Chroniques matrimoniales – Lecture à voix haute

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Dessin de Milo Manara

Nous étions ici depuis trois jours, enfin, depuis trois nuits et nous étions à l’aube de cette troisième journée quand je quittai les bras du Balafré, encore endormi, pour préparer mon petit-déjeuner. Je fis la moue en ouvrant la porte du frigo… plus de lait… je devrais donc patienter encore, le mas était trop éloigné du premier commerce pour que je puisse m’y rendre à pied.

Je sortis dans la cour, je voulais cueillir quelques fleurs en espérant qu’une leçon de botanique serait au programme. Je me retournai en entendant des pas sur le gravier. Martial tenait un bidon de lait à la main et l’agitait au-dessus de sa tête.

Té pitchoune, tu ne veux pas déjeuner avant ?

Nous étions morts de rire, son accent méridional sonnait aussi faux que le mien !

Oh peuchère… j’ai faing, mais il n’y avait plus de lait…

Je revieng d’en acheter !

As-tu pensé au paing ?

Oui ! J’ai pensé au paing ! Et comme on dit au païs « du paing, du ving, du Boursing et tout va bieng ! »

Je reçus sur la joue quelques éclaboussures de l’eau que Jimmy avait jetée au visage de Martial. Ce qui nous fit rire davantage. Jimmy parut nous lancer une malédiction en provençal.

Qu’est-ce qu’il a dit ?

Je ne sais pas. Je ne parle pas le sauvage !

Pourtant, tu t’es installée par ici…

Je suis venue leur apporter la civilisation… une missionnaire en quelque sorte…

Avant que Jimmy ne mette ses menaces à exécution, nous nous réfugiâmes dans le mas. Je mis le lait à chauffer pendant que Martial dressait la table. Le café était en train de passer doucement et je me laissais bercer par la musique de la croûte de pain cédant sous la lame du couteau. Martial taillait des tranches épaisses en sifflotant. Par la fenêtre, je regardais Jimmy traverser la cour, pointant vers moi un index menaçant, mais ce qui me préoccupait était la bosse dans la poche de son jeans, que contenait-elle ?

Le lait était chaud, je m’apprêtais à le verser dans mon bol, quand Martial interrompit mon geste. « Laisse-moi le faire, ce matin ». Il prépara mon chocolat avec une attention que je n’avais jamais apportée jusque là. « Tu me diras ce que tu en penses ». Je m’assis, pris ma serviette et la posai sur mes cuisses. Le Balafré fit son entrée, le visage encore tout froissé de sommeil.

J’ai rêvé ou le mot « missionnaire » a été prononcé ?

Jimmy haussa les épaules d’un air las.

Pas dans le sens où tu l’entends… ils se moquaient de nous, si tu veux tout savoir…

Monique m’expliquait la raison de sa venue ici… une missionnaire venue apporter la civilisation dans une contrée peuplée de sauvages…

Il souriait. Le Balafré dodelina, leva les yeux au ciel.

Monique… Monique… !

Me méprenant, je pris Martial à témoin.

Tu es d’accord avec moi, non ?

Je reprochai au Balafré son air condescendant. Martial posa sa main sur la mienne, m’obligeant ainsi à le regarder dans les yeux.

Les missionnaires sont venus en Afrique pour apporter la civilisation aux sauvages qui la peuplaient… Mon père est arrivé en France avec les tirailleurs sénégalais pendant la seconde guerre mondiale…

Oh merde ! Pardon ! J’y avais pas pensé ! Pour moi, t’es juste un parisien, comme moi… pardon !

Ne t’en excuse pas ! Ça me fait tellement plaisir que tu n’y aies pas pensé !

Et ta mère est aussi sénégalaise ?

Non, pas du tout ! Pas plus que mon père qui est natif de Côte d’Ivoire…

Alors, pourquoi dis-tu qu’il était tirailleur sénégalais ?

Parce que c’est ainsi qu’on appelait les indigènes d’Afrique incorporés dans les troupes françaises…

Mais c’est complètement con !

Martial me sourit. Jimmy regardait le Balafré, eux aussi souriaient.

Je trouve aussi

Et vachement méprisant, non ?

Si ! Aussi !

Fais attention, ma chérie, tu vas faire de la bouillie à force…

Toute à cet échange, j’avais oublié ma tartine qui trempait dans mon bol, elle se délitait dans le chocolat encore chaud. Je la mangeai rapidement, avant de boire une gorgée. Le chocolat était délicieux, je félicitai Martial.

C’est une recette de ma maman !

Tu sais d’où est originaire « maman Martial » ?

De Nice ?

– Non

– Marseille ?

– Non plus !

– Aubagne ?

– Non !

– Toulon ? Cassis ?

– Essaie encore…

– Je brûle ?

Éclat de rire des trois amis.

– Oui et non…

Jimmy reprocha aux deux autres de se moquer de moi, il me donna un indice « P’tète ben qu’oui, p’tète bien qu’non ! » Bon sang ! Son accent pointu était au moins tout aussi pourri que mon accent méridional ! Toutefois, je compris son message.

Ta mère est Normande ?

Oui, elle vient d’un village près d’Avranches…

Hé ! Mais si ça se trouve, on est cousins ! Ma grand-mère vient de Montchaton, à côté de Coutances !

– Sait-on jamais…

Je bus mon bol comme j’aimais à le faire, d’une seule gorgée, le tenant à deux mains. J’ai toujours aimé la sensation humide au-dessus de ma lèvre supérieure, la moustache de lait que j’essuyais avec ma serviette quand elle commençait à sécher. Depuis un an, j’avais appris à aimer le regard que les hommes portaient sur moi quand ils me voyaient faire. « Tu féliciteras ta mère de ma part, Martial, je n’ai jamais bu un aussi bon chocolat ! ».

J’allais plier ma serviette quand Jimmy sortit de sa poche un petit paquet fait à la va vite et me le tendit. Je l’ouvris et découvris un rond de serviette en bois gravé à mon prénom. Je ne savais pas si je devais en rire, alors, je me levai et embrassai la joue de Jimmy en me penchant au-dessus de la table.

Depuis notre arrivée, j’avais eu droit à quelques « leçons de rattrapage » en français. Les séances débutaient toujours de la même façon, je choisissais un costume, le Balafré, Jimmy et Martial se concertaient et décidaient quelle oeuvre ils allaient me raconter.

Mue par je ne sais quelle inspiration, sans doute liée à la mélodie d’une vieille ritournelle que sifflait le Balafré, occupé à faire la vaisselle, j’ouvris la valise et la vidai entièrement. Je reconnus la fameuse robe de bergère qui avait tant plu à Nathalie, je la dépliai avec l’idée de demander au Balafré si, comme moi, il trouvait qu’elle irait mieux à Cathy qu’à moi, mais ce faisant, le premier cahier de Bonne-Maman tomba sur le carrelage. Je le ramassai.

C’est toi qui as demandé à Christian de le mettre dans la valise ? Quelle bonne idée !

Hélas, non ! J’aurais aimé l’avoir eue, mais c’est une initiative de Christian !

