Le cahier de Bonne-Maman – Là où il y a des filles amoureuses, il est inutile de verrouiller les portes

 

Ce texte a fait l’objet d’une superbe lecture de CharlieLiveShow, si vous souhaitez vous laisser bercer par la voix et l’accent de chacun des personnages, cliquez sur cette phrase et écoutez…

L’armistice était signé depuis plusieurs mois quand nous pûmes enfin nous retrouver vraiment. Il nous avait fallu attendre la démobilisation, qui s’est faite classe par classe. Nous étions révoltés de cette absurdité supplémentaire. Il n’y avait plus de combats, nos soldats avaient lutté contre la peur, la fatigue, la mort, mais ils devaient encore se soumettre à cet ordre idiot !

L’État-Major n’avait aucune, absolument aucune considération pour ces combattants, pour leur famille, le Toine était « de la 14 » et mon Pierrot « de la 15 », ils avaient réintégré leur régiment, mais nous ne sommes pas allé les voir, à leur demande, parce qu’ils n’auraient pas eu envie de retourner dans leur caserne et ils savaient qu’alors, ils auraient été passibles du peloton d’exécution, pour désertion.

J’ignore si tu sais à quel point ton papé était antimilitariste, mais l’incompétence des généraux, des maréchaux, pendant et après la guerre, a transformé un brave pioupiou en un rebelle à l’ordre, en un anarchiste, dans toute l’acception noble du terme.

Une autre absurdité a conduit à sa démobilisation quelques jours avant celle du Toine. Il a attendu son ami et c’est ensemble qu’ils ont pris le train pour Nice, où nous nous sommes finalement retrouvés. Ils avaient besoin de cette escale avant de reprendre le cours de leur vie civile. Nathalie a reçu le télégramme qui nous donnait rendez-vous « Nicœa civitas fidelissima STOP Nous vous y attendons belles fidèles »

Quand nous descendîmes du train, ils étaient sur le quai, une énorme brassée de mimosas dans les mains. Nous nous faisions bousculer par tous ces voyageurs, par les porteurs encombrés de grosses malles, nous nous faisions bousculer, mais avec bienveillance. Mon Pierrot et le Toine portaient encore leur uniforme.

Je ne pouvais décoller ma bouche de celle de mon Pierrot, il en était de même pour Nathalie avec son Toine. Nous riions, nous pleurions comme on respire et aussitôt après nous nous embrassions encore !

Nathalie et moi découvrions cette ville que nos amoureux tenaient à nous faire visiter. Qu’elle était belle ! Qu’elle nous semblait grande ! Que ses avenues étaient larges !

J’avais apporté de quoi manger, mais le Toine tint à nous faire goûter la focaccia et le clin d’œil qu’il m’adressa en disant « Avec tes provisions, nous n’aurons pas besoin de sortir de la chambre pour le dîner ! » embrasa nos joues et nos corps.

Bien vite, nous quittâmes le front de mer pour aller dans le quartier Saint-Sylvestre, où ils avaient loué deux chambres communicantes. Nous étions fous, un peu naïfs, tellement jeunes ! La logeuse, une petite vieille, était très souriante, très accueillante et joviale, mais je ne compris pas un traître mot de ce qu’elle nous dit.

Quand nous arrivâmes sur le pallier, devant les deux portes closes, Toine m’expliqua qu’elle avait parlé en italien. Ils avaient loué une chambre « pour les demoiselles » et une autre pour eux, elle leur avait expliqué que cette ruse avait fait long feu et qu’ayant connu l’enfer si jeunes, ils avaient gagné le droit à un peu de paradis sur cette terre.

La vie m’a appris que la compréhension, la tolérance se trouvent souvent là où on s’y attend le moins, cette vieille femme en était l’illustration parfaite. Nous avons passé trois jours dans sa petite maison et ces trois jours marquèrent pour nous quatre le retour à la vie, le début du bonheur.

Je redécouvrais le corps de mon Pierrot, qui ne pouvait s’empêcher de caresser, de toucher, d’embrasser le mien. De l’autre côté de la porte, j’entendais le petit rire nerveux et excité de Nathalie.

Je sus quand elle découvrit le corps nu de son Toine. Nous en avions souvent parlé, durant ces longs mois d’attente, je lui avais décrit avec force détails, à quoi elle devait s’attendre, à quoi ressemblait un sexe d’homme, sa taille, ses reliefs, mais son cri de surprise ne laissa aucune place au doute.

Le Toine riait, c’était un sacré farceur et il aimait plaisanter, taquiner. L’entendre rire, les entendre rire nous déconcentrait et, comme un fait exprès, à chaque baiser un peu intime, à chaque caresse un peu curieuse que nous nous prodiguions, répondait un éclat de rire ou une plaisanterie.

Pierrot, amusé, prit sa grosse voix et s’exclama « C’est pas un peu fini, ce boucan ? ! », et avant que j’aie pu le retenir, se précipita vers la porte et l’ouvrit en grand d’un geste théâtral.

Nathalie n’eut pas le temps d’en être surprise que j’arrivais déjà pour la refermer. J’aurais voulu faire les gros yeux, houspiller mon Pierrot, mais nous restâmes figés, comme frappés de catatonie, les yeux du Toine écarquillés, fixant ma toison, les miens tout autant fixant son sexe.

