Aux plaisirs discrets ~ Onzième épisode – Monsieur Dumont, le débriefing

Ma cigarette fumée, j’observe monsieur Dumont par la vitre, j’attends qu’il ait achevé la lecture des quelques feuillets que je lui ai remis plus tôt. Quand c’est fait, je le rejoins.

– Alors, t’en penses quoi, monsieur Dumont ?

– Hé bien, ma chère… Geneviève… ma première pensée est que tu es un sacré aimant à doux taré inoffensif. En temps habituel, les aimants attirent le fer et toi… c’est le doux taré inoffensif… c’est toujours bon à savoir !

– Bon, maintenant que tu m’as bien chambrée, t’en penses quoi ? Tu comprends pourquoi je me sens plutôt déstabilisée ?

– C’était si bon que ça ?

– Même meilleur…

– Un nouveau Titi 7-7 ?

– Pff… t’es con ! Rien à voir ! Titi, c’est… comment dire ? Un vieux routard de la bite, un expert en la matière. Je crois qu’il serait capable de faire jouir un trou de serrure, s’il lui en prenait l’envie ! Valentin est délicat et avec lui, c’est moi l’experte !

– Par pur souci d’objectivité, pour que ce débriefing ait une quelconque utilité, je voudrais savoir… Quelles ont été les confidences de Valentin ? Ne souris pas comme ça ! Non, très chère amie, ce n’est en aucun cas de la curiosité !

– De toute façon, j’aurais fini par te le dire… J’en reviens toujours pas. En fait, il ne jouait pas un rôle, il était réellement encore puceau ! À son âge… Bel homme comme il est… encore puceau ! À trente-six ans ! Tu l’aurais vu ce matin… Quand j’ai ouvert les yeux, bordel ! Quel tableau ! Valentin assis près du bureau, en train de se branler lentement, en me regardant… quelle beauté ! On aurait dit un Rembrandt…

– Un Rembrandt, rien que ça !

– La lumière du soleil filtrée par les rideaux, la pénombre, son air serein… La douceur de ses gestes et de son regard sur moi… Bref. Je m’approche de lui, je lui demande de délacer le corset que j’ai gardé toute la nuit. Il le délace. Je lui fais constater ma peau fripée, froissée. Il se confond en excuses. Je lui dis de fermer les yeux, de les rouvrir quand je le lui dirai. Je retire le corset, j’enfile la culotte blanche, je m’assieds en travers de ses cuisses, je lui dis de rouvrir les yeux. Putain, son sourire ! Sans dire un mot, je prends sa main, la pose sur ma culotte, imprime le geste attendu. Il me regarde droit dans les yeux, son sourire… Valentin a retrouvé sa poupée. « Ah, te voilà enfin ! Mais t’étais passée où, cette nuit ?! Figure-toi qu’il s’en est passées de belles ! Non. Je ne t’en dirai rien. Fallait être là ! » Tout en disant ces mots, il me caresse par-dessus la culotte. Et son monologue continue. « Comment ça “où j’ai appris à faire ça ?” ? Ça te plaît ou ça ne te plaît pas quand je te touche comme ça ? Attends… je… vérifie… » Il glisse son autre main sous ma culotte, pour un sondage météorologique…

– Un sondage météorologique ?

– Ben oui, quoi ! Valentin veut vérifier la température et le taux d’humidité de ma chatte… en d’autres termes « un sondage météorologique ». Bref. Tu aurais vu ses yeux et son sourire quand il constate à quel point c’est chaud et humide. Et que ce sont ses caresses qui me mettent dans cet état-là… Quel merveilleux tableau ! La joie se fond peu à peu en sérénité. Il me caresse toujours, une main sous ma culotte, l’autre par-dessus… Oui. Un Rembrandt, parce qu’à ce moment, Valentin ressemble à un saint.

– Saint Valentin, c’est plutôt cohérent.

– T’es bête ! Non, je t’assure… Il ne me lâche pas du regard, attentif à la moindre de mes réactions… et son sourire… Il me fait jouir. Sa main sous ma culotte caresse désormais mes poils… Si je te raconte tout ça, c’est pas par plaisir, hein. Soyons clairs ! C’est pour te situer le contexte. Te marre pas !

