Back to the city again ! – Neuvième épisode

Les résultats du premier tour de la présidentielle s’avérant être ceux qu’on attendait, n’ayant aucune intention de participer à la mascarade du second tour, nous décidons de prendre la route dès le lundi matin. En fait, le temps de charger la camionnette louée pour l’occasion, nous ne partons de Paris qu’en début d’après-midi. Mon époux et notre conjoint me laissent sur place et repartent aussitôt le contenu déchargé afin de ne pas payer plus que nécessaire.

Ils ne reviennent qu’à la nuit tombée, encore devons-nous nous estimer heureux que la proximité avec la capitale leur ait permis de faire cette navette en une journée. Mon mari a ouvert le coffre et commence à le vider des affaires qu’il contient. Je le rejoins pour l’aider, mais notre conjoint, pianotant sur le capot de la voiture, m’interpelle.

– Une promesse est une promesse…

– Mais… déjà ?

– Et pourquoi pas ? Tu avais l’air d’en avoir envie, l’autre jour…

Je me penche sur le capot de la voiture, notre conjoint trousse ma robe, me traite d’hypocrite en constatant que je porte mon short de combat. Je ne peux nier que je comptais sur des galipettes sexuelles, mais en toute franchise, j’avais un peu oublié cette promesse faite en lisant le roman-photos.

Je craignais que le capot me brûle les mains, en fait, il n’est pas si chaud que ça. Mon mari claque le hayon, referme les portières, ce faisant, le plafonnier s’éteint.

– C’est malin, j’y vois plus rien ! Tu peux rouvrir les portières ?

– Attends, j’ai mieux que ça !

Il brandit sa fameuse lampe-torche.

– Maintenant que la lumière est revenue, laisse-moi vérifier que tu as envie de te faire baiser comme sur les images pieuses que je t’ai fait découvrir…

– Tu en doutes encore ?

– Je pensais que tu appréciais de te faire doigter, comme ça… mais si tu ne veux que ma grosse pine… sans les préliminaires requis…

– L’avantage, quand tu la doigtes, c’est qu’on a pas besoin de chercher le lubrifiant…

– Tu as raison, mais va convaincre cette tête de mule… !

– Hey ! On est en train de… vous devez vous vouvoyer, toi qui es si à cheval… oh putain, c’ que c’est bon quand tu… ooh… Toi qui es si à cheval sur les termes des contrats… Oh… c’est pas du jeu quand tu… ooh… c’ que c’est bon !

– Mais tu le tutoies bien, toi !

– Je trouve que c’est plus excitant comme ça…

– Tu veux dire quand le vouvoiement reste de mise entre notre conjoint et moi, alors que vous deux passez allègrement au tutoiement ?

– Exactement !

– Que pensez-vous de cette idée, cher ami ?

– Si cela sied à votre épouse, je n’y vois aucun inconvénient… de plus, ça me permet de constater l’étendue de l’âme humaine et dans quels sombres recoins se cachent certaines… perversions…

– Vous m’ôtez les mots de la bouche !

– Déblatérez tant que vous voudrez, n’empêche que… bah… je préfère encore me taire…

Amusée, je fais semblant de m’offusquer de les voir se chamailler pour savoir lequel de leur sexe aura les honneurs de ma bouche.

– Grandissez un peu, messieurs, comportez-vous en adultes !

– Qu’appelles-tu se comporter en adulte ? Il me semble que notre conjoint fait preuve d’une certaine maturité en… Je ne me lasse pas de vous regarder quand vous la prenez comme ça !

– Je suis folle de ton regard quand tu l’observes… ça ne peut qu’être excitant à voir, parce que… oh, putain, c’ que c’est bon !

– Alors, tu reconnais qu’on se comporte en adultes, non ?

– Ooh… pas… pas tout à fait…

– Pas tout à fait ?

– Si… ooh… arrête un peu… le temps… que… ooh… que j’explique… On devrait en profiter pour officialiser… Ça y est, j’ai fini d’expliquer… C’est fou, comme j’aime cette situation… Alors, mon époux adoré, mon mari chéri acceptes-tu que le poète actuellement dans ma chatte devienne notre conjoint et de partager avec lui tout ce qui fait notre vie ?

– Oui, je le veux !

– Et toi, mon sémillant, mon fringuant, mon sévèrement burné, acceptes-tu de devenir notre conjoint, de partager notre vie et notre quête du bonheur ? Ooohh… !

