Chroniques matrimoniales – Épilogue

Dessin de Milo Manara

Je voulais répondre à tes questions, mais il me fallait aussi te préciser certains points, mes cahiers se sont remplis à toute vitesse et je m’aperçois que je ne t’ai raconté que mes trois premiers mois de femme mariée ! Tu arrives demain, nous aurons tout le temps d’en parler ensemble. Pour terminer ce récit, je voudrais te raconter comment j’ai réussi le défi lancé par mes amis.

J’ai failli me fâcher avec Marie-Claire, ta grand-mère, qui aurait voulu que je sois la marraine de sa fille, Céline, ta mère. Elle avait moqué le côté conven­tionnel de mon mariage quelques mois auparavant, mais n’admettait pas les raisons qui me poussaient à refuser sa proposition. Elle restait sourde à mes arguments. J’étais athée, quelle valeur aurait mon engagement devant un dieu auquel je ne croyais pas ? Ce qui importait à ses yeux c’était que le frère de ton grand-père soit le parrain et que je sois la marraine. Finalement, ce furent nos parents qui nous permirent d’éviter une rupture irrémédiable, ni elle, ni moi n’avions été baptisées, pas plus que notre mère et sa sœur ne l’avaient été. Elle se rangea donc à mon idée, je tiendrai le rôle attribué à la marraine sans passer par la case église. La vie a fait que je n’ai jamais eu vraiment l’occasion de tenir ce rôle, et tant mieux, parce que ça implique que Céline n’a pas connu de gros soucis. Je me demande même si le pre­mier service qu’elle m’ait demandé n’a pas été de te recevoir cet été pendant tes vacances.

Le climat s’étant apaisé entre nous deux, je lui proposai d’organiser une fête familiale au village, prétextant que Bonne-Maman, trop âgée, risquait de ne pas supporter le voyage. Ce qui nous fit tous bien rire puisqu’elle était vraiment en pleine forme. Marie-Claire accepta volon­tiers, quelques jours en Provence, pour cette occasion, ça ne se refusait pas ! La fête eut lieu le 27 mai 1976 et cette année-là, outre la canicule qui s’est abattue sur la France, fut une année “sans pont au mois de mai, alors nous avons décidé d’attendre le jeudi de l’Ascension et d’en profiter pour prolonger cette réunion familiale jusqu’au dimanche suivant, jour de la fête des mères.

Un grand repas fut organisé dans la salle des fêtes, il y avait foule puisque pour faire plaisir à Bonne-Maman, j’avais suggéré d’inviter ses amis encore vivants. La représentation que se faisait Marie-Claire de notre vie au village, de son ennui mortel, de son peu d’anima­tion, m’aida à la convaincre. Elle nous suggéra d’inviter mes amis, histoire qu’ils profitent aussi un peu de cette fête, ce qui me donnait la possibilité de relever mon défi.

Le challenge était de taille puisque ma sœur, son chéri, nos parents et les siens seraient présents. Les membres de la Confrérie, toutes générations confondues, me répétèrent de ne pas hésiter à le tenter une autre fois, si je risquais de me faire démasquer.

Ainsi que c’est encore le cas, les tables de la salle des fêtes étaient réunies pour former un U, ce qui permet­tait de danser entre les différents plats et après le repas. Pour une personne non-conventionnelle, Marie-Claire avait néanmoins établi un plan de table qui respectait le protocole. En installant Neuneuille à sa place, je lui fis remarquer, non sans une pointe d’iro­nie, que ma sœur avait une qualité qui ne pouvait que plaire à l’homme à cheval sur l’étiquette qu’il était. Il me fit la réponse que j’attendais “Mais il lui manque la principale. Je siégeais donc à la droite de mon beau-frère et Jimmy était assis trop loin de moi pour que je puisse relever ce défi. Je n’avais pas pensé à ce détail en annonçant fièrement que ce serait à cette occasion et je comprenais enfin le conseil des uns et des autres de ne pas me montrer téméraire.

Après les toasts portés à Céline, à ses parents, à sa marraine, à son parrain, à ses grands-parents et à son arrière grand-mère, “les Parisiens étaient passable­ment éméchés. Pour la première fois de ma vie, je ne m’incluais pas parmi eux !

Les plats se succédèrent, jusqu’à la première pause musicale. Pour faire plaisir aux anciens, nous avions décidé de leur mettre des valses et des tangos. Bonne-Maman dansait avec Valentino, Nathalie avec Barjaco, ma mère avec sa sœur, Marie-Claire et moi avec nos conjoints respectifs. Après la première valse, je m’assis aux côtés de Neuneuille qui sourit en me disant “Rosalie est une sacrée comédienne, regarde comme elle a l’air heu­reuse de valser sur cette chanson qu’elle a toujours détestée !

Je n’avais jamais songé à cette éventualité ! Ainsi les vieux avaient aussi des goûts musicaux ? Ainsi toutes les vieilles chansons ne leur plaisaient pas ? Et ce tan­go, l’appréciait-elle, au moins ? Neuneuille, un peu plus amusé, me rassura “Oui, elle l’aime ! avant de pré­ciser que c’était un paso-doble !

– Vai ! Rends-moi un petit service, j’aimerais faire un brin de conversation avec Catherine, pourrais-tu lui demander si elle en a également envie ?

Cathy à peine levée, le Balafré se précipita pour s’asseoir sur sa chaise, ne me laissant d’autre choix que m’asseoir sur les genoux de Jimmy. Les entremets furent servis, mais personne n’avait envie de se lever pour regagner sa place, alors nous sommes restés tels que nous étions installés et les danseurs se plaçaient là où ils pouvaient.

Je répondis en riant à Marie-Claire que non, je ne rega­gnerai pas ma place et que oui, je voulais bien qu’elle me fasse passer mon assiette. Avant de me relever, je chuchotai à Jimmy de se tenir prêt. Je décollai mes fesses de ses cuisses, me penchai un peu trop en avant pour récupérer l’assiette que Marie-Claire tendait au Bavard qui paraissait ne pas comprendre ce qu’elle attendait de lui. M’étant trop penchée, il était normal que je fisse attention en me rasseyant. Marie-Claire fut même étonnée que j’y aie pensé après avoir tant bu.

Je me rassis donc, en prenant tout mon temps, quand je sentis le gland de Jimmy appuyer sur mes petites lèvres, j’acceptai son offre « Ne va pas tomber, attends, laisse-moi t’aider, Monique ! » et les mains sur ma taille, il m’empala sur lui. Taquin, il venait de remarquer que j’étais chatouilleuse, alors il en profitait et je devais me lever, me pencher, me reculer, me rabaisser, me rele­ver, me pencher encore, pour échapper à ses guilis !

Je pris comme la plus belle des Légions d’Honneur le hochement de tête admiratif des fondateurs de la Confrérie du Bouton d’Or, le pouce levé de Catherine assise entre Neuneuille et Nathalie. J’étais en train de relever mon défi et personne ne s’en doutait hormis mes confrères et consœurs, Martial et Sylvie qui l’ac­compagnait, Jean-Pierre le cousin de Christian. Même le photographe engagé pour immortaliser la fête l’ignorait et nous avoua n’avoir rien remarqué sur le moment.

Je prenais un plaisir physique, mais essen­tiellement psychologique, j’ignorais alors le terme, mais mon plaisir était décuplé par cette trans­gression absolue. La violence de la sensation expulsa mon ecto­plasme de mon corps, il décolla et vérifia en passant auprès de chaque invité qu’aucun ne se doutait de ce que Jimmy et moi étions en train de faire.

À son arrivée, quand Marie-Claire me tendit Céline pour que je la prenne dans mes bras, ma première pensée fut « Mince, elle n’est pas blonde et ses yeux sont bien foncés », elle était la première arrière-petite-fille de Rosalie et n’avait hérité ni de ses che­veux, ni de la couleur de ses yeux. Ça m’avait bien plus perturbée que Bonne-Maman, qui avait haussé les épaules et les sourcils « Quelle importance ?! », elle avait évidemment raison, mais voilà la première pensée que j’avais eue en voyant Céline pour la première fois.

Cependant, quand mon ectoplasme passa au-dessus du berceau où elle était couchée, Céline tendit les mains vers lui et babilla. Mon ectoplasme regarda le Bavard et réintégra mon corps à l’instant précis où Jimmy jouit en moi et moi de lui. Je ne saurais en expliquer la raison, mais à chaque fois où j’ai fait l’amour dans des conditions périlleuses, dans des situations où je pouvais me faire démasquer, inter­peller à tout instant, j’ai toujours réussi à jouir et à faire jouir mes par­tenaires très vite et réciproquement.

Il est temps de terminer ce récit, avant de te le remettre, j’ai demandé à mes amies, à mes amis de le relire pour qu’ils me signalent mes éventuelles omissions.

Je suis ravie de t’offrir ces cahiers comme notre cadeau de bienvenue, pour que même dans ce moment si désespérant de ta vie, tu n’oublies pas que le bonheur n’attend qu’une chose, que tu l’inventes, que tu lui donnes vie pour exploser enfin.

Monique

Fin des « Chroniques matrimoniales »

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Chroniques matrimoniales – Est-ce qu’il y a besoin de se mettre la cervelle à l’envers pour être heureux dans l’amour ?

b9072c4f9d7aec73e7d403841a3ff29dJusqu’à sa mort, je taquinais Neuneuille en m’excusant régulièrement d’avoir chamboulé son programme si bien établi. Il me menaçait alors de sa canne « Méfie-toi ! Si je t’attrape, canaille, gare à tes fesses ! », mais c’était pour le simple plaisir de me faire éclater de rire.

Je dois reconnaître que pour les avoir bouleversés, nous les avions sacrément bouleversés, nos plans ! Tous autant que nous étions !

Dès la première réunion de la Confrérie du Bouton d’Or, nous avions tous noté une nette amélioration de l’état de Neuneuille. À la fin de ce premier dimanche consacré à la Confrérie, les vieux évoquèrent sa vie solitaire, l’ennui durant ces journées et ces soirées qui lui paraissaient interminables. Dans un même élan, nous proposâmes à Neuneuille de venir s’installer rue Basse avec Rosalie, Valentino et Nathalie s’il ne craignait pas les commérages à son propos. Il eut cette réponse qui m’étonna avant de me paraître évidente.

– Parce que tu crois que les gens s’imaginent que nous batifolons encore à nos âges ? Et même toi, petite, quand tu me croisais dans le village, y pensais-tu ?

Je dus reconnaître que non.

– Les vieux, ou ce qu’il en reste, savent tous que Nathalie et moi soulagions les tourments des anciens combattants, leurs enfants, qui ont l’âge d’être vos parents, le savent aussi… plus ou moins… Même quand nous étions des « jeunesses », personne ne s’est jamais douté de quoi que ce soit… alors, tu t’imagines bien que ce n’est pas à nos âges…

Alain se demanda à voix haute pourquoi on n’imaginait jamais que les vieux puissent avoir une sexualité.

– Parce que nous sommes conditionnés à relier la sexualité à la procréation ! Or, les vieilles ne peuvent plus enfanter, quant aux vieux… on s’imagine que la longue mise en route est rédhibitoire. Je pense surtout que personne ne veut admettre que son pépé, sa mémé, son père, sa mère puissent s’envoyer en l’air !

Rosalie poursuivit en me prenant pour exemple. Il est vrai qu’avant de lire son cahier, je ne l’aurais jamais imaginée pratiquant une sexualité identique à la mienne quand elle avait mon âge et qu’après l’avoir lu, après plus d’un an passé à ses côtés, je n’avais pas soupçonné qu’elle rejoignait Valentino quand elle s’absentait plusieurs jours.

Cathy, Alain, Christian et moi partagions souvent nos dîners avec eux, tantôt rue Basse, tantôt « chez Toine », c’est lors de ces repas que je taquinais Neuneuille.

Barjaco finit par s’installer avec ses amis, prétextant vouloir offrir un peu de liberté à son fils et à sa bru. Le Bavard travaillait toujours dans l’exploitation familiale, mais il venait de s’installer dans sa propre maison. Tu te rends compte ? Après dix ans de mariage ! Cette promiscuité a parfois engendré des drames familiaux, mais je n’en avais absolument pas conscience à cette époque.

Je me souviens parfaitement du soir où la décision fut prise. Barjaco venait d’arriver, comme à son habitude, il fit un gros bisou baveux sur la nuque de Bouton d’Or. Il aimait par-dessus tout me taquiner à propos de mon geste agacé pour essuyer la salive qui n’était pourtant pas sur ma peau. De mon côté, j’aimais par-dessus tout qu’il me taquinât ainsi et il savait que j’aurais été déçue qu’il ne le fît pas. Et s’il le savait, c’est parce que je le lui avais dit.

Aucune séance de la Confrérie du Bouton d’Or n’était prévue, mais il avait voulu passer la soirée avec nous parce que la télé lui cassait les oreilles, malgré le volume trop bas pour qu’il puisse suivre les dialogues. Il n’entendait qu’un brouhaha gênant et fatiguant à la longue, il comprenait cependant qu’après une journée d’un dur labeur, son fils ait besoin de se détendre. Il était donc venu passer quelques heures en notre compagnie.

Il n’avait jamais ressenti une affection particulière pour le Bavard, après tout, il avait de nombreux petits-enfants et était même déjà arrière grand-père. Mais depuis ce fameux 13 juillet 1974, il s’était rapproché de lui. « Grâce à toi, Mounico, grâce à toi ! » Maintenant que le Bavard était parti avec femme et enfants, pour emménager dans sa propre maison, Barjaco ne se sentait plus à son aise à la ferme. Il se surprenait à réagir comme réagissaient ses parents quand il voulait moderniser l’exploitation.

Puis, comme s’il nous avouait une faute, il finit par nous dire que la veille au soir, il avait surpris la fin d’une conversation entre son fils et sa bru. Pour être exacte, il n’avait entendu que ces quelques mots « Tant que le père sera parmi nous, ce n’est pas la peine d’y songer » Il nous regarda, ne chercha pas une seconde à masquer sa peine, à contenir ses larmes « Je leur pourris la vie, comme mes parents ont pourri la mienne ». Il y eut un silence embarrassé. Barjaco se reprit aussitôt, se racla la gorge.

– Dis, cousin, puisque tu vas vivre ici, chez Bouton d’Or, tu voudrais bien me la prêter, ta bicoque ? Ou me la louer ?

– Certainement pas ! Non, n’y compte pas !

Avant que mon « Pourquoi ? » ne sorte de ma bouche, Valentino posa sa main sur l’épaule de Barjaco.

– Tu te figures tout de même pas que je vais laisser ma maison, l’héritage de MES ancêtres à un gars comme toi ? Tu crois qu’on va te laisser tout seul, là-bas maintenant que nous sommes réunis ? N’y compte pas ! Tu viens t’installer ici, avec nous ! Non, mais !

C’était vraiment leur truc, ça ! Offrir un cadeau comme on quémande une faveur ou comme on inflige une sanction et celui qui le recevait râlait comme s’il lui en coûtait ! Au début, je m’en étais étonnée, mais en cet automne 1975, je m’y étais déjà accoutumée.

Nathalie, toute guillerette, taquina la moustache de Barjaco avant de lui rouler une pelle. Rosalie nous désigna à son amie d’un mouvement de menton. Nathalie nous regarda, Cathy et moi.

– Hé bé ?

– On voyait ta langue… et la sienne !

– Et alors ? Vous faites comment, vous autres ? ! Vous mettez pas la langue ?

– Oui, mais… on est…

– Jeunes ? C’est ça ?

En réalité, ce qui nous avait troublées, ce n’étaient pas tant leur langue, ni même leur âge, mais Nathalie avait embrassé Barjaco exactement comme Cathy embrassait Christian. Il était plus simple pour nous de le leur expliquer.

– Tu sais donc ce qu’il te reste à faire, mon garçon !

En disant ces mots, Barjaco enroula sa longue moustache autour de son index ce qui m’amusa beaucoup.

Nous décidâmes de fêter dignement cette nouvelle installation. Je vis pétiller les yeux de ma grand-mère, ceux de celle de mon mari. Je me souvins du récit que Bonne-Maman m’avait fait de leurs retrouvailles avec Pierrot et Toine. Rosalie posa sa main sur la mienne.

– Si tu as une bonne idée, ne la garde pas pour toi !

– Si nous nous offrions un séjour à Nice pour fêter ça ?

Plus tard, quand je lui demandai comment elle avait su à quoi je pensais, Bonne-Maman me répondit « le bleu de tes yeux a eu, l’espace d’une seconde, le reflet ambré de l’huile d’olive ».

