La nouvelle vie d’Odette – L’oiseau que tu croyais surprendre battit de l’aile et s’envola. L’amour est loin, tu peux l’attendre, tu ne l’attends plus, il est là. *

Peu avant d’arriver au village, Cathy me demanda si j’étais d’accord pour poursuivre son « road-movie ». Nous avons donc traversé le village, continué vers le Nord.

– Ça faisait presque neuf mois que Paulo était sous terre quand Monique est entrée dans la boulangerie. Je me souviens encore du bruit du rideau de perles et du carillon au-dessus de la porte. Je l’ai regardée, j’ai tout de suite vu qu’elle savait qui j’étais. Alors, j’ai regardé vers la place et j’ai vu l’auto de Christian. « Bonjour, je m’appelle Monique, j’aimerais te parler seule à seule ». Je me suis pensé qu’elle allait me dire « Christian c’est mon homme, alors requin… loin des côtes ! » Mais elle avait un si joli sourire. Je voyais bien qu’elle ne voulait pas faire un esclandre public, alors je lui ai proposé de me retrouver chez moi pendant ma pause… Là, dans mon petit appartement au-dessus de la boucherie… au premier étage. Hou fan, si j’avais pu deviner ! J’aurais fermé la boulangerie tout de suite, je ne serais pas restée une heure, plus d’une heure à me cailler les sangs !

Cathy prit une profonde inspiration et sur le ton de la confidence poursuivit son récit.

– On a parlé normalement. Et puis je lui ai dit que j’étais contente de la visite de ma remplaçante. Qu’est-ce qu’elle m’a pas crié ! Hou ! Qu’est-ce que j’avais pas dit là !

Imitant tant bien que mal l’accent parisien, mais mimant Monique à la perfection.

– Quelle remplaçante ?! Personne ne pourra jamais prendre ta place ! Tu m’entends ?! Personne ! Tu es unique ! Regarde-moi ! Comment je pourrais être ta remplaçante ?! Tu es irremplaçable ! Elle m’a raconté ses vacances, ses rencontres, c’est là qu’elle m’a dit que je leur manquais à tous. Elle m’a demandé si ça ne me manquait pas un peu à moi aussi. Je lui ai répondu que non, que ça ne me manquait pas un peu. Que ça me manquait beaucoup. C’était la première fille avec qui je me sentais en confiance… Elle m’a demandé de lui parler de la camionnette et quand je lui racontais… Elle écoutait avec de la gourmandise dans les yeux ! Ça me faisait tout drôle parce que c’était la première amie que j’avais. Je l’ai tout de suite su… qu’on serait amies. On aurait dû être rivales, mais non. J’ai tout de suite su qu’on ne le serait jamais. Et cette amie qui me tombait miraculeusement du ciel partirait dans quelques heures pour Paris. Elle était aussi dépitée que moi, mais elle m’a promis de revenir passer quelques jours avec sa grand-mère dès que possible, que quand elle reviendrait, elle passerait me voir et qu’on s’organiserait une petite fête pour fêter ça. Je lui avais dit qu’elle était la femme idéale pour Christian et elle m’avait dit que j’étais la femme idéale pour Alain. On avait rigolé parce qu’elle m’avait raconté comment elle s’amusait à l’appeler Aloune et comment ça l’escagassait beaucoup-beaucoup. J’ai repris le travail et je ne pouvais pas m’empêcher de sourire en pensant à ce qu’elle m’avait dit d’Alain. Je savais que je guetterai l’arrivée du facteur parce qu’on s’était promis de s’écrire presque chaque jour pour faire mieux connaissance. Je n’avais pas le téléphone à l’époque.

J’avais fini de dîner quand on a toqué à ma porte. Monique était là. « J’ai pas pu prendre le train. Ma vie est ici. Je le sens là », elle a mis la main sur son cœur, « et là aussi », elle l’a mise entre ses cuisses. « Je m’installe au village chez ma Bonne-Maman ». Je la sentais comme embêtée, comme si elle cherchait ses mots. « Tu voudrais bien passer la première soirée de ma nouvelle vie avec nous ? » « Avec vous ?! » « Euh… avec Christian, moi… » Hou ce regard coquin ! « Et Aloune ! » Et le pire du pire, tu sais quoi, Blanche-Minette ? Et le pire, elle m’a remerciée, à moi d’accepter et qu’elle était sincère ! Je voulais me changer parce que j’étais en nuisette, mais Monique m’a dit de ne rien en faire, que quand j’avais ouvert la porte, elle avait cru que je portais une tenue sexy pour regarder la télé. « Attends au moins que je mette une culotte ! » « Si ça te semble indispensable… » On a descendu les escaliers en pouffant comme deux gamines qui font le mur pour aller s’encanailler en ville.

Quand Alain nous a vues… fan de Diou ! C’était comme s’il était témoin d’une apparition de la Vierge ! Euh… oui… la Vierge, c’est peut-être pas… Mais je ne vois pas comment te l’expliquer autrement. Il ouvrait des yeux larges comme la main. « Ô, pute vierge ! » On est montées à l’arrière de l’auto, Christian nous espinchavo dans le rétro et Alain se retournait toutes les trente secondes, comme s’il y croyait pas. « Ô, pute vierge, la Cathy ! La Cathy et la Monique ! Ô, pute vierge ! » Avec Monique, on se tenait la main et on rigolait. On était des amies de toujours qui venaient de faire connaissance, alors, on avait des réflexes de l’enfance, comme se tenir la main pour partager notre gaieté.