Je souris en pensant à lui, mais je me retins de le dire au Balafré la phrase qui me brûlait les lèvres « C’est aussi pour ça que je l’aime ». Je ne voulais pas qu’il perde la face devant ses amis et j’ignorais encore que ça n’aurait pas été le cas. Je tendis le cahier à Jimmy « Tu veux le lire ? ». Il allait me répondre quand je remarquai son regard par-dessus mon épaule. Le Balafré lui avait fait signe de refuser ma proposition.

Si on en profitait pour varier les plaisirs ?

Une leçon de botanique ?

Ton enthousiasme me va droit au coeur, fille de Mère-Nature,  non… je pensais… ce matin, tu nous lirais à voix haute… en soignant ta lecture… le cahier de Rosalie pendant que nous te ferions l’amour…

Ouah ! Tout le cahier ? !

Ah, ah ! Je te reconnais bien là, petite gourmande… ! Essaie déjà d’aller au bout d’un seul chapitre ! Mais je te laisse choisir lequel…

Je préfère que ce soit Jimmy qui choisisse.

Jimmy, touché, entreprit de le feuilleter, il s’extasia de la jolie calligraphie et sourit en découvrant les titres de chacun des chapitres.

Je ne résiste pas à Baudelaire…

Il  me tendit le cahier ouvert à la bonne page. Je fis sans doute la moue, puisqu’il me demanda ce qui me déplaisait. J’aurais préféré un chapitre plus joyeux, toutefois ma mine contrariée me permit de décider où et comment relever ce défi. Dans un des appentis était entassé tout un bric-à-brac, dont un vieux lit qui correspondait à l’image que je me faisais d’un divan profond comme un tombeau. Le mas avait subi quelques modifications au cours des décennies précédentes, l’époque était alors au modernisme et au formica. Combien de meubles anciens avaient fini en bois de chauffe ? Je ne saurais le dire, mais par chance, le lit n’avait été que démonté et ses éléments empilés dans un coin. Nous transportâmes le tout dans la cour pour un dépoussiérage et un remontage. J’avais estimé à une demi-heure le temps nécessaire à ces préparatifs, l’horloge sonna midi quand nous en vînmes enfin à bout ! Comme le fit remarquer le Balafré, si Valentino avait été là, nous aurions gagné un temps certain. J’aimais les regarder s’activer, s’interpeller. J’avais aimé leurs « Non ! Laisse-nous faire, Monique ! », mais par-dessus tout leur désobéir et ainsi leur prouver que je n’étais pas une faible créature.

Cette journée, un peu fraîche était malgré tout très ensoleillée, je ne portais que la chemise d’homme dans laquelle j’avais dormi, je décidai de ne pas la retirer pour le moment, au contraire, je la reboutonnai soigneusement pendant que Jimmy et Martial étaient partis chercher le grand matelas sur lequel nous dormions le Balafré et moi. Comme il le faisait souvent, le Balafré se caressa la commissure des lèvres en souriant, il ne savait pas encore à quel point ce geste m’excitait, mais il commençait à s’en apercevoir. Il me demanda, à brûle-pourpoint, si j’étais heureuse, pour toute réponse, je lui souris.

Approche !

Comprenant où je voulais en venir, il me dit « Tu vas t’écorcher les genoux, ma chérie ! »

Je m’en fous, la douleur sera minime comparée au plaisir que je vais prendre ! Mais avant…

Je me blottis dans ses bras, fermai les yeux et levai mon visage vers le sien. C’était notre petit rituel d’amour, de tendresse avant le déchaînement de nos pulsions, celui qui s’était imposé à nous sans que nous l’ayons choisi. J’aimais sentir le souffle du Balafré sur ma peau, sa main sur mes reins, l’autre qui caressait doucement mon visage, chaque caresse précédait un baiser léger, chaque baiser léger était suivi d’un mot d’amour, d’un compliment. Je me laissais faire, le corps déjà tendu vers le bonheur. Quand une mèche de mes cheveux le dérangeait, il soufflait dessus pour la remettre en place. Pour finir, il posait ses lèvres sur les miennes, ma langue forçait un peu ses dents pour retrouver la sienne et nous nous embrassions longuement. J’appréciai tout particulièrement la saveur de ce baiser matinal, sa salive au goût de café se mêlait à la mienne, chocolatée… Je détachai le bouton de son pantalon, fis glisser la fermeture, constatai qu’il ne portait rien dessous et qu’il bandait déjà très fort.

Mes paupières toujours closes, je m’agenouillai devant lui et tentai de redessiner le tracé de sa cicatrice du bout de ma langue. J’entendis crisser le gravier, puis le bruit mat du matelas jeté sur le sommier. Me sachant observée, je décidai de faire de cette pipe une véritable oeuvre d’art. J’humectai le gland en salivant le plus possible, j’avais déjà en horreur cette manie de cracher sur autrui, je n’y ai toujours vu que mépris, ce qui annihilait tout désir. Quand il fut assez humide à mon goût, j’avalai un peu plus sa queue, les mains du Balafré caressaient mon crâne sous mes cheveux… ma langue s’enroulait autour de son sexe… dans un sens… puis dans l’autre selon que je l’avalais ou au contraire que je le sortais de ma bouche. Nous déglutissions tous les quatre au même rythme et c’était moi qui l’imposais, ce rythme. Cette constatation m’emplit d’une force incroyable qui décupla ma fougue. J’entendis Jimmy s’extasier, me comparer à une prêtresse en adoration devant une divinité priapique. J’interrompis cette fellation pour lui demander ce que ça voulait dire.

Je te le dirai après ta lecture… si tu lis bien !

Je me relevai, malgré les jérémiades du Balafré et ordonnai à Jimmy de s’allonger sur le lit. Il était déjà nu et maintenait la base de sa queue déjà dure, de telle façon qu’une ombre se dessinait sur son ventre. Imitant tant bien que mal la voix du Bavard, je fis un clin d’oeil au Balafré et lui dis « Boudiou ! Mais c’est qu’il me fait pas le cadran solaire, le coquin ! » Le Balafré éclata de rire et fit semblant de me le reprocher.

J’allais m’empaler sur ce sexe dressé quand une petite voix me conseilla de ne rien en faire, de profiter du pouvoir que m’offrait la situation. La veille, ils s’étaient moqués de moi, de ma « candeur toute enfantine », j’avais la possibilité de leur rendre la monnaie de leur pièce, je n’allais pas m’en priver ! 

C’est parce qu’ils se remémoraient d’anciens souvenirs, que j’appris l’origine de leur amitié. Le Balafré et Jimmy s’étaient connus sur les bancs de l’université où tous deux étudiaient l’histoire, de sursis en sursis, ils avaient reporté leur incorporation et, comme Jean-Pierre, le cousin de Christian, le faisait à l’époque, ils avaient opté pour la coopération. C’est pendant leur service qu’ils avaient fait la connaissance de Martial, étudiant lui aussi. Leur amitié ne s’était jamais démentie au fil des ans. C’est au cours de sa coopération, que le Balafré avait décidé de changer son fusil d’épaule, si je puis m’exprimer ainsi, de renoncer à une carrière universitaire pour devenir instituteur. J’avais fait un calcul mental, mais doutant de mon résultat, j’avais fini par leur demander leur âge. J’avais bien calculé et m’étais exclamée « Mais vous êtes super vieux ! Je ne l’aurais pas cru ! » ce qui avait déclenché leurs moqueries. Plus tard, quand nous n’étions que tous les deux, le Balafré m’avait fait remarquer qu’il était plus jeune que Catherine et m’avait demandé si je la qualifierais de « super vieille ». Il avait raison, elle ne l’était pas, mais j’aurais cru qu’il avait l’âge de Christian quand il avait celui d’Alain. « C’est parce que je suis bien conservé ! »

Je les regardais donc, prenant tout mon temps, j’ordonnai à Jimmy de rester allongé, au Balafré d’apporter un coussin très épais, de le poser à terre près du lit, de s’agenouiller dessus, face à moi, qui me tenais à la droite du lit et à Martial de se tenir debout dans mon dos. Je voulais sentir leurs mains me caresser et m’échauffer des baisers savants du Balafré sur mes cuisses, sur mon sexe.

