Jeune homme, vérifions si la chose… (Ode à Apollon)

Ronsard avait écrit cette magnifique « Ode à Cassandre » en 1545… merde, Ronsard quoi ! Souvenirs de lycée, quand on nous apprenait à dépecer les poésies pour chercher à en découvrir la magie… Je m’étais plainte auprès d’une prof, en lui disant que c’était comme autopsier le corps d’un être aimé. Elle m’avait répondu que non, c’était comme apprendre la recette d’un plat qu’on avait apprécié.

Je ne suis toujours pas convaincue, parce que si la poésie n’était qu’une suite de règles, elle perdrait de sa magie et par le fait, ne serait plus poétique… Je pense à Léo Ferré qui, à juste titre écrivait « Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s’ils ont leur compte de pieds, ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes ».

Ça tombe bien, j’étais dactylographe et quand on me demande de parodier l’Ode à Cassandre, je compte sur mes doigts et mon mauvais esprit pour relever ce défi !

Pour contextualiser cette parodie, j’ai imaginé la réponse que Cassandre aurait pu écrire au jeune Apollon qui lui demandait de succomber à ses charmes… une Cassandre un peu ironique, beaucoup désabusée…

Jeune homme, vérifions si la chose

À Apollon

Jeune homme, vérifions si la chose:
Qui au matin métamorphose
En se dressant vers le soleil,
Votre pyjama en soie mouillée
A point perdu sa dureté
Et son joli gland tout vermeil

Las ! Voyez comme ce dégueulasse,
Jeune homme, soudain s’efface,
Las, las encore il vous laisse choir !
Ô vraiment quelle imposture,
Puisqu’une telle trique ne dure
Que du lit jusques au pissoir !

Donc, si vous me voulez, jeune homme,
Tant que votre bite fanfaronne
Tandis que vous m’imaginez,
Baisez, prenez donc mes fesses
Et tâchez de les mettre en liesse
Avant d’avoir tout débandé.

Cornelis_de_Vos_-_Apollo_chasing_Daphne,_1630
« Ah ah ! T’es déjà tout mou, Apo’ ! » (tableau de Cornelis de Vos – 1630)

Entre Harley et Davidson

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William Harley, Arthur Davidson en 1914

Une photo déjà vue mille fois sur Twitter, William Harley et Arthur Davidson sur leur engin en 1914… et je pense à la chanson que Gainsbourg avait écrite pour Brigitte Bardot

Et je commets l’irréparable, que voici !

Je n’ai besoin de personne
Entre Harley et Davidson
Je n’reconnais plus personne
Harley ou Davidson ?
Les quatre fers en l’air
Et voici que je quitte la terre
C’est p’tète pas le paradis
Mais j’prends un pied d’enfer !

Je n’ai besoin de personne
Entre Harley et Davidson
Je n’reconnais plus personne
Harley ou Davidson ?
Leur bite entre mes seins,
Il faut dire qu’elles y sont bien
Je préfère bien mieux leur vit
Qu’un baiser sur la main !

Quand je sens tôt le matin
Les trépidations de leur grosse pine
Il me monte du plaisir
Dans le creux de mes reins

Je n’ai besoin de personne
Entre Harley et Davidson
Je n’reconnais plus personne
Harley ou Davidson ?

Ils font bouillir mon sang
À deux, à trois, à dix, à cent
Putain, qu’ils me font jouir
Des orteils jusqu’aux dents !
Putain, qu’ils me font jouir
Des orteils jusqu’aux dents !

Instantané – Un petit tour à vélo

Que nous avions fière allure tous les deux sur sa bicyclette ! Il pédalait le dos bien droit, il pédalait comme on parade, pour montrer à tous que j’étais désormais sa petite amie. Question fierté, je n’étais pas en reste ! J’avais mis ma plus jolie robe et je m’étais installée sur le cadre. Je toisais tous ceux que nous croisions, comme si j’étais une reine assise dans son carrosse.

Nous étions sortis du village, en direction de la forêt. Je sentais son souffle chaud sur ma nuque. Le soleil brillait, il était haut dans le ciel.

À l’orée de la forêt, il s’arrêta. Je descendis, il me prit la main, de l’autre, il tenait son vélo. Arrivés dans une clairière, piaffant de désir, je lui dis :

– Pose ton vélo tout neuf sur l’herbe épaisse ! J’ai une furieuse envie de te sucer un peu…

Pose ton véloAutour de nous, autour de ma bouche sur son sexe, autour de mon corps et du sien, tout autour de nous, le temps s’est écoulé. Mais certainement ravi du spectacle que nous lui offrions, le temps a choisi de s’écouler tout en nous épargnant. Nous n’avons pas vu passer le temps, nous n’avons pas senti ses morsures, ses griffures… C’est en retrouvant le vélo que nous l’avons réalisé…

D’une forêt à une autre, d’un instantané à l’autre…