Chroniques matrimoniales – Tout finit par des chansons

Nous roulions depuis peu quand nous aperçûmes Rosalie qui revenait du village, le Balafré lui proposa de la déposer, ce qu’elle refusa

– Je préfère marcher un peu, mon garçon !

Devant son air dépité, elle eut un sourire amusé, sembla le reconnaître.

Mais ne serait-ce donc pas le jeune Sherlock Holmes qui pense avoir reconnu qui se cachent derrière les surnoms que j’ai donnés ?

Elle l’invita à la suivre, je restai seule dans la voiture et les regardai s’éloigner avec des airs de conspirateurs. Je ne distinguais que la danse de leur dos, le Balafré enfonça ses poings dans ses poches, shoota dans un caillou, l’air satisfait. Rosalie lui ébouriffa joyeusement les cheveux, puis ils revinrent vers moi.

– Il avait vu juste ?

– Oui !

– C’était qui ?

– Ça, ma petiote, c’est à lui de te le dire !

Rosalie m’embrassa, me fit un clin d’oeil et s’en alla en sifflotant. Le Balafré prenait tout son temps, je décidai de le laisser profiter de cet instant. Au bout d’un temps qui me parut durer une éternité, en réalité ce n’était qu’une poignée de secondes, je n’y tins plus.

Alors ? C’était qui ?

Le Balafré sourit, mais demeura silencieux.

– Tu vas me le dire ?

– N’y compte pas !

Le Balafré démarra la voiture, comme si de rien n’était, comme s’il ne me laissait pas sur des charbons ardents. Je jouais toute une gamme de supplications pour le faire infléchir. Tout d’abord, je pris un air de chien battu, tentant de faire trembler mon menton, joignis les mains dans une prière improbable, plissai les yeux en espérant faire jaillir une larme, pris un ton pleurnichard.

S’il te plaît…

Le Balafré me regarda et se contenta de sourire. Je me fis câline, pris ma voix la plus douce, lui caressai la joue d’une main légère.

– S’il te plaît… allez… dis-le moi… !

Le Balafré prit une profonde inspiration, me regarda entre tendresse et émotion, son joli sourire jurait avec le non qu’il faisait de la tête.

Nous étions arrivés devant la maison quand j’eus l’idée du siècle, l’argument auquel il ne pourrait résister. Je me fis intransigeante et tandis que nous entrions dans la salle à manger, le menaçant d’un index sévère, lui dis

– Je te préviens, si tu ne me dis pas immédiatement qui c’est, tu n’auras plus jamais… plus jamais tu entends ? Tu n’auras plus jamais droit à mes faveurs ! Plus jamais je ne te sucerai, plus jamais je ne te caresserai, plus jamais je ne t’offrirai mon corps, mon cul, ma chatte, ma bouche… plus rien ! Et qui sera bien puni ?

Le Balafré éclata de rire, me fit signe d’approcher, descendit sensuellement la fermeture Éclair de son pantalon, sortit sa queue déjà dure et gonflée, il caressa du bout du doigt la longue cicatrice brune. Je sentis une bouffée de désir s’emparer de moi, je savais que mes yeux brillaient, que mes joues s’empourpaient, ma langue humectait mes lèvres… comme j’avais envie de lui ! Je levai les yeux, il me sourit et en silence fit mine de se rhabiller.

Tu as posé la bonne question, Monique ! Lequel de nous deux sera bien puni ?

Je le renversai sur le canapé en le traitant de salaud, avant de rire avec lui quand Christian fit son entrée.

– Ai-je bien entendu le mot « punition » ?

Je sus immédiatement sur qui elle s’abatterait… Ils montèrent à l’étage chercher le banc. Je les entendais rire et chuchoter assez fort pour que je sache qu’ils conspiraient, mais trop bas pour que je puisse savoir ce qu’ils mijotaient.

Depuis mon installation au village, j’avais pris goût au rituel de l’apéro. Chez mes parents, on ne servait l’apéritif que pour les grandes occasions, anniversaires, Noël, diplômes ou les rares réunions familiales auxquelles ne participaient que ma famille paternelle. Je ne les appréciais pas plus que ça, l’ambiance guindée faussement décontractée, les petits fours en quantité insuffisante qu’on devait manger avec parcimonie pour ne pas prendre le risque de se couper l’appétit et je n’avais droit qu’à un verre de soda.

