Les souvenirs de Tatie Monique – L’épouse adultère

– Ah ah ! Je vous prends sur le fait, madame l’infidèle !

Normalement, j’aurais dû avoir l’air surprise, paniquée, un peu honteuse et aurais dû m’écrier « Ciel, mon mari ! », mais en voyant Christian ainsi attifé, j’ai éclaté de rire. Pour ce deuxième et dernier jeu de rôle, Alain était de la partie. L’idée l’avait séduit, amusé, excité. Nous devions nous retrouver chez lui, mais comme si c’était chez nous, Christian et moi, comme si nous étions mariés et que mon époux nous surprenait.

Je portais une tenue qui faisait « respectable », Alain avait joué le jeu, mais je n’aurais jamais imaginé que Christian arriverait ainsi vêtu. Il me fit les gros yeux, sortit du salon. Je repris mon rôle, assise aux côtés d’Alain, qui caressait mes cuisses, passant ses mains sous ma jupe relevée. Mon chemisier dégrafé laissait entrevoir mes seins, que j’avais fait sortir de mon soutien-gorge. Pendant qu’il m’embrassait, me caressait, je glissai ma main dans la braguette de son pantalon, son sexe énorme semblait grossir encore.

– T’es trop bandante, Monique ! Trop bandante…

J’aimais comme ce mot résonnait à mes oreilles, quand l’accent de ces hommes du sud le faisait rebondir. J’aimais l’excitation permanente dans laquelle je me trouvais depuis ce long voyage en train.

– … T’es trop bandante, quand tu m’embrasses… Viens… Non ! Pas comme ça… Je veux te lécher aussi… t’es trop bandante…

Le scénario prévoyait que Christian nous trouvât, Alain et moi, assis côte à côte, lui la main entre mes cuisses, m’embrassant dans le cou et moi le branlant. Ensuite, Christian devait m’ordonner « de le faire » devant lui, mais j’étais déjà trop gourmande et j’aimais déjà sucer Alain presque autant que j’aimais sucer Christian et j’aimais aussi la sensation d’une langue, quelle qu’elle fusse, léchant mon sexe.

Dessin de Tom Poulton

Quand Christian ouvrit la porte de la pièce, il n’eut pas à feindre la surprise et c’est avec naturel que je m’écriai « Pardon, pardon Christian ! »

– Continue ce que tu as commencé !

Je vis Christian porter la main à son pantalon, sortir son sexe et commencer à se branler, avec cette lueur étrange dans le regard, un mélange d’excitation, de bonheur et d’amour. Aussi surprenant que cela puisse paraître, je suçai Alain avec tout l’amour que j’éprouvais pour Christian et tout le plaisir que m’offrait la situation… Bon sang ! Comme la langue d’Alain était experte ! Comme sa bouche savait ce dont mon sexe avait envie ! Ses baisers savants, gourmands parvenaient même à devancer mon désir. J’aimais aussi quand il s’interrompait pour offrir ma chatte ouverte à la vue de Christian.

– Regarde comme je la fais jouir, ta Monique ! Regarde comme elle est bandante !

– Oooohhh… !

Christian venait de se pencher sur mes fesses, pour mieux regarder ce qu’Alain lui montrait. Leurs doigts qui m’écartelaient, le souffle de Christian… sans m’en apercevoir, je m’étais cambrée pour offrir mon derrière à ses baisers, mais c’était la langue d’Alain qui se faisait active. 

Je léchai la queue d’Alain sur toute sa longueur, du bout du gland jusqu’aux couilles, en suivant les petits sentiers sinueux de ses veines, mais alors que je m’apprêtai à en faire autant avec celle de Christian, celui-ci, après avoir scruté mon derrière, avoir constaté à quel point mon corps était accueillant, excité par les caresses et les baisers de son ami, combien il serait facile pour lui de me prendre, recula d’un pas et prit place dans le fauteuil qui faisait face au canapé. 

Il posa son cartable ridicule sur ses cuisses, comme un rempart qui m’interdisait de voir ses doigts aller et venir le long de sa magnifique queue. Entre surprise et déception, je cherchai à comprendre la raison de son attitude. Son joli sourire me signifiant de ne pas m’en soucier, je repris mes baisers d’une langue humide.