 Cette première soirée dans la petite chambre de Monique… hou ! Je retrouvais mon Christian, heureux comme un pape d’avoir trouvé sa moitié et de la partager. Mon Alain était tellement heureux qu’il m’a demandée en mariage ! J’ai répondu oui parce que je savais pas s’il était vraiment sincère, mais que j’avais envie d’y croire. Mais surtout, je faisais la connaissance de Monique… Tu sais, je m’étais déjà gouinée dans des partouzes, mais comme ça… On n’avait pas vraiment de désir, mais on savait que ça excitait les hommes et on aimait ça… les exciter comme ça, facilement. Mais Monique, quand elle m’a regardée c’était autre chose. Elle me désirait vraiment pour moi, pour elle, pour la femme que j’étais et qu’elle trouvait belle. Christian et Alain n’auraient pas été là, elle m’aurait désirée tout pareil. J’ai remarqué le sourire de Christian, il m’a fait un petit clin d’œil discret. J’ai regardé Monique et je suis tombée amoureuse de leur amour et puis, j’ai regardé Alain…

 Je me suis assise sur le bord du lit, je déboutonnais la braguette d’Alain en prenant tout mon temps, pour ne pas oublier. Il se laissait faire, immobile comme une statue. Je le regardais, il avait fermé ses yeux et sa main s’est animée. Il a caressé mes cheveux… Ça faisait neuf mois que je n’avais pas sucé un homme et quand j’ai senti son gland entre mes lèvres, sous ma langue, c’est comme si je me réveillais d’un mauvais rêve. J’aurais voulu le sucer plus longtemps, mais il s’est retiré de ma bouche. Il m’a prise dans ses bras et m’a fait danser, collé-serré. « Tu m’as tellement manqué, Catherine ! Tu m’as tellement manqué ! » Je voyais Christian dans le dos de Monique, il se branlait en nous regardant danser. Il n’avait pas changé en neuf mois et restait le Christian que je connaissais, celui qui prend son plaisir en regardant faire les autres, à attendre qu’ils aient fini pour faire l’amour à celle qu’il convoite. Mais ce qui me troublait davantage, c’était de voir Monique se caresser en nous regardant, à sortir le bout de sa langue quand les mains d’Alain me caressaient et les petites étoiles dans ses yeux…

 De les voir tous les deux si excités et surtout de sentir le membre gros et dur d’Alain contre mon ventre… hou ! J’aurais pu m’évanouir de désir ! Je me suis allongée sur le lit, j’ai supplié Alain de me prendre, je n’en pouvais plus, c’est comme si mon corps me disait « J’ai trop attendu ». Alain m’a fait un de ses beaux sourires, j’ai fermé les yeux pour mieux profiter de ce moment, mais de sa voix la plus douce, il m’a demandé de les garder ouverts. « Je veux voir ton regard, jolie Catherine ». Il me pénétrait tout doucement, au ralenti. Je profitais au mieux de cette sensation si familière qui m’était pourtant devenue étrangère. Je fixais mon attention sur cette première pénétration depuis mon deuil. Je regardais Alain, mais je ne le voyais pas, je voyais à l’intérieur de mon vagin… le gland d’Alain qui progressait en moi. Soudain, ma vue est redevenue normale, j’ai vu son regard, son visage, la salive à la commissure de ses lèvres et sa voix… sa voix comme s’il ne croyait pas ce qu’il était en train de vivre ! « Oh que c’est bon, que c’est bon, ma Catherine… ma Catherine ! »

 Je ne voulais pas reconnaître que l’amour puisse naître aussi facilement, qu’Alain puisse être amoureux de moi et moi de lui. Je ne voulais pas non plus qu’il s’imagine que j’avais changé, que je serai monogame. Comme s’il avait lu dans mes pensées, Christian s’est approché de moi. Il sait comment y faire pour que je ne résiste pas à l’envie de le sucer. Il a approché sa bite, presque timidement de ma bouche, avec son gland il a caressé mes lèvres… Hou que ça te rappelle quelque chose à toi aussi ! Alors, on se comprend… comme tu me comprends si je te parle du plaisir de sucer une queue bien dure pendant qu’une autre aussi dure va et vient dans ta chatte, alors que tu croyais que tu ne connaîtrais plus ce plaisir… hein, capoune ?

 Monique était debout, un peu à l’écart. Elle se touchait en nous regardant. Elle est venue près du lit, elle a touché mes seins comme aucune femme ne les avait jamais touchés. Elle caressait mon ventre, embrassait Christian. Tu vois le tableau ? Moi allongée en travers du lit de Christian, les chevilles sur les épaules d’Alain qui va et vient en moi. Christian à genoux sur le lit, qui caresse mon visage pendant que je le suce et Monique debout qui l’embrasse en se touchant et en me caressant. Par en dessous, je voyais la langue de Monique et celle de Christian. Tu me prends pour une folle si je te dis que je le suçais en m’imaginant rouler une pelle à cette nana que je ne connaissais pas quelques heures auparavant ?

– Non, pas du tout ! Même si je n’ai jamais vécu ça, je comprends tout à fait et je ne suis pas folle.

– Alain allait de plus en plus vite, de plus en plus fort, comme j’aime tant… Je me sentais onduler. C’était si bon… si bon de me sentir vivante au milieu des vivants ! Et Alain qui me répétait comme je lui manquais. Pas comme je lui avais manqué, mais comme je lui manquais. Sa façon de me faire comprendre qu’il ne tenait qu’à moi de ne plus lui manquer. Je sentais mon plaisir sur le point d’exploser, mais je ne voulais pas savoir qui me ferait jouir. J’ai arrêté de sucer Christian le temps de leur demander de me faire jouir tous les trois. J’ai senti leurs doigts caresser mon clitoris et mon orgasme a explosé, comme j’avais oublié qu’il pouvait exploser. La bouche pleine de la queue de Christian, je les suppliais « Encore ! Encore ! Encore ! Encore ! » Alain répétait « Ô, pute vierge ! Je vais venir ! Tu me fais venir…! Ô, pute vierge ! Un mot de toi et je vais venir ! » Monique a répondu pour moi « Viens ! Viens ! Viens, Alain ! » Sans arrêter ses va-et-vient, Alain a joui en moi « Ô, pute vierge, je viens, je viens ! » Il s’est retiré et juste avant que Christian me prenne, j’ai remarqué que Monique prenait du plaisir à regarder ma chatte. Quand Christian m’a pénétrée, ça me l’a refait… comme si ces longs mois froids et solitaires étaient derrière moi, comme si la vie me disait qu’elle sera toujours plus forte que la mort.