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Dessin de Marc Dubigeon

J’étais assise aux côtés du Bavard, peu avant, nous avions décidé qu’à la première occasion, nous rendrions la monnaie de leur pièce à Rosalie et Barjaco qui riaient comme des gamins à me voir sursauter quand il l’embrassait ou lui pinçait les fesses. Pour que le phénomène se produise, il fallait que je sois dans la même pièce que Rosalie et nous le savions déjà. Nous le savions sans pour autant nous l’expliquer.

Le Bavard m’avait suggéré d’inverser les rôles et de faire sursauter Rosalie quand elle s’y attendrait le moins. Nous étions assis sur le canapé, tandis que Rosalie et Nathalie parlaient avec Catherine près de la fenêtre. Neuneuille faisait quelques pas dans le jardin en compagnie de Valentino et d’Alain. Barjaco, sur le pas de la porte du salon, discutait avec Christian. Nous attendions tous l’arrivé du Balafré pour mettre au point notre séjour à Nice.

Le Bavard m’embrassa dans le cou, mais Rosalie ne réagit pas. Je ricanai quand il me demanda à l’oreille si son absence de réaction n’était pas due à « sa vieille peau tannée par les ans et le soleil de la douce Provence », il glissa alors sa main sous ma robe, caressa l’intérieur de ma cuisse espérant que la sensibilité n’ait pas disparu, elle aussi. Aucune réaction de Rosalie, mais je remarquai un léger sursaut de Barjaco qui regarda la paume de sa main d’un air surpris.

Dans un sourire, je dis au Bavard « C’est pas elle… c’est lui ! » et caressai son sexe au travers du tissus. L’aïeul et son descendant marmonnèrent simultanément « Boudiou ! »

Je tournai mon visage vers Barjaco et lui souris comme une gamine effrontée. Personne ne remarqua mon manège, jusqu’à ce que Barjaco, pétri de mauvaise foi, demande à Rosalie si la diablerie était le fait des Normandes. Rosalie me regarda, me sourit et haussa les épaules pour toute réponse.

– Que racontes-tu là, Barjaco ?

– Je parle de diablerie et de ces diablesses normandes !

– Tout finit par s’expliquer un jour, aie confiance en la science et dans ses progrès !

Nathalie se prit la tête entre les mains.

Pauvres de nous ! Maintenant que Toinou et Pierrot ne sont plus là, c’est lui qui s’y met !

Serrant ses poings sur ses hanches, elle défia Valentino du regard.

Et si ça nous plaît mieux, à nous, d’y voir de la magie, en quoi ça te dérange ?

Ça me dérange qu’on traite ma Rosalinetta de diablesse, voilà ce qui me dérange !

Boudiou, tu m’as fait peur… j’ai cru un moment que tu me reprochais le mot « normande »… !

Allons, voyons, cousin, je le savais depuis le début… souviens-toi… quand elle m’a déniaisé…

Toute l’assemblée éclata de rire, puis nous nous sommes regardés et l’air de la pièce s’est soudain chargé d’une sérénité absolue.

Le Balafré arriva enfin, s’excusa de son retard, mais la bonne nouvelle dont il était porteur nous récompensa amplement de notre attente. Il avait trouvé où nous loger pendant notre séjour à Nice et, si d’aventure il prenait aux autres membres de la Confrérie l’idée de venir nous rendre visite, nous pourrions les y héberger ! Valentino lui ouvrit grand ses bras et leur accolade m’emplit de bonheur. Nous trinquâmes à la joyeuse perspective de ce séjour.

Avant de passer à table, le Bavard tint à remercier Rosalie d’avoir convié Barjaco à vivre chez elle, lui offrant ainsi une bonne raison de passer quelques soirées au village « rapport à la piété filiale ! Non seulement, je passe pour un brave petit, mais je peux profiter des caresses de Monique, de ses baisers.. »

– Et de mon petit con et de mon joli cul !

– Tu vois, Rosalie, c’est ça, le drame de ma génération… les filles n’ont plus le goût à la poésie, tout ce qui les intéresse c’est de tout salir !

Je m’assis à ses côtés, il me fit un clin d’œil complice et je remarquai qu’il s’était débrouillé pour sortir son sexe de son pantalon sans que personne ne s’en aperçoive.

Durant tout le repas, nous nous amusâmes à taquiner Barjaco. Le Bavard me caressa la cuisse et quand nous eûmes confirmation que Barjaco ressentait la même chose que mon comparse, nous poussâmes le jeu un peu plus en avant.

Je portai ma cuillère à ma bouche quand le Bavard me heurta le coude.

– C’est mariée, mais ça ne sais toujours pas manger proprement !  Regarde, tu t’en es foutu partout !

En disant ces mots, il fit mine d’essuyer ma robe. Personne ne nous prêtait spécialement attention, ce qui nous convenait bien.

Mais… tu ne t’es pas brûlée, au moins ?

En disant ces mots, il échancra l’encolure de ma robe et caressa ma poitrine de sa grosse main rugueuse et délicate à la fois. Barjaco, surpris, lâcha sa cuillère qui tomba avec fracas sur le bord de son assiette. Le silence se fit le temps que chacun comprenne qu’il ne s’agissait pas là d’un malaise. Les conversations reprirent, mais je vis un large sourire s’épanouir sur le visage de Rosalie.

Confortée par cette marque silencieuse de complicité, je glissai ma main le long de la cuisse du Bavard, qui fit tomber ma serviette en me traitant de maladroite. Je me penchai donc pour la ramasser, mais faisant preuve d’une maladresse supplémentaire, je la fis glisser… oh… pas de chance… jusqu’au centre de la table… ce qui me contraignit à me mettre à genoux entre les cuisses du Bavard.

Je souris en repensant à mon relatif dépit ce soir-là. J’aurais donné tout ce que je possédais pour être à la place du Bavard et voir la réaction de Barjaco quand ma langue humide a léché le gland de son petit-fils, quand mes lèvres se sont entrouvertes et que ma bouche a commencé à déguster sa bite raide, dure, appétissante comme le meilleur des sucres d’orge…

La plaisanterie ne dura que quelques dizaines de secondes, mais le Bavard me dit que je venais de lui offrir le plus beau cadeau qu’il aurait pu imaginer. Je repris ma place à table. Barjaco me fit les gros yeux, mais il eut en même temps un hochement flatteur de la tête pour signifier à son petit-fils qu’il avait bien de la chance.

Tout ceci se passa sans que les autres conversations aient cessé. Je n’y prêtais guère attention, toute occupée à imaginer le prochain « agacement ». Barjaco voulu me faire la réponse du berger à la bergère en titillant Rosalie, mais elle fit comme si sa conversation avec Cathy revêtait une telle importance qu’elle ne voulait pas l’interrompre avec ces billevesées. Elle repoussa la main de Barjaco d’un mouvement agacé de l’épaule, tout en m’adressant un discret clin d’œil. Barjaco voulut alors l’embrasser. Valentino intervint.

– Mais fous-lui donc la paix, bordel de dieu !

– C’est la gamine ! Depuis tout à l’heure, ces deux-là… je voulais…

– Et pour toi, Rosalinetta, c’est une poupée ?! Une poupée avec laquelle tu vas faire enrager les gamins ? ! Et c’est quoi la prochaine étape ? Ma… cette mentalité… je comprends pourquoi papa a préféré s’installer à Paris… !

Barjaco ayant expliqué ce qui se passait, toute l’assemblée voulut étudier le phénomène « Ma… c’est à visée scientifique… tu te doutes bien que si c’était pas pour la science… »

Je m’assis sur le canapé, aux côtés du Bavard, tandis que Barjaco s’installait dans le grand fauteuil près de la fenêtre. Alain, Christian, Cathy, Nathalie, Neuneuille, Rosalie, Valentino et le Balafré s’étaient levés, comme si la position debout accentuait le caractère « amoureux de la science » de l’observation.

Je caressai du bout des ongles la queue mi-molle du Bavard. « Escusez… c’est… l’émotion ! » Il a toujours eu un sens de l’humour incroyable ce Bavard… ! Il reprit de son assurance en même temps que sa vigueur. Je le branlai doucement. Un « OOOOHHH ! » ébaubi enfla et emplit la pièce.

Je n’osai pas encore regarder « en vrai » la queue de Barjaco, mais son regard m’informait de son état. Sa voix fut d’une beauté et d’une mélodie incroyables quand il nous dit :

– Petit, tu as compris maintenant ? Tu as compris pourquoi ton corps connaissait le sien ? Pourquoi tu la connaissais si bien dès la première fois? Elle a la douceur de Bouton d’Or, la fille de Mère-Nature ! Et toi, tu as ma peau ! Et vous autres… si vous aviez… sous la table… tout à l’heure… !

Il fit un très joli sourire à Rosalie « Les jolies chattes font de douces minettes… ! », cligna de l’œil et, en plaisantant, me demanda si je voulais « renouveler l’espérience ». Je ne saisis pas la plaisanterie sur l’instant.

Un peu gênée, j’acceptai à condition que les vieux ne me regardent pas faire. Je ne saurais expliquer la raison de cet accès soudain de pudeur, puisqu’ils nous avaient déjà tous matés depuis leurs postes d’observation pendant plusieurs partouzes.

Personne ne me taquina ou ne fit la moindre remarque.

Je m’installai le plus confortablement possible et suçai le Bavard en y mettant tout mon cœur, toute mon âme, tous mes rêves, toute mon ardeur et toute ma science. Pour la première fois, nous les entendîmes commenter en même temps ce que ma bouche leur offrait. C’était surprenant, leurs mots, leurs interjections, leurs cris, leurs souffles qui se répondaient, s’entrechoquaient, comme sur une mauvaise bande stéréo.

Mon ectoplasme s’échappa une nouvelle fois. Valentino caressait la poitrine de Rosalie, il lui fallut un peu de courage pour oser s’approcher un peu d’eux et constater que Rosalie était empalée sur le sexe de Valentino et qu’elle « se faisait minette ».

Neuneuille avait calé son membre entre les seins de Nathalie, que je trouvai étonnamment beaux.

Barjaco, affalé dans le fauteuil souriait aux anges « Continue… oui… comme ça… »

Catherine me regardait attentivement, elle encourageait régulièrement le Balafré et Christian à se branler. Elle savait trouver les mots justes pour expliquer ce que nous ressentions, elle et moi, quand des hommes nous observant, se branlaient ostensiblement, comme les sentir envieux nous excitait, nous donnait envie d’en offrir davantage…

Alain venait en elle dans une levrette claquée.

Le Bavard se laissait faire, ses doigts froissant mes cheveux, parlant comme à son habitude « Ah ! Te voilà, toi ? Dis, pépé, tu la vois, toi aussi ? » Mon ectoplasme se dirigea vers Barjaco, qui ne le vit pas, malgré les indications précises du Bavard.

Té, Alain… fais-lui plaisir ! Montre-lui mieux ta grosse queue brillante de la mouille de ton épouse ! Voui ! Comme ça ! T’es contente, hé capoune ? T’aime bien regarder comme une petite vicieuse… ça te donne des idées… c’est ça ?

Mon ectoplasme fit oui de la tête et sourit au Bavard qui l’invita à s’approcher d’un geste de la main.

Vai… fais-moi venir, petite créature… fais-moi venir… peti…

Le Bavard jouit dans ma bouche, mais il me sembla percevoir un arrière-goût, un goût différent, un goût jusque là inconnu de mes papilles.

Barjaco se plaignit.

Boudiou ! Même puceau… même minot… jouir comme ça… sans rien faire… sans rien contrôler… mais… boudiou de boudiou… quelle pipe !

La Confrérie du Bouton d’Or à la rescousse ! (hommage à Enid Blyton)

Chroniques matrimoniales – Soirée dansante entre amis

Sur le chemin du retour, je chantais à tue-tête les rengaines dont le Balafré sifflait l’introduction. Je crois que ce furent mes premières leçons d’anglais. Le Balafré, patient, corrigeait ma prononciation et me traduisait les paroles.

J’avais hâte de retrouver Christian, de lui raconter ce séjour loin de lui et de l’entendre me raconter ce qu’il avait vécu en mon absence. Le Balafré klaxonna devant « la maison du Toine », ainsi que nous la nommions encore à l’époque.

POUËT ! POUËT !

La fenêtre s’ouvrit à la volée, Christian cria à pleins poumons « Ah ! Te voilà, toi ? Regarde, la voilà la pomponnette… » dans un sourire, le Balafré me conseilla d’entrer avant que Christian ne termine la tirade. Je répondis à la question qu’il ne me posait pas.

Pas besoin d’une leçon de rattrapage pour « la femme du boulanger »… c’est que je connais mes classiques, moi !

Le Balafré gara sa voiture, puisqu’Alain et Catherine venaient de l’inviter à prendre l’apéro. Après avoir salué Cathy et Alain, je me blottis dans les bras de Christian. Bon sang, comme ils m’avaient manqué, ses bras ! Cathy me demanda comment s’était passé mon séjour, j’évoquai brièvement mes leçons particulières, maintenant on dirait « un stage de remise à niveau », parce que j’avais hâte qu’ils me racontent ce qui s’était passé pendant mon absence.

Je parlai aussi des deux amis que le Balafré m’avait présentés, tous trois connaissaient déjà Jimmy, mais seul Alain avait déjà rencontré Martial.

Il faut que je vous dise que désormais, grâce à Martial, Monique a goûté aux étreintes dans les bras d’un…

Noir ?

Métis ?

Faites fonctionner vos petites cellules grises, les amis ! Nous parlons de Monique !

UN PARISIEN !

Goguenard, le Balafré désigna Catherine.

Preuve est faite que le sixième sens féminin est une réalité… Bravo, Cathy ! Tu la connais bien, notre Monique !

La bouche dans mes cheveux, Christian me demanda si c’était si différent que ça entre un provençal et un parisien. Je ne pensai pas une seconde qu’il faisait allusion aux origines africaines de Martial, parce que je n’y ai jamais prêté attention. La peau de Martial était noire, ses cheveux étaient crépus, mais ça n’avait pas plus d’importance à mes yeux que les cheveux bruns et ondulés, que la peau mate d’Alain et puis… si je devais comparer la taille de leur sexe respectif, Alain remporterait la palme haut la main !

C’est bizarre… il y a des mots que je préfère en parisien, mais d’autres que je préfère en provençal…

Lesquels ?

Ô, pute vierge… je viens… je viens !

Tu fais moins la maline, Monique… hein ? Allez ! Redis-nous ça comme si tu pouvais compter sur le soutien de Martial !

Je marmonnai un « je vieng’ ! », le Balafré se moqua de ma couardise. Nous ricanions comme des gamins farceurs, tout en grignotant et en buvant. C’est un luxe que je n’ai compris que bien plus tard, celui de pouvoir parler de tout et de rien, de boire, de manger, de commenter l’actualité, de rire tout en étant nus, de m’interrompre au milieu d’une phrase pour (par exemple) sucer mon voisin et de reprendre ma conversation… S’il m’a fallu autant de temps, c’est aussi parce que je n’avais connu que ce genre de relation et que le seul récit d’une vie amoureuse que j’avais lu jusqu’à présent était celui de ma grand-mère…

Je brûlais de désir pour Christian, j’avais une folle envie de lui, de ses bras, de sa peau, de ses yeux dans les miens, de son souffle sur ma  peau, de le faire saliver d’excitation, de plaisir. N’y tenant plus, je l’embrassai passionnément. Comme s’il n’attendait que ce signal, Alain s’exclama « C’est pas trop tôt ! » et se dirigea vers l’électrophone.

Lisant ma curiosité, mon impatience aussi, dans mon regard, dans mes baisers, dans mes caresses, Christian me raconta leur soirée « partie fine » avec la bande habituelle. Soirée qui avait tout de même duré près de quarante heures !

Heureusement que « Madame » y participait ! Sinon, la pauvre Cathy…

Qué « la pauvre Cathy » ? Quand je me suis plainte ?

Catherine était tombée dans le panneau et nos hommes s’en réjouissaient bruyamment ! Elle fit semblant d’en être vexée et, au lieu du magistral strip-tease que nous attendions tous, elle glissa vers moi d’un pas léger et m’invita à danser. Elle m’embrassa doucement dans le cou et susurra à mon oreille « T’en penses quoi de Jimmy ? Il baise comme un Dieu, tu ne trouves pas ? »

Oh oui !

Et ses coups de rein quand il jouit…

Ah ? Ça non ! J’ai pas remarqué, mais…

Je dénudai mon épaule pour lui montrer les traces de morsure.