Comment aurais-je pu imaginer de telles proportions ? Je marmonnai « Je ne pouvais pas savoir, Nathalie… » quand lui commenta « Pour de la blondeur, c’est de la blondeur! » Je me retournai vers Pierrot, lui reprochant de ne pas m’avoir parlé de la particularité anatomique de son ami « Parce que tu crois que je la connaissais? ! Tu crois que je l’avais déjà vu bander? ! »

Je m’apprêtai à retourner dans notre chambre quand Nathalie s’exclama « Non ! Reste avec moi ! ». Interloquée, je constatai l’effet de sa supplique sur les sexes de nos hommes. Il me semblait que nous respirions plus fort, que nos cœurs battaient plus vite, à l’unisson. Je ne savais que faire, confuse de ce désir que je sentais monter en moi. J’avais conscience de transgresser toutes les règles morales que l’on m’avait inculquées, mais peu m’en chalait !

Que s’est-il passé dans nos têtes pour que ce soit moi, la plus jeune de cette troupe, moi qui n’avais pas encore fêté mon dix-huitième anniversaire, qui prenne la direction des affaires ? Nous ne nous sommes pas posé la question sur le moment, mais par la suite je me faisais souvent taquiner à ce propos « Nous étions comme les pauvres anglois face à la hardiesse de Guillaume le Conquérant ! »

Je sais bien qu’ils ne voyaient aucun rapport entre mes origines et mon assurance ce jour-là, mais sans un soupçon de mauvaise foi, à quoi bon les taquineries ?

Je m’assis sur le lit, aux côtés de Nathalie, je lui pris la main et de l’autre, invitai Pierrot et le Toine à s’approcher de nous. « Fais comme je fais ! », ne lâchant pas la main de Nathalie, j’attrapai fermement le sexe de Pierrot de mon autre main et entrepris de le sucer comme s’il s’était agi d’un sucre d’orge. Trop surpris de ce que nous leur faisions, Pierrot et le Toine ne laissèrent échapper qu’un seul « OH ! » d’une même voix.

Un peu vicieuse, je regardai Nathalie qui fit de même, nos regards se dirigèrent ensuite vers nos hommes, qui n’en revenaient pas. Eux, d’ordinaire si bavards, si prompts à commenter le moindre détail, étaient muets de surprise. Fières d’avoir pris l’ascendant, nous les léchions avec une avidité, une gourmandise croissantes. Je sentais le corps de Pierrot trembler de plaisir, ses doigts se perdaient dans mes cheveux.

Hmm, comme c’est bon ! 

Nathalie se régalait, nous nous regardions toujours, complices, coquines, taquines et nous commentions à voix haute, conscientes de les troubler davantage.

Alors, tu vois ? Je te l’avais bien dit ! Ça vaut toutes les friandises du monde, non ?

Oh oui ! Il a bon goût, mon Toinou !

Moins que mon Pierrot, j’en suis sûre !

Tu déparles, la Rosalie ! Tiens, goûte !

Avant que quiconque ne comprenne ce qui lui prenait, elle lâcha ma main et offrit le sexe gonflé de son Toinou à ma bouche. Excitée, je le goûtai sous le regard ébahi de nos deux compères.

Alors ?

Il est ben bon, mais je ne saurais dire s’il est meilleur que mon Pierrot… T’en penses quoi ?

Comme elle l’avait fait quelques instants auparavant, je lui offris la verge de mon Pierrot à goûter. Nous passions de l’un à l’autre, leur reprochant de ne pouvoir les départager. « Fadas ! Elles ont tourné fadas ! » furent les premiers mots du Toine, mon Pierrot se contentant de gémir de plaisir.

Je pense que toutes ces craintes accumulées depuis toutes ces années, ces craintes qui disparaissaient comme une digue qui cède ont libéré les flots de nos désirs et, l’excitation s’en mêlant, nous étions grisées. Une ivresse sensuelle s’était réellement emparée de nous. Nous les sucions, nous les léchions, nous les caressions comme si nos vies en dépendaient.

Au plus nous les sentions prêts à défaillir, au plus nous devenions ardentes. Je sentais régulièrement perler sur ma langue, les petites gouttes annonciatrices du plaisir prêt à exploser et je m’amusai de les soumettre à cette douce torture.

Soudain, Pierrot s’exclama « À notre tour, maintenant ! » et d’un même geste, ils nous renversèrent sur le lit. Mes jambes s’enroulèrent autour de son corps, il les écarta un peu pour être plus à son aise.

Je regardais Nathalie « se faire ausculter par le bon docteur Antoine », elle ondulait sous ses doigts, gémissait, le suppliait de la délivrer enfin de ce pucelage qui lui pesait tant. Il me désigna d’un mouvement du menton, en lui demandant « C’est ça que tu veux ? Tu veux que je te fasse ce que Pierrot fait à Rosalie ? »

J’ondulais comme un serpent sous les coups de boutoir de mon amoureux, qui prenait tout son temps, qui me caressait les seins, s’enfonçait un peu plus quand il se penchait pour m’embrasser.

Je croisai le regard de Nathalie et j’y lus la puissance de mon plaisir dans le reflet de ses yeux. « Oh oui, c’est tout ce que je veux ! »

Alors, le Toine la pénétra, avec force et douceur, il goûtait chaque instant de cette défloration et tenait à ce que Nathalie grave ces premières sensations dans sa mémoire, qu’elle s’en souvienne à tout jamais. « Ouvre tes yeux, pitchoune ! Ouvre tes jolis yeux ! »

Le Toine avait beau être taquin, farceur, prompt à la plaisanterie, à la grivoiserie, il fut très délicat, attentif, quand il dépucela sa Nathalie. Elle gémissait de son accent chantant « Oh, fan de diou, comme c’est bon… comme c’est bon ! » Je l’observais découvrir ce plaisir et j’en prenais ma part.