Alain attrapa sa bite et me la mit dans la bouche, sans pour autant décoller ses lèvres de ma vulve. J’avais l’impression que mes caresses, mes baisers, mes coups de langue devenaient plus savants, grâce au talent de ceux d’Alain.

Ses doigts dans mon vagin se comportaient comme des voyous et je reste convaincue que ce sont eux qui ont débloqué ma gorge. J’accueillais, pour la première fois, la presque totalité de son énorme sexe et à chaque va-et-vient de ma bouche, j’en visualisais la progression. 

Une pensée absurde, incongrue, faillit me faire éclater de rire. J’avais eu la vision de ma luette comme un punching-ball miniature, auquel son gland essaierait d’asséner une série de coups droits. Cette image s’effaça aussi rapidement qu’elle s’était imposée à moi, emportée par cette vague de plaisir animal, sauvage, indomptable.

Mon cri étouffé, bloqué dans ma gorge par le gland de cette verge épaisse, contrarié d’avoir à faire le chemin inverse, traverser mon corps, se tapir aux creux de mes tripes, m’obligea à déglutir, pour ne pas mourir de plaisir.

– Ô, pute vierge ! Ô, tu me fais venir… !

Plus Alain scandait ce reproche flatteur, plus je me déchaînais, me libérais de ces carcans qui m’avaient façonnée sans que j’en aie eu conscience. Une nouvelle salve de « Ô, pute vierge ! » ponctuée de son écho « Je viens… je viens… ! » et je sentis un jet chaud, puissant, salé, se déverser dans ma gorge. À l’instar de celui d’Alain, mon orgasme était interminable, je sentais mon ventre tressauter, sans que je puisse le contrôler. Sans en avoir l’envie, surtout ! 

KO, je m’écroulai, comblée, vaincue tout autant que victorieuse, aux côtés d’Alain et alors, alors seulement, je regardai Christian, surprise de l’avoir oublié. 

Il avait reposé le cartable à ses pieds, s’était rhabillé et son regard, son sourire m’indiquaient qu’il était lui aussi repu de plaisir, heureux.

J’aimais m’exhiber devant lui, jouir pour lui, pour qu’il jouisse de moi ensuite, mais en cette après-midi, il m’offrit ce cadeau inestimable, comprendre que je devais avant tout jouir pour moi.

Les vacances s’achèvent, avant de repartir Tatie Monique rencontre Catherine

Les souvenirs de Tatie Monique – L’écolière

Charlie a fait une lecture érotique de ce texte, vous pouvez l’écouter en cliquant sur ce lien.

Durant cet été 1974, j’ai découvert de nombreux plaisirs avec Christian, mais je lui en ai fait découvrir aussi certains. Nous pensions avoir peu de temps devant nous, nous craignions que notre romance ne s’achève à mon retour sur Paris. La vie était tellement injuste… tellement injuste… ! Il était l’homme de ma vie, j’étais la femme de la sienne, nous nous étions trouvés, mais maintenant que je le savais, qu’il me savait, les kilomètres allaient déchirer notre belle histoire d’amour, la froisser et la jeter à la poubelle comme on le fait d’un prospectus indésirable ! 

Il ne nous restait que deux semaines pour jouir de notre amour, alors, nous avons décidé d’en jouir pleinement, de laisser libre cours à notre imagination. Je me souviens de ce premier jeu de rôle… J’avais demandé à Christian de m’accompagner à la ville, rien que nous deux. Quand il me vit arriver, il éclata de rire.

– Avec cette tenue, on croirait une écolière ! Il ne te manque qu’un cartable et deux couettes et…

– Attends ! Je reviens !

J’entrai en trombe chez Bonne-Maman, qui me regarda, surprise.

– Christian trouve que je ressemblerais à une écolière, si j’avais deux couettes et un cartable ! Je veux lui faire une blague… mais chut !