 Je sais qu’Alain a fait jouir Monique avec ses doigts, avec sa bouche, mais je ne les ai pas vus. J’avais fermé les yeux pour mieux profiter, pour mieux sentir Christian me baiser comme il sait que j’aime qu’il me baise. Comme tu le sais, j’ai été la première nana avec qui il a couché, comme le dit Monique, je l’ai fait à ma main… J’ai rouvert mes yeux quand j’ai senti Alain s’allonger à côté de moi. Hou fan, sa queue était énorme et il me semblait qu’il avait joui en moi quelques minutes seulement avant… Il m’a pris la main et Monique s’est accroupie au-dessus de lui. Elle regardait Christian aller et venir en moi en même temps qu’elle montait et descendait le long du membre d’Alain. On s’embrassait, on se caressait… Je jouissais encore plus fort parce que je sentais jouir Christian et aussi Monique. C’est là qu’Alain m’a demandé de le marier et que je lui ai répondu oui et tu sais ce qu’il a dit ?

– « Ô, pute vierge, je viens, je viens ! » ?

Satisfaite, Cathy fit claquer ses doigts.

– Hé bé non ! Il a dit « Ô, mon Dieu ! Bon Dieu, c’est le plus beau jour de ma vie ! » Alors, j’ai demandé à Monique de bouger sur mon homme, de me montrer comment elle le faisait jouir. J’ai dit « mon homme », comme si j’avais renoncé à lutter contre cet amour. Monique se cambrait pour que je puisse mieux voir « la grosse queue veineuse de ton homme reluire de ma mouille de salope ». Elle disait « mouille » « grosse queue » et « salope » avec tellement de gourmandise dans la voix qu’elle nous ouvrait l’appétit. Avec ma main, je caressais ses fesses pour qu’elle monte plus haut. Les mains sur ses hanches, Alain l’obligeait à s’enfoncer à fond. Je te le dis sans honte, ce petit jeu entre moi et Alain nous plaisait beaucoup à nous quatre. « C’est trop de bonheur…! Vous me faites venir, mes douces coquines…! Vous me… ô, pute vierge, je viens, je viens !

 Quelle soirée mes aïeux ! Je… c’est comme si je sortais du coma, plutôt comme Hibernatus. Je revenais dans ma vie, celle que j’aimais. Celle que je méritais de vivre comme me l’a dit Alain quand nous sommes allés chez lui. Hou fan ! Il me regardait et me répétait « C’est comme si j’avais fait un vœu et qu’il était en train de s’exaucer ! » Sur les murs, il y avait des posters, j’étais étonnée de ne pas y voir un seul de pin-up. Alain m’a dit qu’il rangeait son album à fantasmes dans le tiroir de sa table de chevet. On aurait dit un album-photo sauf qu’au lieu des photos, c’était des dessins. Je ne savais pas qu’il dessinait si bien… autre chose que des plans, je veux dire… Alain était tout gêné parce que les premiers dessins on ne voyait… c’était que des détails… un buste avec une belle poitrine… une chatte… beaucoup de dessins de chattes sous différents angles, avec une bite dedans ou pas… des culs de femme… Ça me faisait sourire qu’il soit tout gêné de me montrer ses dessins comme s’ils pouvaient me choquer. C’est quand j’ai vu le premier dessin de pipe… Je suis revenue en arrière. J’ai regardé Alain.« C’est… c’est moi ?! »

Je ne m’étais jamais vue comme ça. Bien sûr, j’avais déjà regardé dans des miroirs pendant, mais tu sais ce que c’est… dans le feu de l’action, on est un peu… distraites… Alors en dessin… Je regardais attentivement. Ça me faisait drôle d’être excitée par des dessins pornos de moi. Alain bandait comme un dingue et on commentait, on s’échauffait… Je tournais les pages, mais d’un seul coup, il s’est montré raisonnable. Il a repris l’album, l’a refermé d’un coup et il a dit qu’il fallait qu’on se repose. On s’est couchés et on s’est endormis.

Cathy éclata de rire.

– Ça casse le mythe, non ?

– Oui, mais c’est compréhensible, quelques heures plus tôt, tu te voyais vieillir toute seule, Monique te rend visite et…

– Fatché, on reconnaît bien là la professionnelle de santé !

– Allez, au lieu de te moquer, continue…

– On avait mis le réveil parce que je travaillais le lendemain, mais je me suis réveillée un peu avant. J’ai regardé Alain. C’était la première fois que je voyais quelqu’un sourire dans son sommeil. Qu’il était beau ! Il dormait encore, je le savais à cause de sa respiration, mais son corps s’est réveillé avant lui… Il a dressé la tente, comme on dit et je n’ai pas pu résister. Blottie dans ses bras, je le branlais doucement. Que c’était bon ! Sa main s’est posée sur mon bras, elle a glissé vers ma main. Les yeux fermés, il a marmonné « Si tu es réelle, si tu es vraiment dans mon lit, Catherine et que je ne rêve pas, dis-le-moi que j’ouvre les yeux. Sinon, je préfère rêver encore un peu ». Je me suis allongée sur lui. Son membre a tout de suite trouvé le chemin. Je sentais son gland à l’entrée de mon vagin. Je me suis un peu redressée pour qu’il me pénètre. Je lui ai fait un baiser sur la bouche. « Ouvre tes yeux, tu ne rêves pas… Aloune ! » Fatché, son sourire ! Ses mains ont couru sur mon corps, sur mes hanches, sur mes seins… Il a dit « Sors du corps de la belle Catherine, petite Mounico ! » et il a ouvert les yeux. Mais le réveil a sonné…

– Merde alors, le réveil était aussi de la partie pour casser le mythe !

