Chroniques matrimoniales – L’anniversaire de Catherine – Deuxième partie

Charlie a fait une lecture érotique de ce texte, j’adore écouter les accents et les voix de mes personnages ! Cliquez sur ce lien pour les entendre à votre tour.

En demandant l’aide du Bavard, du Notaire, de Joseph et du Balafré pour l’organisation de cette fête d’anniversaire, j’étais loin d’en mesurer toutes les conséquences. Comme ce fut à chaque fois le cas, ils se montrèrent tous à la hauteur de la surprise qu’Alain voulait offrir à sa Catherine.

J’avais suivi les préparatifs de loin, par crainte de dévoiler ce plan secret, un mot en entraînant un autre, mais la raison principale était que je passais beaucoup de temps avec Rosalie et Valentino. Au fil des mois, j’avais pris conscience d’être passée à côté de mon grand-père. J’avais de vagues souvenirs d’un vieillard prompt à la rigolade, à l’accent provençal très prononcé, mais j’étais trop petite quand il est mort pour deviner le Pierrot qui se cachait derrière mon papé.

La première fois où Valentino m’avait parlé de lui, un bonheur incroyable s’était emparé de moi, un sentiment de joie profonde et de sérénité. Savoir que ce que Valentino et Rosalie vivaient ensemble n’avait jamais nui à l’amitié qui l’unissait à Pierrot. J’avais voulu tout de même avoir quelques précisions.

Mais quand vous vous rencontriez, quand vous parliez politique, quand vous passiez des soirées, des journées entières ensemble avec Pierrot, Toine et Nathalie, tu n’avais pas envie de prendre Rosalie dans tes bras ? De l’embrasser ? De la caresser ?

Ils s’étaient regardés, abasourdis par ma question.

– Mais j’étais face à Rosalie !

– Justement !

– Non ! Tu ne comprends pas ! Ce n’était pas ma Rosalina, ma Rosalinetta… non ! Là, j’étais face à Rosalie, la femme de Pierrot, mon ami… tu comprends ce que je veux dire ?

J’avais été sidérée de tant d’évidence…

Les semaines avaient passé. Arriva l’anniversaire de Catherine. Ils s’étaient tous surpassés, quelle fête incroyable ! Alain avait loué une belle villa dans les terres. Il avait prévenu Catherine que le meilleur traiteur de la région leur cuisinerait ses plats préférés, qu’un serveur viendrait les leur servir « comme si on était les deux seuls clients d’un restaurant étoilé », mais elle n’en savait pas plus.

Christian et moi arrivâmes avant tout le monde. Je découvris, épatée, la villa. La salle où se tiendrait le dîner était pourvue de grands miroirs sans tain, ce qui nous permit de ne rien rater du spectacle, sans être vus. Pour être tout à fait certain de ne pas être remarqués, Christian s’installa à table et me demanda de parler depuis un des salons derrière un miroir. Ce que je fis. Ne me demande ni pourquoi, ni comment, mais j’entendais distinctement chacun de ses mots alors que ma voix ne lui était pas audible.

J’en eus la confirmation quand le Balafré arriva dans mon dos, qu’il me surprit en me prenant dans ses bras. Je criai et Christian ne l’entendit pas. Je lui expliquai en deux mots ce que nous étions en train de vérifier et lui demandai si c’était lui qui avait eu l’idée de cette villa. Il eut un sourire éclatant.

– Non ! Pour la villa, c’est le Notaire et le Bavard qui méritent tes louanges !

Arriva le moment que je redoutais un peu, tout en l’espérant vivement.

Tu veux toujours connaître mon vœu ?

Qu’il était radieux en prononçant ces mots ! Son visage semblait parcouru de décharges électriques qui faisaient palpiter les ailes de son nez, tressauter sa lèvre supérieure d’une façon extraordinairement sensuelle. Je sentis mon propre trouble dans le ton de ma voix.

– Tu oses me poser la question ? Combien de fois te l’ai-je demandé ?

