Back to the city again ! – Sixième épisode

Après ma promenade quotidienne, laissant mon mari à ses pinceaux, j’accompagne notre conjoint au deuxième sous-sol. Il y a sa cave et a besoin de mon aide, et de mon regard acéré, pour faire le tri entre ce qu’il emportera à la campagne, ce qu’il pourra laisser à Paris et ce qu’il devra jeter.

– Et merde !

Comme beaucoup de copropriétaires s’en plaignent, la lumière est trop faible, la minuterie s’éteint trop vite, après à peine deux minutes. La tour étant assez ancienne, il n’y a que trois interrupteurs répartis sur un long couloir. Les caves en elles-mêmes ne sont pas électrifiées, il faut donc penser à se munir d’une lampe de poche ou de son téléphone portable. C’est aussi pour cette raison qu’il a besoin de ma présence.

– Et re-merde !

Son cri rebondit le long des murs du couloir. Notre conjoint fulmine. Il y a deux ans, la porte de sa cave avait été forcée, il en avait donc changé la serrure. Il vient de s’apercevoir qu’il s’est trompé de clé. Je suis plus fataliste que lui.

– C’est pas grave, on n’a qu’à faire un aller-retour jusque chez toi et…

J’ai tout juste le temps de remarquer une lueur égrillarde dans ses yeux avant que la lumière ne s’éteigne.

– Pas si vite, mon ange… !

Quand il m’appelle « mon ange », le sexe n’est jamais bien loin. La pression sur mon bras confirme ma pensée.

– Ici ?!

– Et pourquoi pas ?

– Mais… on pourrait nous surprendre…

– C’est tout l’intérêt de la chose, mon ange… tu n’as qu’à mettre les pointillés de côté…

– Les pointillés ? Ça veut dire que… et vous oubliez le vouvoiement, mon chéri !

– Le vouvoiement, c’est quand on a le temps, c’est un luxe que les rebelles de la pipe ne peuvent s’offrir !

Je soulève le bas de ma robe avant de m’agenouiller devant lui, qui ne prend même pas la peine de baisser son pantalon, se contentant de sortir son engin par la braguette ouverte. Je dois reconnaître que sa manie de ne porter aucun sous-vêtement s’avère judicieuse en la circonstance. La lumière de son téléphone me donne l’impression d’être sous le feu des projecteurs.

– Mes genoux vont être tout sales et peut-être même écorchés…

– Arrête, tu m’excites !

– Ne me fais pas rire, sinon… je vais avoir du mal à me con…

Il m’impose le silence d’une façon sexy. Niveau 12 sur une échelle allant de 1 à 10.

Bon sang, j’ai toujours, dès ma première pipe, aimé sucer, mais la texture, l’odeur, le goût de sa queue me transportent bien plus loin. J’ai apprécié ce sentiment de sérénité après un court moment d’embarras quand, alors que je venais de faire cette remarque à voix haute, mon mari m’a rétorqué « Attends un peu cinquante ans, on verra si cette sensation persiste ! »

La crainte d’être surprise met tous mes sens en alerte, ce qui exacerbe le plaisir que je prends à pratiquer cette fellation dans les couloirs du deuxième sous-sol. Il est si intense que malgré le risque, contre toute prudence, je m’offre des pointillés, pour le plaisir de faire durer cette pipe.

Les mots de notre conjoint « Ta langue… ta langue agile, mon ange… » ; ses doigts caressant mes lèvres, comme s’il voulait s’assurer qu’il ne rêve pas « Ta bouche… ta bouche divine… » et quand, lassés de me caresser, ses doigts remontent le long de mes joues pour se crisper sur mon crâne, à m’en arracher quelques cheveux… ses quelques va-et-vient qu’il impose à ma bouche pour la contraindre à suivre son rythme avant de capituler et de me laisser faire « Ô, mon ange, ma suceuse d’amour… »

L’obscurité nous enveloppe depuis bien longtemps, mon sémillant a renoncé à éclairer mon visage et a rangé son téléphone dans la poche de son pantalon. Je m’émerveille de la souplesse de son gland sous ma langue, entre mes lèvres, je pense à la suavité parfaite du litchi. Je ne saurais trouver meilleure analogie puisque c’est un de mes fruits préférés.

