Aux plaisirs discrets ~ Troisième épisode – Arnaud

Geneviève Duval est tombée dans un délicieux traquenard, un de ceux que la vie lui réserve, alors qu’elle ne m’en a jamais offert de semblables. En cette belle fin d’après-midi de vendredi, j’ai revêtu ses habits et je me promène dans les rues quand, je remarque une certaine agitation pleine d’éclats de rire dans une petite librairie indépendante. Je tends le cou pour en saisir la raison quand un jeune homme m’interpelle « Entrez ! S’il vous plaît, entrez… sinon… » Je ne veux pas savoir ce qu’il se passerait si je refusais, alors de très bon gré, j’accepte l’invitation.

– À cinq minutes près, il aurait été trop tard !

J’apprends donc, que les propriétaires ont organisé un petit jeu à l’attention de leurs clients, bibliothécaires pour la plupart ou confrères provinciaux pour les autres, petit jeu qu’ils ont nommé « Le défi du libraire / bibliothécaire ».

Nous sommes répartis en six équipes de deux, la condition sine qua non étant de ne pas travailler avec son coéquipier, l’idéal étant de ne pas le connaître du tout. Ce qui est le cas pour tous les participants. Chaque équipe doit remplir un panier en suivant une liste que je trouve particulièrement savoureuse. Des douze participants, je suis la seule à n’être ni bibliothécaire, ni libraire, je n’aurais jamais imaginé qu’on puisse formuler de telles demandes.

L’un des organisateurs me demande mon prénom et note Geneviève sur le badge que j’arbore fièrement, mon coéquipier, le jeune homme qui m’a interpellée dans la rue, se prénomme Arnaud, je ne sais pas quel est son âge, trente-cinq ans, quarante tout au plus, mais je dirais plutôt trente-cinq.

Parmi les six livres que nous devons trouver, Arnaud en devine cinq, mais me dit buter sur le dernier. Le livre avec “soleil” dans le titre, qui se passe en Espagne ou en Grèce ou dans un pays où il y a du soleil et qui a reçu un prix. Sans dire un mot, je l’entraîne dans les rayons et lui désigne « Le soleil des Scorta », à mi-voix, je lui précise qu’il se passe en Italie et a reçu le Prix Goncourt 2004, une première pour la maison d’édition Actes Sud, ce qui me vaut un sifflement admiratif quoique presque inaudible de mon partenaire. En fait, je n’ai pas grand mérite, parce que c’est l’un des rares Prix Goncourt que j’ai lus.

Nous sommes les premiers à remplir notre panier, mais je n’ai pas été d’une grande utilité. Cependant, quand je prends la liste et vérifie les livres, j’en sors un et fais non de la tête et de l’index. Ce livre où il est question d’échecs et d’un nazi, je suis certaine qu’il ne s’agit pas de la nouvelle de Stefan Zweig « Le joueur d’échecs ». Arnaud insiste. Péremptoire j’affirme « Il n’y a pas de nazi dans cette nouvelle, non, non je crois savoir de quel livre il est question. » Je retourne dans les rayons, Arnaud sur mes pas.

– Voilà le livre en question « La partie n’est jamais nulle » d’Icchokas Meras. Là, il y a un nazi dedans, et même un méchant nazi !

– Parce qu’il y en avait des gentils ?

– Je ne crois pas, mais celui-ci est vraiment méchant-méchant comme nazi et tu peux me faire confiance, question nazis, je m’y connais !

Nous sommes les grands vainqueurs du jeu, incidemment parce que nous sommes les seuls à ne pas être tombés dans le panneau du livre où il est question d’une partie d’échecs et d’un nazi ! Je suis toute fière de ce moment de gloire éphémère. Nous remportons donc le premier prix, un roman à choisir parmi ceux qui se trouvent sur la table près de la caisse. Je fais la moue en regrettant qu’il n’y ait pas ce livre de cet auteur américain, mais si… il est connu… ça raconte l’histoire d’une bourgade… avec une famille, mais si… sur la couverture on voit un paysage… !