Bonne-Maman me sourit, se leva et sortit de la salle à manger. J’étais en train de nouer ma deuxième couette quand elle revint avec un grand sourire… et un vieux cartable à la main ! Elle me le tendit, mais paraissait dubitative. Enfin, elle lâcha

– Je crois que deux tresses feraient plus « écolière » que tes deux couettes… Viens par ici, que je t’arrange ça…

Je me laissai coiffer, étonnée de tant d’habileté, ma grand-mère n’avait pourtant tressé aucune jeune fille depuis des lustres ! Le temps de le dire, elle avait fini. Je me regardai dans le miroir, deux longues tresses blondes encadraient mon visage, masquant une bonne partie des bretelles du cartable sur mes épaules, je souriais. Bonne-Maman me fit sortir, accompagnant sa claque sur mes fesses d’un joyeux « Allez, file… mauvaise troupe ! »

Je rejoignis Christian qui me demanda, tout en riant, si Bonne-Maman m’avait vue ainsi.

– C’est elle qui m’a coiffée ! Et qui m’a donné ce cartable !

– Et ça ne te gêne pas ?

– Non ! Comment veux-tu qu’elle devine ? Et puis, elle me dit que je lui rappelle sa jeunesse… Quand elle me dit « Profite, profite, ma toute petite ! », j’ai le droit de le comprendre comme je veux, non ?

Alors, il me raconta que la dernière fois où il était allé rendre visite à sa grand-mère, elle l’avait houspillé, lui reprochant de perdre du temps avec elle, au lieu de le passer avec « la Monique » et de « profiter ».

Après plus d’une demi-heure de route, nous arrivâmes en ville. Je demandai à Christian de se tenir à l’écart de moi. Je m’assis à une table de la terrasse du bar-tabac-PMU, il s’installa sur un banc, de l’autre côté de la place. Je commandai un diabolo-fraise « avec une paille » et attendis qu’un poisson morde à l’hameçon. J’aimais regarder les bulles qui explosaient dans mon verre tandis que je soufflais dans la paille au lieu d’aspirer.

– Tu as perdu un pari ?

Je levai mes yeux pour regarder le poisson que je venais de ferrer. « Tiens, un bidasse… » sa coupe de cheveux ne laissait subsister aucun doute à ce sujet…

– En quelque sorte…

Il me dragua bêtement. Je fis semblant de succomber à son discours de pacotille. Après un quart d’heure de bavardages oiseux, il me demanda si je connaissais cette ville, je répondis « Non ». Ce qui était la stricte vérité. Il me proposa de me la faire découvrir, ce que j’acceptai. Il m’entraîna derrière l’église, dans une sorte de terrain en friche, me plaqua contre un mur à-demi écroulé, m’embrassa, me demandant si j’embrassais aussi facilement les inconnus, je répondis « Non, tu es le premier, je ne comprends pas ce qu’il m’arrive ». Ce qui était un gros mensonge ! 

Ses mains se firent plus audacieuses, je lui dis qu’il me rendait folle, que j’avais envie de… laissant volontairement ma phrase en suspens. Je posai sa main sur mon sein gauche pour lui faire constater à quel point mon cœur battait fort. En réalité, je venais d’apercevoir Christian, dissimulé un peu plus loin, au-dessus de nous. 

Je sentais ce jeune bidasse bander contre mon ventre, innocemment, je laissais courir le bout de mes doigts le long de son avant-bras. Il me demanda si j’étais vierge, je lui répondis que je n’en savais rien.

– Comment ça, tu n’en sais rien ?

Je lui sortis le bobard habituel dont certaines se servaient à l’époque.

– Petite, je suis tombée de vélo. Comme ça (je mimais la chute)… il paraît que ça peut déchirer le… la.. tu vois, quoi… !

Il y crut, me proposa qu’on se voie ce soir, cette nuit pour « aller plus loin ». Je lui dis que c’était, hélas, impossible, que j’avais pris le car, pour accomplir mon gage, mais que le soir, mes parents ne m’autorisaient pas à sortir, que c’était la seule occasion pour moi d’échapper à leur surveillance, que tant pis, j’aurais bien aimé qu’il fusse le premier, mais que…

Je l’embrassai et fis mine de retourner à la terrasse du café. Il me retint.

– Je n’ai nulle part où aller, pour… on ne va pas le faire ici, tout de même !

– Tu penses qu’on pourrait nous voir ?

– Non ! Bien sûr que non ! Mais… ce n’est pas très… romantique, pour une première fois !

– Mais le romantisme, c’est la situation, c’est toi, c’est moi, ce n’est pas le lieu ! 