Au moment où je réalisai que mon Pierrot et le Toine allaient et venaient au même rythme, le soleil s’effaçait doucement pour céder sa place au crépuscule. Je remarquai leurs regards complices, leurs sourires convenus, un hochement de tête donna le signal

Tu es bien dans ta Rosalie ?

Autant que tu l’es dans la Nathalie !

Je ne crois pas ! Moi, je suis au Paradis… !

Oh gari ! Le Paradis, c’est dans ma Rosalie ! Tiens, puisque tu ne me crois pas…

En riant, Toine se retira et invita mon Pierrot à prendre sa place. Ils nous rendaient la monnaie de notre pièce et nous l’avions bien cherché !

Je me sentis envahie par ce membre énorme et je vis Nathalie jouir de mon Pierrot, le Toine jouait avec mes poils et semblait fasciné par leur blondeur. Je poussai un cri de plaisir animal quand, du bout de son doigt, il caressa mon bouton. Je me sentais palpiter autour de sa verge. « Tu ne mentais pas, Rosalie est encore plus belle quand elle jouit ! »

Combien de fois échangèrent-ils leur place, combien de fois nous firent-ils jouir avant de jouir eux-mêmes ? Je ne saurais le dire, mais l’honneur fut sauf, mon Pierrot jouit en moi et le Toine dans sa Nathalie ! Ça te paraîtra idiot, mais nous accordions une grande importance à ce détail.

Nous mangeâmes les provisions que j’avais apportées pour le déjeuner et quand mon Pierrot fut rassasié, désaltéré, revigoré, il proposa à Nathalie et à Toine de leur « faire visiter notre chambre, nous aurons bien le temps de nous reposer quand nous serons de retour au village ».

Ce fut dans un sentiment de légèreté, d’amour et de sérénité que nous passâmes notre première nuit ensemble, à goûter à ces plaisirs qui allaient devenir notre pain quotidien.

Bonne-Maman explique les liens qui les unissaient les uns aux autres.

Dessin d’Alexander Szekely

 

Les souvenirs de Tatie Monique – Voiture avec chauffeur

Quand je me suis installée au village, l’école fonctionnait encore. À l’instar de Bonne-Maman 57 ans plus tôt, j’y travaillais « en attendant mieux » , à la différence que je n’y étais pas « maîtresse d’école », mais « dame de service », comme on disait à l’époque. J’y faisais le ménage, la vaisselle, aidais en cuisine, soignais les petits bobos, mouchais les nez et essuyais les larmes. Il n’y avait que deux classes, celle des tout petits, qui ne savaient pas lire et celle des grands, jusqu’à la 7ème. 

J’aimais bien ce boulot, qui me laissait beaucoup de temps libre et presque autant de congés que les enseignants. Quand je croisais le bavard, le notaire ou un homme avec lequel j’avais fait des galipettes, rien dans mon attitude ne le laissait deviner. Comme si j’étais une autre Monique. Mes histoires de fesses, leurs histoires de bites ne concernaient que mes fesses et que leur bite. Les papas qui aidaient à la préparation des diverses fêtes, qui assistaient à la remise des prix, n’avaient rien à voir avec les amants que je rencontrais ici et là.

J’avais été très claire sur ce point peu après la rentrée, quand dans « le vieux château », alors que je le suçais, le bavard m’avait dit « Mon fils m’a dit que tu étais une dame de service très gentille » avant que la moindre allusion grivoise ne sorte de sa bouche, j’avais arrêté ma pipe et lui avais répondu « Je ne fais pas dans les parents d’élèves » et, profitant de la présence de mes autres amants dans la même situation, j’ajoutai « ceux qui me parleront de leurs gosses pendant nos parties fines, n’obtiendront plus aucune faveur sexuelle de ma part ! ». Bien que surpris par la virulence de mes propos, tous s’accordèrent pour reconnaître qu’il était plus judicieux d’agir ainsi.

Les semaines avaient filé à une vitesse incroyable, rythmées par les fêtes, par les préparatifs du double mariage, dont la date avait été fixée au 4 septembre 1975. J’avais vingt ans et pas froid aux yeux, Christian me proposait souvent de nouveaux jeux, je lui en proposais d’autres, nous nous amusions bien. Nous pensions être imaginatifs, pourtant il nous restait tant à apprendre, à découvrir…

J’avais fermement refusé que Bonne-Maman me cède sa maison et aille s’installer chez Nathalie. Quand nous avions envie de faire la fête en intérieur, nous avions toujours la possibilité d’aller chez Alain. En plaisantant, Nathalie m’avait soutenue « Mais, Rosalie, les laisser vivre tous les deux, tous seuls sous le même toit… AVANT le mariage… pense à la réputation de la petiote ! Je ne veux pas qu’on cancane sur elle ! ». L’accent de Nathalie était très prononcé, davantage que celui des plus jeunes, quand elle avait dit « cancane », j’avais eu la vision d’une file de canards, tortillant du cul en poussant des « coin-coin ! » très sonores.

Nous avions comblé le fossé des générations et parlions sans vergogne de nos aventures quand l’occasion se présentait. Elles avaient vécu, à peu de choses près, les mêmes expériences, de fait, nous n’avions pas besoin de préciser certains détails et s’il nous arrivait de le faire, c’est que nous en avions l’envie. 