– Oui, je le veux ! Tu peux le constater comme je le veux, et vous, mon cher conjoint regardez à quel point je le veux !

– Et toi, ma chérie, ma fidèle épouse, acceptes-tu…

– Ooohh ! Ooohh… oh…

– J’AI PAS FINI ! Acceptes-tu de partager notre vie avec celui qui a su apporter tant de bonheur dans notre mariage ?

– Ooohh… Oooohhh… OUI ! OUI ! OUI !

– Cher conjoint, je vous cède ma place, le temps de poser la question requise à ma future conjointe.

– Avec plaisir ! Hmm… « plaisir », le mot est faible !

– Oooh ! Mon ché… ooh… mon chéri… c’est… ooh… si bon ! Et pour toi ? Ooh… dis-moi que tu aimes ça !

– Ma chérie, j’aime par-dessus tout te prendre après notre conjoint… tu t’en doutais quand même un peu, non ?

– Je pense à notre conjoint… ooh… attends… oui… attends un peu… Notre conjoint aime que les choses soient claires et nettes…

– En parlant de ça, mon ange m’acceptes-tu en conjoint pour le bonheur et pour le plaisir ?

– Oooh… ooh… OUI… Je le… Rhâââ… VEUX !

– Vous pouvez embrasser notre conjointe.

Un baiser a-t-il déjà été plus parfait que celui-ci ? Nos langues ont-elles déjà mieux fait l’amour ensemble qu’en cet instant ? Peut-être… sans doute, mais je préfère l’omettre pour mieux graver celui-ci dans ma mémoire. Mon époux s’est penché pour regarder nos bouches, nos langues, ce faisant, c’est enfoncé jusqu’à la garde qu’il jouit en poussant un râle sublime.

– Échangeons une fois encore nos places, que vous puissiez à votre tour embrasser notre conjointe.

Mon époux se retire, il me manque déjà. Notre conjoint prend sa place.

– Ooh… je crois que je ne me lasserai jamais de cette sensation !

Mon mari, qui allait m’embrasser, s’interrompt et mû par la curiosité demande à quelle sensation notre conjoint fait allusion.

– De la pénétrer, encore vibrante du plaisir que vous venez de prendre ensemble, encore pleine de votre foutre… c’est chaud, c’est… hmm… c’est si bon !

Ses mots, ses couilles battant la mesure sur mes cuisses, la bouche de mon époux sur la mienne, nos langues qui désormais se comprennent si bien, leurs mains sur mon corps qui appellent les miennes… Je jouis avec cette sensation que mes tripes explosent sous la violence de mon plaisir… Notre conjoint jouit en nous criant son amour.

Nous nous regardons tous les trois comme si nous flottions dans l’air au milieu d’une bulle de bonheur, nos sourires paraîtraient crétins à quiconque nous verrait en cet instant précis, nous nous en moquons éperdument. Notre conjoint me reproche d’avoir épuisé leurs dernières forces et d’être dans l’incapacité de déposer dans la maison le contenu du coffre de la voiture. Mon mari se joint au concert des récriminations.

– Je n’ai fait que tenir la promesse que tu m’as rappelée, dans mon souvenir l’étreinte sur le capot de la voiture est en plein jour, j’ te signale.

– Certes, mais tu aurais dû te montrer moins… enthousiaste… t’offrir… a minima… mais non, comme toujours, tu nous as emportés dans une vague sensuelle, irrésistible comme une lame de fond… et nous, pauvres diables n’avons pu y résister.

– Si tu espères me séduire par tes mots, sache que… c’est presque réussi. Et ne rigole pas ! Toi, non plus, mon chéri ! Ah, vous vous êtes bien trouvés, tous les deux ! Vous mériteriez que je te prenne au mot, vous avez de la chance que…

– Que… ? Que quoi, mon ange ?

– Que j’aie trop à y perdre en baisant a minima… je t’assure que si je n’y prenais pas autant de plaisir, je cesserais immédiatement de baiser ainsi ! Mais, je préfère me montrer magnanime…

– Surtout que ça t’arrange bien, ma chérie !

– Ah, toi… n’en rajoute pas !