Je réalise que j’avais fermé les yeux quand un « CLAC ! » me les fait ouvrir et sursauter. La lumière soudaine agace mes yeux. « Y a quelqu’un ? » D’un mouvement parfait comme une chorégraphie, mon fringuant me relève, me fait pivoter, avant de me précipiter contre la porte de sa cave, qui s’ouvre comme par magie.

 Hé ho, y a quelqu’un ?!

– Oui, ici. Je cherchais mes clés quand la lumière s’est éteinte…

– J’ai demandé à ce que la question de l’éclairage des parties communes, surtout au niveau des sous-sols, soit portée à l’ordre du jour de l’assemblée générale. J’espère pouvoir compter sur votre voix.

– Vous le pouvez…

– Mais en attendant, il ne faut pas oublier de prendre une lampe de poche quand vous allez à la cave, monsieur !

– C’est ce que je me disais, justement.

– Ou votre téléphone portable, il y a une lampe intégrée, vous savez…

– Oh, mais quelle bonne idée ! Au revoir et bonne journée, madame… euh…

– Bonne journée à vous !

Les pas s’éloignent, j’entends la porte d’une cave s’ouvrir à l’autre bout du couloir. Hilare, le taquin me rejoint. Il éclaire sa cave juste assez longtemps pour que je puisse distinguer des rayonnages remplis de bouteilles couvertes de poussière, des caisses et des cartons empilés de brique et de broque, assez longtemps pour qu’il puisse remarquer mon air furibard et s’en amuser.

– On a failli se faire surprendre !

– Ne me dis pas que tu n’as pas goûté au sel de la situation…

Il glisse sa main sous ma robe, lâche un juron et, comme un reproche, me complimente « Tu es trempée comme un sous-bois après un orage d’été ! »

– La faute à qui ?

– La faute ?! Petite ingrate ! Tiens, voilà pour ta peine !

Il rallume son téléphone, me retourne face aux casiers et leurs bouteilles poussiéreuses, relève le bas de ma robe, éteint son téléphone et me pénètre d’un coup. Je me plains.

– Si tu ne baisses pas ton pantalon, je ne peux pas sentir tes couilles contre mes cuisses…

– Tu ne le mérites pas, ingrate que tu es !

Dans le ton de sa voix, je perçois nettement son incrédulité, j’y entends sa pensée « Si j’avais pu imaginer prononcer ces mots un jour… »

Comme il sait y faire, le bougre ! Il me fait onduler comme les épis d’un champ de blé sous un vent d’Ouest. Je ferme mes yeux, qui se sont accoutumés à l’obscurité, pour mieux profiter de ses assauts, qui alternent entre douceur et rugosité.

– Tu es bien silencieuse, mon ange, à quoi penses-tu ?

– À rien… je… je profite… mais co…

– Quelle pensée cherches-tu à me cacher ?

– Non ! N’arrête pas ! Comment as-tu pu croire ton ex, alors que tu me fais jouir si aisément… d’un claquement de doigts…?

– Et pas d’un coup de pine ?

– C’est malin, ça ! Tu me baises divinement bien, c’est si bon… partout… tout le temps… Ooh tes doigts…! On pourrait croire que tu aimes ça !

– Quoi ? Que j’aime quoi, mon ange ?

– Me baiser comme… Oooh… comme… comme un voyou… tout en branlant mon clito tel le prince… avec… Hmmm… avec la… Oooh… la Belle au Bois Dormant…

– Vraiment ?! Tu crois qu’il le lui branlait comme ça… comme une petite pine… Ooh ! Ta chatte chante et palpite déjà…! Dans la version officielle, il la réveille d’un baiser, non ?

– Oooh… Oooohhh… la bran… ooohh…!

– Tu disais ?

– La branlette du clito… ooohh… hmm… est… Rhââââ… Ooh… elle est implicite… elle… N’arrête pas ! Elle précède le cunni qui la sort de… C’que c’est bon ! Qui la sort de son long sommeil…

– Tu as vu quelle version au juste ? Oh ! Tu palpites encore ! Quelle version du dessin animé… parce que je suis preneur, mon ange !