Quelques jours avant les vacances de la Toussaint, nous papotions tous les quatre, entre l’heure de l’apéro et celle du dîner, quand Bonne-Maman mentionna « la voiture avec chauffeur ». À cette évocation, elles avaient à nouveau vingt ans  ! Nous ne comprenions pas ce dont elles parlaient, alors elles nous racontèrent la première fois où le Toine avait proposé ce jeu à Nathalie.

Elles s’enflammaient, s’interrompaient, riaient, parlaient en même temps, nous les écoutions médusés, éberlués, si elles n’avaient pas eu besoin de sortir leur mouchoir brodé de leur poche pour s’essuyer le coin des yeux, on aurait pu croire deux gamines surexcitées !

Que l’idée était tentante ! Du regard, je suppliai Christian de m’offrir cette « voiture avec chauffeur », son sourire, son léger haussement de l’épaule signifia « Oui ! Bien sûr, ça va de soi ! ». Encore toute excitée, Nathalie termina son récit en provençal, que je ne comprenais pas, mais j’y reconnus « Toinou » avant que tous les trois éclatent de rire.

Il était impératif que Christian s’occupe tout seul de l’organisation. Il lui fallut un peu de temps pour trouver les complices et surtout la voiture de luxe qui devait être spacieuse. Pour pimenter l’aventure, Christian avait suggéré que je me rende à Arles, que je parte seule à la découverte de cette ville. À 20 heures tapantes, la voiture m’attendrait devant la gare, je monterais dedans, un à un trois passagers me rejoindraient, enfin, Christian, dans un uniforme de chauffeur de maître, je devrais faire comme si je ne le connaissais pas, ne pas lui adresser le moindre regard, de toute façon, la petite vitre qui séparait les places arrière des places avant me l’aurait interdit. 

Je fis le trajet aller en train, je souris en montant dans la vieille micheline, c’était dans un autre train, plus moderne, plus « luxueux » que j’avais vécu les premières heures de cette vie qui était désormais la mienne. Je découvris la ville entre plaisir et dépit. Christian n’était pas à mes côtés pour me guider et je le regrettais, mais je savais que nous y retournerions très bientôt et je me consolais en me disant que puisqu’il avait choisi la robe que je portais, c’était un peu comme s’il était avec moi.

Je déjeunai dans le petit café qu’il m’avait indiqué. Le serveur plaisantait avec un client. J’aimais l’exubérance des éclats de voix, des gestes, des rires des provençaux. Bien que vivant depuis plusieurs mois en Provence, ce fut ce jour, ce midi précis que j’en pris conscience. La sensation était voluptueuse, un peu comme s’installer confortablement dans un vieux fauteuil, moulé à nos fesses, étendre ses jambes et souffler de soulagement après avoir enfilé ses chaussons un peu usés, pas très sexy, mais dans lesquels on se sent tellement bien… !

Après avoir déjeuné, j’écrivis une longue lettre à Christian pour lui expliquer ce que j’avais ressenti et pour qu’il soit un peu près de moi quand même, puis une autre lettre à mes parents pour les inviter à mon mariage, leur donner des nouvelles de Bonne-Maman. Ma décision les avait un peu inquiétés, alors je leur parlai de ma vie, de mon travail. Maman était « montée » à Paris pour y travailler, elle y avait rencontré mon père et parlait de son village avec ce léger dédain propre aux provinciaux fraîchement installés à la capitale, je faisais le chemin inverse. Je lançai les deux enveloppes dans la première boîte aux lettres que je trouvai sur ma route et passai la fin de l’après-midi à m’émerveiller de cette sensation d’être chez moi, à ma place.

L’après-midi fila à la vitesse de l’éclair et la voiture m’attendait déjà lorsque j’arrivai à la gare. Un homme y était déjà installé. Je m’assis à ses côtés, du bout des doigts, il souleva ma robe, écarta ma culotte et me regarda comme pour estimer la marchandise. Je le trouvais déplaisant, mais quand il sortit sa queue de son pantalon, je fus rassurée. 

Une longue cicatrice un peu brune dessinait une ligne presque droite le long de sa hampe. Catherine m’avait déjà parlé de cet homme un peu étrange, dont la timidité maladive l’handicapait avec les femmes, mais qui, dès qu’il était rassuré, s’avérait être d’une incroyable gentillesse.

Caressant délicatement son membre du plat des ongles, je lui demandai s’il m’autorisait à le sucer un peu en attendant les autres passagers. Il accepta de bon cœur et c’est avec sa queue dans ma bouche que j’entendis la portière s’ouvrir sur les deux derniers passagers, qui nous saluèrent joyeusement.

Le client et le serveur ! C’était donc pour cette raison que Christian avait tant insisté pour que je déjeune dans ce café précis ! Déguisé en chauffeur, il prit place en dernier. Étant occupée à m’installer entre le serveur et le « balafré », je ne l’avais pas vu entrer. Comme convenu, je déclenchai le petit interphone pour lui indiquer l’adresse de Bonne-Maman et « j’omis » de couper le petit micro. Ainsi, Christian entendrait mes ébats et, ne pouvant être spectateur, je lui décrirai avec force détails ce qui se passerait à l’arrière. 