– Non, j’ai bien compris. C’est pour dresser le tableau, en quelque sorte.

– Bref. Il attend un peu après m’avoir fait jouir. Désormais il me caresse du regard. « Tu sais, si tu le voulais, je pourrais jouer avec toi, comme ça, chaque matin, petite poupée ! » Il connaît la règle et l’a acceptée. C’est et ça restera un one-shot, il sait que je serai inflexible sur ce point. De mon côté, je sais qu’il ne trouvera pas facilement une autre femme prête à jouer à la poupée dans les conditions qu’il impose et c’est de cette façon qu’il veut… qu’il peut faire l’amour à une femme. Culotte Barbie comprise. Bref. Puisque nous allons petit-déjeuner ensemble, puisque de toute façon, il n’est que six heures du matin, la poupée s’anime. Je me lève, enlève ma culotte,, enfile le corset à la hâte, sans prendre la peine de le lacer, me dirige vers le lit « Viens par ici, Valentin, encapuchonne cette verge dressée vers les cieux et viens me montrer ce que tu as retenu de cette nuit ! » À ce moment, me prend l’idée de le taquiner, de m’amuser un peu en profitant de la situation. Pourtant, tu me connais, c’est pas mon genre !

– Ah, ça… pour sûr, c’est pas ton genre ! Pas ton genre du tout !

– Tu me diras, je n’en doutais pas. Bref. Je me couche sur le dos, les pieds bien à plat sur le bord du lit, les cuisses largement écartées et je lui demande « Comment me ferais-tu l’amour dans cette position, Valentin ? » Puisqu’il semble hésiter. C’était le but recherché, soit dit en passant…

– Je n’en doute pas une seconde ! Je reconnais bien là ton goût pour le partage des connaissances… Tu te devais de le faire !

– Bon. Bien que… Tu as une drôle d’intonation, si je ne te connaissais pas comme je te connais, j’aurais pu, éventuellement, incidemment, y déceler comme une légère pointe d’ironie… Bref. Je lui dis « Approche, Valentin, je vais te montrer » J’attrape sa queue « Tu commences par caresser ma vulve avec ton sexe… hmmm… bien tentant ! C’est toujours flatteur, pour une femme, de sentir un sexe dur comme ça ! Après quelques caresses, tu positionnes ton gland… là… à l’entrée du vagin… » Je t’ennuie, non, avec tous ces détails, monsieur Dumont ?

– Pas le moins du monde, pas le moins du monde !

– Ah bon ? J’avais cru… Bref. Je place son gland à l’entrée de mon vagin et je poursuis mes explications. « Et maintenant, tu vas me pénétrer le plus lentement possible… oui… comme ça… tu pénètres en territoire inconnu, tu dois être attentif… Regarde comment t’y prendre… Non, pas mes yeux ! Regarde la pénétration… Voilà… Lentement. Voilà… Arrête-toi un peu. Tu sens comme c’est bon ? Continue… lentement… aussi profond que tu peux… Oui. Tu sens comme j’aime ce que tu me fais ? Oui ? Voilà… Et maintenant, tu te retires d’un coup ! » À cet instant, je lâche sa queue et je lui dis « À toi de jouer, Valentin ! Fais-la jouir, ta poupée, mais laisse-la exprimer son plaisir ! » La perspective lui a bien plu. Bref. On a fait l’amour, il m’a fait l’amour… comme un putain de dieu ! J’étais folle de plaisir, complètement déchaînée, moi qui suis d’un tempérament pondéré…

– Oui. On peut le dire !

