Le cahier de Bonne-Maman – « S’il n’y avait pas d’hiver, le printemps ne serait pas si agréable »

Le lendemain, nous nous retrouvâmes à la crique. Pierrot arriva le dernier, nous désignant sa musette qui nous parut bien remplie. Je courus vers lui, il me chuchota « Tu leur as dit ? »

Non ! Je voulais qu’on leur annonce ensemble !

Il m’embrassa, me répétant son amour. Tout comme moi, il s’était réveillé ce matin-là en se demandant s’il n’avait pas rêvé tout ceci. Je lui dis que pour être certaine du contraire, il m’avait fallu tenir à nouveau dans ma main les papiers remis par le notaire. Il allait me répondre quand nous fûmes interrompus par Toine « Qu’est-ce que vous manigancez, tous les deux ? » En nous retournant, nous éclatâmes de rire.

Toine se tenait debout, les poings serrés sur les hanches pour marquer sa désapprobation. De nous quatre, il était toujours le premier à se dévêtir, il aimait la nudité par-dessus tout, mais à cet instant le contraste entre sa mine sévère, son allure réprobatrice et son érection était franchement comique.

Oh gari, quand tu nous engueules, essaie de ne pas bander comme un âne !

Toine regarda son sexe dressé avant d’éclater de rire.

On pourrait croire que tu veux décrocher le soleil !

J’en serais bien capable, Bouton d’Or !

Sortant une « bonne bouteille » de sa musette, Pierrot annonça qu’on aurait quelque chose à fêter, mais avant, il nous fallait découvrir ce que « le sort » nous avait réservé. Nous nous déshabillâmes, nous assîmes, Pierrot déplia le bout de papier qu’il avait pêché dans « la boîte à désirs », je reconnus l’écriture de Nathalie.

Colin-Maillard

Pierrot crut avoir mal lu, mais Nathalie expliqua

Rosalie et moi on aurait les yeux bandés et vous nous feriez… et nous, on devrait deviner qui fait quoi, mais interdiction de parler… Colin-Maillard, quoi !

Té, Pitchoune, vous avez une drôle de façon de jouer à Colin-Maillard dans ta famille !

Nathalie voulut s’expliquer, plus elle parlait, plus Toine et Pierrot la moquaient. Je pris sa défense, l’assurant que de toute façon, les garçons comprenaient toujours tout de travers. Pierrot sauta sur l’occasion.

Mais oui ! Bien sûr ! Les garçons comprennent toujours tout de travers… ! Voyons, c’est bien connu ! Dis-moi, Nathalie, toi qui es une fille, que répondrais-tu, si après avoir fait les premières démarches en vue de te marier, le Toine te disait « Demande-moi ce que tu veux » ? Dis, que répondrais-tu ?

Nathalie ouvrit des yeux comme des soucoupes.

Il t’a fait sa demande ?

Oui ! Hier !

Pierrot insista

Que répondrais-tu ?

Tu as déjà offert la bague ?

Non !

Alors, la bague ou… pourquoi tu ris Pierrot ? Et Rosalie, pourquoi tu lèves les yeux au ciel ?

Parce qu’il raconte n’importe comment !

Pierrot me prit dans ses bras en riant.

Non ! Non ! Non !

Toine observait la scène, amusé, des éclats de tendresse, d’amitié dans les yeux. Exagérant mon accent, le rendant ridicule, Pierrot me singea « Fais jaillir mes seins de mon corsage et caresse-les comme toi seul sais les caresser »

Toine rejoignit Pierrot dans un formidable fou-rire, tandis que Nathalie bégayait « mais… mais… mais… »

La Normande est moins vénale que la Provençale, si je comprends bien ! Quand même, Bouton d’Or, tu aurais pu pousser l’avantage…

L’interrompant, je m’exclamai « Nous étions en train de… de batifoler… je le chevauchais et… par pitié, Pierrot, raconte mieux ! Tu n’as pas dit… »

Pierrot, un air de contentement sur son visage, sortit quatre timbales, déboucha la « bonne bouteille », nous servit les uns après les autres, leva son verre et nous invita à trinquer « à l’amour, à l’amitié, à la vie ». Je le suppliai encore, le menaçai et, n’y tenant plus

Il aurait trouvé les mots mieux que moi… il m’avait déjà offert la maison de la boîte aux lettres !

Toine faillit s’étrangler en avalant sa gorgée de vin, à cause d’un éclat de rire.

Ho fatché, Pierrot, tu émerveilles, tu combles Bouton d’Or avec une ruine !

Ces deux-là étaient en train de transformer ce magnifique moment en une pantalonnade… Toine s’approcha de moi, tendit sa main et de son pouce essuya la larme sur ma joue avant qu’elle n’ait eu le temps de jaillir de mes yeux.

On te taquine, Bouton d’Or ! Et puis, tu sais, on va te la retaper, ta maison ! Tu verras tout le canton voudra y passer du temps, la visiter !

Notre maison, Toine, ce sera la maison de Pierrot et de moi !

Toine me tendit son gobelet vide, prit la main de Nathalie l’enjoignant à se lever, posa un genou à terre.

Nathalie, voudrais-tu devenir ma femme ?

Je… oh ! Mais cesse donc ! Arrête ! Je…

Toine la caressait entre les cuisses, la léchait du bout de sa langue. N’y tenant plus, elle plaqua le visage de son prétendant contre son minou, se laissa aller au plaisir de ce baiser.

Vautrée sur Pierrot, je les regardais en me délectant de ses caresses. Alors que ses doigts puissants glissaient de ma toison jusque mon bouton, il s’exclama d’une voix tonitruante « Ho, la Nathalie, on l’a pas entendue ta réponse ! Tu le veux, qu’il te marie, le Toine ou tu le veux pas ? »

Je remarquai les soubresauts des épaules de Toine, qui devait réprimer un éclat de rire, mais ne voulait certainement pas interrompre ce qu’il était en train de faire.

Oh, fan de Diou ! Oh que oui, je le veux !

Pierrot poussa un long « Aaahhh » de soulagement, comme s’il y avait eu le moindre suspens.

Ne lui offrant pas la possibilité de la faire jouir, Nathalie s’arracha à l’étreinte de son Toine, le fit se mettre debout. Bon sang ! Son sexe semblait encore plus long, plus gros qu’à l’ordinaire ! Je n’étais pas la seule à l’avoir remarqué, Pierrot avait marmonné un « C’est pas humain… Pour sûr, il a été croisé avec un taureau ! »

Nathalie s’agenouilla « Et toi, mon Toinou, veux-tu me marier ? » Avant qu’il n’ait eu le temps de répondre, elle le lécha sur toute la longueur, des gonades jusqu’au gland avant de l’avaler. Toine grognait de plaisir. Qu’ils étaient beaux, ces deux-là !

Je n’eus pas le loisir de taquiner Toine sur son absence de réponse, parce que voir Nathalie se régaler ainsi me donna une impérieuse envie de me régaler de mon Pierrot. Je tremblais déjà de plaisir quand j’entendis la voix vibrante de Toine « Oh, Pitchoune, ô, ma Nathalie ! Je le veux ! Tu le sens comme… han… je le veux ? » et il cria à en effrayer tous les oiseaux de la création.