Ces mains inconnues qui me découvraient me rendaient folle de désir, certaines sous ma culotte, d’autres par-dessus, ces langues qui s’enroulaient autour de la mienne pour la première fois… La voiture roulait, je n’en pouvais déjà plus de désir quand je me penchais vers le client du café, à ma gauche, le plus éloigné de moi, coincé contre la portière, pour le sucer. Le balafré baissa ma culotte pour me caresser les fesses, le serveur touchait mon minou de ses mains carrées et viriles, ma pipe était bruyamment baveuse, les cris de plaisir fusaient de toutes parts, ils me traitaient de coquine, de salope avec admiration. Bon sang, que c’était bon !

– Viens… viens sur moi, ma jolie !

953714267Je m’empalai sur la queue dure et large comme un madrier du serveur, je n’avais pas pris le temps de retirer ma culotte et elle restait suspendue à ma cheville droite. Le contact du tissu humide et frais sur ma peau était si excitant ! 

Je ne savais plus quelles mains avaient tiré sur l’encolure de ma robe pour en faire jaillir mes petits seins ronds, mais je me trouvais ainsi bien plus offerte, bien plus sexy que si j’avais été nue. J’embrassais « le client » la bouche bien ouverte, la langue sortie pour que tout le monde puisse voir ce baiser voyou. 

Une bite dans chaque main, la troisième au plus profond de moi, nous étions ballottés au gré des chaos, des virages de la route. Je jouissais de ces inconnus avec exubérance, en devinant l’état dans lequel nous étions en train de mettre Christian, au volant. 

Le client fut le premier à jouir de mes caresses, son sperme inonda mon ventre et ma poitrine, tachant le tissu froissé de ma robe au passage.

– Chauffeur, je descends là !

Christian s’arrêta à l’entrée d’une ville. Avant de descendre de la voiture, « le client » me remercia et me dit son désir de me revoir bientôt. La voiture redémarra, nous avions plus de place. Je restais empalée sur le serveur, je caressais ses couilles tout en branlant le balafré, qui manifesta son désir de me prendre, mais il souhaitait également voir mon regard, mes seins.

J’offris donc mes fesses aux coups d’œil de Christian, qui devait bien se régaler grâce au rétroviseur. Pour lui offrir le meilleur point de vue possible, je me cambrai exagérément.

– Ooooh… comme c’est bon ! Oooh, mon Christian, si tu sa… vais comme… comme c’est bon !

– Tu l’aimes, ma grosse queue ?

– Oooh… oui !

Le balafré me faisait aller et venir, en me tenant par la taille, m’embrassant la bouche, les seins, léchant du bout de sa langue mes petits mamelons roses. Je ne sais pas si la route était vraiment en si piteux état, mais à l’intérieur de la voiture, nous étions bringuebalés et certains chaos le faisaient s’enfoncer au plus profond de moi. Avant de jouir, il s’exclama :

– Ta chatte est une œuvre d’art, petite et que c’est…

HAN ! Il s’enfonça d’un coup jusqu’aux couilles. Son baiser, son coup de rein, ses doigts sur mon clitoris me firent hurler de plaisir, au beau milieu de sa phrase, je la sentais palpiter, couler.

– … et que c’est bon de la faire miauler !

Comme il semblait que ce fût leur règle, après avoir joui, il demanda à Christian de le laisser descendre. La voiture étant assez spacieuse, je me mis à quatre pattes sur la banquette, le front appuyé contre la vitre de la portière. Pour la deuxième fois, le serveur me pénétra, mais cette fois-ci, en levrette. 

Je le sentais aller et venir, il prenait son temps, chacun de ses mouvements étaient amples, il sortait entièrement à chaque fois et s’enfonçait ensuite d’un coup, de tout son long. J’étais folle de ces sensations ! Ses mains me pétrissaient les seins, puis la droite descendait vers mon minou. 

Je gémissais de plaisir, oubliant de décrire à voix haute ce que je ressentais, comment mon corps ondulait, comment mes lèvres s’écartaient pour laisser entrer le gland volumineux, doux et chaud, puis la verge, comment je sentais ses couilles battre sur ma vulve, comment les reliefs de sa hampe semblaient arracher les lambeaux de mon plaisir quand il se retirait.

J’oubliais de décrire mon sexe qui coulait un peu, cette envie de « pipi qui n’est pas du pipi » (à l’époque les termes « femme-fontaine », « squirt » nous étaient inconnus, mais nous avions bien compris que ce n’était pas une envie d’uriner). J’oubliais de lui décrire comment mon bassin ondulait, ma façon de me cambrer, je ne pouvais que gémir, soupirer, crier dans un crescendo des « OooOOOooh… oooOOOh… c’est bon… ooohh… ooohh… que c’est… BON ! »

Le serveur accéléra encore la cadence et jouit dans un cri animal. Avant de descendre sur la place de la ville où travaillait Catherine, il me fit cet étrange compliment :

– Quand ton petit con figurera dans les guides touristiques, comme une merveille à visiter absolument, je serai fier de proclamer que j’y ai mis ma queue et que je la remettrais avec plaisir, ma jolie !

Il m’embrassa une dernière fois avant de claquer la portière. 

Je me retrouvais, pantelante, seule avec Christian, qui ne se retournait toujours pas, ne prononçait aucun mot, et conduisait, raide comme la justice. Je le remerciai de m’avoir offert ce tour en « voiture avec chauffeur », lui demandai si je devais remettre de l’ordre dans ma tenue. Il fit « NON » de la tête et nous fîmes la fin du trajet en silence.

