Back to the city again ! – Deuxième épisode

Pour la quatrième fois consécutive, mes deux hommes passent l’après-midi ensemble, deux étages au-dessus de moi. Il paraît que ma présence les empêcherait de se concentrer sur leurs parties d’échecs. Comme si j’étais du genre à les perturber, moi ! Moi qui leur prépare, avec amour, moi qui leur apporte, avec grâce, leur petite collation, je serais un élément perturbateur ?! Je serais en droit de ruminer ma rancœur, mais je ne suis pas faite de ce bois-là. Puisqu’ils veulent passer du temps ensemble, j’en profite pour renouer avec mon quartier.

J’aime me promener à mon rythme, en traînant ou en pressant le pas, selon mon bon vouloir. Ce que j’apprécie le plus dans mes promenades, c’est l’air mystérieux et impénétrable que je prends quand, une fois que nous retrouvons tous les trois, mon mari adoré et notre fringuant complice me demandent où m’ont menée mes pas… Ils font semblant d’enrager, puis me câlinent à qui mieux mieux et je fais semblant d’avoir oublié, comme si mes souvenirs s’étaient dissous dans le plaisir qu’ils viennent de m’offrir.

Alors, même si je fais mine de me plaindre de leurs apartés dans ce qui est devenu leur garçonnière, force m’est de reconnaître que cette situation m’arrange bien ! C’est sans doute pour ça que je me suis juré, que nous nous sommes juré que je ne mettrais jamais les pieds dans l’appartement du 9e étage.

Aujourd’hui, je n’ai pas fait ma promenade habituelle vers le parc Montsouris en passant par la place de l’abbé Hénocque, j’ai décidé de remonter vers le Nord, jusqu’au Jardin des Plantes, bon prétexte pour lécher une certaine vitrine. Vitrine de la boutique où je suis entrée, avec l’air faussement dégagé d’une habituée, pour acheter du gel lubrifiant. J’ai apprécié de ne pas remarquer sur le visage de la vendeuse un sourire de circonstance, au contraire, comme j’étais la seule cliente, nous avons pu parler. Elle était étonnée du nombre de flacons que j’achetais, je lui ai expliqué que nous passons une bonne partie du temps dans un village de province, que d’habitude, nous commandons par internet, mais puisque l’occasion se présente, autant faire des stocks. J’aime bien le frisson qui me parcourt quand je dis « nous » il me semble même qu’on peut l’entendre dans le ton de ma voix, parce que ce « nous » signifie « nous trois » et qu’elle entend « nous deux ».

Je suis sur le point de payer quand je sollicite un conseil, quel sex-toy recommanderait-elle à une femme de soixante-sept ans qui n’en a jamais utilisé ? Aucune ironie, aucune condescendance dans les conseils qu’elle me donne. Je suis surprise de la précision de ses questions et avant tout de leur pertinence. Je repars avec mon premier jouet sexuel, fière comme Artaban.

Allez savoir pourquoi, le Jardin des Plantes a soudainement perdu tout attrait. Je décide donc de rentrer à l’appartement, en veillant toutefois à ne pas trop me hâter, histoire de laisser monter en moi la douce vague du désir. Presque sans m’en apercevoir, je rentre dans une autre boutique où j’achète le superbe kimono qui m’a fait de l’œil à travers la vitrine. J’espère que je n’aurai pas trop de mal à convaincre notre délicieux poète de le porter.

Arrivée à l’appartement, je dois encore faire preuve de patience le temps que les batteries du jouet se chargent. Pour que l’attente ne soit pas trop agaçante, je décide de regarder mon petit porno préféré. C’est la première fois que j’en visionne un toute seule, ce qui ajoute un frisson supplémentaire à mon excitation. Avant que le film ne commence, mon regard se pose sur le sac où se trouve le kimono. Je plisse un peu les yeux pour mieux imaginer le corps nu de notre partenaire, à demi-visible, à demi offert, je me demande comment sa peau réagira au contact du tissu. Je m’interdis de me caresser tant que le sex-toy ne sera pas en état de fonctionner.

Étrangement, cette contrainte me fait rougir les joues quand je regarde, captivée, fascinée, les images du film, images sur lesquelles se superposent celles du corps de cet homme en kimono faisant semblant de ne pas remarquer mon émoi.

Enfin, enfin, je peux me servir de mon jouet ! Alors, alors seulement, je mets en œuvre le plan que j’ai échafaudé dès la sortie de la boutique. Je relance le film, en augmentant un peu le son, je m’allonge sur le lit, m’asperge d’une énorme giclée de lubrifiant, ce qui est superflu étant donné mon état d’excitation, mais en l’occurrence une bonne dose de superflu me semble capitale, je mets en marche le joujou et téléphone à mon époux adoré.

– Tu as besoin de quelque chose, ma chérie ?

– Non, non… tout va bien… je m’occupe…

– Mais… tu te mates un porno en solo ?

– Euh… non… pas du tout !

– Tu n’es pas toute seule ?

– Bien sûr que si, mais… ooh… je ne regarde pas un porno…

– Mon ange, vous nous mentez !

– C’est quoi ce bruit de fond ? En plus du film, je veux dire…

– Quel… ooh… quel… hmmm… quel bru…

– Tu veux qu’on vienne te rejoindre ?

