Le récit de Joseph

Joseph le Sage prit la parole et nous expliqua comment ce séjour qui ne devait durer qu’une à deux semaines avait en fin de compte bouleversé sa vie.

– Je devais loger chez Aunt Molly, qui n’est pas la tante de Betsy, mais une cousine de sa mère. Molly avait été une jeune fille pétulante, bavarde et rieuse. Elle était fiancée à un jeune homme dont elle était éperdument amoureuse, comme on peut l’être à dix-huit ans. Le dimanche précédant la noce, alors qu’il était en chemin pour lui rendre visite et déjeuner avec sa famille, il reçut une balle qui ne lui était pas destinée et perdit la vie à quelques pas de chez elle. Molly ne s’en est jamais remise. Elle vit recluse dans cette petite maison, tremblant à l’idée d’en sortir, emprisonnée dans la gangue tragique du désespoir. Elle vit de quelques travaux de couture et tricote des pulls que la mère de Betsy vend ici et là. Mais pour l’essentiel, elle survit grâce à la solidarité familiale. Le plus souvent, Betsy et sa maman lui font ses courses hebdomadaires. Molly est devenue une femme peu avenante, s’exprimant la plupart du temps par gestes et quelques mots qu’elle semble cracher plus que prononcer. Aunt Molly ne pouvait pas refuser de leur rendre ce service, d’autant -et j’avais été inflexible sur ce point- que je paierai une pension. Elle ne dit pas plus de dix mots par jour et souvent moins ? La belle affaire ! Je ne parle pas l’anglais ! Je ne logerai chez elle que pour quelques jours, n’y faisant que dîner et dormir.

Je passais l’essentiel de mes journées à transmettre mes connaissances et mon savoir-faire à Betsy, toujours à la recherche d’un emploi. Un certain jeudi, alors que je revenais de l’atelier, que Princesse et Prof connaissent si bien, Molly m’ouvrit la porte. Elle se figea et s’enfuit dans la cuisine en pleurant. Je l’y rejoignis, ne comprenant pas la raison de ses larmes. L’avais-je offensée d’une quelconque manière ? Avais-je réveillé d’affreux cauchemars ? Nous ne nous comprenions pas, je pressentais néanmoins que demander l’assistance de Betsy serait une mauvaise idée.

Elle prit un bloc de papier et dessina son tourment. Elle avait voulu m’accueillir avec un grand sourire, mais n’était parvenue qu’à grimacer. Après des décennies sans en ressentir le besoin, les muscles de son visage ne savaient plus comment faire. Je dessinai ma réponse, j’avais vu son sourire dans l’éclat de ses yeux.

Je la pris dans mes bras, la consolai et séchai ses larmes en lui baisant les cheveux. Ses pleurs redoublèrent. Pour les arrêter, je caressai ses joues. Elle ouvrit les yeux, me regarda, étonnée de la douceur de mes gestes. J’avais une folle envie de l’embrasser, mais je craignais que ce ne fût pas réciproque. Nous restâmes ainsi de longues minutes avant que la soirée ne se poursuive, identique à la précédente, à la différence près que nous « parlâmes » à l’aide de dessins et du dictionnaire que j’avais glissé dans mes bagages.

Nous nous souhaitâmes la bonne nuit et rejoignîmes chacun notre chambre. Je l’entendis fermer la porte de la sienne, j’allais faire de même avec la mienne quand un lutin ou je ne sais quel elfe m’incita à la laisser ouverte. Dix minutes ne s’étaient pas écoulées que je la vis, un coffret à la main, sur le pas de ma porte. « Joseph ? » Je me levai et l’invitai à entrer. Elle me fit comprendre qu’elle avait besoin de mon aide pour attacher ce joli collier avant de se mettre au lit. Jamais prétexte ne fut aussi ridicule. Je crois que c’est ce qui m’émut le plus. Ses yeux me souriaient et défroissaient son front habituellement plissé. Je n’étais pas plus dupe de sa ruse qu’elle ne le fut de mes doigts malhabiles qui s’égaraient sur sa nuque sans parvenir à trouver le mécanisme du fermoir.