Nous retournons dans la maison, pendant leur absence, j’ai préparé un petit en-cas. Nous dînons sur le pouce et de bon appétit. Les cartons, meubles et autres objets attendront avant de trouver leur place définitive. Quand nous rejoignons enfin notre grand lit, mon mari puis notre conjoint s’endorment l’un après l’autre, malgré leurs promesses. J’attendrai donc demain matin avant de voir ce que je vais voir !

Je me réveille dans les bras de notre conjoint, mon époux ronfle comme un sonneur, le sourire aux lèvres. Dernière endormie, première réveillée, je mets un certain temps à m’extirper du lit sans perturber leur sommeil. Je m’affaire dans la cuisine quand ils me rejoignent, notre conjoint dans son kimono, mon mari en tee-shirt. Le temps est favorable à un petit-déjeuner sur la terrasse, nous n’avons pas de pain frais, mais une fois n’est pas coutume, nous nous contenterons de biscottes. Je bois mon café, quand notre conjoint me demande si le soleil éclaire suffisamment la voiture. Je souris en remarquant l’érection des deux acolytes.

Une promesse est une promesse…

Back to the city again ! – Huitième épisode

Nous voici tous les trois dans la cave de notre conjoint. Mon époux adoré s’est muni de son énorme lampe-torche.

– Ouah ! Ben dis donc, t’es sacrément équipé !

– C’est ce que ces dames me disent souvent, en effet…

Je ricane avec eux, on a 14… 15 ans grand max. Éclairée, la cave m’apparaît bien différente que dans l’obscurité, un peu moins encombrée, un peu mieux rangée, la poussière est épaisse, elle recouvre même les toiles d’araignées. Je repère la malle sur laquelle j’étais assise l’autre jour. Elle semble venir tout droit d’une époque ancienne et révolue.

– Que contient-elle ?

– Je n’en sais rien.

– Arrête de me charrier !

– Je suis tout à fait sérieux, mon ange ! Elle a été confiée par un ami au frère de mon grand-père, qui avait fait la promesse expresse de ne pas chercher à l’ouvrir et de la conserver jusqu’à son retour. Je n’en sais pas plus. Le frère en question est mort vieux garçon. Mon grand-père en a hérité, il l’a transmise à mon père et j’ai fini par en hériter à mon tour. Je crois que personne de ma famille n’a eu les clés pour ouvrir la serrure. Je l’ai gardée sans y penser. Quand j’étais encore marié, elle était déjà entreposée dans la cave de mon ancien logement.

– T’es pas très curieux, moi… à ta place…

– Une promesse est une promesse, mon ange !

Je le taquine à nouveau sur sa manie des contrats et du respect de leurs termes. Nous faisons l’inventaire, les casiers sont remplis de bouteilles vides recouvertes de poussière. Elles étaient déjà là quand il a emménagé, elles y resteront. Le bric-à-brac est essentiellement constitué de vieux pots de peinture, de chutes de papier-peint, de lino, de moquette, quelques dalles de carrelage, de la colle qui finiront à la déchetterie.

Le vieil établi est plus problématique pour notre conjoint qui lui accorde une valeur sentimentale, il le verrait bien dans la remise du jardin, si toutefois il lui prenait l’envie de l’aménager en atelier. Il fera le tri parmi les outils, certains seraient récupérables, d’autres non. Nous les rapportons donc à l’appartement. En fin de compte, ce tri aura duré moins longtemps que prévu. Je regarde mes hommes, les bras chargés. Je m’assieds sur la malle.

– Lequel d’entre vous souhaiterait honorer ma bouche ? Non, non, non ! On ne pose pas ce qu’on a dans les bras !

Mon mari s’approche, je baisse son pantalon. Quel délice ! Ils ne sont pas dupes du plaisir que je prends à remonter son pantalon, après quelques minutes, malgré son érection « à la limite de la douleur ». Je fais mine de me relever.

– Et moi ?

– Et toi quoi ?

– Tu vas quand même bien me sucer un peu, mon ange ! C’est ma cave, après tout !

– Bon… si ça peut te faire plaisir… viens par ici…

– Vous vous tutoyez, maintenant ?!

Ma bouche à quelques millimètres de son gland, je demande à notre conjoint d’expliquer à mon époux le concept de rebelles de la pipe. Il rit avant de se lancer dans un long discours. Quel régal ! Je déguste sa grosse pine comme un œnologue le ferait avec un grand cru.

– Hé ! Mais y a triche ! Tu ne m’as pas sucé aussi longtemps !