– Non ! Vous… Oooh… vous…

J’éloigne le jouet de mon corps, parce que je ne veux pas jouir si vite et que je veux donner l’impression d’être sereine au téléphone.

– Si c’est pour me reprocher d’interrompre votre partie d’échecs, merci bien ! Autant que je reste toute seule ! Et puis… si j’appelais…

Étonnamment, alors que le jouet est loin de mon sexe, je sens un orgasme couver en moi. Je ne sais pas trop comment faire pour l’empêcher d’exploser trop vite. Si je regarde à ma gauche, je le vois, si je regarde à ma droite, je vois le flacon de lubrifiant non rebouché, si je regarde devant moi, je vois le film, si je regarde au plafond, je m’imagine telle que je suis, les jambes écartées, une main allant d’un sein à l’autre, l’autre main tenant le téléphone.

– Tu disais ?

– J’appelais pour dire que j’ai trouvé la tenue idéale pour… tu vois de qui je veux parler… quand il nous rejoint au petit-déjeuner avec son braquemard d’enfer… euh… sa trique d’enfer… Oooh… sa belle grosse pine dressée qui ne trouve pas sa place dans son pantalon…

– Eh bien, mon ange, on dirait que ça vous émoustille… Oh ! Mais voilà que le bruit reprend !

– Tu nous ferais pas une crise d’asthme, par hasard ? Ton souffle me semble bien court, ma chérie… As-tu besoin que nous te rejoignions ?

– Non ! Je voulais juste que… oh putain, c’que c’est bon !

– Qu’est-ce qui est bon ?

– De vous imaginer bander pendant que… ooh… pendant que… rhââââ ! C’est trop bon !

Je coupe le téléphone, profite de ce premier orgasme assisté, et me caresse doucement comme si mes doigts découvraient mon sexe. J’ai joui, mais j’en veux encore. Peut-être parce que j’ai l’impression d’avoir un peu bâclé ce premier orgasme.

Je me lève, je prends le sac posé sur le canapé, tant pis pour la surprise, je déchire le papier cadeau, enfile le kimono avant de retourner dans la chambre. Je regarde le sex-toy droit dans les yeux. Maintenant que je sais ce dont il est capable, je vais tâcher de faire plus ample connaissance.

Il y a presque cinquante ans, celui qui allait devenir mon époux m’émoustillait en chuchotant à mon oreille « Tu n’es qu’une petite vicieuse ! Petite vicieuse… ma petite vicieuse ! » Ces mots ont accompagné notre plaisir et je leur en suis reconnaissante. Quand je regarde le sex-toy dans ma main, que je le dirige entre mes cuisses, je l’entends me traiter de vieille vicieuse, paradoxalement, ces mots me rajeunissent, oui, je suis vieille, oui, je suis vicieuse, et alors ? Qu’est-ce qui m’empêcherait d’aimer l’être ?

Toute à ces considérations, je n’ai pas entendu la porte s’ouvrir. Je suis concentrée sur le plaisir que je prends quand je remarque enfin la présence de mon époux et de notre voisin au seuil de la chambre, épaule contre épaule, se branlant en silence en me regardant.

– Fallait pas interrompre votre partie pour moi… mais puisque vous êtes là…

Allez hop, tout l’monde à la campagne ! – Neuvième et dernier épisode

Écrire que nous nous sommes régalés au restaurant serait en dessous de la vérité tant chaque mets était élaboré avec soin, tant chaque plat était le prélude idéal au suivant. Nous avions opté pour un accord mets-vins ce qui a accentué encore un peu plus la perfection de ce déjeuner. L’idée de prendre un taxi pour nous rendre au restaurant et en revenir s’est avérée des plus judicieuses, non pas que nous en soyons sortis ronds comme des queues de pelles, mais nous ne voulions pas risquer un accident sur le chemin du retour, ni renoncer au plaisir de trinquer à cette belle journée.

Maintenant que nous avons retrouvé notre nid d’amour, je ne saurais dire lequel de nous trois est le plus impatient de voir mon époux déballer ses cadeaux. Nous décidons de ne pas attendre la fin du dîner pour les lui offrir. Nous sommes néanmoins suffisamment attachés à la tradition pour ne le faire qu’une fois les soixante-huit bougies soufflées, nous nous montrerons raisonnables et ne prendrons qu’une petite part de gâteau.

La météo très clémente nous permet de profiter de ce moment sur la terrasse. J’accompagne notre conjoint dans la remise où nous avons caché les paquets. Il se plaint d’être à l’étroit dans le pantalon que mon mari lui a prêté pour l’occasion. Je lui fais remarquer que s’il ne bandait pas… Son sourire est charmant.

– C’est à cause de ta jupe

– Ma jupe ?! Qu’est-ce qu’elle a de si excitant ? Je la trouve plutôt sage

– Justement ! Elle me fait penser à… avant… Pour moi, vous étiez « monsieur et madame Bien-comme-il-faut »… Toujours bien mis, jamais un mot plus haut que l’autre, un sourire pour chaque personne croisée « Bonjour madame, bonsoir monsieur ». Je suis sûr que tu peux appeler chaque gamin du quartier par son prénom ! Et maintenant que je vous connais… Je sais que sous cette jupe bien sage, trop même, stricte et tout, il y a un volcan qui ne demande qu’à entrer en éruption… et que je suis un de ceux que tu autorises à le faire… alors, oui, je bande !

