Instantané – Office boring

 

– Elle a un gros cul, mais putain, quel sourire… !

Si vous saviez, chers collègues, ce qui me fait sourire quand je vous vois ! Si vous saviez comme cette phrase que vous murmurez dans mon dos m’amuse ! Parce que je vous imagine, enchaînés, les uns aux autres, assis, assoiffés, affamés et moi, passant au-dessus de vous, ne vous autorisant qu’un bref coup de langue sur mon sexe !

Je vous imagine, implorant ma venue quémandant, un arrêt de quelques secondes au-dessus de votre visage. Inverser l’ordre établi, abolir la hiérarchie… Non ! Pas l’abolir ! Me laisser, le temps d’un rêve, être celle qui dirige, celle qui commande, celle qui ordonne… et vous, misérables vermisseaux anonymes, indistincts, ne méritant pas le dédain, le mépris que j’affiche en vous regardant.

Où croyez-vous que je trouve la force de me lever le matin ? Où croyez-vous que je puise le courage d’affronter vos réprimandes, vos colères à longueur de journées ? À longueur de semaines ?

Il me faut bien ce rêve pour continuer de sourire en vous apportant ce que vous réclamez, un dossier, un café, un thé, votre déjeuner que je dois aller chercher.

Alors, oui, j’ai un gros cul, mais mon sourire restera accroché à mes lèvres et vous n’en connaîtrez jamais la raison !

Un autre instantané s’est échappé de cet album, le retournerez-vous pour en découvrir son histoire ?

 

 

Instantané – Conversation téléphonique

Que fais-tu ?

Je pense à toi…

Et… ? Que fais-tu ?

– Je pense à toi…

Tu ne fais que penser ? Tu ne fais pas comme moi ? Tu sais ce que je fais ?

Tu penses à moi ?

Je me branle et je pensais que tu en faisais autant…

– Ah… tu parles de mes doigts ?

– Tes doigts font partie de toi, non ?

– Quand je me touche comme ça, je n’en suis pas certaine…

– Et tu te touches comment ?

– Comme si c’était toi… comme si mes doigts étaient tes doigts… et toi ?

– Je regarde mon gland disparaître… apparaître entre mes doigts… ma bave coule toute seule et… mes doigts mouillés… me font penser… à ta bouche…

– Aah… tu vois… ce n’est plus toi… c’est… tes doigts sont devenus… ma bouche… et… Oh non !

– Quoi « Oh non ! » ?

– Mes doigts devenus tiens viennent de me faire jouir…

– Déjà ? !

– La faute à qui ? Oh oui… ! Oui ! Continue comme ça… oui ! Comme ça… comme ça… caresse-moi comme ça…

– Comment es-tu installée ?

– Sur mon lit… comme tu aimes que je le sois… quand je me branle pour toi… Oh ! Tes doigts aiment quand je te dis « je me branle pour toi » ! Ils s’agitent… Oh ! Tu entends comme ils font chanter ma chatte ?

– Oh ma chérie… ouvre ta bouche…

– …

– Ouvre-la encore… sors un bout de langue gourmande…

– Comme ça ?

– Oh… tu as senti ? Je viens de jouir dans ta bouche alors… alors que tu es si loin de moi… Dis-moi… dis-moi ces mots que nous nous interdisons quand on se voit…

– Je pense à toi…

– Encore quatre jours à attendre… mais tu me paieras ton insolence… !

– Quatre jours… quatre jours et trois nuits à penser à toi… Il me faudra une greffe des doigts…

– Ça t’apprendra… à penser à moi !

Les rouages de mon esprit me surprennent parfois… me surprennent souvent… me surprennent presque tout le temps… alors… je fais une recherche aléatoire dans la bibliothèque de mon ordinateur, en sort le dessin qui illustre ce texte… le dessin que mes mots ont illustré… et tout de suite, cette chanson de Lou Reed se met à résonner dans ma tête… et c’est ainsi que naquit ce dialogue…

Où est la réalité ? Qu’est-ce qui donne naissance aux légendes ? Vous avez 4 heures !

Instantané – Un petit tour à vélo

Que nous avions fière allure tous les deux sur sa bicyclette ! Il pédalait le dos bien droit, il pédalait comme on parade, pour montrer à tous que j’étais désormais sa petite amie. Question fierté, je n’étais pas en reste ! J’avais mis ma plus jolie robe et je m’étais installée sur le cadre. Je toisais tous ceux que nous croisions, comme si j’étais une reine assise dans son carrosse.

Nous étions sortis du village, en direction de la forêt. Je sentais son souffle chaud sur ma nuque. Le soleil brillait, il était haut dans le ciel.

À l’orée de la forêt, il s’arrêta. Je descendis, il me prit la main, de l’autre, il tenait son vélo. Arrivés dans une clairière, piaffant de désir, je lui dis :

– Pose ton vélo tout neuf sur l’herbe épaisse ! J’ai une furieuse envie de te sucer un peu…

Pose ton véloAutour de nous, autour de ma bouche sur son sexe, autour de mon corps et du sien, tout autour de nous, le temps s’est écoulé. Mais certainement ravi du spectacle que nous lui offrions, le temps a choisi de s’écouler tout en nous épargnant. Nous n’avons pas vu passer le temps, nous n’avons pas senti ses morsures, ses griffures… C’est en retrouvant le vélo que nous l’avons réalisé…

D’une forêt à une autre, d’un instantané à l’autre…