– Disney, comme tous les ricains, est le roi des cons… Ooh oui… comme ça ! Il ne comprend rien à la littérature européenne… et encore moins à la française… Bouge encore… N’arrête pas… Il est question d’un doux baiser sur les lèvres, parce qu’il… Oooh ! Parce qu’il n’était pas nécessaire de préciser lesquelles à un lectorat averti !

– Laisse-moi deviner, avant la retraite, tu enseignais la littérature comparée ?

– Ne me fais pas rire ! Oh oui… touche-moi comme ça ! La culture populaire, l’éducation populaire, ça te dit quelque chose ? Oh ! Pourquoi tu te retires ?

Il allume son téléphone, la lumière me pique les yeux. Il m’assied sur une grosse malle.

– Tes yeux, ma gourmande… tes yeux quand je jouis dans ta… Rhââââ ! Dans ta bouche !

Il me laisse déglutir avant de m’embrasser tendrement. Nous remettons un peu d’ordre dans notre tenue avant de rentrer chez nous. Dans l’ascenseur, il me regarde comme s’il me voyait différemment, comme s’il découvrait la réponse à une question qui le taraudait. Entre le cinquième et le septième étage, il me dit :

– En fait, tu ne m’as jamais sucé, tu ne me suces pas, tu m’offres un voyage initiatique au pays merveilleux de la fellation, c’est ça ton secret !

– Flatteur !

Nous entrons dans l’appartement, mon époux est en train de ranger son matériel de peinture. Il me fait remarquer ma chevelure en désordre et le bas de ma robe froissé.

– Figure-toi que ton épouse a absolument tenu à me sucer dans les couloirs du deuxième sous-sol…

– Oh ! T’es gonflé ! Il a fait semblant de ne pas avoir les bonnes clés et a profité de l’obscurité pour…

– On a failli se faire griller…

– Par madame Sanchez, en plus ! Et tu sais quoi ? Il ne s’était même pas trompé de clé, en plus !

– En même temps, c’est normal puisque c’est la même depuis que j’ai emménagé…

– Quoi ?! En plus, je me suis niqué les genoux… Regarde-moi ça !

– C’est trois fois rien, ma chérie…

– Et tu sais quoi ? En plus, il m’a dit « tu »… tout le long, il me disait « tu »…

– Finalement, notre conjoint c’est Monsieur Plus…

– Et ça vous fait rire, en plus ! Vous mériteriez que… Bon, je dois admettre que j’ai adoré tous ces frissons, la situation et tout, mais c’est pas une raison pour vous marrer !

– La mère Sanchez a dû être vachement surprise de te voir aider notre conjoint à débarrasser sa cave.

– Elle ne m’a pas vue et figure-toi qu’avec tout ça, on n’a rien débarrassé du tout !

– En plus ?!

Je devrais fusiller mon époux du regard, mais je préfère rire avec eux.

Back to the city again ! – Cinquième épisode

Notre conjoint me tend une brochure.

– Que t’inspirerait cette histoire ?

Je fronce les sourcils et je réponds en bougonnant « Ça m’inspire un truc du genre mon mari est parfois le roi des cons »

– Mon ange, mon ange détrompe-toi, c’est moi qui ai eu l’idée de ce test. Je me refusais à croire ce qu’il me disait.

– Et que te disait-il, au juste ?

– Nous parlions des blocages qui peuvent paraître surprenants…

– Et je lui ai dit le mot à ne jamais prononcer devant toi… le mot qui te révulse…

– Comment aurais-je pu deviner que ce simple mot produisait un tel effet sur toi ? Il est si souvent utilisé pour… alors j’ai voulu m’en assurer… maintenant que c’est fait, je me demande pourquoi…

– Parce que j’y vois une traînée d’urine coulant le long d’un arbre, quand je l’entends, je sens l’odeur d’une vieille pisse mélangée à celle d’un tronc d’arbre…

– Une traînée d’urine sur un tronc d’arbre ? Un cyprès, par exemple ?

– Mais oui ! C’est exactement ça ! Un cyprès, de l’urine… voilà d’où me vient cette image ! Je ne m’expliquais pas cette association d’idées et toi, pof ! tu la découvres du premier coup ! Oh, pardon mon chéri, j’ai cru que tu avais voulu nous jouer un sale tour, alors que c’était tout le contraire. Comment me faire pardonner ?

