Allez hop, tout l’monde à la campagne ! – Neuvième et dernier épisode

Écrire que nous nous sommes régalés au restaurant serait en dessous de la vérité tant chaque mets était élaboré avec soin, tant chaque plat était le prélude idéal au suivant. Nous avions opté pour un accord mets-vins ce qui a accentué encore un peu plus la perfection de ce déjeuner. L’idée de prendre un taxi pour nous rendre au restaurant et en revenir s’est avérée des plus judicieuses, non pas que nous en soyons sortis ronds comme des queues de pelles, mais nous ne voulions pas risquer un accident sur le chemin du retour, ni renoncer au plaisir de trinquer à cette belle journée.

Maintenant que nous avons retrouvé notre nid d’amour, je ne saurais dire lequel de nous trois est le plus impatient de voir mon époux déballer ses cadeaux. Nous décidons de ne pas attendre la fin du dîner pour les lui offrir. Nous sommes néanmoins suffisamment attachés à la tradition pour ne le faire qu’une fois les soixante-huit bougies soufflées, nous nous montrerons raisonnables et ne prendrons qu’une petite part de gâteau.

La météo très clémente nous permet de profiter de ce moment sur la terrasse. J’accompagne notre conjoint dans la remise où nous avons caché les paquets. Il se plaint d’être à l’étroit dans le pantalon que mon mari lui a prêté pour l’occasion. Je lui fais remarquer que s’il ne bandait pas… Son sourire est charmant.

– C’est à cause de ta jupe

– Ma jupe ?! Qu’est-ce qu’elle a de si excitant ? Je la trouve plutôt sage

– Justement ! Elle me fait penser à… avant… Pour moi, vous étiez « monsieur et madame Bien-comme-il-faut »… Toujours bien mis, jamais un mot plus haut que l’autre, un sourire pour chaque personne croisée « Bonjour madame, bonsoir monsieur ». Je suis sûr que tu peux appeler chaque gamin du quartier par son prénom ! Et maintenant que je vous connais… Je sais que sous cette jupe bien sage, trop même, stricte et tout, il y a un volcan qui ne demande qu’à entrer en éruption… et que je suis un de ceux que tu autorises à le faire… alors, oui, je bande !

– « Monsieur et madame Bien-comme-il-faut », c’est amusant… Je voulais te dire… tu nous rends tellement heureux, notre vie était agréable avant toi, elle est devenue merveilleuse depuis que tu la partages avec nous. J’aime la femme que tu fais naître en moi, j’aime l’homme qu’est devenu mon mari… et surtout… surtout, je t’aime et pas uniquement pour tes prouesses sexuelles.

Sa gorge se noue. Nous nous étreignons et comme si nous nous réveillions soudainement, nous réalisons que mon époux doit se demander ce qui nous arrive. Nous sortons de la remise, les bras chargés de cadeaux.

– C’est pas trop tôt ! J’étais à deux doigts de penser que vous vous envoyiez en l’air dans la remise !

– Mon chéri, permets-moi de te dire que c’est une pensée indigne de monsieur Bien-comme-il-faut !

– Monsieur Bien-comme-il-faut ?

– C’est ce que j’expliquais à ta femme…

– À notre femme, tu veux dire

– C’est ce que je lui expliquais, jusqu’à la Saint-Sylvestre, pour moi, vous étiez monsieur et madame Bien-comme-il-faut

– Et depuis la Saint-Sylvestre ?

– Les personnes qui me rendent heureux, celles aux côtés desquelles j’ai envie de vivre.

– Ouah ! « monsieur et madame Qui-me-rendent-heureux-aux-côtés-desquels-j’ai-envie-de-vivre » du coup, il faut une carte de visite à rallonges !

J’allume les bougies sur le gâteau et nous les soufflons ensemble. Les cris de surprise et de joie de mon mari quand il découvre le chevalet, les toiles, pinceaux, couleurs et autres n’ont pas de prix. Le gâteau est délicieux et tandis que mon époux adoré nous parle des tableaux que nos cadeaux lui donnent envie de peindre, sans même nous en apercevoir, nous le dévorons (le gâteau, pas mon mari). Après toutes ces agapes, il est temps de passer aux activités digestives et masturbatoires, notre conjoint lui demande (à mon époux, pas au gâteau) quelle vidéo lui ferait plaisir. Ainsi que nous l’escomptions, mon mari proteste. Pour son anniversaire, il veut du vrai, du show, du live

Son érection étant faiblarde, enfin, le prétend-il, si je pouvais d’un ou de deux coups de langue agile… Je décrète que dans ces conditions, j’ai bien envie de rendre hommage à la fameuse fable de La Fontaine. Ces deux incultes me demandent laquelle, à moins qu’ils ne me jouent un tour à leur façon. Je fronce les sourcils à l’adresse de notre conjoint et je lui montre une des cartes que nous avions sélectionnées ce matin

– Mais… mon ange… ce n’est pas une fable de La Fontaine !

– Ah bon ? T’es sûr ? Pourtant, j’aurais parié que « Le gourmand, la gourmande et la gourmandise »… Qu’en penses-tu, mon chéri ?

– Je pense qu’une pipe gourmande m’inclinerait à te pardonner ton insolence.

Il se tasse sur sa chaise, je le débraguette surprise de le trouver nu sous son pantalon, je lui demande s’il ne serait pas sous l’influence de notre conjoint.

– C’est le Friday wear, ma chérie, le Friday wear…

– Le Friday wear du lundi… plutôt audacieux comme concept !