Il me sourit, m’embrassa et, candide, je lui demandai comment faire. Nous nous assîmes par terre, adossés contre le mur, sans le savoir, il offrait à Christian une place de spectateur privilégié. Nous nous embrassâmes encore, je sursautai quand sa main chercha à se glisser dans ma culotte, à sa demande, je l’ôtai pendant qu’il se débraguettait, je glissai un regard en coin.

– Si tu veux le regarder… voici à quoi ressemble le hum-hum d’un homme amoureux…

Riant intérieurement de cet accès de pudeur qu’il lui interdisait de nommer son sexe, je le regardai ouvertement, surprise, un peu déçue de le voir si fin, je me demandai s’il me donnerait du plaisir.

– Tu veux le caresser ? Oh !

Il venait d’entrer son majeur dans mon minou et était agréablement surpris de le trouver si humide. Je regardai Christian, toujours dissimulé au-dessus de nous et me laissai enfin aller aux caresses de ce jeune appelé. Tous comptes faits, j’aimais la façon dont il s’y prenait, certes, il ne mettait qu’un doigt, mais le faisait aller et venir très agréablement… Je le caressais au même rythme. J’aimais l’entendre me dire qu’il aimait mes caresses. 

Je fermai les yeux pour mieux me laisser aller à ces douces sensations, son doigt délicat allant et venant en moi, lentement, respectueusement, la peau de son sexe si douce dans le creux de ma main, sous le bout de mes doigts, son autre main qui caressait mes seins, mon cou, mes seins, mes joues, mon autre main dans ses cheveux outrageusement courts pour l’époque, nos langues qui s’enroulaient l’une autour de l’autre, comme si elles s’imaginaient nos corps enlacés dévalant le versant d’une colline herbeuse, ce petit vent du Sud chargé de mille odeurs, ce soleil qui nous éclairait tout en nous réchauffant. Oui, j’aimais vraiment cette étreinte !

Enfin, il me demanda de m’allonger, d’écarter mes cuisses et me pénétra lentement. Comme cette sensation était différente de celles que j’avais ressenties jusqu’alors ! Différente, mais bien agréable quand même ! Il allait et venait, s’enfonçant davantage à chaque coup de rein, j’aurais presque pu jouir de cette galipette, s’il n’avait subitement perdu tout contrôle, accéléré brusquement et joui sans un mot, s’écroulant sur moi, avant de se retirer.

Je remis ma culotte, tandis qu’il rentrait son sexe dans son slip et se rebraguettait sans plus de considération pour la verge qui venait de lui offrir du plaisir. Je le trouvai méprisable d’agir ainsi. Il me regarda à nouveau, un sourire à la fois tendre et carnassier aux lèvres.

– Alors ? Heureuse ?

Quelle suffisance ! Je mentis une nouvelle fois.

– Oh oui !

Il me prit par la main et me raccompagna jusqu’à la terrasse du café où nous nous étions rencontrés. Il me demanda où et quand nous pourrions nous revoir, je cherchai une excuse valable pour décliner cette invitation sans le froisser, quand Christian arriva, hors de lui…

– T’étais où ? J’ai accepté de te couvrir vis-à-vis de tes parents, je te demande de rester tranquillement assise, je m’absente cinq minutes et tu disparais ! Je t’ai cherchée partout, inquiet et je te retrouve, la bouche en cœur, à parler à un inconnu ! Allez, viens ! On rentre ! Et ne me demande plus jamais de te rendre service !

Interloqué, le bidasse resta coi avant de me demander mon prénom et le nom du village où je passais mes vacances. Christian m’avait pris la main et faisait semblant de m’obliger à le suivre, je tournai mon visage vers ce jeune homme en lui criant « Nicole ! ». Je mentis également sur le nom du village. Dans la voiture, Christian me fit remarquer que dans ma précipitation, j’avais réuni le nom de deux bourgs situés à deux extrémités du canton. 

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« Ta chatte a le goût de la vertu quand elle coule du plaisir que tu offres aux inconnus »  (Dessin d’Apollonia Saintclair)

Nous roulâmes pendant quelques kilomètres, puis il se gara près d’un verger. Il s’allongea sur le dos, j’allais ôter ma culotte, mais il me pria de ne rien en faire. Je m’installai au-dessus de son visage, sa langue, dégustant les sucs du bidasse au travers du tissu, me mena aux portes du Paradis, et son sexe dur, épais, long, aux veines saillantes, dans ma bouche me les ouvrit. 

