Chroniques matrimoniales – Lecture à voix haute

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Dessin de Milo Manara

Nous étions ici depuis trois jours, enfin, depuis trois nuits et nous étions à l’aube de cette troisième journée quand je quittai les bras du Balafré, encore endormi, pour préparer mon petit-déjeuner. Je fis la moue en ouvrant la porte du frigo… plus de lait… je devrais donc patienter encore, le mas était trop éloigné du premier commerce pour que je puisse m’y rendre à pied.

Je sortis dans la cour, je voulais cueillir quelques fleurs en espérant qu’une leçon de botanique serait au programme. Je me retournai en entendant des pas sur le gravier. Martial tenait un bidon de lait à la main et l’agitait au-dessus de sa tête.

Té pitchoune, tu ne veux pas déjeuner avant ?

Nous étions morts de rire, son accent méridional sonnait aussi faux que le mien !

Oh peuchère… j’ai faing, mais il n’y avait plus de lait…

Je revieng d’en acheter !

As-tu pensé au paing ?

Oui ! J’ai pensé au paing ! Et comme on dit au païs « du paing, du ving, du Boursing et tout va bieng ! »

Je reçus sur la joue quelques éclaboussures de l’eau que Jimmy avait jetée au visage de Martial. Ce qui nous fit rire davantage. Jimmy parut nous lancer une malédiction en provençal.

Qu’est-ce qu’il a dit ?

Je ne sais pas. Je ne parle pas le sauvage !

Pourtant, tu t’es installée par ici…

Je suis venue leur apporter la civilisation… une missionnaire en quelque sorte…

Avant que Jimmy ne mette ses menaces à exécution, nous nous réfugiâmes dans le mas. Je mis le lait à chauffer pendant que Martial dressait la table. Le café était en train de passer doucement et je me laissais bercer par la musique de la croûte de pain cédant sous la lame du couteau. Martial taillait des tranches épaisses en sifflotant. Par la fenêtre, je regardais Jimmy traverser la cour, pointant vers moi un index menaçant, mais ce qui me préoccupait était la bosse dans la poche de son jeans, que contenait-elle ?

Le lait était chaud, je m’apprêtais à le verser dans mon bol, quand Martial interrompit mon geste. « Laisse-moi le faire, ce matin ». Il prépara mon chocolat avec une attention que je n’avais jamais apportée jusque là. « Tu me diras ce que tu en penses ». Je m’assis, pris ma serviette et la posai sur mes cuisses. Le Balafré fit son entrée, le visage encore tout froissé de sommeil.

J’ai rêvé ou le mot « missionnaire » a été prononcé ?

Jimmy haussa les épaules d’un air las.

Pas dans le sens où tu l’entends… ils se moquaient de nous, si tu veux tout savoir…

Monique m’expliquait la raison de sa venue ici… une missionnaire venue apporter la civilisation dans une contrée peuplée de sauvages…

Il souriait. Le Balafré dodelina, leva les yeux au ciel.

Monique… Monique… !

Me méprenant, je pris Martial à témoin.

Tu es d’accord avec moi, non ?

Je reprochai au Balafré son air condescendant. Martial posa sa main sur la mienne, m’obligeant ainsi à le regarder dans les yeux.

Les missionnaires sont venus en Afrique pour apporter la civilisation aux sauvages qui la peuplaient… Mon père est arrivé en France avec les tirailleurs sénégalais pendant la seconde guerre mondiale…

Oh merde ! Pardon ! J’y avais pas pensé ! Pour moi, t’es juste un parisien, comme moi… pardon !

Ne t’en excuse pas ! Ça me fait tellement plaisir que tu n’y aies pas pensé !

Et ta mère est aussi sénégalaise ?

Non, pas du tout ! Pas plus que mon père qui est natif de Côte d’Ivoire…

Alors, pourquoi dis-tu qu’il était tirailleur sénégalais ?

Parce que c’est ainsi qu’on appelait les indigènes d’Afrique incorporés dans les troupes françaises…

Mais c’est complètement con !

Martial me sourit. Jimmy regardait le Balafré, eux aussi souriaient.

Je trouve aussi

Et vachement méprisant, non ?

Si ! Aussi !

Fais attention, ma chérie, tu vas faire de la bouillie à force…

Toute à cet échange, j’avais oublié ma tartine qui trempait dans mon bol, elle se délitait dans le chocolat encore chaud. Je la mangeai rapidement, avant de boire une gorgée. Le chocolat était délicieux, je félicitai Martial.