Ses yeux plongeaient dans les miens qui plongeaient dans les siens. Sa bouche appelait mes baisers et je ne pus résister à cet appel. Molly avait l’air affolé d’une petite souris s’apercevant qu’elle vient de se blottir entre les pattes d’un chat gourmand. Elle s’échappa de mes bras pour s’y précipiter aussitôt.

Elle cherchait quelque chose du regard, paniquée de ne pas le trouver. Elle me mima un livre dont on tourne les pages. Je sortis du tiroir de mon bureau mon petit dictionnaire et son visage s’éclaira. Elle avait presque réussi à sourire. Nous nous assîmes côte à côte sur mon lit et conversâmes ainsi. Un bloc de papier pour lui permettre d’écrire et de dessiner ce qu’elle tenait tant à me confesser. Molly a tué son fiancé. Le choc de sa disparition l’avait rendue mutique, mais une fois passé, elle se persuada de taire sa culpabilité. Le plus simple avait été de ne plus dire un mot, de ne plus sortir et de vivre en pénitence jusqu’à la fin de ses jours, pour expier sa faute, sa très grande faute.

Je ne comprenais pas. N’était-elle pas chez elle quand son fiancé était mort ? Ses yeux se sont ternis, plus aucun éclat ne les animait. Le silence était en train de gagner le combat. Je pressai sa main et l’enjoignis à me répondre. Molly était bien chez elle, mais son fiancé ne s’y rendait pas. Il en sortait parce qu’ils y avaient passé la nuit ensemble. Il avait fait le tour du pâté de maison pour donner le change et faire semblant d’arriver de chez lui. S’ils n’avaient pas contrevenu à la loi de Dieu, s’ils n’avaient pas péché avant la cérémonie, il n’aurait pas été tué. Ce raisonnement faisait d’elle l’unique coupable. Pour la première fois, elle avait ressenti le besoin de s’en confesser.

J’eus beaucoup de mal à lui faire admettre que l’unique coupable était celui qui avait tenu l’arme et s’en était servi. Mais elle avait tant pris l’habitude de vivre avec cette culpabilité que son âme regimbait à l’idée de s’en libérer. Si Dieu avait décidé de les punir ainsi, c’était bien la preuve que leur péché était capital. Son dieu d’Amour l’avait donc châtiée d’avoir trop aimé ? En faisant semblant de ne pas comprendre cette logique, je lui fis prendre conscience de son absurdité.

Molly caressait mon dessin du bout de l’index, redessinant encore et encore le contour du cœur. J’entrelaçai mes doigts aux siens et la laissai guider nos mains. Une vague de désir l’envahit, la même qui l’avait saisie plus tôt, cette vague qui tentait avec opiniâtreté de chasser son désespoir coupable. Nous laissâmes le charme opérer, faisant confiance à nos corps.

Elle retint ma caresse sur son sein. « Je ne suis plus vierge, Joseph ». Elle comprit ma réponse sans que j’aie eu à la traduire. « Moi non plus, Molly ! » Et pour la première fois, un large sourire s’épanouit sur son charmant visage.

Je découvrais son corps autant qu’elle le découvrait elle-même. Elle se laissait enfin aller à la sensualité qui couvait en elle, me donnant l’impression d’assister au miracle d’un sol aride se couvrant de fleurs sauvages. Molly caressait mon corps avec une tendresse pleine d’ardeur. Nous prenions le temps de laisser monter notre plaisir, de le mener aux limites du paroxysme, de le faire redescendre un peu, de le faire remonter… des montagnes russes…

Je pressentais que malgré cette nuit passée dans les bras de son fiancé, Molly n’avait jamais joui. Je voulais qu’elle sente monter en elle la puissance orgasmique, qu’elle l’apprivoise avant de la laisser éclater. Nous nous aimâmes longuement. Le sommeil nous prit alors qu’à sa demande, je psalmodiais « Que tu es belle, douce Molly, que tu es belle ».

Aux mots de Joseph se superposaient mes propres souvenirs. J’avais l’impression de sentir un vent chargé d’embruns fouetter mon visage. Joseph sourit, le regard coquin.

– Durant le laps de temps nécessaire pour passer de l’entrée de la maison au seuil de ma porte à l’étage, Betsy nous offrit toutes les modulations des mots « Aunt Molly » et « Joseph ». J’eus la présence d’esprit de dissimuler le bloc avec les aveux de Molly qui rougissait comme une adolescente sous le regard de Betsy. La veille encore, elle était mon apprentie, au réveil elle devint notre complice.

