Chroniques matrimoniales – L’anniversaire de Catherine – Troisième partie

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Milo Manara

Puisqu’il était mon mari d’un soir, le Balafré m’invita à rejoindre les amants qu’il m’avait réservés dans un boudoir plus adapté à l’exercice. Je voulus regarder ce qui se passait dans le salon, mais Christian me dit que la vue serait plus instructive là où j’étais attendue et il avait raison !

Même si les réjouissances n’avaient pas encore débuté, je prenais un plaisir trouble à les observer dans l’intimité. J’entendais leur conversation et je m’en voulais un peu de leur voler ces secrets, de les offrir en pâture à tous ces hommes. Mais le Balafré, Christian et Joseph surent trouver les mots pour me déculpabiliser « Si Catherine ignore tout de la surprise, Alain l’a organisée… il saurait interrompre leurs confidences s’il les jugeait trop intimes ».

Le Nettoyeur fit son entré, nu, son sexe flasque s’anima quand le Chauffeur lui attacha les mains dans le dos.

– Voici la créature pour laquelle je requiers tes services

Il me regarda, comme un expert estime l’étendue des dégâts, parut satisfait, s’agenouilla devant moi et entreprit de me lécher afin de nettoyer le sperme qui, soit-disant, « souillait » mon pubis, mes cuisses, mes fesses. Bon sang ! Comme il savait y faire ! Ses petits cris, que j’aurais jugés ridicules en toute autre circonstance, m’excitaient follement et sa langue… Bon sang, sa langue ! Comment s’y prenait-il pour accéder au moindre de mes replis sans l’aide de ses mains ?

Quand le Balafré jugea que j’étais assez propre, il le chassa d’un geste méprisant de la main. Je n’eus pas le temps de lui en vouloir avant de réaliser que le Nettoyeur aimait être traité de cette façon.

La voix de Catherine retentit soudain, comme amplifiée par l’amour qui suintait de ses mots.

Tu fais de moi une reine ! Jamais un homme ne m’a offert ce que tu m’offres depuis… depuis ce soir où Monique est venue me chercher…

Je pouvais deviner les yeux d’Alain s’emplir de larmes.

N’oublie pas Paulo… sans lui…

Paulo m’a aimée, je l’ai aimé, j’ai cru crever de chagrin quand il est mort… Il m’a rendu ma dignité, mais toi… ! Sans Paulo, je ne sais pas ce que je serais devenue, mais sans toi… Monique n’aurait jamais su que j’existais, elle n’aurait jamais réussi à me convaincre… Je n’aurais jamais vu ce reflet dans tes yeux, tant d’amour dans ton sourire… Tu veux que je te dise ? Au plus tu me baises, au plus on partouze, au plus tu me rends ma virginité !

Je devinais l’éclat du regard d’Alain dans le sourire de Catherine, à la façon dont leurs doigts se taquinaient.

Tous à l’abri ! Alain doit bander si fort que la table va se fracasser contre les murs !

Je me retournai vers le Bavard avec l’intention de lui faire les gros yeux, mais ses bras croisés, ses mains puissantes, son sourire transformèrent mes reproches en un « Prends-moi ! » qui me stupéfia. Il éclata de rire.

M’est avis que ce n’était pas ce que tu voulais me dire…

Que veux-tu ? Je regarde tes mains et…

– Et?

Je me collai à lui, pris sa main, la posai sur mon pubis, la laissai glisser entre mes cuisses.

–  Et !

– Boudiou ! T’es toujours trempée comme ça ou c’est moi qui te fais cet effet ?

Je répondis par un regard plein de sous-entendus à sa question, qui n’attendait aucune réponse. Nous nous échauffions souvent ainsi. J’avais appris à aimer ses bavardages, ses commentaires, ses mots grossiers, la façon dont il me rudoyait verbalement. J’avais appris à lui répondre dans la même tonalité, il aimait autant mon accent, mes expressions parisiennes que j’aimais son accent, ses mots provençaux. Nous nous entendions parfaitement sur ce point dès notre deuxième ou troisième entrevue. Il regarda un après l’autre, les participants à notre sauterie.

C’est pas avec eux… en effet… la Nine parisienne a besoin des mains d’un paysan… Boudiou ! Souris pas comme ça !

–  Ou… ?

Il me bouscula, me renversa sur ce grand lit et me tripota, me tâta dans une suite de caresses râpeuses à souhait…

– Boudiou ! J’ai envie de te prendre de partout !

S’adressant à Christian, il lui demanda

–  Comment tu veux que je te la prenne, ta Monique ?

– Ce soir, c’est à lui qu’il faut demander

Le Balafré s’approcha de nous et sortit de son silence.

–  Montre-nous comment un paysan provençal culbute une petite parisienne prétentieuse !

–  Mais… je ne suis pas prétentieuse !

–  On t’a demandé quelque chose, à toi ? Tout le monde le sait ! Les parisiennes sont prétentieuses comme les provençaux sont…

–  Montés comme des bourricots ?