– Laisse-moi y réfléchir…

Notre conjoint lui chuchote quelques mots à l’oreille avant de s’éclipser. Mon mari sourit de mon impatience et attend le retour de son complice qui ne tarde pas à nous rejoindre, une tablette numérique et un casque Bluetooth à la main. Il sort un masque de sa poche, de ceux que l’on distribue dans les avions pour pouvoir dormir malgré la lumière, ainsi qu’une large ceinture en satin rouge. « Je n’ai rien trouvé de plus approchant comme bâillon ». Les dés sont donc jetés, je devine sans trop d’efforts en quoi consistera ma pénitence.

Et pour tout dire, je m’en réjouis à l’avance.

Rapidement, je me retrouve les yeux bandés, la bouche bâillonnée. J’ai le temps d’entendre la question posée par notre conjoint « Les rideaux ouverts ou fermés ? » mais avant que mon époux n’y réponde, le casque recouvre mes oreilles et je n’entends que des gémissements, des râles, des cris de plaisirs ainsi que des bouts de dialogues cochons.

Des mains me déshabillent. Les rideaux sont-ils ouverts ou fermés ? Une main guide mes pas, je déambule, nue, du salon à la cuisine et de la cuisine au salon. Des mains, que je ne parviens pas à distinguer, me caressent par intermittence, comme pour évaluer mon degré d’excitation. Je souris intérieurement, parce que cette vérification me paraît inutile… À force de déambuler, je ne sais plus où je suis, les écouteurs emplissent ma tête de mots, de souffles, de cris qui m’interdisent de penser à autre chose qu’au désir.

Non seulement les rideaux sont ouverts, mais les portes fenêtres le sont aussi ! Je me sens rougir bien qu’il n’y ait pratiquement aucune chance que quelqu’un lève les yeux jusqu’au septième étage et m’aperçoive

Mon bâillon est desserré, je sens qu’on libère mes oreilles du casque. Je me dis que le pardon m’aura été bien vite accordé.

– Où tu as mis ton short de combat ?

– Au sale, mais…

Je n’ai pas le temps de finir ma phrase que le bâillon est resserré sur ma bouche et que le casque recouvre mes oreilles. La bande-son de notre conjoint est essentiellement constituée d’enregistrements de nos conversations cochonnes et de nos ébats à deux ou à trois. Au début, je suis un peu gênée d’entendre ma voix prononcer ces mots que je disais avec délectation, de m’écouter jouir bruyamment, je m’y habitue assez vite surtout en écoutant les mots, les cris de mes deux hommes me faisant l’amour ou me baisant, les compliments qu’ils s’adressent quand ils ne sont que spectateurs…

La joue rugueuse sur mon mollet m’indique que notre conjoint est chargé de m’aider à enfiler mon short. Je sens le satin raide de spermes séchés au niveau de la déchirure du tissu à l’entrecuisse. Au lieu de m’incommoder, cette sensation exacerbe mon désir.

Si j’étais polythéiste, je dirais que les Dieux vous ont doté de la plus belle paire de couilles de toute la Création. Il me suffit de penser à elles pour avoir envie de les sentir bringuebaler contre mes cuisses, contre ma chatte, contre mes fesses. Regardez-moi, regardez mes yeux, regardez ma chatte, regardez comme je me touche, je le ferai en pensant à vous quand vous aurez regagné votre appartement. Dites-moi que vous vous branlerez en pensant à ces quelques jours passés avec nous. Que vous bénirez vos couilles de susciter tous mes fantasmes. Oh… j’adore quand vous les touchez comme ça ! Vous ne me croyez pas ? Venez donc vérifier, mon chéri ! Oh oui ! Comme ça… bourrez-moi comme ça ! Dites-moi que je suis votre voisine préférée ! Votre petite salope partagée ! Ai-je réellement prononcé ces mots ? Et tous ces « Bonne année ! Bonne année ! » prononcés dans toutes les modulations offertes par la jouissance…

Une main sur mes reins m’enjoint de me pencher en avant, une claque sèche à l’intérieur de ma cuisse m’ordonne de les écarter davantage. Ces mains qui me caressent, ces doigts qui me fouillent sans que je puisse savoir à qui elles appartiennent… la tête me tourne…

Une main a pris la mienne, m’a fait avancer de quelques pas. Je sens le canapé heurter mes genoux. À quatre pattes, j’attends la petite claque sèche pour écarter mes cuisses, je ne pensais pas à celles sur mes fesses pour m’inciter à me cambrer… Un gland me pénètre puis se retire. Un autre (ou est-ce le même ?) réitère. Combien de fois recommencent-ils leur manège, me pénétrant un peu plus à chaque assaut ? Quand je sens les grosses couilles de notre conjoint battre la mesure contre mes cuisses, je réalise que je suis en train de téter mon bâillon comme j’aimerais tant téter la queue de mon mari.

