La nouvelle vie d’Odette – Chevauchée fantastique

La soirée était bien avancée quand nous arrivâmes au mas. La nuit avait déjà pris le dessus sur le jour. Monique s’était réjouie de pouvoir se garer aussi facilement. Toute à mes papotages entre consœurs, je n’avais pas remarqué la camionnette à côté de la voiture de Jimmy. Je n’y prêtai pas plus attention que ça, j’étais encore sur mon petit nuage et n’avais aucune envie d’en descendre.

Je fis une entrée spectaculaire dans la grande salle qui tient lieu de cuisine et de salle à manger, entre personnalité de marque et grande blessée. Monique criait à tue-tête Place ! Place ! Faites place ! Ses jambes ne la soutiennent plus ! C’était vrai, mais un peu plus de discrétion ne m’aurait pas froissée. Christian et Jimmy se précipitèrent à mon secours, tandis qu’Alain et Jim apportaient un des fauteuils de la salle des spectacles. Je me sentais un brin ridicule, sans en éprouver la moindre honte. Mireille m’offrit quelques mignardises, le front déjà rougi.

– Alors, ça fait quoi ? C’était comment de te faire culbuter par des inconnus ?

– C’était génial, mais j’en ai reconnus certains…

– Normau, t’as triché en envoyant ta petite fée nous espionner !

– Parce que tu crois que je peux décider de ça ?! C’est pas ma faute si tu la fais apparaître, monsieur le Wizard !

– Et en plus, tu te moques, capoune ?! Tu mériterais que…

Il n’empêche que le Bavard était fier que je lui attribue ce mérite.

– Et puis, j’avais reconnu Alain avant !

L’éclat de rire fut général. Comme s’il en était dépité, Alain se demanda à haute voix s’il ne devrait pas se la raboter un peu. Le cri unanime de ses consœurs Surtout pas ! le fit se gonfler d’orgueil. Il tira sur des bretelles imaginaires en souriant. C’est alors que j’entendis des coups de marteau venir de la salle des spectacles.

– Linus ?!

Comme s’il n’attendait que mon appel pour nous rejoindre, il entra dans la pièce. Pendant un court instant, je me demandai combien de temps avait duré mon expérience qui avait débuté le 7 février. Jimmy levait les yeux au ciel, son éternel sourire indulgent aux lèvres.

– Linus est venu en avance pour les préparatifs de la Saint-Valentin

Je me levai afin que Jimmy prenne ma place sur le fauteuil et que je puisse m’asseoir sur ses genoux. Ses lèvres sur mon cou, ses mots chuchotés à mon oreille.

– Ne change pas, reste à la fois surprenante de sagesse et confondante de naïveté. Si tu savais la surprise qui est mienne de ressentir chaque jour la puissance de l’amour ! Je t’aime, ma Princesse, il me tarde d’être au 4 septembre !

– Rapport à la nuit de noces ?

– Capoune !

– J’ai envie de sentir ta main sur mon sein, tes dents déchirer ma peau.

– Là ? Tout de suite ?

– Là. Tout de suite.

– Serviteur !

Je sentis ma peau céder sous sa morsure. Je jouis sereinement en silence. Jimmy le remarqua, son sexe se dressa.

– Je t’aime, Jimmy, je t’aime !

Je pris conscience qu’une conversation avait été interrompue par ces derniers mots que j’avais prononcés plus fort que je ne l’avais voulu. Pour me donner une contenance, je demandai à Linus quels étaient les préparatifs qui l’avaient contraint à avancer sa venue.

– Imagines-tu Betsy et Alister fêter la Saint-Valentin sans cheval mécanique ?

– Tu crois qu’ils pourront s’en passer d’ici là ?

– Peut-être n’auront-ils pas à le faire…

Je me dévissai la tête et regardai en direction de la salle des spectacles. Linus sourit.