C’est une recette de ma maman !

Tu sais d’où est originaire « maman Martial » ?

De Nice ?

– Non

– Marseille ?

– Non plus !

– Aubagne ?

– Non !

– Toulon ? Cassis ?

– Essaie encore…

– Je brûle ?

Éclat de rire des trois amis.

– Oui et non…

Jimmy reprocha aux deux autres de se moquer de moi, il me donna un indice « P’tète ben qu’oui, p’tète bien qu’non ! » Bon sang ! Son accent pointu était au moins tout aussi pourri que mon accent méridional ! Toutefois, je compris son message.

Ta mère est Normande ?

Oui, elle vient d’un village près d’Avranches…

Hé ! Mais si ça se trouve, on est cousins ! Ma grand-mère vient de Montchaton, à côté de Coutances !

– Sait-on jamais…

Je bus mon bol comme j’aimais à le faire, d’une seule gorgée, le tenant à deux mains. J’ai toujours aimé la sensation humide au-dessus de ma lèvre supérieure, la moustache de lait que j’essuyais avec ma serviette quand elle commençait à sécher. Depuis un an, j’avais appris à aimer le regard que les hommes portaient sur moi quand ils me voyaient faire. « Tu féliciteras ta mère de ma part, Martial, je n’ai jamais bu un aussi bon chocolat ! ».

J’allais plier ma serviette quand Jimmy sortit de sa poche un petit paquet fait à la va vite et me le tendit. Je l’ouvris et découvris un rond de serviette en bois gravé à mon prénom. Je ne savais pas si je devais en rire, alors, je me levai et embrassai la joue de Jimmy en me penchant au-dessus de la table.

Depuis notre arrivée, j’avais eu droit à quelques « leçons de rattrapage » en français. Les séances débutaient toujours de la même façon, je choisissais un costume, le Balafré, Jimmy et Martial se concertaient et décidaient quelle oeuvre ils allaient me raconter.

Mue par je ne sais quelle inspiration, sans doute liée à la mélodie d’une vieille ritournelle que sifflait le Balafré, occupé à faire la vaisselle, j’ouvris la valise et la vidai entièrement. Je reconnus la fameuse robe de bergère qui avait tant plu à Nathalie, je la dépliai avec l’idée de demander au Balafré si, comme moi, il trouvait qu’elle irait mieux à Cathy qu’à moi, mais ce faisant, le premier cahier de Bonne-Maman tomba sur le carrelage. Je le ramassai.

C’est toi qui as demandé à Christian de le mettre dans la valise ? Quelle bonne idée !

Hélas, non ! J’aurais aimé l’avoir eue, mais c’est une initiative de Christian !

Je souris en pensant à lui, mais je me retins de le dire au Balafré la phrase qui me brûlait les lèvres « C’est aussi pour ça que je l’aime ». Je ne voulais pas qu’il perde la face devant ses amis et j’ignorais encore que ça n’aurait pas été le cas. Je tendis le cahier à Jimmy « Tu veux le lire ? ». Il allait me répondre quand je remarquai son regard par-dessus mon épaule. Le Balafré lui avait fait signe de refuser ma proposition.

Si on en profitait pour varier les plaisirs ?

Une leçon de botanique ?

Ton enthousiasme me va droit au coeur, fille de Mère-Nature,  non… je pensais… ce matin, tu nous lirais à voix haute… en soignant ta lecture… le cahier de Rosalie pendant que nous te ferions l’amour…

Ouah ! Tout le cahier ? !

Ah, ah ! Je te reconnais bien là, petite gourmande… ! Essaie déjà d’aller au bout d’un seul chapitre ! Mais je te laisse choisir lequel…

Je préfère que ce soit Jimmy qui choisisse.

Jimmy, touché, entreprit de le feuilleter, il s’extasia de la jolie calligraphie et sourit en découvrant les titres de chacun des chapitres.