Comme j’ai aimé lorsque, trouvant qu’il n’avait plus rien à lécher, il écarta le tissu de ma culotte et alla chercher de ses longs doigts puissants, tout au fond de mon vagin de quoi se régaler encore ! Un orgasme fulgurant me saisit à cette caresse, comme il le faisait déjà, comme il le fait toujours, il me complimenta, me remercia « C’est si bon de te faire jouir, tu es si généreuse de te laisser aller ainsi ! »

J’aimais le faire jouir, tout autant qu’il aimait me faire jouir, au vu et au su de tout un chacun, à la merci du regard d’un curieux… Que son sperme avait un goût divin au milieu de ces arbres couverts de fruits ! Je le dégustai comme les Dieux dégustaient le nectar dans l’Olympe.

Le ciel se remplissait de nuages, de ceux qui annoncent la fin de la journée, pas la pluie, quand il me dit qu’il était temps de rentrer. Dans la voiture, nous parlâmes du plaisir de ce jeu de rôle et nous en convînmes d’un autre. En me taquinant, il me demanda si je ne voyais pas d’inconvénient à ce qu’Aloune, y participe… je lui pinçai la cuisse, lui reprochant sa moquerie.

Il rit et sifflota tout le reste du trajet.

Il ne faut pas s’étonner qu’une écolière lubrique se mue en épouse adultère !

Les souvenirs de Tatie Monique – Fête Nationale – Deuxième partie

En arrivant devant la maison de Bonne-Maman, je vérifiai dans le rétroviseur que rien, sur mon visage, ne trahissait ces dernières heures. J’essuyai mon entrecuisses avec le drap de bain. Prudente, j’essuyai jusqu’aux genoux, ce qui amusa Christian. Un rapide coup d’œil vers la maison, Bonne-Maman ne guettait pas mon arrivée à la fenêtre. J’embrassai donc « mon homme » et rentrai prestement.

Bonne-Maman était dans la cuisine en train d’éplucher des légumes. Elle me demanda si mon après-midi avait été agréable. Je lui répondis que oui, l’après-midi avait été délicieuse, que j’étais allée à la mer. Elle sursauta, me regarda, un peu surprise

– Tu y es allée à pied ? Ton vélo n’a pas bougé de la remise…

– Non ! Je n’y suis pas allée à vélo, Christian m’y a amenée en voiture…

– Ah… le petit Christian… le petit-fils du Toine et de la Nathalie…

– C’est drôle que tu dises ça… « le petit-fils du Toine et de la Nathalie », il est avant tout le fils de ses parents, non ?

– Tu as raison, mais que veux-tu, nous étions les meilleurs amis du monde… Si la mort ne nous avait pas arrachées à nos hommes… nous serions encore… comme ça…

Je regardai Bonne-Maman entrecroiser ses doigts et les serrer de toutes ses forces, comme si ce geste pouvait ramener mon Papé et le Toine à la vie… Il y avait tant de fragilité dans son regard, tant de force, tant de rage et tant d’amour… Plus je la regardais, plus elle semblait rajeunir. Je me demandai quelle jeune femme elle avait pu être.

– Et où donc t’a-t-il emmenée te baigner, le Christian ? Sur la grande plage ?

– Non, non ! Du tout ! Dans une petite crique, un peu plus loin…

Bonne-Maman sourit, l’espace d’un instant, elle avait vingt ans. Elle me décrivit la crique, le chemin pour y accéder et me dit que c’était justement là qu’ils s’offraient du bon temps, tous les quatre. J’ai dû avoir l’air estomaqué, car elle s’empressa de me raconter leurs pique-niques, ces moments de loisirs qui faisaient jaser au village, à cette époque où le labeur était une vertu et le repos qualifié d’oisiveté. Puis, comme ça lui arrivait souvent, elle changea de conversation.

– Et le Christian, il te fera danser au bal, ce soir ?