Dès cette nuit, j’eus beaucoup de mal à m’éloigner de Molly. Je n’en avais plus l’envie. Nous décidâmes de faire un petit atelier dans sa chambre où je transmettais mon savoir à Betsy. Quand elle entendait la voix de sa tante s’élever jusqu’à nous, chantonnant quelque vieille mélodie, Betsy me chuchotait « Merci » et refusait d’admettre que c’était moi qui lui était redevable.

Au fil des jours, le lieu de pénitence, la geôle de Molly se transforma en nid d’amour. Un nid dont elle craint encore de s’envoler. C’est pour cette raison que je repartirai à Belfast avec nos amis irlandais. Mais je te promets, Prouvençau, de te confectionner des boutons de manchette à ton image, maintenant que je sais à quoi ils ressembleront. Il te faudra attendre mon retour, parce que je compte bien convaincre ma douce, ma belle, ma souriante Molly pleine de vie, à venir s’installer avec moi, ici, dans notre belle Provence !

Nous buvions à cet avenir plein de promesses, le Balafré était déjà nu quand Alain nous fit part de l’information que Julien, le fils aîné de Sylvie lui avait demandé de nous transmettre.

– Je l’avais croisé à plusieurs reprises près de la maison du Bavard. Il avait à chaque fois une bonne raison de s’y trouver. Ce n’était jamais la même. Hier, il est venu me parler et a confirmé mes soupçons. En mars dernier, il a surpris une conversation entre des femmes qui parlaient de leurs déceptions, de la vie qui va. Il lui a semblé reconnaître une voix, il s’est retourné. C’était Christine, la fille du Bavard. Ils ont échangé leur numéro de téléphone et se sont donné rendez-vous peu après. Rien ne va plus entre Christine et son mari. Ils parlent de divorce. Elle était très amère. « Lui, il pourra refaire sa vie, tandis que moi… qui pourrait avoir envie d’une femme de cinquante-deux ans, presque cinquante-trois ? »

Julien avait bien une petite idée, mais Christine le calma aussitôt. « Tu ne sais pas certaines choses sur moi… des choses qui font que… »

Alain se tut, but une gorgée de vin, alluma une cigarette, croqua quelques pistaches. Nous bouillions tous d’impatience. L’assurance de nous savoir sur les charbons ardents, suspendus à ses lèvres tout en feignant de l’ignorer le rendait irrésistible. Monique le houspilla pour qu’il raconte la suite.

– Hé bé… les chiens ne font pas des chats, comme on dit… Christine a la galipette bavarde et en est très complexée. Et le petit Julien, au lieu de le refroidir, ça l’émoustille. « Tu ne peux pas savoir l’effet que ça me fait quand elle parle comme ça ». Le père de Christine étant présent, je m’abstiendrai de vous répéter les grossièretés qu’elle emploie et qui rendent Julien si vigoureux. Pour autant, ils ne veulent pas qu’il quitte sa femme. Ils sont heureux dans cette relation secrète et adultère. S’il s’est confié à moi, c’est parce qu’il sait que je suis ouvert d’esprit. Il sait que Nathalie est la fille de Christian, et que nous quatre… Il m’a demandé de vous expliquer la situation avec tout le tact nécessaire pour que vous ne leur jetiez pas la pierre. Sylvie et Martial étant si… quel est le mot, déjà ? Ah oui « psychorigides », il craignait de vous heurter. Quant à Marcel, il redoute sa colère. « Même si tout le monde sait qu’il est le père de Vincent, mais Christine et moi, c’est tout autre chose, ça dure depuis des mois, c’est pas un petit coup vite fait, tiré pendant une kermesse sous l’emprise de l’alcool ».

– Fatché ! Oh put… que je le croise pas à lui ! Surtout pas, que sinon je vais te l’égorger ! Putain, un petit coup vite fait ! Allez, il m’a coupé l’envie de faire les arguments pour le changement de nom de Blanche-Minette dans les registres de la Confrérie ! Un petit coup vite fait… Putain, que je me le croise pas à lui !