Geneviève aime faire rire son entourage, je le découvre en même temps que les personnes présentes dans cette librairie.

Pour fêter notre victoire, Arnaud m’invite à dîner. Le repas est détendu, émaillé d’éclats de rire, aussi soudainement que s’éteint la flamme d’une bougie sur laquelle on aurait soufflé, son regard joyeux se teinte d’une étrange lueur.

– Je suis un mari fidèle, je ne couche pas avec d’autres femmes que mon épouse, ni n’ai embrassé d’autres bouches que la sienne.

Je sens bien qu’il n’a pas fini de parler. Il boit une grande rasade, je suis toute ouïe.

– Je ne sais pas si c’est ton parfum, ton humour, ta légèreté… je ne coucherai pas avec toi, ni ne t’embrasserai, mais accepterais-tu de passer la nuit avec moi, dans mon hôtel ? J’ai une furieuse envie de te bouffer la chatte.

Je souris tout en rougissant un peu. Quelle curieuse proposition !

– Je suis d’accord, mais à condition qu’on passe la nuit dans mon hôtel.

Le repas terminé, l’addition payée, nous rejoignons à toute hâte ma chambre d’hôtel, il me demande de retirer ma jupe et ma culotte « mais de garder le haut » pendant qu’il se déshabille.

Quand il voit mon sexe non épilé, il s’extasie. Il touche, d’un index timide, mes poils pubiens, il trouve ça beau. À sa demande, je m’assieds au bord du lit, j’écarte les jambes et le laisse admirer le spectacle. Je suis troublée de la gourmandise de son regard. Agenouillé devant moi, il se caresse doucement, sans détacher ses yeux de mon entrejambe.

Cette situation m’excite au plus haut point. Sans même m’en rendre compte, je déboutonne mon chemisier, l’enlève ainsi que mon soutien-gorge et me caresse les seins avec la même douceur, la même lenteur qu’il se branle.

Il détache enfin son regard, lève les yeux vers moi, dans un souffle murmure un « Ooh ! » admiratif en découvrant ma poitrine. Il tend la main vers elle, se ravise et plonge tête la première entre mes cuisses. Que sa gourmandise est agréable ! Il me lèche, me tète, me lèche encore comme si nos vies en dépendaient. Je suis tellement surprise de son avidité, de la frénésie avec laquelle il se branle, que je jouis très fort et très vite.

Quand il sent mes cuisses se refermer brusquement autour de son visage, qu’il entend mon cri, il éjacule dans le creux de sa main.

– Ne bouge pas, je reviens !

Je pourrais presque rire de sa remarque ! Où pourrais-je bien aller ? J’entends couler l’eau du lavabo. Il s’est essuyé les mains à la hâte et s’en excuse en me demandant la permission de toucher mes seins. Quel âge as-tu donc, Arnaud ? Adossée à la tête du lit, je ferme les yeux et je profite de la douceur de ses caresses. Il me demande, tout intimidé, s’il peut m’embrasser les seins. Ses baisers d’abord légers deviennent rapidement goulus, comme s’il cherchait quelque goutte de lait. Que c’est bon ! Que c’est bon !

J’ouvre les yeux pour regarder son visage, mais je suis frappée par la vision de son érection. Ouah, il rebande déjà ! Mais quel âge as-tu donc, Arnaud, pour pouvoir enchaîner les érections à ce rythme ? Je me poserai la question à plusieurs reprises tout au long de cette nuit.

Tandis qu’il me tète le sein, sa main glisse sur mon ventre vers mon pubis, ses doigts jouent avec mes poils, je n’ai d’yeux que pour son sexe dressé qu’il m’interdit de toucher, d’embrasser. Il lève les yeux vers moi, je comprends la question qu’ils me posent.

– Oui, si tu le veux, tu peux me bouffer la chatte, Arnaud !

– Tu trouves que je le fais bien ?