Avant de débuter la lecture, puisque vous ignoriez l’existence de ce cahier, laissez-moi vous en parler un peu. Ma grand-mère, Rosalie y raconte comment elle a quitté sa Normandie natale, chassée par sa famille, reniée pour avoir fait une fugue afin de rencontrer Pierrot, mon papé dont elle était marraine de guerre… Elle y raconte sa vie amoureuse, amicale et sexuelle… C’est à peu près ça, non ?

Le Balafré fit oui de la tête. Jimmy lui reprocha de ne pas avoir entendu la réponse. À regret, il décolla ses lèvres de mon entrecuisse et en profita pour ajouter « Le récit débute en 1917 et s’achève en 1920 ».

Les mains de Martial couraient sur ma peau, sous la chemise. Je me cambrai sous toutes ces différentes caresses. Martial pinçait mes tétons de la manière idéale… Je fermai les yeux, rejetai ma tête en arrière et tendis ma bouche vers la sienne pour quémander un baiser… Que ses baisers étaient délicieux ! Suaves… ! Il aimait tout autant les miens… J’interrompis quelques instants ce long baiser, le temps de m’empaler sur Jimmy car je voulais lui offrir cet orgasme qui menaçait d’exploser… Martial reprit ses caresses sur ma peau, ses pincements aussi… et son long baiser… le Balafré glissa ses doigts entre ma chatte et le ventre de Jimmy.

Tu… tu sens… Jimmy ? Tu me sens… jouir ?

Fatché oh oui ! Putain… c’que c’est bon ! Oh… put…

Martial détacha le premier bouton, celui du col de la chemise que je portais.

À chacun de tes orgasmes, j’en dégraferai un… tu devras avoir fini ta lecture avant de les avoir tous détachés, sinon…

Sinon ? Sinon quoi ?

Sinon, nous…

STOP, Martial ! STOP ! Sa grand-mère m’a prévenu « Aucune sanction, elle y prendrait trop de plaisir !

La sagesse faite femme !

Je débutai ma lecture, mais ils savaient y faire ! Mon troisième orgasme déclencha celui de Jimmy… Nous n’avions pas songé à cette éventualité, mais la solution fut vite trouvée… Le Balafré prit la place de Jimmy qui prit celle de Martial qui remplaça le Balafré… Il ne restait plus qu’un seul bouton quand Martial put enfin prendre la place du Balafré qu’il convoitait depuis pas mal de temps, maintenant. Il ne me restait plus qu’un bouton et je n’en étais pas à la moitié du texte ! Je m’empalai sur son membre, nous nous regardions et nous souriions… complices… du même coin… de Paris… je fis deux va-et-vient.

Ta queue est parfaite pour ma chatte !

Tu trouves aussi ?

Ouais… putain ! C’est… Ah oui… la lecture…

Le Balafré m’avait rappelée à l’ordre d’une petite claque sur la fesse… J’étais en train de chercher où j’en étais avant le changement de partenaires, je venais de trouver quand le Balafré caressa mon petit trou d’un doigt habile… léger… curieux… coquin.

C’est pas du… oooh… jeu… !

Le Balafré détacha le bouton, le dernier, celui du poignet droit, m’ôta la chemise, la lança au loin, en prit une autre qui pendait sur le dossier du lit, celle de Jimmy, justement… il me l’enfila, la reboutonna soigneusement… Il me fallut plusieurs chemises avant d’achever ma lecture. Le Balafré interrogea Jimmy et Martial, satisfait de leurs réponses, il me félicita.

Tu as réussi l’exercice, ma chérie ! Et si tu le souhaites… on pourrait dire que tu as inventé « la figure Monique »… !

Je rougis un peu. J’étais surtout épatée que Martial et Jimmy aient réussi à écouter et à mémoriser le texte ! Je me repris tout de suite. J’étais heureuse et je voulais les faire rire.

J‘ai pas droit à une récompense ?

Un bon-point, par exemple ?

Euh… non… je pensais à une récompense… plus… personnalisée !

Comme quoi ?

Je réfléchis quelques minutes, le temps de sentir mes cuisses commencer à devenir humides.

Vous me léchez à tour de rôle ! Toi d’abord… tu me lèches… me roules une pelle pendant que Martial me lèche… il me roule une pelle pendant que Jimmy me lèche… etc. jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien !

Si un jour, je rencontrais une nana comme toi, Monique, je la demanderais direct en mariage ! Je la laisserais pas passer !

Et tu la partagerais ?

Bien sûr ! Quand tu as la chance de trouver un tel trésor… tu… oh oui, je la partagerais !

En effet, le 31 décembre suivant, lors du réveillon, Martial rencontra Sylvie, ne la laissa pas passer et nous la présenta lors de leurs fiançailles qui ressemblèrent beaucoup aux miennes.

Leurs baisers s’avérèrent un peu trop efficaces à mon goût, mais le soleil déclinait déjà et nous étions morts de faim. Le matelas réintégra sa place. Le Balafré me demanda la raison de ce sourire en coin.

– J’imaginais la figure Monique avec toi, Christian et Aloune…

Surtout le final ?

– Ouais !

La figure Monique devint une de nos favorites, avec quelques variantes quand Cathy se joignait à nous.

Jimmy dévora le cahier de Rosalie. La Première Guerre Mondiale et les années qui suivirent étaient justement son sujet d’étude ! Quand il me parla de sa vie, j’en aurais pleuré. Sa mère avait accouché sous X en 1945, lui avait donné ce prénom, Jimmy, en hommage à son père, un soldat britannique, mais il n’en savait pas plus. Il fut envoyé en nourrice à Paradou, où il grandit sans que jamais personne ne vienne le chercher ou l’adopter. Il considérait ses parents nourriciers comme ses vrais parents, leurs enfants, biologiques ou pas, comme ses frères et soeurs et toute cette petite troupe formait une famille très unie, c’est pour cette raison qu’il me disait de ne pas avoir du chagrin quant à sa naissance. Il pensait que son goût pour l’histoire venait du fait qu’il ne connaîtrait jamais ses véritables origines, ses racines…

Quand le mas fut mis en vente, Jimmy l’acheta et nous nous y retrouvions dès que nous en avions la possibilité. J’y suis venue seule, accompagnée de Cathy, du Balafré, de Christian… en fait, dès que nous avions le temps pour un « week-end partouze » ou un « Woodstock sous la lavande ».