Drapé dans l’offense qui lui avait été faite, Marcel fit une de ses légendaires sorties théâtrales, maudissant Julien, lui promettant un châtiment exemplaire. Mireille, cramoisie, se leva et s’excusa. Je ne peux pas le laisser tout seul, il serait capable de nous faire la crise cardiaque. Daniel se sentit obligé de les rejoindre afin de faire prendre conscience à son confrère des risques encourus si jamais il mettait ses menaces à exécution.

Alain et Jimmy traduisaient certains détails que Prouvençau n’avait pas saisis. Sylvie fulminait elle aussi « psychorigide » lui restait un tantinet en travers de la gorge, mais au fond, elle s’en amusait. Très vite, des bribes nous parvinrent de la chambre attenante.

– T’as raison, ma nine… ça me fait bien baisser la colère quand… entre tes seins… Boudiou, avé les années, le cuir de tes mamelles est encore plus doux… vé comme ma… Ho, la colère me remonte… tu fais bien de me…Té, elle te suce comme ça à toi aussi ? Hou la gourmande ! Les deux en même temps ! Putain… un petit coup vite fait qu’il disait l’autre fan de… Que je le croise pas à lui… que je le croise pas…

Malgré ses menaces, c’est un Marcel serein qui alla voir le fils de Sylvie avant son départ pour Marseille, pour lui donner sa bénédiction, à condition toutefois que Julien lui dise en secret les mots précis qu’emploie Christine.

Si à la Sainte-Catherine, on lui offre un coup de pine, que fait-on à la Saint-Sylvestre ?

Chroniques matrimoniales – Aparté

J’avais laissé mes partenaires pour m’isoler et parler un peu avec le Bavard. Ça faisait quelque temps que je voulais le faire, mais l’occasion ne s’était jamais présentée et quand bien même, comment aborder le sujet ? À quel moment ? Sur quel ton ? Celui de la rigolade ? Le fait qu’il ait vu mon ectoplasme m’insuffla le courage nécessaire. Le Notaire et Madame ayant libéré leur poste d’observation pour se joindre à notre petite orgie, je saisis l’opportunité de m’isoler avec lui et l’invitai à me suivre.

Troublée de tout ceci et aussi parce que je n’étais pas familière de cette grande maison, j’ouvris la mauvaise porte et surpris Nathalie et son invité, Rosalie et Valentino. Je la refermai aussitôt en m’excusant. Je sais que mes yeux ont vu leur quatre corps nus, mais j’ai mémorisé l’image de leur corps à l’époque des photos que nous avions regardées l’avant-veille… Le Bavard avait voulu jeter un oeil par-dessus mon épaule, mais n’en avait pas eu le temps.

J’entrai dans l’autre chambre, ouvris la bouche pour entamer la conversation, mais aucun mot ne me venait à l’esprit.

Ho, capoune ! T’as perdu la parole ? Qu’est-ce que tu avais de si important à me dire ? Hou… fan ! Regarde-moi ça… ils lui font pas un coup de « mes hommages, Madame »… !

Le Bavard regardait par l’oeilleton et m’invita à reluquer aussi. J’étais folle de ces « Mes hommages, Madame ! » et je bouillais de désir en regardant la femme du Notaire les découvrir. Allongée sur le banc, offerte, les cuisses écartées, les petites lèvres maintenues ouvertes par son époux, elle gémissait de plaisir quand, chacun des hommes la prenait… un aller-retour… « Mes hommages, Madame ! » et laissait place au suivant… Cathy était après Alain et avant Christian. Son tour venu, elle s’agenouilla, la lécha de sa langue experte « Bienvenue parmi nous ! » avant de céder sa place à Christian.

Le deuxième tour débuta… mêmes partenaires… dans le même ordre… deux allers-retours… « Mes hommages, Madame ! »

Jacques Le NantecCombien de tours seraient nécessaires avant le premier orgasme qui sifflerait la fin de la partie ? Mes yeux glissèrent le long du corps du Bavard… Je le regardai, le trouvant follement excitant… N’interrompant pas sa branlette, le Bavard me reposa la question. Je regardai à nouveau par le judas. Il se mit derrière moi… ses doigts me fouillaient… avides comme s’ils n’avaient pas caressé une femme depuis des lustres… son gland battait la mesure dans mon dos.