– « Monsieur et madame Bien-comme-il-faut », c’est amusant… Je voulais te dire… tu nous rends tellement heureux, notre vie était agréable avant toi, elle est devenue merveilleuse depuis que tu la partages avec nous. J’aime la femme que tu fais naître en moi, j’aime l’homme qu’est devenu mon mari… et surtout… surtout, je t’aime et pas uniquement pour tes prouesses sexuelles.

Sa gorge se noue. Nous nous étreignons et comme si nous nous réveillions soudainement, nous réalisons que mon époux doit se demander ce qui nous arrive. Nous sortons de la remise, les bras chargés de cadeaux.

– C’est pas trop tôt ! J’étais à deux doigts de penser que vous vous envoyiez en l’air dans la remise !

– Mon chéri, permets-moi de te dire que c’est une pensée indigne de monsieur Bien-comme-il-faut !

– Monsieur Bien-comme-il-faut ?

– C’est ce que j’expliquais à ta femme…

– À notre femme, tu veux dire

– C’est ce que je lui expliquais, jusqu’à la Saint-Sylvestre, pour moi, vous étiez monsieur et madame Bien-comme-il-faut

– Et depuis la Saint-Sylvestre ?

– Les personnes qui me rendent heureux, celles aux côtés desquelles j’ai envie de vivre.

– Ouah ! « monsieur et madame Qui-me-rendent-heureux-aux-côtés-desquels-j’ai-envie-de-vivre » du coup, il faut une carte de visite à rallonges !

J’allume les bougies sur le gâteau et nous les soufflons ensemble. Les cris de surprise et de joie de mon mari quand il découvre le chevalet, les toiles, pinceaux, couleurs et autres n’ont pas de prix. Le gâteau est délicieux et tandis que mon époux adoré nous parle des tableaux que nos cadeaux lui donnent envie de peindre, sans même nous en apercevoir, nous le dévorons (le gâteau, pas mon mari). Après toutes ces agapes, il est temps de passer aux activités digestives et masturbatoires, notre conjoint lui demande (à mon époux, pas au gâteau) quelle vidéo lui ferait plaisir. Ainsi que nous l’escomptions, mon mari proteste. Pour son anniversaire, il veut du vrai, du show, du live

Son érection étant faiblarde, enfin, le prétend-il, si je pouvais d’un ou de deux coups de langue agile… Je décrète que dans ces conditions, j’ai bien envie de rendre hommage à la fameuse fable de La Fontaine. Ces deux incultes me demandent laquelle, à moins qu’ils ne me jouent un tour à leur façon. Je fronce les sourcils à l’adresse de notre conjoint et je lui montre une des cartes que nous avions sélectionnées ce matin

– Mais… mon ange… ce n’est pas une fable de La Fontaine !

– Ah bon ? T’es sûr ? Pourtant, j’aurais parié que « Le gourmand, la gourmande et la gourmandise »… Qu’en penses-tu, mon chéri ?

– Je pense qu’une pipe gourmande m’inclinerait à te pardonner ton insolence.

Il se tasse sur sa chaise, je le débraguette surprise de le trouver nu sous son pantalon, je lui demande s’il ne serait pas sous l’influence de notre conjoint.

– C’est le Friday wear, ma chérie, le Friday wear…

– Le Friday wear du lundi… plutôt audacieux comme concept !

Notre conjoint aurait voulu me voir garder ma jupe, mais elle ne se prête pas à l’exercice et, de toute façon, mon époux se refuse à louper la moindre miette du spectacle. Les fesses à l’air, mais en chemisier, je m’agenouille devant mon époux et entreprends de le lécher des bourses jusqu’au gland. Je fais exprès de ne pas le sucer comme il aime que je le fasse tant que notre conjoint ne sera pas agenouillé derrière moi pour me lécher le sexe. Quand je sens enfin sa langue descendre entre mes lèvres vers mon clito, malgré les frissons de plaisir qui me parcourent, je fais ma mijaurée fellatrice. J’ai de plus en plus de mal à ne pas me laisser aller au plaisir que je prends à sucer, je trouve soudain une échappatoire. Je me redresse à moitié et me tourne vers notre conjoint.

– Comment voulez-vous que j’offre une fellation digne de ce nom à mon époux pour son anniversaire, si vous vous contentez d’un cunni prénuptial ?!

– Un « cunni prénuptial » ? Mais que puis-je faire d’autre ?

– Ça tombe sous le sens ! Si vous aviez lu les fables de La Fontaine, vous connaitriez la morale du « Gourmand, la gourmande et la gourmandise » que vous appliqueriez à la lettre « Et c’est ainsi qu’en ce jour où l’époux prend un an de plus, à son épouse, l’amant avisé bouffe le cul » !