Je n’ai jamais su s’il avait voulu faire durer le suspens ou si l’arrivée des premiers invités l’avait interrompu. Sa version varie à chaque fois que je lui pose la question. Il me désigna ces hommes qui arrivaient dans la salle à manger, saluant Christian qui leur donnait les consignes.

– Voici ma contribution !

Je les regardais, je ne pouvais m’empêcher de les jauger. Un autre groupe arriva. Je m’exclamai « Mais y’en a combien ? » quand je sentis la grosse main puissante du Bavard triturer mes fesses.

– Fais marcher ta tête, Monique ! Elle va faire combien, la Catherine ?

Euh… 33 ans…

– Alors, tu l’as, ta réponse !

Trente-trois hommes pour Catherine ! Je l’enviai tout en me demandant si je pourrais survivre à tant de plaisir. Joseph arriva, me salua. Comme toujours, ses mots étaient choisis et délicats. Le Bavard lui proposa d’aller saluer les collègues qui patientaient dans un autre salon, me laissant seule avec le Balafré. Je trépignais d’impatience.

– Alors ? Ce vœu ?

Avant qu’il ait eu le temps de me répondre, je perçus une agitation dans la salle à manger. Joseph venait de prévenir tous les participants de l’arrivée prochaine d’Alain et de Catherine. Toute la petite troupe partit se cacher dans les différents salons, seul un homme en smoking ne les rejoignit pas, il serait le majordome durant la soirée.

Je les regardais, machinalement, j’avais posé mes mains sur un miroir et m’y étais collée en me demandant lequel ferait quoi… et comment… et quand… Je sentis les lèvres du Balafré sur mon cou, il les faisait danser sur ma peau, de l’épaule jusqu’à l’oreille… ses mains couraient sur ma robe, remontant de mon ventre à ma poitrine… il fit glisser la fermeture Éclair d’une main et de l’autre caressa mon sein.

– Oh, Monique… !

– Pourquoi ce ton plein de reproches ?

– Tu… j’aurais voulu que tu portes un soutif… mais… sentir tes seins… tes jolis petits seins… savoir que tu étais nue sous ta robe… oh, Monique !

Je voulus me retourner pour voir ses yeux, son visage, son sourire, mais il m’en empêcha. Malgré notre intimité, malgré toutes les fois où nous avions couché ensemble, il n’osait affronter mon regard.

– Voici le vœu que tu me dois, Monique. Pendant tout le week-end, aussi longtemps que durera la fête, je te prendrai après chacun des partenaires avec lesquels tu coucheras, je ne jouirai pas en toi, cependant… je veillerai à m’arrêter avant et tu enchaîneras avec le suivant. À chaque fois, je te prendrai comme il t’aura prise… Et lorsque tu me supplieras, que tes supplications seront à la hauteur de ton désir pour moi, je jouirai enfin, là où tu le souhaiteras…

Je me retournai, le regardai droit dans les yeux.

– Pourquoi ce vœu ? Ce vœu si… particulier ?

– Tu le sais bien !

– Peut-être que je le sais… mais je veux que tu me le dises… je veux t’entendre me le dire…

– Parce que je suis amoureux de toi, Monique ! Je t’aime !

– Et tu sais pourquoi j’accepte…

– Parce que tu me dois un vœu et que tu es de parole !

Tu n’as donc pas compris ? !

– Qu’est-ce que je n’ai pas compris ?

– Mais… que je suis amoureuse de toi ! Que je t’aime !

– Mm… et Christian ?

– Je l’aime aussi, mais différemment… mon amour pour lui est aussi sincère que celui que j’éprouve pour toi… il est juste différent… mais… je… Quand tu ne viens pas partouzer avec nous, tu me manques… Je rêve qu’un jour tu viennes… que tu m’enlèves… comme ça… un jour comme les autres… un jour où je ne m’y attendrai pas… et qu’on passe un week-end… quelques jours ensemble… rien que toi… toi et moi…

– Et Christian le sait ?

– Bien sûr ! Pourquoi devrais-je le lui cacher ? Ce n’est pas honteux !

– Et il en pense quoi ?