Soirée dansante entre amis

 

 

 

Chroniques matrimoniales – L’anniversaire de Catherine – Deuxième partie

En demandant l’aide du Bavard, du Notaire, de Joseph et du Balafré pour l’organisation de cette fête d’anniversaire, j’étais loin d’en mesurer toutes les conséquences. Comme ce fut à chaque fois le cas, ils se montrèrent tous à la hauteur de la surprise qu’Alain voulait offrir à sa Catherine.

J’avais suivi les préparatifs de loin, par crainte de dévoiler ce plan secret, un mot en entraînant un autre, mais la raison principale était que je passais beaucoup de temps avec Rosalie et Valentino. Au fil des mois, j’avais pris conscience d’être passée à côté de mon grand-père. J’avais de vagues souvenirs d’un vieillard prompt à la rigolade, à l’accent provençal très prononcé, mais j’étais trop petite quand il est mort pour deviner le Pierrot qui se cachait derrière mon papé.

La première fois où Valentino m’avait parlé de lui, un bonheur incroyable s’était emparé de moi, un sentiment de joie profonde et de sérénité. Savoir que ce que Valentino et Rosalie vivaient ensemble n’avait jamais nui à l’amitié qui l’unissait à Pierrot. J’avais voulu tout de même avoir quelques précisions.

Mais quand vous vous rencontriez, quand vous parliez politique, quand vous passiez des soirées, des journées entières ensemble avec Pierrot, Toine et Nathalie, tu n’avais pas envie de prendre Rosalie dans tes bras ? De l’embrasser ? De la caresser ?

Ils s’étaient regardés, abasourdis par ma question.

– Mais j’étais face à Rosalie !

– Justement !

– Non ! Tu ne comprends pas ! Ce n’était pas ma Rosalina, ma Rosalinetta… non ! Là, j’étais face à Rosalie, la femme de Pierrot, mon ami… tu comprends ce que je veux dire ?

J’avais été sidérée de tant d’évidence…

Les semaines avaient passé. Arriva l’anniversaire de Catherine. Ils s’étaient tous surpassés, quelle fête incroyable ! Alain avait loué une belle villa dans les terres. Il avait prévenu Catherine que le meilleur traiteur de la région leur cuisinerait ses plats préférés, qu’un serveur viendrait les leur servir « comme si on était les deux seuls clients d’un restaurant étoilé », mais elle n’en savait pas plus.

Christian et moi arrivâmes avant tout le monde. Je découvris, épatée, la villa. La salle où se tiendrait le dîner était pourvue de grands miroirs sans tain, ce qui nous permit de ne rien rater du spectacle, sans être vus. Pour être tout à fait certain de ne pas être remarqués, Christian s’installa à table et me demanda de parler depuis un des salons derrière un miroir. Ce que je fis. Ne me demande ni pourquoi, ni comment, mais j’entendais distinctement chacun de ses mots alors que ma voix ne lui était pas audible.

J’en eus la confirmation quand le Balafré arriva dans mon dos, qu’il me surprit en me prenant dans ses bras. Je criai et Christian ne l’entendit pas. Je lui expliquai en deux mots ce que nous étions en train de vérifier et lui demandai si c’était lui qui avait eu l’idée de cette villa. Il eut un sourire éclatant.

– Non ! Pour la villa, c’est le Notaire et le Bavard qui méritent tes louanges !

Arriva le moment que je redoutais un peu, tout en l’espérant vivement.

Tu veux toujours connaître mon vœu ?

Qu’il était radieux en prononçant ces mots ! Son visage semblait parcouru de décharges électriques qui faisaient palpiter les ailes de son nez, tressauter sa lèvre supérieure d’une façon extraordinairement sensuelle. Je sentis mon propre trouble dans le ton de ma voix.

– Tu oses me poser la question ? Combien de fois te l’ai-je demandé ?

Je n’ai jamais su s’il avait voulu faire durer le suspens ou si l’arrivée des premiers invités l’avait interrompu. Sa version varie à chaque fois que je lui pose la question. Il me désigna ces hommes qui arrivaient dans la salle à manger, saluant Christian qui leur donnait les consignes.

– Voici ma contribution !

Je les regardais, je ne pouvais m’empêcher de les jauger. Un autre groupe arriva. Je m’exclamai « Mais y’en a combien ? » quand je sentis la grosse main puissante du Bavard triturer mes fesses.

– Fais marcher ta tête, Monique ! Elle va faire combien, la Catherine ?

Euh… 33 ans…

– Alors, tu l’as, ta réponse !

Trente-trois hommes pour Catherine ! Je l’enviai tout en me demandant si je pourrais survivre à tant de plaisir. Joseph arriva, me salua. Comme toujours, ses mots étaient choisis et délicats. Le Bavard lui proposa d’aller saluer les collègues qui patientaient dans un autre salon, me laissant seule avec le Balafré. Je trépignais d’impatience.

– Alors ? Ce vœu ?

Avant qu’il ait eu le temps de me répondre, je perçus une agitation dans la salle à manger. Joseph venait de prévenir tous les participants de l’arrivée prochaine d’Alain et de Catherine. Toute la petite troupe partit se cacher dans les différents salons, seul un homme en smoking ne les rejoignit pas, il serait le majordome durant la soirée.

Je les regardais, machinalement, j’avais posé mes mains sur un miroir et m’y étais collée en me demandant lequel ferait quoi… et comment… et quand… Je sentis les lèvres du Balafré sur mon cou, il les faisait danser sur ma peau, de l’épaule jusqu’à l’oreille… ses mains couraient sur ma robe, remontant de mon ventre à ma poitrine… il fit glisser la fermeture Éclair d’une main et de l’autre caressa mon sein.

– Oh, Monique… !

– Pourquoi ce ton plein de reproches ?

– Tu… j’aurais voulu que tu portes un soutif… mais… sentir tes seins… tes jolis petits seins… savoir que tu étais nue sous ta robe… oh, Monique !

Je voulus me retourner pour voir ses yeux, son visage, son sourire, mais il m’en empêcha. Malgré notre intimité, malgré toutes les fois où nous avions couché ensemble, il n’osait affronter mon regard.

– Voici le vœu que tu me dois, Monique. Pendant tout le week-end, aussi longtemps que durera la fête, je te prendrai après chacun des partenaires avec lesquels tu coucheras, je ne jouirai pas en toi, cependant… je veillerai à m’arrêter avant et tu enchaîneras avec le suivant. À chaque fois, je te prendrai comme il t’aura prise… Et lorsque tu me supplieras, que tes supplications seront à la hauteur de ton désir pour moi, je jouirai enfin, là où tu le souhaiteras…

Je me retournai, le regardai droit dans les yeux.

– Pourquoi ce vœu ? Ce vœu si… particulier ?

– Tu le sais bien !

– Peut-être que je le sais… mais je veux que tu me le dises… je veux t’entendre me le dire…

– Parce que je suis amoureux de toi, Monique ! Je t’aime !

– Et tu sais pourquoi j’accepte…

– Parce que tu me dois un vœu et que tu es de parole !

Tu n’as donc pas compris ? !

– Qu’est-ce que je n’ai pas compris ?

– Mais… que je suis amoureuse de toi ! Que je t’aime !

– Mm… et Christian ?

