Instantané – Sous la neige

#Mondaymotivation mon cul ! Aller au boulot avec cette tempête de neige, voir ce dessin et n’avoir qu’une idée en tête, faire demi-tour, monter les escaliers quatre à quatre, me précipiter dans la chambre pour voir si elle aussi est tombée « à la renverse ».


Instantané – Point « zen »

Après tous ces tourments, toutes ces colères, quand la fatigue s’est évaporée, je me blottis contre toi.

Tu m’embrasses, me consoles, m’embrasses à nouveau, me rassures encore. Je m’assieds sur ton canapé, ferme les yeux en attendant de découvrir quel film tu as décidé de me montrer. Tu t’installes derrière moi, te penches, me demandes de me laisser aller.

Je sens tes longues mains délicates et puissantes se glisser sous mon tee-shirt. Tu caresses mes seins avec douceur et habileté. Toutes les tensions s’envolent. Je suis bien. Au Paradis.

Dans un murmure, je te demande « Qu’y a-t-il de plus apaisant que tes mains caressant mes seins ? »

Je sens une pression sur ma joue. Dans un sourire, j’entrouvre mes lèvres et pense « Oui. La bite de ton pote dans ma bouche, c’est pas mal non plus ! »

Instantanés – À l’aube d’un dimanche estival

Nous nous sommes endormis, alors que j’aurais dû rentrer chez moi après cette fin de soirée où nous avons continué à étancher notre soif… ma soif de toi, de ton corps, de tes sourires, de la douceur de ton regard, ta soif de moi, de mon corps, de mes plaisanteries douteuses et de mes mots d’amour… Parviendrons-nous un jour à l’étancher ?

Épuisés de ces quelques nuits sans sommeil suivies de ces longues journées remplies comme l’agenda d’un kiné en banlieue parisienne, nous nous sommes assoupis, comme évanouis.

Que tes bras m’ont manqué ! Et ta peau ! Et ton odeur ! Nous nous sommes endormis comme si nos corps étaient des brins de coton tissés… la fenêtre était ouverte, le vent gonflait le rideau le transformant en une voile… je nous ai imaginés solitaires au milieu de l’océan dans une traversée romantique vers des plages paradisiaques…

Je me suis ébrouée en réalisant qu’il faisait déjà jour. Quelle heure est-il ? Mes lunettes étaient sur ta table de chevet, j’ai voulu tourner légèrement le radio-réveil pour savoir s’il était si tard que ça, mais je ne voulais pas te réveiller. Tu es si beau, quand tu dors un sourire aux lèvres…

Ça n’a pas manqué, en déplaçant le réveil, j’ai déclenché la radio ! C’est marrant qu’elle soit réglée sur France-Inter, je ne l’avais pas remarqué avant ce matin. Radio-réveil 7:30Tu as souri en entendant « Ils représentent 2% de la population française et se disent victimes de discrimination, les roux ont eu leur premier festival en Bretagne ce week-end. » Tu t’es tourné vers moi, m’as enlacée en me proposant de nous créer, rien que pour nous un festival off. Proposition que je me suis empressée d’accepter !

Instantanés – Impression, réveil charmant…

Jean-François Painchaud

Enfin !

Il est enfin revenu !

Il est enfin là, ce temps où l’air a la douceur de ton souffle sur ma peau, la fraîcheur du mien sur la tienne… !

Elle nous est revenue la saison où l’air se déplace avec la grâce qui précède tes caresses sensuelles… quand il suspend son vol pour mieux fondre sur nous… la saison où l’air tangue comme extrémité… le bout du bout du bout de ma langue, qui se régale à l’avance du goût que ta peau lui offrira… !

Jean-François Painchaud

Il est revenu !

Il est enfin là !

Il nous enveloppe, moi dans tes bras, toi dans mes bras !

Connaissez-vous la couleur des baisers ?

 

Instantanés – La plume est plus forte que l’épée

Puisque tu prends tant de plaisir à me faire sursauter, quand je m’y attends le moins, dans la rue, au cinéma, dans une file d’attente… Ta lubie ? Une seule phrase de trois mots, un ordre qui claque, une invitation loufoque, une supplique énamourée, tout est dans le ton que tu emploies… « Touche ma bite ! »

Tableau de Rita Matis
Tableau de Rita Matis

Puisque tu prends tant de plaisir à me faire sursauter, quand je m’y attends le moins, j’ai décidé de te rendre la monnaie de ta pièce. Je t’attends, nue, allongée, lascive sur ce vieux canapé au tissu élimé, unique rescapé des affaires « oubliées » par les précédents locataires…

Notre premier appartement en commun ! Nous avons signé le bail avant-hier et nous emménageons ce week-end. Je te connais assez pour savoir que tu viendras prendre des mesures, vérifier de visu que les aménagements dont tu as rêvé sont réalisables.