Je crois que ton grand-père…

… est dans l’autre pièce ? Merci du renseignement ! Je le savais déjà !

Quoi ? ! C’est Barjaco l’invité de Nathalie ? !

– Peuchère, oui ! Tu ne le savais pas ?

Il ne cessa pas ses caresses pour autant, au contraire, il me toucha ainsi tout au long de notre échange.

Tu le sais depuis quand… pour les… grands-parents ?

Depuis notre première fois… ouh… tu mouilles, ma Nine ! Ça t’excite tant que ça ?

C’est toi qui m’excites… pourquoi… ho !… pourquoi j’aime tes grosses mains ? Ta langue baveuse ? Pourquoi c’est si facile de jouir avec toi ? Tu le savais déjà à la crique ?

Non… J’adore te faire jouir… c’est comme si j’avais toujours eu le mode d’emploi… Quand je suis rentré à la ferme, j’ai trouvé le papé… il m’a demandé si j’avais l’insolation… pourquoi que j’avais un drôle d’air… Oooh tu aimes aussi avec le petit doigt qui titille ta rondelle… ô, pute borgne, quelle bonne salope tu me fais là ! Et c’est un compliment !

– Je sais… n’arrête pas… même ta moustache de beauf  m’excite quand elle… frotte comme ça… sur mon épaule… j’aime bien être ta petite salope de parigote, tu sais… oohh… oui… c’est quoi… cette… hist… insolation… ? Oh… c’que c’est bon… !

Tu m’avais fait le coup de la petite fée… je crois que personne ne la voit à part moi… je pensais à ça… et puis à… quand je t’ai palpée… quand je t’ai prise… quand tu m’as sucé… OUI ! Crie comme ça… comme un oisillon tombé du nid… quand on a fait tout ça… c’était comme si c’était pas la première fois… comme si je retrouvais ton corps… Je lui ai raconté pour toi… j’étais déboussolé parce que sinon… il ne savait pas pour Cathy, pour les autres… pour le château… pour la crique… la camionnette à Paulo… non rien du tout…OUI ! Cambre-toi, ma pouliche ! J’ai dit que j’étais à la crique avec Alain… qu’on se promenait… et qu’on avait vu Christian et une vacancière se faire… du bien… que tu avais repéré Alain et que tu nous avais proposé de te baiser devant Christian… tu te rappelles ? Je t’avais fait bien jouir, hé ?

Oh oui ! Comme à chaque fois ! C’que tu m’baises bien… chuuu… arrête ! Je veux attendre que tu m’encules pour jouir… mais d’abord… finis ton histoire…

Je lui ai dit pour la sensation de… déjà-vu… et aussi pour le truc qui volait devant moi… qui me regardait… là, le papé a tourné la tête et m’a fait signe de sortir avec lui… quand on était hors de portée de voix, il m’a demandé comment tu t’appelais, j’ai dit « Monique »… oohh… Monique… laisse-moi au moins caresser tes petits nichons… et ton ventre… Oh ! Tu sens comme je suis le montreur de marionnette et que je te fais danser sous mes doigts… ? Alors, il m’a dit « Baise-la tant que tu veux, mais surtout respecte-la ! Et la règle absolue c’est « Motus et bouche cousue » ! Si tu la croises ailleurs, dis-toi qu’il ne s’est jamais rien passé entre vous ! Si j’apprends que tu lui as manqué de respect, rien qu’une fois, gare à toi ! Sa grand-mère est une femme admirable, son mari avait fait la Grande Guerre, tout comme moi… Si tu lui fais du mal, si tu lui manques de respect… rien qu’une fois… ma parole, je te tue ! » Après, il ma demandé à quoi… un peu le minou… ! s’il te plaît, Monique… un peu le min… rhâââ… putain, quand tu mouilles comme ça, j’ai envie d’y mettre le poing… !

Quand tu… me… fais mouiller… comme ça… j’ai envie de… que… tu le mettes… tant pis… c’est trop bon… mets-y les doigts ! Je veux jouir sur tes d…… aaahhh… !