Quand nous arrivâmes devant la maison de Bonne-Maman, je poussai un cri de surprise en découvrant Christian qui m’attendait sur le trottoir. Il ouvrit la portière et dans un éclat de rire, m’accueillit d’un « C’était un sacré farceur, le Toine, tout de même ! »

Pétrifiée, les yeux exorbités, la bouche qui s’ouvrait et se refermait comme celle d’un poisson sorti de l’eau, je compris que Nathalie avait volontairement achevé son récit en patois, pour que j’aie droit à la même surprise qu’elle !

Dans les bras de Christian, je saluai d’un geste de la main, la « voiture avec chauffeur » qui s’éloignait déjà.

L’inculture cinématographique de Monique et de Christian leur permet de laisser libre-cours à leur fantaisie

 

Les souvenirs de Tatie Monique – Fiançailles

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Nous nous retrouvions dès que nous le pouvions pour des parties fines en pleine nature.

L’été 1974 s’était écoulé doucement, Catherine avait repris sa place, place qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Notre complicité, notre amitié avait été immédiate et ne se démentait pas au fil des mois. Elle travaillait toujours à la boulangerie, en ville, mais dès que la possibilité d’une fête s’ouvrait à nous, Alain venait la chercher. 

Nous passions aussi du temps, toutes les deux, à parler de tout et de rien, en ayant bien conscience du luxe que nous apportait notre amitié. À notre première rencontre, je lui avais affirmé que les temps avaient changé, je lui avais parlé de mai 68, de la révolution sexuelle, mais si les femmes que nous étions faisaient fantasmer bon nombre d’hommes, nous demeurions, aux yeux de beaucoup, marquées du sceau de l’infamie. À deux, l’étiquette « SALOPE » était moins lourde à porter. 

Avec Catherine, j’avais découvert de nouveaux lieux, de nouveaux partenaires, de nouvelles sensations, de nouveaux plaisirs qui s’ajoutaient aux autres. C’est à la crique que j’ai découvert celui de la regarder. 

J’avais été retenue à la maison par Bonne-Maman, qui avait besoin de mon aide. Depuis la lecture de son cahier, je l’appréciais davantage, mais surtout, elle avait perdu son âge, à mes yeux. Je ne la voyais plus comme une vieille femme, certes, elle l’était, mais à cette image se superposait celle de la jeune fille, de la femme qu’elle avait été. Je lui posais souvent des questions auxquelles elle répondait avec grand plaisir, ravie d’avoir tant de choses, tant de souvenirs à me transmettre, quand elle avait cru les emporter dans la tombe.

J’étais arrivée à vélo dans la petite crique, sur le chemin, bien cachées, j’avais reconnu les voitures. Surplombant l’endroit, j’observais ces hommes qui entouraient Catherine. Je ne voyais pas Christian parmi eux, mais, avant même d’en être déçue, il me murmura dans le cou « Tu aimes le spectacle ? »

– Qu’y a-t-il de plus beau ? Regarde-la ! Regarde comme elle est belle ! Et ces hommes… c’est vraiment…

– Excitant ?

– … Romantique !

J’aimais son rire. J’aimais sentir son sexe dur contre mon ventre, quand il m’enlaçait comme ça. Nous étions encore habillés, mais nous nous sentions déjà nus.  Nous descendîmes le petit sentier, nous nous approchâmes, je tournai autour de Catherine, d’Alain, du bavard et de celui que nous appelions malicieusement, « le notaire » pour différentes raisons. Bien sûr, il raffolait des branlettes entre les seins de Catherine, mais il exerçait quelque fonction officielle et surtout, sa langue agile ne lui servait pas uniquement à discourir sur tel ou tel point de droit administratif.

J’étais tellement admirative du spectacle de ces corps, que j’en oubliai presque de me dévêtir. Joseph souleva ma robe en me demandant l’autorisation de la retirer lui-même.

Le « cas Joseph » me plongeait dans des abîmes de perplexité. Pour commencer, il était le seul à ne jamais nous tutoyer, à ne jamais employer de mots crus pour pimenter ses ébats. Je crois que le mot le plus trivial qui ait jamais franchi ses lèvres fut un « saperlipopette ! » retentissant, une nuit d’hiver. Mais surtout, bien que son sexe fut ridiculement petit, il s’en servait avec une maestria digne d’éloges. La taille enfantine de sa queue n’a jamais semblé lui poser le moindre problème ou générer le moindre complexe. Il nous faisait jouir d’une manière incroyable, nous demandant juste de ne pas retenir nos cris de plaisir, après avoir joui, il nous remerciait toujours. Un homme bien curieux que ce Joseph…

Je l’autorisai à ôter ma robe, mais restai comme paralysée par cette vague de plaisir, qui montait en moi en regardant Catherine. Je devenais elle, je devenais ces hommes qui la prenaient tout à tour. Joseph le remarqua et me demanda de faire ce dont j’aurais le plus envie.

Je choisis une place de choix, m’installai confortablement, adossée à un petit rocher, et me masturbai en ayant conscience que mon activité excitait notre petit groupe, mais je m’en moquais, toute au plaisir que j’éprouvais. 