– Hélas non, Bonne-Maman… hélas non… Il est pompier bénévole et devra se tenir prêt à porter secours…

– C’est une bien belle mission, tu sais, pompier bénévole… c’est bien qu’il fasse comme son grand-père… Mais ne te prive pas de danser pour autant, ma toute petite… de toute façon, je passerai la soirée chez la Nathalie. La pauvre ! Clouée au lit, je crois que c’est la première année où elle ne pourra pas assister au feu d’artifice…

Je réalisai soudain que l’amie chez laquelle elle était, pendant que je me faisais culbuter dans la petite chambre, était précisément la grand-mère d’un de mes deux partenaires ! Mais je n’en éprouvai aucune honte, ni aucun regret…

Je me levai et me rendis dans la minuscule salle d’eau, que Bonne-Maman nommait pompeusement « le cabinet de toilette », pour y prendre une douche.

En attrapant la serviette pour m’essuyer, je réalisai avec effroi que j’avais oublié de récupérer mon drap de bain, sur le dossier d’une des chaises de la cuisine ! Mue par une crainte sourde, je dévalai l’escalier et la cherchai du regard…

– Ta serviette était trempée, je l’ai mise à sécher…

– J’allais le faire, Bonne-Maman !

– Mais ne te tracasse donc pas pour des petites choses ! Ce n’est rien… Si on m’avait donné un sou pour chaque serviette que j’ai étendue dans ma vie, je serais millionnaire !

Un peu fatiguée de cette journée, la chaleur n’étant toujours pas retombée, Bonne-Maman partie chez « la » Nathalie, je décidai de m’allonger un peu pour profiter de la fraîcheur de cette vieille maison. Je m’endormis rapidement et ne fus réveillée que par les bruits du village qui s’animait. Un coup d’œil sur ma montre. Aïe ! J’avais dormi plus longtemps que prévu ! Le temps de mettre mes souliers, je sortis de la maison et arrivai juste à temps pour voir le feu d’artifice. Bonne-Maman m’avait prévenue qu’il ne durait pas longtemps, mais je n’aurais jamais imaginé qu’il puisse être si bref ! Quelques fusées, deux ou trois feux de Bengale et le bouquet final ! Je cherchai Christian du regard, mais ne le vis pas.

Je me rendis ensuite à la salle des fêtes où se tenait le bal. Devant l’entrée, la buvette, je décidai de prendre de quoi manger un peu, parce qu’avec tout ça, je n’avais pas dîné. Il y avait un peu d’attente. J’entendais les gens s’interpeller, je m’amusais intérieurement de leurs interjections, si différentes de celles auxquelles j’étais habituée. Quand j’entendis la voix du bavard, le souvenir de cet après-midi m’enflamma immédiatement. Je me retournai et constatai qu’il était venu en famille, je fis comme si je ne le connaissais pas et, un peu perturbée, oubliai ce que j’avais voulu commander, je bafouillais, les gens râlaient un peu, tous avaient faim, tous avaient soif, le bal allait bientôt débuter… Je commandai au hasard et le bavard se moqua à haute voix de mon accent parisien. J’ai tout de suite compris que ce serait son « alibi » pour me faire danser. J’entrai dans la salle des fêtes, où la musique retentissait.

Cherchant toujours Christian du regard et ne le trouvant pas, je sentis une main me prendre par la taille et je sus sur-le-champ qu’il s’agissait du taciturne. Pour la seconde fois de la soirée, mon corps s’embrasa.

– Une petite danse, mademoiselle ?

J’acceptai volontiers. Il était très bon danseur et me faisait tourner avec un tel talent que ma robe virevoltait, se soulevant à chaque fois, dévoilant ma culotte. Pour la forme, je m’en plaignis, mais il affirma que cacher d’aussi jolies fesses était un péché. Nous dansâmes ensemble, sans parler, jusqu’à la série des slows. Alors, il me glissa à l’oreille

– Tu cherches quelqu’un 

– Oui ! Christian ! Je pensais le voir, mais…

– Je sais où il se cache… tu sais qu’il t’observe depuis le début ?

– Il est où ? Dis-moi où il se cache !