Bon ! Je la continue mon histoire ? Si tu m’interromps tout le temps, je suis pas près de t’enculer, Princesse ! Il voulait savoir à quoi tu ressemblais… j’ai dit pas petite, mais pas grande non plus… blonde… les yeux bleus… des petits seins comme des oeufs sur le plat… un petit con bien accueillant… de longues jambes… un petit cul pommé… une belle bouche gourmande… et que je lui reparle du truc qui voletait devant moi… et là, il me demande pas « et en bas… c’est une vraie blonde ? » estomaqué, je lui réponds que oui et là… il joint ses mains comme pour la prière, il regarde le ciel « Elle a le bouton d’or ! » Je lui demande de quoi qu’il cause et il me dit « C’est comme ça qu’on appelait Rosalie, la grand-mère de Monique » et il m’a raconté quelques souvenirs… Voilà. L’histoire est finie. Installe-toi à ton aise que je t’encule con-for-ta-ble-ment !

Et pourquoi tu m’en as jamais parlé ?

Té ! Tu vas me faire le coup des trois messes de Noël ? J’aurai droit à ton petit cul qu’à la fin ? On avait dit une histoire pas plusieurs ! Ou alors… tu me suces pendant que je t’explique… hou… je suis sûr que quand tu rentres au Paradis… c’est moins agréable que dans ta bouche… boudiou ! on sent que tu aimes ça… hein.. tu aimes sucer les grosses pines… Regarde-moi… Suce-moi… Écoute-moi… et va en paix, ma fille !

T’es bourré ou quoi ?

Chuuuut… n’arrête pas de me sucer… regarde-moi, jolie Monique… Comment je pouvais savoir que tu savais pour ta grand-mère ? Si vous saviez pour la Nathalie ? Tu imagines ? Je te parle de l’amicale des anciens combattants et toi… tu m’entends dire que ta mamé… elle s’envoyait en l’air avec mon papé… que la grand-mère à Christian faisait pareil ! Qu’elles se gouinaient comme tu te gouines avec Catherine… tu imagines ? Si je te dis tout ça et que tu ne le savais pas avant ? Je vais vous faire de la peine à vous tous ! Et puis, vous me croiriez pas ! Et puis… vous m’en auriez vou… Ho Monique ! Ne me fais pas venir les larmes ! Put… de toute ma vie… on m’a jamais regardé comme ça !

Nous sommes restés un long moment, les yeux dans les yeux, sa grosse queue dans ma bouche, ses mains trapues dans mes cheveux.

Espincho… où qu’ils en sont à côté ?

Je retournai à l’oeilleton.

Toujours aux hommages… Attends ! Elle va jouir, on dirait… Oh ! Comme tu vas aimer la faire jouir ! Elle est belle comme tout !

Elle jouit de qui ?

Du Siffleur…

Viens ! On y va !

Mais… tu ne voulais pas m’enculer ?

Pour ça… on a toute la vie devant nous ! Et l’autre… la Madame, si elle revient pas… ça va me coller de l’aigreur de n’avoir pas profité de l’occasion…

J’admire ton pragmatisme, mon cher !

C’est en riant que nous fîmes notre retour dans la bibliothèque. La leçon de sexe oral avait débuté.

Tu tombes bien, Monique ! Veux-tu montrer à Madame comment tu sucerais la queue de son mari ?

Avec plaisir, mon chéri ! Et toi, mon cher époux, veux-tu bien expliquer à Madame comment tu aimes être sucé ?

La femme du Notaire avait le regard perdu et soulagé du voyageur trouvant enfin un lieu sûr pour passer la nuit… pour faire une halte… Je me fis très vicieuse, très gourmande, très lubrique… mes yeux allaient de la queue du Notaire à la bouche de sa femme… qui s’y prenait assez mal… plus par timidité que par inexpérience… Je lui proposai de sucer Christian en se laissant guider par les sensations qu’elle ressentirait en se faisant elle-même lécher par… je regardai un à un nos partenaires et lui désignai le Bavard. Elle eut un hoquet de surprise, mais accepta…

C’est plus facile ainsi ?

La femme du Notaire ferma les yeux pour acquiescer… elle mit du temps avant de pouvoir les rouvrir… je l’entendais gémir, la bouche pleine de la queue de Christian, j’entendais aussi ses succions baveuses. Le sexe du Notaire vibrait dans ma bouche… J’écartai mes cuisses, offrant ma chatte à la bouche d’Alain… l’idée de titiller la jalousie de Madame m’excitait terriblement… Je suçais son mari pendant que je me faisais brouter le minou par l’étalon qui l’avait culbutée dans la réserve de la salle des fêtes… cet étalon auquel elle pensait chaque fois qu’elle se caressait… combien de fois par jour ? Matin, midi et soir ? Cet étalon qui était enfin à ses côtés et qui s’envoyait en l’air avec une autre….