Notre conjoint aurait voulu me voir garder ma jupe, mais elle ne se prête pas à l’exercice et, de toute façon, mon époux se refuse à louper la moindre miette du spectacle. Les fesses à l’air, mais en chemisier, je m’agenouille devant mon époux et entreprends de le lécher des bourses jusqu’au gland. Je fais exprès de ne pas le sucer comme il aime que je le fasse tant que notre conjoint ne sera pas agenouillé derrière moi pour me lécher le sexe. Quand je sens enfin sa langue descendre entre mes lèvres vers mon clito, malgré les frissons de plaisir qui me parcourent, je fais ma mijaurée fellatrice. J’ai de plus en plus de mal à ne pas me laisser aller au plaisir que je prends à sucer, je trouve soudain une échappatoire. Je me redresse à moitié et me tourne vers notre conjoint.

– Comment voulez-vous que j’offre une fellation digne de ce nom à mon époux pour son anniversaire, si vous vous contentez d’un cunni prénuptial ?!

– Un « cunni prénuptial » ? Mais que puis-je faire d’autre ?

– Ça tombe sous le sens ! Si vous aviez lu les fables de La Fontaine, vous connaitriez la morale du « Gourmand, la gourmande et la gourmandise » que vous appliqueriez à la lettre « Et c’est ainsi qu’en ce jour où l’époux prend un an de plus, à son épouse, l’amant avisé bouffe le cul » !

Mes deux hommes éclatent de rire, mais quand la langue de notre conjoint caresse la raie de mes fesses, s’attarde sur mon anus, il m’est presque impossible de ne pas faire jouir mon époux. Bon sang, que cette sensation est divine ! La délicatesse des reliefs de la bite de mon mari, la suavité moelleuse de son gland unies à la magie de la langue de notre conjoint…

Mon mari se dégage de ma bouche. « Les pointillés, ma chérie, les pointillés ! Je tiens à pouvoir me branler en vous matant baiser au fond du jardin ! » Les yeux mi-clos, pantelante, haletante, je ne me relève pas immédiatement. J’ondule sous la langue de notre conjoint en grognant de plaisir, ma main entre mes cuisses retrouve le bout de ses doigts. J’aime la douceur de cette sensation humide et glissante. Je redresse la tête, ouvre les yeux et crie un « Je t’aime ! » qui s’adresse à eux deux. Une fois debout, comme si je lui accordais une faveur, j’invite mon époux à toucher ma chatte comme le bossu le faisait de sa bosse, pour porter bonheur.

Je laisse mon mari à sa belle érection et je me dirige avec notre conjoint vers le fond du jardin. En chemin, il se débarrasse de son pantalon dans lequel il se trouve « si engoncé que ça en devient presque douloureux », il quémande un baiser que je lui accorde sans retenue.

Nous aimons batifoler dans le jardin, mais subissons parfois des contraintes météorologiques, averses plus ou moins drues, vent plus ou moins du Nord, soleil plus ou moins accablant, contraintes auxquelles s’ajoute la crainte d’être effectivement surpris, crainte supérieure à l’idée excitante de l’être potentiellement…

Un après-midi, alors que nous nous envoyions en l’air tous les trois à l’abri des haies, nous avons entendu craquer des branches sèches. Nous nous sommes figés le temps que la menace s’éloigne, mais les pas semblaient se rapprocher. Que faire ? Nous relever et partir nous réfugier dans la maison en courant, nus comme des vers ? Nous tasser davantage en espérant que les herbes nous cachent à la vue des passants ? En plein dilemme, nous nous sommes retrouvés face à la truffe d’un chien errant, ravi d’avoir trouvé de nouveaux copains.

Notre conjoint a réparé le grillage, mais cette mésaventure nous a fait prendre conscience de nos limites en matière d’exhibition. C’est pour cette raison que nous avons acheté une petite tente de camping, que nous avons dressée au fond du jardin. Elle ouvre sur la terrasse et c’est vers elle que je me dirige avec notre conjoint pour offrir à mon mari le spectacle dont il rêve.

Devant la tente, je me retourne vers la terrasse et j’adresse un grand signe de la main à mon époux qui, en retour, m’envoie des baisers. Je remarque que, lui aussi, a ôté son pantalon et gardé sa belle chemise et son élégante cravate, négligemment rejetée sur son épaule. Il a décidé d’étrenner ses cadeaux en nous dessinant « si vos ébats m’excitent assez pour m’inspirer ». J’embrasse notre conjoint, ma main, mue par une volonté propre, caresse, soupèse ses couilles. Un frisson de désir court le long de ma colonne vertébrale, je sens pointer le bout de mes seins. Notre baiser s’éternise.

Enfin, notre conjoint me demande quelle carte je choisirais parmi celles que nous avons sélectionnées ce matin.

– Puisque votre visage est grave et votre sourire clair…

– ??

– … et que vous semblez être gai comme un Italien !

– Pardon ? « Comme un Italien » ?

– Mais oui, comme un Italien quand il sait qu’il aura de l’amour et du vin !

– Ça me rappelle quelque chose… vaguement… c’est un poème ? Non. Une chanson !

– Ah la, la… ces bonshommes… pas romantiques pour un sou ! Nicole Croisille !

– Ah oui ! Vous m’avez promis de m’expliquer le pourquoi de la légende de cette carte.

Nous nous glissons dans la tente. Je commence mon explication. Quand je suis assise ainsi sur lui, avant même toute pénétration, je ressens une intimité extrême. Je me sens libre de lui offrir mon regard, miroir de l’âme, mon visage ou de ne pas lui offrir. Je peux lire son désir en observant les va-et-vient de sa pomme d’Adam, les pincements répétés de ses lèvres plus gonflées qu’à l’ordinaire, les mouvements anarchiques de sa langue tantôt visible tantôt à l’abri de ses dents. Je peux regarder, fascinée, les pulsations des ailes de son nez. Enfin, je peux lire son plaisir illuminant son regard, parfois même le faisant chavirer un court instant.