– J’allais te raconter la suite, parce que… il y a quelque chose que tu ignores, mais puisque tout ce qui t’intéresse à toi, c’est de me moquer… Remets le contact et ramène-nous chez moi…

Je m’excusai, lui fis mes yeux de chien battu. Elle eut un petit sourire vainqueur.

– Ma bonté me perdra… Vaï, au lieu de nous retourner au village, ramène-nous à Aubagne… Tu m’as tout embrouillé mes souvenirs dans ma vieille tête… je dois les rassembler.

Quand je remis le contact, il me sembla entendre la voix de Monique. Qu’est-ce que je t’ai dit à propos de l’art du teasing de la belle Cathy ?!

Alors, il s’est passé quoi après la sonnerie du réveil ?

*Georges Bizet, Henri Meilhac, Ludovic Halévy, L’amour est un oiseau rebelle in Carmen (1875)

La nouvelle vie d’Odette – L’amour est enfant de bohème, il n’a jamais jamais connu de loi *

Le mois de janvier s’écoulait paresseusement, la vie avait repris son cours normal au mas après l’agitation de la fin décembre. Jim avait trouvé sa place parmi nous et passait beaucoup de temps avec Marcel et Vincent à parler avenir et agriculture. J’aimais quand l’un ou l’autre venait nous raconter leurs discussions épiques voire leurs disputes sur tel ou tel choix, mais ils finissaient toujours par s’accorder sur un point : Le petit Vincent est bien gentil, mais il n’y connaît rien. Ce qui n’était rien d’autre qu’une marque d’affection et l’affirmation nette que Jim avait enfin trouvé sa famille, son chez-soi.

Cathy m’avait proposé d’aller au cinéma avec elle. Le film nous avait plu, nous en avions parlé sur le chemin du retour. En me garant devant sa maison, elle me dit soudain « Il en a mis du temps, mon Alain, pour avoir des cheveux blancs ! » Elle éclata de rire et se demanda pourquoi cette idée lui avait traversé l’esprit. J’en profitai pour lui demander de me raconter leur histoire.

– Tu as du temps devant toi ?

– Oui et de toute façon, si je ne l’avais pas, je le prendrais !

Je repris donc le volant et me laissai guider. À environ trente kilomètres de sa maison, elle me demanda de me garer.

Je repris donc le volant et me laissai guider. À environ trente kilomètres de sa maison, elle me demanda de me garer. Nous marchâmes quelques minutes, Cathy râlait parce que les lieux avaient été tout salopés pour accueillir les touristes.

– Voilà. C’était là… c’est ici que je l’ai rencontré la première fois… Hou fan… si j’avais pu deviner qu’on ferait notre vie ensemble ! J’étais mariée depuis six ans avec Paulo. En six ans, je m’étais fait un nom parmi les partouzeurs du coin. Té, me regarde pas comme ça ! J’aimais ça, être la Cathy la belle salope, la reine des parties fines ! Paulo n’avait pas encore acheté sa belle camionnette… On nous avait parlé d’un gars monté comme un taureau, mais je demandais à voir, parce qu’entre ce qu’ils pensent d’eux-mêmes et la réalité, il y a souvent un monde. Remarque, c’est pareil pour nous autres… des fois, on se croit super ceci ou super cela, que les hommes pensent à nous comme ci, comme ça… et pis les hommes… Bé… ils pensent pas comme nous croyons qu’ils pensent ! C’était en 69… au printemps 69…

– Mireille te dirait qu’il faut y voir un signe du destin… 69…

– Parce que toi, t’y crois pas aux signes du destin, toi peut-être ?!

– Pas autant que vous deux, c’est sûr !

– Tu sais pourquoi ? C’est parce que vous, les filles du Nord, c’est du jus de navet qui coule dans vos veines ! C’est quoi ce sourire ironique ?

– Fille du Nord… c’est ça qui m’a fait sourire… avec un père ivoirien…

– Je me comprends.

Je repensais à ce que Monique dit tout le temps à propos de Cathy. Elle n’a pas sa pareille pour attiser le désir, que ce soit pour le sexe, la nourriture ou te raconter un film,une anecdote

– Tu te souviens de cette époque ? Les hommes avaient les cheveux longs, au moins la nuque, certains portaient la barbe, ou la moustache, d’autre des rouflaquettes… Même les plus sérieux… Le Notaire, par exemple… Hou fan de Diou, faudrait demander à Madame qu’elle te retrouve des photos de l’époque ! Avec ses belles boucles, oui, des boucles ! Et ses longues pattes… ! Même s’ils ne les gardaient pas longtemps, les pantalons « pattes d’eph », les chemises avec les cols pelle à tarte… Mais bon, que veux-tu, c’était la mode…

J’étais occupée avec quelques amis quand il est arrivé sur son solex. Les cheveux ras du bidasse, maigre comme un coucou dans son treillis… J’ai tout de suite remarqué qu’il en avait une grosse, mais j’ai pensé que c’était à cause de la coupe de son pantalon. Quand il l’a retiré…

– T’as compris ton erreur !

– Exactement ! Je t’ai dit qu’il avait fini son service, mais ce n’est pas tout à fait ça… C’était sa dernière perm, avant celle de presque un mois et d’être… heu…

– Libéré des obligations militaires.

– Oui, c’est ça « Libéré des obligations militaires ». Il avait un peu picolé pour fêter son retour prochain à la vie civile et un peu plus pour se donner du courage… Comme je te l’ai dit, j’avais déjà ma petite réputation et il n’avait jamais partouzé avant. Il avait déjà couché de-ci de-là, mais de façon plus traditionnelle, si tu vois ce que je veux dire… Quand il s’est mis à poil… hou, fan de Diou ! J’ai eu envie de me le régaler de partout ! Je devais faire une drôle de tête parce qu’il a eu un petit sourire… tu sais, celui de quand on s’excuse. Je me suis assise là… Ils l’ont retiré, mais il y avait un banc. Pourquoi ils l’ont retiré si c’est pour rien mettre à la place ?!