J’ai les injustices en horreur, par conséquent, je remonte le pantalon de notre conjoint, malgré ses supplications. Nous voilà en route vers l’ascenseur, comme une petite troupe, j’ouvre la voie, la lampe torche à la main.

Les outils déposés « pour analyse » dans la chambre d’ami, nous redescendons au deuxième sous-sol pour récupérer la malle.

– Putain, elle est encore plus lourde que dans mon souvenir !

– Elle ne l’est pas, c’est toi qui es plus vieux.

– Merci de me rappeler mon âge ! Telle est donc la femme que j’aime…

– Si tu étais plus jeune, je ne te calculerais même pas… alors, imagine pour le reste !

– Qu’est-ce qui te fait préférer les vieux comme moi aux hommes plus jeunes ?

– Les grosses couilles des hommes de ton âge pendent davantage !

Profitant qu’ils ont les mains occupées, je pars en courant vers l’ascenseur, mais je dois rebrousser chemin quand mon mari se met à crier « LUMIÈRE ! »

La malle sur la table de la cuisine, la question « L’ouvre-t-on ou ne l’ouvre-t-on pas ? » se pose. Elle est purement rhétorique, sinon pourquoi se seraient-ils donné tant de mal à la remonter ? Mais, voilà le hic, les serrures qui la verrouillent sont peut-être grippées et certainement délicates à déverrouiller. Aucun outil de fortune n’est assez fin pour l’exercice, y compris les petits tournevis. Notre conjoint préfère renoncer plutôt que prendre le risque d’esquinter l’objet qui a été confié à sa famille il y a plus d’un siècle.

Mes deux hommes décident de remettre cette tâche à plus tard. Je sors de l’appartement. Quand je reviens après quelques minutes, je suis accueillie par leurs quolibets. « Alors ? On a oublié le porte-monnaie, madame Tête de Linotte ? » Je les laisse ricaner et, sans un mot, le regard narquois, j’agite sous leurs yeux ébahis, le jeu de crochets que je suis allée chercher.

– Mais… ?

– Comment… ? Où… ?

– J’ai demandé à madame Dubois si son mari voudrait bien me prêter ses outils, tout simplement !

– C’est qui, madame Dubois ?

– Deuxième étage gauche. J’avais complètement oublié qu’il était serrurier !

– Et c’est moi la tête de linotte ! Monsieur Dubois s’est même proposé de venir chez nous pour ouvrir la malle, mais j’ai poliment décliné son offre…

– Et pourquoi donc, mon ange ?

– Parce que d’expérience, quand un voisin retraité ou presque franchit le seuil de notre appartement… pas besoin de te faire un dessin !

– Tu es l’insolence faite femme !

Je les regarde tenter d’ouvrir la première serrure. Je les écoute pester, mon mari se propose de chercher un tuto sur le Net.

– Je peux essayer ?

La première serrure cède facilement. J’attendrai un peu avant de leur expliquer qu’il y a quelques années, je m’étais retrouvée enfermée dehors et que madame Dubois m’avait gentiment ouvert la porte, son mari lui avait montré comment faire et que, dans l’enthousiasme du moment, elle m’avait à son tour enseigné la technique du crochetage.

La deuxième serrure se montre plus récalcitrante, mais elle finit par céder sous l’effet conjugué des crochets et de ma menace. « Je te préviens, si tu ne te laisses pas faire, je te crache dedans ! »

Notre conjoint se tient debout face à la malle. Il hésite encore à en soulever le couvercle. Je propose à mon époux de m’accompagner chez les Dubois pour leur rendre le jeu de crochets. Quand nous remontons, nous le retrouvons affairé autour de la malle. Un vieil uniforme est posé sur le canapé, ainsi qu’un chapeau et un casque colonial. Je m’étonne que ce soit lui qui ait moins bien résisté aux outrages du temps. L’explication est pourtant simple, l’uniforme était enveloppé dans plusieurs couches de papier, le chapeau dans une boite, mais le casque n’était pas protégé.