J’ondulai plus que d’ordinaire, mais il faut dire qu’Alain s’en donnait à coeur joie ! Il aurait eu mille langues qu’il ne m’aurait pas mieux léchée… sucée… Je sentis le Notaire sur le point d’exploser… j’allais demander à Alain d’arrêter quelques instants, mais je n’en eus pas le temps… « Ô pute vierge ! Ô pute vierge ! J’y tiens plus ! » Il me pénétra, cette fois-ci de tout son long… Il fit quelques va-et-vient… sortit de mon vagin et fit admirer son membre« tout luisant de la mouille à Monique » à Madame le Notaire, qui rougit violemment….

Je vis ses cuisses se resserrer autour du crâne du Bavard« Pardon ! » « Y’a pas d’mal ! » étouffés comme quand on parle la bouche pleine ou la tête fourrée dans un oreiller… Alain me reprit… je ne l’avais pas vu souvent aussi félin… aussi sauvage… aussi rusé… aussi habile… Le Notaire explosa dans ma bouche… d’un geste de la main, je lui intimai l’ordre de rester, de se laisser aller aux légères caresses de ma langue…

Il fit remarquer à son épouse que je ne recrachais pas tout dans un mouchoir, comme elle le faisait… Elle interrompit ses baisers pour me demander ce que j’en faisais… taquine, je lui tirai la langue… je m’étais doutée qu’elle me poserait cette question… j’articulais péniblement « C’est bon ! Mmmm ! Tu veux goûter ? » et sans attendre sa réponse, je me penchai vers elle et lui roulai une pelle… Je sentis son corps bouillir de désir, d’envies, de rêves qui ne demandaient qu’à se réaliser…. Alain allait et venait… de plus en plus vite… de plus en plus fort… de plus en plus ample… J’avais abandonné la bouche de Madame pour m’occuper à nouveau de la queue de son époux.

C’est bon… oh… Alain… c’est bon… Alain… Alain…

Plus je gémissais son prénom la bouche pleine, plus le Notaire bandait dur… Christian demanda à Madame de me caresser le bouton… elle hésita… Alain lui prit la main et la posa sur ma toison… quand il vit les doigts aux ongles vernis se ficher entre mes poils, descendre jusqu’au clito, caressant au passage sa queue équine, Alain s’exclama « Ô, pute vierge ! Ô, pute vierge ! Ouvre ta bouche… ô, pute vierge… je viens ! Je viens ! Ouvre ta bouche… Je vais te faire aimer ça… le foutre ! Et vous autres aussi, mesdames ! Tournée générale ! »

Nous étions toutes les trois comme des oisillons attendant la béquée… Alain jouit dans nos bouches… Cathy et moi avons enjoint Madame à déguster le sperme… à ne pas en être écoeurée, mais au contraire à le recevoir comme une offrande…

La soirée se poursuivit… élégante et tourbillonnante comme le grand bal de la nouvelle année à Vienne… Nous ignorions si Madame participerait à d’autres partouzes, aussi nous voulions, si cette expérience devait être unique, qu’elle en garde un souvenir impérissable, un merveilleux souvenir. Nous lui avons donc offert le meilleur de nous-mêmes…

Avant de nous séparer, nous leur avons expliqué les raisons de cette soirée, en omettant, toutefois, d’évoquer nos spectateurs. Nous avons parlé des déménagements à venir, des projets de Catherine, de mon « mariage » avec le Balafré. Nous avons expliqué notre « code secret » au Notaire et à sa femme… celui qui nous permet de nous retrouver en toute discrétion, sans trace écrite, sans coup de téléphone… Le Notaire fit semblant d’être surpris, de l’apprendre…

Nous les avions conviés à venir partouzer avec nous s’ils en avaient l’envie. Feignant de me désintéresser de son mari, je précisai à Madame que si l’envie lui prenait de venir seule, elle serait la bienvenue. Je dis ces mots en lorgnant vers son triangle châtain. Je glissai deux doigts entre ses cuisses. « Il reste tant de trésors à découvrir… ! » Son trouble m’excitait… Quand elle fut rhabillée, alors qu’elle m’avait fait la bise et embrassait le Balafré pour prendre congé, je la regardai en humant, en léchant ces deux doigts. Christian me traita ensuite de diablesse, ce que je pris comme un compliment.