Mes deux hommes éclatent de rire, mais quand la langue de notre conjoint caresse la raie de mes fesses, s’attarde sur mon anus, il m’est presque impossible de ne pas faire jouir mon époux. Bon sang, que cette sensation est divine ! La délicatesse des reliefs de la bite de mon mari, la suavité moelleuse de son gland unies à la magie de la langue de notre conjoint…

Mon mari se dégage de ma bouche. « Les pointillés, ma chérie, les pointillés ! Je tiens à pouvoir me branler en vous matant baiser au fond du jardin ! » Les yeux mi-clos, pantelante, haletante, je ne me relève pas immédiatement. J’ondule sous la langue de notre conjoint en grognant de plaisir, ma main entre mes cuisses retrouve le bout de ses doigts. J’aime la douceur de cette sensation humide et glissante. Je redresse la tête, ouvre les yeux et crie un « Je t’aime ! » qui s’adresse à eux deux. Une fois debout, comme si je lui accordais une faveur, j’invite mon époux à toucher ma chatte comme le bossu le faisait de sa bosse, pour porter bonheur.

Je laisse mon mari à sa belle érection et je me dirige avec notre conjoint vers le fond du jardin. En chemin, il se débarrasse de son pantalon dans lequel il se trouve « si engoncé que ça en devient presque douloureux », il quémande un baiser que je lui accorde sans retenue.

Nous aimons batifoler dans le jardin, mais subissons parfois des contraintes météorologiques, averses plus ou moins drues, vent plus ou moins du Nord, soleil plus ou moins accablant, contraintes auxquelles s’ajoute la crainte d’être effectivement surpris, crainte supérieure à l’idée excitante de l’être potentiellement…

Un après-midi, alors que nous nous envoyions en l’air tous les trois à l’abri des haies, nous avons entendu craquer des branches sèches. Nous nous sommes figés le temps que la menace s’éloigne, mais les pas semblaient se rapprocher. Que faire ? Nous relever et partir nous réfugier dans la maison en courant, nus comme des vers ? Nous tasser davantage en espérant que les herbes nous cachent à la vue des passants ? En plein dilemme, nous nous sommes retrouvés face à la truffe d’un chien errant, ravi d’avoir trouvé de nouveaux copains.

Notre conjoint a réparé le grillage, mais cette mésaventure nous a fait prendre conscience de nos limites en matière d’exhibition. C’est pour cette raison que nous avons acheté une petite tente de camping, que nous avons dressée au fond du jardin. Elle ouvre sur la terrasse et c’est vers elle que je me dirige avec notre conjoint pour offrir à mon mari le spectacle dont il rêve.

Devant la tente, je me retourne vers la terrasse et j’adresse un grand signe de la main à mon époux qui, en retour, m’envoie des baisers. Je remarque que, lui aussi, a ôté son pantalon et gardé sa belle chemise et son élégante cravate, négligemment rejetée sur son épaule. Il a décidé d’étrenner ses cadeaux en nous dessinant « si vos ébats m’excitent assez pour m’inspirer ». J’embrasse notre conjoint, ma main, mue par une volonté propre, caresse, soupèse ses couilles. Un frisson de désir court le long de ma colonne vertébrale, je sens pointer le bout de mes seins. Notre baiser s’éternise.

Enfin, notre conjoint me demande quelle carte je choisirais parmi celles que nous avons sélectionnées ce matin.

– Puisque votre visage est grave et votre sourire clair…

– ??

– … et que vous semblez être gai comme un Italien !

– Pardon ? « Comme un Italien » ?

– Mais oui, comme un Italien quand il sait qu’il aura de l’amour et du vin !

– Ça me rappelle quelque chose… vaguement… c’est un poème ? Non. Une chanson !

– Ah la, la… ces bonshommes… pas romantiques pour un sou ! Nicole Croisille !

– Ah oui ! Vous m’avez promis de m’expliquer le pourquoi de la légende de cette carte.

Nous nous glissons dans la tente. Je commence mon explication. Quand je suis assise ainsi sur lui, avant même toute pénétration, je ressens une intimité extrême. Je me sens libre de lui offrir mon regard, miroir de l’âme, mon visage ou de ne pas lui offrir. Je peux lire son désir en observant les va-et-vient de sa pomme d’Adam, les pincements répétés de ses lèvres plus gonflées qu’à l’ordinaire, les mouvements anarchiques de sa langue tantôt visible tantôt à l’abri de ses dents. Je peux regarder, fascinée, les pulsations des ailes de son nez. Enfin, je peux lire son plaisir illuminant son regard, parfois même le faisant chavirer un court instant.

Dans cette position, mes seins se rappellent leur jeunesse, quand ils se maintenaient au-dessus de la mêlée, même affaissés par le poids des ans, ils m’offrent les mêmes sensations. J’oublie les bourrelets et les replis de mon ventre, seuls comptent les éclairs d’excitation, de plaisir qui le traversent.

Il me suffit de jouer avec l’écartement de mes cuisses, comme un violoncelliste joue avec son archet, pour lui dévoiler plus ou moins les secrets de mon intimité, être la seule maîtresse en la matière. Je dois reconnaître que j’aime mon impudeur sous son regard, il m’arrive même parfois… souvent, d’ouvrir mes lèvres avec mes doigts. J’aime la sensation que me procure le jaillissement de mon clitoris, comme un suricate sortant la tête d’on ne sait où.

La pénétration de son membre, comme le point d’orgue de cette mélodie précise, me propulse dans un autre univers, fait de paillettes multicolores et d’images un peu kitch alors, dès nos premiers mouvements, je sens vibrer mes tripes au son de la voix de Nicole Croisille.