Des mains écartent mes fesses, titillent la raie, taquinent mon anus. Je ferme mes yeux bandés en espérant sentir la fraîcheur du lubrifiant annonciateur d’autres plaisirs. Mais rien de la sorte ne se produit. À la place, d’un geste assuré, notre conjoint, sans cesser ses va-et-vient en moi, redresse mon buste. Je sens alors mon mari s’installer sur le canapé. Notre conjoint desserre son étreinte, d’une main ferme et volontaire me fait reprendre la position antérieure. Entendent-ils mes cris de plaisir malgré le bâillon ?

Les cunnis de mon époux ont toujours été délicieux, même au début quand on ne savait pas trop comment s’y prendre ni à quoi s’attendre, mais ces derniers temps, les mots me manquent pour les qualifier… « parfaits » ne serait qu’un piètre euphémisme.

Et dans mes oreilles résonnent « les pointillés, ma chérie… les pointillés » « les pointillés, mon ange ! » enregistrés à maintes reprises… comme si j’avais besoin d’entendre leur voix pour me rappeler à quel point j’ai envie de sucer ! Je me cambre, j’ondule, je rue comme une jument entravée, la main de notre conjoint arrache le bâillon et offre la queue de mon mari à ma bouche avide. Son gland franchissant mes lèvres me permet de jouir enfin

Notre conjoint accélère, je visualise ses couilles comme les cloches d’une église sonnant à pleine volée pour annoncer un heureux événement. Il se fige soudain. Je sens les soubresauts de ses cuisses. Il se retire presque aussitôt. Les doigts de mon mari prennent la place de la grosse pine de son cher ami tandis que sa bouche et sa langue ne cessent d’offrir du bonheur à mon clitoris. Ma langue s’enroule autour du sexe de mon époux, comme un bébé boa le ferait autour d’une branche, plus rapide et plus impatient qu’un adulte. Je réalise que mes mains sont désormais entre ses cuisses, que je caresse ses couilles et son périnée… je sens le flot de son plaisir envahir ma bouche.

Nous restons statufiés dans cette position. Peu à peu, nous bougeons à la vitesse d’un paresseux épuisé. Je sens qu’on ôte le masque sur mes yeux et le casque sur mes oreilles. Je voudrais tenter une plaisanterie du genre « Alors, suis-je pardonnée ? », mais je ne parviens qu’à sourire. Une chance qu’après toutes ces années de mariage, mon mari me comprenne sans avoir besoin de mots. Il me rassure, oui, je suis pardonnée de ce mouvement d’humeur et de l’avoir injustement accusé. Notre conjoint me prend dans ses bras. Il sourit, faisant mine d’essorer la bande de satin rouge qui me bâillonnait.

– Mon ange, promettez-moi de me faire offense dès que l’occasion vous en sera donnée !

On me reproche mon sale caractère, mais tout le monde s’accorde à dire que j’ai bon fond, c’est pourquoi je lui fais la promesse de l’offenser bientôt… et peut-être même avant !

Back to the city again ! – Quatrième épisode

Ce matin, notre voisin ne voulait pas quitter son kimono, il m’a même affirmé que c’est ainsi vêtu qu’il prendrait l’ascenseur, avec mon mari, en début d’après-midi pour leur partie quotidienne d’échecs. Sa voix sonnait tellement faux que j’ai répondu sur le même ton qu’il m’en verrait fort marrie.

Je me suis promenée une bonne partie de l’après-midi et je suis retournée à l’appartement. Je n’ai même pas eu le temps de me changer, je porte encore une jupe légère et un chemisier « bien comme il faut » quand ils font leur entrée.

