant toute chose, il nous faut passer sous la douche parce que nous sommes recouverts de poussière. Combien je regrette qu’on ne puisse les prendre à trois, outre qu’on perd un temps fou, j’ai appris à les apprécier dans la maison de notre conjoint.

Une fois lavée, je m’installe sur le canapé, vêtue d’un déshabillé de soie qui n’est, certes, ni de prime jeunesse, ni très chic, mais qui a le grand avantage d’allumer dans le regard que ces messieurs portent sur moi, des étincelles de désir fort émoustillantes, ma foi.

Notre conjoint est le deuxième à passer sous la douche. Il s’amuse de mon regard lubrique quand il réapparaît dans le salon en kimono. Il singe la dégaine absurde et grandiloquente des mannequins défilant sur les podiums des diverses fashion-weeks. Il sait qu’en se déhanchant de la sorte, les limites du ridicule allègrement franchies, ses mâles attributs se dévoileront, l’air de rien. Putain, c’ qu’il est excitant, ce con ! J’essaie de rester stoïque, espérant que mon regard ne trahira pas ma pensée.

Mon mari sort de la douche, il porte une fois de plus son vieux pantalon à pince, bien trop juste. C’est sa nouvelle manie, il aime se sentir à l’étroit et ne sortir son sexe que lorsque l’inconfort commence à faire place à la douleur.

– Attendez-moi pour mettre le film… je vais nous préparer un petit plateau, vous m’en direz des nouvelles !

– Pff… ça va encore prendre des plombes… Tu veux bien m’enculer en attendant ?

– Il a demandé qu’on l’attende

– Pour le film ! Et puis… ça fait si longtemps… mon cul se languit de ta pine depuis si longtemps qu’il en a oublié les sensations…

– Mon ange, je t’ai enculée avant-hier, tu ne t’en…

– C’est bien ce que je te dis, avant-hier… autant dire une éternité…

– Dois-je comprendre que tu aimes quand… HAN !… j’enfonce ma grosse pine dans… hmm… ton accueillant joli cul ?

– Ooohh… tu… oui, comme ça… tu en doutes encore ?

Je pourrais devenir folle quand il pose ainsi sa main sur mon ventre, à l’orée du pubis, tandis que l’autre est arrimée à ma hanche. Mon époux adoré s’affaire en cuisine, en l’entendant siffloter, je réalise qu’il nous sera impossible de profiter pleinement du film si nous jouissons trop vite. Notre conjoint est un véritable maître en la matière, un maître doublé d’un poète. Je lui demande de ne plus bouger et de me caresser les seins.

– Je peux te poser une question en ayant la garantie que tu y répondras en toute franchise ?

– Bien sûr, mon ange !

– Tu n’avais vraiment jamais enculé aucune femme avant moi ?

– Tu as été la première et tu es la seule.

– Aucun homme non plus ?

– Aucun homme ! Mais pourquoi cette question, tout à coup ?

– C’est tellement facile avec toi… et si agréable…

– C’est que j’ai eu de bons professeurs, alors !

– Et que tu es un élève surdoué ! Tu veux bien soulever mon déshabillé pour dévoiler mon corps jusqu’aux reins ? (Il s’exécute) Maintenant… est-ce que… hmm… tu distingues quelque chose ?

– Je vois ma pine apparaître puis disparaître dans ton cul, dont je suis dingue soit dit en passant, apparaître… disparaître à chaque mouvement… ooh… que tu fais…

– Est-ce que… oh… tu… ooh… peux… voir comme c’est… doux… hmm… bon pour moi ?

– Oh oui, n’arrête pas !

Mon époux arrive enfin, tout sourire, un plateau entre les mains.

– Mais… je vous avais demandé de m’attendre…

– Vous aviez dit pour le film.

– Et d’une ! Et de deux… Ooohh… on n’a rien commencé du tout… ooh… je lui… montre… ooohh… pour le chat…

– Quoi ?! C’est quoi cette histoire de chat ?!

– Tu sais… la posture… ooohh… du chat… pour le… quand on a mal au dos !

– Ma chérie, l’émotion te trouble, ce n’est pas du tout ça ! Tu bouges d’avant en arrière ! Pour le dos, tu dois creuser tes reins… oui… comme ça… et après faire le dos rond… oui ! Alors que toi, tu avances puis tu recules !

– Quel chipoteur tu fais, mon chéri ! C’est presque pareil, non ? T’en penses quoi, toi ? Tu sens une différence ?

Je recommence la démonstration à maintes reprises, mais notre conjoint ne parvient pas à répondre à cette simple question (je le soupçonne d’y mettre un poil de mauvaise volonté).

– Le plus simple est que je vous cède ma place, mon cher, je suis trop novice en la matière.

Mon corps pleure de dépit quand il se retire, par chance, mon époux adoré parvient sans peine à le consoler. La séance de ciné-club peut enfin débuter.