La malle contient également diverses breloques, des décorations et des insignes militaires entre autres, une boîte remplie de 78 tours, un guide touristique complètement bouffé aux mites, un livret militaire, quelques papiers devenus illisibles, une carte d’État-Major qui est tombée en miettes quand nous avons voulu la déplier, un poignard dans son étui, des bibelots asiatiques, une correspondance, mais surtout un album « Souvenirs du Tonkin ». En l’ouvrant, nous avons tout de suite compris quel genre de souvenirs il contenait

Nous le feuilletons rapidement, parce qu’il nous apparaît urgent de débuter une séance de ciné-club, mais avant toute chose, il nous faut passer sous la douche parce que nous sommes recouverts de poussière. Combien je regrette qu’on ne puisse les prendre à trois, outre qu’on perd un temps fou, j’ai appris à les apprécier dans la maison de notre conjoint.

Une fois lavée, je m’installe sur le canapé, vêtue d’un déshabillé de soie qui n’est, certes, ni de prime jeunesse, ni très chic, mais qui a le grand avantage d’allumer dans le regard que ces messieurs portent sur moi, des étincelles de désir fort émoustillantes, ma foi.

Notre conjoint est le deuxième à passer sous la douche. Il s’amuse de mon regard lubrique quand il réapparaît dans le salon en kimono. Il singe la dégaine absurde et grandiloquente des mannequins défilant sur les podiums des diverses fashion-weeks. Il sait qu’en se déhanchant de la sorte, les limites du ridicule allègrement franchies, ses mâles attributs se dévoileront, l’air de rien. Putain, c’ qu’il est excitant, ce con ! J’essaie de rester stoïque, espérant que mon regard ne trahira pas ma pensée.

Mon mari sort de la douche, il porte une fois de plus son vieux pantalon à pince, bien trop juste. C’est sa nouvelle manie, il aime se sentir à l’étroit et ne sortir son sexe que lorsque l’inconfort commence à faire place à la douleur.

– Attendez-moi pour mettre le film… je vais nous préparer un petit plateau, vous m’en direz des nouvelles !

– Pff… ça va encore prendre des plombes… Tu veux bien m’enculer en attendant ?

– Il a demandé qu’on l’attende

– Pour le film ! Et puis… ça fait si longtemps… mon cul se languit de ta pine depuis si longtemps qu’il en a oublié les sensations…

– Mon ange, je t’ai enculée avant-hier, tu ne t’en…

– C’est bien ce que je te dis, avant-hier… autant dire une éternité…

– Dois-je comprendre que tu aimes quand… HAN !… j’enfonce ma grosse pine dans… hmm… ton accueillant joli cul ?

– Ooohh… tu… oui, comme ça… tu en doutes encore ?

Je pourrais devenir folle quand il pose ainsi sa main sur mon ventre, à l’orée du pubis, tandis que l’autre est arrimée à ma hanche. Mon époux adoré s’affaire en cuisine, en l’entendant siffloter, je réalise qu’il nous sera impossible de profiter pleinement du film si nous jouissons trop vite. Notre conjoint est un véritable maître en la matière, un maître doublé d’un poète. Je lui demande de ne plus bouger et de me caresser les seins.

– Je peux te poser une question en ayant la garantie que tu y répondras en toute franchise ?

– Bien sûr, mon ange !

– Tu n’avais vraiment jamais enculé aucune femme avant moi ?

– Tu as été la première et tu es la seule.

– Aucun homme non plus ?

– Aucun homme ! Mais pourquoi cette question, tout à coup ?

– C’est tellement facile avec toi… et si agréable…

– C’est que j’ai eu de bons professeurs, alors !

– Et que tu es un élève surdoué ! Tu veux bien soulever mon déshabillé pour dévoiler mon corps jusqu’aux reins ? (Il s’exécute) Maintenant… est-ce que… hmm… tu distingues quelque chose ?

– Je vois ma pine apparaître puis disparaître dans ton cul, dont je suis dingue soit dit en passant, apparaître… disparaître à chaque mouvement… ooh… que tu fais…

– Est-ce que… oh… tu… ooh… peux… voir comme c’est… doux… hmm… bon pour moi ?

– Oh oui, n’arrête pas !

Mon époux arrive enfin, tout sourire, un plateau entre les mains.

– Mais… je vous avais demandé de m’attendre…

– Vous aviez dit pour le film.

– Et d’une ! Et de deux… Ooohh… on n’a rien commencé du tout… ooh… je lui… montre… ooohh… pour le chat…

– Quoi ?! C’est quoi cette histoire de chat ?!

– Tu sais… la posture… ooohh… du chat… pour le… quand on a mal au dos !