– Il dit que tu es mon Valentino ! Et puis… il sait qu’il restera pour toujours l’homme de ma vie… Il t’aime beaucoup, tu sais… Il a beaucoup de respect pour toi, parce que…

– Parce que ?

– Parce qu’il aime te regarder quand on couche ensemble… parce que, comme il dit, il t’arrive souvent de me faire tellement l’amour que tu en oublies de me baiser… parce que tu sais me faire l’amour en me laissant rester salope aussi…

– Elle dit vrai, tu sais !

Christian nous avait rejoints et avait demandé aux partenaires de la soirée qu’il me réservait, de patienter dans un autre salon privé.

– Mais ça ne t’ennuie pas un peu ? Elle ne parle pas que de cul ! Elle parle de sentiments… d’amour ! Ça ne t’ennuie vraiment pas ?

– Pourquoi veux-tu que ça m’ennuie ? ! Au plus elle aime, au mieux elle aime, ma merveilleuse Monique !

– Tu voudrais bien me laisser ta place pour ce week-end ?

– Comment ça ?

– Je te regarde la baiser… tu la baises comme un fou… et après… je la prendrai dans ton foutre… oh ! Je voudrais vivre rien qu’une fois, ce que tu vis… ce que tu as la chance de vivre…

Les yeux de Christian s’emplirent de larmes, ce qui n’était pas dans ses habitudes. Il déglutit bruyamment avant d’accepter. Mon cœur s’emballa quand ils se donnèrent l’accolade. Je me blottis contre eux et les embrassai… à tour de rôle… l’un après l’autre… encore et encore…

Christian remonta la fermeture Éclair de ma robe en me souriant. Je compris tout de suite ce qu’il voulait. Je penchai ma tête sur le côté… un regard coquin… un sourire enjôleur… le bout de ma langue entre mes dents… mes doigts sur son tee-shirt… les doigts du Balafré sur ma fermeture Éclair… Un cran… des sourires… un autre cran… d’autres sourires… leur sexe dur contre mes cuisses… mes doigts s’aventurant sur la peau de Christian… quelques crans encore… des encouragements… mes attitudes de Sainte-Nitouche… de Sainte-Quitouche comme le disait Toine… les mains soudain impatientes de Christian… ma robe totalement ouverte…

Je me retrouvai les mains plaquées sur le mur, le visage collé au miroir… ma robe ouverte dont Christian releva le bas… ses doigts qui me fouillaient… ses mots à mon oreille… « Tu aimes ça ? »… ses doigts qui me fouillaient davantage, à la recherche de la réponse… ses doigts qui la trouvèrent… « Fatché ! Oh oui ! Tu aimes ça… ! » … « Penche-toi davantage »… le bruissement du tissu d’un pantalon jeté à terre… À nouveau ses doigts… son gland qui me pénètre… Je remarquai à peine Catherine et Alain trinquant au Champagne, seuls au milieu de cette grande salle… Je me contractai autour de son gland, ce qui le fit durcir davantage… ses doigts remontèrent le long de mon ventre… j’aimais ces caresses romantiques et sauvages sur mes seins… Les premiers va-et-vient passionnés, de plus en plus brutaux… Christian me baisait exactement comme j’avais envie de l’être à ce moment précis…

L’orgasme montait en moi, comme une fusée de feu d’artifice monte dans le ciel… je le sentais monter… monter… enfler… m’envahir… monter encore… Christian et le Balafré m’exhortaient

– Laisse-toi aller !

– Vas-y ! Crie comme une chienne !

– Sors l’animal qui est en toi ! Libère-le !

– Oui ! Oui ! Encore ! Crie encore comme ça !

– Dis-le plus fort que c’est bon !

– Crie ! Crie, Monique !

– Regarde comme il se branle ! Il t’aime comme je t’aime !

– Oui ! Regarde-moi, Monique ! Regarde comme je me branle pour toi !

– Tu aimes ça ? Oh oui, Monique ! Crie-le encore que tu aimes ça !

– Regarde encore, Monique !