– Tu veux savoir pourquoi je tergiverse ? Eh bien, voilà !

D’un air un peu trop fanfaron pour que je n’y décèle pas son trac, il lance une revue sur la table basse.

– Tu as honte d’aimer les romans-photos que tu empruntais à ta grand-mère ?

– Euh, ma chérie, tu devrais mettre tes lunettes…

– À moins que tu ne te fasses une drôle d’idée des lectures de ma mamie…

J’avais à peine jeté un coup d’œil sur la revue, à peine de quoi remarquer qu’elle datait des années 60 ou 70 et qu’elle contenait un roman-photo. En y prêtant plus attention, je me rends compte de mon erreur. Je ris plus fort que je ne le devrais.

– Je ne savais même pas que de tels romans-photos avaient existé ! Mais… tu parles le… c’est quoi comme langue au juste ?

– Je peux te donner une idée des dialogues, si tu…

Notre voisin s’approche de moi, mais d’un geste péremptoire je le renvoie, d’un mot cinglant comme une gifle, je lui ordonne « Kimono ! ». Il sourit, m’obéit et revient quelques poignées de secondes plus tard, débraillé comme un play-boy qui s’ignore

– Je suis en kimono, puis-je exiger en retour que vous ôtiez votre culotte, mon ange ?

– Ma culotte ? Quelle culotte ?

Devant l’air ahuri de mes deux hommes, je leur explique que depuis notre retour à Paris, je n’en porte plus, parce que l’idée que l’un ou l’autre soulève ma jupe ou y glisse une main quand je ne m’y attends le moins m’excite au plus haut point. J’aime le clin d’œil que mon mari adresse à son très cher ami.

Notre voisin s’installe à mes côtés sur le canapé, impatient et un poil anxieux, de me voir découvrir le contenu de cette revue. Je demande à mon mari adoré de se joindre à nous, mais il décline l’offre, il voudrait prendre des photos, si j’y consens. Et comment que j’y consens ! Moi qui ai toujours détesté être photographiée, je rêve de l’être à chaque instant ! Et je ne parle même pas des tableaux, des dessins qui naissent de certains clichés et qui tapissent les murs de la maison de campagne de notre partenaire.

Je décide de m’asseoir sur les genoux de mon sémillant amour, qui se plaint de ne pas bander. Je ne me fais aucun souci à ce propos, nous savons tous les trois que cet état ne sera que temporaire. Je le lui fais remarquer, il me répond qu’il aime tellement se l’entendre dire…

J’ouvre la revue, je sens le souffle de notre voisin sur mon épaule. Clic ! La séance photo vient de commencer.

– Ma chérie, pourrais-tu relever ta jupe qu’on puisse voir que tu ne portes pas de culotte ? S’il est vrai que tu n’en portes pas…

– Pas tout de suite, mais si tu as des doutes, demande à ton ami de glisser sa… hmmm… sa main virile sous ma jupe et de te confirmer… Oooh… mais comment diable faites-vous pour me toucher… avec… ooohh… autant de…

– Je confirme, cher ami, je confirme !

– Mais qui frappe à la porte ?

Je me lève, soulève ma jupe jusqu’à ma taille avant de me rasseoir sur les genoux de notre voisin.

– Ah, te voilà enfin ? Il paraît que tu ne voulais pas bander, je suis ravie de te voir revenue à de meilleures dispositions, jolie grosse pine !

Dès la première page, un sentiment sournois s’immisce en moi, je devrais être choquée de la crudité des clichés, je le suis, mais cette crudité m’excite, elle m’excite au-delà du raisonnable. Notre voisin devine mon trouble, il me demande si je veux poursuivre.

Qu’est-ce qui me prend ? Je lui montre une photo et d’une voix presque juvénile, je m’exclame « Oh ! On l’a fait ! Vous vous souvenez ? On l’a fait ! » Je le sens sourire, et il se remet à bander de plus belle. « On l’a fait, vraiment ? » Toujours aussi enthousiaste, je lui réponds « Oui ! Et plein de fois, en plus ! » Nous éclatons de rire.

Tandis qu’il tourne la page, je regarde entre mes cuisses, presque en m’excusant, je demande à notre voisin s’il veut bien m’enfiler. Comme ça… le temps de la lecture…

– On bougerait à peine, juste assez pour que vous débandiez un peu, alors je tripoterais vos belles couilles que j’aime tant et vous rebanderiez en moi… Vous êtes le seul à le faire avec autant de talent.