Tu ouvriras la porte et je t’accueillerai avec mon mantra à moi « J’aime tailler les plumes ! » pour être plus coquine, j’ai déniché une belle et longue plume blanche… duveteuse… aérienne… une belle et longue plume blanche qui pourrait s’être envolée de la tenue d’une meneuse de revue, ou tombée de la valise à accessoires d’une effeuilleuse burlesque… Je la ferai danser sur mon corps… des genoux à la poitrine… un petit détour sur le bras… sur le cou… un regard tentateur… une bouche offerte… tu seras bien surpris et je tiendrai ma revanche… s’il y avait une quelconque revanche à tenir…« J’aime tailler les plumes ! »

Je ne sais pas combien de temps il me faudra attendre… Pourvu que je ne sois pas endormie quand tu ouvriras la porte ! Pourvu que je puisse te surprendre ! Pourvu que nous y prenions l’un et l’autre autant de plaisir !

L’avantage des vieux immeubles, c’est le grincement des marches d’escaliers ! Je t’ai entendu monter. Tu marques une pause sur le pallier. Comme je l’ai fait tout à l’heure, tu dois chercher la bonne clé dans ce nouveau trousseau… Tu l’as trouvée ! Le cliquetis du mécanisme… le « Clang ! » de la gâche qui cède… la porte qui s’ouvre… J’attends que tu aies fermé la porte avant de te surprendre. Il est inutile de heurter nos voisins avant même notre emménagement… et surtout, je ne veux pas que ma farce puisse te mettre mal à l’aise. La porte se referme. Tu te retournes vers moi.

– J’aime tailler des plumes !

La plume m’échappe des mains, je la regarde flotter dans les airs comme au ralenti avant de toucher le parquet.

Je vous présente donc ma… conjointe ? Fiancée ? Poétesse à ses heures… un peu farceuse aussi…

Enchanté !

Je te regarde, atterrée ! Atterrée et confuse… pour une fois que je te faisais une blague… je ne pense même pas à me couvrir… remarque… avec quoi le ferais-je ? Mes vêtements sont dans l’autre pièce, notre future chambre et la plume a fini sa course sous le canapé… pour la reprendre, je devrais ou bien me lever, ou bien me retourner et vous montrer mes fesses…

L’homme qui t’accompagne me reluque et ça t’amuse. Je voudrais vous demander de vous retourner, le temps que je fasse les quatre pas qui me séparent de la chambre, mais parce que je me le suis trop répété, je vous assène mon mantra « J’aime tailler des plumes ! »… Tu le regardes…  tu me regardes… tu le regardes encore… tu descends ta braguette en avançant vers moi… « S’il n’y a que ça pour te faire plaisir, ma chérie… ! » J’ouvre la bouche de surprise… Tu y plonges ton gland bouillant en invitant cet inconnu à partager ce moment…

On dit des plombiers… mais finalement… électricien… c’est pas mal non plus !

De quel côté du plancher vous situerez-vous ?

Instantané – Avant la canicule

Il faisait tellement chaud chez toi, mais je ne m’en suis aperçue que plus tard… dans tes bras… tout contre toi… Je te disais ces mots d’amour dans ma langue imaginaire, tu y répondais par les tiens, dans la tienne… nos langues imaginaires sont à l’image de nos langues maternelles… différentes, elles cherchent à se retrouver, à s’enrouler, à danser ensemble, à fusionner, comme les langues de nos bouches…

Ma joue posée sur ton aisselle… tes doigts que tu ne pouvais plus dissimuler dans mes cheveux, désormais trop courts… ma comparaison volontairement ridicule… ton rire… l’éclat de tes yeux… notre pseudo lutte qui nous fit rouler du lit au plancher… la goutte de sueur qui migra de ton front vers mon oeil… cette larme qui en naquit… le seul enfant que je pourrai jamais t’offrir…

Vivement l’été, vivement la canicule, vivement ces petits accidents comme autant de preuves que nous sommes vivants !