– Non, ce n’est pas ce que tu penses, celui que j’installe est le cadeau que nous vous offrons en remerciement…

Je repensai à leur séjour de la Toussaint, aux conséquences qu’il avait eues sur la vie de Socrates et de Roweena. Je revis Betsy émue aux larmes pendant leur séjour fin décembre, Joseph tel le Prince Charmant de la Belle au Bois Dormant, qui avait sorti Aunt Molly de sa torpeur, de sa folie macabre.

– Tu penses avoir fini l’installation à temps pour leur venue ?

– Oui ! Il est déjà prêt, je pensai attendre demain pour te proposer de le tester, parce que ce soir après la journée que tu as eue…

– Tu sais que j’ai reconnu ta main sur ma cuisse, mais je pensais avoir été victime d’une hallucination…

Alain avait traduit notre échange. Mireille leva un doigt timide et toute rougissante demanda à Linus s’il était absolument nécessaire que je fusse la première à l’essayer. Prenant son mari à témoin, elle s’en expliqua.

– Dans mon milieu, les jeunes filles prenaient des leçons d’équitation, c’est juste pour vérifier si les soubresauts de la monture mécanique sont semblables à ceux des vrais chevaux…

– Une espérience ès scientifique, en quelque sorte…

– Tu m’ôtes les mots de la bouche, Blanche-Minette !

Pour déterminer qui serait son partenaire d’espérience, nous décidâmes de nous en remettre au sort. Chaque homme nota son prénom sur un bout de papier, le plus difficile fut de déterminer quelle main serait assez innocente pour procéder au tirage. Mireille estima que cet honneur me revenait. Je plongeai la main dans le saladier. Perplexe, je lus à haute voix. La figure Rosalie. Jimmy éclata de rire. Je me levai pour lui permettre de tenir son rôle de coéquipier.

– De toute manière, n’importe lequel de tous les hommes ici présents m’aurait convenu.

Personne n’eut à traduire la remarque de Mireille à Linus, surtout après notre Pomponnettes Power ! crié collectivement. Elle s’installa sur le cheval et sut d’instinct comment faire pour rendre sa position la plus confortable possible.

– On dit du manque de savoir-vivre des classes populaires, mais vous noterez que dans la haute, ces demoiselles chevauchent les fesses à l’air…

Linus se retourna et fit un clin d’œil à Martial.

– Tu comprends le français ?!

– Joseph nous donne des leçons… Je ne comprends pas tous les mots, mais je comprends l’idée générale.

– J’aime beaucoup Joseph, mais si tu veux faire de réels progrès, ces dames ici présentes enseignent d’une façon… wow ! Amazing !

Mireille installée, Jimmy prit place face à elle, le dos appuyé contre l’encolure du cheval. Linus leur montra comment régler la longueur et la cadence des va-et-vient mécaniques à l’aide de la télécommande. Avant tout, il leur fallut manœuvrer une molette afin de positionner précisément le gland de Jimmy à l’entrée du vagin de Mireille. Elle rougissait, gloussait. Dans mon dos j’entendis Daniel, admiratif, se murmurer à lui-même Madame Fabre.

– Tout est Ok ? Oui ? Alors…

Mireille actionna la télécommande. La vitesse était assez lente pour qu’elle et Jimmy puissent s’habituer aux sensations. Linus recula de deux pas, revint auprès du cheval et demanda à Mireille si elle n’avait pas envie de sentir le souffle de la liberté sur sa magnifique poitrine. Entre deux gémissements, elle lui demanda de l’aide pour libérer ses seins.

Fascinée, je regardais le sexe de Jimmy s’enfoncer au ralenti dans celui de Mireille, puis apparaître à la même vitesse, s’arrêter au niveau de la petite bosse qui semblait servir de repère pour enclencher un autre va-et-vient. J’entendais leurs soupirs, leurs gémissements de plaisir, mais comme s’ils étaient au loin. De tous mes sens, la vue avait pris le dessus. Je ne détachais pas mon regard de ce spectacle si excitant, même lorsque je sentis la présence de Christian à mes côtés. Il savait mieux que quiconque ce que je ressentais, nul besoin de le lui dire, ni de le regarder. Il me fit un bisou dans le cou et partit de l’autre côté du cheval pour bénéficier d’un point de vue plus à son goût.