Oh fatché ! Il n’y est pas allé de main morte !

Qu’est-ce que vous complotez, mes nines ?

Monique me montrait…

Le Balafré s’approcha, surpris parce qu’il ne lui avait pas semblé que Jimmy m’avait mordu si fort.

C’est parce que c’était pas toi de l’autre côté de ses dents ! Putain, je les ai senti passer ses morsures !

Mais… fallait le dire !

Tss tss, Monique… réponds pas… ils y comprennent rien !

On n’y comprend rien à quoi ?

À rien…

J’avais mal, mais à la fois… c’était si bon… !

Je le note !

Pfff tu vois ! Tu n’y comprends rien ! Jimmy sait mordre ! Ça ne s’apprend pas, je crois… y’a ceux qui savent et ceux qui te font que mal… ou ceux qui ne te mordent pas assez fort… et Jimmy sait mordre… c’est tout !

C’était la première fois que j’entendais Cathy parler sur ce ton, calme, posé, mais ferme… elle avait bien plus d’expérience que nous en ce domaine et nous faisait partager son savoir, il émanait d’elle une autorité naturelle qui me fascina. Elle lut notre admiration sur nos visage et nous lûmes sa fierté sur le sien. Le Balafré se prit à imaginer une chaire à l’université où l’on enseignerait l’art de l’amour, des plaisirs et dont Cathy serait la titulaire. Tout en développant son idée, il l’invita à danser d’un geste très élégant.

Je veux bien, mais je te préviens, j’ai fini ma plaquette hier, alors je ne couche plus qu’avec Alain !

Mais… c’est pas possible que tu tombes enceinte aujourd’hui ! Si ?

Normalement, non, Monique, mais c’est un risque que je ne veux pas courir. Ce bébé, je veux être sûre et certaine qu’il soit de mon Alain chéri… si je couche avec d’autres hommes… comment je pourrais en être sûre ?

Si à la naissance, le bébé s’écrie « Ô, pute vierge, je viens, je viens ! » c’est qu’il sera de ton époux !

Le Balafré arrêta le geste de Cathy qui menaçait de le boxer, il lui prit la main et réitéra sa proposition.

– Mais quelques pas de danse… tu n’aurais pas le coeur de me les refuser ?

– Tant qu’on ne couche pas ensemble…

Le Balafré la plaqua contre lui, il reluquait ostensiblement dans son décolleté, un sourire gourmand aux lèvres.

Il me tarde que tu sois enceinte, Cathy…

Pour pouvoir coucher avec moi ?

Non ! Enfin… si… aussi, mais je pensais à tes seins… je les imagine… tendus… lourds… tentants…

– Et ça te fait bander bien fort…

Et ça me fait bander bien fort !

Je sentis les mains d’Alain sur mes fesses, je gloussai d’excitation. Le Balafré me regarda, un étrange sourire aux lèvres. Dans les bras d’Alain, je l’entendis marmonner tout en dansant avec moi. Je lui demandai ce qu’il disait, il me chuchota « J’ai peur de me réveiller… »

Mais tu ne dors pas !

Si… je dors et je suis en train de rêver… j’ai peur de me réveiller… tout seul… dans mon lit trop grand…

Je me libérai de ses bras, reculai d’un pas et le giflai à plusieurs reprises, de toutes mes forces. Cathy, Christian et le Balafré se figèrent stupéfaits de ce soudain accès de violence. Alain se frotta la joue en me souriant.

Merci, Monique ! Merci !

Il m’enlaça et me fit tourner dans les airs en riant comme j’aimais tant l’entendre rire, d’un rire puissant, retentissant, chantant… un rire qui vient du fond des tripes et qu’on partage avec ses amis.

Aussi soudainement qu’il m’avait fait tournoyer, Alain me reposa sur le sol, se dirigea vers Cathy et la fit danser dans une espèce de chorégraphie quelque peu ridicule, mais tellement touchante ! Christian m’interrogea du regard, j’allai vers lui et lui expliquai.

– Alain avait peur de rêver… Il n’arrive toujours pas à admettre la réalité, qu’il est l’époux de Catherine, qu’elle l’aime si fort qu’elle veut un enfant de lui… Fallait bien que je fasse quelque chose… t’aurais fait quoi, toi ?

Je lui aurais pincé le bras, la main… c’est comme ça qu’on fait… « Pince-moi, je rêve ! » vous connaissez pas ça, à Paris ?

– « Pince-moi, je rêve… » ? Ah ah ! Quelles chochottes ces provençaux !

Notre conversation à mi-voix était couverte par la musique, les autres ne voyaient que mes épaules secouées par mon éclat de rire et la mine mi-affligée, mi-amusée de Christian.

– Ho la parisenca, ta rencontre avec Martial t’a rendue moqueuse !

– Faut croire… Tu savais que sa mère est normande ? De pas loin d’Avranches ?

– Non, je l’ignorais… Tu me raconteras tout ? Il me tarde que tu me racontes… tu étais heureuse ?

– Oh oui ! Mais tu me manquais… tu m’as tellement manqué !

– Qu’est-ce qui t’a manqué ?

– Tout !

– Quoi, plus précisément ?

– Tout ! Toi ! Moi ! Nous ! Tout ! Mais en même temps, j’étais heureuse… vraiment heureuse… J’aurais voulu être deux… une Monique ici… avec vous et une autre Monique… là-bas… avec eux…

– Ou plus simplement, nous tous ensemble !

– Non. Pas tous ensemble. Ça n’aurait pas été pareil… j’aurais eu… honte…

– Honte ? ! Mais honte de quoi ?

– De ne pas… de pas avoir été au collège… de rien connaître… de rien savoir… devant toi, j’aurais eu trop honte… alors j’aurais moins bien aimé… je ne l’aurais pas fait…

– Mais… mais tu sais qu’ils sont bien plus diplômés que moi, pourtant ! Je n’ai que le bac tandis qu’eux…

– Je le sais bien ! Mais avec eux… ça ne me dérangeait pas, mais devant toi…

homme_cocu_trompe demiChristian me regarda en psalmodiant « Monique… Monique… Monique ! » et c’est à cet instant précis, m’a-t-il dit plus tard, qu’il comprit en la lisant dans mes yeux, la profondeur de mon amour pour lui. Le disque était fini, Alain nous demanda d’attendre un peu, il voulait nous faire écouter un album qu’il avait acheté la veille. Le Balafré en profita pour s’approcher de nous et de me proposer « une démonstration de la figure Monique ».

– C’est pas sympa pour Cathy !

Alain, la pochette du disque à la main, nous interpella.

– Tu n’as qu’à la faire avec Christian et le Balafré, parce que moi, j’y ai droit… à la belle Catherine !

Il exultait comme un gamin qui fait enrager ses copains !

– Mais non, Aloune ! Pour « la figure Monique », il faut trois garçons pour une fille… et de la lecture aussi !

– Et si on inventait « la figure Catherine » ?

– Comment tu l’imagines ?

– On regarde Alain prendre Catherine. Le Balafré commence à te prendre comme Cathy le souhaite. Moi, je vous regarde depuis là-bas… comme si vous ne saviez pas que je suis là… après, j’arrive…

Ciel, mon mari !

Oui, c’est exactement ça ! Et là, Cathy m’ordonne de te prendre de la façon qui l’excite le plus !

Catherine battit des mains comme une enfant impatiente d’ouvrir ses cadeaux et nous demanda de venir l’embrasser à tour de rôle. Le baiser de Christian fut passionné, celui du Balafré fougueux, mais je fus la seule à penser à l’embrasser sur son autre bouche ! Elle ondulait sous ma langue, ses doigts se crispaient sur mes cheveux… elle gémissait de plaisir… J’entendais nos hommes se traiter d’idiots de ne pas y avoir pensé. Ils nous reluquaient de si près que j’aurais pu sentir la chaleur de leur gland.

Quand les doigts de Christian s’aventurèrent entre mes cuisses, ils y trouvèrent les miens. Un juron enthousiaste s’échappa de sa bouche et il partit se cacher dans le cagibi attenant au salon, pour nous mater tranquillement. Au bord de l’orgasme, je cédai ma place à Alain. D’un regard, je demandai la permission à Cathy d’écarter les lèvres de son sexe et d’observer attentivement le gland d’Alain la pénétrer. Elle me l’accorda, elle a toujours trouvé mon regard excitant. Le gland tendu, gonflé d’Alain la pénétra au ralenti. Cathy se cambra. Alain me demanda si j’avais bien vu et, sans attendre ma réponse, sortit de son vagin. Couverte de la mouille de son épouse, la queue d’Alain était encore plus impressionnante ! Plus tentante, aussi… Ils me taquinèrent à cause du bout de ma langue que je n’avais pas su retenir.

Té, Monique ! Ne te prive pas !

Je le suçai jusqu’à ce que sa queue ait perdu le goût du sexe de Catherine, écartai de nouveau ses « lèvres du bas » et observai… admirai la lente pénétration d’Alain. Le Balafré demanda à Cathy comment elle voulait qu’il me prenne.

– Viens un peu par ici… que je te suce pendant que… oohh mes chéris !

Le clin d’oeil d’Alain m’avait invitée à titiller le clito de Catherine tandis qu’il la prenait au ralenti… j’admirai ses savants va-et-vient et… bon sang, comme j’aimais le goût de ma Cathy ! Je voulais la faire jouir et j’y parvins. Alain se pâmait presque autant qu’elle de la sentir jouir autour de sa queue. Je relevai la tête. Le Balafré caressait doucement le visage de Cathy qui le suçait tendrement. Puis, comme si elle le congédiait, elle lui dit « Vaï ! J’aimerais bien te regarder la prendre en levrette… » Je remerciai Catherine d’un sourire complice, elle me connaissait si bien !

– Pendant que tu fais rien, mets-nous le disque !

Le Balafré siffla, admiratif. Alain avait acheté la version « import » de l’album de Rod Stewart « Atlantic crossing » c’était son péché mignon, les disques anglophones dans leur version d’origine, dite « import » ! Le disque venait à peine de sortir en France et il en avait déjà un pressage « import » !  Tu es de la génération Amazon, tu ne peux pas t’imaginer ce que cela signifiait ! Les grandes enseignes étaient bien trop éloignées, mais Alain avait son réseau et pouvait nous épater de ses trouvailles. Il contribua grandement à mon éducation musicale.

Les premières notes retentirent. À genoux aux côtés de Cathy, je regardais Alain aller et venir… j’observai le bassin de mon amie, de ma soeur, se tendre vers le plafond, avant de faire le chemin inverse… je sentis une douce caresse sur mes reins… le Balafré faisait glisser lentement le dos de sa main le long de mon dos… Il me pénétra tendrement, comme s’il voulait me prouver de quelle douceur il était capable avant le déchaînement qui allait suivre. Cathy l’exhortait « Plus fort ! Plus vite ! Plus… pro… profond ! Tu sais ce qu’on aime… dans les levrettes… Monique et moi ? »

– Dis-le moi…

– Quand… oohh… quand les… quand les… ooohh… quand les couilles giflent nos… lèvres… nos cuisses… quand… ooohh… quand on les entend… oooh… battre sur notre peau… hein, Monique… c’est ce qu’on… ooohh… ce qu’on aime ?

– Oooh… oui ! Oooh… oui !

Le Balafré me rudoyait idéalement dans cette levrette sauvage à souhait. La pièce semblait nimbée d’un nuage de sensualité, d’amour, d’amitié charnelle et nous en avions tous conscience. Christian fit son entrée sur les premières notes de « Stone cold sober ».

– Mais je vous surprends donc en pleine orgie ! ! Et dans la maison de mes aïeux, en plus ! Quelle honte ! Comment pourrais-je laver un tel affront ?

Mon sourire lui indiqua que j’avais bien ma petite idée à ce sujet. Il vint devant moi, se tint debout, son sexe dur à la main. Cathy se pâmait, blottie dans une bulle de plaisir, un plaisir intime qu’elle partageait avec Alain. Oubliant notre présence, ils se criaient des mots d’amour comme si nous ne pouvions pas les entendre….

Christian était encore dans ma bouche quand retentit le fameux « Ô, pute vierge ! Je viens ! Je viens ! » Ils s’enlacèrent, se dirent d’autres mots d’amour. Alain voulut écouter la face B de l’album, le temps d’aller jusqu’à l’électrophone, de retourner le disque, il rebandait déjà ! Il était au moins aussi étonné que nous ! Pour le taquiner, Christian lui demanda s’il « tirerait à blanc » pour pouvoir jouir plus longtemps de son exclusivité sur Catherine.

Parce que tu crois qu’il ne me tarde pas déjà de le tenir dans mes bras, notre bébé  ? !

Où Monique, Christian, le Bavard et le Balafré découvrent la genèse et les règles d’une société secrète… (hey, c’est intrigant, non ?)

 

Chroniques matrimoniales – Lecture à voix haute

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Dessin de Milo Manara

Nous étions ici depuis trois jours, enfin, depuis trois nuits et nous étions à l’aube de cette troisième journée quand je quittai les bras du Balafré, encore endormi, pour préparer mon petit-déjeuner. Je fis la moue en ouvrant la porte du frigo… plus de lait… je devrais donc patienter encore, le mas était trop éloigné du premier commerce pour que je puisse m’y rendre à pied.

Je sortis dans la cour, je voulais cueillir quelques fleurs en espérant qu’une leçon de botanique serait au programme. Je me retournai en entendant des pas sur le gravier. Martial tenait un bidon de lait à la main et l’agitait au-dessus de sa tête.

Té pitchoune, tu ne veux pas déjeuner avant ?

Nous étions morts de rire, son accent méridional sonnait aussi faux que le mien !

Oh peuchère… j’ai faing, mais il n’y avait plus de lait…

Je revieng d’en acheter !

As-tu pensé au paing ?

Oui ! J’ai pensé au paing ! Et comme on dit au païs « du paing, du ving, du Boursing et tout va bieng ! »

Je reçus sur la joue quelques éclaboussures de l’eau que Jimmy avait jetée au visage de Martial. Ce qui nous fit rire davantage. Jimmy parut nous lancer une malédiction en provençal.

Qu’est-ce qu’il a dit ?

Je ne sais pas. Je ne parle pas le sauvage !

Pourtant, tu t’es installée par ici…

Je suis venue leur apporter la civilisation… une missionnaire en quelque sorte…

Avant que Jimmy ne mette ses menaces à exécution, nous nous réfugiâmes dans le mas. Je mis le lait à chauffer pendant que Martial dressait la table. Le café était en train de passer doucement et je me laissais bercer par la musique de la croûte de pain cédant sous la lame du couteau. Martial taillait des tranches épaisses en sifflotant. Par la fenêtre, je regardais Jimmy traverser la cour, pointant vers moi un index menaçant, mais ce qui me préoccupait était la bosse dans la poche de son jeans, que contenait-elle ?

Le lait était chaud, je m’apprêtais à le verser dans mon bol, quand Martial interrompit mon geste. « Laisse-moi le faire, ce matin ». Il prépara mon chocolat avec une attention que je n’avais jamais apportée jusque là. « Tu me diras ce que tu en penses ». Je m’assis, pris ma serviette et la posai sur mes cuisses. Le Balafré fit son entrée, le visage encore tout froissé de sommeil.

J’ai rêvé ou le mot « missionnaire » a été prononcé ?

Jimmy haussa les épaules d’un air las.

Pas dans le sens où tu l’entends… ils se moquaient de nous, si tu veux tout savoir…

Monique m’expliquait la raison de sa venue ici… une missionnaire venue apporter la civilisation dans une contrée peuplée de sauvages…

Il souriait. Le Balafré dodelina, leva les yeux au ciel.

Monique… Monique… !

Me méprenant, je pris Martial à témoin.

Tu es d’accord avec moi, non ?

Je reprochai au Balafré son air condescendant. Martial posa sa main sur la mienne, m’obligeant ainsi à le regarder dans les yeux.

Les missionnaires sont venus en Afrique pour apporter la civilisation aux sauvages qui la peuplaient… Mon père est arrivé en France avec les tirailleurs sénégalais pendant la seconde guerre mondiale…

Oh merde ! Pardon ! J’y avais pas pensé ! Pour moi, t’es juste un parisien, comme moi… pardon !

Ne t’en excuse pas ! Ça me fait tellement plaisir que tu n’y aies pas pensé !

Et ta mère est aussi sénégalaise ?

Non, pas du tout ! Pas plus que mon père qui est natif de Côte d’Ivoire…

Alors, pourquoi dis-tu qu’il était tirailleur sénégalais ?