– Regarde-le ! Vé comme il aime nous mater quand je te baise !

Je perdis tout contrôle et la fusée explosa enfin. Comme le ciel noir est aspergé de lumières multicolores, l’orgasme qui éclata en moi colora de vie chaque cellule de mon corps… Je n’étais plus Monique, il n’était plus Christian, nous n’étions que jouissance… Je sentis les ondes de son plaisir monter en lui avant même qu’il n’explose en moi… Christian rugit. Lui aussi redevenait animal !

Dessin de Milo Manara

Il se retira. J’étais pantelante… Je m’affalai sur le sofa et, avec une joie infinie,  écartai mes jambes… mes cuisses… pour que Christian puisse montrer « son œuvre » au Balafré qui siffla, admiratif, avant de me rouler une pelle… Peu de mes partenaires m’embrassaient ainsi… nous en parlions parfois avec Catherine, nous étonnant de cet accès de pudeur de la part d’hommes qui par ailleurs se livraient totalement à nous.

Le Balafré posa mes chevilles sur ses épaules, me demanda d’écarter mes genoux au rythme de sa pénétration.

– Comme c’est bon de la baiser dans ton foutre tout chaud ! Putain… c’que c’est bon !

Je les regardais se sourire, j’aimais l’amitié qui les unissait… j’aimais en être l’origine… Le Balafré allait et venait en moi. Il avait écarté les deux pans de ma robe, mais avait refusé que je l’enlève… il regardait mon corps… il caressait mon ventre… mes seins… il écarta d’une main les lèvres de mon sexe et se saoula de la vue de mon clito bandé… luisant… il s’enfonça profondément en moi… « pour que mes poils noirs se tissent avec ta blonde toison » … Je souris, surprise de l’entendre utiliser une expression de Rosalie… Je me cambrai tant pour ne faire qu’une avec son corps, que j’étais presque en position de souplesse arrière, seul le dessus de mon crâne touchait le canapé. Je devais ressembler à une contorsionniste ! Christian s’exclama « Qu’elle est belle… » et ajouta « … ta Monique ! »

Je sentis le sexe du Balafré enfler. Ses va-et-vient se firent plus amples, moins saccadés… pour cette nuit, je serai sa femme, il pouvait donc me faire l’amour sereinenement. D’une voix douce, il me demanda

– Ma chérie, tu veux bien sucer mon ami ? Qu’il puisse goûter à la douceur de ta bouche quand je te baise…

Christian, qui ne bandait pas, refusa ma bouche d’un geste de la main. Je n’ai jamais su s’ils avaient mis au point ce scénario ou s’il naquit de la situation.

– Ne t’en fais pas, mon ami, les pipes de ma femme feraient bander un mort ! Allez, ma chérie, montre-lui ! Suce-le bien pendant que je te baise !

Christian s’approcha de moi, son sexe tout mou avait du mal à rester dans ma bouche. Je fermai les yeux. Le Balafré se pencha vers moi, me souleva un peu la tête et, dans un mouvement d’une assurance absolue, me fit pivoter. Je me retrouvai ainsi allongée sur le côté. Nous voulions me mettre à quatre pattes sans qu’il ne sorte de moi.

Quand ce fut chose faite, qu’il me prit en levrette, il remarqua que je rejetais la tête en arrière et comprit ce que je désirais. D’une main, il attrapa la queue de Christian qui reprenait un semblant de vigueur, me la fourra dans la bouche, tandis que de l’autre, il me tira les cheveux.

– Regarde mon ami dans les yeux, ma Monique ! Montre-lui comme tu suces bien les queues quand je te fourre !

Christian bandait tout à fait désormais. Je sentais à nouveau tout le plaisir de chacune de mes cellules vouloir converger au creux de mon ventre, en faire une boule de feu qui grossirait jusqu’à exploser les irradiant en retour. Je dégageai ma bouche.

– Je le sucerais mieux si tu me parlais, mon amour et si ton ami m’encourageait de ses mots…

Le Balafré, amusé, me dit

– Ce sera tout ?

