Instantané — Langueur matinale pré-hivernale

Je vais être en retard, mais j’ai la flemme et je m’en fous… ce que je nomme la floumme… Je regarde par la fenêtre… Et maintenant, je me tâte…

J’étais pourtant bien décidé à mordre cette journée à pleines dents… Nu sous mes draps, de mon côté du lit… elle s’est levée… je dormais encore, mais devais être en train de me réveiller, puisque son côté était encore tiède quand j’y ai posé ma main… j’ai fermé les yeux, me suis souvenu de notre première longue nuit d’amour depuis nos retrouvailles… l’odeur de sa peau usée par son parfum, un peu trop cuiré à mon goût, malgré tout si bandante m’a donné une furieuse envie de sentir sa respiration haletante sur mon nombril… ma main a glissé sous mes draps et je me suis tâté… une première fois… longuement…

Puis je me suis motivé, j’avais encore du temps devant moi, autant en profiter, partir en avance, prendre mon petit déjeuner à la terrasse d’un café… j’ai repoussé le drap et je me suis demandé si la météo serait assez clémente pour ça… la douceur du soleil frileux de ce presque hiver, sa lumière m’ont fait penser à l’éclat de ses yeux quand elle souriait, à l’instant précis où nous avons compris que cette nuit tout pouvait recommencer…

J’ai rabattu le drap sur mon ventre et je me suis tâté… pour la deuxième fois… doucement… lentement… pour que les frottements du tissu sur mon avant-bras, sur ma hanche me rappellent ses petits cris contenus, quand elle voulait me cacher son plaisir… comme si j’avais pu oublier sa façon de déglutir quand elle jouit !  C’est surprenant comme elle se pense insignifiante, comme elle n’a aucune conscience de l’empreinte qu’elle laisse dans la mémoire de ses amants… ! J’aimerais pouvoir en rire avec elle, mais le temps passant je sais que ça deviendrait usant…

J’ai trouvé la force de me lever, j’ai enfilé un jean, mais il était déjà trop tard pour envisager un café en terrasse… je m’en suis fait un « bien serré » que j’ai bu en regardant la rue s’animer… je devinais plus que n’entendais le bruit des talons de ces femmes pressées sur le trottoir d’en-face… j’ai senti le tissu râpeux de mon jean agacer la peau de mon sexe qui semblait vouloir s’étirer joyeusement… comme ces mouvements de gym qu’on fait pour se dérouiller… j’ai réalisé que je n’avais pas mis de caleçon… devais-je en mettre un ou, pour une fois, aller bosser nu dans mon pantalon ? Je ne savais pas… je me suis tâté… Il m’a semblé l’entendre rire et me taquiner, je me suis retourné, mais elle n’était pas là…

J’ai posé ma tasse sur le rebord de la fenêtre, j’ai fermé les yeux… concentré sur les sensations du bout de mes doigts, de mes ongles griffant ma peau, lissant mes poils… ses ongles, le bout de ses doigts m’ont manqué… j’ai souri en pensant à son souffle, à sa bouche, à sa langue gourmande, quand elle les posait là… un peu plus bas… La reverrais-je en « tout bien, tout bonheur » comme elle le disait en riant ? On ne s’est rien promis, on n’a rien voulu envisager… « Je veux être libre de m’envoler vers d’autres aventures sans avoir à me poser la question de la loyauté »… Dire que c’est parce que je craignais qu’elle ne me mette en cage que je l’ai quittée ! 

Je suis déjà en retard.. dois-je me lever ou rester à rêvasser, blotti dans ce nid de sensualité ? Je crois que je vais encore devoir me tâter…

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