Parce que c’est ainsi qu’on appelait les indigènes d’Afrique incorporés dans les troupes françaises…

Mais c’est complètement con !

Martial me sourit. Jimmy regardait le Balafré, eux aussi souriaient.

Je trouve aussi

Et vachement méprisant, non ?

Si ! Aussi !

Fais attention, ma chérie, tu vas faire de la bouillie à force…

Toute à cet échange, j’avais oublié ma tartine qui trempait dans mon bol, elle se délitait dans le chocolat encore chaud. Je la mangeai rapidement, avant de boire une gorgée. Le chocolat était délicieux, je félicitai Martial.

C’est une recette de ma maman !

Tu sais d’où est originaire « maman Martial » ?

De Nice ?

– Non

– Marseille ?

– Non plus !

– Aubagne ?

– Non !

– Toulon ? Cassis ?

– Essaie encore…

– Je brûle ?

Éclat de rire des trois amis.

– Oui et non…

Jimmy reprocha aux deux autres de se moquer de moi, il me donna un indice « P’tète ben qu’oui, p’tète bien qu’non ! » Bon sang ! Son accent pointu était au moins tout aussi pourri que mon accent méridional ! Toutefois, je compris son message.

Ta mère est Normande ?

Oui, elle vient d’un village près d’Avranches…

Hé ! Mais si ça se trouve, on est cousins ! Ma grand-mère vient de Montchaton, à côté de Coutances !

– Sait-on jamais…

Je bus mon bol comme j’aimais à le faire, d’une seule gorgée, le tenant à deux mains. J’ai toujours aimé la sensation humide au-dessus de ma lèvre supérieure, la moustache de lait que j’essuyais avec ma serviette quand elle commençait à sécher. Depuis un an, j’avais appris à aimer le regard que les hommes portaient sur moi quand ils me voyaient faire. « Tu féliciteras ta mère de ma part, Martial, je n’ai jamais bu un aussi bon chocolat ! ».

J’allais plier ma serviette quand Jimmy sortit de sa poche un petit paquet fait à la va vite et me le tendit. Je l’ouvris et découvris un rond de serviette en bois gravé à mon prénom. Je ne savais pas si je devais en rire, alors, je me levai et embrassai la joue de Jimmy en me penchant au-dessus de la table.

Depuis notre arrivée, j’avais eu droit à quelques « leçons de rattrapage » en français. Les séances débutaient toujours de la même façon, je choisissais un costume, le Balafré, Jimmy et Martial se concertaient et décidaient quelle oeuvre ils allaient me raconter.

Mue par je ne sais quelle inspiration, sans doute liée à la mélodie d’une vieille ritournelle que sifflait le Balafré, occupé à faire la vaisselle, j’ouvris la valise et la vidai entièrement. Je reconnus la fameuse robe de bergère qui avait tant plu à Nathalie, je la dépliai avec l’idée de demander au Balafré si, comme moi, il trouvait qu’elle irait mieux à Cathy qu’à moi, mais ce faisant, le premier cahier de Bonne-Maman tomba sur le carrelage. Je le ramassai.

C’est toi qui as demandé à Christian de le mettre dans la valise ? Quelle bonne idée !

Hélas, non ! J’aurais aimé l’avoir eue, mais c’est une initiative de Christian !

Je souris en pensant à lui, mais je me retins de le dire au Balafré la phrase qui me brûlait les lèvres « C’est aussi pour ça que je l’aime ». Je ne voulais pas qu’il perde la face devant ses amis et j’ignorais encore que ça n’aurait pas été le cas. Je tendis le cahier à Jimmy « Tu veux le lire ? ». Il allait me répondre quand je remarquai son regard par-dessus mon épaule. Le Balafré lui avait fait signe de refuser ma proposition.

Si on en profitait pour varier les plaisirs ?

Une leçon de botanique ?

Ton enthousiasme me va droit au coeur, fille de Mère-Nature,  non… je pensais… ce matin, tu nous lirais à voix haute… en soignant ta lecture… le cahier de Rosalie pendant que nous te ferions l’amour…

Ouah ! Tout le cahier ? !

Ah, ah ! Je te reconnais bien là, petite gourmande… ! Essaie déjà d’aller au bout d’un seul chapitre ! Mais je te laisse choisir lequel…

Je préfère que ce soit Jimmy qui choisisse.

Jimmy, touché, entreprit de le feuilleter, il s’extasia de la jolie calligraphie et sourit en découvrant les titres de chacun des chapitres.

Je ne résiste pas à Baudelaire…

Il  me tendit le cahier ouvert à la bonne page. Je fis sans doute la moue, puisqu’il me demanda ce qui me déplaisait. J’aurais préféré un chapitre plus joyeux, toutefois ma mine contrariée me permit de décider où et comment relever ce défi. Dans un des appentis était entassé tout un bric-à-brac, dont un vieux lit qui correspondait à l’image que je me faisais d’un divan profond comme un tombeau. Le mas avait subi quelques modifications au cours des décennies précédentes, l’époque était alors au modernisme et au formica. Combien de meubles anciens avaient fini en bois de chauffe ? Je ne saurais le dire, mais par chance, le lit n’avait été que démonté et ses éléments empilés dans un coin. Nous transportâmes le tout dans la cour pour un dépoussiérage et un remontage. J’avais estimé à une demi-heure le temps nécessaire à ces préparatifs, l’horloge sonna midi quand nous en vînmes enfin à bout ! Comme le fit remarquer le Balafré, si Valentino avait été là, nous aurions gagné un temps certain. J’aimais les regarder s’activer, s’interpeller. J’avais aimé leurs « Non ! Laisse-nous faire, Monique ! », mais par-dessus tout leur désobéir et ainsi leur prouver que je n’étais pas une faible créature.

Cette journée, un peu fraîche était malgré tout très ensoleillée, je ne portais que la chemise d’homme dans laquelle j’avais dormi, je décidai de ne pas la retirer pour le moment, au contraire, je la reboutonnai soigneusement pendant que Jimmy et Martial étaient partis chercher le grand matelas sur lequel nous dormions le Balafré et moi. Comme il le faisait souvent, le Balafré se caressa la commissure des lèvres en souriant, il ne savait pas encore à quel point ce geste m’excitait, mais il commençait à s’en apercevoir. Il me demanda, à brûle-pourpoint, si j’étais heureuse, pour toute réponse, je lui souris.

Approche !

Comprenant où je voulais en venir, il me dit « Tu vas t’écorcher les genoux, ma chérie ! »

Je m’en fous, la douleur sera minime comparée au plaisir que je vais prendre ! Mais avant…

Je me blottis dans ses bras, fermai les yeux et levai mon visage vers le sien. C’était notre petit rituel d’amour, de tendresse avant le déchaînement de nos pulsions, celui qui s’était imposé à nous sans que nous l’ayons choisi. J’aimais sentir le souffle du Balafré sur ma peau, sa main sur mes reins, l’autre qui caressait doucement mon visage, chaque caresse précédait un baiser léger, chaque baiser léger était suivi d’un mot d’amour, d’un compliment. Je me laissais faire, le corps déjà tendu vers le bonheur. Quand une mèche de mes cheveux le dérangeait, il soufflait dessus pour la remettre en place. Pour finir, il posait ses lèvres sur les miennes, ma langue forçait un peu ses dents pour retrouver la sienne et nous nous embrassions longuement. J’appréciai tout particulièrement la saveur de ce baiser matinal, sa salive au goût de café se mêlait à la mienne, chocolatée… Je détachai le bouton de son pantalon, fis glisser la fermeture, constatai qu’il ne portait rien dessous et qu’il bandait déjà très fort.

Mes paupières toujours closes, je m’agenouillai devant lui et tentai de redessiner le tracé de sa cicatrice du bout de ma langue. J’entendis crisser le gravier, puis le bruit mat du matelas jeté sur le sommier. Me sachant observée, je décidai de faire de cette pipe une véritable oeuvre d’art. J’humectai le gland en salivant le plus possible, j’avais déjà en horreur cette manie de cracher sur autrui, je n’y ai toujours vu que mépris, ce qui annihilait tout désir. Quand il fut assez humide à mon goût, j’avalai un peu plus sa queue, les mains du Balafré caressaient mon crâne sous mes cheveux… ma langue s’enroulait autour de son sexe… dans un sens… puis dans l’autre selon que je l’avalais ou au contraire que je le sortais de ma bouche. Nous déglutissions tous les quatre au même rythme et c’était moi qui l’imposais, ce rythme. Cette constatation m’emplit d’une force incroyable qui décupla ma fougue. J’entendis Jimmy s’extasier, me comparer à une prêtresse en adoration devant une divinité priapique. J’interrompis cette fellation pour lui demander ce que ça voulait dire.

Je te le dirai après ta lecture… si tu lis bien !

Je me relevai, malgré les jérémiades du Balafré et ordonnai à Jimmy de s’allonger sur le lit. Il était déjà nu et maintenait la base de sa queue déjà dure, de telle façon qu’une ombre se dessinait sur son ventre. Imitant tant bien que mal la voix du Bavard, je fis un clin d’oeil au Balafré et lui dis « Boudiou ! Mais c’est qu’il me fait pas le cadran solaire, le coquin ! » Le Balafré éclata de rire et fit semblant de me le reprocher.

J’allais m’empaler sur ce sexe dressé quand une petite voix me conseilla de ne rien en faire, de profiter du pouvoir que m’offrait la situation. La veille, ils s’étaient moqués de moi, de ma « candeur toute enfantine », j’avais la possibilité de leur rendre la monnaie de leur pièce, je n’allais pas m’en priver ! 

C’est parce qu’ils se remémoraient d’anciens souvenirs, que j’appris l’origine de leur amitié. Le Balafré et Jimmy s’étaient connus sur les bancs de l’université où tous deux étudiaient l’histoire, de sursis en sursis, ils avaient reporté leur incorporation et, comme Jean-Pierre, le cousin de Christian, le faisait à l’époque, ils avaient opté pour la coopération. C’est pendant leur service qu’ils avaient fait la connaissance de Martial, étudiant lui aussi. Leur amitié ne s’était jamais démentie au fil des ans. C’est au cours de sa coopération, que le Balafré avait décidé de changer son fusil d’épaule, si je puis m’exprimer ainsi, de renoncer à une carrière universitaire pour devenir instituteur. J’avais fait un calcul mental, mais doutant de mon résultat, j’avais fini par leur demander leur âge. J’avais bien calculé et m’étais exclamée « Mais vous êtes super vieux ! Je ne l’aurais pas cru ! » ce qui avait déclenché leurs moqueries. Plus tard, quand nous n’étions que tous les deux, le Balafré m’avait fait remarquer qu’il était plus jeune que Catherine et m’avait demandé si je la qualifierais de « super vieille ». Il avait raison, elle ne l’était pas, mais j’aurais cru qu’il avait l’âge de Christian quand il avait celui d’Alain. « C’est parce que je suis bien conservé ! »

Je les regardais donc, prenant tout mon temps, j’ordonnai à Jimmy de rester allongé, au Balafré d’apporter un coussin très épais, de le poser à terre près du lit, de s’agenouiller dessus, face à moi, qui me tenais à la droite du lit et à Martial de se tenir debout dans mon dos. Je voulais sentir leurs mains me caresser et m’échauffer des baisers savants du Balafré sur mes cuisses, sur mon sexe.

Avant de débuter la lecture, puisque vous ignoriez l’existence de ce cahier, laissez-moi vous en parler un peu. Ma grand-mère, Rosalie y raconte comment elle a quitté sa Normandie natale, chassée par sa famille, reniée pour avoir fait une fugue afin de rencontrer Pierrot, mon papé dont elle était marraine de guerre… Elle y raconte sa vie amoureuse, amicale et sexuelle… C’est à peu près ça, non ?

Le Balafré fit oui de la tête. Jimmy lui reprocha de ne pas avoir entendu la réponse. À regret, il décolla ses lèvres de mon entrecuisse et en profita pour ajouter « Le récit débute en 1917 et s’achève en 1920 ».

Les mains de Martial couraient sur ma peau, sous la chemise. Je me cambrai sous toutes ces différentes caresses. Martial pinçait mes tétons de la manière idéale… Je fermai les yeux, rejetai ma tête en arrière et tendis ma bouche vers la sienne pour quémander un baiser… Que ses baisers étaient délicieux ! Suaves… ! Il aimait tout autant les miens… J’interrompis quelques instants ce long baiser, le temps de m’empaler sur Jimmy car je voulais lui offrir cet orgasme qui menaçait d’exploser… Martial reprit ses caresses sur ma peau, ses pincements aussi… et son long baiser… le Balafré glissa ses doigts entre ma chatte et le ventre de Jimmy.

Tu… tu sens… Jimmy ? Tu me sens… jouir ?

Fatché oh oui ! Putain… c’que c’est bon ! Oh… put…

Martial détacha le premier bouton, celui du col de la chemise que je portais.

À chacun de tes orgasmes, j’en dégraferai un… tu devras avoir fini ta lecture avant de les avoir tous détachés, sinon…

Sinon ? Sinon quoi ?

Sinon, nous…

STOP, Martial ! STOP ! Sa grand-mère m’a prévenu « Aucune sanction, elle y prendrait trop de plaisir !

La sagesse faite femme !

Je débutai ma lecture, mais ils savaient y faire ! Mon troisième orgasme déclencha celui de Jimmy… Nous n’avions pas songé à cette éventualité, mais la solution fut vite trouvée… Le Balafré prit la place de Jimmy qui prit celle de Martial qui remplaça le Balafré… Il ne restait plus qu’un seul bouton quand Martial put enfin prendre la place du Balafré qu’il convoitait depuis pas mal de temps, maintenant. Il ne me restait plus qu’un bouton et je n’en étais pas à la moitié du texte ! Je m’empalai sur son membre, nous nous regardions et nous souriions… complices… du même coin… de Paris… je fis deux va-et-vient.

Ta queue est parfaite pour ma chatte !

Tu trouves aussi ?

Ouais… putain ! C’est… Ah oui… la lecture…

Le Balafré m’avait rappelée à l’ordre d’une petite claque sur la fesse… J’étais en train de chercher où j’en étais avant le changement de partenaires, je venais de trouver quand le Balafré caressa mon petit trou d’un doigt habile… léger… curieux… coquin.

C’est pas du… oooh… jeu… !

Le Balafré détacha le bouton, le dernier, celui du poignet droit, m’ôta la chemise, la lança au loin, en prit une autre qui pendait sur le dossier du lit, celle de Jimmy, justement… il me l’enfila, la reboutonna soigneusement… Il me fallut plusieurs chemises avant d’achever ma lecture. Le Balafré interrogea Jimmy et Martial, satisfait de leurs réponses, il me félicita.

Tu as réussi l’exercice, ma chérie ! Et si tu le souhaites… on pourrait dire que tu as inventé « la figure Monique »… !

Je rougis un peu. J’étais surtout épatée que Martial et Jimmy aient réussi à écouter et à mémoriser le texte ! Je me repris tout de suite. J’étais heureuse et je voulais les faire rire.

J‘ai pas droit à une récompense ?

Un bon-point, par exemple ?

Euh… non… je pensais à une récompense… plus… personnalisée !

Comme quoi ?

Je réfléchis quelques minutes, le temps de sentir mes cuisses commencer à devenir humides.

Vous me léchez à tour de rôle ! Toi d’abord… tu me lèches… me roules une pelle pendant que Martial me lèche… il me roule une pelle pendant que Jimmy me lèche… etc. jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien !

Si un jour, je rencontrais une nana comme toi, Monique, je la demanderais direct en mariage ! Je la laisserais pas passer !

Et tu la partagerais ?

Bien sûr ! Quand tu as la chance de trouver un tel trésor… tu… oh oui, je la partagerais !

En effet, le 31 décembre suivant, lors du réveillon, Martial rencontra Sylvie, ne la laissa pas passer et nous la présenta lors de leurs fiançailles qui ressemblèrent beaucoup aux miennes.

Leurs baisers s’avérèrent un peu trop efficaces à mon goût, mais le soleil déclinait déjà et nous étions morts de faim. Le matelas réintégra sa place. Le Balafré me demanda la raison de ce sourire en coin.

– J’imaginais la figure Monique avec toi, Christian et Aloune…

Surtout le final ?

– Ouais !

La figure Monique devint une de nos favorites, avec quelques variantes quand Cathy se joignait à nous.