– Surtout que ça mériterait une stèle commémorative, avec une petite plaque et tout !

– Vas-y, moque-toi, femme sans cœur ! Moque-toi ! Je me suis assise et je lui ai fait signe d’approcher… Avec ses cuisses toutes maigres… fan… on aurait cru que son membre était plus épais qu’elles ! De tout près, même si le soleil était couché, je voyais bien qu’il était super excité à l’idée que je le suce…

– Ben, quel homme ne le serait pas ?

– Non ! Pas excité « normalement », mais… un peu trop… Un tel membre… Je ne voulais pas gâcher cette première pipe en le faisant venir trop vite. Tu vois ce que je veux dire ? Je voulais qu’il en profite longtemps et m’en régaler longtemps aussi. Je ne savais pas que je le reverrai. Alors, je lui donnais que des petits coups de langue. Les autres me regardaient et me moquaient de ma timidité. Pour les faire taire, je les suçais chacun leur tour et je revenais à Alain… À chaque fois, je lui en faisais plus… Hou fan ! Je n’avais jamais eu une queue aussi grosse dans ma bouche, mais on s’accordait bien quand même… Il regardait les autres se branler, commenter, m’encourager. Je me souviens que ça me faisait tout drôle quand je levais les yeux, ses cheveux étaient si courts et ses poils si longs… et puis, il m’a posé une drôle de question.

Cathy interrompit son récit, elle ferma les yeux comme pour se replonger dans ses souvenirs. Elle cherchait les mots exacts, ce qui la rendait à la fois plus belle et plus fragile. Les yeux toujours fermés, elle sourit, les rouvrit.

– « Je peux vous toucher les seins ? » Ils ont tous ri, Paulo lui a dit « Au point où tu en es, tu peux la tutoyer ! » J’ai réalisé que je ne connaissais pas son prénom. Je l’ai regardé, lui ai tendu la main. « Je m’appelle Catherine, enchantée de faire ta connaissance ! » Il m’a fait le plus beau des sourires. « Tout le plaisir est pour moi, Alain pour vous servir ! » Avant de lâcher sa main, je l’ai posée sur mon épaule pour qu’il touche mes seins, mais il a d’abord caressé ma joue. Quand il a fait courir ses doigts vers mes seins, j’ai arrêté de le sucer. J’ai tendu mon visage vers le sien, il s’est penché, on s’est embrassés. Il s’est mis à genoux devant moi. Il me caressait les jambes, les cuisses, le ventre, les seins, je sentais son souffle sur ma peau. J’ai écarté mes cuisses… hou fan ! Quand j’y repense, j’ai des frissons de partout ! Je me disais « s’il me baise aussi bien qu’il me lèche… » J’entendais la voix de Paulo, celle des autres hommes, mais je ne cherchais pas à écouter leurs mots, ils parlaient au même rythme que les ondulations de mon plaisir. La langue d’Alain faisait connaissance avec mon minou et tout le monde appréciait…

– Tout le monde ?!

– Oui… Paulo était dans ma bouche et les autres se branlaient. Ils me connaissaient et savaient qu’au plus je prendrai mon plaisir avec Alain, au plus je leur en donnerai après… N’y tenant plus, Alain s’est relevé, il m’a demandé « Je peux ? » Je n’avais pas envie que Paulo sorte de ma bouche, parce que… J’aimais vraiment Paulo, on se connaissait si bien… Il a répondu pour moi « Elle n’attend que ça ». Comme il avait peur de me blesser, de me faire mal, il m’a prise tout doucement. Moi, je croyais qu’il y allait lentement pour mieux profiter, mais non. Il me l’a dit bien plus tard… bien plus tard…

Quand j’ai senti mes lèvres s’écarter, ma chatte accueillir son gland, Paulo a crié « Oui ! Comme ça ! » parce qu’il sentait… Ma bouche lui donnait la mesure de mon plaisir… Il disait à haute voix comment Alain me faisait… comment les mouvements d’Alain, le plaisir qu’il me donnait, se ressentaient dans la façon que je le suçais. Un des hommes caressait mes seins, un autre titillait mon clito. Alain et Paulo m’ont senti jouir… « Tu sens comme tu la fais bien jouir, la Cathy ? » Je sentais Alain trembler de partout, mais il n’arrêtait pas pour autant, toujours au même rythme. Il ne disait pas un mot, mais je devinais qu’il avait peur de jouir trop vite. « Vas-y plus fort ! Regarde ses yeux, ses mains, son ventre ! Oui ! C’est ça ! Plus fort ! Plus vite ! Oui, comme ça ! » Et pour la première fois, j’ai entendu Alain dire « Ô, pute vierge, je viens, je viens ! » Il n’arrêtait pas pour autant, mais… Comment j’aurais pu deviner pour sa particularité particulière ? Même quand le nettoyeur a dit…

– Le nettoyeur ?!

– Ah oui, tu ne l’as pas connu ! C’était un monsieur très bien, très comme il faut, avec une belle situation, bien élevé et tout et à lui, ce qu’il aimait, c’était de lécher les chattes pleines de foutre. Il venait aux partouzes rien que pour ça… C’était comme ça qu’il prenait son plaisir. Souvent, il n’avait même pas besoin de se branler pour jouir. Et tant mieux dans un sens, parce qu’il voulait qu’on lui attache les mains dans le dos… et avé les menottes, s’il vous plaît ! Au début, je trouvais ça bizarre parce que dans son métier, il donnait des ordres, mais j’ai constaté que c’était souvent le cas. Au plus ils avaient une bonne situation, au plus ils étaient sévères dans leur vie officielle, au plus ils aimaient… enfin, ceux que je connaissais qui aimaient se faire humilier, dominer étaient ceux qui étaient les plus dominateurs dans leur vie de tous les jours. Mais cette fois-là, il n’avait pas les mains attachées, il remerciait Alain et faisait remarquer aux autres comment j’avais été si remplie que ça dégoulinait. Alain faisait des yeux de gòbi.