Je ne résiste pas à Baudelaire…

Il  me tendit le cahier ouvert à la bonne page. Je fis sans doute la moue, puisqu’il me demanda ce qui me déplaisait. J’aurais préféré un chapitre plus joyeux, toutefois ma mine contrariée me permit de décider où et comment relever ce défi. Dans un des appentis était entassé tout un bric-à-brac, dont un vieux lit qui correspondait à l’image que je me faisais d’un divan profond comme un tombeau. Le mas avait subi quelques modifications au cours des décennies précédentes, l’époque était alors au modernisme et au formica. Combien de meubles anciens avaient fini en bois de chauffe ? Je ne saurais le dire, mais par chance, le lit n’avait été que démonté et ses éléments empilés dans un coin. Nous transportâmes le tout dans la cour pour un dépoussiérage et un remontage. J’avais estimé à une demi-heure le temps nécessaire à ces préparatifs, l’horloge sonna midi quand nous en vînmes enfin à bout ! Comme le fit remarquer le Balafré, si Valentino avait été là, nous aurions gagné un temps certain. J’aimais les regarder s’activer, s’interpeller. J’avais aimé leurs « Non ! Laisse-nous faire, Monique ! », mais par-dessus tout leur désobéir et ainsi leur prouver que je n’étais pas une faible créature.

Cette journée, un peu fraîche était malgré tout très ensoleillée, je ne portais que la chemise d’homme dans laquelle j’avais dormi, je décidai de ne pas la retirer pour le moment, au contraire, je la reboutonnai soigneusement pendant que Jimmy et Martial étaient partis chercher le grand matelas sur lequel nous dormions le Balafré et moi. Comme il le faisait souvent, le Balafré se caressa la commissure des lèvres en souriant, il ne savait pas encore à quel point ce geste m’excitait, mais il commençait à s’en apercevoir. Il me demanda, à brûle-pourpoint, si j’étais heureuse, pour toute réponse, je lui souris.

Approche !

Comprenant où je voulais en venir, il me dit « Tu vas t’écorcher les genoux, ma chérie ! »

Je m’en fous, la douleur sera minime comparée au plaisir que je vais prendre ! Mais avant…

Je me blottis dans ses bras, fermai les yeux et levai mon visage vers le sien. C’était notre petit rituel d’amour, de tendresse avant le déchaînement de nos pulsions, celui qui s’était imposé à nous sans que nous l’ayons choisi. J’aimais sentir le souffle du Balafré sur ma peau, sa main sur mes reins, l’autre qui caressait doucement mon visage, chaque caresse précédait un baiser léger, chaque baiser léger était suivi d’un mot d’amour, d’un compliment. Je me laissais faire, le corps déjà tendu vers le bonheur. Quand une mèche de mes cheveux le dérangeait, il soufflait dessus pour la remettre en place. Pour finir, il posait ses lèvres sur les miennes, ma langue forçait un peu ses dents pour retrouver la sienne et nous nous embrassions longuement. J’appréciai tout particulièrement la saveur de ce baiser matinal, sa salive au goût de café se mêlait à la mienne, chocolatée… Je détachai le bouton de son pantalon, fis glisser la fermeture, constatai qu’il ne portait rien dessous et qu’il bandait déjà très fort.

Mes paupières toujours closes, je m’agenouillai devant lui et tentai de redessiner le tracé de sa cicatrice du bout de ma langue. J’entendis crisser le gravier, puis le bruit mat du matelas jeté sur le sommier. Me sachant observée, je décidai de faire de cette pipe une véritable oeuvre d’art. J’humectai le gland en salivant le plus possible, j’avais déjà en horreur cette manie de cracher sur autrui, je n’y ai toujours vu que mépris, ce qui annihilait tout désir. Quand il fut assez humide à mon goût, j’avalai un peu plus sa queue, les mains du Balafré caressaient mon crâne sous mes cheveux… ma langue s’enroulait autour de son sexe… dans un sens… puis dans l’autre selon que je l’avalais ou au contraire que je le sortais de ma bouche. Nous déglutissions tous les quatre au même rythme et c’était moi qui l’imposais, ce rythme. Cette constatation m’emplit d’une force incroyable qui décupla ma fougue. J’entendis Jimmy s’extasier, me comparer à une prêtresse en adoration devant une divinité priapique. J’interrompis cette fellation pour lui demander ce que ça voulait dire.

Je te le dirai après ta lecture… si tu lis bien !

Je me relevai, malgré les jérémiades du Balafré et ordonnai à Jimmy de s’allonger sur le lit. Il était déjà nu et maintenait la base de sa queue déjà dure, de telle façon qu’une ombre se dessinait sur son ventre. Imitant tant bien que mal la voix du Bavard, je fis un clin d’oeil au Balafré et lui dis « Boudiou ! Mais c’est qu’il me fait pas le cadran solaire, le coquin ! » Le Balafré éclata de rire et fit semblant de me le reprocher.