La « bonne bouteille » et sa petite sœur étaient vidées depuis longtemps quand nous ouvrîmes le panier pour déjeuner. C’est à la fin de ce pique-nique que nous vint l’idée du double-mariage. J’étais allongée, la tête sur le ventre de Pierrot qui caressait le corps de Nathalie, Toine regardait ma toison, ses doigts glissaient entre mes poils, le soleil nous léchait la peau d’une façon fort agréable. Nos corps enchevêtrés, nous plaisantions « si quelqu’un nous voyait, il se demanderait qui est avec qui ! », quelques rires plus tard, quelques caresses et un peu plus de baisers, quelques mots d’amour et d’amitié encore et la décision fut prise, nous nous marierons le même jour, une double cérémonie, coûte que coûte.

Nathalie tint sa promesse malgré tout, me houspilla quand je lui proposai d’avancer la date de son propre mariage puisque je n’avais toujours aucune nouvelle de mes parents presque un an après ce pique-nique. Têtue comme une bourrique, elle tapa du pied « On a décidé d’une double-cérémonie, on s’y tient ! Un point c’est tout ! » Quelle amie formidable… !

Échauffés par le vin, par le soleil, enivrés par la promesse de cette double-cérémonie, nous nous laissions envahir par une certaine langueur quand Pierrot étendit son bras, à la recherche d’une pièce de tissu pour bander les yeux de Nathalie. Pour finir, il utilisa son pantalon, alors que les grands torchons qui nous avaient servi à emballer nos provision auraient tout à fait convenu. « C’est plus amusant ainsi ! »

Quand elle était excitée, Nathalie riait d’une façon qui nous troublait tous, elle en avait conscience, elle aurait pu en jouer si elle avait su maîtriser ce rire si particulier, mais elle n’a jamais cherché à le faire. Elle riait, déjà aveugle, je sentais le désir me posséder, m’envahir, je regardais les sexes de nos compagnons se gonfler, se dresser avant de ne plus rien y voir. Les yeux recouverts par le pantalon de Toine, je sentais son odeur, ce qui m’excitait davantage, moqueur, il s’adressa à Nathalie

Dis, Pitchoune, maintenant que vous n’y voyez plus, que fait-on ? Quelles sont les règles de ton Colin-Maillard familial ?

Mais… ce n’est pas…

Nathalie pouffait, excitée, excitante

— … vous nous faites tourner et nous, on doit vous attraper, celui qu’on touche fait ce qu’il veut de nous…

Colin-Maillard, quoi !

Attendez qu’on vous attrape, vous ne perdez rien pour attendre !

Ils nous firent virevolter à nous en faire perdre l’équilibre, le soleil était haut dans le ciel, nous étions un peu grises du vin que nous avions bu, je chancelai, les mains en avant à la recherche d’un corps. Le premier qu’elles trouvèrent fut celui de Nathalie, que j’aimais sentir ses jolis seins dans le creux de mes mains !

Ah ah ! Te voilà bien puni, Toinou !

Nathalie avait collé son corps contre le mien et se livrait, impudique, à mes caresses, ses lèvres embrassaient mes épaules, descendaient vers mes seins…

Tu dis vrai, Pitchoune, nous voilà bien punis !

Elle riait, merveilleuse, reprochant l’ironie de son Toinou, reprochant à Pierrot de rire aussi. Je sentis des mains d’homme empoigner ma taille, sans pouvoir déterminer lesquelles, ces mains m’arrachèrent à Nathalie qui poussa un soupir de dépit.

À nouveau, je tournoyais, à nouveau, je chancelais, trébuchant, manquant de perdre l’équilibre, de tomber, je ne dus mon salut qu’à une branche d’arbuste à laquelle je m’agrippai « Heula ! L’est bien moelleuse c’te branche… ! » J’entendis, non loin de là, le rire de Nathalie qui avait attrapé Pierrot.

Je sentis la main de Toine prendre la mienne, lui faire effleurer mes seins. Il aimait par-dessus tout que je me caresse pour lui, devant lui… Je devinai l’éclat de son regard, son sourire, le bruit de sa langue humectant ses lèvres, j’entendis son souffle déjà court de désir, aveugle je me livrais avec impudeur, ma voix était un peu rauque quand je lui demandai « Comme ça ? » pour toute réponse, je l’entendis souffler plus fort par le nez, comme un taureau avant la saillie, me guidant à ce son, je m’approchai de lui, ondulante, une main sur mes seins, l’autre sur mon pubis.

Quand je fus assez près pour sentir son souffle sur ma peau, j’écartai mes cuisses, basculai mon bassin vers l’avant, ouvris les lèvres de mon sexe de mes doigts, me caressai. Je sentais mon bouton durcir, se gonfler de plaisir, saillir comme un pénis miniature, j’étais envoûtée par ma propre voix quand je lui redemandai « Comme ça ? », son souffle plus puissant, plus saccadé pour toute réponse. « Comme ça ? »

Enfin, je sentis ses doigts, j’allais retirer les miens, quand il m’en empêcha « N’arrête pas, Bouton d’Or ! N’arrête pas… » il me sembla entendre couler sa salive pleine de désir « … n’arrête pas ». Comme une supplique, il me demanda « Dis-le… dis-le, Bouton d’Or… dis-le moi ici, en plein jour… dis-le », alors je lui dis les mots que je lui répétais pendant ces nuits d’hiver, pour l’aider à chasser ses cauchemars « Regarde comme j’aime me faire jouir, rien que pour toi… regarde comme j’aime ça ! Regarde le plaisir que tu m’offres avec tes yeux ! Regarde et n’oublie pas ! »

Il agrippa mes hanches pour mieux profiter du spectacle, pour m’empêcher de tomber et aussi pour sentir mon corps chavirer, je jouis en poussant un long cri, la pression de ses mains s’accentua, je compris qu’il guidait mon corps pour que je puisse m’empaler sur lui, quand il me pénétra, mon sexe palpitait toujours, nous psalmodions à mi-voix « Comme c’est bon ! Que c’est bon ! »

J’essayais de le contraindre à me pénétrer de tout son long.

Je vais te faire mal, Bouton d’Or et je ne le veux pas…

Je te veux tout entier, tout au fond de moi, Toine !

Je me penchais tantôt en avant, tantôt en arrière, me soulevais un peu, pour mieux m’enfoncer, étrangement guidée par mes sensations tout autant que par les cris de plaisir de Nathalie et de Pierrot, il me semblait qu’ils s’étaient rapprochés de nous, en entendant Nathalie crier « Oh, fan de Diou ! Oh, fan de Diou ! », mon corps s’ouvrit tout à fait et le sexe de Toine put entrer de toute sa longueur, de toute son épaisseur, sans me faire le moindre mal.

Je continuais à me pencher, tantôt en avant, tantôt en arrière, à me soulever, à m’enfoncer pour jouir de ces différentes sensations, mon plaisir n’étant pas distrait par la vue. « Tu aimes, Toine ? Tu aimes ça autant que moi ?», pour toute réponse, je n’avais que ses cris étouffés.

J’entendis Pierrot crier son plaisir, le bruissement du tissu qu’on dénoue, un chuchotement de Pierrot, le rire étouffé de Nathalie, mais je n’en pris conscience que plus tard. Pour le moment, je n’étais attentive qu’au seul plaisir que je prenais avec Toine.

Ses mains se crispaient sur mes hanches, accompagnant mes mouvements « Oh, fatché ! Comme c’est bon ! Comme c’est bon ! » Enfin, il retrouvait l’usage de la parole ! Enfin, je savais qu’il y prenait plaisir ! Mes mains devenues folles couraient sur mon corps, sur le sien au gré de mes ondulations, de mes mouvements « Un baiser, Bouton d’Or, offre-moi un de tes baisers ! »

En me penchant pour exaucer ce souhait, mon bouton tout bandé, tout excité, frotta le sexe, le pubis de Toine, libérant mon plaisir. Je criai la bouche grande ouverte collée à celle de Toine qui enfonça ses ongles dans mes fesses, donna un ultime coup de rein et déversa son plaisir tout au fond de moi.