– Je l’aime aussi, mais différemment… mon amour pour lui est aussi sincère que celui que j’éprouve pour toi… il est juste différent… mais… je… Quand tu ne viens pas partouzer avec nous, tu me manques… Je rêve qu’un jour tu viennes… que tu m’enlèves… comme ça… un jour comme les autres… un jour où je ne m’y attendrai pas… et qu’on passe un week-end… quelques jours ensemble… rien que toi… toi et moi…

– Et Christian le sait ?

– Bien sûr ! Pourquoi devrais-je le lui cacher ? Ce n’est pas honteux !

– Et il en pense quoi ?

– Il dit que tu es mon Valentino ! Et puis… il sait qu’il restera pour toujours l’homme de ma vie… Il t’aime beaucoup, tu sais… Il a beaucoup de respect pour toi, parce que…

– Parce que ?

– Parce qu’il aime te regarder quand on couche ensemble… parce que, comme il dit, il t’arrive souvent de me faire tellement l’amour que tu en oublies de me baiser… parce que tu sais me faire l’amour en me laissant rester salope aussi…

– Elle dit vrai, tu sais !

Christian nous avait rejoints et avait demandé aux partenaires de la soirée qu’il me réservait, de patienter dans un autre salon privé.

– Mais ça ne t’ennuie pas un peu ? Elle ne parle pas que de cul ! Elle parle de sentiments… d’amour ! Ça ne t’ennuie vraiment pas ?

– Pourquoi veux-tu que ça m’ennuie ? ! Au plus elle aime, au mieux elle aime, ma merveilleuse Monique !

– Tu voudrais bien me laisser ta place pour ce week-end ?

– Comment ça ?

– Je te regarde la baiser… tu la baises comme un fou… et après… je la prendrai dans ton foutre… oh ! Je voudrais vivre rien qu’une fois, ce que tu vis… ce que tu as la chance de vivre…

Les yeux de Christian s’emplirent de larmes, ce qui n’était pas dans ses habitudes. Il déglutit bruyamment avant d’accepter. Mon cœur s’emballa quand ils se donnèrent l’accolade. Je me blottis contre eux et les embrassai… à tour de rôle… l’un après l’autre… encore et encore…

Christian remonta la fermeture Éclair de ma robe en me souriant. Je compris tout de suite ce qu’il voulait. Je penchai ma tête sur le côté… un regard coquin… un sourire enjôleur… le bout de ma langue entre mes dents… mes doigts sur son tee-shirt… les doigts du Balafré sur ma fermeture Éclair… Un cran… des sourires… un autre cran… d’autres sourires… leur sexe dur contre mes cuisses… mes doigts s’aventurant sur la peau de Christian… quelques crans encore… des encouragements… mes attitudes de Sainte-Nitouche… de Sainte-Quitouche comme le disait Toine… les mains soudain impatientes de Christian… ma robe totalement ouverte…

Je me retrouvai les mains plaquées sur le mur, le visage collé au miroir… ma robe ouverte dont Christian releva le bas… ses doigts qui me fouillaient… ses mots à mon oreille… « Tu aimes ça ? »… ses doigts qui me fouillaient davantage, à la recherche de la réponse… ses doigts qui la trouvèrent… « Fatché ! Oh oui ! Tu aimes ça… ! » … « Penche-toi davantage »… le bruissement du tissu d’un pantalon jeté à terre… À nouveau ses doigts… son gland qui me pénètre… Je remarquai à peine Catherine et Alain trinquant au Champagne, seuls au milieu de cette grande salle… Je me contractai autour de son gland, ce qui le fit durcir davantage… ses doigts remontèrent le long de mon ventre… j’aimais ces caresses romantiques et sauvages sur mes seins… Les premiers va-et-vient passionnés, de plus en plus brutaux… Christian me baisait exactement comme j’avais envie de l’être à ce moment précis…

L’orgasme montait en moi, comme une fusée de feu d’artifice monte dans le ciel… je le sentais monter… monter… enfler… m’envahir… monter encore… Christian et le Balafré m’exhortaient

– Laisse-toi aller !

– Vas-y ! Crie comme une chienne !

– Sors l’animal qui est en toi ! Libère-le !

– Oui ! Oui ! Encore ! Crie encore comme ça !

– Dis-le plus fort que c’est bon !

– Crie ! Crie, Monique !

– Regarde comme il se branle ! Il t’aime comme je t’aime !

– Oui ! Regarde-moi, Monique ! Regarde comme je me branle pour toi !

– Tu aimes ça ? Oh oui, Monique ! Crie-le encore que tu aimes ça !

– Regarde encore, Monique !

– Regarde-le ! Vé comme il aime nous mater quand je te baise !

Je perdis tout contrôle et la fusée explosa enfin. Comme le ciel noir est aspergé de lumières multicolores, l’orgasme qui éclata en moi colora de vie chaque cellule de mon corps… Je n’étais plus Monique, il n’était plus Christian, nous n’étions que jouissance… Je sentis les ondes de son plaisir monter en lui avant même qu’il n’explose en moi… Christian rugit. Lui aussi redevenait animal !

Dessin de Milo Manara

Il se retira. J’étais pantelante… Je m’affalai sur le sofa et, avec une joie infinie,  écartai mes jambes… mes cuisses… pour que Christian puisse montrer « son œuvre » au Balafré qui siffla, admiratif, avant de me rouler une pelle… Peu de mes partenaires m’embrassaient ainsi… nous en parlions parfois avec Catherine, nous étonnant de cet accès de pudeur de la part d’hommes qui par ailleurs se livraient totalement à nous.

Le Balafré posa mes chevilles sur ses épaules, me demanda d’écarter mes genoux au rythme de sa pénétration.

– Comme c’est bon de la baiser dans ton foutre tout chaud ! Putain… c’que c’est bon !

Je les regardais se sourire, j’aimais l’amitié qui les unissait… j’aimais en être l’origine… Le Balafré allait et venait en moi. Il avait écarté les deux pans de ma robe, mais avait refusé que je l’enlève… il regardait mon corps… il caressait mon ventre… mes seins… il écarta d’une main les lèvres de mon sexe et se saoula de la vue de mon clito bandé… luisant… il s’enfonça profondément en moi… « pour que mes poils noirs se tissent avec ta blonde toison » … Je souris, surprise de l’entendre utiliser une expression de Rosalie… Je me cambrai tant pour ne faire qu’une avec son corps, que j’étais presque en position de souplesse arrière, seul le dessus de mon crâne touchait le canapé. Je devais ressembler à une contorsionniste ! Christian s’exclama « Qu’elle est belle… » et ajouta « … ta Monique ! »

Je sentis le sexe du Balafré enfler. Ses va-et-vient se firent plus amples, moins saccadés… pour cette nuit, je serai sa femme, il pouvait donc me faire l’amour sereinenement. D’une voix douce, il me demanda

– Ma chérie, tu veux bien sucer mon ami ? Qu’il puisse goûter à la douceur de ta bouche quand je te baise…

Christian, qui ne bandait pas, refusa ma bouche d’un geste de la main. Je n’ai jamais su s’ils avaient mis au point ce scénario ou s’il naquit de la situation.

– Ne t’en fais pas, mon ami, les pipes de ma femme feraient bander un mort ! Allez, ma chérie, montre-lui ! Suce-le bien pendant que je te baise !