J’allais m’empaler sur ce sexe dressé quand une petite voix me conseilla de ne rien en faire, de profiter du pouvoir que m’offrait la situation. La veille, ils s’étaient moqués de moi, de ma « candeur toute enfantine », j’avais la possibilité de leur rendre la monnaie de leur pièce, je n’allais pas m’en priver ! 

C’est parce qu’ils se remémoraient d’anciens souvenirs, que j’appris l’origine de leur amitié. Le Balafré et Jimmy s’étaient connus sur les bancs de l’université où tous deux étudiaient l’histoire, de sursis en sursis, ils avaient reporté leur incorporation et, comme Jean-Pierre, le cousin de Christian, le faisait à l’époque, ils avaient opté pour la coopération. C’est pendant leur service qu’ils avaient fait la connaissance de Martial, étudiant lui aussi. Leur amitié ne s’était jamais démentie au fil des ans. C’est au cours de sa coopération, que le Balafré avait décidé de changer son fusil d’épaule, si je puis m’exprimer ainsi, de renoncer à une carrière universitaire pour devenir instituteur. J’avais fait un calcul mental, mais doutant de mon résultat, j’avais fini par leur demander leur âge. J’avais bien calculé et m’étais exclamée « Mais vous êtes super vieux ! Je ne l’aurais pas cru ! » ce qui avait déclenché leurs moqueries. Plus tard, quand nous n’étions que tous les deux, le Balafré m’avait fait remarquer qu’il était plus jeune que Catherine et m’avait demandé si je la qualifierais de « super vieille ». Il avait raison, elle ne l’était pas, mais j’aurais cru qu’il avait l’âge de Christian quand il avait celui d’Alain. « C’est parce que je suis bien conservé ! »

Je les regardais donc, prenant tout mon temps, j’ordonnai à Jimmy de rester allongé, au Balafré d’apporter un coussin très épais, de le poser à terre près du lit, de s’agenouiller dessus, face à moi, qui me tenais à la droite du lit et à Martial de se tenir debout dans mon dos. Je voulais sentir leurs mains me caresser et m’échauffer des baisers savants du Balafré sur mes cuisses, sur mon sexe.

Avant de débuter la lecture, puisque vous ignoriez l’existence de ce cahier, laissez-moi vous en parler un peu. Ma grand-mère, Rosalie y raconte comment elle a quitté sa Normandie natale, chassée par sa famille, reniée pour avoir fait une fugue afin de rencontrer Pierrot, mon papé dont elle était marraine de guerre… Elle y raconte sa vie amoureuse, amicale et sexuelle… C’est à peu près ça, non ?

Le Balafré fit oui de la tête. Jimmy lui reprocha de ne pas avoir entendu la réponse. À regret, il décolla ses lèvres de mon entrecuisse et en profita pour ajouter « Le récit débute en 1917 et s’achève en 1920 ».

Les mains de Martial couraient sur ma peau, sous la chemise. Je me cambrai sous toutes ces différentes caresses. Martial pinçait mes tétons de la manière idéale… Je fermai les yeux, rejetai ma tête en arrière et tendis ma bouche vers la sienne pour quémander un baiser… Que ses baisers étaient délicieux ! Suaves… ! Il aimait tout autant les miens… J’interrompis quelques instants ce long baiser, le temps de m’empaler sur Jimmy car je voulais lui offrir cet orgasme qui menaçait d’exploser… Martial reprit ses caresses sur ma peau, ses pincements aussi… et son long baiser… le Balafré glissa ses doigts entre ma chatte et le ventre de Jimmy.

Tu… tu sens… Jimmy ? Tu me sens… jouir ?

Fatché oh oui ! Putain… c’que c’est bon ! Oh… put…

Martial détacha le premier bouton, celui du col de la chemise que je portais.

À chacun de tes orgasmes, j’en dégraferai un… tu devras avoir fini ta lecture avant de les avoir tous détachés, sinon…

Sinon ? Sinon quoi ?

Sinon, nous…

STOP, Martial ! STOP ! Sa grand-mère m’a prévenu « Aucune sanction, elle y prendrait trop de plaisir !

La sagesse faite femme !