– Et quand je lui ordonne « Regarde, regarde ta queue, regarde ce dont elle est capable regarde comme elle me fait jouir ! », la folie nous emporte. On prend un pied pas possible. Bref. On se rhabille, je lui rends son corset, il me tend ma culotte. « Non. Garde-la, en la regardant, tu penseras à la jouissance qu’elle contient et que cette jouissance, c’est à toi qu’elle la doit. Tu penseras à moi, puisqu’on ne se reverra pas. » Ses yeux se mouillent de larmes. « Comment pourrais-je renoncer à toi, Geneviève ? Comment pourrais-je en désirer une autre, maintenant que je te connais ? Maintenant que je sais que tu existes ? » Et moi, brave poire… tu me connais…

– Non ?! Ne me dis pas que…

– Non, pas tout à fait. Je lui ai dit que je devais y réfléchir, mais de toute façon glabre du pubis. Niet. « Mais jouer à la poupée ? » « Ah, ça oui ! Sans aucun problème. J’aime beaucoup. Sauf que si tu pouvais trouver un autre motif sur ta culotte, voire aucun, j’aimerais autant… »

– Donc, tu vas le revoir.

– Non. Ma décision n’est pas encore prise… mais ça reste une éventualité… J’y réfléchis encore… Bon, parce qu’il faut bien admettre que si je revois Titi pour le plaisir des sens, pourquoi m’interdirais-je de revoir Valentin ? Mais bon, je dois y réfléchir, ma décision n’est pas encore prise…

– Je vois ça…

– C’est quoi ce sourire ? Je suis sérieuse. On ne peut plus sérieuse ! Là, telle que tu me vois, présentement, là, assise face à toi, là, je pèse le pour et le contre. Bref. Le contre… le contre… euh… le contre… C’est la règle intangible, une fois et basta ! Et puis, il n’a pas de poil… Bon. Passons au pour… Bon, ben le pour, voilà, quoi ! Ah oui, y a du lourd pour le pour… Dis-moi…

– Quoi ?

– T’as une idée du temps de repousse des poils pubiens ?

Aux plaisirs discrets ~ Dixième épisode – Valentin (suite et fin)

Valentin m’allonge sur le lit, s’assied sur le fauteuil, penche la tête pour mieux regarder le tableau que je lui offre, semble réfléchir, se relève, me couvre le visage, les épaules, la poitrine, le ventre, les bras de baisers pudiques et légers. Il pose ma main gauche sur ma culotte, écarte un peu plus mes jambes avant de se rasseoir et de me regarder.

– Par quelle tenue vais-je commencer ?

Devant la commode, Valentin ouvre un tiroir, en sort une robe, se retourne comme pour vérifier, me regarde, se ravise, range la robe dans son tiroir, ouvre un autre tiroir, recommence son manège. Dès le deuxième tiroir ouvert, profitant qu’il me tournait le dos, j’ai glissé ma main dans ma culotte et me caresse doucement comme s’il ne pouvait pas le remarquer.

Quand il se retourne, il s’en aperçoit immédiatement, ses yeux s’écarquillent, un sourire irrésistible naît sur ses lèvres, il porte sa main à son sexe par-dessus sa culotte Barbie, mais se ravise pour ne pas froisser la robe qu’il tient entre ses doigts. Il revient vers moi, me relève en me grondant.

– Mais où tu as mis ta main, vilaine ?! Regarde-moi ça, elle est toute… sale !

Il dit ce dernier mot avec une telle excitation dans la voix que mon corps s’enflamme comme une omelette norvégienne qui n’attendait que la flamme d’une allumette pour s’embraser et quand il entreprend de lécher, de sucer mes doigts pour les nettoyer, je vacille comme enivrée.

Valentin m’habille de cette robe près du corps, avant de remonter la fermeture-Éclair, il replace correctement mes seins dans la robe, j’aime sentir le tremblement de ses mains, ses caresses encore hésitantes, j’aime tout autant sentir son souffle sur mes épaules, entendre ses petits cris contenus, sentir la chaleur de son corps sur mon dos. Je me cambre pour sentir son sexe raide de désir et me frotter contre lui. La fermeture-Éclair remontée, il retourne à son fauteuil, me regarde, sa main serrée sur ses bourses. Il se relève, m’installe sur le lit, se rassied, se touche un peu plus longtemps avant de me déshabiller et d’aller choisir une autre robe.