Mon orgasme me sortit de cet état second. Je rejoignis le petit groupe, le bavard s’activait dans les fesses de Catherine, qui suçait mon Christian. Nos regards se croisèrent. J’en avais déjà parlé avec elle, je voyais le plaisir qu’elle prenait à la sodomie, mais trop de peurs me freinaient, m’empêchant de franchir le pas. Celle qui dominait était la peur de la douleur. Catherine m’avait assurée que lorsque je serais prête dans ma tête, mon corps se détendrait et que mise en confiance, bien préparée, je n’aurais pas mal. En tout cas, c’est ainsi que son Paulo l’avait initiée. 

Quand elle reprit la place, qui était la sienne, au sein de ce groupe d’amoureux du plaisir et de la liberté, elle m’avoua que ce qui lui avait le plus manqué, avait été la sensation, le plaisir de sentir son anus se dilater, sentir la pénétration et les va-et-vient. 

Je regardais souvent son visage pendant qu’elle se faisait sodomiser et je pensais comprendre l’intensité de son plaisir. 

Ce fameux jour, j’eus la curiosité de regarder à quoi ressemblait son petit trou après une sodomie. J’attendis que le bavard se retire et scrutai son derrière. Alain me demanda « Tu veux voir ? » et écarta les fesses de Catherine. Je vis surtout les lèvres de son sexe palpiter, puis l’anus. Je l’entendis psalmodier « Encore… Encore… Encore ! ». Le notaire prit la place du bavard et entendant une fois de plus les gémissements d’aise de Catherine, pendant qu’il la pénétrait, je décidai que le temps était venu pour moi de goûter à ce plaisir.

Mes partenaires préférés étaient tous présents, le soleil se couchait paresseusement, en prenant tout son temps, un joli nuage parme et orangé en guise d’oreiller, l’air était doux comme un baiser dans le cou, des odeurs salées remontaient de la mer, la garrigue exhalait les parfums de la Provence… tous ces détails ont eu leur importance dans ma décision. 

J’attendis une « pause rosé bien frais » et blottie dans les bras de Christian, j’annonçai d’un trait, m’enflammant davantage à chaque mot,

– Vous me taquinez souvent de ce rempart de vertu que je dresse entre mon cul et vos bites, Alain m’a même affirmé « tu es cruelle de te faire prendre en levrette, d’offrir ton joli petit cul si bandant à la vue et d’en interdire l’accès ! » Je suis prête à faire céder ce rempart, mais je voudrais que ce soit Christian qui le fasse devant vous tous, que vous soyez témoins de ce moment si important pour moi… mais aussi… je voudrais que vous y preniez part, en me… « préparant »…

Dans mon dos, je sentais le cœur de Christian battre presque aussi fort que le mien. Du regard, je demandai l’assistance de Catherine, de son doux sourire, elle me l’accorda. Un bref conciliabule entre elle et les hommes, puis le notaire s’approcha de nous deux, qui faisions face au reste du groupe. Révérencieusement, il s’inclina, me tendit la main et, d’un ton exagérément pompeux, tint ce discours.

– Ce soir, Monique a décidé de franchir le pas. Pour elle, ce n’est pas seulement une expérience nouvelle, mais c’est surtout un pas de plus dans l’affirmation de l’amour qu’elle voue à Christian. Elle a souhaité se faire dépuceler le cul devant nous, pour faire de nous les témoins de son amour. Dans l’esprit de Monique et de Christian, l’amour se définit par le partage. Je vous invite donc à venir, les uns après les autres, la préparer afin que Christian puisse la déflorer en toute sérénité.

En écrivant ces mots, je ne sais pas si je parviens à restituer l’humour et l’ambiance, à la fois érotique et burlesque, qui régnait alors. 

Je me mis à quatre pattes sur le matelas moelleux fait des coussins que Joseph apportait avec lui, à chaque fois qu’il venait. D’un geste de la main, le notaire invita Christian à prendre place à mes côtés et à le regarder m’écarter les fesses, avant de me lécher de sa langue habile.

Un « OooOOOoohh ! » de surprise ravie s’échappa de ma bouche. En riant, le bavard dit « Fais-la taire, Christian ! ». Semblant obéir à cette injonction, mon homme força ma bouche de son gland. Je déglutis de plaisir. J’ondulais sous les coups de langue du notaire, sous ses caresses, de mon clitoris à mon anus. Avant même que je n’en manifeste le désir, il enfonça deux doigts dans mon vagin, tout en accentuant ses baisers. Je sentais mon corps se détendre, il sortit les doigts de mon vagin et commença à caresser mon anus avec son index, ainsi lubrifié. J’ondulais, je gémissais, tétant le sexe de Christian à l’aune de mon plaisir croissant. Ses mains devenaient fébriles dans mes cheveux.

Le notaire entra une phalange dans mon cul, puis le retira et céda sa place à Joseph. Je fondais de plaisir, tant sa langue était tout à la fois douce et ardente.

– Oh, ma douce Monique, je ne puis résister au plaisir de vous prendre…

Je jouis violemment, son petit sexe allant et venant dans mon vagin, tandis que son index s’enfonçait dans mon cul, plus profondément que celui du notaire. Je ne ressentais aucune douleur.

– Votre corps sera bientôt prêt. Mais… vous jouissez encore, ma chère amie ?

Le sexe énorme de Christian, au plus profond de ma bouche, m’empêchait de répondre, seuls, mes cris s’échappaient de mes lèvres.

– Ô, petite diablesse divine, créature sensuelle, sentez… sentez… vous me faites venir !