On lui a expliqué comment nous contacter s’il voulait recommencer. Je croyais qu’on ne le reverrait plus, j’en étais sûre et certaine. Paulo disait que je me trompais. C’était déjà presque la fin de l’été quand il est revenu. Té, c’était le Notaire qui avait organisé la fête, d’ailleurs ! Quand c’était lui qui organisait, c’était toujours bien parce qu’il nous trouvait toujours de beaux endroits, dans de belles villas… C’était ça le plus compliqué pour nous, trouver un lieu où on n’était pas connus, où on ne risquait pas de voir débouler les gendarmes, d’être surpris par les commères du village ou des piliers de comptoir à la langue trop pendue… Après, quand on a eu la camionnette, c’était bien parce que je ne savais jamais où Paulo allait m’emmener, combien d’hommes me prendraient, ni qui ils seraient. Ô fan… que j’aimais ça ! Tu sais, quand dans ta tête tu te dis « Tu te fais prendre comme une chienne et ça te fait jouir comme une salope », mais qu’au lieu d’en avoir honte, tu en es super fière et que tu en es tellement fière que ça te fait jouir encore plus fort…

– Oui, je vois parfaitement ce que tu veux dire. Mais Alain ? Raconte !

– Alain ? Il est revenu ce soir-là, il avait fini son armée, il avait les cheveux à la… Tu te rappelles de Zig et Puce ? Hé bé, voilà, il avait les cheveux à la Zig et Puce, la moustache à la mode gitane… et son pantalon… Mon Dieu ! Tout serré sur ses miches de rat… Il était vraiment pas gros à l’époque… Son pantalon tout serré en haut et des pattes… même pas des pattes d’éléphant, non. Des pattes de mammouth… de dinosaure ! En velours violet… enfin, lui il dirait que je déparle que le velours n’était pas violet, mais pourpre. De toute ma vie, je n’ai jamais connu quelqu’un qui portait les fringues les plus ridicules avec autant de classe et d’élégance que lui. Et ce pantalon serré d’en haut… côté face… tu me comprends. Il revenait de Londres, il s’était offert quelques semaines de vacances avant de chercher du travail. Il ne s’en faisait pas parce qu’il avait un bon métier, dessinateur industriel, avé le diplôme et tout…

Les premiers temps, il ne venait pas souvent parce qu’il voyageait, surtout à Londres et à Amsterdam, il y trouvait des disques qu’on ne trouvait pas par chez nous. Et des vêtements, aussi. Il a commencé à venir à presque chaque fois après une discussion avec Paulo et moi. Il me baisait super bien, de mieux en mieux, mais à chaque fois, il voulait jouir dans ma bouche et quand il le faisait, il me massait la gorge pour me forcer à avaler. Un soir, il est arrivé bien avant les autres et je lui ai demandé pourquoi il le faisait, si ça l’aidait à venir ou quoi. Il m’a répondu que non, mais qu’il ne voulait pas être vu comme une bête de foire, comme un monstre, que déjà avec la taille de son membre… Alors Paulo lui a dit qu’au lieu d’en avoir honte, il devait apprendre à en tirer sa gloire et il lui a parlé de nous. Il lui a demandé s’il me méprisait d’aimer me faire baiser encore et encore, le plus souvent par des inconnus. Alain a répondu que non. Paulo a continué. « Tu me vois plutôt comme un brave cocu ou plutôt comme un sale maquereau ? » Alain ne le voyait ni comme l’un, ni comme l’autre. Alors, Paulo lui a fait comprendre qu’il ne devait pas rougir de sa particularité particulière. C’est Paulo qui a inventé l’expression.

Alain a sorti sa queue… hou fan de Diou, que j’aime le voir faire ça ! Il m’a fait son sourire charmeur, son sourire coquin et il m’a demandé « Où tu la veux, ma grosse queue ? » « Dans mon cul, mais à condition que tu jutes pas dedans, que tu me montres si c’est autant que je crois ! » Son sourire s’est crispé. « Je ne demanderais pas mieux, mais à chaque fois que j’ai essayé, j’ai fait mal à ma partenaire et j’aime tant te regarder pendant… » Paulo lui a dit ce qu’il me répétait souvent. « Pour résoudre un problème, le mieux est de commencer par l’énoncer ». Il a été chercher de la vaseline… Tu sais bien, à l’époque, on n’avait pas tous ces gels super lubrifiants, on n’avait guère que la vaseline…

– Ou les mottes de beurre !

– Misère ! J’ai l’impression d’entendre la Rosalie ! Même Monique lui préférait l’huile d’olive !

– Quoi ?! Monique trahissait donc ses origines sans vergogne ?!