Dans cette position, mes seins se rappellent leur jeunesse, quand ils se maintenaient au-dessus de la mêlée, même affaissés par le poids des ans, ils m’offrent les mêmes sensations. J’oublie les bourrelets et les replis de mon ventre, seuls comptent les éclairs d’excitation, de plaisir qui le traversent.

Il me suffit de jouer avec l’écartement de mes cuisses, comme un violoncelliste joue avec son archet, pour lui dévoiler plus ou moins les secrets de mon intimité, être la seule maîtresse en la matière. Je dois reconnaître que j’aime mon impudeur sous son regard, il m’arrive même parfois… souvent, d’ouvrir mes lèvres avec mes doigts. J’aime la sensation que me procure le jaillissement de mon clitoris, comme un suricate sortant la tête d’on ne sait où.

La pénétration de son membre, comme le point d’orgue de cette mélodie précise, me propulse dans un autre univers, fait de paillettes multicolores et d’images un peu kitch alors, dès nos premiers mouvements, je sens vibrer mes tripes au son de la voix de Nicole Croisille.

Toute à mon explication, je réalise à peine que j’en fais la démonstration. Notre conjoint irradie de bonheur. Je devine les battements de son cœur plus que ne les vois. En revanche, je vois nettement battre sa carotide. Je ne me laisse pas abuser par le ton faussement moqueur de sa remarque « Et mes couilles… rien ? » Je singe l’indulgence extrême, à la limite de la condescendance, pour lui répondre qu’elles offrent à mes fesses le plus délicieux des coussins.

– Je voudrais rester des heures à vous écouter, mon ange, et à vous faire l’amour… comme ça… au ralenti…

– Et qu’est-ce qui nous en empêcherait ?

– L’envie encore plus pressante de vous voir dérailler sous mes assauts, de vous entendre grogner, crier le plaisir que je vous offre ! Quand vos mots d’amour se teintent de grossièreté.

Son regard glisse vers mon entrecuisse. Il se réjouit de voir sa queue luire de ma mouille. Il sait que dans sa bouche, le mot « mouille » agit sur moi comme un détonateur. Il a ce geste autant obscène que délicat, branler mon clitoris entre son pouce et son index, comme si je n’existais plus, comme s’il le découvrait et voulait en expérimenter toute la magie. La voix de Nicole Croisille explose en moi, mon cri est tellement puissant qu’il a dû faire choir le chevalet de mon époux. Je rassemble mes dernières forces pour tourner mon visage vers lui. Le chevalet est à sa place.

Notre conjoint, troublé, ému a joui en me disant des mots d’amour, mais en omettant le vouvoiement. Nous restons dans cette position, laissant la nature reprendre ses droits et son sexe débander. J’aime sentir son sperme couler de mon vagin, sa chaleur me fait prendre conscience que le fond de l’air s’est rafraîchi. Les minutes ont tourné autour de nous, sans jamais réussir à nous atteindre.

Nous nous résolvons à rejoindre mon époux sur la terrasse après un dernier baiser.

Et un autre.

Et un autre encore.

La nuit est tombée, nous discutons allongés dans le lit. Mon mari adoré nous remercie de lui « avoir offert la plus belle journée de ma nouvelle vie ».

– S’il n’y a que ça pour te faire plaisir, je veux bien recommencer tous les jours ! Et toi, mon ange ?

– Je ne dirais pas non, toutefois, faire l’amour avec mon époux me manquerait bien vite…

Notre conjoint répond par la blague habituelle « je ne suis pas jaloux ». Une plaisanterie en entraînant une autre, toutes pleines de sous-entendus salaces font naître en moi une furieuse envie de rouler une pelle à mon mari.

Autant ma langue et celle de notre conjoint se font l’amour naturellement, autant il me faut apprivoiser longuement celle de mon époux avant d’obtenir une galoche acceptable. En règle générale, mon mari n’attend pas ce point de bascule, il abrège la pelle autant que faire se peut. Il n’aime pas rouler des patins, c’est un fait établi, comme est établi le fait que notre conjoint et moi adorons ça.

Mon époux devine mon envie et m’accorde ce baiser. Sa langue se rétracte quand la mienne entre dans sa bouche, comme si elle cherchait à la fuir. Je commence à peine à pouvoir la frôler quand notre conjoint s’approche de nous. « Voyons voir si c’est aussi excitant que ça de mater un roulage de pelle de tout près… » Étonnamment, ses mots rassurent mon mari.

Notre conjoint m’attrape délicatement par les cheveux et, afin de mieux profiter du spectacle, me demande de décoller un peu ma bouche de celle de mon époux. Tel un expert, en quelques mots précis, il donne une leçon de roulage de galoche que mon mari reçoit comme un cadeau supplémentaire.

– Laissez-vous guider par sa langue… comme dans une danse, il y n’y en a qu’un seul qui la mène, laissez-lui ce rôle… Voilà… vous voyez où elle veut en venir ? Profitez de sa souplesse, de sa force délicate et suivez-la… Voilà… Elle est douce, n’est-ce pas ? Et fougueuse… Et caressante ! Ça ne vous rappelle rien ? C’est troublant, n’est-ce pas ?

Le dos de la main de notre conjoint glisse le long de mon dos avec la même douceur que la tendresse de sa voix. Le baiser s’éternise, je veux chevaucher mon époux, mais il refuse.

– Aujourd’hui, je ne veux être que spectateur… Ah, si seulement mon ami en avait la force… ! Vous pourriez m’offrir le dernier acte de votre programme…

– Et comment que j’en ai la force ! En vous matant, ma bite a retrouvé toute la vigueur de ses vingt ans ! Au lieu de rire, admirez l’engin !