Toute à mon explication, je réalise à peine que j’en fais la démonstration. Notre conjoint irradie de bonheur. Je devine les battements de son cœur plus que ne les vois. En revanche, je vois nettement battre sa carotide. Je ne me laisse pas abuser par le ton faussement moqueur de sa remarque « Et mes couilles… rien ? » Je singe l’indulgence extrême, à la limite de la condescendance, pour lui répondre qu’elles offrent à mes fesses le plus délicieux des coussins.

– Je voudrais rester des heures à vous écouter, mon ange, et à vous faire l’amour… comme ça… au ralenti…

– Et qu’est-ce qui nous en empêcherait ?

– L’envie encore plus pressante de vous voir dérailler sous mes assauts, de vous entendre grogner, crier le plaisir que je vous offre ! Quand vos mots d’amour se teintent de grossièreté.

Son regard glisse vers mon entrecuisse. Il se réjouit de voir sa queue luire de ma mouille. Il sait que dans sa bouche, le mot « mouille » agit sur moi comme un détonateur. Il a ce geste autant obscène que délicat, branler mon clitoris entre son pouce et son index, comme si je n’existais plus, comme s’il le découvrait et voulait en expérimenter toute la magie. La voix de Nicole Croisille explose en moi, mon cri est tellement puissant qu’il a dû faire choir le chevalet de mon époux. Je rassemble mes dernières forces pour tourner mon visage vers lui. Le chevalet est à sa place.

Notre conjoint, troublé, ému a joui en me disant des mots d’amour, mais en omettant le vouvoiement. Nous restons dans cette position, laissant la nature reprendre ses droits et son sexe débander. J’aime sentir son sperme couler de mon vagin, sa chaleur me fait prendre conscience que le fond de l’air s’est rafraîchi. Les minutes ont tourné autour de nous, sans jamais réussir à nous atteindre.

Nous nous résolvons à rejoindre mon époux sur la terrasse après un dernier baiser.

Et un autre.

Et un autre encore.

La nuit est tombée, nous discutons allongés dans le lit. Mon mari adoré nous remercie de lui « avoir offert la plus belle journée de ma nouvelle vie ».

– S’il n’y a que ça pour te faire plaisir, je veux bien recommencer tous les jours ! Et toi, mon ange ?

– Je ne dirais pas non, toutefois, faire l’amour avec mon époux me manquerait bien vite…

Notre conjoint répond par la blague habituelle « je ne suis pas jaloux ». Une plaisanterie en entraînant une autre, toutes pleines de sous-entendus salaces font naître en moi une furieuse envie de rouler une pelle à mon mari.

Autant ma langue et celle de notre conjoint se font l’amour naturellement, autant il me faut apprivoiser longuement celle de mon époux avant d’obtenir une galoche acceptable. En règle générale, mon mari n’attend pas ce point de bascule, il abrège la pelle autant que faire se peut. Il n’aime pas rouler des patins, c’est un fait établi, comme est établi le fait que notre conjoint et moi adorons ça.

Mon époux devine mon envie et m’accorde ce baiser. Sa langue se rétracte quand la mienne entre dans sa bouche, comme si elle cherchait à la fuir. Je commence à peine à pouvoir la frôler quand notre conjoint s’approche de nous. « Voyons voir si c’est aussi excitant que ça de mater un roulage de pelle de tout près… » Étonnamment, ses mots rassurent mon mari.

Notre conjoint m’attrape délicatement par les cheveux et, afin de mieux profiter du spectacle, me demande de décoller un peu ma bouche de celle de mon époux. Tel un expert, en quelques mots précis, il donne une leçon de roulage de galoche que mon mari reçoit comme un cadeau supplémentaire.

– Laissez-vous guider par sa langue… comme dans une danse, il y n’y en a qu’un seul qui la mène, laissez-lui ce rôle… Voilà… vous voyez où elle veut en venir ? Profitez de sa souplesse, de sa force délicate et suivez-la… Voilà… Elle est douce, n’est-ce pas ? Et fougueuse… Et caressante ! Ça ne vous rappelle rien ? C’est troublant, n’est-ce pas ?

Le dos de la main de notre conjoint glisse le long de mon dos avec la même douceur que la tendresse de sa voix. Le baiser s’éternise, je veux chevaucher mon époux, mais il refuse.

– Aujourd’hui, je ne veux être que spectateur… Ah, si seulement mon ami en avait la force… ! Vous pourriez m’offrir le dernier acte de votre programme…

– Et comment que j’en ai la force ! En vous matant, ma bite a retrouvé toute la vigueur de ses vingt ans ! Au lieu de rire, admirez l’engin !

Pendant notre apéro-dînatoire, j’ai remis à mon époux les cartes représentant les positions que nous avons réalisées pour lui. Il en restait une dernière. « Il est à craindre que je me sois montré présomptueux, mon cher ami… J’avoue que notre séjour sous la tente m’a vidé de mes dernières forces. Je ne pourrais pas l’exécuter avant… demain matin, peut-être… demain midi, certainement. »

Je charrie souvent notre conjoint avec sa manie de la procédure, j’exagère en affirmant que pour lui tout est contrat et qu’il vérifie à chaque action qu’il en respecte bien les termes. Aussi, quand il prend position derrière moi et qu’il nous demande « Levrette ou sodomie ? », je ricane « Quelles seront les conditions pour cette… » mon mari m’interrompt en plein envol oratoire.