– Non ! Baise-moi comme une salope ! Montre à ton ami comme tu sais bien le faire !

Je sentis l’excitation du Balafré à la crispation de ses doigts sur mes hanches. J’aimais « le faire à la parlante », comme on disait, mais ce soir-là, leurs commentaires me firent décoller bien plus vite, bien plus haut, bien plus fort que je ne l’aurais imaginé.

– C’est vrai qu’elle suce bien, ta petite femme !

– Regarde-le, Monique !  Fais-lui ton regard de salope !
Oui… comme ça… suce-lui bien la pine !

– Oui ! Regarde-moi comme ça !

– Tu aimes comme elle te suce ?

– Oui ! Fatché ! Elle s’y connaît ! Elle suce toujours comme ça ?

–Regarde, si je lui touche le clito…

Je grognai de plaisir, la bouche pleine du sexe de Christian.

– Hummm que c’est bon quand elle grogne… ! Avale, avale ma queue !

– Tu veux que je la fasse rugir ?

– Oh oui ! Montre-moi comment tu t’y prends !

– Regarde…

Tout en allant et venant en moi, le Balafré posa un doigt sur mon petit trou et entreprit de l’enfoncer. Je criai de plaisir.

– Ouch… tu as raison, c’est bon quand elle rugit…

– Elle ne rugit pas encore… regarde comment il faut s’y prendre…

Il se retira lentement, du bout de ses doigts récolta un peu de nectar au fond de ma chatte et s’en servit pour lubrifier ses doigts qui entrèrent dans mon cul comme dans du beurre. Je poussai toute une gamme de cris. Je sentais mon ectoplasme à l’étroit dans mon corps, mais il y restait coincé… pour la première fois de ma vie, je me demandai comment faire pour le libérer.

– Regarde ! Regarde comme elle me tend ses fesses ! Tu vois ?

– Tu ne vas pas l’enculer, tout de même ! Pas devant moi…

Je sentis la salive du Balafré sur mes reins et celle de Christian sur mon omoplate, ils étaient aussi excités que moi !

– Elle n’attend que ça !

– Tu crois ?
Dis-moi, Monique… tu veux bien que… que ton… que ton mari t’encule devant moi ?

Je grognai « Oui ! », la bouche pleine du sexe de Christian qui l’avait enfoncé encore plus profondément dans ma bouche. Une claque sur mes fesses « On ne parle pas la bouche pleine ! » libéra mon ectoplasme.

Je nous vis, moi à quatre pattes, bien plus cambrée que je ne l’aurais imaginé, Christian dans ma bouche, une main sur sa hanche, l’autre caressant mon visage, la cicatrice brune du Balafré apparaissant, disparaissant entre mes fesses si blanches, apparaissant disparaissant encore, ses mains qui couraient sur mon corps, les miennes qui se crispaient sur un coussin du sofa.

Ils n’avaient pas interrompu leur conversation, mais fascinée par le spectacle de nous trois dans ce petit salon, je ne la captais que par bribes…

– Mais bien sûr que si ! Elle est en train de rugir !

– Ne dis pas n’importe quoi ! Elle miaule à peine !

– Ça ne peut pas être mieux que ça…

– Attends et tu vas voir ce qu’elle peut offrir, ma petite femme…

J’aurais voulu qu’ils fussent mille et que ces mille me prissent mille fois, de mille manières, au même moment ! Mon sang galopait dans mes veines avec la fougue d’un troupeau de tauraux sauvages à la poursuite d’un seul objectif, le plaisir.

– Allez ! Lâche tout, ma Monique ! Lâche tout !
Libère la lionne qui est en toi !

– Il a raison ! Lâche tout, ma… sa…

Mon ectoplasme captura leur regard au vol.

– … notre Monique !

– On ne sera pas trop de deux, si tu veux mon avis…

Alors, Christian fit l’amour à ma bouche, pendant que le Balafré le faisait à mes fesses, leurs mains se complétaient idéalement pour aimer le reste de mon corps. Toute mon animalité put enfin sortir de moi dans un incroyable rugissement. Le Balafré ne put ou ne voulut se retirer à temps, il jouit en criant presque aussi fort que moi, que Christian dont le sperme avait le goût du meilleur des nectars.