Pendant notre apéro-dînatoire, j’ai remis à mon époux les cartes représentant les positions que nous avons réalisées pour lui. Il en restait une dernière. « Il est à craindre que je me sois montré présomptueux, mon cher ami… J’avoue que notre séjour sous la tente m’a vidé de mes dernières forces. Je ne pourrais pas l’exécuter avant… demain matin, peut-être… demain midi, certainement. »

Je charrie souvent notre conjoint avec sa manie de la procédure, j’exagère en affirmant que pour lui tout est contrat et qu’il vérifie à chaque action qu’il en respecte bien les termes. Aussi, quand il prend position derrière moi et qu’il nous demande « Levrette ou sodomie ? », je ricane « Quelles seront les conditions pour cette… » mon mari m’interrompt en plein envol oratoire.

– Mon cher ami, en cette journée particulière et pour fêter mon anniversaire, j’apprécierais un peu de poésie.

– Puisque les circonstances l’exigent, va pour la poésie !

Je me réjouis parce que j’en avais vraiment envie. Je ferme les yeux pour anticiper le plaisir que nous allons prendre. Notre conjoint sifflote « Hello, le soleil brille » en enduisant son « ouah ! braquemard d’enfer ! ». Je tremble d’excitation en entendant ces mots et quand je sens ses doigts recouverts de gel caresser « la porte d’entrée de mon intimité la plus intime »…

– Hé bien, mon ange, que vous arrive-t-il ? Le fond de l’air serait-il soudain trop frais ? Vous tremblez comme une feuille et vos reins se couvrent de chair de poule…

Mon corps lui répond mieux que ne le feraient mes mots. Je ne pense pas à m’étonner quand mon mari me demande de l’embrasser, qu’il soulève la tête et entrouvre ses lèvres. Sa langue ne redoute plus la mienne, notre baiser est un oxymore, une fougue langoureuse. Je sens l’érection de mon époux contre mon ventre, ainsi que sa main caresser son sexe.

Notre conjoint semble hésiter à me pénétrer. Son gland appuie contre mon anus, sa main se faufile sous mon ventre, attrape celle de mon mari, la dirige vers mon vagin.

– Cher ami, doigtez-la pendant que je l’encule.

– Amis de la poésie, bonsoir !

Ignorant ma réplique, après quelques secondes d’hésitation, il reprend.

– Cher ami, doigtez-la pendant que je l’encule, du bout de mon gland jusqu’à mes testicules. Mes amis, livrons-nous au plaisir majuscule, tous trois sans honte, ni crainte du ridicule !

Je ne sais pas comment ils parviennent à se synchroniser, quoi qu’il en soit, les doigts de mon mari et le sexe de notre conjoint me pénètrent au même rythme, leurs va-et-vient sont synchrones aussi. Mes cris de plaisirs sont tantôt brefs, tantôt longs comme si je criais en morse. Ce plaisir semble s’être concentré dans mon ventre, je m’affaisse un peu. Mon époux adoré nous fait alors remarquer que mon ventre soumis aux coups de boutoir de notre conjoint agit comme une sorte de branlette subtile sur son sexe.

– Une branlette à la façon du Duc de Wellington, en quelque sorte ?

– Oooh… NON !

– « NON ! », mon ange ?

– Oooh… ooohh… à la… Lord… By… Byron ! Oooh… c’est… si bon ! Ooh… !

Mon époux entrouvre ses lèvres, drague ma langue avec la sienne qui joue les aguicheuses. Nos bouches sont distantes de plusieurs centimètres lors de cette pelle aérienne. Comment pourrait-il en être autrement tant qu’il nous apparaît essentiel que notre conjoint en soit le spectateur ? Notre poète de la sodomie se penche pour ne pas en perdre une miette. Ses énormes couilles caressent mes cuisses. Les doigts de mon mari et le sexe de notre ami vont et viennent en moi. J’ai beaucoup de mal à ne pas trop onduler, à contenir l’envie de me cabrer, de crainte qu’un des deux ne soit expulsé de mon corps. Je sens le souffle court, saccadé de notre conjoint sur ma joue. Entendre mes cris tout en voyant ma langue danser avec celle de mon époux le rend fou d’excitation. Ses assauts se font, enfin, délicieusement rugueux.

Les fourmillements que je connais si bien, annonciateurs de l’orgasme imminent, commencent à me chatouiller les orteils. Je sais qu’ils remonteront le long de mes jambes, feront une halte au niveau de mes mollets, je remarquerai alors cette sensation, au niveau de mes cervicales, vive comme un coup de fouet, diffuser jusqu’au creux de mes reins. Les fourmillements reprendront leur course, pour rejoindre la fouettée dans un mouvement tournant, transformant mon ventre en un volcan au bord de l’éruption.

Je relève un peu la tête, regarde mon mari adoré droit dans les yeux et, rassemblant ce qui me reste d’esprit, lui demande de me regarder dans les yeux quand son ami me fait jouir comme ça. Je vois son regard chavirer avant que le mien ne chavire à son tour. Mon orgasme est puissant comme j’aime que mes orgasmes le soient. Je sens mon sexe palpiter autour des doigts de mon mari, je sens mon cul en faire autant autour de l’énorme queue de notre conjoint. Je me cambre davantage, c’est ma façon de l’encourager à se déchaîner. Oh oui, comme ça ! Défonce-moi le cul, comme ça ! Oh oui ! Et tes couilles… gifle-moi les cuisses avec tes belles et grosses couilles ! Hélas, ces mots restent coincés dans mon cerveau, le plaisir a la fâcheuse tendance à me rendre muette, tout juste capable de grogner.

Mon époux crie, je sens son sperme chaud sur mon ventre. Il ouvre les yeux. Je le regarde et parviens à prononcer « Joyeux anniversaire, mon chéri ! ». Le cri de notre conjoint se contracte autour de mon clitoris. Je sais que s’il s’enfonce encore davantage dans mon cul, c’est pour éjaculer de tout son saoul.