Jimmy dévora le cahier de Rosalie. La Première Guerre Mondiale et les années qui suivirent étaient justement son sujet d’étude ! Quand il me parla de sa vie, j’en aurais pleuré. Sa mère avait accouché sous X en 1945, lui avait donné ce prénom, Jimmy, en hommage à son père, un soldat britannique, mais il n’en savait pas plus. Il fut envoyé en nourrice à Paradou, où il grandit sans que jamais personne ne vienne le chercher ou l’adopter. Il considérait ses parents nourriciers comme ses vrais parents, leurs enfants, biologiques ou pas, comme ses frères et soeurs et toute cette petite troupe formait une famille très unie, c’est pour cette raison qu’il me disait de ne pas avoir du chagrin quant à sa naissance. Il pensait que son goût pour l’histoire venait du fait qu’il ne connaîtrait jamais ses véritables origines, ses racines…

Quand le mas fut mis en vente, Jimmy l’acheta et nous nous y retrouvions dès que nous en avions la possibilité. J’y suis venue seule, accompagnée de Cathy, du Balafré, de Christian… en fait, dès que nous avions le temps pour un « week-end partouze » ou un « Woodstock sous la lavande ».

Soirée dansante entre amis

 

 

 

Chroniques matrimoniales – L’anniversaire de Catherine – Deuxième partie

En demandant l’aide du Bavard, du Notaire, de Joseph et du Balafré pour l’organisation de cette fête d’anniversaire, j’étais loin d’en mesurer toutes les conséquences. Comme ce fut à chaque fois le cas, ils se montrèrent tous à la hauteur de la surprise qu’Alain voulait offrir à sa Catherine.

J’avais suivi les préparatifs de loin, par crainte de dévoiler ce plan secret, un mot en entraînant un autre, mais la raison principale était que je passais beaucoup de temps avec Rosalie et Valentino. Au fil des mois, j’avais pris conscience d’être passée à côté de mon grand-père. J’avais de vagues souvenirs d’un vieillard prompt à la rigolade, à l’accent provençal très prononcé, mais j’étais trop petite quand il est mort pour deviner le Pierrot qui se cachait derrière mon papé.

La première fois où Valentino m’avait parlé de lui, un bonheur incroyable s’était emparé de moi, un sentiment de joie profonde et de sérénité. Savoir que ce que Valentino et Rosalie vivaient ensemble n’avait jamais nui à l’amitié qui l’unissait à Pierrot. J’avais voulu tout de même avoir quelques précisions.

Mais quand vous vous rencontriez, quand vous parliez politique, quand vous passiez des soirées, des journées entières ensemble avec Pierrot, Toine et Nathalie, tu n’avais pas envie de prendre Rosalie dans tes bras ? De l’embrasser ? De la caresser ?

Ils s’étaient regardés, abasourdis par ma question.

– Mais j’étais face à Rosalie !

– Justement !

– Non ! Tu ne comprends pas ! Ce n’était pas ma Rosalina, ma Rosalinetta… non ! Là, j’étais face à Rosalie, la femme de Pierrot, mon ami… tu comprends ce que je veux dire ?

J’avais été sidérée de tant d’évidence…

Les semaines avaient passé. Arriva l’anniversaire de Catherine. Ils s’étaient tous surpassés, quelle fête incroyable ! Alain avait loué une belle villa dans les terres. Il avait prévenu Catherine que le meilleur traiteur de la région leur cuisinerait ses plats préférés, qu’un serveur viendrait les leur servir « comme si on était les deux seuls clients d’un restaurant étoilé », mais elle n’en savait pas plus.

Christian et moi arrivâmes avant tout le monde. Je découvris, épatée, la villa. La salle où se tiendrait le dîner était pourvue de grands miroirs sans tain, ce qui nous permit de ne rien rater du spectacle, sans être vus. Pour être tout à fait certain de ne pas être remarqués, Christian s’installa à table et me demanda de parler depuis un des salons derrière un miroir. Ce que je fis. Ne me demande ni pourquoi, ni comment, mais j’entendais distinctement chacun de ses mots alors que ma voix ne lui était pas audible.

J’en eus la confirmation quand le Balafré arriva dans mon dos, qu’il me surprit en me prenant dans ses bras. Je criai et Christian ne l’entendit pas. Je lui expliquai en deux mots ce que nous étions en train de vérifier et lui demandai si c’était lui qui avait eu l’idée de cette villa. Il eut un sourire éclatant.

– Non ! Pour la villa, c’est le Notaire et le Bavard qui méritent tes louanges !

Arriva le moment que je redoutais un peu, tout en l’espérant vivement.

Tu veux toujours connaître mon vœu ?

Qu’il était radieux en prononçant ces mots ! Son visage semblait parcouru de décharges électriques qui faisaient palpiter les ailes de son nez, tressauter sa lèvre supérieure d’une façon extraordinairement sensuelle. Je sentis mon propre trouble dans le ton de ma voix.

– Tu oses me poser la question ? Combien de fois te l’ai-je demandé ?

Je n’ai jamais su s’il avait voulu faire durer le suspens ou si l’arrivée des premiers invités l’avait interrompu. Sa version varie à chaque fois que je lui pose la question. Il me désigna ces hommes qui arrivaient dans la salle à manger, saluant Christian qui leur donnait les consignes.

– Voici ma contribution !

Je les regardais, je ne pouvais m’empêcher de les jauger. Un autre groupe arriva. Je m’exclamai « Mais y’en a combien ? » quand je sentis la grosse main puissante du Bavard triturer mes fesses.

– Fais marcher ta tête, Monique ! Elle va faire combien, la Catherine ?

Euh… 33 ans…

– Alors, tu l’as, ta réponse !

Trente-trois hommes pour Catherine ! Je l’enviai tout en me demandant si je pourrais survivre à tant de plaisir. Joseph arriva, me salua. Comme toujours, ses mots étaient choisis et délicats. Le Bavard lui proposa d’aller saluer les collègues qui patientaient dans un autre salon, me laissant seule avec le Balafré. Je trépignais d’impatience.

– Alors ? Ce vœu ?

Avant qu’il ait eu le temps de me répondre, je perçus une agitation dans la salle à manger. Joseph venait de prévenir tous les participants de l’arrivée prochaine d’Alain et de Catherine. Toute la petite troupe partit se cacher dans les différents salons, seul un homme en smoking ne les rejoignit pas, il serait le majordome durant la soirée.

Je les regardais, machinalement, j’avais posé mes mains sur un miroir et m’y étais collée en me demandant lequel ferait quoi… et comment… et quand… Je sentis les lèvres du Balafré sur mon cou, il les faisait danser sur ma peau, de l’épaule jusqu’à l’oreille… ses mains couraient sur ma robe, remontant de mon ventre à ma poitrine… il fit glisser la fermeture Éclair d’une main et de l’autre caressa mon sein.

– Oh, Monique… !

– Pourquoi ce ton plein de reproches ?

– Tu… j’aurais voulu que tu portes un soutif… mais… sentir tes seins… tes jolis petits seins… savoir que tu étais nue sous ta robe… oh, Monique !

Je voulus me retourner pour voir ses yeux, son visage, son sourire, mais il m’en empêcha. Malgré notre intimité, malgré toutes les fois où nous avions couché ensemble, il n’osait affronter mon regard.

– Voici le vœu que tu me dois, Monique. Pendant tout le week-end, aussi longtemps que durera la fête, je te prendrai après chacun des partenaires avec lesquels tu coucheras, je ne jouirai pas en toi, cependant… je veillerai à m’arrêter avant et tu enchaîneras avec le suivant. À chaque fois, je te prendrai comme il t’aura prise… Et lorsque tu me supplieras, que tes supplications seront à la hauteur de ton désir pour moi, je jouirai enfin, là où tu le souhaiteras…

Je me retournai, le regardai droit dans les yeux.

– Pourquoi ce vœu ? Ce vœu si… particulier ?

– Tu le sais bien !

– Peut-être que je le sais… mais je veux que tu me le dises… je veux t’entendre me le dire…

– Parce que je suis amoureux de toi, Monique ! Je t’aime !

– Et tu sais pourquoi j’accepte…

– Parce que tu me dois un vœu et que tu es de parole !

Tu n’as donc pas compris ? !

– Qu’est-ce que je n’ai pas compris ?

– Mais… que je suis amoureuse de toi ! Que je t’aime !

– Mm… et Christian ?

– Je l’aime aussi, mais différemment… mon amour pour lui est aussi sincère que celui que j’éprouve pour toi… il est juste différent… mais… je… Quand tu ne viens pas partouzer avec nous, tu me manques… Je rêve qu’un jour tu viennes… que tu m’enlèves… comme ça… un jour comme les autres… un jour où je ne m’y attendrai pas… et qu’on passe un week-end… quelques jours ensemble… rien que toi… toi et moi…

– Et Christian le sait ?

– Bien sûr ! Pourquoi devrais-je le lui cacher ? Ce n’est pas honteux !

– Et il en pense quoi ?

– Il dit que tu es mon Valentino ! Et puis… il sait qu’il restera pour toujours l’homme de ma vie… Il t’aime beaucoup, tu sais… Il a beaucoup de respect pour toi, parce que…

– Parce que ?

– Parce qu’il aime te regarder quand on couche ensemble… parce que, comme il dit, il t’arrive souvent de me faire tellement l’amour que tu en oublies de me baiser… parce que tu sais me faire l’amour en me laissant rester salope aussi…

– Elle dit vrai, tu sais !

Christian nous avait rejoints et avait demandé aux partenaires de la soirée qu’il me réservait, de patienter dans un autre salon privé.

– Mais ça ne t’ennuie pas un peu ? Elle ne parle pas que de cul ! Elle parle de sentiments… d’amour ! Ça ne t’ennuie vraiment pas ?

– Pourquoi veux-tu que ça m’ennuie ? ! Au plus elle aime, au mieux elle aime, ma merveilleuse Monique !

– Tu voudrais bien me laisser ta place pour ce week-end ?

– Comment ça ?

– Je te regarde la baiser… tu la baises comme un fou… et après… je la prendrai dans ton foutre… oh ! Je voudrais vivre rien qu’une fois, ce que tu vis… ce que tu as la chance de vivre…

Les yeux de Christian s’emplirent de larmes, ce qui n’était pas dans ses habitudes. Il déglutit bruyamment avant d’accepter. Mon cœur s’emballa quand ils se donnèrent l’accolade. Je me blottis contre eux et les embrassai… à tour de rôle… l’un après l’autre… encore et encore…

Christian remonta la fermeture Éclair de ma robe en me souriant. Je compris tout de suite ce qu’il voulait. Je penchai ma tête sur le côté… un regard coquin… un sourire enjôleur… le bout de ma langue entre mes dents… mes doigts sur son tee-shirt… les doigts du Balafré sur ma fermeture Éclair… Un cran… des sourires… un autre cran… d’autres sourires… leur sexe dur contre mes cuisses… mes doigts s’aventurant sur la peau de Christian… quelques crans encore… des encouragements… mes attitudes de Sainte-Nitouche… de Sainte-Quitouche comme le disait Toine… les mains soudain impatientes de Christian… ma robe totalement ouverte…

Je me retrouvai les mains plaquées sur le mur, le visage collé au miroir… ma robe ouverte dont Christian releva le bas… ses doigts qui me fouillaient… ses mots à mon oreille… « Tu aimes ça ? »… ses doigts qui me fouillaient davantage, à la recherche de la réponse… ses doigts qui la trouvèrent… « Fatché ! Oh oui ! Tu aimes ça… ! » … « Penche-toi davantage »… le bruissement du tissu d’un pantalon jeté à terre… À nouveau ses doigts… son gland qui me pénètre… Je remarquai à peine Catherine et Alain trinquant au Champagne, seuls au milieu de cette grande salle… Je me contractai autour de son gland, ce qui le fit durcir davantage… ses doigts remontèrent le long de mon ventre… j’aimais ces caresses romantiques et sauvages sur mes seins… Les premiers va-et-vient passionnés, de plus en plus brutaux… Christian me baisait exactement comme j’avais envie de l’être à ce moment précis…

L’orgasme montait en moi, comme une fusée de feu d’artifice monte dans le ciel… je le sentais monter… monter… enfler… m’envahir… monter encore… Christian et le Balafré m’exhortaient

– Laisse-toi aller !

– Vas-y ! Crie comme une chienne !

– Sors l’animal qui est en toi ! Libère-le !

– Oui ! Oui ! Encore ! Crie encore comme ça !

– Dis-le plus fort que c’est bon !

– Crie ! Crie, Monique !

– Regarde comme il se branle ! Il t’aime comme je t’aime !

– Oui ! Regarde-moi, Monique ! Regarde comme je me branle pour toi !

– Tu aimes ça ? Oh oui, Monique ! Crie-le encore que tu aimes ça !

– Regarde encore, Monique !

– Regarde-le ! Vé comme il aime nous mater quand je te baise !

Je perdis tout contrôle et la fusée explosa enfin. Comme le ciel noir est aspergé de lumières multicolores, l’orgasme qui éclata en moi colora de vie chaque cellule de mon corps… Je n’étais plus Monique, il n’était plus Christian, nous n’étions que jouissance… Je sentis les ondes de son plaisir monter en lui avant même qu’il n’explose en moi… Christian rugit. Lui aussi redevenait animal !

Dessin de Milo Manara

Il se retira. J’étais pantelante… Je m’affalai sur le sofa et, avec une joie infinie,  écartai mes jambes… mes cuisses… pour que Christian puisse montrer « son œuvre » au Balafré qui siffla, admiratif, avant de me rouler une pelle… Peu de mes partenaires m’embrassaient ainsi… nous en parlions parfois avec Catherine, nous étonnant de cet accès de pudeur de la part d’hommes qui par ailleurs se livraient totalement à nous.

Le Balafré posa mes chevilles sur ses épaules, me demanda d’écarter mes genoux au rythme de sa pénétration.

– Comme c’est bon de la baiser dans ton foutre tout chaud ! Putain… c’que c’est bon !

Je les regardais se sourire, j’aimais l’amitié qui les unissait… j’aimais en être l’origine… Le Balafré allait et venait en moi. Il avait écarté les deux pans de ma robe, mais avait refusé que je l’enlève… il regardait mon corps… il caressait mon ventre… mes seins… il écarta d’une main les lèvres de mon sexe et se saoula de la vue de mon clito bandé… luisant… il s’enfonça profondément en moi… « pour que mes poils noirs se tissent avec ta blonde toison » … Je souris, surprise de l’entendre utiliser une expression de Rosalie… Je me cambrai tant pour ne faire qu’une avec son corps, que j’étais presque en position de souplesse arrière, seul le dessus de mon crâne touchait le canapé. Je devais ressembler à une contorsionniste ! Christian s’exclama « Qu’elle est belle… » et ajouta « … ta Monique ! »

Je sentis le sexe du Balafré enfler. Ses va-et-vient se firent plus amples, moins saccadés… pour cette nuit, je serai sa femme, il pouvait donc me faire l’amour sereinenement. D’une voix douce, il me demanda

– Ma chérie, tu veux bien sucer mon ami ? Qu’il puisse goûter à la douceur de ta bouche quand je te baise…

Christian, qui ne bandait pas, refusa ma bouche d’un geste de la main. Je n’ai jamais su s’ils avaient mis au point ce scénario ou s’il naquit de la situation.

– Ne t’en fais pas, mon ami, les pipes de ma femme feraient bander un mort ! Allez, ma chérie, montre-lui ! Suce-le bien pendant que je te baise !

Christian s’approcha de moi, son sexe tout mou avait du mal à rester dans ma bouche. Je fermai les yeux. Le Balafré se pencha vers moi, me souleva un peu la tête et, dans un mouvement d’une assurance absolue, me fit pivoter. Je me retrouvai ainsi allongée sur le côté. Nous voulions me mettre à quatre pattes sans qu’il ne sorte de moi.

Quand ce fut chose faite, qu’il me prit en levrette, il remarqua que je rejetais la tête en arrière et comprit ce que je désirais. D’une main, il attrapa la queue de Christian qui reprenait un semblant de vigueur, me la fourra dans la bouche, tandis que de l’autre, il me tira les cheveux.

– Regarde mon ami dans les yeux, ma Monique ! Montre-lui comme tu suces bien les queues quand je te fourre !

Christian bandait tout à fait désormais. Je sentais à nouveau tout le plaisir de chacune de mes cellules vouloir converger au creux de mon ventre, en faire une boule de feu qui grossirait jusqu’à exploser les irradiant en retour. Je dégageai ma bouche.

– Je le sucerais mieux si tu me parlais, mon amour et si ton ami m’encourageait de ses mots…

Le Balafré, amusé, me dit

– Ce sera tout ?