J’étais vidée ! Le Balafré et Christian m’apprirent qu’ils avaient convié les membres de notre « amicale » à une partouze pour les remercier d’avoir permis à Alain d’offrir ce beau cadeau à Catherine…

Catherine ! Je l’avais presque oubliée ! Catherine et ses trente-trois amants d’un soir ! Pourvu qu’elle ne succombe pas à tant d’hommes… j’étais vidée… comment ferait-elle ? Je demandai quelques minutes de répit, le Balafré me répondit

– Bien sûr ! Et puis… tu dégoulines de partout… il va falloir faire appel à un nettoyeur…

Pourquoi cet air de dégoût ? Lui et Christian étaient plutôt amateurs du spectacle de mon corps ruisselant, couvert de sperme… J’eus la réponse dès que le nettoyeur entra dans la pièce et qu’ils me racontèrent son histoire.

Je ne suis pas cruelle, si vous souhaitez savoir ce qui arriva ensuite, il vous suffit de cliquer ici !

Chroniques matrimoniales – La belle alanguie

Sculpture d’Yves Pirès

Lors d’une visite que Christian et moi fîmes à Valentino et Rosalie, elle évoqua un jeu qui « l’émoustillait de fort belle manière » quand elle avait mon âge. J’étais captivée par son récit et je sus dès les premiers mots que je m’en offrirai une partie dès que pos­sible. J’eus à peine le temps de me demander comment Valentino vivait ce récit, qu’il s’exclama

Quand une femme a tout à la fois ce courage, cette inconscience, cette légèreté, cette insouciance, cette liberté, comme ne pas être fou d’amour pour elle ?

Il l’avait ensuite regardée avant de poursuivre dans un grand sourire

Et si, en plus, c’est la plus belle des femmes…

Les joues de Rosalie avaient rosi. Qu’ils étaient beaux !

Sur le chemin du retour, Christian et moi souriions en silence. La météo était capri­cieuse en ce mois d’octobre 1975, mais bien que la matinée fut fraîche, l’après-midi de ce dimanche s’annonçait assez clémente pour que je me rende avec Christian « un mois pile après notre mariage » à la crique, là même où ma grand-mère s’était ainsi allon­gée, vêtue d’un délicat déshabillé de soie et de dentelle que Marie-Louise, son amie de la haute, lui avait offert. Comme mon grand-père, son Pierrot, l’avait fait, Christian déroula un matelas grossier pour ne pas prendre le risque d’abîmer le tissu fragile. Il me banda les yeux, m’embrassa dans le cou, sur la bouche, à nouveau le cou, la joue, le lobe de mon oreille, me chuchota « amuse-toi bien ! » et s’en alla.

Je me couchai sur le flanc. Les questions tournaient dans ma tête comme les boules du Loto. Combien de temps devrais-je attendre ? Qui viendra me baiser ? Combien seront-ils ? Y aura-t-il des spectateurs ? Si oui, Christian sera-t-il parmi eux ?

J’avais perdu toute notion du temps quand il me sembla entendre des bruits de pas. Je sursautai, attentive, mais fus incapable de déterminer si c’était le pas d’un homme ou ceux de plusieurs. Je me demandais même si je n’avais pas rêvé ce léger craque­ment sec quand je sentis le tissu de mon déshabillé se soulever et une main remonter lentement le long de ma cuisse.

À qui appartenait cette main ? Je ne parvenais même pas à savoir si elle était massive ou délicate, si les doigts étaient trapus ou effilés ! Tout ce que je savais, c’est que sa caresse m’électrisait. Je décidai de ne pas gâcher mes sensations en cherchant à mettre un nom sur cet inconnu, mais de me laisser aller, de m’abandonner au plaisir.

Quand je racontai cette première fois à Rosalie et à Nathalie, elles me dirent que c’est aussi le choix qu’elles avaient fait un demi-siècle plus tôt et m’affirmèrent que le plaisir en était plus grand, l’abandon plus total.