Je n’avais jamais bu de Pastis avant que Christian m’y fasse goûter. Ici, j’avais aussi appris à aimer la simplicité des tartines de pâté, de tapenade, les olives et les éclats de rire, l’odeur de l’anis, le bruit des glaçons qui s’entrechoquent… J’aimais beaucoup les préparer, surtout quand je devais les improviser. Je chantonnai ce tube dans la cuisine tout en écoutant Christian et le Balafré installer le banc, il me fallut un peu de temps avant de remarquer qu’ils en sifflaient la mélodie.

Quand j’entrai dans la salle à manger, je les trouvai installés devant la table. Ils avaient sorti une piste de dés et semblaient vouloir débuter une partie de 4 21. Je m’exclamai

– La Provence dans toute sa splendeur ! Soleil, pastis, partie de dés, deux beaux mecs à l’accent chantant… que rêver de mieux ?

Ils se regardèrent, complices, un sourire coquin s’épanouissait sur leur visage, mais je me souvins de la sanction que j’avais promise au Balafré… pensant trouver un soutien auprès de Christian, je me plaignis et lui annonçai fièrement.

– Pour toi, c’est d’accord, mais lui… NON ! Il ne le mérite pas ! Tu sais, il ne veut même pas me dire qui il a reconnu !

– On a qu’à jouer ça aux dés !

L’idée me parut excellente. Nous inventâmes cette règle, un mélange de 4 21 et de strip-poker. À chaque tour, le vainqueur donnait un gage au perdant qui devait l’exécuter. Christian remporta la première manche et demanda au Balafré de retirer son tee-shirt. J’étais un peu dépitée parce que j’avais cru qu’il lui demanderait de répondre à la question qui me taraudait. Je râlai un peu pour la forme, mais au fond de moi, cette attente m’excitait beaucoup, je la trouvais plaisante.

Je perdis le deuxième tour, remporté par Christian.

– Ôte un de tes vêtements !

– Mais je ne porte qu’une robe !

– Comme ça, tu ne perdras pas trop de temps à réfléchir !

J’aurais voulu protester, ne serait-ce que par principe, mais un rayon du soleil couchant fit étinceler l’alliance au doigt de Christian, alors je lui dis « Oh Christian… comme je t’aime ! » Ce qui les surprit.

Nous étions tous trois dévêtus quand je pus enfin obliger le Balafré à me répondre. Malheureusement, les verres que j’avais bus entre temps avaient produit leur effet et je m’embrouillai

– Donne-moi un indice !

Soulagé, il me répondit

Un indice ? La Provence ! Oui, au moins l’un d’entre eux était provençal !

Non ! Non ! Non ! Tu dois me dire qui exactement !

Le Balafré fronça les sourcils.

Tu n’as droit qu’à un gage !

– Tu n’es pas dans ta classe et je ne suis pas ton élève !

Quoi ? Quoi ? Quoi ? Rébellion ? On trace des rails de train dans la purée ? !

Cette phrase, qui ne voulait rien dire, fut dès lors comme un mot de passe entre nous trois. Mot de passe annonciateur de rieuses sanctions.

Je pris un air contrit, me levai et présentai mes fesses au Balafré pour recevoir une fessée « bien méritée », c’est alors que le jeu prit une toute autre tournure. Christian proposa de me bander les yeux, que je m’installe sur le banc, pendant qu’ils lanceraient les dés, le vainqueur ferait autant de va-et-vient qu’il aurait marqué de points.

Je me mis à quatre pattes et entendis rouler les dés. Le Balafré remporta la première manche, fit 12 mouvements dans ma « petite chatte si accueillante ». Christian remporta la suivante, 10 va-et-vient seulement.

– Encore, mon chéri ! Ne t’arrête pas !

Une claque sur mes fesses « pour t’apprendre la politesse ». Je me cambrai. « Et en plus, elle en redemande ! ». Je m’enivrais de ce mélange de sensations, aveugle, je cherchais à deviner à combien de va-et-vient j’aurais droit. Christian remporta une bonne dizaine de manches successives, je le reconnaissais à ses pénétrations, mais avant tout à sa façon de poser sa main sur mon épaule.

Mais c’est toujours toi qui gagnes ou tu joues tout seul ?

Christian éclata de rire. Ils relancèrent les dés.

Ma parole, tu as une chance de…

Une chance de cocu ?