C’est ici que s’achève cette première balade, mais j’avais envie de vous offrir cet autre texte que j’aime tellement…

Instantané – Danse avec les moules

– Quelle marrade !

Je n’aurais jamais trouvé de mots plus justes que ceux de Sylvie. « Les quat’zamis » voici comment nous nous surnommions depuis l’enfance, Sylvie, Martine, Fabienne et moi, Chantal.

Fabienne allait se marier dans quelques jours et nous avions fêté son enterrement de vie de jeune fille à la campagne. Le thème de la fête avait été le poker, puisque le futur de Fabienne en était très amateur. Nous nous étions déguisées en carré d’as, hélas, un effeuilleur avait levé l’as de carreau, Martine, et de carré d’as, nous étions devenues brelan.

Un brelan bien éméché, dont le maquillage coulait depuis assez longtemps pour le rendre méconnaissable. Notre anonymat garanti, nous chantions à tue-tête dans l’unique rue du village, en gesticulant plus que dansant.

Nous étions sorties du village depuis quelques kilomètres quand nous arrivâmes sur ce qui fut un quai fluvial avant que le cours d’eau ne soit détourné pour permettre la navigation de plus gros bateaux sur le confluent.

Nous avions dévalé une petite butte en hurlant le générique de « La petite maison dans la prairie », nous étions tombées une après l’autre en riant. Nous avions huit ans et aucun adulte alentour pour nous interdire de nous amuser !

– Quelle marrade !

Marée - brelan - bibiÀ cet instant, Fabienne nous appela, nous désigna un bloc de pierre isolé, comme perdu, qui lui faisait penser à une divinité païenne. De nous trois, elle était manifestement la plus ivre ! Sylvie lui demanda pourquoi.

– Regarde, cet anneau… c’est la créole qu’elle porte à l’oreille… c’est ici qu’on initiait les vierges aux choses du sexe…

– Qu’est-ce que tu racontes ? T’es bourrée, Fabienne !

Alors qu’en toute logique, Sylvie aurait dû me soutenir, elle se joignit à Fabienne et me jeta un regard en biais, désapprobateur, suspicieux.

– Non ! Je ne dis pas ça… parce que je suis…

– Parce que tu es ?

– Vous savez bien, quoi !

Elles voulaient me l’entendre dire et je prenais un immense plaisir à l’idée de ce qui allait suivre. Comme si je confessais le plus terrible des péchés, je baissai la tête et marmonnai

– Je suis encore vierge…

Les bras croisés devant elles, enfin satisfaites, elle lâchèrent un « Voilà… c’est dit ! » Nous nous regardâmes, cette idée saugrenue de rituel s’était muée en une perspective sensuelle, inattendue et nous jaugions dans le regards des autres à quel point l’envie d’y succomber nous tentait.

Quelques minutes plus tard, je me retrouvai à demi nue, le poignet droit attaché à la « créole » avec le ruban qui avait jusque là retenu mon bibi noir. Ce bibi qui devait donner à mon crâne la forme arrondie de la feuille centrale d’un trèfle. La pierre était fraîche, encore humide de la pluie qui était tombée durant la nuit, il me semblait qu’elle sentait la marée.

Sylvie m’embrassa pendant que Fabienne me caressait, puis Sylvie me caressa pendant que Fabienne m’embrassait. C’est ainsi que débuta mon « initiation aux choses du sexe » par mes deux amies, en un rituel païen.

Trente ans après cette première cérémonie, nous nous retrouvons trois fois par an près de la « Statue à la créole » pour parfaire mon initiation. Malgré mes trois mariages et mes quatre enfants, il nous paraît évident qu’il me reste beaucoup à apprendre… 😉

Une dernière étape dans cette promenade

Instantané – Les mésaventures de F&C

Deux garçonnets, appelons-les F&C, F comme Filou, car celui-ci l’était, C comme… Comme parce que ça m’amuse de le nommer ainsi, passaient tout leur temps libre à enchaîner les bêtises, comme d’autres enfilent les perles.

Ils n’étaient pas bien âgés, F&C, mais déjà très intéressés par tout ce qui évoquait l’ivresse des sens. Ils avaient expérimenté les orgies de sucreries, de chips, de charcuteries diverses et variées, en y repensant, leurs tripes se tordaient de douleur. Quelles indigestions ! Parce qu’ils n’avaient pas tiré les leçons de leur première soirée « vomi et mal au bide ».