– Non ! Baise-moi comme une salope ! Montre à ton ami comme tu sais bien le faire !

Je sentis l’excitation du Balafré à la crispation de ses doigts sur mes hanches. J’aimais « le faire à la parlante », comme on disait, mais ce soir-là, leurs commentaires me firent décoller bien plus vite, bien plus haut, bien plus fort que je ne l’aurais imaginé.

– C’est vrai qu’elle suce bien, ta petite femme !

– Regarde-le, Monique !  Fais-lui ton regard de salope !
Oui… comme ça… suce-lui bien la pine !

– Oui ! Regarde-moi comme ça !

– Tu aimes comme elle te suce ?

– Oui ! Fatché ! Elle s’y connaît ! Elle suce toujours comme ça ?

–Regarde, si je lui touche le clito…

Je grognai de plaisir, la bouche pleine du sexe de Christian.

– Hummm que c’est bon quand elle grogne… ! Avale, avale ma queue !

– Tu veux que je la fasse rugir ?

– Oh oui ! Montre-moi comment tu t’y prends !

– Regarde…

Tout en allant et venant en moi, le Balafré posa un doigt sur mon petit trou et entreprit de l’enfoncer. Je criai de plaisir.

– Ouch… tu as raison, c’est bon quand elle rugit…

– Elle ne rugit pas encore… regarde comment il faut s’y prendre…

Il se retira lentement, du bout de ses doigts récolta un peu de nectar au fond de ma chatte et s’en servit pour lubrifier ses doigts qui entrèrent dans mon cul comme dans du beurre. Je poussai toute une gamme de cris. Je sentais mon ectoplasme à l’étroit dans mon corps, mais il y restait coincé… pour la première fois de ma vie, je me demandai comment faire pour le libérer.

– Regarde ! Regarde comme elle me tend ses fesses ! Tu vois ?

– Tu ne vas pas l’enculer, tout de même ! Pas devant moi…

Je sentis la salive du Balafré sur mes reins et celle de Christian sur mon omoplate, ils étaient aussi excités que moi !

– Elle n’attend que ça !

– Tu crois ?
Dis-moi, Monique… tu veux bien que… que ton… que ton mari t’encule devant moi ?

Je grognai « Oui ! », la bouche pleine du sexe de Christian qui l’avait enfoncé encore plus profondément dans ma bouche. Une claque sur mes fesses « On ne parle pas la bouche pleine ! » libéra mon ectoplasme.

Je nous vis, moi à quatre pattes, bien plus cambrée que je ne l’aurais imaginé, Christian dans ma bouche, une main sur sa hanche, l’autre caressant mon visage, la cicatrice brune du Balafré apparaissant, disparaissant entre mes fesses si blanches, apparaissant disparaissant encore, ses mains qui couraient sur mon corps, les miennes qui se crispaient sur un coussin du sofa.

Ils n’avaient pas interrompu leur conversation, mais fascinée par le spectacle de nous trois dans ce petit salon, je ne la captais que par bribes…

– Mais bien sûr que si ! Elle est en train de rugir !

– Ne dis pas n’importe quoi ! Elle miaule à peine !

– Ça ne peut pas être mieux que ça…

– Attends et tu vas voir ce qu’elle peut offrir, ma petite femme…

J’aurais voulu qu’ils fussent mille et que ces mille me prissent mille fois, de mille manières, au même moment ! Mon sang galopait dans mes veines avec la fougue d’un troupeau de tauraux sauvages à la poursuite d’un seul objectif, le plaisir.

– Allez ! Lâche tout, ma Monique ! Lâche tout !
Libère la lionne qui est en toi !

– Il a raison ! Lâche tout, ma… sa…

Mon ectoplasme captura leur regard au vol.

– … notre Monique !

– On ne sera pas trop de deux, si tu veux mon avis…

Alors, Christian fit l’amour à ma bouche, pendant que le Balafré le faisait à mes fesses, leurs mains se complétaient idéalement pour aimer le reste de mon corps. Toute mon animalité put enfin sortir de moi dans un incroyable rugissement. Le Balafré ne put ou ne voulut se retirer à temps, il jouit en criant presque aussi fort que moi, que Christian dont le sperme avait le goût du meilleur des nectars.

J’étais vidée ! Le Balafré et Christian m’apprirent qu’ils avaient convié les membres de notre « amicale » à une partouze pour les remercier d’avoir permis à Alain d’offrir ce beau cadeau à Catherine…

Catherine ! Je l’avais presque oubliée ! Catherine et ses trente-trois amants d’un soir ! Pourvu qu’elle ne succombe pas à tant d’hommes… j’étais vidée… comment ferait-elle ? Je demandai quelques minutes de répit, le Balafré me répondit

– Bien sûr ! Et puis… tu dégoulines de partout… il va falloir faire appel à un nettoyeur…

Pourquoi cet air de dégoût ? Lui et Christian étaient plutôt amateurs du spectacle de mon corps ruisselant, couvert de sperme… J’eus la réponse dès que le nettoyeur entra dans la pièce et qu’ils me racontèrent son histoire.

Je ne suis pas cruelle, si vous souhaitez savoir ce qui arriva ensuite, il vous suffit de cliquer ici !

 

 

 

 

Chroniques matrimoniales – Sous l’objectif

Le photographe installait son matériel, réglait ses éclairages. Je notai avec amusement la bosse capricieuse dans son pantalon. Elle était apparente, puis semblait disparaître dans les plis du tissu avant de le tendre à nouveau. Le Balafré m’observait avec la gourmandise d’un chat devant une jatte de crème.

Je voulais me déshabiller rapidement, mais il me demanda de ne rien en faire. Voulais-je jouer le jeu et m’effeuiller devant l’objectif ? À ma question « S’agit-il là de ton voeu ? » Il répondit par un éclat de rire « Certainement pas ! » Je fis semblant d’être mécontente de sa réponse, mais j’y mis une telle mauvaise foi, qu’il ne fut pas dupe, ne serait-ce une seconde.

Quand son matériel fut enfin installé, le photographe me demanda de m’effeuiller au ralenti. Je devais décomposer chacun de mes gestes, j’aimais ses commentaires et ceux du Balafré. J’aimais qu’ils apprécient et encouragent mes mimiques et attitudes « Pure, candide et salope à la fois ». Je ne portai aucune lingerie, aucun sous-vêtement, ce qui les déçut un peu. Je demandai au Balafré de m’imiter et de se dévêtir devant l’objectif, ce qu’il refusa fermement. Le photographe soutenait le même point de vue, ce qui me mit assez en colère.

D’une main ferme, je déboutonnai le jean du Balafré, le débraguettai et dans un même mouvement, le baissai ainsi que son slip. Je désignai son sexe et m’exclamai « Vous pensez vraiment que ce n’est pas sexy aux yeux d’une femme ? ! »

D’abord surpris de ma soudaine virulence, je parvins sans grande difficulté à les rallier à mon point de vue. Le Balafré consentit à un effeuillage, à l’unique condition que je ne le lâche pas du regard. Son trouble me troublait. Je l’exhortai « Excite-moi ! Excite-moi comme tu en as toujours rêvé ! Excite-moi comme si j’étais la femme de ta vie et ce que soit l’unique moyen de me conquérir ! ». Ma dernière injonction l’aiguillonna plus que je ne l’aurais imaginé. Comme si mes mots l’avaient plongé dans un état second, il oublia toutes ses craintes, toute sa timidité, toute pudeur. Ses yeux plantés dans les miens, mes yeux plantés dans les siens, nous oubliâmes pendant un instant, la présence du photographe. Nous nous faisions déjà l’amour alors que nos corps étaient distants de plusieurs mètres.

J’aimais observer le tremblement de ses mains. J’avais remonté sa fermeture Éclair, mais dans ma hâte de le regarder faire, j’avais oublié de rattacher l’unique bouton à la ceinture. Je me plaçai à la gauche de notre complice pour mieux l’admirer. D’un geste sensuel, mais néanmoins brutal, il écarta les deux pans de tissu, ce qui fit descendre la fermeture Éclair d’un coup. Je hochai la tête pour lui signifier ma désapprobation, revins vers lui, lui remontai sa braguette, agrafai le bouton. Avant de reprendre ma place, je lui murmurai « Laisse-toi guider ! Laisse-toi faire ! Laisse-moi faire ! »

Il s’accrocha à mon regard et sans un mot, sans un geste, je parvins à lui montrer comment faire. Il déboutonna lentement sa ceinture, titilla le bout métallique de sa fermeture Éclair, qu’il ouvrit au ralenti, presque cran à cran, il écarta d’abord le pan droit de son pantalon, puis le gauche. Je ne me souviens plus s’il dansait, s’il ondulait déjà…

Quand les deux pans furent écartés, je lus la détresse dans son regard, dans ce léger sursaut des sourcils. Je m’approchai de lui, suivie de près par le photographe, m’agenouillai et lui descendis le pantalon en prenant mon air le plus salope. Le photographe en aurait pour son argent, mais surtout, surtout je ne voulais pas qu’ils puissent remarquer le trouble qui me submergeait depuis peu, depuis ce strip-tease télécommandé du regard.

Le Balafré sursauta, mais il me sembla qu’il avait compris la raison de ce changement d’attitude. Quand il fut totalement nu, nous demandâmes à l’imprimeur ce qu’il lui plairait de photographier.

Tout d’abord ta chatte offerte et puis vous deux quand vous…

J’étais d’accord pour m’exhiber devant son objectif, je trouvais l’idée super excitante. Oh oui ! J’avais vraiment envie d’être au-delà de l’impudeur ! Quand j’y repense, 42 ans plus tard, je me sens envahie par cette boule de feu, ce désir fou de montrer au monde entier celle que j’étais ! La réaction du Balafré me surprit un peu.

Pour cette première séance, je voudrais que tu photographies son visage, son regard quand je la baise, quand elle jouit…

Quelle idée merveilleuse ! Je souris en réalisant que pour le Balafré, cette séance serait suivie d’autres… J’en étais tellement heureuse !

– Et toi, Monique, qu’est-ce que tu veux ?

– Offrir ma chatte à son objectif… j’aime bien l’idée ! Mais j’aime encore mieux la tienne, celle de photographier mon visage, mes yeux… parce que je ne les ai jamais vus quand je jouis… j’aimerais bien savoir à quoi je ressemble… même si je me doute que je dois être super jolie, vue l’ardeur que nous mettez tous à me faire jouir !

Le photographe était muet de stupéfaction, les yeux écarquillés, la mâchoire pendante, le Balafré éclata de rire et me traita de coquine.

Je m’allongeai sur la table installée à la hâte dans le studio photo, les fesses à demi dans le vide, les jambes écartées, je me livrais davantage à chaque « clic-clac » de l’appareil photo. Bon sang ! Que j’aimais cette sensation ! J’écartais un peu plus mes cuisses, comme le Balafré me le demandait, j’écartais mes lèvres, dévoilant tous les trésors de ma vulve, je sentais mes doigts glisser dans mes replis doux et humides…

– Vous arrivez à voir comme je mouille ?

Pour toute réponse, le photographe déglutit bruyamment, le Balafré marmonna un « oui » dans un grognement animal et terriblement excitant.

– Parce que je ne savais pas si c’était visible…

T’inquiète, Monique ! C’est à peu près aussi visible que ça…

En disant ces mots, le Balafré caressa sa longue cicatrice brune avec l’ongle de son index.

– C’est pas du jeu !

Qu’est-ce qui n’est « pas du jeu » ?

Quand tu fais ça… tu me rends folle !

Parce que tu ne nous rends pas fous, toi ? !

Le photographe se retourna et partit chercher un autre appareil. J’aimais écouter ce bruit particulier d’une pellicule qu’on rembobine. Je m’étais assise et souriais, je me sentais tellement bien, à l’aise, dans mon élément ! Au bon endroit, au bon moment. Le Balafré s’assit à mes côtés, passa sa main dans mes cheveux, me demanda « Je peux ? » avant de m’embrasser passionnément. J’aurais pu m’évanouir de bonheur… Nos lèvres, nos langues, nos salives, nos peaux, nos mains, tout ce qui nous constituait s’assemblait à la perfection.

Je n’eus pas le temps de me demander s’il en avait lui aussi conscience, qu’il me dit « Tu repousses les limites du bonheur » avant d’ajouter « À chaque fois, je crois avoir atteint le plaisir parfait et la fois suivante, tu m’en offres davantage… »

Le photographe était face à moi, pourtant, je ne l’avais pas vu revenir. La séance photo avait été improvisée, il ne pouvait pas y consacrer autant de temps qu’il l’aurait souhaité. À sa demande, nous accélérâmes le mouvement.

546ca3ca38d7ac80981797ecd4f468b8Je m’allongeai pour la seconde fois sur cette table, écartai les jambes, à la demande du Balafré, posai mes chevilles sur ses épaules. Il rappela la consigne au photographe « Que ses yeux et son visage » avant de me pénétrer.

Que j’aimais cette sensation ! Sentir mon sexe s’ouvrir pour accueillir le sien ! Je me concentrais pour ne pas perdre une miette de ces frémissements, pour garder en mémoire cette lente pénétration et la mélodie du souffle du Balafré.

À quoi penses-tu, Monique ?

En fait… je ne sens pas ta cicatrice… en fait…

Il éclata de rire en m’ébouriffant les cheveux. J’eus l’impression d’avoir déjà vécu cette scène, mais dans une autre vie. Je me gardai bien de le lui dire, par crainte de gâcher la magie de cet instant. Le photographe tournait autour de la table, se plaignant du manque de moyens, de la lumière qui ne lui convenait pas, « si j’avais su… ! »

Je voulus lui répondre d’un ton léger que ce n’était rien, qu’on reviendrait vite pour d’autres séances, mais ma voix trahit mon excitation, le plaisir que je prenais. Le Balafré se fit plus directif quant à la façon de me photographier. Il savait exactement ce qu’il voulait voir fixé sur le papier, comme s’il vivait enfin la scène dont il avait rêvé toute sa vie.

J’aimais ses longs va-et-vient, assez rapides, très profonds… j’aimais l’art avec lequel il me maintenait si haut dans le plaisir… Il savait précisément où j’en étais et avait compris que je lui laissais le rôle du maître du jeu… pour cette partie tout du moins !

Ne rate pas son regard quand elle jouira ! Je compte sur toi !

En 1975, les appareils photo n’avaient pas le mode « rafale » comme ceux que tu connais, je ne sais même pas si ceux avec un moteur existaient déjà… Mais quand bien même auraient-ils existé, celui-ci n’en était pas pourvu. Le photographe ne pouvait compter que sur son intuition, sa chance et sa rapidité pour faire avancer le négatif à l’intérieur de son appareil. Il s’en plaignit.

Comment être sûr que…

Je tournai un peu la tête vers lui, le débraguettai, extirpai son sexe dur dont le gland perlait déjà, avant le sucer goulûment.

Excellente idée, Monique ! Il n’hésitera pas !

J’entendis le photographe déglutir avec difficulté, je remarquai l’objectif qui tremblait, bougeait dans tous les sens… un juron, puis « Je n’arrive… même pas… outch ! à voir si… … hmmm… mise… au point… mais… que tu suces bien ! Oh oui ! Comme… »

Le Balafré lui rappela sèchement ce qu’on attendait de lui, je lui souris autant que je pouvais le faire avec cette queue dans ma bouche. Il me sourit en retour, me fit un clin d’oeil « Tiens-toi prêt ! Elle ne va pas tarder à jouir ! »

Tout en allant et venant, il écarta mes lèvres d’une main, faisant jaillir mon clito… Oui ! En le découvrant ainsi, j’eus la sensation qu’il faisait jaillir mon clito comme un diable sort de sa boîte… Il répéta « Tiens-toi prêt ! » et, alors que je m’attendais à la caresse de son pouce, il me souleva à peine, se pencha davantage et souffla doucement dessus. Mon ectoplasme bondit hors de moi, se heurta au plafond avant de réintégrer mon corps en une fraction de seconde. Je n’eus pas le temps d’observer la scène, entendis comme assourdi, le « clic-clac », un juron avant de sentir le sperme du photographe couler dans ma gorge.

Elle suce toujours comme ça quand elle jouit ?

Toujours !

Enivrés de plaisir, nous riions comme trois gamins facétieux. Le photographe retourna à sa boutique, le Balafré passa un doigt interrogateur sur mon front.

Pourquoi cette ride de contrariété, Monique ?

Tu n’as même pas joui…

– La journée ne fait que commencer, Monique !