– C’est quoi, ces messes basses ?

– Votre épouse me fait une proposition… hmm… bien tentante. Je la soupçonne de vouloir me forcer la main pour que j’accepte d’être votre conjoint !

– Ah ! Me voilà rassuré !

Ma main dirige son gland à l’entrée de mon vagin. Je me penche. « Enfilez-moi, par pitié, enfilez-moi ! » N’y tenant plus, je m’empale d’un coup sec avant de reprendre la lecture. Mes mains rejoignent les siennes sur les pages de la revue.

– S’il vous plaît, déboutonnez mon chemisier, mon fringuant, et caressez mes seins avec la même rudesse que cet homme doit le faire !

– Vous l’imaginez comme ça ?

– Oh ! Ça aussi, on l’a fait ! Mais pas sur le capot d’une voiture…

Ses mains sur mes seins, sa bouche sur ma nuque… je ferme les yeux pour profiter de cet instant. J’ondule sous ses baisers, ce faisant, mes mains lâchent la revue qui tombe à terre. En la ramassant, une page s’en échappe. Je m’apprête à m’excuser d’avoir abîmé le roman-photo quand je remarque qu’il n’en est rien. La photo vient d’un autre journal, elle est en couleurs. Je la regarde en silence.

– Que vous arrive-t-il, mon ange ?

– C’est bizarre, cette nana… cette photo… tous les poncifs y sont… bouche entrouverte, lèvres humides, bout de langue tentateur, la main sur le sein, les pieds posés sur l’assise du fauteuil, les cuisses largement ouvertes… et ce regard… un peu en dessous, un peu vicieux, qui semble nous parler droit dans les yeux, qui semble dire « plonge, mon chéri, l’eau est bonne ! »… tous les clichés machistes de la femme offerte y sont… et pourtant…

– Et pourtant ?

– Et pourtant, j’aime cette photo, elle me parle aux tripes, elle me dit que je pourrais être cette femme et… je dois bien l’avouer, j’aimerais être cette femme… j’aimerais t’aguicher, euh… vous aguicher aussi facilement… oh oui, j’aime cette photo !

– Ô, mon ange… mon ange !

– Ma chérie, je ne sais pas de quelle photo tu parles, tu voudrais bien prendre la pose ?

– Oh oui, mon ange, faites-le pour nous ! Pour nous trois, mon ange…

– À condition que notre ami reste fiché en moi et que ses belles, ses magnifiques grosses couilles soient bien visibles.

La photo masquée par la revue que je tiens de la main droite, je prends la pose. Je me cambre. Mes pieds reposent sur la table basse. J’écarte les cuisses plus largement que la pin-up parce qu’elles sont plus épaisses que les siennes. Je me cambre davantage. La main sur mon sein est celle de notre voisin. Son autre main sur mon ventre m’aide à garder l’équilibre. Le plus difficile est de trouver la juste mesure pour le regard, de ne pas trop entrouvrir ma bouche. Mon mari me demande de mettre ma main gauche à l’arrière de mon crâne. Je pense « Tant mieux, mes seins paraîtront moins avachis ». Je sens sous mes doigts que mes cheveux sont un peu ébouriffés. Mon époux a raison, ma main gauche placée selon ses indications m’aide à trouver le juste équilibre dans le regard.

La photo prise, je demande si je peux poursuivre la lecture. Ma voix trahit mon état d’excitation. Le sexe de notre voisin durcit davantage dans le mien. J’ondule, je me cambre, j’ondule encore. Je gigote pour accentuer les caresses de ses couilles sur ma vulve. Il me demande si c’est l’inconfort de la position qui me fait trémousser ainsi. Je lui avoue la véritable raison à mi-voix. Je ne suis pas naïve, sa question était purement rhétorique, mais pourquoi devrions-nous nous priver du plaisir des mots ?

Je reprends ma lecture. Ce qui me dérangeait au tout début, ne me dérange plus. Je me laisse aller aux sensations nées de la vision de ces corps enchevêtrés, de ces corps poisseux.

– Pourquoi le tournez-vous dans tous les sens, mon ange ?