Ils avaient expérimenté l’ivresse, avec le même résultat auquel s’était ajouté une gueule de bois mémorable. Le tabac leur avait également donné mal au crâne et rendu leur bouche pâteuse, sans compter ces quintes de toux, la crainte que leurs parents repèrent l’odeur de tabac froid qui leur collait aux cheveux, aux vêtements… ! S’ils avaient su où s’en procurer, F&C auraient à coup sûr, cherché l’ivresse dans d’autres substances prohibées, encore heureux qu’ils étaient moins futés qu’ils ne le pensaient !

Mais l’ivresse qui les attirait plus que toutes les autres, était l’ivresse sensuelle. Leur corps se transformait, ils ne se sentaient plus garçonnets bien qu’ayant conscience qu’ils n’étaient pas encore des adolescents et encore moins des hommes. Ils avaient voulu se connecter sur un site réservé aux adultes, mais n’avaient pas osé cliquer sur « ENTRER » parce qu’ils n’étaient pas majeurs. Une autre fois, ils avaient menti, mais leur ordinateur avait émis un « Hum hum ! » avec la voix sévère de la maman de C. quand elle remarquait une bêtise en cours de réalisation. Ne sachant pas trop comment l’ordinateur avait pu savoir, ils décidèrent de ne pas tenter le diable et de s’en tenir là.

F. arriva un jour avec une idée et tout un bric-à-brac. Il avait fait un rêve prémonitoire où la solution lui était apparue. Il avait tout bien noté la procédure et réussit à convaincre C. de sauter le pas, d’agir pendant tout ce mercredi comme deux adultes. Ils pourraient boire et fumer sans être ni malades, ni incommodés, mais surtout, l’énorme avantage était de pouvoir enfin naviguer sur ces sites réservés aux adultes, de voir des femmes à poil, enfin… sans poil, mais toutes nues, de voir des couples « faire des trucs cochons ». Bref ce mercredi s’annonçait sous les meilleurs auspices… Comme râla quand Filou lui expliqua qu’ils devaient porter des lunettes de glacier, un nœud papillon, une chemise. Il détesta immédiatement ce pull à losanges que son ami avait apporté pour lui.

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Voici à quoi ils ressemblaient

– Il ne faut pas sourire, parce que les grands ne savent plus sourire. C’est ça que l’ordinateur repère quand il demande ton âge.

– Mais pourquoi les lunettes noires ?

– Pour qu’on ne puisse pas voir nos yeux, ainsi l’ordinateur ne nous reconnaîtra pas ! Et puis… il y aura peut-être des éclairs, des flashs de lumière quand j’actionnerai la machine à devenir grand…

deux tits garçons déguisés étape 1Le premier essai ne fut pas concluant. Pas concluant du tout !

– T’as juste réussi à colorer en rose le mur derrière nous ! Mes parents vont me tuer…

– Mais fais-moi confiance ! Je te dis que j’ai rêvé et que je SAIS comment faire ! Continue à ne pas sourire, je passe à l’étape suivante…

– T’es sûr de toi ? De ce que tu fais ? T’es sûr, hein ?

– Euh… arrête de m’embrouiller ! Je sais qu’il y a une formule à dire en tournant le bitoniau, mais… oh ! Tu m’as embrouillé ! Je ne sais plus si c’est l’alphabet à l’envers ou compter de 12 à 63 en rotant !

– QUOI ?! Tu veux dire que je vais avoir une chambre toute rose tout le temps? Une chambre de FILLE?! Je préfère encore que mes parents me tuent direct !

F. actionna le potentiomètre, le boîtier émit d’étranges onomatopées de robots… un éclair… F&C demeurèrent impassibles. Tendus vers ce rêve qui leur tendait les bras. Pouvoir être grands pendant une après-midi, faire tout ce qu’être adulte permet, mais sans les problèmes afférents.deux tits garçons déguisés essai transparence

– Regarde ! Tu vois, ça marche !

– Quoi « ça marche » ? 

– Le mur n’est plus rose et… dans mon rêve il y avait aussi ce truc vert autour de nous…

En effet, un halo vert phosphorescent les entourait et ils se sentaient… Ils étaient incapables de trouver les mots pour décrire ce qu’ils ressentaient… comme si les cellules de leur corps se séparaient, s’éloignaient les unes des autres, comme s’ils devenaient transparents et que personne ne le remarquait.