Christian s’approcha de moi, son sexe tout mou avait du mal à rester dans ma bouche. Je fermai les yeux. Le Balafré se pencha vers moi, me souleva un peu la tête et, dans un mouvement d’une assurance absolue, me fit pivoter. Je me retrouvai ainsi allongée sur le côté. Nous voulions me mettre à quatre pattes sans qu’il ne sorte de moi.

Quand ce fut chose faite, qu’il me prit en levrette, il remarqua que je rejetais la tête en arrière et comprit ce que je désirais. D’une main, il attrapa la queue de Christian qui reprenait un semblant de vigueur, me la fourra dans la bouche, tandis que de l’autre, il me tira les cheveux.

– Regarde mon ami dans les yeux, ma Monique ! Montre-lui comme tu suces bien les queues quand je te fourre !

Christian bandait tout à fait désormais. Je sentais à nouveau tout le plaisir de chacune de mes cellules vouloir converger au creux de mon ventre, en faire une boule de feu qui grossirait jusqu’à exploser les irradiant en retour. Je dégageai ma bouche.

– Je le sucerais mieux si tu me parlais, mon amour et si ton ami m’encourageait de ses mots…

Le Balafré, amusé, me dit

– Ce sera tout ?

– Non ! Baise-moi comme une salope ! Montre à ton ami comme tu sais bien le faire !

Je sentis l’excitation du Balafré à la crispation de ses doigts sur mes hanches. J’aimais « le faire à la parlante », comme on disait, mais ce soir-là, leurs commentaires me firent décoller bien plus vite, bien plus haut, bien plus fort que je ne l’aurais imaginé.

– C’est vrai qu’elle suce bien, ta petite femme !

– Regarde-le, Monique !  Fais-lui ton regard de salope !
Oui… comme ça… suce-lui bien la pine !

– Oui ! Regarde-moi comme ça !

– Tu aimes comme elle te suce ?

– Oui ! Fatché ! Elle s’y connaît ! Elle suce toujours comme ça ?

–Regarde, si je lui touche le clito…

Je grognai de plaisir, la bouche pleine du sexe de Christian.

– Hummm que c’est bon quand elle grogne… ! Avale, avale ma queue !

– Tu veux que je la fasse rugir ?

– Oh oui ! Montre-moi comment tu t’y prends !

– Regarde…

Tout en allant et venant en moi, le Balafré posa un doigt sur mon petit trou et entreprit de l’enfoncer. Je criai de plaisir.

– Ouch… tu as raison, c’est bon quand elle rugit…

– Elle ne rugit pas encore… regarde comment il faut s’y prendre…

Il se retira lentement, du bout de ses doigts récolta un peu de nectar au fond de ma chatte et s’en servit pour lubrifier ses doigts qui entrèrent dans mon cul comme dans du beurre. Je poussai toute une gamme de cris. Je sentais mon ectoplasme à l’étroit dans mon corps, mais il y restait coincé… pour la première fois de ma vie, je me demandai comment faire pour le libérer.

– Regarde ! Regarde comme elle me tend ses fesses ! Tu vois ?

– Tu ne vas pas l’enculer, tout de même ! Pas devant moi…

Je sentis la salive du Balafré sur mes reins et celle de Christian sur mon omoplate, ils étaient aussi excités que moi !

– Elle n’attend que ça !

– Tu crois ?
Dis-moi, Monique… tu veux bien que… que ton… que ton mari t’encule devant moi ?

Je grognai « Oui ! », la bouche pleine du sexe de Christian qui l’avait enfoncé encore plus profondément dans ma bouche. Une claque sur mes fesses « On ne parle pas la bouche pleine ! » libéra mon ectoplasme.

Je nous vis, moi à quatre pattes, bien plus cambrée que je ne l’aurais imaginé, Christian dans ma bouche, une main sur sa hanche, l’autre caressant mon visage, la cicatrice brune du Balafré apparaissant, disparaissant entre mes fesses si blanches, apparaissant disparaissant encore, ses mains qui couraient sur mon corps, les miennes qui se crispaient sur un coussin du sofa.

Ils n’avaient pas interrompu leur conversation, mais fascinée par le spectacle de nous trois dans ce petit salon, je ne la captais que par bribes…

– Mais bien sûr que si ! Elle est en train de rugir !

– Ne dis pas n’importe quoi ! Elle miaule à peine !

– Ça ne peut pas être mieux que ça…

– Attends et tu vas voir ce qu’elle peut offrir, ma petite femme…

J’aurais voulu qu’ils fussent mille et que ces mille me prissent mille fois, de mille manières, au même moment ! Mon sang galopait dans mes veines avec la fougue d’un troupeau de tauraux sauvages à la poursuite d’un seul objectif, le plaisir.

– Allez ! Lâche tout, ma Monique ! Lâche tout !
Libère la lionne qui est en toi !

– Il a raison ! Lâche tout, ma… sa…

Mon ectoplasme captura leur regard au vol.

– … notre Monique !

– On ne sera pas trop de deux, si tu veux mon avis…

Alors, Christian fit l’amour à ma bouche, pendant que le Balafré le faisait à mes fesses, leurs mains se complétaient idéalement pour aimer le reste de mon corps. Toute mon animalité put enfin sortir de moi dans un incroyable rugissement. Le Balafré ne put ou ne voulut se retirer à temps, il jouit en criant presque aussi fort que moi, que Christian dont le sperme avait le goût du meilleur des nectars.

J’étais vidée ! Le Balafré et Christian m’apprirent qu’ils avaient convié les membres de notre « amicale » à une partouze pour les remercier d’avoir permis à Alain d’offrir ce beau cadeau à Catherine…

Catherine ! Je l’avais presque oubliée ! Catherine et ses trente-trois amants d’un soir ! Pourvu qu’elle ne succombe pas à tant d’hommes… j’étais vidée… comment ferait-elle ? Je demandai quelques minutes de répit, le Balafré me répondit

– Bien sûr ! Et puis… tu dégoulines de partout… il va falloir faire appel à un nettoyeur…

Pourquoi cet air de dégoût ? Lui et Christian étaient plutôt amateurs du spectacle de mon corps ruisselant, couvert de sperme… J’eus la réponse dès que le nettoyeur entra dans la pièce et qu’ils me racontèrent son histoire.

Je ne suis pas cruelle, si vous souhaitez savoir ce qui arriva ensuite, il vous suffit de cliquer ici !

 

 

 

 

Chroniques matrimoniales – Sous l’objectif

Le photographe installait son matériel, réglait ses éclairages. Je notai avec amusement la bosse capricieuse dans son pantalon. Elle était apparente, puis semblait disparaître dans les plis du tissu avant de le tendre à nouveau. Le Balafré m’observait avec la gourmandise d’un chat devant une jatte de crème.

Je voulais me déshabiller rapidement, mais il me demanda de ne rien en faire. Voulais-je jouer le jeu et m’effeuiller devant l’objectif ? À ma question « S’agit-il là de ton voeu ? » Il répondit par un éclat de rire « Certainement pas ! » Je fis semblant d’être mécontente de sa réponse, mais j’y mis une telle mauvaise foi, qu’il ne fut pas dupe, ne serait-ce une seconde.