– Joyeux anniversaire, cher ami !

En sueur, nous nous écroulons sur le lit. J’embrasse notre poète, il me répète à quel point il nous aime. Nous l’assurons de la réciprocité de nos sentiments. Je l’embrasse encore. Je m’endors dans les bras de mon époux, sa main caresse ma joue, avant que le sommeil ne me happe, je l’entends dire :

– Regarde comme elle est belle quand elle s’endort repue de plaisir ! Tu n’as pas idée de tout le bonheur que vous m’avez offert aujourd’hui, je te promets de te le rendre au centuple quand tu fêteras ton anniversaire.

Allez hop, tout l’monde à la campagne ! – Cinquième épisode

Depuis l’autre jour, mon mari passe de longues heures penché sur le dessin qui décorera le mur face au lit. De son côté, notre conjoint trace des plans, imagine l’aménagement de notre chambre, il hésite sur ce qu’il va confectionner, un cosy ou une console ? Alors, entre un époux, roi des pinceaux et un conjoint, pape de la chignole, j’ai très vite ressenti le besoin d’exprimer ma fibre créatrice. Hélas, à la différence de mes deux hommes, je n’ai aucun don pour les arts graphiques.

On me dit têtue, obstinée voire butée, en toute objectivité je me qualifierais plutôt d’opiniâtre, volontaire, tenace. J’ai donc décidé d’apprendre à modifier des images à l’aide d’un logiciel conçu à cet effet. J’y avais renoncé pendant le confinement, parce que la situation me mettait les nerfs à vif et ma patience se brisait devant la moindre difficulté, aussi sûrement qu’une assiette lancée avec force et colère à travers la cuisine.

Mon époux et notre conjoint étant installés à la grande table et puisque la météo clémente me le permet, je décide d’occuper la table de la petite terrasse à l’arrière de la maison. L’avantage c’est que si je renonce, ils n’en sauront rien.

Je suis plutôt surprise de parvenir aussi vite à maîtriser ce logiciel et à obtenir le résultat que je souhaitais. Forte de cette première réussite, je décide de bidouiller non pas une image, mais de créer toute une série. Je ne m’interromps que lorsque mes deux complices me rejoignent pour « un petit pique-nique histoire de se sustenter ». D’abord étonnés, ils deviennent curieux en me voyant rabattre vivement l’écran de mon ordinateur.

– Qu’est-ce que tu nous caches, mon ange ?

– La curiosité est un vilain défaut, sémillant conjoint !

– Et à moi, le dirais-tu, ma chérie ?

– Rien à faire, je resterai inflexible… je dirais même deux flexibles ! Et c’est pas la peine de tenter un de vos tours de cochon, je ne dirai rien. Rien de rien.

– Tant pis, alors…

Pourquoi ne suis-je pas surprise de les voir capituler sans combattre ? Pourquoi n’y détectè-je pas un piège ? Notre conjoint s’assied à mes côtés, m’embrasse… sa langue… oh, sa langue dans ma bouche… ! Mon époux, debout dans mon dos, commente la tentative de son ami. « Pour la faire changer d’avis, pourquoi ne pas user d’arguments imparables ? », il prend ma main, la glisse dans le jogging de notre conjoint et la guide jusqu’à ses grosses couilles qui semblaient n’attendre que ça.

Je la retire prestement.

– Je m’occupe à bidouiller des images, mais si c’est pour vous moquer de moi… je préfère ne pas vous montrer mes essais.

– Pourquoi crois-tu qu’on se moquerait de toi, mon ange ?

D’un coup de menton, je désigne mon époux (que j’adore un tout petit peu moins à cet instant précis). Semblant presque s’en excuser, il explique à notre conjoint à quel point je n’arrive pas à dessiner quoi que ce soit et prolonge l’explication en racontant quelques anecdotes qui ne me mettent pas spécialement en valeur. Je voudrais arracher le sourire contrit du visage de notre conjoint et m’en servir pour le gifler à pleine volée.

Le pique-nique est délicieux. Le petit vin blanc « qu’on boit sous les tonnelles, quand les filles sont belles… » fait flancher ma détermination. J’obtiens leur serment de ne pas ricaner, si le résultat ne les satisfait pas autant que je le suis. Je consens, alors, à leur montrer une de mes images.

– Mais c’est plus que pas mal, ma chérie ! C’est même très bien ! Ça t’a pris beaucoup de temps ?

– Pas tant que ça… j’en ai fait d’autres… et puis, j’ai inventé des légendes pour quelques-unes. Vous voulez voir ?

Ils rient à mes bêtises et à mes commentaires expliquant le pourquoi du comment de certaines légendes. Je suis tellement heureuse, tellement heureuse que j’en oublie d’être fière de moi. Une chose est certaine, notre conjoint ne perd pas le Nord. Alors que le café est en train de passer, il affirme qu’une remise à niveau en matière de secourisme ne serait pas superflue et puisque nous avons un sauveteur secouriste du travail… D’abord interloqué, mon époux finit par comprendre l’allusion.

L’herbe est drue, les haies auraient besoin d’être taillées, nous avons tous les trois un petit coup dans l’aile, nous pratiquerons donc la PLS dans le jardin. J’en frémis d’excitation et je remarque le même effet chez mes deux complices.

– Je choisis cette version, alors…

– Quelle est la différence avec l’autre ?

– Ben… ah oui, je ne vous avais pas dit… en bleu, c’est toi, mon cher mari et en vert c’est vous, mon amour… euh… mon sémillant conjoint !

– J’aimais bien votre « mon amour »…

– Moi aussi, ma chérie, regarde comme ça me fait bander ! Mais où vas-tu comme ça ? Ne t’enfuis pas !