– Ma chérie, l’émotion te trouble, ce n’est pas du tout ça ! Tu bouges d’avant en arrière ! Pour le dos, tu dois creuser tes reins… oui… comme ça… et après faire le dos rond… oui ! Alors que toi, tu avances puis tu recules !

– Quel chipoteur tu fais, mon chéri ! C’est presque pareil, non ? T’en penses quoi, toi ? Tu sens une différence ?

Je recommence la démonstration à maintes reprises, mais notre conjoint ne parvient pas à répondre à cette simple question (je le soupçonne d’y mettre un poil de mauvaise volonté).

– Le plus simple est que je vous cède ma place, mon cher, je suis trop novice en la matière.

Mon corps pleure de dépit quand il se retire, par chance, mon époux adoré parvient sans peine à le consoler. La séance de ciné-club peut enfin débuter.

Back to the city again ! – Septième épisode

Quelle journée, mes aïeux, mais quelle journée ! Pour une fois, plus de 80 % des copropriétaires étaient présents à l’assemblée générale. La salle était presque trop petite, il a fallu ajouter des chaises et même quelques bancs. « Ça favorise les rapprochements » a noté mon mari adoré d’un air angélique. Un vent de rébellion, fomentée par le couple Tran et le couple Sanchez, a soufflé chez les participants qui ont refusé de donner quitus au syndic. « Ça commence bien… » a prédit celui qui est officiellement le partenaire d’échecs de mon époux.

Quand est arrivée la question relative à l’installation d’un système de vidéosurveillance dans les parties communes, je me suis levée pour prendre la parole. Moi, qui suis très timide dans ce genre de circonstances, je me suis sentie galvanisée. Mon argumentaire tenait à l’origine en deux points.

Quelle serait l’utilité d’un tel dispositif étant donné le calme et la sécurité dans notre tour ? J’ai rappelé que le dernier cambriolage connu remontait au millénaire précédent, ce qui m’a valu les rires approbateurs des copropriétaires. Quant aux dernières dégradations, à savoir quelques tags autour des boîtes aux lettres et près de l’ascenseur, elles ont été commises au début des années 2010. Une voix a précisé « En juillet 2013 ».

J’ai abordé le second point avec plus de sérieux, voire du pathos dans la voix ou, comme le dit notre conjoint, « avec les trémolos de la tragédienne ». Il concernait l’utilisation de ces images, la grande probabilité qu’elles ne soient pas sécurisées et par conséquent utilisées à des fins commerciales, dans le meilleur des cas. « Qui peut me garantir que des malfaisants ne s’en serviront pas pour repérer de chez eux les résidents partant en vacances, estimer la durée de leur absence au nombre de valises ? Noter les horaires auxquels les actifs partent au travail, à quelle heure ils en reviennent ? » Un silence de mort s’est abattu sur l’assemblée, suivi rapidement par des murmures sur la gamme « Mais elle a raison ! ». La même assemblée a lancé des regards hostiles au représentant du syndic qui avait osé faire cette proposition. « Il doit toucher sa commission, à coup sûr ! »

Touchée par je ne sais quelle grâce, j’ai conclu par un troisième argument. « Au lieu de dépenser inconsidérément une fortune pour ce gadget coûteux, inutile voire dangereux, ne serait-il pas préférable de budgétiser la modernisation du système d’éclairage des sous-sols, ainsi que le propose la question suivante présentée par monsieur… euh… par monsieur et madame Sanchez ? »

Après une séance de deux heures, exit le syndic (charge à nous d’en trouver un nouveau), exit le projet de vidéosurveillance et accord pour la rénovation de l’éclairage des sous-sols.

Madame Tran est venue me saluer, elle m’a demandé si je serais intéressée pour participer à la recherche d’un nouveau syndic, offre que j’ai poliment déclinée. Madame Sanchez, émue aux larmes, m’a embrassée. « Je ne m’attendais pas à un tel soutien, ça fait au moins dix ans que je réclamais ça et… merci, merci ! » Désignant notre voisin officiel, qui se trouve être notre conjoint officieux, je lui ai répondu « Il nous a raconté ses péripéties de la semaine dernière, quand il s’était rendu à la cave… »

De retour à notre appartement, nous avons fêté cette victoire comme il se doit, puis mon époux a émis le souhait de reconstituer l’incident du deuxième sous-sol et de jouer le rôle de la mère Sanchez. De son côté, notre conjoint a voulu que je mette la même robe que l’autre jour.