Je me laissais guider par ces picotements qui hérissaient mes poils. Je repliai ma jambe, faisant remonter lentement mon genou vers ma poitrine, puis l’écartai, la soulevai, l’écartai davantage, avec la grâce d’une danseuse. J’étais bouillante de désir, je voulais que ces mains inconnues m’écartèlent, m’ouvrent tout à fait, se montrent curieuses et impudiques. Il me sembla percevoir un cliquetis tout près de moi.

Je m’imaginai ainsi, exposée à l’objectif curieux d’un photographe lubrique. Alors, de mes doigts j’écartai les lèvres de mon sexe, le livrant ainsi totalement à la vue, il était chaud, humide. À chaque « clic ! » je m’offrais davantage. Je sentis un gland me péné­trer, dans cette position que Rosalie et Nathalie nommaient « la belle alanguie », cette queue prenait possession de mon sexe qui ne demandait rien d’autre. Je sentis une main prendre la mienne et la poser sur mon pubis. Je me caressais au rythme des va-et-vient de cet homme. Sa main caressait mon ventre tandis que l’autre titillait mon mamelon.

Je me cambrai autant qu’il m’était possible de le faire, j’ondulais comme un serpent pour qu’il me pénètre plus encore, pour que nos deux corps n’en fassent plus qu’un. Je gémissais dans une plainte comme une prière « Encore… encore… plus fort… plus fort… encore… encore… » Mais cet homme ne semblait pas l’entendre. Son souffle régulier dans ma nuque, il prenait son temps, retirant ma main juste avant que je jouisse pour m’obliger à retenir mon orgasme.

Il me connaissait si bien ! Ce n’était pas Joseph dont le petit sexe n’aurait jamais pu me remplir ainsi. Ce ne pouvait être Alain, pour la raison inverse. L’homme était si­lencieux, ce n’était donc pas le Bavard, même si Rosalie m’avait conseillé de ne pas me fier à cette caractéristique des hommes de cette famille « si bavards, mais qui savent garder le silence quand cela s’avère nécessaire ». Je secouai ma tête comme on s’ébroue, pour me contraindre à ne pas chercher à savoir qui me baisait ainsi.

Reconnectée à mes sensations, je perçus à nouveau des cliquetis irréguliers et un or­gasme fulgurant me happa sans que je l’aie senti venir. Aussi paradoxal que ça puisse paraître, alors que je me concentrais sur mes sensations, cet orgasme me surprit. J’avais l’impression que mes tripes allaient sortir de ma bouche en même temps que mon cri.

Mon vagin palpitait encore autour de cette queue quand l’inconnu accéléra ses va-et-vient et s’enfonça HAN ! d’un coup de rein, pour jouir au plus profond de moi. Il se retira sans un mot. Encore quelques « clic ! » et je perçus les bruissements de vêtements qu’on ramasse, qu’on enfile à la hâte, le pan du déshabillé retrouva sa place initiale. Je ne suis pas certaine d’avoir entendu des bruits de pas.

Ainsi que nous l’avions décidé, je ne bougeai pas de ma place, gardai le bandeau sur mes yeux et attendis que Christian vienne me délivrer. Je m’assoupis, il me réveilla en dénouant le tissu qui m’avait rendue aveugle en me demandant d’une voix terrible­ment sexy si j’avais eu de la visite. Je me relevai, le bousculai pour le faire tomber sur ses fesses et pouvoir ainsi écarter mes cuisses, mes lèvres à hauteur de ses yeux.

Je ne sais pas… tu vois quelque chose ?

Son regard pétillait d’excitation lubrique, le bout de sa langue humectait ses lèvres avec une gourmandise rare.

Prends-moi !