– Je voulais être sûr que le cheval fonctionnait avant de l’installer sur le carrousel.

– Comment te remercier, Linus ?

Je ne le regardais pas plus que j’avais regardé Christian. Il prit ma main. Son sexe était dur. Il le fut davantage quand je serrai mes doigts de toutes mes forces autour de la hampe et que je le branlai au rythme des mouvements du cheval. Je sentais tous les reliefs de son sexe et je m’imaginais ceux du membre de Jimmy dans le vagin de Mireille.

– En appuyant sur la touche droite, tu accélères les mouvements. Tu veux bien essayer, Mireille ?

Elle fut tentée d’objecter.

– C’est pour valider l’espérience ès scientifique, Madame !

Jimmy se tourna vers moi, son regard glissa le long de mon bras. Il me sourit.

– Si c’est Princesse qui te le dit, nulle raison de remettre en cause son argument. Vaï, fais comme Linus te demande…!

Le cheval accéléra progressivement. Je branlais Linus au même rythme. Je sentis sa main se frayer un chemin dans ma culotte, ma chatte qui avait été soumise à tant de pénétrations, à tant d’attouchements quelques heures plus tôt était d’une sensibilité exacerbée. Les caresses de Linus étaient aussi délicates que les miennes étaient rugueuses.

Autour de nous, les confrères et les consœurs commentaient ce qu’ils voyaient. Marcel s’était approché pour regarder de son œil espert si les mouvements de la monture étaient réalistes. Il fit une moue dubitative. Monique lui demanda s’il s’y connaissait tant que ça en la matière.

– Hé bé oui ! Mon grand-père, paix à son âme, que tu as bien connu avait une carriole tirée par une jument. Marguerite, qu’elle s’appelait !

– Ah bon ?! Je ne l’ai jamais vue…

– Té, qu’elle nous a quittés en 1942, la pauvre !

– Ah oui… donc un an avant ta naissance…

– Et alors ?! N’empêche que Barjaco, il avait une jument…

– Pierrot aussi, si tu vas par là…

– Ben alors, qu’est-ce t’attends pour venir espértiser ?!

Jim s’approcha aussi, puisqu’il est espécialiste des chevaux australiens. Il ne s’attarda pas trop sur les mouvements de la monture, mais reprocha à son coumpan de ne pas avoir remarqué la souffrance des mamelles de Madame qui réclamaient leur dose de caresses. Tout en les soulageant, il s’étonna du manque d’attention de son confrère.

– Mon époux, mon époux, offrez-moi un de vos doux baisers et mon bonheur sera complet !

– Avec plaisir, Madame… Madame Fabre !

Linus demanda à Mireille de tourner la molette de façon à amplifier les va-et-vient et d’appuyer sur le bouton gauche pour les ralentir. Elle obtempéra de bonne grâce à cette requête, je le branlais donc plus amplement et plus lentement. Quelques minutes plus tard, il lui fait faire la manœuvre inverse et mes gestes suivirent cette nouvelle cadence. Je regardais, toujours aussi fascinée, le sexe de Jimmy entrer et sortir de celui de Mireille, à chaque fois plus luisant. Je ne détachais mon regard que lorsque je sentis le sien posé sur moi. Il me souriait, heureux. Sa langue aiguisa ses dents. Je sais ce que cela signifie. Il jouit dans un grognement de plaisir, au même moment, je sentis ma main recouverte du sperme de Linus.

– Perfect timing !

Mireille descendit à grand peine de la monture. « À regret » serait plus exact. Après le dîner, Cathy prit sa première leçon d’équitation avec Alain. Fourbue, je partis me coucher et comme fréquemment, m’endormis entre Jim et Jimmy. Avant de rejoindre notre chambre, je souhaitai une bonne nuit à Linus, lui dis ma hâte de chevaucher avec lui et regrettai de ne pas avoir songé à me procurer de la pierre d’alun. Il me rendit mon baiser, me fit un clin d’œil et en sortit un morceau de sa poche.

Réveil charmant

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