Cette dernière saillie me valut celle, rugueuse, du Bavard. Bon sang ! Comme ses mains puissantes, comme son sexe épais parvenaient à m’ouvrir totalement, comme j’aimais me sentir envahie, pleine de son corps…

–  Boudiou, capoune ! Si t’attends pas un peu pour jouir…

S’adressant au Balafré, il poursuivit

–  Faudra que tu la dresses un peu… han ! lui apprendre les bonnes manières…

Il me claqua la cuisse pour me donner ma « première leçon ».

–  La politesse, c’est d’attendre que je sois tout en toi, quelques va-et-vient avant de jouir !

–  C’est ma faute à moi, si tu me fais jouir rien qu’en m’approchant ?

–  Mais c’est qu’elle répond !

J’étais submergée par toutes ces sensations, les mots du Bavard m’électrisaient, ses mains calleuses qui me pétrissaient, ses va-et-vient brutaux et sensuels me rendaient folle de plaisir, je jouis une fois encore en m’exclamant

–  C’que tu me baises bien ! C’que tu me baises bien…

–  Boudiou ! Regarde ce que tu as fait ! Tu aimes ça, coquine ? Tu aimes que je me vide les couilles dans ton petit con ?

Oui, j’aimais ça et j’aimais presque davantage qu’il l’exprimât ainsi ! Le Balafré succéda au Bavard, me prit de la même façon, alla et vint en moi le même nombre de fois, se plaignit de mon insolence, me menaça de sanctions effroyables. Je venais de demander si je devais nettoyer l’outil du Bavard ou si le Nettoyeur s’en chargeait également. Je savais pertinemment ce qu’il m’en coûterait. Aucun d’entre eux n’était homophobe, pour autant ils n’étaient pas « gay friendly » comme on dit maintenant.

Je suçai le sexe mou du Bavard pendant les va-et-vient de mon mari d’un soir. J’avais hâte qu’il mette ses menaces à exécution « Elle m’a traité de pédale ! Attends un peu que je rebande et je te montrerai ce que je leur fais, moi, aux pédales ! » J’étais ravie d’avoir atteint mon but, mais alors que le Nettoyeur s’apprêtait à rendre mon sexe tout propre, Christian nous avertit « Attention mesdames et messieurs, dans un instant, ça va commencer ! »

Je me blottis dans ses bras pour assister au spectacle. Le majordome venait d’apporter le gâteau d’anniversaire et Alain l’engueulait comme du poisson pourri, lui reprochant d’avoir oublié les bougies. Catherine voulut l’interrompre, elle marmonnait « Mais c’est pas grave… » Ce qui sembla mettre Alain hors de lui.

–  Mais si c’est grave ! Vai ! Retourne en cuisine et ne reviens pas sans les bougies !

Je lus un mélange de déception, de lassitude et de tristesse dans le regard de Catherine. Je savais qu’elle pensait « Mais pourquoi a-t-il tout gâché ainsi ? » Elle allait le lui dire quand il s’exclama « Ah ! Voilà qui est mieux ! » Catherine restait figée, comme statufiée, elle ne pouvait donc pas voir ce qui se passait dans son dos. Que la voix d’Alain était douce quand il lui demanda de regarder derrière elle ! Mais Catherine ne bougeait pas. Alors, il fit signe aux « bougies ». Quand elle vit tout ces hommes-bougeoirs s’approcher d’elle, une chandelle à la main, qu’Alain cria à pleins poumons « JOYEUX ANNIVERSAIRE, MA CATHERINE ! », elle éclata en sanglots. « Ne me refais plus jamais un coup comme ça ! » Puis, après avoir estimé la « marchandise » d’un oeil maquignonnesque, se ravisa et laissa enfin retentir son rire joyeux, elle se leva d’un bond et Alain l’imita.

–  Elle te plaît, ma surprise ?

–  Peuchère ! Faudrait être difficile !

Comme un général passe ses troupes en revue, elle avait ce geste que je trouvais terriblement excitant à chaque fois, comme si elle soupesait les couilles de ses futurs partenaires avant de taquiner leur sexe du bout des ongles…

–  Tu t’y attendais pas, hein ?

–  Comment j’aurais pu ? ! Vé… je peux le choisir ?

–  Mais ils sont tous pour toi !

–  Ouh… fan… ! Quand je raconterai ça à Monique… !

Alain nous fit le signal convenu et nous fîmes notre entrée en hurlant « JOYEUX ANNIVERSAIRE, CATHY ! » Elle aurait voulu rouspéter, mais l’émotion l’étreignit, elle nous embrassa donc en nous remerciant. Puis, remarquant le Nettoyeur « Toi aussi, tu vas te régaler, ce soir ! »

–  Lequel tu veux, Monique ?

–  Aucun ! C’est ton cadeau, pas le mien ! Ils sont tous pour toi et rien que pour toi !

–  Viens ici que je t’embrasse…

Elle me roula une pelle sous les murmures admiratifs et excités de tous ces hommes.

–  Tu choisirais lequel en premier ?