Nous fîmes l’amour avec tendresse, avec rage, nos yeux hurlaient de plaisir. Quand nous nous décidâmes à rentrer au village, il retira délicatement mon déshabillé et me tendit « une robe décente ». Nous éclatâmes de rire en réalisant que la décence actuelle ne descendait pas plus bas que le haut de mes cuisses. Je cherchais du regard la culotte qu’il aurait dû m’apporter, mais Christian me dit « C’est plus bandant quand je te sais le cul à l’air ! »

Quelques jours plus tard, je trouvai une photo dans la poche de mon manteau, elle y avait été glissée la veille au soir, puisque nous avions profité de l’absence de Bonne-Maman pour organiser une partouze dans sa maison, ce qui offrait l’avantage de pouvoir nous servir du banc de prières et de contrition. Malheureusement pour ma curio­sité, les invités avaient été nombreux et je ne parvins pas à reconnaître la physiono­mie de ce bout de sexe qui pénétrait le mien sur ce cliché. Mais je vis immédiate­ment qu’il s’agissait d’un tirage professionnel…

En 1975, quand un laboratoire photo devait développer et tirer des clichés porno­graphiques, il était tenu de les refuser, voire de signaler le client aux autorités. Quel photographe aurait accepté une telle série ? Comme un flash, la réponse me vint à l’esprit. Je pensai à l’imprimeur qui s’était chargé de nos faire-part de mariage et avait même participé aux réjouissances de notre nuit de noces. Il y était venu avec ses ap­pareils photo, je me souvins qu’il tenait, attenant à son imprimerie, un petit magasin de photographe.

Le mercredi suivant, puisque je ne travaillais pas, je pris le car et me rendis dans la ville où il exerçait. J’entrai dans sa boutique, me dirigeai vers le comptoir, nous nous souriions, complices. Une maman prenait rendez-vous pour faire « la photo annuelle des enfants ». Quand elle sortit, je posai la photo sur le comptoir. Il la regarda attentive­ment, mais ne répondit pas à ma question. Il caressait la photo du regard, la scrutait sous tous les angles avec une excitation qu’il ne cherchait pas à dissimuler. Notre conversation ressemblait à un dialogue de sourds, mais j’y prenais un plaisir fou.

Qui vous a déposé ça ?

Oh ! Quelle belle prise de vue !

Qui vous a remis la pellicule ?

Oh ! Regardez… si l’on observe bien…

Je n’arrive pas à savoir qui…

Quel heureux homme ! Regardez la délicatesse…

Ne me faites pas languir ! C’est vous qui avez fait ces photos ?

… la délicatesse de ce sexe qui s’ouvre… Hélas, non ! Je n’y étais pas…

Il caressait la photo du bout de l’index et déglutissait bruyamment. Je posai ma main sur la sienne, plantai mes yeux dans les siens, me penchai par-dessus le comptoir pour lui demander de ma voix la plus féline, la plus sexy, s’il bandait dur en me ma­tant ainsi. Il libéra sa main, prit un ton professionnel.

Je vais consulter mes registres pour retrouver la trace de cette commande

Il se retourna et partit dans l’arrière-boutique. Je sursautai en entendant tinter la clo­chette de la porte. Un client était entré et s’approchait dans mon dos. Je n’eus que le temps de poser ma main sur la photo pour la dissimuler à sa vue. Je savais que si je me retournais, ce client lirait mon trouble sur mon visage. Il était tout près de moi quand il me dit

Quand tu te penches ainsi, mets au moins une culotte, Monique ! Sinon, tu vas tous nous rendre fous de désir !

En disant ces mots, le Balafré glissa la tranche de sa main entre mes cuisses.

C’était toi ? !

Tu es déçue ?

Tu sais bien que non !

L’imprimeur revint, un vieux registre à la main et le sourire aux lèvres.

Que puis-je faire pour ces messieurs-dames ?

Je me dirigeai vers la porte de la boutique, tirai le verrou, retournai le panonceau qui indiqua dès lors que le magasin était fermé, revins vers le comptoir et répondis à sa question.

Une séance photo, par exemple… !

Le Balafré marmonna un juron enthousiaste. Il ne travaillait pas ce jour-là. Nous sui­vîmes l’imprimeur dans son studio photo.

Le Balafré et Monique se dévoilent sous l’objectif du photographe