Je reviens auprès d’eux, le tube de lubrifiant à la main.

– Tiens, monsieur le sauveteur secouriste du travail…

– J’hésite encore… fromage ou dessert ?

– Fromage et dessert, si ça ne t’ennuie pas… sinon, ce ne serait pas une PLS…

– Madame votre épouse est gourmande, cher ami

– Vous ne croyez pas si bien dire, mon fringuant… amour…

Je ne sais pas si c’est la crainte d’être vue, surprise qui met tous mes sens en alerte, ou si c’est l’odeur herbeuse de la terre ou bien le petit vin blanc qui me fait tourner la tête, quoi qu’il en soit, jamais le sexe de notre conjoint ne m’a paru aussi délicieux. Et ses mains crispées sur mes tempes… ! Et ses mots… ses putains de mots… !

Je sais que mon époux adoré se régale du spectacle. Depuis ce fameux réveillon, il me l’a dit souvent, ce fantasme devenu réalité lui apporte, outre de nombreux plaisirs, une sérénité qu’il n’aurait jamais imaginée, le bonheur aussi de s’être trouvé, au-delà d’un complice, un véritable ami, un frère.

Je lèche la grosse pine de notre conjoint en pensant à tout cela, aux frissons qui me parcourent à l’évocation de ces mots « grosse pine » « énormes couilles ». L’odeur du vieux rosier adossé à la remise se marie merveilleusement à celle du pubis de notre voisin. Il faut que je pense à lui demander s’il a été planté à cet effet.

– Regardez, cher ami, votre épouse bave tellement que sa salive inonde mes couilles !

– Ma chérie, ne prends pas le risque de faire gercer les énormes attributs de notre conjoint !

Tandis que je me penche pour lécher, gober les bourses de mon fringuant amour, mon mari me pénètre avec art et application. J’aime l’entendre s’extasier sur la chaleur humide de ma chatte… l’entendre parler de chatte m’excite autant que lorsque je pense aux mots « grosse pine » « énormes couilles ». Quand il invite son « cher ami » à admirer comment ma mouille fait reluire sa queue, je grogne de plaisir. Notre conjoint dérobe son sexe à l’avidité de ma bouche, je lève vers lui un regard implorant, tout en caressant ma joue, il me répète « Les pointillés, mon ange… les pointillés ». Je dois alors me contenter de coups de langue sur l’aine, de baisers sur son pubis, son odeur musquée me rend folle de désir.

Et leurs mains… leurs mains complices qui me caressent en toute délicate impudeur… et mon corps qui semble naître à chaque attouchement… et ce plaisir qui gronde en moi, comme un orage d’été qui prendrait tout son temps avant d’éclater… ma gorge se noue de tous ces cris à jamais retenus…

À qui sont les mains qui écartent mes fesses ? Lequel des deux verse autant de gel entre elles ? Le plaisir fait bourdonner mes tympans, je n’entends pas ce qu’ils se disent… quelques mots seulement… « Attends… attends ! » Notre conjoint pénètre ma bouche au même rythme que mon mari m’encule… Je n’aurais jamais imaginé pendre autant de plaisir à l’évocation du verbe « enculer », jusqu’à ce mois de janvier, je préférais les litotes, mais depuis que nous sommes trois, j’ai appris à écouter, à dire ce mot avec plaisir, parce qu’il évoque la vérité du plaisir que je prends.

Mon orgasme est si puissant que je manque de m’évanouir. La conjonction de leur sexe l’un dans ma bouche, l’autre dans mon cul, la main de mon mari dans mes cheveux, celle de notre conjoint sur ma joue, leur autre main caressant ma vulve… le goût de la grosse pine dans ma bouche, l’odeur du jardin, et ces merveilleux va-et-vient de mon époux… existe-t-il, dans l’Univers, une femme plus heureuse que moi actuellement ? J’aimerais pouvoir répondre oui, mais j’en doute fortement.

– Tenez, tenez, mon ange… régalez-vous !

Je tremble comme une feuille, le plaisir ne me quitte pas. La bouche encore pleine du goût du sperme de notre conjoint, le voici qu’il s’agenouille et m’offre un de ses merveilleux baisers.

– Oh, vous me faites jouir, tous les deux… regardez comment

J’interromps brutalement la pelle que nous nous roulions.

– Non, mon chéri ! S’il te plaît, décharge au fond de mon cul !

Sans le voir, je sens la surprise de mon époux, il n’est pas habitué à m’entendre parler ainsi et il en est tellement heureux. Il m’a tannée pendant des années, mais ces mots restaient bloqués, verrouillés dans mon cerveau. C’est aussi un des beaux cadeaux que nous devons à notre conjoint.

Nous restons de longues minutes, allongés par terre, blottis les uns contre les autres, à nous dire de jolies choses avec de vilains mots, à nous promettre d’autres galipettes dans le jardin. Je les fais sourire en leur confiant que j’ai bien aimé fêter ainsi ma réussite dans ma première tentative d’œuvre graphique.

Mon époux se lève, va faire un brin de toilette avant de se remettre aux pinceaux. Je me rhabille, notre conjoint aussi. Nous nous dirigeons vers la maison, quand je réponds à son interrogation muette, oui j’ai quelque chose à lui dire.

– Je t’aime, mon amour, je t’aime.

La nouvelle vie d’Odette – Chevauchée fantastique

La soirée était bien avancée quand nous arrivâmes au mas. La nuit avait déjà pris le dessus sur le jour. Monique s’était réjouie de pouvoir se garer aussi facilement. Toute à mes papotages entre consœurs, je n’avais pas remarqué la camionnette à côté de la voiture de Jimmy. Je n’y prêtai pas plus attention que ça, j’étais encore sur mon petit nuage et n’avais aucune envie d’en descendre.