– Mon cher ami, en cette journée particulière et pour fêter mon anniversaire, j’apprécierais un peu de poésie.

– Puisque les circonstances l’exigent, va pour la poésie !

Je me réjouis parce que j’en avais vraiment envie. Je ferme les yeux pour anticiper le plaisir que nous allons prendre. Notre conjoint sifflote « Hello, le soleil brille » en enduisant son « ouah ! braquemard d’enfer ! ». Je tremble d’excitation en entendant ces mots et quand je sens ses doigts recouverts de gel caresser « la porte d’entrée de mon intimité la plus intime »…

– Hé bien, mon ange, que vous arrive-t-il ? Le fond de l’air serait-il soudain trop frais ? Vous tremblez comme une feuille et vos reins se couvrent de chair de poule…

Mon corps lui répond mieux que ne le feraient mes mots. Je ne pense pas à m’étonner quand mon mari me demande de l’embrasser, qu’il soulève la tête et entrouvre ses lèvres. Sa langue ne redoute plus la mienne, notre baiser est un oxymore, une fougue langoureuse. Je sens l’érection de mon époux contre mon ventre, ainsi que sa main caresser son sexe.

Notre conjoint semble hésiter à me pénétrer. Son gland appuie contre mon anus, sa main se faufile sous mon ventre, attrape celle de mon mari, la dirige vers mon vagin.

– Cher ami, doigtez-la pendant que je l’encule.

– Amis de la poésie, bonsoir !

Ignorant ma réplique, après quelques secondes d’hésitation, il reprend.

– Cher ami, doigtez-la pendant que je l’encule, du bout de mon gland jusqu’à mes testicules. Mes amis, livrons-nous au plaisir majuscule, tous trois sans honte, ni crainte du ridicule !

Je ne sais pas comment ils parviennent à se synchroniser, quoi qu’il en soit, les doigts de mon mari et le sexe de notre conjoint me pénètrent au même rythme, leurs va-et-vient sont synchrones aussi. Mes cris de plaisirs sont tantôt brefs, tantôt longs comme si je criais en morse. Ce plaisir semble s’être concentré dans mon ventre, je m’affaisse un peu. Mon époux adoré nous fait alors remarquer que mon ventre soumis aux coups de boutoir de notre conjoint agit comme une sorte de branlette subtile sur son sexe.

– Une branlette à la façon du Duc de Wellington, en quelque sorte ?

– Oooh… NON !

– « NON ! », mon ange ?

– Oooh… ooohh… à la… Lord… By… Byron ! Oooh… c’est… si bon ! Ooh… !

Mon époux entrouvre ses lèvres, drague ma langue avec la sienne qui joue les aguicheuses. Nos bouches sont distantes de plusieurs centimètres lors de cette pelle aérienne. Comment pourrait-il en être autrement tant qu’il nous apparaît essentiel que notre conjoint en soit le spectateur ? Notre poète de la sodomie se penche pour ne pas en perdre une miette. Ses énormes couilles caressent mes cuisses. Les doigts de mon mari et le sexe de notre ami vont et viennent en moi. J’ai beaucoup de mal à ne pas trop onduler, à contenir l’envie de me cabrer, de crainte qu’un des deux ne soit expulsé de mon corps. Je sens le souffle court, saccadé de notre conjoint sur ma joue. Entendre mes cris tout en voyant ma langue danser avec celle de mon époux le rend fou d’excitation. Ses assauts se font, enfin, délicieusement rugueux.

Les fourmillements que je connais si bien, annonciateurs de l’orgasme imminent, commencent à me chatouiller les orteils. Je sais qu’ils remonteront le long de mes jambes, feront une halte au niveau de mes mollets, je remarquerai alors cette sensation, au niveau de mes cervicales, vive comme un coup de fouet, diffuser jusqu’au creux de mes reins. Les fourmillements reprendront leur course, pour rejoindre la fouettée dans un mouvement tournant, transformant mon ventre en un volcan au bord de l’éruption.

Je relève un peu la tête, regarde mon mari adoré droit dans les yeux et, rassemblant ce qui me reste d’esprit, lui demande de me regarder dans les yeux quand son ami me fait jouir comme ça. Je vois son regard chavirer avant que le mien ne chavire à son tour. Mon orgasme est puissant comme j’aime que mes orgasmes le soient. Je sens mon sexe palpiter autour des doigts de mon mari, je sens mon cul en faire autant autour de l’énorme queue de notre conjoint. Je me cambre davantage, c’est ma façon de l’encourager à se déchaîner. Oh oui, comme ça ! Défonce-moi le cul, comme ça ! Oh oui ! Et tes couilles… gifle-moi les cuisses avec tes belles et grosses couilles ! Hélas, ces mots restent coincés dans mon cerveau, le plaisir a la fâcheuse tendance à me rendre muette, tout juste capable de grogner.

Mon époux crie, je sens son sperme chaud sur mon ventre. Il ouvre les yeux. Je le regarde et parviens à prononcer « Joyeux anniversaire, mon chéri ! ». Le cri de notre conjoint se contracte autour de mon clitoris. Je sais que s’il s’enfonce encore davantage dans mon cul, c’est pour éjaculer de tout son saoul.