Quand son matériel fut enfin installé, le photographe me demanda de m’effeuiller au ralenti. Je devais décomposer chacun de mes gestes, j’aimais ses commentaires et ceux du Balafré. J’aimais qu’ils apprécient et encouragent mes mimiques et attitudes « Pure, candide et salope à la fois ». Je ne portai aucune lingerie, aucun sous-vêtement, ce qui les déçut un peu. Je demandai au Balafré de m’imiter et de se dévêtir devant l’objectif, ce qu’il refusa fermement. Le photographe soutenait le même point de vue, ce qui me mit assez en colère.

D’une main ferme, je déboutonnai le jean du Balafré, le débraguettai et dans un même mouvement, le baissai ainsi que son slip. Je désignai son sexe et m’exclamai « Vous pensez vraiment que ce n’est pas sexy aux yeux d’une femme ? ! »

D’abord surpris de ma soudaine virulence, je parvins sans grande difficulté à les rallier à mon point de vue. Le Balafré consentit à un effeuillage, à l’unique condition que je ne le lâche pas du regard. Son trouble me troublait. Je l’exhortai « Excite-moi ! Excite-moi comme tu en as toujours rêvé ! Excite-moi comme si j’étais la femme de ta vie et ce que soit l’unique moyen de me conquérir ! ». Ma dernière injonction l’aiguillonna plus que je ne l’aurais imaginé. Comme si mes mots l’avaient plongé dans un état second, il oublia toutes ses craintes, toute sa timidité, toute pudeur. Ses yeux plantés dans les miens, mes yeux plantés dans les siens, nous oubliâmes pendant un instant, la présence du photographe. Nous nous faisions déjà l’amour alors que nos corps étaient distants de plusieurs mètres.

J’aimais observer le tremblement de ses mains. J’avais remonté sa fermeture Éclair, mais dans ma hâte de le regarder faire, j’avais oublié de rattacher l’unique bouton à la ceinture. Je me plaçai à la gauche de notre complice pour mieux l’admirer. D’un geste sensuel, mais néanmoins brutal, il écarta les deux pans de tissu, ce qui fit descendre la fermeture Éclair d’un coup. Je hochai la tête pour lui signifier ma désapprobation, revins vers lui, lui remontai sa braguette, agrafai le bouton. Avant de reprendre ma place, je lui murmurai « Laisse-toi guider ! Laisse-toi faire ! Laisse-moi faire ! »

Il s’accrocha à mon regard et sans un mot, sans un geste, je parvins à lui montrer comment faire. Il déboutonna lentement sa ceinture, titilla le bout métallique de sa fermeture Éclair, qu’il ouvrit au ralenti, presque cran à cran, il écarta d’abord le pan droit de son pantalon, puis le gauche. Je ne me souviens plus s’il dansait, s’il ondulait déjà…

Quand les deux pans furent écartés, je lus la détresse dans son regard, dans ce léger sursaut des sourcils. Je m’approchai de lui, suivie de près par le photographe, m’agenouillai et lui descendis le pantalon en prenant mon air le plus salope. Le photographe en aurait pour son argent, mais surtout, surtout je ne voulais pas qu’ils puissent remarquer le trouble qui me submergeait depuis peu, depuis ce strip-tease télécommandé du regard.

Le Balafré sursauta, mais il me sembla qu’il avait compris la raison de ce changement d’attitude. Quand il fut totalement nu, nous demandâmes à l’imprimeur ce qu’il lui plairait de photographier.

Tout d’abord ta chatte offerte et puis vous deux quand vous…

J’étais d’accord pour m’exhiber devant son objectif, je trouvais l’idée super excitante. Oh oui ! J’avais vraiment envie d’être au-delà de l’impudeur ! Quand j’y repense, 42 ans plus tard, je me sens envahie par cette boule de feu, ce désir fou de montrer au monde entier celle que j’étais ! La réaction du Balafré me surprit un peu.

Pour cette première séance, je voudrais que tu photographies son visage, son regard quand je la baise, quand elle jouit…

Quelle idée merveilleuse ! Je souris en réalisant que pour le Balafré, cette séance serait suivie d’autres… J’en étais tellement heureuse !

– Et toi, Monique, qu’est-ce que tu veux ?

– Offrir ma chatte à son objectif… j’aime bien l’idée ! Mais j’aime encore mieux la tienne, celle de photographier mon visage, mes yeux… parce que je ne les ai jamais vus quand je jouis… j’aimerais bien savoir à quoi je ressemble… même si je me doute que je dois être super jolie, vue l’ardeur que nous mettez tous à me faire jouir !

Le photographe était muet de stupéfaction, les yeux écarquillés, la mâchoire pendante, le Balafré éclata de rire et me traita de coquine.

Je m’allongeai sur la table installée à la hâte dans le studio photo, les fesses à demi dans le vide, les jambes écartées, je me livrais davantage à chaque « clic-clac » de l’appareil photo. Bon sang ! Que j’aimais cette sensation ! J’écartais un peu plus mes cuisses, comme le Balafré me le demandait, j’écartais mes lèvres, dévoilant tous les trésors de ma vulve, je sentais mes doigts glisser dans mes replis doux et humides…

– Vous arrivez à voir comme je mouille ?

Pour toute réponse, le photographe déglutit bruyamment, le Balafré marmonna un « oui » dans un grognement animal et terriblement excitant.

– Parce que je ne savais pas si c’était visible…

T’inquiète, Monique ! C’est à peu près aussi visible que ça…

En disant ces mots, le Balafré caressa sa longue cicatrice brune avec l’ongle de son index.

– C’est pas du jeu !

Qu’est-ce qui n’est « pas du jeu » ?

Quand tu fais ça… tu me rends folle !

Parce que tu ne nous rends pas fous, toi ? !

Le photographe se retourna et partit chercher un autre appareil. J’aimais écouter ce bruit particulier d’une pellicule qu’on rembobine. Je m’étais assise et souriais, je me sentais tellement bien, à l’aise, dans mon élément ! Au bon endroit, au bon moment. Le Balafré s’assit à mes côtés, passa sa main dans mes cheveux, me demanda « Je peux ? » avant de m’embrasser passionnément. J’aurais pu m’évanouir de bonheur… Nos lèvres, nos langues, nos salives, nos peaux, nos mains, tout ce qui nous constituait s’assemblait à la perfection.

Je n’eus pas le temps de me demander s’il en avait lui aussi conscience, qu’il me dit « Tu repousses les limites du bonheur » avant d’ajouter « À chaque fois, je crois avoir atteint le plaisir parfait et la fois suivante, tu m’en offres davantage… »

Le photographe était face à moi, pourtant, je ne l’avais pas vu revenir. La séance photo avait été improvisée, il ne pouvait pas y consacrer autant de temps qu’il l’aurait souhaité. À sa demande, nous accélérâmes le mouvement.

546ca3ca38d7ac80981797ecd4f468b8Je m’allongeai pour la seconde fois sur cette table, écartai les jambes, à la demande du Balafré, posai mes chevilles sur ses épaules. Il rappela la consigne au photographe « Que ses yeux et son visage » avant de me pénétrer.

Que j’aimais cette sensation ! Sentir mon sexe s’ouvrir pour accueillir le sien ! Je me concentrais pour ne pas perdre une miette de ces frémissements, pour garder en mémoire cette lente pénétration et la mélodie du souffle du Balafré.

À quoi penses-tu, Monique ?