Je fis une entrée spectaculaire dans la grande salle qui tient lieu de cuisine et de salle à manger, entre personnalité de marque et grande blessée. Monique criait à tue-tête Place ! Place ! Faites place ! Ses jambes ne la soutiennent plus ! C’était vrai, mais un peu plus de discrétion ne m’aurait pas froissée. Christian et Jimmy se précipitèrent à mon secours, tandis qu’Alain et Jim apportaient un des fauteuils de la salle des spectacles. Je me sentais un brin ridicule, sans en éprouver la moindre honte. Mireille m’offrit quelques mignardises, le front déjà rougi.

– Alors, ça fait quoi ? C’était comment de te faire culbuter par des inconnus ?

– C’était génial, mais j’en ai reconnus certains…

– Normau, t’as triché en envoyant ta petite fée nous espionner !

– Parce que tu crois que je peux décider de ça ?! C’est pas ma faute si tu la fais apparaître, monsieur le Wizard !

– Et en plus, tu te moques, capoune ?! Tu mériterais que…

Il n’empêche que le Bavard était fier que je lui attribue ce mérite.

– Et puis, j’avais reconnu Alain avant !

L’éclat de rire fut général. Comme s’il en était dépité, Alain se demanda à haute voix s’il ne devrait pas se la raboter un peu. Le cri unanime de ses consœurs Surtout pas ! le fit se gonfler d’orgueil. Il tira sur des bretelles imaginaires en souriant. C’est alors que j’entendis des coups de marteau venir de la salle des spectacles.

– Linus ?!

Comme s’il n’attendait que mon appel pour nous rejoindre, il entra dans la pièce. Pendant un court instant, je me demandai combien de temps avait duré mon expérience qui avait débuté le 7 février. Jimmy levait les yeux au ciel, son éternel sourire indulgent aux lèvres.

– Linus est venu en avance pour les préparatifs de la Saint-Valentin

Je me levai afin que Jimmy prenne ma place sur le fauteuil et que je puisse m’asseoir sur ses genoux. Ses lèvres sur mon cou, ses mots chuchotés à mon oreille.

– Ne change pas, reste à la fois surprenante de sagesse et confondante de naïveté. Si tu savais la surprise qui est mienne de ressentir chaque jour la puissance de l’amour ! Je t’aime, ma Princesse, il me tarde d’être au 4 septembre !

– Rapport à la nuit de noces ?

– Capoune !

– J’ai envie de sentir ta main sur mon sein, tes dents déchirer ma peau.

– Là ? Tout de suite ?

– Là. Tout de suite.

– Serviteur !

Je sentis ma peau céder sous sa morsure. Je jouis sereinement en silence. Jimmy le remarqua, son sexe se dressa.

– Je t’aime, Jimmy, je t’aime !

Je pris conscience qu’une conversation avait été interrompue par ces derniers mots que j’avais prononcés plus fort que je ne l’avais voulu. Pour me donner une contenance, je demandai à Linus quels étaient les préparatifs qui l’avaient contraint à avancer sa venue.

– Imagines-tu Betsy et Alister fêter la Saint-Valentin sans cheval mécanique ?

– Tu crois qu’ils pourront s’en passer d’ici là ?

– Peut-être n’auront-ils pas à le faire…

Je me dévissai la tête et regardai en direction de la salle des spectacles. Linus sourit.

– Non, ce n’est pas ce que tu penses, celui que j’installe est le cadeau que nous vous offrons en remerciement…

Je repensai à leur séjour de la Toussaint, aux conséquences qu’il avait eues sur la vie de Socrates et de Roweena. Je revis Betsy émue aux larmes pendant leur séjour fin décembre, Joseph tel le Prince Charmant de la Belle au Bois Dormant, qui avait sorti Aunt Molly de sa torpeur, de sa folie macabre.

– Tu penses avoir fini l’installation à temps pour leur venue ?

– Oui ! Il est déjà prêt, je pensai attendre demain pour te proposer de le tester, parce que ce soir après la journée que tu as eue…

– Tu sais que j’ai reconnu ta main sur ma cuisse, mais je pensais avoir été victime d’une hallucination…

Alain avait traduit notre échange. Mireille leva un doigt timide et toute rougissante demanda à Linus s’il était absolument nécessaire que je fusse la première à l’essayer. Prenant son mari à témoin, elle s’en expliqua.

– Dans mon milieu, les jeunes filles prenaient des leçons d’équitation, c’est juste pour vérifier si les soubresauts de la monture mécanique sont semblables à ceux des vrais chevaux…

– Une espérience ès scientifique, en quelque sorte…

– Tu m’ôtes les mots de la bouche, Blanche-Minette !

Pour déterminer qui serait son partenaire d’espérience, nous décidâmes de nous en remettre au sort. Chaque homme nota son prénom sur un bout de papier, le plus difficile fut de déterminer quelle main serait assez innocente pour procéder au tirage. Mireille estima que cet honneur me revenait. Je plongeai la main dans le saladier. Perplexe, je lus à haute voix. La figure Rosalie. Jimmy éclata de rire. Je me levai pour lui permettre de tenir son rôle de coéquipier.

– De toute manière, n’importe lequel de tous les hommes ici présents m’aurait convenu.

Personne n’eut à traduire la remarque de Mireille à Linus, surtout après notre Pomponnettes Power ! crié collectivement. Elle s’installa sur le cheval et sut d’instinct comment faire pour rendre sa position la plus confortable possible.

– On dit du manque de savoir-vivre des classes populaires, mais vous noterez que dans la haute, ces demoiselles chevauchent les fesses à l’air…

Linus se retourna et fit un clin d’œil à Martial.

– Tu comprends le français ?!

– Joseph nous donne des leçons… Je ne comprends pas tous les mots, mais je comprends l’idée générale.