– Joyeux anniversaire, cher ami !

En sueur, nous nous écroulons sur le lit. J’embrasse notre poète, il me répète à quel point il nous aime. Nous l’assurons de la réciprocité de nos sentiments. Je l’embrasse encore. Je m’endors dans les bras de mon époux, sa main caresse ma joue, avant que le sommeil ne me happe, je l’entends dire :

– Regarde comme elle est belle quand elle s’endort repue de plaisir ! Tu n’as pas idée de tout le bonheur que vous m’avez offert aujourd’hui, je te promets de te le rendre au centuple quand tu fêteras ton anniversaire.

Allez hop, tout l’monde à la campagne ! – Quatrième épisode

Le grand jour est arrivé et avec lui, le grand lit que nous avons trouvé au hasard d’une vente aux enchères, à un prix dérisoire du fait, justement, de sa taille hors normes. Le plus difficile a été de le transporter jusqu’à la maison, de le monter à l’étage et de le faire entrer dans la chambre. Les escaliers sont trop étroits, la porte de la chambre aussi, il est donc passé, non sans difficulté, par la fenêtre, mais quelle rigolade !

Enfin, on a rigolé une fois le lit installé, les fenêtres et les volets remontés, parce que, pour tout dire, je n’en menais pas large quand il pendouillait au bout de ses cordes, se balançant dangereusement à trois mètres du sol au-dessus de mon époux. Nous avons pu acheter le linge de lit pour une bouchée de pain, bref une bonne affaire.

Le lit fait, nous nous sommes jetés dessus comme trois gamins. Je suis allongée entre mon mari et notre conjoint qui se demandent comment aménager la chambre. Les yeux rivés au plafond, je compte sur mes doigts, notre conjoint le remarque

– Qu’est-ce que tu fais ?

– Je me demandais… 3 fois 23, ça fait ?

– 69

– C’est bien ce qu’il me semblait !

Je plonge sous la couette qu’ils rabattent en riant. Cet hiver, j’ai découvert le plaisir d’avoir la tête sous les couvertures pendant l’amour. Le manque d’oxygène, la suffocation augmentent mes sensations et me garantissent des orgasmes plus puissants. Lequel des deux vais-je sucer en premier ? Par réflexe conjugal, ma bouche trouve le sexe de mon mari. Mes cuisses s’ouvrent sous les caresses délicates de ces deux hommes.

– Admirez cette merveille, je ne me lasse pas de la découvrir encore et encore !

– À qui le dites-vous ! Je ne veux pas flagorner, mais elle est encore plus belle depuis la Saint-Sylvestre !

– Il va falloir songer à aller brûler un cierge à Saint-Covid, si je comprends bien…

– Oh ! Que venez-vous de faire ? Recommencez, s’il vous plaît…

– Ça ?

– Oh oui ! J’adore comment mon épouse me suce quand vous la touchez comme ça.

– Ah bon ? Vraiment ?

Je délaisse le sexe de mon mari et me retourne pour sucer celui de notre conjoint. Je me régale de son odeur, de son goût, de sa texture sous ma langue. Je m’enivre de ses mots, des compliments qu’il me destine en s’adressant à mon époux.

– Et maintenant… notez la différence…

Mon mari écarte mes grandes lèvres et commence à me sucer, à me lécher comme il sait si bien le faire.

– Ouah ! Vous avez raison ! N’arrêtez pas !

Ivre de mes sensations, il me faut une bonne poignée de minutes avant de réaliser que j’offre au sexe de notre conjoint les mêmes baisers, les mêmes succions, les mêmes coups de langue gourmands que mon mari offre au mien. Emporté dans ce tourbillon, le temps s’évapore.

Je ne sais pas combien de minutes se sont écoulées, quand un signal d’alarme retentit dans mon crâne. Pointillés, ma vieille, pointillés !M’arracher à ce plaisir réclame un effort surhumain, suffocante, à la limite de l’évanouissement, je n’en ai pas la force. Les reproches indulgents de notre conjoint me parviennent, étouffés par la couette qui me recouvre encore du nombril à la pointe des cheveux. « Les pointillés, mon ange… les pointi… rhâââ… ! » Le délicieux jet de son plaisir inonde alors ma bouche, je m’en délecte avant de me tourner vers mon époux.

J’entends leurs conciliabules, mon mari demande à notre conjoint d’attendre un peu « avant de bouffer la chatte de notre petite femme ». Je sursaute quand des doigts écartent mes lèvres.

– Je ne me lasserai jamais de ce spectacle, mon ange !

Notre conjoint sait à quel point son regard me transporte, il sait aussi le pouvoir de ses mots sur moi. Je me concentre à nouveau sur la pipe que je taille à mon époux, en essayant de ne pas écouter leur dialogue.

– Pensez-vous que vous pourriez rendre cette beauté en dessin ? Je l’accrocherais en face du lit, comme ça, ce serait la première chose qu’on verrait en se réveillant, la dernière avant de nous endormir…

– Tu nous prépares des nuits… hmmm, ma chérie ! Des nuits agitées !

– Et vous pourriez rendre l’éclat de sa chatte trempée de désir ?

– Trempée à quel point ?