Numérisation_20180225F. sortit une petite carte de sa poche. Elle y était depuis presque une semaine. L’instituteur du CM2 était en retard, il courait dans les escaliers quand son cartable s’était ouvert, déversant son contenu sur les marches, il avait ramassé ses affaires à la hâte, mais Filou avait « malencontreusement » dissimulé la carte de visite en posant le pied dessus. Il s’était ensuite enfermé dans les toilettes pour la regarder et y avait vu un signe. La nuit suivante, il l’avait déposée sous son oreiller et c’est précisément cette nuit-là qu’il avait fait son rêve prémonitoire. Si ça c’était pas une preuve… !

Il demanda à C. d’allumer son ordinateur, de se connecter sur internet et le cœur battant tapa d’un index fébrile le nom du site tout en récitant l’alphabet à l’envers. Par précaution, il avait réussi à convaincre C. de compter de 12 à 63 en rotant « à voix haute ».

deux tits garçons déguisés étape 2

– Regarde… ! Tu vois ? Ça marche !

– Je vois juste que t’as transformé les murs de ma chambre en écrans, c’est cool, mais… c’est tout ! Il y a toujours le truc… 

– Fais-moi confiance ! Parle avec une grosse voix, qu’on ne se fasse pas prendre bêtement ! Et on clique… en tournant le bitoniau… t’es prêt ?

– Oui !

ève pixélisée

Leurs cellules se séparèrent davantage, s’éloignant tant les unes des autres qu’un retour à l’état antérieur devenait impossible. Une image d’abord floue, comme un mirage. Ils l’avaient atteint leur putain de Graal ! Quelle victoire sur les grands et les scientifiques, ils y étaient parvenus !

ève tourbillon

L’image tourbillonna à toute vitesse, il leur semblait même qu’elle émettait un long sifflement tellement aigu que seules leurs oreilles pouvaient le percevoir. Leur coeur battait de plus en plus fort, ils allaient enfin réussir, c’était sûr et certain désormais !

 

 

Mais il ne faut jamais mentir à un écran d’ordinateur, si on est mineur, on n’entre pas ! Exception faite des hommes qui travaillent dans les mines, qu’elles soient de charbon, d’or, de sel ou de diamants ! Voici comment s’est achevée cette mésaventure arrivée à F&C.

deux tits garçons déguisés bien punis

Si vous ressentez l’envie de plonger dans le merveilleux, je vous propose le souvenir de cette sieste.

Instantané – La bonne aventure

Je cheminais à travers la plaine glacée de ma Sibérie natale, je rentrais à la maison après ces longues, ces trop longues années où je m’étais loué, où j’avais vendu ma vie contre quelques pièces d’or. J’avais vendu ma capacité à tuer celui qu’on me désignait. Comme mes semblables, je le faisais sans haine, sans rage, froidement. J’avais combattu dans presque tous les camps. Puis arriva ce jour où je devais me battre contre celui qui m’avait sauvé la vie, quand il combattait à mes côtés quelques mois auparavant. Je n’avais pas plus envie de le tuer qu’il n’avait envie de me tuer, mais nous étions des mercenaires et il était hors de question de faire du sentimentalisme. Un mercenaire se vend au plus offrant, cependant, nous prîmes la décision de nous vendre au moins offrant, un hobereau dans une contrée par-delà les montagnes.

Avant de prendre le chemin du retour, je voulus connaître mes chances de trouver au village une jeune fille aimante que je prendrai pour épouse. Je m’en fus trouver une diseuse de bonne-aventure pour qu’elle me prédise l’avenir. J’arrivai sur la place d’un village où se tenait la roulotte d’une tzigane réputée, elle avait beaucoup de succès auprès des villageois parce qu’en plus de son don de chiromancie, ses cheveux et ses yeux clairs détonnaient dans ces contrées peuplées d’hommes et de femmes aux yeux bridés, aux cheveux noirs, à la peau burinée par l’air des montagnes. J’observai cette foule qui s’interpellait dans une langue dont je ne comprenais pas toutes les subtilités.

Une autre bohémienne s’approcha de moi, m’apostropha

– Tu me sembles pressé. Tu veux connaître ton avenir. Désires-tu que je te le révèle ?

– Tu lis toi aussi dans les lignes de la main ?