– Paulo a aussi installé un miroir pour qu’Alain puisse voir ma figure, mais j’ai dit que je préférais plutôt qu’il s’installe sur le fauteuil et que je m’empale sur lui. Comme ça, je pourrai maîtriser la pénétration, la guider et aussi donner la cadence. Paulo m’a préparée, il a montré à Alain comment le faire et comment être super attentif à mes réactions. Je me souviens aussi qu’on avait mis un disque et pendant qu’Alain refaisait les gestes de Paulo, il chantait. Et que c’était la première fois que j’entendais quelqu’un dire les vraies paroles, pas des « gnouin ouingue hin hin love you ». Je crois qu’à l’époque, de tous ceux que je connaissais, il devait être le seul à parler anglais. Ça m’excitait encore plus. Il l’a remarqué. Ça l’a fait rire, surtout quand je lui ai dit que quand il parlait de Londres, c’était comme s’il était Christophe Colomb racontant sa découverte des Amériques. Il riait tellement qu’il en avait oublié ce qu’il me faisait avec ses doigts. Il s’en est souvenu quand il m’a senti jouir. « Tu es rassuré, maintenant ? Tu vois à quel point j’aime ça, il y a pas de raison pour que ça se passe mal ! » Il s’est assis. Je lui ai demandé de tenir sa queue bien droite, d’une main ferme. Je l’ai guidée jusqu’à mon petit trou et là, je lui déboutonnais sa chemise au même rythme que je m’empalais sur lui. On se regardait, on se souriait, on s’embrassait. Paulo m’a retiré mon soutien-gorge pour qu’Alain puisse sentir mes seins caresser son torse et il nous a laissés tous les deux. Il a dit que c’était pour faire patienter les « convives » qui n’allaient pas tarder, mais on savait bien tous les trois que c’était pour nous laisser ce moment rien qu’à Alain et à moi. Paulo était vraiment un brave homme ou un mec bien, comme vous dites, vous autres. Il avait à la fois une bite en acier et un cœur en or.

Grâce au Notaire, j’ai compris le plaisir que je pouvais prendre quand j’en offrais avec mes seins. Alors, je profitais du contact de mes mamelons sur la poitrine d’Alain. Je lui demandais s’il aimait ça, mais il ne me répondait pas. Par chance, ses yeux, son sourire, ses mains parlaient pour lui.

J’ai posé ses mains sur mes hanches, je l’ai embrassé et je lui ai demandé de me faire coulisser sur son membre. J’aimais le sentir au plus profond. J’aimais la douceur avec laquelle il me faisait aller et venir. Il ne détachait pas son regard du mien. « Qu’est-ce qui te fait sourire ? Je m’y prends si mal que ça en devient risible ? » Je n’en revenais pas ! Comment pouvait-il penser ça ? « Tu déparles, Alain ! Je pensais juste l’inverse, que je me demandais si tu n’avais pas un peu exagéré en te disant novice… » Il a de nouveau souri. « Vraiment ? » Et il est redevenu silencieux. Je lui avais dit de se faire confiance, d’être attentif à ses sensations, aux miennes et de suivre son instinct, ce qu’il l’incitait à faire. Hou, fan de Diou ! Il me faisait tellement… presque jouir à chaque va-et-vient, et son regard quand il espinchavo mes seins… Il sortait le bout de sa langue, mais ne cherchait pas à me les lécher. Je savais que le contact de sa langue sur ses propres lèvres augmentait son plaisir et lui permettrait de se souvenir de ce moment, plus tard. Mes seins personne ne savait quand il aurait l’occasion de les lécher tandis que ses propres lèvres… Il me faisait pousser les petits cris que j’aime tant pousser. Je me cambrais parce que j’aimais le sentir au plus profond de moi et la sensation d’avoir les fesses ouvertes comme un fruit bien mûr… et mes seins pouvaient mieux profiter de sa poitrine. Et aussi, j’aimais le contact de mon minou sur ses poils et en me cambrant, quand il m’empalait… pfiou…!

Le disque était fini, on entendait des éclats de rire et les échos d’une joyeuse discussion derrière la porte. Alain a serré mes hanches plus fort, il a pris une longue inspiration et il a accéléré les va-et-vient en les faisant plus amples, plus saccadés. Il était maigrichon, aussi je ne l’aurais pas cru capable d’une telle poigne. Fatché ! D’un seul coup, il m’a soulevée, décollée de son corps, il est sorti de moi… son membre semblait avoir triplé de volume… « Ô, pute vierge, je viens, je viens ! » Et c’est la première fois où je l’ai vu jouir. Ça ne s’arrêtait pas ! Mes seins et mon ventre en étaient couverts, j’en avais même reçu sur le front ! Alain regardait mon corps. Je lui ai demandé de me faire la promesse de ne plus jamais avoir honte de sa particularité particulière. Hou fan ! Son sourire quand il m’a répondu « Promis ! » Il a ouvert la porte et la soirée a vraiment commencé.

Les années ont passé, il venait souvent, mais ne proposait jamais de parties fines. Alain n’était pas très bavard, je ne savais rien de sa vie. Au fil des ans, il s’était étoffé. C’était vraiment un très bel homme, avec une belle situation… Je le savais de ce que j’en entendais dans ses conversations avec le Notaire et plus tard avec Christian. Pour moi, il était marié ou en concubinage. Je ne pouvais pas m’imaginer qu’aucune femme n’ait songé à lui mettre le grappin dessus.

Un voile noir a soudain obscurci le regard de Cathy. Sa gorge s’est nouée, elle déglutit bruyamment, les larmes remplirent ses yeux, elle voulut s’en excuser. Je la serrai fort contre moi et lui répondis qu’en aucun cas la vivacité de son chagrin, même quarante-sept ans plus tard était ridicule. Nous remontâmes en voiture et sur le chemin du retour, elle me raconta la mort de Paulo, son monde qui s’était soudain effondré.

– Paulo n’aurait pas dû mourir. Il ne pleuvait pas, la camionnette était en bon état, presque neuve. Il revenait de sa tournée. Il n’avait pas bu, il ne roulait pas trop vite. Il n’a pas vu un bout de ferraille sur la route, il a roulé dessus. Le pneu a éclaté et Paulo… a perdu le contrôle… il est sorti de la route et la camionnette a plongé dans un ravin. Il est mort avant qu’on le découvre. Il est mort tout seul.

Cathy me raconta les obsèques, les condoléances des partouzeurs qui avaient une bonne raison d’y participer.