– L’information n’est pas gratuite… mais si tu me suces comme tout à l’heure…

Piquée dans ma fierté, je le repoussai un peu, plantai mes yeux dans les siens, et, sans ciller, lui dis d’un ton cinglant :

– Pas de ça avec moi ! J’ai adoré te sucer, j’ai adoré sentir ta queue énorme aller et venir dans ma chatte, je rêve de te regarder « ouvrir le robinet », mais jamais, JAMAIS, tu m’entends ? Jamais je ne vendrai mon plaisir contre un service. En me proposant ça, tu me traites de pute, tu me voles ma dignité !

– Pardon… Je voulais plaisanter, pas te vexer… Je te respecte… tu me fais penser à Catherine…

– À Catherine ?

– Une femme incroyable… elle nous offrait son corps, ses caresses… comme tu l’as fait tout à l’heure… son mari est mort d’un accident de la route en octobre dernier…

– Et depuis, vous n’allez plus la voir ?

– Elle est partie vivre à la ville… cet après-midi, tu m’as fait penser à elle, et maintenant, encore plus…

– Oh la la… comme tu bandes… !

– Hé oui !

– Tu as envie de moi ?

– Oh oui !

– On va où ?

Le taciturne me prit la main et m’emmena jusque chez lui, à deux pas de là. Contrairement à ceux du bavard, j’aimais ses baisers savants… Il retira ma robe avec lenteur, caressant mes seins, les embrassant, se plaignant d’être à l’étroit dans son pantalon, mais refusant de se mettre à l’aise ou que je le fasse. Il ôta ma culotte, sa langue experte me fit jouir presque aussitôt…

– Monte sur la table, je bande trop pour rester à genoux.

– Mets-toi à poil, ce sera plus simple !

– Non ! J’aime cette sensation…

Je me mis debout sur la table, il me regarda attentivement, puis acheva sa phrase laissée en suspens.

– … et puis, si tu es sur la table, il peut nous voir… oh ! regarde comme ça t’excite ! Non ! Pas comme ça… avec tes doigts… Oooh oui… ô, pute vierge, c’que t’es bandante !

– J’te crois pas !

– Comment ça ?

– Je veux voir ! Et je veux que Christian voie comme je te fais bander !

Il retira son pantalon, son sexe me parût plus gros, plus long, plus rouge que dans l’après-midi… à quatre pattes sur la table, devant la fenêtre sans rideau, je le suçai comme la merveilleuse gourmandise qu’il était, tout en me caressant…

– Ô, pute vierge ! C’que tu me suces bien ! C’que tu me suces bien !

À chaque compliment, à chaque juron, j’avalai davantage ce sexe énorme, mais rapidement, j’ai cru qu’il allait me faire vomir, tellement il était enfoncé dans ma bouche, et il n’y avait même pas la moitié !

–  Encore un peu… ô pute vierge, je voudrais que tu me suces jusqu’au couilles… Tu suces tellement bien… !

– Comment je fais sans m’étouffer ? Montre-moi !

Le taciturne m’obligea à le regarder, me caressa doucement le visage et d’une voix tendre me demanda

– Tu… combien d’hommes as-tu sucés avant moi ?

Je regardai son visage, puis son sexe tellement appétissant… je repris mon baiser et levai trois doigts.

– Ô pu… 

Il sortit de ma bouche, me demanda de m’allonger sur le dos et me pénétra en me regardant droit dans les yeux… je sentis mon sexe trempé s’ouvrir à chaque mouvement qu’il faisait, j’ondulais, je voulais le sentir tout au fond de moi, je voulais me sentir envahie, pleine de cette queue énorme… Il ne cessait de me répéter que Christian nous regardait et je devenais folle de plaisir en l’imaginant. Quand le taciturne mit son pouce dans ma bouche, je le suçais comme je venais de sucer son sexe… ça le rendit fou à son tour, il accéléra ses mouvements, en psalmodiant son mantra personnel « Ô, pute vierge… tu me fais venir ! Ô, pute vierge, je viens ! ».

C’est à cet instant que Christian entra dans la pièce, il sortit son sexe sans se dévêtir et demanda à son ami de me montrer « l’ouverture du robinet ». Le taciturne commença à éjaculer un peu en moi, toujours en psalmodiant, puis sortit de mon sexe, continua d’éjaculer sur mon ventre, un étrange jet chaud et continu, me pénétra à nouveau. J’aimais le regard de ces deux hommes, mais je ne voulais qu’une chose désormais, que Christian me prenne à son tour et que cette nuit ne s’arrête jamais.