Avant de me rendre la vue, ayant retrouvé tous ses esprits, il me demanda

Alors, Bouton d’Or, as-tu deviné qui tu as attrapé ?

Quelle question ! La Nathalie !

Dessin de Paul-Émile Bécat

Nous aimions nous ébattre nus dans la mer après avoir pris du plaisir, sentir l’eau tiède sur notre peau. Si Pierrot et Toine nageaient comme des poissons, Nathalie ne le savait pas, quant à moi, je ne savais nager « que là où j’ai pied », ce qui irritait l’esprit logique de Toine « Si tu sais nager, tu sais nager !  Au plus tu as d’eau sous ton corps, au mieux tu flottes ! », mais je n’en démordais pas, hors de question de m’aventurer au loin !

Je crois que j’étais déjà l’épouse de Pierrot quand j’ai osé leur avouer que cette mer étrange, sans marée, presque sans vagues m’effrayait un peu, je ne savais pas la déchiffrer et je craignais de ne pas savoir y déceler les signaux d’alerte d’un danger imminent.

Nous étions sur le sentier qui mène à la crique, main dans la main, quand Nathalie se retourna en riant

Pierrot m’a dit « si elle portait un corsage, elle lui demanderait de faire jaillir ses seins et de les lui caresser ! »

J’entendis le rire de Toine, Pierrot sourit comme le ravi de la crèche, fier de lui, je haussai les épaules, levai les yeux au ciel « Tu parles de travers, Pierrot ! Toine ne venait pas de me demander en mariage, juste avant ! » et je m’échappai en riant pour éviter la claque sur mes fesses que Pierrot s’apprêtait à m’asséner.

Quand nous retournâmes au village, que Toine et moi entrâmes chez ses parents, nous avions les yeux brillants d’avoir trop joué dans la mer, d’avoir trop regardé le soleil, d’avoir trop bu, d’avoir trop ri. Toine s’en excusa auprès de son père

Nous avons fêté deux bonnes nouvelles, nous allons nous marier le même jour et Pierrot va acheter la vieille maison, rue Basse, pour lui et pour Rosalie…

Il va acheter la maison de toutes les débauches ?

Devant notre air ahuri, il expliqua

C’est ainsi que les anciens l’appelaient, n’y vois aucune offense, Rosalie !

Rosalie découvre pourquoi on appelait ainsi sa future maison

Le cahier de Bonne-Maman – « Je ne saurais vous plaindre de n’avoir point de beurre en Provence, puisque vous avez de l’huile admirable »

Nous nous étions enfin résolus à sortir de la petite maison et nous admirions la mer en contrebas, depuis le promontoire où nous avait emmenés Toine.

—  Il aura fallu que je vienne ici, avec vous, pour réaliser à quel point tout ceci m’avait manqué… la mer faussement calme, caressée par le vent chargé de parfums… les pierres, la garrigue… la lumière… et ce vent… ce vent piquant comme la vie, apaisant comme la confiance…

Se tournant vers moi, il me demanda

—  Et toi, blonde Rosalie ? Ta Normandie ne te manque pas ? Si tu fermes les yeux et que tu penses à ton pays, qu’est-ce qui te manque le plus ?

Debout, face à ce paysage sauvage, rugueux, à cette mer docile et calme, dans les bras de Pierrot qui regardait au loin, par-dessus ma tête, je fermai les yeux et répondis

—  L’odeur des pommes qui sont tombées des arbres et qu’on ramasse sur l’herbe épaisse, humide… l’odeur des pommes qu’on épluche… les vaches grasses, leur odeur, le bruit des troupeaux… la mer vivante qui s’enfuit au loin, mais qui revient toujours… nos poissons… l’odeur, la texture de la crème fraîche, de nos bons fromages… la lumière du petit matin inondant l’orée de la forêt près de notre pâture… le trèfle en fleurs… les romulées… ces autres fleurs dont le nom m’échappe… le vent iodé qui cingle, qui fait couler les yeux, qui pique les mains…

J’inspirai de toutes mes forces et j’eus l’impression d’y être

—  … et le beurre !

Nathalie avait interrompu mon évocation en éclatant de rire. Elle ne comprenait pas que je puisse me régaler de la viande cuite dans du beurre fondu. Elle tordait encore le nez en évoquant ce qu’elle qualifiait de vice.

—  Dire qu’elle ne connaissait pas les olives avant que je lui en fasse goûter et que l’huile lui donnait des hauts de cœur !

Toine eut un hoquet de surprise.

—  Pourtant… tu avais l’air d’apprécier la cuisine niçoise… Je me trompe ?

Gênée, je fixais le ciel à la recherche d’un nuage auquel accrocher mon regard, Nathalie s’intéressait plus que de raison à un petit caillou à ses pieds.

—  Ho ! Que signifient ces regards fuyants, ces sourires coupables et ces joues rougies ?

Pierrot et Toine nous pressaient de questions dont ils connaissaient la réponse, mais étaient excités à l’idée de l’entendre de nos bouches.

—  Vas-y, toi… dis leur !

—  Non ! C’est à toi de leur dire !

—  Non ! C’était ton idée… alors…

—  C’était TON idée, ma chère !

—  Non, c’était la tienne !

En réalité, c’était la nôtre, pour le moins, nous ne savions plus très bien qui l’avait eue en premier. Pierrot et Toine usèrent de toute une gamme de stratagèmes pour nous convaincre de raconter. Ils nous cajolaient, nous suppliaient, exigeaient, larmoyaient, nous cajolaient encore. Nathalie et moi jouissions de ce pouvoir que nous détenions, mais quand lassées de nous faire supplier, nous voulûmes leur expliquer, les mots nous manquèrent, ceux qui nous venaient à l’esprit ne rendaient pas grâce à ces moments sensuels et intimes.

—  Si vous aviez pu voir…

—  Il aurait fallu vous montrer…

Toine nous répondit de ne pas nous en faire, il achèterait de l’huile en chemin et nous leur montrerions dans la chambre.

—  Ah, mais non ! Dans la chambre, ce ne sera pas possible… non !

—  Nous le faisions sur la table… non !

—  Ça risquerait de gâter le plancher ou les draps !

Maintenant que nous mourrions d’envie de leur faire partager ce jeu, que l’idée nous excitait autant qu’elle les excitait, voilà qu’un obstacle se dressait devant nous ! Nous étions dépitées et il était hors de question de demander, comme nous l’avait suggéré Toine, à notre logeuse de nous laisser l’usage de sa cuisine.

Philosophe et déterminé, Toine nous affirma péremptoire

—  Quand un obstacle se dresse devant nous, il suffit de le contourner pour le surmonter ! Attendez-nous ici, nous revenons au plus vite !

Georges Marie Julien Girardot

Nous les regardâmes partir au pas de course et le temps de réaliser notre effronterie, avant même que nos joues, nos fronts aient perdu leur rougeur, nous les vîmes arriver, toujours au pas de course, tenant chacun une bonbonne d’huile. Nous les houspillâmes, leur reprochant d’en avoir apporté bien plus que nécessaire. « Vaut mieux ça que l’inverse ! ». Je ne pouvais qu’approuver mon Pierrot.