– Attendez, je vais vous montrer…

– Qu’est-ce que tu me suces bien, ma chérie, quand notre ami te touche… !

Je sens les doigts de notre conjoint me caresser comme si c’était la première fois et, aussi paradoxal que cela puisse paraître, comme s’il m’avait toujours caressée. Il a joui depuis trop peu de temps pour pouvoir bander, pourtant, je sais qu’il est excité. Le ton de sa voix ne ment pas. Dans ma bouche, le sexe de mon mari durcit, les veines qui le parcourent sont gonflées à l’extrême. Leur conversation se poursuit, mais je suis tellement prise dans cette double vague de plaisir, celui que je prends à sucer mon époux et celui que m’offrent les caresses de notre conjoint, que je n’en entends que des bribes.

– Vous voyez quand elle brille comme ça…

– Montrez-moi vos doigts quand vous les sortez de sa chatte… vous voyez… ils brillent plus…

– Je sais comment faire pour la rendre étincelante, cette belle et bonne chatte !

Il me pénètre de son index, fait quelques va-et-vient, le ressort, une ou deux caresses sur mon clitoris, il me pénètre de son index et de son majeur et recommence son manège, puis avec l’index, le majeur et l’annulaire. Je sais qu’il ne tentera pas plus, parce qu’il connaît ma crainte du fist, il sait que l’idée me tente de plus en plus, mais que je ne suis pas prête à m’y laisser aller. C’est un de nos sujets récurrents lors de nos séances de dirty talk.

Je sens la pression de la main de mon époux sur mon crâne, j’entends son grognement de plaisir. « Oh oui… comme ça… juste… juste comme ça, ma chérie ! ». Au même instant, sans cesser les mouvements de ses doigts dans ma chatte, notre conjoint excite mon clitoris du bout de sa langue. Mon cri de plaisir ondule sur la verge de mon mari adoré.

Comment se fait-il que cet homme capable de me projeter aussi loin dans le plaisir, avec ses mots, avec ses doigts, avec sa bouche, avec sa délicieuse pine soit resté célibataire, solitaire pendant toutes ces années ? Cette pensée m’obsède, ce n’est pas la première fois qu’elle s’invite dans mon cerveau.

– Ne cessez pas, cher ami, ne cessez pas… oh… ooh, ma chérie… jamais… jamais tu ne m’avais… oh ma chérie !

Je sens l’air frais sur ma poitrine. Mon époux a soulevé la couette pour me regarder le sucer, je l’entends déglutir. Notre conjoint me lèche, tète mon clitoris, ses doigts semblent vouloir s’écarter dans mon vagin. J’entends leurs va-et-vient mouillés, ce qui accroît mon avidité, si cela était possible. Mon mari l’encourage encore, il veut voir comment je le suce exactement quand je me fais bouffer la chatte par une tierce personne. Hélas pour lui, il n’en aura pas l’occasion, il jouit dans ma bouche. Ses mains ont lâché la couette qui me recouvre à nouveau.

Il demande à son complice de continuer le temps d’aller chercher son appareil-photo. L’envie de sentir le goût de la pine de notre conjoint alors que ma langue est encore imbibée des saveurs du sperme de mon époux se transforme en besoin vital.

Ma bouche sur le sexe mou de notre conjoint, je me grise du parfum de son pubis. La chaleur de nos corps exaltés sous la couette, l’oxygène raréfié, je hume, je cherche l’odeur de ce moment comme une truie en quête de quelque truffe enfouie entre les racines d’un chêne majestueux.

Il interrompt ses caresses, son cunni, soulève la couette à son tour.

– Je suis tout mou, mon ange, je suis tout mou !

Sans décoller ma bouche, je lui réponds que je m’en fous et d’un geste de la main, lui ordonne de reprendre là où il s’est arrêté. Il obtempère en soupirant dans un sourire « Mon ange… ! » La couette se rabat.

Ma langue a rejoint mes doigts sur son scrotum quand les jambes de mon mari adoré se glissent sous la couette. Notre conjoint ôte des doigts de mon vagin, décolle sa bouche de mes lèvres, sa langue se fait plus légère sur mon clitoris avant de le laisser orphelin.

Une première photo semble les satisfaire. Sans soulever la couette, je dirige une des mains de notre conjoint vers mon entrecuisse, je donne une petite tape sèche sur la cuisse de mon époux. Je ne sais par quel miracle, ils comprennent ce que j’attends d’eux. Ils écartent, chacun de leur côté, mes grandes lèvres, ma vulve se livre alors à leur regard en toute impudeur. Le plaisir me submerge, le sexe de notre conjoint dans ma bouche, je le tète avec avidité, comme si ma vie en dépendait. Il me semble qu’à cet instant, en effet, elle en dépend. La semi-érection que je fais naître ainsi libère mon orgasme qui n’attendait que ça pour exploser.

L’enthousiasme de leurs exclamations m’informe que le résultat a dépassé leurs attentes, alors, je reprends place entre eux. J’embrasse mon mari, puis notre conjoint dans un plus long baiser avant de consentir à regarder les clichés. Oui, je veux bien que mon époux dessine ma « chatte étincelante de se voir ainsi offerte à tous les regards », que notre conjoint encadre cette œuvre avant de l’accrocher face au lit.