Quand nous ne fûmes que tous les sept, Christian expliqua pourquoi nous avions eu des spectateurs depuis le début de la soirée. À ce moment, il ignorait encore que l’invité de sa grand-mère était le grand-père de l’homme qui était en train de sodomiser son épouse.

Dis, Cathy… Boudiou, Monique… ! Ton cul… ! Vé comme ma pine s’y sent bien… ! Ho Christian… ta Monique… boudiou ! Je me la fourrerais bien tous les jours… ! Dis, Cathy… combien de temps il nous reste pour pouvoir te baiser ?

Tu veux savoir quand j’arrête la pilule ?

Par exemple… oui ! Monique… cambre-toi ! Écarte tes fesses… !

J’en suis au milieu de la plaquette… après… basta ! Mais… vous pourrez toujours me prendre le cul et la bouche ! Je rentre pas dans les ordres non plus !

Et tes nichons ?

Et mes nichons aussi !

– Et quand tu seras pleine ? Tu feras ceinture ?

Bah non ! Pourquoi je me priverais ?

En effet, à l’instar de Nathalie, quand Cathy fut enceinte, sa libido décupla, ce que nous n’aurions jamais cru possible !

L’amour, ce fruit défendu vous est donc inconnu ?

 

 

Instantané – Conversation téléphonique

Que fais-tu ?

Je pense à toi…

Et… ? Que fais-tu ?

– Je pense à toi…

Tu ne fais que penser ? Tu ne fais pas comme moi ? Tu sais ce que je fais ?

Tu penses à moi ?

Je me branle et je pensais que tu en faisais autant…

– Ah… tu parles de mes doigts ?

– Tes doigts font partie de toi, non ?

– Quand je me touche comme ça, je n’en suis pas certaine…

– Et tu te touches comment ?

– Comme si c’était toi… comme si mes doigts étaient tes doigts… et toi ?

– Je regarde mon gland disparaître… apparaître entre mes doigts… ma bave coule toute seule et… mes doigts mouillés… me font penser… à ta bouche…

– Aah… tu vois… ce n’est plus toi… c’est… tes doigts sont devenus… ma bouche… et… Oh non !

– Quoi « Oh non ! » ?

– Mes doigts devenus tiens viennent de me faire jouir…

– Déjà ? !

– La faute à qui ? Oh oui… ! Oui ! Continue comme ça… oui ! Comme ça… comme ça… caresse-moi comme ça…

– Comment es-tu installée ?

– Sur mon lit… comme tu aimes que je le sois… quand je me branle pour toi… Oh ! Tes doigts aiment quand je te dis « je me branle pour toi » ! Ils s’agitent… Oh ! Tu entends comme ils font chanter ma chatte ?

– Oh ma chérie… ouvre ta bouche…

– …

– Ouvre-la encore… sors un bout de langue gourmande…

– Comme ça ?

– Oh… tu as senti ? Je viens de jouir dans ta bouche alors… alors que tu es si loin de moi… Dis-moi… dis-moi ces mots que nous nous interdisons quand on se voit…

– Je pense à toi…

– Encore quatre jours à attendre… mais tu me paieras ton insolence… !

– Quatre jours… quatre jours et trois nuits à penser à toi… Il me faudra une greffe des doigts…

– Ça t’apprendra… à penser à moi !

Les rouages de mon esprit me surprennent parfois… me surprennent souvent… me surprennent presque tout le temps… alors… je fais une recherche aléatoire dans la bibliothèque de mon ordinateur, en sort le dessin qui illustre ce texte… le dessin que mes mots ont illustré… et tout de suite, cette chanson de Lou Reed se met à résonner dans ma tête… et c’est ainsi que naquit ce dialogue…

Où est la réalité ? Qu’est-ce qui donne naissance aux légendes ? Vous avez 4 heures !