—  Maintenant, mon Toinou, il faut que tu nous trouves un lieu à l’abri des regards indiscrets…

La voix mutine de Nathalie, son sourire plein de sous-entendus, son regard enjôleur, attisèrent le désir de Toine, qui ne cherchait pas à dissimuler la bosse dans son pantalon, bien au contraire ! Les rochers, les buissons faisaient un petit nid, comme un écrin naturel. Nous nous dévêtîmes comme si être nues en pleine nature était la chose la plus normale du monde, comme si l’on ne nous avait jamais inculqué la détestation de nos corps, du plaisir. Nous dansions, lascives, au rythme d’une musique imaginaire. Sous prétexte de ne pas prendre le risque de tacher leurs habits, nous exigeâmes que Pierrot et Toine se missent nus également. Un peu rétifs à l’idée, il nous fallut user de mille ruses et arguments pour les convaincre.

Quand ils furent dévêtus, Nathalie s’adossa à un rocher, versa de l’huile dans sa main en coupe et, dans un geste d’une grâce absolue, fit couler l’huile de sa main sur sa poitrine. La nature avait fait silence, pour ne pas troubler cet instant. Nous retenions notre souffle devant tant de beauté. Enfin, comme je l’avais fait tant de fois, je m’approchai d’elle, mes mains caressèrent ses jolis seins et je la tétai. Nous entendions le désir proche de la folie dans la respiration saccadée de Pierrot et de Toine, dans leurs exclamations qui s’évanouissaient après la première syllabe.

J’exagérai un rictus de dégoût, qui ne demandait qu’à se muer en sourire de plaisir. Je versai dans la main de Nathalie bien plus d’huile qu’elle ne pouvait en contenir, quand sa main déborda, que l’huile se répandit sur son ventre, je la léchai. Pierrot et Toine étaient muets d’excitation, sidérés du spectacle du corps de Nathalie luisant de toute cette huile, ondulant sous les caresses de ma langue. Elle fit couler un peu d’huile sur sa toison, entre ses cuisses. Je dégustai mon amie sous le soleil, dans les parfums de la Provence, oubliant un instant la présence de nos comparses. J’écartai les lèvres de son sexe et versai un long filet d’huile, je reculai mon visage pour mieux apprécier le spectacle et, enfin conquise, la dévorai tendrement, jusqu’à ce que ses cuisses se contractent autour de mon visage à m’en broyer les os du crâne.

Quand elle jouit, son cri dut s’entendre jusqu’en Italie.

Redescendue sur Terre, je regardai Pierrot et Toine.

—  Et c’est ainsi que j’ai appris à aimer l’huile d’olive !

Ils semblaient vouloir retenir leurs viscères, tant ils tenaient leurs bras croisés serrés contre leur ventre. En leur souriant, nous leur demandâmes s’ils souhaitaient nous goûter ainsi l’une après l’autre « pour savoir si nos goûts intimes sont différents »

Ils ne se firent pas prier « Laisse-moi admirer ta peau laiteuse étinceler au soleil… » Pierrot étalait l’huile que je faisais couler sur mon corps, de la même façon que Nathalie l’avait fait plus tôt. Je regardais ses mains viriles, à la peau brune, aux veines saillantes, aller et venir sur mon corps. Le contraste était saisissant, mais nos peaux se rejoignaient dans le scintillement.

Je regardais ses mains et ma respiration devenait irrégulière, tantôt légère, puis, dans un crescendo, de plus en plus ample, profonde. Je regardais ses mains avec la folle envie qu’elles me possèdent.

Il fallut que j’entende une remarque de Nathalie pour réaliser que je criais, Toine précisa « comme le chant d’un oiseau lors d’une parade amoureuse ».

La bouche de Pierrot faillit me faire mourir de plaisir lorsqu’il dégusta mon sexe offert . Quand je le libérai de l’étau de mes cuisses, comme nous le leur avions demandé, il goûta Nathalie qui avait joui de son Toine.

Le regard de Toine avait ces reflets, comme des éclairs de folie, quand il s’approcha de moi. Il fit couler de l’huile sur mes seins, se dit fasciné de la trouver si ambrée tant ma peau était laiteuse. Il guidait cet onguent vers ma toison, lissant mes poils entre ses doigts, plus longs, plus nerveux, moins trapus que ceux de Pierrot.

J’entendais Nathalie le supplier de la prendre enfin, de ne pas la faire languir plus longtemps de désir, il se plaignait « mais… je t’ai à peine goûtée… »

Toine avait oint mon corps et je bougeais devant lui comme il me le demandait. Il voulait voir « chaque parcelle de ta peau briller, étinceler comme une pierre précieuse sous le soleil niçois »

Après s’être « régalé les yeux », il s’assit et me fit venir contre lui, le nez fiché dans mes poils, il écarta les lèvres de mon sexe, sortit sa langue et me demanda de me frotter, de danser sur elle. Mon bassin bougeait comme il n’avait jamais bougé jusqu’à présent. Dans un éclair de lucidité, je pris conscience de la situation : moi, la brave petite, la timide Rosalie, j’ondulais totalement nue, en pleine nature, au milieu de la journée, le sexe sur la bouche d’un homme qui n’était ni mon mari, ni mon promis, mais celui de ma meilleure amie dont le corps luisant chevauchait celui de mon futur. Mon cri transperça les montagnes pour aller se perdre au-delà de la frontière.

Après tant de caresses, tant d’étreintes, le corps de Toine était luisant, appétissant. Je le goûtais, réalisant à quel point j’aimerai pour toujours le goût de l’huile d’olive, comme sa saveur resterait à tout jamais liée au souvenir de cette après-midi.

Nos yeux se dévoraient de plaisir, de désir. Sans avoir à nous le dire, nous nous étions compris. Il s’allongea sur le sol, je lui versai une rasade d’huile sur les doigts, manquant de laisser choir la bonbonne, tant mes mains étaient glissantes. Il me caressa longuement les fesses et quand son index et son majeur purent aller et venir aisément en moi, je m’accroupis lentement sur lui et nous fîmes l’amour ainsi, sereinement, sans craindre qu’il me mette enceinte.

À nos côtés, Pierrot et Nathalie, repus de plaisir, ne songeaient même pas à épousseter la terre, les brindilles collées à leur peau. J’aimais leur sourire auquel je m’accrochai quand je sentis jaillir la jouissance de Toine dans mon derrière.

Nous essuyâmes tant bien que mal l’huile sur nos corps, il ne fallait pas prendre le risque de salir nos vêtements. Le temps de récupérer nos affaires, de dire au revoir à notre logeuse, nous reprenions le train et rentrions, joyeux et triomphants, au village où notre nouvelle vie nous attendait.

Comme l’écrivait Baudelaire, « Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères, des divans profonds comme des tombeaux »

Les souvenirs de Tatie Monique – Le mariage – La nuit de noces

 La route était agréablement ensoleillée, la nuit se faisait désirer, sans doute attendait-elle du ciel des couleurs dignes de sa venue avant de clore cette journée si particulière pour nous quatre. Notre convoi, composé de deux voitures de luxe, pavoisées de morceaux de tulle blanc, traversa villes et villages, klaxonnant quand nous croisions des habitants, avant d’atteindre cette superbe demeure, louée pour y abriter notre nuit de noces.

En m’ouvrant la portière, le chauffeur en livrée m’avait fait un clin d’œil malicieux, la poignée de main virile et amicale qu’il avait échangée avec Christian chassa le moindre doute de mon esprit. Je voyais enfin le visage de l’homme qui m’avait conduite d’Arles jusqu’au village !