Peut-être, mais mon car passera dans moins d’une heure…

Nous étions rhabillés, il me prit dans ses bras et me chuchota

Si je te promets de jouir en toi, tu m’autoriserais à te raccompagner dans ma toute petite auto ?

Ton amour de Torpédo ?

Nous nous figeâmes, comme foudroyés. Pourquoi ce refrain que Pierrot et Rosalie entonnaient parfois quand j’étais petite, quand je ne connaissais d’eux que Papé et Bonne-Maman, m’était venu à l’esprit ? Et pourquoi le Balafré semblait aussi stupéfait ? Nous repassâmes par la boutique pour convenir d’une nouvelle séance photo.

Vous pouvez venir quand ?

Je peux venir tous les soirs, les samedis après-midi, les dimanches et les mercredis… et toi ?

Pareil !

Tu as aussi congé le mercredi ? !

J’ai aussi congé le mercredi !

Quelle coïncidence ! Et comment ça se fait ?

Pour la même raison que toi !

Je n’en revenais pas, mais je n’étais pas certaine d’avoir bien compris.

Tu… tu… tu es « dame de service » ? !

Le photographe éclata de rire.

Tu ne sais pas ?

Presque, Monique ! Je suis instituteur !

Je le regardai, épatée. Aujourd’hui encore, j’ignore pourquoi je dis, sur ce ton précis « Maître d’école… ! Mazette ! » Ils rirent encore plus fort et de bon coeur. Nous prîmes rendez-vous et je sortis aux côtés du Balafré, en le regardant d’une façon qui l’amusa beaucoup.

Ne me regarde pas comme ça, Monique ! Je ne suis pas Haby !

T’es p’tète pas Haby, mais t’es… maître d’école !

– Tu as raison ! Je suis maître d’école… mazette !

Nous riions, complices, nous bousculant à coups de hanches, à coups d’épaules, comme deux vieux potes, nous ne nous étions pas concertés, mais il enseignait dans une petite ville de province, mon alliance étincelait à mon annulaire. D’instinct nous connaissions par coeur la partition que nous devions jouer en public, si nous voulions garder secrète la nature de notre relation. Nous la connaissions par coeur, mais c’était la première fois que nous l’éxécutions.

Le Balafré haussa le ton pour me proposer de me raccompagner chez moi.

– Tu n’auras pas à faire le trajet en autocar…

Il s’était chargé de l’antienne, je m’occupai du répons…

Quelle bonne idée ! Christian sera si content de te voir ! Tu dîneras avec nous ?

Si ça ne vous ennuie pas…

Si ça devait nous ennuyer, je ne te l’aurais pas proposé, mon cher !

Je claquais déjà ma portière quand je donnai ma dernière réplique. Peu avant de sortir de la ville, maintenant que personne ne pouvait nous entendre, je lui demandai

On fait quoi ?

Le Balafré haussa les sourcils d’un air lubrique.

Oui… mais où ? Chez moi ? À la crique ? Au château ? Non… il est trop tôt pour le château… Où as-tu envie de me baiser ? De jouir en moi, avec moi ?

Chez toi, mais…

Mais ?

Je voudrais que Christian soit présent…

Mais il ne rentrera pas avant…

Je calculai mentalement le nombre d’heures qui nous séparaient de son retour.

En attendant, on pourrait se promener… faire un tour en voiture… parler un peu… Ça te contrarie, on dirait…

Au contraire ! Mais je pensais… je ne pensais pas que tu en avais envie…

Je m’interrompis, sursautai, surprise de l’évidence avec laquelle l’idée venait de s’imposer à moi.

Et si on allait papoter avec Rosalie ? Parce que je voudrais bien savoir qui tu crois avoir reconnu…

Le visage du Balafré s’illumina

Ah Monique, si tu n’étais pas déjà mariée avec Christian…

Tu me proposerais de coucher avec toi ?

– Ton insolence me perdra, Monique !

Me perdra, tu veux dire…

Non ! Me perdra…

Son regard se noya dans la route qui s’étirait devant nous.

Comme l’écrivait Beaumarchais « Tout finit par des chansons »

Chroniques matrimoniales – La fille de Mère-Nature

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Dessin de Milo Manara

Le samedi 13 septembre, comme prévu, Christian et moi nous rendîmes dans le repaire de Valentino. Cette première journée passée en leur compagnie restera parmi les plus radieuses de ma vie. Certains instants se sont gravés en moi comme des éclats de certitude, comme des fragments de bonheur pour que je n’oublie jamais que ce bonheur existe, qu’il ne tient qu’à moi de le créer.

Quand nous arrivâmes, Valentino nous accueillit « à l’ita­lienne » les bras grands ouverts, des exclamations joyeuses et des embrassades chaleureuses. Christian se sentit immédiate­ment des siens. Bonne-Maman rayonnait.

Plus tard dans la journée, nous étions installées dans le jar­din, Valentino avait demandé à Christian de l’accompagner. Nous riions de les entendre rire, et quand ils sortirent de la maison pour nous rejoindre, je sus exactement à quoi res­semblerait Christian quand il aurait l’âge de Valentino. Je me tournai vers Bonne-Maman pour le lui dire, mais c’est Rosalie qui avait pris sa place. Elle siffla, admirative « Y’a pas à dire, ils sont beaux… vraiment beaux, nos hommes ! » comme elle avait raison !

Nous trinquions, ravis de ce moment, au cidre que Rosalie préparait avec ses « pommiers à cidre », des plants qu’on lui avait offerts après la deuxième Guerre Mondiale, des plants de sa Normandie natale qu’elle avait plantés, fait fructifier, greffés, de ces pommiers d’autres étaient nés. Ce fut la pre­mière fois où je sentis une pointe de nostalgie quand elle évoquait la Normandie.

Tu aimerais qu’on t’y emmène, qu’on y passe quelques jours quand je serai en vacances ?

Mon petiot, tu es si gentil… ! Mais non ! Mon pays, c’est la Pro­vence ! J’y ai trouvé tout ce dont je n’aurais jamais oser rêver… et puis, elle a dû tellement changer, ma Normandie… je n’y reconnaî­trais plus rien ! Et dans le cas contraire, ce serait pire ! Mais tu es tellement gentil de me l’avoir proposé ! Tellement gentil… !

Christian sourit, se tourna vers Valentino et lui demanda

Tu pourrais me raconter ta vie… avant… avant Rosalie, je veux dire…

Valentino écarquilla les yeux, sursauta, interloqué

Ma vie… AVANT ?

Oui ! Ta vie AVANT, parce que depuis que tu connais Rosalie, je sais ce que tu ressens…

Il lui fit un clin d’œil en biais, dans notre direction. Rosalie et moi souriions sous cape. Le sourire de Valentino s’élargit encore. Il prit une grande inspiration avant de se lancer.

Si tu demandes après Valentino, personne ne pourra te renseigner, parce que personne ne connaît plus Valentino… ça fait des années qu’il n’existe plus, Valentino… Grâce à ma Rosalina, j’ai pu chan­ger d’identité et ainsi éviter le pire. Ma ! Tu ne peux pas le nier, amore mio ! C’est vrai ou c’est pas vrai ?

Tu me donnes le beau rôle, j’ai juste profité… j’ai simplement saisi la chance quand elle s’est présentée…

Mais le fait est que ça m’a sauvé la vie, non ?

Comme à regret, Rosalie acquiesça, se leva pour s’asseoir sur les genoux de Valentino. Tout en jouant avec l’encolure du maillot qu’il portait, elle dit d’une toute petite voix, presque plaintive

Je n’aime pas quand tu me mets sur un piédestal ! Je ne veux pas que tu me voies plus haute que toi ! Je veux être ton égale, parce que je le suis ! Et toi, tu as… oh… et puis, tu n’as qu’à raconter, ils ver­ront bien…

Elle l’embrassa à la commissure des lèvres et sourit quand Valentino la houspilla en italien, ce qui fit partir Christian dans un fou-rire incontrôlé.

Parli italiano?

Non, mais je comprends un peu…

Rosalie leva les yeux au ciel, mais elle était hilare… elle allait me traduire ce que Valentino venait de lui dire quand il l’in­terrompit, les moulinets de ses bras faillirent la faire tomber.

Christian, mon garçon, je te souhaite que Monique ne connaisse pas les ruses qui allument la flamme quand tu n’es pas d’accord avec elle et que tu peux lui prouver qu’elle a tort ! Mais, je te souhaite qu’elle les connaisse, ces ruses, tout le reste du temps !

Parce que tu ne les connais pas, toi, ces ruses ? Qui est capable d’enflammer chaque cellule de mon corps quand bon lui semble ? Hein ? Dis-moi, c’est qui ?

Sono io!

Valentino souriait, le regard faussement candide, mais le sourcil coquin. Rosalie lui fit les gros yeux pour la forme, mais leur sourires se répondirent… Je me souviens précisé­ment du bonheur que je ressentais à les voir bouillir de désir, à les sentir vivants, à me dire que si nous n’avions pas été là, leurs chamailleries se seraient terminées en étreinte torride, à me les imaginer « réglant leurs comptes sur l’oreiller » après notre départ…

Christian les regardait, s’amusant de cet échange, puis il posa ses yeux sur moi, se leva soudainement, s’excusa « J’ai un truc à dire à Monique… en tête à tête » Valentino lui donna sa permis­sion d’un geste de la main et dans un grand sourire « Tu es ici chez toi, mon garçon ! »

Quand il fut certain de ne plus être ni vu, ni entendu, Christian m’expliqua enfin.

Monique, je crois que je suis taré… Je regarde Valentino et Rosalie et je nous vois… Toi et moi ! J’ai envie de toi, de te culbuter là… à deux pas d’eux…

Je m’approchai de lui, me collai contre son corps, le caressai, glissai ma main sous son tee-shirt. Tout en le débraguettant, je lui demandai

Où est le problème ? Quel est le problème ?

Oh… Monique… tu… ta…

Coupe ton cerveau et laisse-toi guider par ton corps, mon amour !

Je le suçai, pour la première fois, à quelques pas de la maison de Valentino, j’aimais sentir ses doigts dans mes cheveux, j’aimais quand ses mains attrapaient, caressaient mes joues, Christian faisait aller et venir ma bouche le long de son sexe, glissant ses doigts entre mes lèvres, psalmodiant des « Oh… oh… oh… Monique ! Oui… oh… oh… oui ! Comme ça, Monique… oh… ! »

J’avais lancé ma robe au loin, sous le regard inquiet et un peu interloqué de Christian

Mais… que fais-tu ?

Je suis encore plus tarée que toi, je crois !

Et je lui fis cet aveu à l’oreille

Si tu savais comme l’idée qu’ils nous voient m’excite… !

Nous nous allongeâmes, nous caressâmes, nous embras­sâmes. J’aurais aimé qu’un inconnu passât par là et me baisât devant Christian, hélas les lieux étaient vraiment déserts… Je me levai, marchai en direction de la maison, jouant de ma nudité pour exciter davantage Christian. Il me rattrapa, me plaqua contre un arbre et me caressa.

Ce méli-mélo de sensations, dont celle de me sentir livrée à la vue du premier passant, à celle de Rosalie, de Valentino, me faisait vaciller, j’étais sur le point de tomber dans les pommes…

Tu sens comme la situation m’excite ? Ah… si nous avions plus de temps devant nous… !

Puisque nous n’en avons pas tant que ça, pourquoi ne me baises-tu pas ? Comme ça… vite fait… comme des lapins… ?

Monique ! Tu aimes quand ça dure longtemps ! Et ton plaisir ? Tu le prendrais comment, ton plaisir ?

Je le prends déjà, mon amour ! Je le prends déjà… ! Et puis… tu vois le symbole ? Savoir que la première fois où nous sommes allés tous les deux chez Valentino, nous avons fait l’amour à l’ombre de leurs pommiers…

Christian riait, enivré par tant de bonheur, son rire était incroyablement tendre… Il me fit l’amour comme je le sou­haitais. Je sentais son gland dur, bouillant d’excitation, écar­ter les lèvres de mon sexe comme on ouvre un abricot bien mûr, d’une simple pression du pouce ; comme souvent dans ce cas-là, ses doigts étaient de la partie. Je veux dire qu’il ne les retira, avec luxe de précautions, qu’après quelques va-et-vient.

J’aimais me sentir ainsi remplie, cette sensation d’être au-delà de l’impudeur…

Il allait et venait, un peu plus rude à mesure que sa queue prenait de la vigueur, que ses mouvements prenaient de l’as­surance. Je m’ouvrais avec ravissement, le guidant, l’encoura­geant, lui demandant d’aller plus fort, plus vite… Je voulais sentir ses couilles percuter mes lèvres, j’étais folle de ces per­cussions. Ses mots crus me faisaient jouir tout autant que ses doigts sur mon clito, que sa main sur mon épaule. J’aurais voulu me pencher davantage, comme il me le demandait, mais j’aimais tellement le contact rugueux du tronc de ce pommier contre ma poitrine, contre mon ventre, entre mes bras…

Dans ce cas, accroche-toi de toutes tes forces, ma chérie !

Christian me souleva, tenant mes jambes de ses mains puis­santes, me demandant de les écarter « mais pas trop » avant de préciser « contracte tes cuisses comme si tu voulais les resserrer… oui… comme ça… c’est si bon quand tu te resserres autour de ma bite… »

Je faillis tomber à plusieurs reprises, dans cette sorte de brouette japonaise, improvisée en pleine nature, mais que c’était bon… que c’était bon ! Christian allait et venait, « tapant au fond » ce qui déclenchait mes cris de plaisir, ces cris qui m’ont toujours fait perdre la tête, ces cris comme autant de preuves que nous ne sommes pas les maîtres de la nature, mais que nous n’en sommes qu’un élément parmi tous les autres… J’ai craint, l’espace d’une seconde, que Valentino et Rosalie les entendent, mais je savais aussi que ces cris les réjouiraient s’ils devaient atteindre leurs oreilles.

Je sentais l’écorce sous mes doigts, j’avais la sensation que la sève de ce pommier se mêlait à mon sang… À nouveau, je prenais conscience de la nature, d’en être un élément relié à tous les autres, le vent, le soleil, les arbres, l’herbe jaunie sous mes pieds, les cailloux, le ciel, les nuages, les fleurs, les abeilles, tous les animaux et les humains… Monique, fille de Mère-Nature…

Bon sang ! Qu’est-ce qui m’a pris de le dire à Christian quand nous rejoignions Rosalie et Valentino ? Pourquoi n’ai-je pas été plus attentive à la saveur de son éclat de rire ? Quarante-deux ans ont passé et je le paie encore !

Quand nous arrivâmes devant la maisonnette, nous enten­dîmes Rosalie et Valentino qui s’envoyaient en l’air. Alors, nous nous assîmes à la place où nous étions avant que Christian ne se lève pour me « dire un truc ». Je bus un verre de cidre, puis un autre…

Que j’aimais les exclamations de Valentino ! Pour la première fois de ma vie, j’entendais l’amour en italien et ce cri… un cri animal… Il y avait toute la sensualité de l’univers dans ce cri… Il me fallut quelques trop longues secondes avant de réaliser que ce cri était deux, que la voix de Rosalie se tissait avec celle de Valentino.

Que j’ai aimé leur regard, leur sourire quand ils nous ont rejoints ! Rosalie n’avait même pas essayé de se recoiffer un peu. Certes, je ne l’ai jamais connue avec ses longs cheveux blonds, pour autant, c’était la première fois que je la voyais les cheveux en bataille.

Elle prit un faux air sérieux, tu sais, quand on fait semblant d’être sérieuse, mais qu’on a envie que tout le monde sache que « c’est pour de faux ».

Valentino avait un truc à me dire… en tête à tête…

Elle se servit un verre et le buvait quand je leur expliquai cette sensation de ne faire qu’une avec la nature, quand Christian me faisait l’amour alors que j’enlaçais le pommier… là-bas… Rosalie avala de travers. Elle toussait quand Valentino me fusilla du regard et me cria dessus avec sa grosse voix et son accent rocailleux

Mais tais-toi donc, malheureuse ! Tu vas me la faire mourir à dire des choses comme ça !