Comme à son habitude, il me remercia avant que le bavard ne le remplace. Plus rugueux, mais tout aussi efficaces, ses attouchements me firent décoller, m’échapper de mon corps. Comme nous étions beaux, tous les sept, entourés de ce halo mordoré ! Mon ectoplasme me restituait la scène, comme si je me trouvais face à un tableau, une toile de maître. Christian face à moi, son sexe dans ma bouche, le notaire me caressant le dos, les reins, le bavard derrière moi, me caressant d’une main et semblant soutenir son sexe épais de l’autre, Joseph, un peu à l’écart, aux côtés d’Alain et de Catherine qui parlaient à mi-voix. Han ! Le bavard venait de me pénétrer.

– Boudiou ! Si ton cul est aussi accueillant que ton joli petit con… Boudiou ! Quels régals tu nous promets ! 

Il enfonça son doigt visqueux en entier. Je crus défaillir de plaisir.

– Mais tu jouis, ma coquine ! Tu aimes ça, hein ?

Il allait et venait avec aisance. Je ne ressentais toujours aucune douleur. Je ne savais pas encore qu’il avait enduit son doigt de vaseline.

– Boudiou ! Ta fougue me fait venir ! Oh boudiou ! Tu me vides les couilles !

Quelques jurons plus tard, il se retira, me laissant pantelante. Alain s’approcha à son tour, me caressa, écarta mes fesses, siffla, admiratif, et entreprit de me dilater un peu plus, de son index et de son majeur. Je sentais, sur mes fesses, les va-et-vient de son autre main le branlant.

– Viens voir, Christian, comme nous te la préparons bien, ta Monique… Viens… !

Comme à regret, Christian sortit de ma bouche.

– À toi de jouer, ma Catherine !

Avant que je puisse comprendre ce qu’il lui demandait, elle s’allongea sous moi. Alain, agenouillé, se branlait entre mes fesses, tandis qu’elle lui léchait les couilles. Se rend-elle compte que sa langue me lèche aussi le minou ? Troublée de ce contact, j’ouvris les yeux, sa toison brune, dense et frisée, humide de sa jouissance et parsemée de gouttes de sperme… Comment aurais-je pu résister ? 

Je goûtai, d’une bouche timide, pour la première fois, un sexe de femme, les caresses de sa langue se firent plus précises, quant à la mienne, elle se fit plus gourmande. Je la dégustais avec délice sous les acclamations de joie des hommes, les doigts d’Alain allaient et venaient, s’écartant doucement. Il demanda à Christian de m’écarter les fesses, sortit ses doigts, se branla à toute vitesse. Je sentis la langue de Catherine délaisser mon sexe pour s’activer sur les couilles de son homme. Quant à moi, je ne pouvais me résoudre à ne plus la sucer. Quel régal ! Et quel bonheur de la sentir jouir de ma bouche !

– Ô, putes vierges ! Ô, vous me faites venir… ! Ô…

Je sentis le flot de son plaisir m’inonder.

– Regarde… regarde… !

– Oooh !

Plus tard, Christian me dit qu’il n’avait jamais reçu de plus beau cadeau d’amour et d’amitié. Ses amis lui permettant de me déflorer, en connaissant sa « singularité sexuelle » et moi, lui offrant mon « dernier pucelage ».

Je sentis son gland bouillant me pénétrer, volontaire et bienveillant. Je me cambrai davantage, ma bouche toujours soudée au sexe de Catherine.

– Tu en veux plus, ma Monique ?

Je relevai la tête, décollai ma bouche du sexe de Catherine.

– Oui !

Un coup de rein.

– Comme ça ?

– Encore plus !

Exclamations de joie.

– Comme ça ?

– Encore… ooohh… plus !

– Je vais te faire mal, non ?

– NON ! ENCORE !

J’aurais voulu le sentir aller et venir, mais il refusait tout mouvement. Je pensai l’y contraindre en imprimant moi-même la cadence, seulement, il se reculait dès que je tendais mes fesses vers lui. Un éclair de lucidité m’apporta la solution. Je demandai son aide à Catherine « Montre-lui ce que je veux ! ». Elle se mit à quatre pattes à mes côtés et offrit ses fesses au notaire. 

Satisfait, Christian commença à aller et à venir, à chaque mouvement un peu plus profondément, chaque va-et-vient un peu plus ample. Je hurlais ma jouissance comme Ève pouvait le faire avec Adam au beau milieu de l’Eden. Je faisais corps avec la nature, avec ces hommes, avec Catherine, avec Christian.

Quand il jouit, mon corps était en sueur et tremblait de plaisir. Nous nous écroulâmes au sol, il m’embrassait, prenant les autres à témoin, nous nous disions les mots d’amour que nous réservions d’ordinaire à notre intimité.

Enfin, il me demanda officiellement en mariage. Je demandai à Catherine et à Joseph s’ils voulaient être mes témoins. Christian posa la même question à Alain et au bavard, puisqu’il allait de soi que le notaire nous unirait légalement, sa qualité d’élu municipal lui conférant le statut d’officier de l’état-civil. Tous acceptèrent. 

Ce fut à ce moment que Catherine et Alain nous demandèrent d’être les témoins de leur propre mariage.

Nous n’avions pas de Champagne pour arroser cette soirée, le rosé était bien tiède et la dernière bouteille bien peu remplie, toutefois, nous fêtâmes joyeusement la perspective de ce double mariage.

– Boudiou ! Quand je pense que ce n’étaient que les fiançailles ! Vivement la nuit de noces !

Quand Monique revit, à 50 ans d’intervalle, une aventure vécue par Nathalie