Je découvris les lieux avec ravissement, me demandant s’il s’agissait d’une résidence dédiée aux plaisirs d’un notable du coin, ou bien d’un ancien bordel. De ci, de là, étaient disposées de petites gravures, des statuettes, de vieilles photos… des scènes plus ou moins coquines, plutôt plus que moins, voire tout à fait pornographiques.

Nos époux nous proposèrent une « visite-découverte érotique » des lieux. Chaque porte que nous pousserions s’ouvrirait sur une suggestion coquine. Les portes étaient toutes munies de différents œilletons, permettant de suivre les ébats en toute discrétion. J’embrassai Christian, j’embrassai Alain pour les remercier du soin qu’ils avaient pris à choisir ce lieu, que je ne connaissais pas. Catherine en avait entendu parler, mais tout comme moi, elle le découvrait. Dans les bras d’Alain, qu’elle débraguettait lentement, elle lui dit, d’une voix câline et chantante « Tu fais de moi une reine ! ».

Nous entendîmes les voitures de luxe quitter la propriété. Ou, si je veux être précise, l’une des deux voitures. Le chauffeur de celle qui nous avait transportés, Christian et moi, avait « un peu de temps devant lui » et souhaitait faire plus ample connaissance avec sa passagère.

J’entrai dans la vieille cuisine, où il avait choisi de m’attendre, le saluai, lui reprochant, sans grande conviction, le rôle qu’il avait tenu dans le tour que m’avait joué Christian.  J’aimais son impassibilité apparente, que seul l’éclat de son regard trahissait

– As-tu pensé à moi ? À la torture que tu m’infligeais ? Tu ne crois pas que j’avais envie de stopper la voiture pour profiter de ces trésors que je voyais dans le rétroviseur ? As-tu idée de la difficulté de conduire, d’être attentif à la route, quand on entend tes commentaires, tes cris de plaisir, ceux des hommes qui ont la chance de ne pas être au volant ?

J’en convins volontiers et lui demandai comment m’en faire pardonner.

– Si, comme on le dit, ta bouche est aussi agréable que celle de Catherine, pour commen…

Catherine l’interrompit en s’exclamant « Mais comment le saurais-tu ? On ne se connaît pas ! » Le chauffeur eut un sursaut étonné et vexé qu’elle l’ait oublié, puis se souvenant, dans un grand sourire, il répondit 

– Je t’ai crue bien ingrate, mais il est vrai que tu avais les yeux bandés…

Il lui demanda de fermer les yeux. Catherine s’exécuta. Au contact de sa queue, elle sourit. « Je crois me souvenir, mais pour être tout à fait certaine… » Les yeux toujours clos, elle sortit le sexe massif du pantalon, le huma, le lécha, l’engouffra dans sa bouche, le téta. Enfin satisfaite, elle me dit « Laisse-moi regarder les plaisirs qu’il t’offrira ! » et s’adressant au chauffeur « Je ne pensais pas te retrouver un jour… quels bons souvenirs j’ai gardés de toi ! ». Dans l’encadrement de la porte, nos époux souriaient, heureux du plaisir que nous allions prendre.

Je m’agenouillai à mon tour, agaçai du bout de ma langue le gland luisant de la salive de Catherine, un peu surprise de l’absence de prépuce. Sa verge, impatiente de conquérir ma bouche, cherchait à forcer mes lèvres. J’aurais voulu la taquiner plus longtemps, mais je cédai rapidement, incitée tant par ses gestes volontaires que par ses mots crus, mais charmants, qu’il prononçait avec délectation. Je serrais mes lèvres autour de sa hampe. Ma bouche conquise, il me laissa agir à ma guise. J’aimais la pression de ses doigts sous mon menton, qui faisait affluer ma salive. 

Je le regardais, ne voulant pas perdre une miette du spectacle de ses yeux. Une lueur y brillait comme les étincelles qui jaillissent des braises, quand le feu ne veut pas se résoudre à mourir. J’eus à peine le temps de remarquer son rictus impatient qu’il me soulevait par les aisselles. En se retirant de ma bouche, alors que je tentai de le retenir en accentuant mes succions, il me dit, triomphant, qu’on ne lui avait pas menti, mais qu’il avait envie de me baiser sauvagement. 

Il ne prit même pas la peine de se dévêtir, il baissa simplement son pantalon, ce qui accentuait l’aspect bestial de cette culbute, mais combien c’était excitant ! Il me posa sur la table comme si j’étais une denrée rapportée du marché et frotta son gland le long de ma fente, de mon bouton à l’entrée de mon vagin.

J’entendais Alain chuchoter et Christian respirer bruyamment. Comme c’était excitant !

Catherine fit le tour de la table, se plaça derrière moi. « Ne sois pas si pressé ! Profite ! Regarde-moi ces deux petits seins ronds comme des pommes… ! Regarde comme ils sont beaux… comme ils sont fermes ! ». Elle vantait mon corps, comme une marchande à son étal appâte le chaland.  Elle déboutonna ma robe, quand ses mains touchèrent mes seins pour les faire pigeonner, un éclair de désir me foudroya. Elle dût sentir les frémissements de ma peau sous ses mains, car elle se pencha vers moi et nous nous embrassâmes.

– Charmantes salopes… et vous le ne faites même pas pour m’exciter…

Han ! D’un coup de rein, il se planta tout au fond de mon corps.

– … c’est encore plus bandant !

Je sentais sa salive couler sur mon ventre, les caresses de Catherine, nos baisers, les va-et-vient puissants du chauffeur, les mots de Christian à la voix instable, gonflée d’excitation « Qu’elle est belle ! Qu’elle est bandante quand elle s’offre comme ça… ! », les « Ô, pute vierge ! » d’Alain, le bruissement frémissant de leur main coulissant sur leur sexe, effleurant le tissu de leur pantalon « C’que c’est bon de me branler en la matant ! ». Tout, absolument tout, me rendit folle.

– Tu aimes comme je te baise, petite ?

Je criai un « OUI ! » dans la bouche de Catherine.

– Tu en veux encore ?

HAN !

– OUI !

Il sortit entièrement de moi, caressa mon clitoris. Son gland était bouillant, dur et humide.

– Comme ça ?

Il me pénétra de tout son long.

– Montre-moi ! Montre-moi !

Je criais, je me cambrais, je criais de plus en plus fort.

– Baise-moi ! Baise-moi comme une salope ! Comme une chienne !

Il tremblait, me griffait les cuisses. 

Han !

Han !

HAN !

Je jouis à m’en déchirer le ventre. Il cria, son corps secoué de spasmes.

– Salope ! Salope !

Il me griffa les seins avant de s’affaisser sur ma poitrine.

Avant de quitter la propriété, il me chuchota dans un baiser sur le lobe de mon oreille « Ne crois pas un mot de ce que je t’ai dit… tu n’es pas une salope… tu es une déesse ! »

Serrant la main de Christian et d’Alain, il nous félicita et nous renouvela ses vœux de bonheur.

Je tremblais encore du plaisir que je venais de prendre dans la cuisine, j’avais les jambes en coton, Christian me conseilla de me reposer sur le sofa confortable et accueillant de ce petit boudoir aux murs tendus de toile de Jouy aux scénettes érotiques. Joseph me proposa sa compagnie. Reconnaissante, je l’embrassai tandis que mon époux refermait doucement la porte, nous laissant en tête à tête.