En fait… je ne sens pas ta cicatrice… en fait…

Il éclata de rire en m’ébouriffant les cheveux. J’eus l’impression d’avoir déjà vécu cette scène, mais dans une autre vie. Je me gardai bien de le lui dire, par crainte de gâcher la magie de cet instant. Le photographe tournait autour de la table, se plaignant du manque de moyens, de la lumière qui ne lui convenait pas, « si j’avais su… ! »

Je voulus lui répondre d’un ton léger que ce n’était rien, qu’on reviendrait vite pour d’autres séances, mais ma voix trahit mon excitation, le plaisir que je prenais. Le Balafré se fit plus directif quant à la façon de me photographier. Il savait exactement ce qu’il voulait voir fixé sur le papier, comme s’il vivait enfin la scène dont il avait rêvé toute sa vie.

J’aimais ses longs va-et-vient, assez rapides, très profonds… j’aimais l’art avec lequel il me maintenait si haut dans le plaisir… Il savait précisément où j’en étais et avait compris que je lui laissais le rôle du maître du jeu… pour cette partie tout du moins !

Ne rate pas son regard quand elle jouira ! Je compte sur toi !

En 1975, les appareils photo n’avaient pas le mode « rafale » comme ceux que tu connais, je ne sais même pas si ceux avec un moteur existaient déjà… Mais quand bien même auraient-ils existé, celui-ci n’en était pas pourvu. Le photographe ne pouvait compter que sur son intuition, sa chance et sa rapidité pour faire avancer le négatif à l’intérieur de son appareil. Il s’en plaignit.

Comment être sûr que…

Je tournai un peu la tête vers lui, le débraguettai, extirpai son sexe dur dont le gland perlait déjà, avant le sucer goulûment.

Excellente idée, Monique ! Il n’hésitera pas !

J’entendis le photographe déglutir avec difficulté, je remarquai l’objectif qui tremblait, bougeait dans tous les sens… un juron, puis « Je n’arrive… même pas… outch ! à voir si… … hmmm… mise… au point… mais… que tu suces bien ! Oh oui ! Comme… »

Le Balafré lui rappela sèchement ce qu’on attendait de lui, je lui souris autant que je pouvais le faire avec cette queue dans ma bouche. Il me sourit en retour, me fit un clin d’oeil « Tiens-toi prêt ! Elle ne va pas tarder à jouir ! »

Tout en allant et venant, il écarta mes lèvres d’une main, faisant jaillir mon clito… Oui ! En le découvrant ainsi, j’eus la sensation qu’il faisait jaillir mon clito comme un diable sort de sa boîte… Il répéta « Tiens-toi prêt ! » et, alors que je m’attendais à la caresse de son pouce, il me souleva à peine, se pencha davantage et souffla doucement dessus. Mon ectoplasme bondit hors de moi, se heurta au plafond avant de réintégrer mon corps en une fraction de seconde. Je n’eus pas le temps d’observer la scène, entendis comme assourdi, le « clic-clac », un juron avant de sentir le sperme du photographe couler dans ma gorge.

Elle suce toujours comme ça quand elle jouit ?

Toujours !

Enivrés de plaisir, nous riions comme trois gamins facétieux. Le photographe retourna à sa boutique, le Balafré passa un doigt interrogateur sur mon front.

Pourquoi cette ride de contrariété, Monique ?

Tu n’as même pas joui…

– La journée ne fait que commencer, Monique !

Peut-être, mais mon car passera dans moins d’une heure…

Nous étions rhabillés, il me prit dans ses bras et me chuchota

Si je te promets de jouir en toi, tu m’autoriserais à te raccompagner dans ma toute petite auto ?

Ton amour de Torpédo ?

Nous nous figeâmes, comme foudroyés. Pourquoi ce refrain que Pierrot et Rosalie entonnaient parfois quand j’étais petite, quand je ne connaissais d’eux que Papé et Bonne-Maman, m’était venu à l’esprit ? Et pourquoi le Balafré semblait aussi stupéfait ? Nous repassâmes par la boutique pour convenir d’une nouvelle séance photo.

Vous pouvez venir quand ?

Je peux venir tous les soirs, les samedis après-midi, les dimanches et les mercredis… et toi ?

Pareil !

Tu as aussi congé le mercredi ? !

J’ai aussi congé le mercredi !

Quelle coïncidence ! Et comment ça se fait ?

Pour la même raison que toi !

Je n’en revenais pas, mais je n’étais pas certaine d’avoir bien compris.

Tu… tu… tu es « dame de service » ? !

Le photographe éclata de rire.

Tu ne sais pas ?

Presque, Monique ! Je suis instituteur !

Je le regardai, épatée. Aujourd’hui encore, j’ignore pourquoi je dis, sur ce ton précis « Maître d’école… ! Mazette ! » Ils rirent encore plus fort et de bon coeur. Nous prîmes rendez-vous et je sortis aux côtés du Balafré, en le regardant d’une façon qui l’amusa beaucoup.

Ne me regarde pas comme ça, Monique ! Je ne suis pas Haby !

T’es p’tète pas Haby, mais t’es… maître d’école !

– Tu as raison ! Je suis maître d’école… mazette !

Nous riions, complices, nous bousculant à coups de hanches, à coups d’épaules, comme deux vieux potes, nous ne nous étions pas concertés, mais il enseignait dans une petite ville de province, mon alliance étincelait à mon annulaire. D’instinct nous connaissions par coeur la partition que nous devions jouer en public, si nous voulions garder secrète la nature de notre relation. Nous la connaissions par coeur, mais c’était la première fois que nous l’éxécutions.

Le Balafré haussa le ton pour me proposer de me raccompagner chez moi.

– Tu n’auras pas à faire le trajet en autocar…

Il s’était chargé de l’antienne, je m’occupai du répons…

Quelle bonne idée ! Christian sera si content de te voir ! Tu dîneras avec nous ?

Si ça ne vous ennuie pas…

Si ça devait nous ennuyer, je ne te l’aurais pas proposé, mon cher !

Je claquais déjà ma portière quand je donnai ma dernière réplique. Peu avant de sortir de la ville, maintenant que personne ne pouvait nous entendre, je lui demandai

On fait quoi ?

Le Balafré haussa les sourcils d’un air lubrique.

Oui… mais où ? Chez moi ? À la crique ? Au château ? Non… il est trop tôt pour le château… Où as-tu envie de me baiser ? De jouir en moi, avec moi ?

Chez toi, mais…

Mais ?

Je voudrais que Christian soit présent…

Mais il ne rentrera pas avant…

Je calculai mentalement le nombre d’heures qui nous séparaient de son retour.

En attendant, on pourrait se promener… faire un tour en voiture… parler un peu… Ça te contrarie, on dirait…

Au contraire ! Mais je pensais… je ne pensais pas que tu en avais envie…

Je m’interrompis, sursautai, surprise de l’évidence avec laquelle l’idée venait de s’imposer à moi.

Et si on allait papoter avec Rosalie ? Parce que je voudrais bien savoir qui tu crois avoir reconnu…

Le visage du Balafré s’illumina

Ah Monique, si tu n’étais pas déjà mariée avec Christian…

Tu me proposerais de coucher avec toi ?

– Ton insolence me perdra, Monique !

Me perdra, tu veux dire…

Non ! Me perdra…

Son regard se noya dans la route qui s’étirait devant nous.

Comme l’écrivait Beaumarchais « Tout finit par des chansons »