J’aimais ce jeu ambigu où nous traitions les hommes comme des objets. Je m’approchai de celui qu’elle avait désigné plus tôt, lui tournai autour, inspectai ses mains, ses fesses, ses dents, soupesai ses couilles… « Celui-ci me semble pas trop mal pour commencer… » Le Notaire prit la parole

–  Voici le programme des réjouissances, Catherine. Tu fêtes tes 33 ans ce soir, 33 bougies seront allumées les unes après les autres, c’est le temps dont disposera chacun des « bougeoirs » pour t’honorer. Nous autres t’observerons derrière ce miroir (il désigna le plafond) et nous amuserons de notre côté. Tu ne nous entendras pas, mais nous pourrons nous régaler du chant mélodieux de ton plaisir. Tu vois cette petite clochette ? Elle nous servira à signaler au Nettoyeur que nous requérons ses services. Si, par le plus grand des hasards, il n’était pas à tes côtés et que tu aies besoin d’une petite toilette intime et linguale, il te suffira de taper deux fois dans tes mains, notre majordome le mènera alors près de toi. Nous espérons tous que tu trouveras ce programme à ton goût.

Il allait lui faire la bise de « passe une bonne soirée, chère amie » quand Alain et Christian lui firent les gros yeux.

–  Je vous prie d’accepter toutes mes excuses, j’ai failli oublier un point sur lequel Alain et Christian ont particulièrement insisté ! Si l’un de ces hommes ne te procurait pas tout le plaisir que tu souhaites, il te suffira de l’indiquer à ton époux qui soufflera alors la bougie afin de l’éteindre.

–  Co… comment vous remercier ?

–  En prenant tout le plaisir que tu mérites, Catherine !

Émue, elle se précipita dans les bras de Christian, l’embrassa avec fougue « Je saurai m’en souvenir ! » Même si ça peut paraître étrange, j’aimais qu’ils s’aimassent ainsi, j’aimais que Christian soit amoureux de Catherine, j’aimais que Catherine le soit de Christian et qu’ils l’affichassent avec autant de naturel.

Joseph se racla bruyamment la gorge pour attirer notre attention.

–  Il est temps de laisser notre charmante Catherine profiter de ses joujoux, les amis !

Ma fibre féministe vibra de contentement à l’écoute de cette comparaison. Je lui fis un clin d’oeil qui empourpra le haut de ses oreilles et l’invitai à me prendre la main pour monter à l’étage où j’allais, où nous allions jouir en petit comité.

Dans l’escalier étroit à souhait, je lui demandai, d’une voix câline, de me tripoter avec ses mains coquines.

–  Oh, ma chère Monique ! Votre souhait me comble de joie ! Regardez comme…

Je baissai les yeux, mais je ne pouvais voir son érection entre les plis de son pantalon, je me plaignis du manque de lumière, mais Joseph eut cette réponse

–  Monique, ma chère Monique, le mensonge ne vous va pas au teint ! Pourquoi chercher une mauvaise excuse ? Mon phallus est tout petit, c’est un fait qu’aucun de nos amis ignorent, mais vous me vexeriez davantage en le niant ! Répondez-moi, vous offre-t-il tout le plaisir dont vous avez envie ?

J’opinai.

–  Et bien voilà ! C’est tout ce que je lui demande ! Vous combler en m’offrant du bonheur !

J’ai eu de nombreux partenaires, certains étaient complexés par la taille de leur sexe ou de leurs performances, Joseph était le seul qui aurait eu de réels motifs de complexes, pourtant il n’en a jamais souffert.

Quand nous pénétrâmes dans la chambre où nous allions passer le reste de la soirée, je fus saisie d’un frisson de désir. Je ne saurais en expliquer la raison précise, était-ce la perspective de ces réjouissances ? Était-ce le velours rouge carmin qui recouvrait la pièce du sol au plafond ? Était-ce cette odeur capiteuse comme un parfum subtil et sulfureux ? Étaient-ce ces gravures odieusement pornographiques ? Étaient-ce cette cage et cette croix de Saint-André disposées face à face, chacune à un coin de la chambre ? Était-ce ce matelas surprenant au milieu de la pièce, très épais en forme de fleur à six pétales dont le coeur était en réalité un coussin amovible ?

–  Allonge-toi, Monique ! Enlève le coussin et profite de la vue !

J’obéis au Chauffeur, la première bougie était à demi consumée, Catherine ondulait en criant « Un autre ! J’en veux un autre dans ma bouche ! » Alain lui demanda « Lequel ? » D’un geste de la main, elle en désigna un, qui s’approcha, tendit sa bougie au majordome qui l’alluma avant de la mettre sur le chandelier prévu à cet effet. Je sentais les mains de Joseph courir sur mon corps, je levai la tête et ma bouche gourmande accueillit le sexe du Chauffeur. Christian et le Balafré parlaient ensemble, mais à mi-voix, ce qui m’interdit de comprendre ce qu’ils mijotaient.

Les festivités se prolongèrent jusqu’au matin.

En suggérant à Alain ce cadeau d’anniversaire pour sa Catherine, je n’aurais jamais imaginé les répercussions que cette fête eut sur nos vies.

Après les fêtes, il y a toujours les lendemains de fêtes…

 

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