Mais Christian me fit une toute autre proposition. Voulais-je vivre un feu d’artifice ? Aimerais-je que d’autres hommes jouissent en moi ? Jouissent de moi ? Jouissent avec moi ? Jouissent de me faire jouir ?

Bien sûr que je le voulais ! Il me semblait même que je n’étais née que pour accepter cette proposition ! Nous prîmes donc sa voiture, tous les trois et il me conduisit dans ce lieu secret où les gens comme nous, ceux de notre espèce, avaient l’habitude de se retrouver. 

Je me souviens les avoir fait rire en chemin, cette nuit-là, parce que j’avais cru que le taciturne portait un prénom provençal… Je ne sais pas comment retranscrire ce que j’entendis et de la façon dont je l’entendis, maintenant que je le connais, après toutes ces années, ça me semble si évident ! Mais en cette nuit, je compris quelque chose qui ressemblait à « Aloune », il fallut qu’il me l’épelle pour que je comprenne enfin qu’il s’appelait Alain.

Nous arrivâmes les premiers dans cette bâtisse à moitié en ruine, mais étonnamment propre. J’appris que les usagers de ce lieu ne voulaient pas le voir se transformer en dépotoir, alors la règle était simple, chacun repartait avec ses bouteilles vides, ses détritus divers et variés. Le confort était sommaire, mais la propreté bien supérieure à d’autres lieux, plus officiels, que j’ai pu connaître par la suite.

Tout en me caressant, en m’embrassant, Christian et Alain m’expliquèrent que même si j’étais la seule femme de la soirée, je pouvais refuser qu’un homme me prenne, ou de faire ceci ou cela, même si je venais de le faire avec un autre…  et que j’allais le refaire avec un autre encore… 

Ce fut ma première nuit de tourbillon… C’est ainsi que je les nommais, parce que mes sens tourbillonnaient au fur et à mesure des différentes étreintes, des différents partenaires, des différents orgasmes. Je me souviens aussi qu’un de ces hommes était venu accompagné, mais que j’offrais l’attrait de la nouveauté. Cette autre femme, que je ne revis pas avant quelques années, ne semblait pas vexée pour autant, elle me prodiguait ses conseils, fort avisés au demeurant, avec une gentillesse incroyable.

J’aimais sa façon de m’encourager, ses mots crus et féminins, mais ce que j’ai aimé par-dessus tout de cette rencontre, était de l’observer quand elle se faisait pénétrer dans telle ou telle position. Parce que je voyais ce que je n’aurais pas vu sinon et que je savais ce qu’elle ressentait au plus profond de son corps.

De temps en temps, nous nous prenions la main, mais à la grande déception de certains messieurs, nous ne nous embrassâmes, ni ne nous caressâmes devant eux. Pour la simple raison que nous n’en éprouvions pas l’envie. Cette nuit-là, celle du 13 au 14 juillet 1974, nous étions deux femmes et ils étaient huit hommes, huit hommes qui nous firent jouir, huit hommes que nous fîmes jouir. L’un d’entre eux était le mari de cette femme, un autre allait devenir le mien.

Quand le jour s’est levé, que Christian me ramena chez Bonne-Maman, alors qu’Alain était déjà reparti chez lui, profitant de la voiture d’un autre participant, nous eûmes une conversation qui bouleversa le cours ma vie. Comme souvent, il voulait savoir ce que j’avais le plus apprécié, je crois que c’était pour nous la meilleure façon de faire réellement connaissance.

– Quand j’ai vu sa chatte dégouliner du sperme de ces hommes, je pensais à toi et j’ai compris quel plaisir tu en tirais… c’est tellement excitant ! Ça donne tellement envie ! 

Christian me caressait, je sentais sa main poisseuse du plaisir de ces hommes, du sien, et des larmes de bonheur inondaient mes joues. Des larmes de bonheur et aussi de tristesse parce que dans deux semaines, j’allais devoir retourner à Paris et je pressentais que ma vie était ici, à ses côtés.

Quand Tatie Monique jouait à l’écolière

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– Je ne l’ai jamais dit à aucune autre avant, je t’aime, Monique. Je t’aime.   (dessin de Milo Manara)