– J’aime beaucoup Joseph, mais si tu veux faire de réels progrès, ces dames ici présentes enseignent d’une façon… wow ! Amazing !

Mireille installée, Jimmy prit place face à elle, le dos appuyé contre l’encolure du cheval. Linus leur montra comment régler la longueur et la cadence des va-et-vient mécaniques à l’aide de la télécommande. Avant tout, il leur fallut manœuvrer une molette afin de positionner précisément le gland de Jimmy à l’entrée du vagin de Mireille. Elle rougissait, gloussait. Dans mon dos j’entendis Daniel, admiratif, se murmurer à lui-même Madame Fabre.

– Tout est Ok ? Oui ? Alors…

Mireille actionna la télécommande. La vitesse était assez lente pour qu’elle et Jimmy puissent s’habituer aux sensations. Linus recula de deux pas, revint auprès du cheval et demanda à Mireille si elle n’avait pas envie de sentir le souffle de la liberté sur sa magnifique poitrine. Entre deux gémissements, elle lui demanda de l’aide pour libérer ses seins.

Fascinée, je regardais le sexe de Jimmy s’enfoncer au ralenti dans celui de Mireille, puis apparaître à la même vitesse, s’arrêter au niveau de la petite bosse qui semblait servir de repère pour enclencher un autre va-et-vient. J’entendais leurs soupirs, leurs gémissements de plaisir, mais comme s’ils étaient au loin. De tous mes sens, la vue avait pris le dessus. Je ne détachais pas mon regard de ce spectacle si excitant, même lorsque je sentis la présence de Christian à mes côtés. Il savait mieux que quiconque ce que je ressentais, nul besoin de le lui dire, ni de le regarder. Il me fit un bisou dans le cou et partit de l’autre côté du cheval pour bénéficier d’un point de vue plus à son goût.

– Je voulais être sûr que le cheval fonctionnait avant de l’installer sur le carrousel.

– Comment te remercier, Linus ?

Je ne le regardais pas plus que j’avais regardé Christian. Il prit ma main. Son sexe était dur. Il le fut davantage quand je serrai mes doigts de toutes mes forces autour de la hampe et que je le branlai au rythme des mouvements du cheval. Je sentais tous les reliefs de son sexe et je m’imaginais ceux du membre de Jimmy dans le vagin de Mireille.

– En appuyant sur la touche droite, tu accélères les mouvements. Tu veux bien essayer, Mireille ?

Elle fut tentée d’objecter.

– C’est pour valider l’espérience ès scientifique, Madame !

Jimmy se tourna vers moi, son regard glissa le long de mon bras. Il me sourit.

– Si c’est Princesse qui te le dit, nulle raison de remettre en cause son argument. Vaï, fais comme Linus te demande…!

Le cheval accéléra progressivement. Je branlais Linus au même rythme. Je sentis sa main se frayer un chemin dans ma culotte, ma chatte qui avait été soumise à tant de pénétrations, à tant d’attouchements quelques heures plus tôt était d’une sensibilité exacerbée. Les caresses de Linus étaient aussi délicates que les miennes étaient rugueuses.

Autour de nous, les confrères et les consœurs commentaient ce qu’ils voyaient. Marcel s’était approché pour regarder de son œil espert si les mouvements de la monture étaient réalistes. Il fit une moue dubitative. Monique lui demanda s’il s’y connaissait tant que ça en la matière.

– Hé bé oui ! Mon grand-père, paix à son âme, que tu as bien connu avait une carriole tirée par une jument. Marguerite, qu’elle s’appelait !

– Ah bon ?! Je ne l’ai jamais vue…

– Té, qu’elle nous a quittés en 1942, la pauvre !

– Ah oui… donc un an avant ta naissance…

– Et alors ?! N’empêche que Barjaco, il avait une jument…

– Pierrot aussi, si tu vas par là…

– Ben alors, qu’est-ce t’attends pour venir espértiser ?!

Jim s’approcha aussi, puisqu’il est espécialiste des chevaux australiens. Il ne s’attarda pas trop sur les mouvements de la monture, mais reprocha à son coumpan de ne pas avoir remarqué la souffrance des mamelles de Madame qui réclamaient leur dose de caresses. Tout en les soulageant, il s’étonna du manque d’attention de son confrère.

– Mon époux, mon époux, offrez-moi un de vos doux baisers et mon bonheur sera complet !

– Avec plaisir, Madame… Madame Fabre !

Linus demanda à Mireille de tourner la molette de façon à amplifier les va-et-vient et d’appuyer sur le bouton gauche pour les ralentir. Elle obtempéra de bonne grâce à cette requête, je le branlais donc plus amplement et plus lentement. Quelques minutes plus tard, il lui fait faire la manœuvre inverse et mes gestes suivirent cette nouvelle cadence. Je regardais, toujours aussi fascinée, le sexe de Jimmy entrer et sortir de celui de Mireille, à chaque fois plus luisant. Je ne détachais mon regard que lorsque je sentis le sien posé sur moi. Il me souriait, heureux. Sa langue aiguisa ses dents. Je sais ce que cela signifie. Il jouit dans un grognement de plaisir, au même moment, je sentis ma main recouverte du sperme de Linus.

– Perfect timing !

Mireille descendit à grand peine de la monture. « À regret » serait plus exact. Après le dîner, Cathy prit sa première leçon d’équitation avec Alain. Fourbue, je partis me coucher et comme fréquemment, m’endormis entre Jim et Jimmy. Avant de rejoindre notre chambre, je souhaitai une bonne nuit à Linus, lui dis ma hâte de chevaucher avec lui et regrettai de ne pas avoir songé à me procurer de la pierre d’alun. Il me rendit mon baiser, me fit un clin d’œil et en sortit un morceau de sa poche.

Réveil charmant