Je n’ai jamais vécu une expérience aussi paradoxale, elle a débuté comme une mauvaise blague, cependant, en voulant ne pas peiner Valentin, en acceptant de jouer à la poupée, me voici emportée dans son fantasme, s’il m’autorisait à parler, je pourrais le supplier de me faire l’amour. Ai-je déjà désiré un homme aussi fort que je désire Valentin ? Il est fort probable que oui, mais à cet instant précis, je veux croire que non.

La quatrième robe remisée dans son tiroir, Valentin décide qu’il est temps de m’habiller avec une robe plus sensuelle, il la sort de son tiroir, se retourne, me regarde et me demande d’ôter ma culotte « trop enfantine ». Je m’exécute.

– Mais qu’est-ce que c’est que ces poils ? Il va falloir épiler tout ça !

– NON !

Ma voix est rauque de m’être tue si longtemps, elle produit un effet inattendu sur Valentin. Il range la robe qu’il s’apprêtait à me mettre, ouvre sa valise, en sort une tenue que j’ai du mal à distinguer. Quand il est près de moi, je réalise que c’est un corset en faux cuir noir. En le laçant, Valentin m’explique qu’il l’a cousu à mes mensurations, comme toutes les autres tenues, mais qu’il n’avait pas osé imaginer m’en revêtir.

Pour la première fois, Valentin se colle ouvertement contre mon dos, me caresse les seins, sa main descend jusque mon pubis, nos petits cris sont à l’unisson. « Que tu es belle, ma poupée, que tu es belle ! » puis, se ravisant, « Que vous êtes belle, Geneviève ! Admirez le spectacle ! » Il déplace le miroir afin que je puisse m’admirer en pied. Putain, c’est vrai que je suis belle comme ça ! Un genou à terre devant moi, Valentin me supplie.

– Prenez mon innocence, Geneviève, apprenez-moi l’amour !

Putain, le con ! Sa voix, ses mots, son regard… et tout le reste, j’ai un orgasme au bord des lèvres ! Je plaque son visage contre mon pubis et lui demande de goûter mon sexe. La douce timidité de sa langue me fait jouir très vite. J’ondule tout en tenant fermement sa tête contre moi et en l’enjoignant de me lécher encore. Puis je relâche mon étreinte, lui demande de se relever, de m’embrasser. Nos langues nous offrent un plaisir auquel Valentin ne s’attendait pas, alors je lui dis qu’il est temps d’ôter sa culotte. À mon tour, je le gronde.

– Qu’as-tu fais de tes poils, Valentin ?! Tu crois que c’est des manières pour me séduire ?! Tu as la chance que je sois bien gentille, sinon… Allez, allonge-toi sur le lit et enfile une capote pendant que je donne assez de lumière.

Il m’obéit. Son sexe épilé me met un peu mal à l’aise, néanmoins, je m’accroupis au-dessus de Valentin, tremblant d’excitation. Il joue bien son rôle, quand même !

– Garde les yeux bien ouverts, je veux voir ton regard quand je te déflo… quand je prendrai ton innocence !

Je m’empale lentement sur lui. Valentin murmure des mots que je n’entends pas. Il veut jouer au puceau déniaisé par une amante experte, soit. Je décide de me mouler dans le rôle qu’il m’a attribué en lui faisant l’amour comme j’imagine qu’aurait pu le faire une professionnelle dévolue à cette fonction, une professionnelle consciencieuse, attentive au plaisir de son jeune client.

En quelques mots, je lui indique comment faire, ce qui me plaît, et par voie de conséquence, ce qui plaît aux femmes. Son regard, entre extrême attention et découverte, participe au plaisir que je prends à ce scénario, Valentin est certainement le meilleur acteur qu’il m’ait été donné de rencontrer.

– Oui, comme ça… quand tes mains remontent le long de mon dos… oui, c’est bon… Ne retiens pas tes cris, ne les retiens pas… Ta bouche, Valentin, appelle les baisers !

Je me penche vers son visage, nos gémissements de plaisir rebondissent dans nos bouches réunies donnant une sensualité incroyable à la danse lascive de nos langues emmêlées. Ses mains deviennent folles, en posant les miennes dessus, je l’enjoins à agripper mes hanches et à marquer la cadence de mes va-et-vient. Il arrache sa bouche de la mienne.