Je lui posai la question, puisque depuis tous ces mois passés dans la région, je ne l’avais jamais vue, ni entendu parler d’elle. Elle me sourit. Bon dieu, qu’elle était laide ! Mais son sourire me mit en confiance et je la suivis dans la yourte où elle exerçait son art divinatoire.

– Je ne lis pas dans les lignes de la main, mais dans les veines de la bite !

Surpris, excité aussi, j’acceptai. Je sortis mon membre, un peu dépité qu’il ait si triste mine, tout mou, comme mort. J’avais toujours été fier de sa dureté, de sa longueur, de son épaisseur et ce que j’offrais à voir à cette femme ressemblait à un morceau de viande abandonné sur le bord de l’assiette. Elle le regarda, me sourit.

– Ne t’inquiète pas. Fais-moi confiance…

258d850abafe0889c5fa2ac393deb351Elle le prit délicatement entre ses mains, s’adressa à lui, comme s’il n’était pas une partie de moi, mais un être indépendant.

– Bonjour, gentil membre, veux-tu me permettre d’aider cet homme à connaître son avenir ?

Charmé par cette voix, je sentis le sang jaillir du plus profond de mon être, irriguer les vaisseaux, rouler dans mes veines et gonfler, gonfler et tendre mon membre vigoureux comme il ne l’avait plus été depuis des années. La bohémienne parlait dans une langue inconnue, caressait les veines, les veinules de mon sexe avec science et délicatesse. Enfin, elle leva ses yeux bruns et dans un sourire me fit cette prédiction.

– Tu traverseras les plaines et les montagnes, les rivières et les fleuves, tu connaîtras la chaleur accablante, les mauvaises pluies et les orages. Quand le froid retentira dans chaque cellule de ton corps, tu sauras que tu es presque arrivé sur les terres qui t’ont vu naître. Tu veux rentrer chez toi pour y trouver une femme qui te ressemble et y fonder ta famille, mais à quelques vestres de ton but, tu comprendras ton erreur. Alors, tu feras demi-tour et partiras l’esprit léger vers celle qui t’est destinée.

Je la payai et me mis en route. 

Je cheminais à travers la plaine glacée de ma Sibérie natale, toutes les cellules de mon corps m’indiquaient que j’étais enfin arrivé chez moi. Un petit oiseau se mit à chanter dans ma tête. 

– Chez toi ? C’est ici chez toi? Quel âge avais-tu quand tu es parti pour vendre ta capacité à donner la mort ? Quels souvenirs as-tu tissés ici ? Chez toi ? Mais tu n’es pas chez toi, ici ! Tu n’as fait qu’y naître ! Chez toi, c’est le lieu où tu te sens vivant, où tu as envie de rester, si c’était ici, tu ne serais jamais parti !

Je pensais à ce que cet oiseau me serinait. Bon dieu, il avait tellement raison ! Mais où se trouvait mon chez moi ? Où avais-je envie de poser mon barda et de me reposer enfin ? Je sentis un picotement très agréable le long de mon membre, un picotement qui me fit penser aux doigts de cette diseuse de bonne-aventure, au bout de ses doigts délicats. J’essayais en vain de me souvenir de son visage, même le son de sa voix se perdait dans le brouhaha du vent sibérien. Ne demeurait que l’empreinte de ses caresses sur les veines de mon sexe. J’étais incapable de me remémorer ses mots, son accent, son sourire –m’avait-elle seulement souri ? Je voulais y croire–, à quoi ressemblaient ses yeux ? Ses cheveux étaient-ils raides ou ondulés ? Cachés sous un voile ou offerts à la vue ? Toutes ces questions sans réponses m’étaient insupportables. Je fis demi-tour.

Le printemps déployait ses ailes quand j’arrivai à la frontière de la province où j’avais passé ces dernières années. Je suivais le cours d’une rivière sans raison, mon corps semblait savoir ce qu’il faisait. Comme souvent depuis ce demi-tour, le sang pétillait dans mes veines, je décidai de me servir de ces sensations comme d’une boussole. Enfin, je compris.

Elle ne sembla pas surprise de me trouver face à elle. Elle me tendit la main, me sourit et me dit « Viens ! ». Il ne fut plus jamais question de divination, mais pour autant, ses caresses sur mon sexe, sur mon corps ne cessèrent jamais.

Un moment suspendu…