Puis, se tournant vers elle, d’une voix douce et caressante

C’est rien, Rosalinetta… elle ne sait pas… elle apprendra un jour…

Je suis sa grand-mère, Valentino… c’est à moi de le lui dire… de lui apprendre…

Bonne-Maman se leva, me prit par la main, me demanda de lui montrer le pommier témoin et complice de cette étreinte. Je savais, je pressentais ce qu’elle allait me dire, comment ils l’avaient planté, comment il avait été le témoin de leurs ébats, peut-être allait-elle me montrer, me faire remarquer leurs ini­tiales entrecroisées, gravées dans l’écorce…

Nous marchions côte à côte, main dans la main, nos che­veux blonds en désordre, les siens étaient parsemés de che­veux blancs, mais nos yeux étaient du même bleu. Elle sen­tait l’amour tout autant que moi. Ce n’était pas qu’une odeur de sperme, mais celle des corps qui ont bouillonné de désir et dont le désir a été assouvi.

Je lui désignai le pommier dont je m’étais sentie parente quand Christian me faisait l’amour. Rosalie caressa ma joue, son sourire était incroyablement tendre… Elle me désigna les branches, le tronc, les feuilles…

Quand un pommier ressemble à ça…

Elle cueillit un fruit, que je n’avais pas remarqué, me le tendit

… c’est un amandier !

Je compris enfin la raison de l’hilarité de Christian, que Valentino me taquinait quand il m’avait crié dessus et je sus immédiatement que cette histoire me poursuivrait ma vie durant !

L’anniversaire de Catherine – Première partie

Chroniques matrimoniales – C’est ainsi que tout débuta

Bonne-Maman préparait toujours de bonnes tartes aux pommes, mais celle qu’elle servit à la fin de ce déjeuner était encore meilleure, un goût incomparable. Je ne pus m’empê­cher de le lui faire remarquer. Valentino se rengorgea et me dit « C’est parce que les pommes viennent de notre pommier ! » À deux voix, ils m’expliquèrent comment il avait fait découvrir à sa Rosalina cette race de pommes qu’elle ne connaissait pas.

Nous étions en septembre, les pommiers étaient lourds de fruits bien mûrs, Valentino partit m’en cueillir une, que je puisse croquer dedans. Il mit sa casquette et sortit. Quand il revint, il fit un petit saut un peu ridicule. D’une main, il ôta sa cas­quette et de l’autre, il me tendit la pomme dans une révé­rence maladroite. J’éclatai de rire.

C’est comme ça qu’elle est entrée dans mon cœur, la mia Rosalinetta…

Très émue de cette déclaration, je voulus le taquiner un peu. Rosalie m’avait raconté leur première fois, leur première nuit, mais je fis comme si je ne savais pas tout des circonstances…

En t’offrant une pomme ? C’est comme ça que Rosalie est entrée dans ton cœur ?

Mais non ! Elle a fait son entrée de spectacle et… quand elle a ri… j’ai su que c’était elle…

Je les regardai, leur amour, leur désir étaient restés intacts. Je me sentis propulsée dans les années vingt et c’est le jeune Valentino qui me raconta sa version.

Je me doutais bien qu’elle n’était plus vierge… Je ne m’étais jamais posé la question jusqu’alors… mais quand elle a fait son entrée, elle était si belle, si naturelle. Mais elle était aussi la fiancée d’un ami… Elle était là, en face de moi. Je l’avais trouvée, je pouvais presque la toucher, mais elle resterait à tout jamais inaccessible… Je ne pouvais rien espérer de plus que ce sourire… Je pensais à Pierrot…

Pour éteindre mon désir, je me répétais que j’allais devoir marcher longtemps dans la nuit pour trouver où me loger, que je risquais de me faire contrôler par les flics. Je pensais à tout ça pour ne pas l’em­brasser à l’en étouffer… Elle m’a tendu la main pour me dire au revoir, mais quand nos mains de sont touchées, mon cerveau s’est éteint et c’est mon désir qui a pris les commandes.

J’avais peur de l’effrayer avec tout ce désir, tout mon désir, mais je compris très vite qu’elle l’avait devancé. La douceur, la joie avec laquelle elle s’offrait à moi… ! Même dans mes rêves, je n’aurais pu imaginer qu’une telle femme existait… Et quand le lendemain, elle m’a dit pour Toine, elle l’a fait avec tant de naturel que j’ai su que jamais ça ne me poserait problème, mais la voir avec d’autres… non… je n’aurais pas pu…

Moi non plus, je n’aurais pas pu… voir une autre femme le toucher ? Ah non ! Je lui aurais crevé les yeux à celle qui aurait touché mon Valentino devant moi !

Tu… tu étais jalouse ? !

Je le suis encore ! Ne me demande pas pourquoi, mais l’idée de voir Valentino… oh non ! Je ne pourrais pas…

Mais, Valentino… tu savais ce que faisait ta Rosalina… Quand tu l’imaginais… tu…

Je ne l’imaginais pas ! Quand nous étions ensemble… ces jours, ces nuits… elle était toute à moi… j’étais tout à elle… le reste n’existait pas à mes yeux…

Il me fallut un peu de temps avant de remarquer qu’ils étaient dans les bras l’un de l’autre, que Valentino tenait le sein de Rosalie dans sa main, que Rosalie caressait, agaçait la nuque de Valentino. Ils ne s’en rendaient tout bonnement pas compte.

… et puis… depuis toutes ces années… rien n’a changé, quand Rosalie me caresse, m’embrasse, s’offre à moi, c’est à chaque fois la première fois… je ne sais pas comment t’expliquer cette sensation…

Je comprends ce que tu veux dire, mais je n’en suis pas étonnée. C’est normal, non ? Chaque fois est toujours la première et restera unique, non ?

Valentino se leva d’un bond et me serra fort, tellement fort contre lui… Il embrassait mes cheveux en me disant des choses très douces en italien, mais je ne parlais pas italien.

J’espère que ton Christian mesure sa chance… !

Je mesure aussi la mienne de l’avoir rencontré ! C’est comme vous… je sais précisément quand Christian est entré dans mon cœur, mais tu n’aimerais pas les circonstances dans lesquelles j’ai su qu’il était celui… le bon… le mien…

Et pourquoi donc, je ne les aimerais pas, ces circonstances ?

Tu n’aimes pas quand c’est à plusieurs… à plus de deux, je veux dire…

Mais qui t’a dit que je n’aime pas à plus que deux ? Je t’ai dit que je ne voulais pas voir Rosalina avec d’autres, mais ça ne concerne que Rosalina !

Je leur racontai alors ma première expérience de partouze dans la petite crique, quand de mes trois partenaires, je ne connaissais que Christian. La sensation que j’ai eue quand sa main s’est posée sur mon épaule au moment où il me péné­trait, alors que mon sexe dégoulinait du sperme de deux autres hommes. Cette pensée fulgurante « C’est lui ! C’est lui, ton homme ! »

Nous avons longuement parlé, puis Valentino m’a proposé de me raccompagner jusqu’au village. J’ai embrassé ma grand-mère. J’étais déjà devant la porte quand je me retour­nai et les vis s’embrasser comme je n’imaginais pas que des vieillards puissent le faire.

Nous avons marché en silence les premiers mètres, puis dans un sourire à la fois très tendre et un peu narquois, Valentino me demanda :

Ça t’ennuie que j’embrasse ta Bonne-Maman comme ça ?

– Non ! Ce qui m’ennuie c’est d’avoir pensé que tu puisses le faire autrement !

L’aspect narquois de son sourire s’effaça pour ne laisser place qu’à la tendresse.

Nous nous embrassons toujours comme si nous ne devions plus jamais nous revoir… pour ne pas avoir de regrets inutiles si tel était le cas.

C’est beau ! Et…

Et… ?

Savoir que le désir, le plaisir… savoir que vous vous envoyez en l’air à votre âge ! Ça me rend vachement heureuse !

Il me prit la main et la serra très fort, il regardait droit devant lui, mais ses yeux semblaient être revenus dans les années vingt.

Jusqu’à cette première soirée, la seule chose qui me tenait debout était ma soif de liberté. Je savais que ce besoin m’interdirait l’amour, mais il était plus fort que tout. J’avais bien eu de belles histoires, mais elle s’étaient toutes brisées dès lors que mon amou­reuse me demandait de m’engager… Parfois, j’allais au bordel, mais je le vivais très mal. Je n’aimais pas ce que les hommes faisaient à ces captives… Je détestais ne pas offrir du plaisir à ces femmes, alors, je n’en prenais pas non plus… mais que veux-tu… comment aurais-je pu deviner ?

Il me prenait à partie comme si je n’étais pas la petite-fille de la femme dont il allait me parler et je lui en étais reconnaissante !

Et puis… Rosalina… sa peau si douce… ses baisers… Oh ! Si tu pouvais imaginer la perfection de ses baisers ! La douceur et l’art de ses caresses… En s’offrant à moi comme elle l’a fait dès notre pre­mière fois, elle m’a permis d’oser des caresses sans me demander si je ne franchissais pas la ligne rouge. Tu comprends ? Aucune avant elle ne m’avait fait ressentir ça.. Tu comprends ? Je n’avais jamais pu observer un sexe de femme d’aussi près, le regarder avec autant d’attention, prendre tout mon temps pour le découvrir… Rosalina m’encourageait même à le faire ! Et ses soupirs… ! Ses mots… sa voix quand elle me disait « Oh ! Tu peux me refaire cette caresse ? Oh ! C’est si bon… ! »… Sa petite voix chantante comme… presque enfantine… Et quand elle me touchait, quand elle me regardait… Tu sais, elle me laissait la regarder de si près, mais elle en faisait autant ! Quand elle me voyait, me sentait réagir à une caresse, à un baiser, elle recommençait, une fois, deux fois, dix fois « Pour ne pas oublier, Valentino ! »

Je le regardai, le vieillard s’était effacé pour laisser la place au jeune homme. Au jeune homme amoureux fou de ma grand-mère, mais j’avais oublié qu’elle l’était. À cet instant, tandis que nous étions sur la route, à moins d’un kilomètre du vil­lage, Bonne-Maman avait cessé d’exister, il n’y avait que Rosalinetta. Rosalinetta dont Valentino était fou amoureux.

Nous avions ralenti notre pas pour ne pas avoir à nous dire « Au revoir » trop vite, il avait encore tant de choses à me raconter…

La vie est toujours surprenante, elle interrompt des moments magiques pour en créer d’autres qui ne le sont pas moins. Alors qu’il s’apprêtait à m’en dire un peu plus, le bruit d’une voiture, nous obligea à nous rabattre sur le bas-côté de cette route étroite. L’auto nous dépassa pour s’arrêter quelques mètres devant nous.

Je vous dépose au village ?

Le Balafré, cet homme qui m’avait paru si détestable lors de notre rencontre et qui s’était montré si passionnément déli­cat dans nos étreintes, était descendu de sa voiture pour nous ouvrir la portière arrière.

– Vai ! Ton ami t’attend et puis tous ces souvenirs…. J’ai envie de retrouver ma Rosalina et…

La serrer dans tes bras ?

Valentino me fit un clin d’œil coquin et me promit de m’en dire davantage quand nous nous reverrons « maintenant que tu connais ma cachette ». Il me dit aussi qu’il lui tardait de faire la connaissance de Christian. Il m’embrassa sur le front. Je rejoignis le Balafré et m’assis à ses côtés.

Ton grand-père ne vient pas avec nous ?

Ce n’est pas mon grand-père ! C’est le mec de ma grand-mère !

Le Balafré me sourit. Je voulus lui raconter l’histoire de Rosalie, lui parler de sa vie, de ce que j’en savais, mais tous ces souvenirs, les confidences de Valentino, de ma Bonne-Maman m’avaient excitée davantage que je ne l’avais perçu. Je m’interrompis au milieu de ma phrase et pressai le Balafré d’accélérer un peu.

– Tu es pressée de retrouver ton époux ?

– OUI ! J’ai hâte que tu me baises devant lui !

Il éclata de rire et se mit à bander très dur.

– Tu aimes quand je te baise devant lui ?

Sa question n’avait pas d’autre but que de nous exciter davantage, l’un comme l’autre en avions parfaitement conscience.

– Et toi ? Tu aimes me baiser devant lui ? Tu aimes quand je suce ta grosse queue, quand je m’en régale devant tout le monde ? Tu n’aurais pas envie de m’enculer bien fort au moins une fois ?

Il rata son créneau, pourtant, il y aurait eu assez de place pour garer un 38 tonnes devant la maison ! C’est en riant que nous entrâmes chez Bonne-Maman. Christian n’était pas encore arrivé, mais un coup d’œil sur l’horloge m’indiqua qu’il ne nous faudrait pas attendre trop longtemps avant son retour.

Je lui proposai à boire à condition qu’il se montre curieux et irrespectueux pendant que je le servirai, comme si je n’étais qu’une poupée gonflable, comme si…

Il plaqua sa main sur ma bouche, souleva ma robe et d’un ton cinglant, me demanda « de la fermer ». Je sentais son sexe durcir dans mon dos. Il ne prit même pas la peine de baisser ma culotte, ou de l’écarter et me doigta au travers du tissu.

T’as vu comme tu mouilles, salope ?

La situation, les heures passées auprès de Rosalie et Valentino, leurs souvenirs, la relation encore charnelle qui les unissait, malgré leur âge avancé, la perspective de pouvoir la vivre moi aussi avec Christian, les gestes, les mots du Balafré, le fait qu’il se soit immédiatement coulé dans le rôle que je lui avais demandé de jouer, l’idée de la bonne surprise que je réservais à Christian… tous ces ingrédients mélangés contri­buèrent à me faire sentir mon sexe devenir coulant de désir, bouillant sous les doigts du Balafré. S’il n’avait pas plaqué sa main sur ma bouche, je lui aurais demandé de me mordre la nuque… Il n’eut pas besoin que je le lui dise et quand je sen­tis ses dents se resserrer sur mon cou, je jouis sous des doigts, au travers de ma culotte.

Je n’entendis pas la porte s’ouvrir, mais quand Christian entra dans la salle à manger, qu’il nous trouva moi accoudée sur le buffet, le Balafré derrière moi, je devinai son sourire rien qu’à son souffle.

Salut ! Qu’est-ce que tu fais ici ?

Je viens de faire jouir ta femme… Elle est chaude comme une brioche qui sort du four !

Ces deux-là, semblant m’ignorer totalement, me rendaient folle de désir. Me lâchant soudainement, le Balafré se recula, souleva ma robe, arracha ma culotte trempée et la lança à Christian. Je me retournai pour regarder mon époux la reni­fler, se débraguetter, sortir son sexe durci, l’entourer du tissu humide et commencer à se branler. D’une voix vibrante d’excitation, il me houspilla.

546ca3ca38d7ac80981797ecd4f468b8 Qu’est-ce que tu attends pour sucer notre invité ?

Il va falloir que tu lui apprennes les bonnes manières, à ta Monique!

Je marmonnai quelques mots d’excuses et commençai à m’agenouiller, tout en déboutonnant le pantalon du Balafré.

Non, non, Monique ! Pas comme ça !

À la demande de Christian, je m’assis donc sur la table, les cuisses largement ouvertes et pris tout mon temps avant de sucer notre invité. Du bout de l’index, je parcourus la cica­trice brune sur son sexe. Je levai les yeux vers lui.

Tu l’aimes, ma queue ?

Oui

Tu la veux partout ?

– Oui

Ma voix s’évanouissait, comme happée par mon désir. Christian se tenait désormais à mes côtés. D’une main ferme, il m’obligea à m’allonger et regarda le Balafré me prendre « comme une chienne en chaleur » pendant qu’il mettait sa « pine bien dure » dans ma bouche.

J’aimais leurs mots crus, j’aimais faire ce qu’ils me deman­daient, j’aimais gémir la bouche pleine du sexe de Christian tandis que le Balafré allait et venait en moi, sortant pour mieux me pénétrer, faisant admirer à mon époux sa queue« toute luisante de la mouille de ta femme ».

Comme ça lui arrivait de plus en plus souvent, Christian n’eut pas besoin de me voir dégouliner du sperme d’un autre pour bander assez dur et me prendre. Il demanda au Balafré d’échanger leur place.

Mon sexe était gonflé de tous ces plaisirs, de toute cette exci­tation, je regardais Christian droit dans les yeux pendant qu’il me pénétrait, attrapai la main du Balafré pour qu’il me caresse le clitoris. Quand je jouis, une exclamation joyeuse, pleine d’amour, s’échappa de la bouche de Christian.

Ils me prirent à tour de rôle jusqu’au coucher du soleil. Avant de partir, le Balafré me dit

C’est pas encore cette fois que je t’aurais enculée, Monique… !

Christian, affalé sur le canapé, repus de plaisir, éclata de rire.

Dis-moi, ma chérie, on l’invite à rester dîner ?

Après le dîner, d’autres réjouissances se présentent…