– Je ne dois pas être la première à te complimenter…

Il a un regard et un sourire énigmatiques. Je n’en saurai pas plus. Je reprends ma position au bord du lit, mais cette fois, il préfère que je me mette debout, adossée au mur, les jambes écartées. Je jouis moins vite que la première fois, mais aussi fort. Après s’être lavé les mains, il s’assied sur le fauteuil, je m’installe sur ses genoux et le laisse me téter les seins avec un plaisir rare. Mon corps s’embrase quand je sens son sexe se dresser. Je me relève et m’allonge sur le lit. Il s’allonge à mes côtés. Son téléphone se met à sonner.

– Je dois répondre, c’est ma femme, si ça t’ennuie, je peux sortir de la chambre et revenir ensuite.

Ça ne m’ennuie pas le moins du monde. Il s’assied au bord du lit, me sourit, et, tout en caressant mes poils d’une main distraite, entame une brève conversation. « Oui, je suis dans ma chambre d’hôtel… Ils avaient organisé une course au trésor très amusante. Oui… Quelques-uns… Non, je n’ai pas dépassé le budget imparti, madame la directrice de la bibliothèque ! Demain à quatorze heures trente-six, à moins d’un retard. Oui… Je t’embrasse moi aussi. À demain. Oui… moi aussi… Je t’aime. À demain »

Il range son téléphone, s’allonge sur le lit, me demande de me mettre à quatre pattes au-dessus de lui. J’ai une vue plongeante sur son sexe à nouveau en érection.

– Je suis fou de ta chatte, je n’en ai jamais vue d’aussi belle que la tienne !

Quand il en écarte les lèvres, je me cambre.

– Et tes seins ! Je n’aurais jamais pu imaginer que tu aies une si belle poitrine…

Je ne saurais dire combien de fois il m’a fait jouir, combien de fois il a bouffé ma chatte, combien de fois il a tété mes seins, combien de fois il s’est lavé les mains après avoir éjaculé dedans. Pour le savoir, il me suffirait de me rappeler les positions, parce qu’il en a changé à chaque fois.

Un frisson d’orgueil m’a traversée quand il s’est plaint de « jouir à sec », quand il s’est demandé combien de temps faudrait-il à ses couilles pour refaire le plein. Nous n’avons dormi qu’une heure ou deux, à notre réveil, je lui explique, un peu confuse, la règle qui prévaut pour les petits-déjeuners. Je ne pouvais pas deviner que je passerais la nuit avec quelqu’un, il me sourit. Il prendra le sien dans son hôtel, mais avant, il a une dernière requête.

– Est-ce que je peux te bouffer la chatte une dernière fois ?

Je lui souris, tellement heureuse et tellement flattée.

– À condition qu’on le fasse sous la douche, je voudrais connaître la saveur de tes baisers quand tu me feras jouir sous l’eau chaude !

Il me fait jouir d’une force incroyable et ne cesse de me lécher jusqu’à son propre orgasme.

– Oh ! Regarde ! Mes couilles se sont rechargées pendant qu’on dormait !

Il se relève, et comme s’il me dévoilait un trésor, ouvre son poing qu’il tenait fermé. Mais quel âge as-tu donc, Arnaud, pour te réjouir comme un gamin de me montrer le sperme dans le creux de ta main ?

Avant de s’en aller, il me dit espérer voir nos chemins se croiser à nouveau. Geneviève lui répond « Qui sait ? »

Attablée devant mon petit-déjeuner, il me semble sentir la langue d’Arnaud sur mon sexe, ses succions sur mes seins. Je ferme les yeux pour profiter de ces divines sensations. Quand je les rouvre, je remarque que je ne suis plus seule dans le petit salon. Un couple de touristes parle une langue inconnue, il me semble que le visage d’un des deux autres clients m’est familier. Je ne sais pas où je l’ai vu, ni quand, mais quand il me salue d’un hochement de la tête, cette intuition se confirme.

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