– Ô, ma douce mariée, ne vous dévêtez pas tout de suite… M’autorisez-vous ?

Il ouvrit ma robe, en prenant tout son temps. À chaque bouton qu’il dégrafait, j’ôtais un de ses vêtements. Quand il fut nu, je posai mes mains sur mon diadème afin de retirer mes voiles qui commençaient à me gêner.

– N’en faites rien, ma charmante ! N’en faites rien, je vous en supplie ! Permettez-moi de vous goûter ainsi coiffée !

Que la douceur délicate de sa langue était la bienvenue après l’étreinte sauvage dans la cuisine ! Je la sentais dans les replis de mon sexe.

– Joseph… Joseph… tu vas me… faire… oooh… Joseph… 

– Acceptez, douce Monique, que je maintienne vos cuisses généreusement ouvertes…

Je le laissai contempler le spectacle de mon sexe ouvert. J’aimais sentir sa bouche, ses cheveux sous mes doigts… Quand il se fut bien régalé, il me demanda si je consentais à m’allonger sur le flanc. De ma traîne, il fit un lien soyeux, maintenant mes cuisses serrées, il pénétra ce fourreau redevenu étroit et me fit l’amour ainsi, une main sur ma « blanche poitrine », l’autre jouant dans ma « toison d’or », avant de caresser mon clitoris.

Quand nous eûmes joui, il me demanda si je voulais l’accepter comme mon « humble serviteur » pour la durée de ma nuit de noces. J’acceptai. Il déposa de légers baisers sur mon épaule, m’enjoignis de me reposer un peu et partit chercher quelques rafraîchissements et autres gourmandises.

Après m’être restaurée, désaltérée, il entreprit de me faire découvrir certains détails du rez de jardin de la demeure. Nous nous arrêtâmes devant la porte d’un petit salon d’été, d’où s’échappaient des voix familières. 

– Souhaitez-vous regarder ce qu’il s’y passe ?

Joseph fit pivoter une petite gravure, dévoilant un œilleton par lequel je vis Catherine, aux trois-quarts nue, ondulant, lascive, suçant Alain, léchant Christian, léchant Alain, suçant Christian.

– Que tu es belle, ainsi agenouillée ! Oh oui ! Suce-moi comme ça ! Suce-moi encore !

Que j’aimais la voix de mon époux encourageant mon amie !

– Bénissez-moi, mes pères, car je vais pécher !

Je les entendais rire, j’étais troublée, excitée prise entre l’envie de les rejoindre et le plaisir de les observer.

– Racontez-moi, charmante Monique, par le détail, ce qui vous trouble tant

La requête de Joseph aurait pu paraître surprenante, puisqu’il observait lui aussi la scène depuis une autre ouverture, mais il était ainsi. Il aimait les mots un peu précieux, quand il les souhaitait crus, il me disait « Allons, Monique, osez ! Osez ! ». Je me demandai comment lui décrire le bout de la langue de Catherine léchant à toute vitesse le gland de Christian, Alain se branlant rapidement… 

– Ô, ma chérie… mon amour… regarde-moi ! Je te bénis !

Alain éjacula à longs flots sur les cheveux de sa femme, je vis le sperme couler sur son front.

– Bénis-moi à ton tour, Christian !

Pour le faire venir plus vite, Catherine lui titillait les bourses du bout de ses doigts. Que son sourire était éclatant quand il jouit sur elle. Du majeur, il fit le signe de croix sur son front « Va en paix, ma fille ! Va pécher, va répandre le plaisir auprès de ces hommes qui n’attendent que ça ! Va munie de notre double bénédiction ! » Satisfaite, elle se leva « Merci, messeigneurs ! » et me mit une claque sur les fesses en sortant du salon « La curiosité est un charmant défaut ! »

Elle monta à l’étage, on aurait pu croire qu’elle volait tant son pas était léger. Arrivée au milieu de l’escalier, elle se débarrassa de sa robe et c’est toute nue qu’elle ouvrit la porte d’une chambre où elle se ferait tirer… le portrait.

Escortée de Christian, d’Alain et de Joseph, je montai les marches à mon tour. Il n’y avait qu’un seul œilleton et nous ne voulions pas entrouvrir la porte. Alors, nous regardions à tour de rôle, ainsi, chacun de nous eut droit à un spectacle différent. Quand vint mon tour de regarder, il était spécialement réjouissant. Catherine ondulant devant le photographe qui prenait des clichés, était allongée sur un lit moelleux, les cuisses écartées, le sexe dégoulinant de sperme, offert à la vue. Le serveur du café d’Arles avait enfoncé son long sexe dans sa bouche et elle s’en régalait avec des petits cris gourmands, d’une main, elle se caressait la poitrine, de l’autre, elle branlait Pascal « Oh oui ! Comme ça… ta main est… oh ! Vivement mon tour ! »

J’ai eu du mal à reconnaître le quatrième homme, qui se masturbait surpris, en marmonnant des mots que je ne distinguais pas. Quand je demandai à Christian « Mais qui est-ce ? Je l’ai déjà vu, mais je ne me souviens pas où », il me répondit le nom d’une ville et Alain feignit un étonnement embarrassé. Je ris en comprenant ce qu’il mimait. L’imprimeur avait donc trouvé le courage de répondre à notre invitation et de se rendre à nos festivités !

Abandonnant Joseph à ce spectacle, Alain et Christian me prirent chacun une main et m’entraînèrent vers une autre chambre qui m’était spécialement réservée.

J’ouvris la porte et découvris une pièce à l’ameublement singulièrement moderne. Un lit très large, qui tenait plus du podium, sur lequel était allongé l’étudiant. 

– Enfin ! Te voilà enfin ! Tu m’as fait languir, Monique !

Pour me faire pardonner, j’embrassai, je caressai son visage, son corps, troublée par ces souvenirs qui me revenaient par vagues, ces petites vagues qui font perdre l’équilibre, mais dans lesquelles il est tellement plaisant de batifoler, de s’amuser… le voyage dans le train… la chaleur… son sourire… ses mains baissant ma culotte pendant que je récupérais mon panier pique-nique par la fenêtre du compartiment, sur le quai de la gare de Dijon… l’excitation à l’idée que ma tante remarque quelque chose… son sexe que je découvrais du coin de l’œil… la façon dont il m’a déflorée… son compliment avant de me dire au revoir… le petit lit dans ma chambre chez Bonne-Maman… Christian… le regard de Christian… ses caresses, ses baisers quand il me regardait m’offrir à son cousin parisien…

L’étudiant me sortit de mes pensées en me demandant de venir m’allonger sur lui « si tu en as envie… », je pris son sexe entre mes doigts et le fis aller et venir entre mes cuisses. Mon minou était trempé « ça répond à ta question ? ». Son sourire semblait éclairer la pièce, tant il était lumineux. Je m’empalai sur lui.

Quand je relevai la tête, le notaire, nu, se tenait devant moi. Il faisait aller et venir son gland sur mes lèvres comme s’il doutait de mon désir de le sucer. Je l’implorai du regard, « desserre lentement tes dents, Monique… comme si… », il n’acheva pas sa phrase, rejetant la tête en arrière, submergé par son plaisir, sa main sur ma nuque guidait mes mouvements « … oh, Monique ! Ta bouche… ooohhh ! »

Je me cambrai et ondulai puisque l’étudiant m’avait dit son désir de se laisser faire.