Je me raidis, faillis arracher mon bandeau.

Ne dis pas n’importe quoi, mon chéri ! Tu n’es pas cocu ! C’est comme ça que tu aimes et c’est comme ça que j’aime ! Tu serais cocu si je faisais ça dans ton dos, en te jurant l’exclusivité ! Nous, c’est pas pareil, c’est… du partage !

Tu as raison, je ne suis pas cocu, mais ça m’amusait de le dire…

Il se retira… zut ! Cette fois, il n’avait marqué que 7 petits points… Mais après être sorti de ma chatte, il me demanda d’ouvrir « ta jolie bouche pleine de sagesse ». Encore 6 va-et-vient, juste assez pour me faire saliver de désir. Je m’en plaignis pour la forme et les suppliai de me prendre tous les deux, je n’en pouvais plus de ces coïts interrompus… Les dés roulèrent et je reconnus enfin le Balafré.

Ah ! C’est pas trop tôt !

Une claque sur mes fesses.

Merci !

Quand je te disais qu’elle adore ça !

Je ronronnais, miaulais, grognais, j’aimais sentir mes chairs s’ouvrir pour accueillir leur membre, leurs doigts, j’aimais ces baisers tendres sur ma bouche qu’ils m’offraient en supplément.

Quand je jouis pour la première fois, je surpris Christian qui allait et venait lentement, profondément en moi. Alors, le jeu connut une première variante : quand le vainqueur de la manche me prenait, il devait s’efforcer de me faire jouir dans le temps imparti, ils me connaissaient assez pour savoir quelles caresses, quelles morsures me propulseraient vers l’orgasme. Juste avant de me faire jouir, le vainqueur faisait un signe au perdant qui forçait mes lèvres de son gland. Je me sentais tellement fière de leurs compliments, n’importe qui les qualifieraient d’obcènes, mais je les recevais comme autant de marques de respect, parce que c’en étaient.

Il y eut quelques matchs nuls, je devais désigner le vainqueur, mais à chaque fois je demandais « les deux en même temps ! ». Je faillis pleurer de bonheur quand, après le premier « ex-aequo » et mon premier « les deux en même temps ! », Christian s’exclama

Ô ma Monique, mon amour, si tu savais comme je t’aime !

Et que le Balafré lui répondit

Quel veinard tu fais ! Monique est une déesse de l’amour !

Mon estomac se mit à gargouiller et je réalisai que nous n’avions toujours pas dîné. Christian voulut préparer de quoi grignoter un peu, mais le Balafré lui dit « Laisse, je m’en occupe ! » et partit dans la cuisine en chantonnant. Qu’il était bruyant ! À croire qu’il prenait une casserole pour taper sur une autre ! Il claquait les portes des placards avec une telle force que je faillis lui demander de faire attention, mais les baisers de Christian, ses caresses sur mes seins, sur mon ventre, me firent jouir si fort que j’oubliais tout le reste.

Christian jouit en moi, en me remerciant de tout le bonheur que je lui offrais, d’être la femme que j’étais, me répétant son amour.

Reste en moi, mon amour !

Mais le Balafré était déjà de retour… Christian se retira pour lui laisser la place, ses doigts écartaient mes petites lèvres, il prenait son temps, regardait ma chatte pleine du sperme de son ami, le bout de son gland à l’entrée de mon vagin, il me prit au ralenti, millimètre par millimètre… je m’exclamai

Aloune ? !

Un éclat de rire général retentit.

– Ô pute vierge, je suis démasqué ! Pas moyen de te baiser incognito ! Mais ne m’appelle plus « Aloune », je m’appelle Alain !

C’est bien ce que j’ai dit… Aloune…

Tiens, voilà pour toi, petite impertinente !

Alors que je me cambrai pour accueillir la fessée, Alain me pénétra de tout son long, d’un seul coup de reins. Sous l’effet de la surprise, je relevai la tête et ma bouche s’ouvrit. Catherine en profita pour me rouler une pelle.

– Ô pute vierge, elles se gouinent encore !

