Instantané – Rêverie automnale

Trois petits glands au creux de ma main, trois jolis glands dans ma douce bouche…

Existe-t-il plus belle perspective que celle de trois glands au milieu des bois ?

Trois glands unis dans le même désir d’être frôlés par des doigts habiles, puis délicatement touchés, avant d’être goûtés par une bouche gourmande…

Trois glands convoités, trois glands dont on a une telle envie qu’on pourrait perdre l’équilibre pour les atteindre…

Bonheur et espoir partagés…

La mésaventure arrivée à ces deux chenapans qui ont voulu se faire passer pour des grands…

Entre Harley et Davidson

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William Harley, Arthur Davidson en 1914

Une photo déjà vue mille fois sur Twitter, William Harley et Arthur Davidson sur leur engin en 1914… et je pense à la chanson que Gainsbourg avait écrite pour Brigitte Bardot

Et je commets l’irréparable, que voici !

Je n’ai besoin de personne
Entre Harley et Davidson
Je n’reconnais plus personne
Harley ou Davidson ?
Les quatre fers en l’air
Et voici que je quitte la terre
C’est p’tète pas le paradis
Mais j’prends un pied d’enfer !

Je n’ai besoin de personne
Entre Harley et Davidson
Je n’reconnais plus personne
Harley ou Davidson ?
Leur bite entre mes seins,
Il faut dire qu’elles y sont bien
Je préfère bien mieux leur vit
Qu’un baiser sur la main !

Quand je sens tôt le matin
Les trépidations de leur grosse pine
Il me monte du plaisir
Dans le creux de mes reins

Je n’ai besoin de personne
Entre Harley et Davidson
Je n’reconnais plus personne
Harley ou Davidson ?

Ils font bouillir mon sang
À deux, à trois, à dix, à cent
Putain, qu’ils me font jouir
Des orteils jusqu’aux dents !
Putain, qu’ils me font jouir
Des orteils jusqu’aux dents !

Instantané – Tapage diurne

Putain ! J’en peux plus de cette vie de merde ! J’en peux plus de ma condition de poisson ! J’aimerais bien, moi aussi, profiter des rayons du soleil, me goberger sur une feuille de nénuphar, coasser pour attirer les femelles et quand j’aurais un petit creux, tirer une langue à faire pâlir d’envie les adeptes du sexe oral et choper au vol le premier insecte passant dans mon champ visuel… Putain ! Je donnerais dix jours de ma vie pour être une grenouille… !

Au lieu de ça, je ne suis qu’un poisson… un poisson caméléon puisque mes couleurs varient… Je suis un poisson vert quand j’ai peur, un poisson rouge quand je bous de colère, je suis parfois blanc comme un linge, quand j’ai faim, je broie du noir… bref, rien qu’à ma couleur, on peut deviner ce que je ressens…

J’ai une vie de merde, quand j’y pense… tiens, rien que de manger… ces connards de batraciens peuvent bouffer tout ce qui passe à leur portée, mais moi… ! Moi, quand j’ai faim, et que je vois passer devant moi une proie appétissante, j’ai toujours la crainte qu’après l’avoir croquée, je disparaisse comme les autres… ceux qu’on voit s’envoler au-dessus de l’eau et qui ne reviennent jamais…

– C’EST PAS UN PEU FINI, CE BORDEL ? ! (dessin de Claude Serre)

Mon seul réconfort, c’est le sommeil… fermer les yeux et rêver, rêver de caresses sur mes écailles, rêver de baisers subaquatiques, imaginer des cris de plaisir… imaginer que je suis une grenouille sur une feuille de nénuphar… une grenouille amoureuse… qu’elles me semblent heureuses les grenouilles qui batifolent sous la pluie !

Seulement voilà, les grenouilles amoureuses sont bruyantes… Putain, elles font chier ! J’en peux plus de cette vie de merde… allez, à mon tour de leur pourrir la vie ! Ça ne changera rien à la mienne, mais le malheur d’autrui me réconforte…

On respire un grand coup ! Peut-être cela suffira-t-il à chasser le trac…