– Je vais jouir, Geneviève, je vais… je vais jouir !

D’un geste, dont la rapidité m’étonne moi-même, je saisis la base de son sexe et maintiens fermement le préservatif. Valentin et moi ne nous quittons pas des yeux, la lumière de son regard est sublime. Et son cri…! Un râle qui me fait l’effet d’un coup de fouet d’une cinglante douceur. Je trouve que Valentin surjoue un peu quand il me remercie comme il le fait.

Allongée à ses côtés, je retire la capote, la noue et change de position pour me pencher sur son sexe. L’absence de poils m’est vraiment désagréable.

– J’ai envie de découvrir un plaisir en même temps que toi, tu veux bien ?

Puisque Valentin est d’accord, je lèche son sexe flapi et me délecte de son sperme.

– Je voulais connaître le goût de ton sexe après l’amour.

– M’autorisez-vous à découvrir celui du vôtre, Geneviève ?

– Au point où nous en sommes, je préfère que tu me tutoies !

Je ne saurais dire si ce sont mes baisers ou si c’est le goût de mon sexe, mais je sens que Valentin rebande. Quelle folie de sentir une bite toute molle et rétrécie, s’allonger et durcir dans ma bouche ! Une grande part du plaisir que je prends en découle.

Plus tard, lovée dans ses bras, je le branle doucement en écoutant ses confidences qui achèvent de me sidérer. Il aime mes caresses et voudrait me rendre la pareille, je lui apprends à me faire jouir avec ses doigts. L’orgasme qui me saisit alors me fait frôler la mort. Et ressusciter aussitôt.

Nous nous endormons en nous disant de jolis mots, je ne doute pas de la sincérité de l’amour qu’il dit éprouver pour moi à cet instant précis.

Geneviève Duval

Aux plaisirs discrets ~ Neuvième épisode – Valentin

– Bonjour, madame Duval !

– Bonjour, monsieur Dumont

– Ce manque d’entrain trahirait-il une déception, une déconvenue ou, comme je te le souhaite, une fatigue née d’une nuit de sexe torride ?

– Je ne saurais pas nommer précisément la raison… sexuellement, c’était plutôt bon, psychologiquement… moralement, plutôt déstabilisant… Tiens, on en reparle ensuite…

– Aaah ! Ton rapport post-coïtal ! Aurais-tu une précision à apporter en guise de préambule ?

– Tu me connais bien, monsieur Dumont !

– Je m’y efforce, madame Duval, je m’y efforce !

– Disons que j’ai un peu tiqué quand j’ai vu qu’il portait une culotte à l’effigie de Barbie…

– Quoi ?! À l’effigie de Barbie ?! Quel affront pour qui connaît la haine que tu voues aux régimes dictatoriaux et particulièrement aux méchants nazis !

– Ah ah ! T’es con ! Tu parviens toujours à me faire rire ! Je ne parlais pas de Klaus, mais de la poupée !

– Ah oui… c’est moins grave… quoique… un slip avec la poupée Barbie… c’est chelou comme on disait quand on était jeunes.

– Non, non… pas un slip, mais une culotte… Lis pendant que je vais fumer une clope… Pff… Klaus Barbie… Pff des fois, t’es tordu dans ta tête, monsieur Dumont !

– Venant de ta part, ce serait presque un compliment, madame Duval !

Valentin (mais est-ce son prénom ou s’est-il choisi ce pseudo comme j’ai choisi celui de Geneviève ?) a une photo de profil des plus séduisantes, certes il a certainement triché, en a posté une datant de quelques années, quoi qu’il en soit, il a su attirer mon attention. Il me faut reconnaître que je me découvre une appétence pour le sexe que j’ignorais jusque-là. Il me faut aussi, à mon grand regret, reconnaître que les soirées de baise avec Titi me manquent, j’en arrive à compter les jours avant notre prochain rendez-vous. Comment mon corps peut-il désirer autant un homme que mon esprit méprise au plus haut point ?