D’une voix féline, terriblement sensuelle, Catherine demanda « Y’en a que ça dérange ? » avant de détacher le bandeau qui me masquait la vue. Qu’elle était rayonnante ! Nos regards se croisèrent, elle me sourit, nous nous comprîmes sans avoir à parler. Elle s’approcha de moi, je me redressai un peu, la queue énorme d’Alain toujours en moi et dégrafai un à un les boutons de sa robe, libérant ainsi sa magnifique poitrine opulente que j’aimais tant. Je léchai un de ses seins, caressai sa joue avant de demander à mon tour « Y’en a que ça dérange ? »

– Les diablesses ! Vé… elles me refont bander !

Christian exhibait son sexe gonflé, il rayonnait de bonheur. Le Balafré corrigea son propos

Plus qu’à des diablesses, nous avons affaire à deux déesses… les déesses de l’amour…

Il lança les dés et annonça « nénette ! ». Je ne sais pas si tu connais les règles du 4 21, «nénette » c’est le plus petit nombre de points qu’un joueur puisse faire 2,2,1. En l’annonçant, le Balafré reconnaissait sa défaite, Christian s’approcha de Catherine, souleva sa robe déjà déboutonnée et constata, ravi, qu’un homme avait déjà joui en elle, puis, se ravisant « ou peut-être deux ? Où préfères-tu que je te prenne, belle Cathy ? » La réponse collective fusa « Dans le cul ! ». Catherine resplendissait, heureuse de nous savoir enchantés qu’on l’aime pour ce qu’elle était, une femme à l’appétit sexuel insatiable, une femme qui prenait plaisir à en offrir. Elle m’embrassa amoureusement, nous étions semblables, mais nous ne fûmes jamais rivales, nous nous aimions avec naturel et simplicité, avec une évidence que nous n’avons jamais cherché à qualifier, à expliquer.

Oh oui, Christian ! Comme ça… !

Puis, me regardant

Il encule vraiment bien, ton mari !

– Le tien aussi… quand il daigne honorer mon cul… !

Té, Monique ! S’il n’y a que ça pour te faire plaisir…

Je sentis son doigt sur mon petit trou, comme si du pouce, il voulait en éprouver la souplesse. Il se retira presqu’à regret de ma chatte et me prit les fesses. Malgré la taille monstrueuse de sa queue, il savait s’y prendre pour que ce ne soit jamais douloureux. J’avais fermé les yeux pour mieux profiter de cette sensation et quand je les rouvris, je fis signe au Balafré d’approcher. Nous le suçâmes tout en continuant à nous embrasser à la salope.Dessin_1443

Ô pute vierge ! Elles me font venir ! Je viens… ! Je viens !

Alain voulut se retirer, mais je le supplai

Non ! Pour une fois, je veux tout dans mon cul ! Tout rien que pour m… ooohhh… c’est si bon quand tu… ooohhh…

Pour me faire taire, mon mari attrapa la queue du Balafré et me l’enfonça dans la bouche. Catherine criait son plaisir, encourageant Christian, le félicitant « Comme tu m’encules bien, Christian ! Au plus tu me baises… aaahhh… au plus… ooohhh… tu me fais jouir ! ». Quand Alain se retira, il écarta mes fesses pour que ses comparses puissent admirer « son oeuvre ». Le Balafré toucha mon anus d’une caresse légère, ce qui me fit jouir. Mon orgasme déclencha le sien, suivi de peu par celui de Christian.

Nous étions tous les cinq repus de plaisir. J’ai toujours aimé ces moments post-orgiaques, comme les nommait le Notaire, ces moments où nous nous affalions dans les bras des uns les autres, où nos caresses et nos baisers n’avaient pour toute fonction que de nous apaiser… Je demandai à Catherine s’ils voulaient partager notre repas.

Tu as vu l’heure, Monique ? Non, nous avons déjà dîné ! Nous sommes venus pour vous dire que nous ne serons pas là ce week-end…

Elle regarda Alain avec un amour infini.

Parce que mon mari m’offre un week-end romantique, rien que tous les deux en amoureux pour mon anniversaire !

Nous les félicitâmes. J’aidai Catherine à se rhabiller, caressant sa poitrine si excitante, je l’embrassai et lui souhaitai en avance un joyeux anniversaire. Quand ils sortirent de la maison, Christian ouvrit la fenêtre et leur cria « À dimanche soir, alors ! », puis se retournant, il demanda au Balafré

Que fais-tu ce soir après dîner ?

Sur le même ton, tout en me désignant, il lui répondit

J’aurais tant aimé bien l’enculer… !

Et arriva enfin le moment où Le Balafré demanda à Monique d’exaucer son vœu

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