– Ô, pute vierge ! Je ne peux pas résister à ton joli petit cul, quand tu l’agites comme ça ! Laisse-toi faire… j’irai lentement…

Je sentis sa langue sur mon anus, l’étudiant sursauta, un peu de salive d’Alain avait mouillé la hampe de sa queue « Ho ! Fais gaffe à ce que tu fais, Alain ! J’suis pas pédé ! ». Je ne dis rien, mais je constatai que son sexe avait pris du volume et de la dureté dans mon minou. Alain me léchait, me taquinait d’un doigt savant, je me sentais me détendre. Je regardai Christian, mais je n’étais pas libre des mouvements de ma tête, le notaire la maintenait et la faisait aller et venir à son gré. Et j’adorais ça !

Christian s’approcha, je commençai à le branler doucement et quand je vis l’alliance étinceler à son doigt, mon corps s’ouvrit totalement. J’avalai le notaire jusqu’aux couilles, l’étudiant tout au fond de moi, mon petit trou se détendit tout à fait. Alain s’en aperçut « J’y vais doucement, Monique… Ferme les yeux et profite… profite ! ». Je profitai de sa lente pénétration, seulement, je gardai les yeux ouverts, rivés sur l’annulaire de mon Christian, qui me disait son amour.

Je ne savais pas comment onduler sans faire sortir l’étudiant ou Alain de mon corps, alors, je bougeais doucement comme on danse le slow en fin de soirée, quand on est exténué.

– Oui ! Bouge comme ça, Monique ! Tu me sens dans ton cul ? Dis-moi, tu me sens ?

Le sexe du notaire dans la bouche, je marmonnai un « Oui ! »

– Dis-le encore, Monique ! 

Décidément, le notaire me l’aura fait prononcer ce mot, aujourd’hui !

– Oui ! Oui ! Oui ! OUI ! OUI !

Alain s’enfonçait tout à fait quand je sentis les mains de l’étudiant attraper mes hanches « C’que t’es bonne, Monique ! C’que t’es bonne ! Dire que… RHAAAAAAH ! » Quand il jouit, son corps fut secoué de spasmes violents, il cria comme je ne l’avais jamais entendu crier. 

Son cri attisa l’ardeur du notaire qui faisait de longs va-et-vient dans ma bouche, j’obéissais à ses ordres, j’ouvrais grand la bouche quand il me le demandait, je la fermais si telle était sa volonté « Suce… suce-moi, Monique ! », il recula d’un mouvement du bassin et, pour son bon plaisir, je tétai son gland « Je viens… je viens, Monique ! J’ai envie de venir dans ta bouche… tu le veux bien, Monique ? » Pour toute réponse, je l’avalai davantage en déglutissant, ma langue vibrait autant que possible, m’arrachant presque une poignée de cheveux tant il crispa ses doigts, le notaire jouit à son tour. En criant. Ce qui n’était pas dans ses habitudes. 

Christian s’échappa de ma main, parce qu’il ne voulait pas jouir. Pas maintenant. « Je me réserve pour plus tard, ma chérie ! ». Il regarda sa main gauche, souleva la mienne d’un geste très tendre « … ma femme ! ». Je sentais l’étudiant débander en moi, mais il ne voulait pas se retirer, il psalmodiait « Quel pied… putain… quel pied… ! »

– Plus fort, Alain ! Vas-y plus fort !

– Tu es sûre ?

J’allais répondre quand un orgasme me transperça, me lacéra de plaisir

– Ô, pute vierge ! Te… te faire jouir… comme… comme ça… ô, pute vierge ! Je viens ! Je viens ! Je viens !

Je sentais Alain jouir, sans doute ne fut-ce qu’une impression, mais c’était comme si je me dilatais davantage sous la puissance et le volume du flux de son plaisir. Alain s’écroula sur moi, le notaire et Christian s’assirent aux côtés de nos trois corps imbriqués, étendus sur ce lit surélevé. J’embrassai l’étudiant qui me caressa le visage. 

Nous restâmes ainsi, tous les cinq, pendant de longues minutes, à profiter de nos sensations. Je ne me souviens plus lequel d’entre nous a résumé le sentiment général par cette phrase « C’qu’on est bien ! »

Quand je fus remise de cet ouragan de plaisirs, je sortis de la chambre. Sur le pallier, je fus un peu déçue de ne pas y trouver Joseph, mais je trouvai de quoi me désaltérer sur un petit guéridon. Guidée par la voix de Catherine, j’entrai dans un boudoir au fond duquel se trouvait une porte entrebâillée, je glissai un œil dans la petite ouverture. Sur un sofa prétentieusement ouvragé, rococo à vomir, Catherine chevauchait le visage de Joseph. Catherine dansait sur la langue de Joseph et la langue de Joseph dansait sur le sexe de Catherine. « Que ta langue est douce, Joseph ! Elle soulage, apaise ma chatte qui… qui a été… tellement… tellement… sollicitée… Ooohh Joseph… Joseph ! »

Toute à mon observation, je n’avais pas remarqué que Christian m’avait rejointe. Je sentis son émotion quand il chuchota, par-dessus mon épaule « Le spectacle te plait ? » Je réalisai que ma main avait glissé le long de mon ventre et que mes doigts peignaient ma toison. Christian bandait très dur dans mon dos. 

– J’aime la regarder… regarde comme elle bouge… ! Je pense à la langue de Joseph… à ce qu’elle ressent… c’est excitant…

– Parce que tu es une femme, mon amour, moi…

– Toi ?

– Moi, je vois sa main et je pense… à la queue de Joseph… je sais ce qu’il ressent quand elle le caresse comme ça…

Je ris doucement, parce que, fascinée par ce broute-minou, je n’avais pas remarqué que Catherine masturbait Joseph. 

Je me retournai pour voir quel homme Christian était en train de saluer. Je reconnus « le balafré » et, ainsi qu’il l’avait fait avec moi quelques mois auparavant, sans un mot, j’écartai son pantalon et jetai un regard curieux pour jauger son sexe.

Il me sourit. « Je l’ai bien mérité ! »

Il souleva mon visage vers le sien, d’une poussée de son index sous mon menton. « Je peux t’embrasser ? »

Nos lèvres se rejoignirent dans un joli baiser. « Bonjour ! »

Baiser. « Bonjour, Monique ! »

Baiser. « Tu n’es pas trop engoncé ? »

Baiser. « Un peu à l’étroit, en effet »

Baiser. « Tu permets ? »

Baiser. « Je t’en prie ! »

Cet homme dont le premier abord m’avait été si désagréable était en train de composer avec moi, un moment d’une tendresse érotique incroyable, tant de douceur… Un baiser à chaque bouton que je dégrafais. Quand sa chemise fut totalement déboutonnée, que je passai ma main sous le tissu pour la lui enlever, il soupira d’aise, je sentais sa peau réagir sous mes mains. Je l’embrassai ainsi tout en l’effeuillant.

Il était déjà nu, couvert de caresses, quand Catherine nous rejoignit. Nous étions allongés sur une banquette de ce boudoir manifestement conçu pour que plusieurs couples puissent se titiller avant de passer dans une des chambres attenantes. Elle se plaignit, sans chercher à mettre la moindre conviction dans le ton de sa voix, que son, minou n’en pouvait plus de ces sexes, de ces doigts, de ces bouches d’hommes, qu’il avait besoin de repos.

Le balafré éclata de rire et provocateur, lui dit « Je t’aurais bien fait des trucs, mais… » Avant que Catherine ait eu le temps de composer un air dépité, il ajouta « … à moins que… »

– À moins que quoi ?