Lors des échanges que j’ai eus avec Valentin, il m’a fait part de sa peine à trouver des femmes pour jouer à la poupée avec lui. Je le rassure sur ce point, mais en mon for intérieur, j’ai du mal à croire qu’un bel homme comme lui puisse galérer à assouvir ses fantasmes. Lors de nos échanges, il me demande mes mensurations, je les lui donne avant d’oublier aussitôt ce détail noyé dans un flot de messages

Nous décidons que, quoi qu’il se passe ou ne se passe pas entre nous, nous passerons la nuit ensemble. Je réserve la chambre et deux petits-déjeuners. Nous nous retrouvons devant l’hôtel, moi avec mon petit sac de voyage à la main, lui avec une valise qui me paraît bien grande pour une seule nuit, mais peut-être est-il provincial, qu’il s’apprête à passer plusieurs nuits à Paris et que je ne suis pas son unique rendez-vous.

Parce qu’il est vraiment très beau… et paraît un poil plus jeune que sur sa photo. Il sourit en me voyant, j’ai l’impression qu’il me déshabille du regard. Ses premiers mots sont, d’ailleurs, « Aah ! Vous ne m’avez pas menti, j’en suis ravi ! » J’acquiesce en silence.

Lors de nos échanges, il m’a demandé si je serais d’accord pour ne pas ouvrir la bouche tant qu’il ne me le demandera pas, ni pour parler, ni s’il pose ses lèvres sur les miennes. J’ai accepté (tu noteras l’effort concédé !). Je ne serai donc pas une poupée qui parle.

Dans l’ascenseur, il couvre mon visage de baisers et se dit impatient de jouer avec la belle poupée que je suis. Je ne pipe pas un mot. J’ouvre la porte de la chambre, il me prend par la main et, après avoir refermé la porte, me guide jusque devant le lit.

– J’espère que tu portes la culotte que je t’avais demandé de porter !

Parce que dans nos échanges, il m’avait demandé d’acheter une culotte de coton, blanche du genre « Petit Bateau » et de la porter sous mes vêtements au moment de notre rencontre. Au point où j’en étais, j’avais accepté.

Une autre chose le ravit, c’est la commode (nous sommes dans la chambre 12), il me demande de me retourner, de fermer les yeux, le temps qu’il range les petites affaires qu’il a apportées et qu’il se mette en tenue. J’obtempère (toujours en silence).

Après un moment, qui m’a paru assez long, Valentin me fait pivoter pour que je me retrouve face à lui et me demande d’ouvrir les yeux. Je crois que ma bouche s’ouvre aussi largement que mes yeux quand je le vois, vêtu d’une chemise de nuit rose qui lui arrive en haut des cuisses, je pourrais écrire « une nuisette », seulement elle est en coton, comme les chemises de nuit des fillettes et quand il écarte les bras en chantonnant un « ta-din ! » je remarque qu’il porte une culotte avec la tête de la poupée Barbie imprimée dessus.

Valentin tend ses mains vers moi et entreprend de me déshabiller, il plie mes vêtements avec soin et, comme s’il voulait s’assurer de la réalité de la situation, touche mon corps du bout de son index. Plus tard, dans la nuit, il m’expliquera que je suis la première à ne pas m’être enfuie à la vue de sa tenue, à ne pas m’être enfuie ou à l’avoir chassé de la chambre.

Dire que j’ai vécu quarante-huit ans sans savoir à quel point ma poitrine pouvait plaire aux hommes ! Valentin, comme les autres, s’extasie devant la forme de mes seins, leur tenue, la beauté de mes mamelons qu’il qualifie de virginale. Je dois reconnaître que j’aime vraiment leurs compliments et que ça participe à mon excitation.

Quand Valentin découvre ma culotte, il devient fou de bonheur, il la touche, la caresse, la renifle, me caresse un peu. Je me demande comment il fait pour ne pas se tordre de douleur tant sa bite semble compressée dans sa petite culotte. Je m’en veux un peu, mais je commence à trouver la situation hyper excitante.