– Pour mieux comprendre de plaisir qu’ils prennent… et puis… ça me donne des idées…

– Ah bon, des idées ? Quelles idées ?

– Là, par exemple, quand je la regarde, je me dis… branlez mon clito si vous voulez savoir ce que… Ooohh ! Mais on pourrait croire que… hmmm… que vous aimez… que vous aimez me… Rhâââ… me faire jouir !

– Vous vous dites ?

– Oooh… vos doigts sont magiques… Ooh… le plaisir re…

– Mon ange démoniaque, allez-vous enfin me dire… Hmmm… votre chatte qui jouit… Quel supplice de résister… hmm… à l’envie de vous culbuter… Allez-vous enfin me le dire ?!

– Le bâillon… je n’aurais pas… imaginé que j’aurais envie d’être baisée et rebaisée… rebaisée encore… encore et encore… la bouche emprisonnée par un bâillon…

Je lance plus que ne pose la revue sur le canapé. Notre voisin agrippe ma taille et me fait aller et venir le long de sa verge. Je lui enjoins « Plus fort ! Plus profond ! » à la recherche de cette douleur particulière quand son gland heurte le col de mon utérus. Nous jouissons dans le déchaînement sauvage de nos sensations. J’appelle mon mari à la rescousse.

– S’il te plaît, viens m’embrasser !

Nous nous remettons de nos émotions, serrés les uns contre les autres sur le canapé. Après son charmant baiser, quand mon corps se séparait de celui de notre voisin, j’ai voulu taquiner mon époux qui avait tout salopé son beau tee-shirt. Sur un ton où se mêlaient l’amusement et les reproches, il m’a répondu que je n’avais aucune idée de l’effet produit par ce spectacle que nous lui offrions.

– Non seulement, je te voyais… je vous voyais vous envoyer en l’air, mais mon cerveau imaginait ce que tu regardais… plus je cherchais à imaginer, plus l’excitation s’emparait de moi… et puis, vos conciliabules, vos messes basses… Je me demandais « Mais qu’est-ce qu’ils sont en train de regarder ? » et pfuitt, c’est parti tout seul !

– Ne me dis pas que tu n’as pas eu la curiosité de mater la revue !

– Je ne sais pas si je l’ai vue, ma chérie, je ne le sais pas…

– Allez, fous-toi de moi ! Comme si tu pouvais oublier ce genre de truc !

– Euh, mon ange, permets-moi de te…

– Allez, vas-y, prends sa défense ! Ah la la, la solidarité masculine…

– Ma chérie, tu ne sais pas tout…

– Ah bon ? Et qu’est-ce que j’ignore ?

– Tu crois qu’une simple revue me mettrait si mal à l’aise ? (Il prend une longue inspiration). Entre les romans-photos, les revues pornos, les bandes dessinées, ma collection se compte par centaines… Si je partage ma vie avec vous, je devrais la cacher ou m’en débarrasser et… je ne sais pas si je suis prêt à faire un tel sacrifice.

– Des centaines ?! Ouah ! Et pourquoi devrais-tu t’en débarrasser ?!

– Ben… c’est que ça pue un peu la misère sexuelle, non ?

– La misère sexuelle ?! Et pourquoi donc ? J’y vois plutôt l’occasion de varier les plaisirs… de nous amuser à être les héros de ces aventures…

– Je crois que ton épouse va bientôt goûter du contact du capot de ta voiture sur sa peau !

– Si tu acceptes de partager notre vie, je te promets d’en tâter dès que nous serons de retour à la campagne.

– Dans ces conditions…

– Tu ne peux pas savoir quel bonheur c’est pour nous de pouvoir enfin t’appeler « notre conjoint » !

– Tu as raison, mon chéri, mais c’est pas tout ça… Si on allait fêter notre union au restaurant ?

– Je retrouve enfin mon épouse telle que je l’ai aimée, l’aime et l’aimerai toute ma vie, celle qui ne perd pas le Nord !

– Ni l’occasion de se taper la cloche, manifestement !

– Ni l’occasion de se taper la cloche, en effet !

Je les laisse ricaner entre eux, la perspective d’un énorme plateau de fruits de mer dans notre brasserie préférée vaut bien de supporter quelques rires sarcastiques.