– Elle n’est pas transparente, mais quand tu la portes, à chaque pas que tu fais, je devine les courbes de ton corps et… ouah, ça m’excite drôlement !

– Faudrait savoir, mon cher, une fois c’est ma jupe droite qui t’excite parce qu’elle est stricte, maintenant c’est ma robe légère parce qu’elle laisse deviner mes courbes…

– Il faut te rendre à l’évidence, ma chérie, la tenue ne fait rien à l’affaire, c’est toi et toi seule qui excites notre ami !

Je fais mine de maugréer « ben alors, pourquoi devrais-je porter la robe de l’autre jour ? », en réalité, ce compliment m’atteint en plein cœur. Ma robe légère revêtue, nous prenons l’ascenseur en direction du deuxième sous-sol. Hélas ! Nous sommes contraints de renoncer à la reconstitution, le couple Sanchez faisant visiter ledit sous-sol et constater l’état de vétusté de l’éclairage à une dizaine de copropriétaires. Nous sommes surpris d’apprendre que nombre d’entre eux n’utilisent pas leur cave. Nous nous esquivons bien vite.

Je suis en train de préparer un plateau d’amuse-gueule pour notre séance de ciné-club quand le téléphone de notre conjoint se met à sonner. Je ne prête pas attention à ses propos jusqu’à ce que j’entende « Envoie-moi ses coordonnées, j’aurais une proposition à lui faire. » Il raccroche, vient me retrouver dans la cuisine.

– Je dois remonter chez moi, j’en ai pas pour longtemps, commencez pas sans moi !

À mon mari, qui lui emboîte le pas, il explique « Attends-moi ici, je vous en dirai plus à mon retour. Vous commencez pas sans moi, hein, promis ? »

Il revient après un bon quart d’heure et nous explique.

– Un ancien collègue, un gars bien, que j’ai formé il y a plus de vingt ans, m’a demandé si, par le biais de mes relations syndicales, je n’aurais pas connaissance d’un plan pour un logement pas cher en proche banlieue. Son neveu a trouvé un boulot sur Paris, mais comme vous vous en doutez, le hic c’est le logement. J’ai rappelé le gars, il vient visiter mon appartement à la fin de la semaine et si tout se passe bien, j’aurais un locataire ce qui me permettra de garder malgré tout un pied-à-terre à Paris, tout en ne me coûtant pas d’argent. Quant à lui, il pourra être confortablement logé en plein 13e à un tarif défiant toute concurrence.

Fort de l’effet produit, il boit une grande rasade du Champagne qu’il a ouvert pour la circonstance, s’étrangle à moitié, tousse « Ça pique ! » avant de conclure.

– Je vais donc pouvoir m’installer dans ma pampa sans avoir à vendre mon appartement parisien. Dans ces conditions, est-ce que votre proposition tient toujours ? À savoir, nous vivons tous les trois dans notre maison la plupart du temps, et le restant dans votre appartement ?

– Non !

Surprise, je sursaute à cause de la violence du ton de mon époux.

– Si tu dis « notre maison », tu dois dire « notre appartement ».

– Tu m’as fait peur, mon chéri !

– Je tenais juste à ce que les choses soient claires.

– On devrait faire une cérémonie officielle devant témoins et tout !

– T’as raison, mon ange, et comme témoin, on pourrait demander à madame Sanchez, par exemple !

– Moquez-vous, messieurs, moquez-vous… de toute façon, notre situation va bien finir par être officielle un jour ou l’autre… Rhô… j’imagine la tête de nos gamins quand on leur annoncera la nouvelle…!

Affalée sur le canapé, entre mes deux hommes, j’écoute plus que ne regarde le film. Les cuisses ouvertes, je me laisse aller à leurs caresses. Surpris que je ne les caresse, ni ne les embrasse en retour, ils s’inquiètent de mes pensées.

– Je me demandais si tu n’aurais pas un roman-photo ou une BD qui me permettrait de réviser pour nos nuits de noces…

– Notre nuit de noces, tu veux dire…

– Pourquoi devrions-nous nous contenter d’une seule ?

– Voilà la femme que j’aime !

– Et moi donc !

– Et voilà les hommes que j’aime 

Nous décidons que, y a pas à chier, faudra absolument aller brûler un cierge à Saint-Covid.