Il s’allongea en travers de la banquette, demanda à Catherine d’en faire autant à ses côtés, me demanda de m’asseoir, une fesse sur une de leurs cuisses, de prendre son sexe d’une main, de caresser celui de Catherine de l’autre, comme si je faisais la liaison entre leurs corps.

– Si je le pouvais, de mon gland j’agacerais ton clito…

Je mouillai mon index droit de ma salive, caressai doucement le clitoris de Catherine, pendant que je cajolai le gland du balafré, de la pulpe de mon pouce gauche que j’avais léché auparavant.

–  Je te pénétrerais lentement… lentement… plus lentement que ça… oui… lentement… comme ça…

J’avais entré mon index et mon majeur dans le vagin de Catherine, tout en branlant le balafré au même rythme.

– J’irais et je viendrais en… outch !… en toi… oui !… à ce rythme… oui… comme… comme ça…

Sentir Catherine onduler sous mes caresses, l’entendre gémir… sentir le balafré frémir de mes caresses, l’entendre contenir ses cris… Je regardais leur corps, je fermais les yeux pour mieux me concentrer, je les rouvrais, les refermais. Leurs mains couraient sur mon corps, sur mes cuisses, se taquinaient sur mon sexe, se caressaient sur mes seins. J’avais conscience que Christian nous regardait, mais c’était comme si mon cerveau refusait de le réaliser.

J’aurais voulu que ce moment de grâce ambiguë se s’arrêtât point, qu’il durât une éternité. 

Joseph toussa discrètement, je levai la tête, l’interrogeai du regard.

– Veuillez accepter toutes mes excuses, mais… Catherine, ma chère Catherine, comme vous me l’aviez demandé… vos invités vous attendent… ravis et impatients…

Comme à regret, Catherine soupira, lascive. Si je ne l’avais pas regardée, j’aurais pu croire qu’elle y allait résignée, mais son clin d’œil malicieux, son sourire coquin, le bout de sa jolie petite langue qu’elle me tira, me signifièrent qu’au contraire, elle était ravie.

Je restai seule avec le balafré, sous le regard de mon mari, admiratif, comblé. Toujours allongé il caressa ma bouche de son pouce, forçant mes lèvres. Je le regardai, à l’instar de celui de Christian, son regard était béat, son sourire très doux. Comment ai-je pu le croire détestable ? 

Mon cœur se gonfla de sérénité. Un autre sourire presque implorant. Je ris, dodelinant et m’agenouillai sur la banquette pour le sucer un peu. La cicatrice qui courait le long de son sexe me parut plus brune que la première fois, le relief plus accentué. Je la parcourus du bout de ma langue, il me demanda de la faire plus légère encore, il ne voulait pas jouir trop vite. Je m’exécutai. Ses doigts se perdirent dans mes cheveux. 

Nous éclatâmes de rire en entendant le bavard marcher vers nous, d’un pas décidé, en chantant une marche où il était question d’un artilleur et de Metz. 

– Ah ! Te voilà enfin ! J’ai cru que tu avais changé d’avis et que tu ne viendrais plus !

– Déparle pas, Monique !

Et mettant la main sur son cœur, pour accentuer l’outrage dont il s’estimait victime.

– … Je n’ai qu’une parole, moi, Madame ! J’avais dit « j’y serai » et me voilà !

Ricanant, je repris ce que je faisais avant cette interruption. Peu après, je sentis ses mains caleuses, puissantes et rugueuses, que j’avais appris à aimer, écarter mes fesses, fouiller toutes mes intimités.

– Boudiou, Monique ! Je ne suis qu’un homme ! Tu me soumets à la torture ! Boudiou, où je la mets ? Dans ton petit con appétissant comme un abricot mûr à point ? Dans ton joli petit cul étroit et pourtant tellement accueillant ?

– Comme tu veux…

Une claque sèche sur mes fesses.

– Combien de fois faudra-t-il te le dire ? On ne parle pas la bouche pleine, Monique !

J’aimais sa désinvolture apparente. Il me baisait toujours comme s’il se moquait de mon plaisir, comme s’il n’y prêtait aucune attention, mais pour l’avoir observé à maintes reprises avec Catherine, je savais qu’il ne s’y prenait pas tout à fait pareil avec elle, parce que nos corps ne réagissaient pas exactement de la même façon. Il nous baisait chacune comme nous le préférions. Mais que ce soit avec elle ou avec moi, il ne pouvait s’empêcher de commenter, de parler à voix haute.

Je me cambrais sous ses caresses savantes, je sentais que je suçais mieux le balafré depuis que le bavard hésitait, « se tâtait » en me caressant.

– Boudiou ! Ce soir, ce sera ton joli petit cul !

Il me pénétra lentement.

– Mais ne jouis donc pas si vite, bougresse ! Tu vas me faire venir !

Pour que « je me calme un peu », il se figea. Et, comme il le faisait souvent, s’adressa au balafré comme si je n’étais pas là.

– Quand je pense que j’étais présent à son dépucelage du cul… !

Il reprit ses va-et-vient. Je suçais toujours le balafré que je voyais sourire.

– Tu le savais ?

– Non !

– Je me vais te narrer ça…

Le bavard entreprit de raconter la scène de façon burlesque et grivoise, l’agrémentant de détails qu’il inventait et à chaque fois que je faisais mine de vouloir contester son récit, il appuyait sa main sur ma tête, de telle façon que la verge du balafré s’enfonçait jusqu’à ma glotte. 

– Tais-toi et suce, Monique ! J’y étais, moi !

Le balafré riait, Christian aussi, ainsi que moi.

– … et finalement, mademoiselle « mais mon p’tit cul, vous ne l’aurez jamais », boudiou ! Elle aime ça ! Tiens, regarde comme elle aime ça ! Boudiou ! Une pine dans le cul, une autre dans la bouche et la Monique est au Paradis !

J’aurais voulu rire, mais je jouis si fort qu’un cri de bête sauvage s’échappa de ma bouche. Je sentais les vibrations de ce cri se répandre le long du sexe du balafré, qui jouit presque aussitôt. Le bavard se plaignit d’avoir fait tout ce chemin pour jouir à peine arrivé.

Christian lui offrit une coupe de Champagne « en dédommagement » 

Nous étions bien, riant comme des gamins, nos corps comblés. Le balafré me prit dans ses bras et dit à Christian

– Tu es un sacré veinard d’avoir trouvé ce trésor, cette déesse… et un homme bien avisé de l’avoir épousée…

– Oh, fatché ! Tu nous la fais pleurer !

À trois, ils séchèrent mes larmes de bonheur à force de caresses et de baisers. 

Un à un, nos invités repartirent de la propriété. Alors que nous avions tant d’espace, tant de chambres pour nous, nous décidâmes de passer la fin de la nuit dans la même, celle « au grand lit ». De ma vie, je n’ai jamais vu un tel lit, aussi imposant. 

Je chevauchais Christian, lui demandant s’il était heureux de m’avoir épousée, de notre nuit de noces. Sa réponse fut couverte par la voix puissante de Catherine « Alain ! Alain ! Mon amour ! Encule-moi ! Encule-moi aussi fort que tu m’aimes ! » Le cri de plaisir que ces deux-là poussèrent déchira la nuit, faisant apparaître le soleil.

Épuisés par tant de plaisirs, nous nous endormîmes et nous réveillâmes bien trop tard pour assister au déjeuner, dont nous aurions dû être les invités d’honneur.

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En guise d’épilogue, voici la raison qui a poussé Tatie Monique à livrer ses souvenirs