Je débutai ma lecture, mais ils savaient y faire ! Mon troisième orgasme déclencha celui de Jimmy… Nous n’avions pas songé à cette éventualité, mais la solution fut vite trouvée… Le Balafré prit la place de Jimmy qui prit celle de Martial qui remplaça le Balafré… Il ne restait plus qu’un seul bouton quand Martial put enfin prendre la place du Balafré qu’il convoitait depuis pas mal de temps, maintenant. Il ne me restait plus qu’un bouton et je n’en étais pas à la moitié du texte ! Je m’empalai sur son membre, nous nous regardions et nous souriions… complices… du même coin… de Paris… je fis deux va-et-vient.

Ta queue est parfaite pour ma chatte !

Tu trouves aussi ?

Ouais… putain ! C’est… Ah oui… la lecture…

Le Balafré m’avait rappelée à l’ordre d’une petite claque sur la fesse… J’étais en train de chercher où j’en étais avant le changement de partenaires, je venais de trouver quand le Balafré caressa mon petit trou d’un doigt habile… léger… curieux… coquin.

C’est pas du… oooh… jeu… !

Le Balafré détacha le bouton, le dernier, celui du poignet droit, m’ôta la chemise, la lança au loin, en prit une autre qui pendait sur le dossier du lit, celle de Jimmy, justement… il me l’enfila, la reboutonna soigneusement… Il me fallut plusieurs chemises avant d’achever ma lecture. Le Balafré interrogea Jimmy et Martial, satisfait de leurs réponses, il me félicita.

Tu as réussi l’exercice, ma chérie ! Et si tu le souhaites… on pourrait dire que tu as inventé « la figure Monique »… !

Je rougis un peu. J’étais surtout épatée que Martial et Jimmy aient réussi à écouter et à mémoriser le texte ! Je me repris tout de suite. J’étais heureuse et je voulais les faire rire.

J‘ai pas droit à une récompense ?

Un bon-point, par exemple ?

Euh… non… je pensais à une récompense… plus… personnalisée !

Comme quoi ?

Je réfléchis quelques minutes, le temps de sentir mes cuisses commencer à devenir humides.

Vous me léchez à tour de rôle ! Toi d’abord… tu me lèches… me roules une pelle pendant que Martial me lèche… il me roule une pelle pendant que Jimmy me lèche… etc. jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien !

Si un jour, je rencontrais une nana comme toi, Monique, je la demanderais direct en mariage ! Je la laisserais pas passer !

Et tu la partagerais ?

Bien sûr ! Quand tu as la chance de trouver un tel trésor… tu… oh oui, je la partagerais !

En effet, le 31 décembre suivant, lors du réveillon, Martial rencontra Sylvie, ne la laissa pas passer et nous la présenta lors de leurs fiançailles qui ressemblèrent beaucoup aux miennes.

Leurs baisers s’avérèrent un peu trop efficaces à mon goût, mais le soleil déclinait déjà et nous étions morts de faim. Le matelas réintégra sa place. Le Balafré me demanda la raison de ce sourire en coin.

– J’imaginais la figure Monique avec toi, Christian et Aloune…

Surtout le final ?

– Ouais !

La figure Monique devint une de nos favorites, avec quelques variantes quand Cathy se joignait à nous.

Jimmy dévora le cahier de Rosalie. La Première Guerre Mondiale et les années qui suivirent étaient justement son sujet d’étude ! Quand il me parla de sa vie, j’en aurais pleuré. Sa mère avait accouché sous X en 1945, lui avait donné ce prénom, Jimmy, en hommage à son père, un soldat britannique, mais il n’en savait pas plus. Il fut envoyé en nourrice à Paradou, où il grandit sans que jamais personne ne vienne le chercher ou l’adopter. Il considérait ses parents nourriciers comme ses vrais parents, leurs enfants, biologiques ou pas, comme ses frères et soeurs et toute cette petite troupe formait une famille très unie, c’est pour cette raison qu’il me disait de ne pas avoir du chagrin quant à sa naissance. Il pensait que son goût pour l’histoire venait du fait qu’il ne connaîtrait jamais ses véritables origines, ses racines…

Quand le mas fut mis en vente, Jimmy l’acheta et nous nous y retrouvions dès que nous en avions la possibilité. J’y suis venue seule, accompagnée de Cathy, du Balafré, de Christian… en fait, dès que nous avions le temps pour un « week-end partouze » ou un « Woodstock sous la lavande ».

À suivre

 

 

 

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