– Ce n’était vraiment pas le moment d’attirer l’attention des voisins, des clients sur nos relations… amicales. Le Bavard est venu parce qu’il fournissait Paulo en fruits et légumes. Le Notaire, parce qu’il estimait souvent les biens avant les ventes aux enchères et qu’il était conseiller municipal du village voisin. Tout le monde savait qu’on se connaissait, alors il a pu venir. Joseph est venu aussi parce qu’il était un client fidèle de la boulangerie, sa femme et ses enfants étant très gourmands de pâtisseries, il est d’ailleurs venu avec elle et leur aîné. Mais Alain n’avait aucune raison d’y assister, pas plus que Christian ou Jimmy. Le Balafré m’avait saluée à la sortie du cimetière parce qu’il était le maître d’école des neveux de Paulo. Tu sais, on a beau te dire « Si tu as besoin, n’oublie pas que je suis là », tu n’oses pas demander de l’aide ou des nouvelles. Je pensais aussi que j’avais mangé tout mon pain blanc, que je mourrai veuve. Avec qui aurais-je pu refaire ma vie ? Je n’aurais pas pu mentir à mon mari en ne lui parlant pas de ma vie avec Paulo, mais en parler… Déjà, il m’aurait vue comme une moins que rien et puis, j’aurais dû « dénoncer » les partouzeurs, briser le sceau du secret et ça… Plutôt crever toute seule dans mon fauteuil que révéler nos secrets !

Peu avant d’arriver au village, Cathy me demanda si j’étais d’accord pour poursuivre son « road-movie ». Nous avons donc traversé le village, continué vers le Nord. Son silence attisait ma curiosité. Nous nous arrêtâmes sur une place. Elle ne sortit pas de la voiture, mais baissant la vitre, me désigna la boulangerie et un petit immeuble en face, au-dessus de ce qui fut une boucherie.

Peu avant d’arriver au village, Cathy me demanda si j’étais d’accord pour poursuivre son « road-movie ». Nous avons donc traversé le village, continué vers le Nord.

La suite, la suite, la suite !

*Georges Bizet, Henri Meilhac, Ludovic Halévy, L’amour est un oiseau rebelle in Carmen (1875)

La nouvelle vie d’Odette – Le bal de l’amitié

Je coiffais Émilie en vue de la grande soirée steampunk. De tous mes enfants et petits-enfants, elle est la seule à avoir les cheveux aussi crépus que les miens, hérités de mon père et ces séances de coiffure ont toujours été l’occasion de partager des moments privilégiés, d’une grande complicité entre nous. On se taquinait à propos du phénomène étrange de transfert des sensations quand elle devint soudain sérieuse.

– Je peux te poser une question à laquelle tu répondrais en toute franchise ?

– Bien sûr, ma chérie !

– Quand tu as demandé à Jimmy de te rendre ce service, c’est parce que tu as vu l’éclat du soleil sur le bracelet de sa montre, n’est-ce pas ?

– Entre autres, oui. En tout cas, c’est à ce moment que s’est forgée ma conviction qu’il était la personne idéale pour me rendre ce service.

– Et cette montre lui avait été prêtée par le bijoutier, n’est-ce pas ?

– Ah non ! C’était la sienne, Mireille a inventé cette histoire. J’ai toujours connu Jimmy avec cette montre-bracelet à laquelle il tient beaucoup, ses parents adoptifs la lui avaient offerte quand il est devenu interne au lycée.

– Quand je lui ai posé la question, il a rigolé et je ne savais plus qui je devais croire… C’est dommage, ça aurait été encore plus magique…

– Oui, comme cette histoire de philtre d’amour… Mireille a une imagination débordante dont elle use à merveille pour ajouter de la féerie à nos quotidiens.

– En parlant de féerie, c’est incroyable ce qui nous arrive, tu ne trouves pas ? Je me suis toujours sentie un peu en marge de la famille, je pensais être la seule à avoir cette libido exubérante et j’en avais un peu honte… Pas vraiment honte, mais je ne pouvais en parler à personne. Et… il n’y a même pas un an, j’ai croisé Lucas à cette fête, j’ai appris pour Martial et Sylvie. Je l’enviais d’avoir des grands-parents à qui se confier. Et puis, Jimmy a raconté votre histoire. J’étais sur le cul, mais plus j’y réfléchis, plus je m’aperçois que je n’en étais pas si étonnée que ça… et plus je comprends l’agacement de Jimmy à propos de « mémé Dédette » ! C’est comme si je ne la voyais plus quand je suis avec toi, pourtant les souvenirs liés à elle sont intacts. Tu comprends ce que je veux dire ?

– Oui, bien sûr que oui, mais dis-toi que tu as la chance de pouvoir en parler avec moi. Imagine, il a fallu que vous alliez rénover la maison d’Avranches pour que Martial et moi découvrions la vie intime, secrète de nos propres parents et que certaines de leurs réactions, de leurs attitudes prennent une toute autre résonance, qu’elles s’éclairent sous un nouveau jour…

Quand elle fut coiffée « à la princesse », comme nous le disons, Émilie partit s’habiller et je rejoignis Jimmy pour en faire autant. Il me demanda la raison de cet énigmatique sourire, je lui fis part de notre discussion et des regrets d’Émilie qui aurait bien aimé me coiffer en retour, mais mes cheveux presque ras l’en avaient empêchée.

– Comment ça, je n’ai jamais eu de montre-gousset ?! Et celle que j’ai reçue pour ma première communion, t’en fais quoi ?!

Il en sortit une de la petite poche de son gilet, l’air contrarié.

– Et le trèfle gravé au dos, c’est pour te rappeler ta douce Provence, je suppose ?

Il me prit dans ses bras, m’embrassa.

– Tu deviens trop perspicace, ma princesse d’amour, ça va devenir ardu de te duper… !

Le bal avait été organisé pour donner un alibi à Betsy et Alister, mariés chacun de leur côté et qui avaient prétexté une rencontre franco-irlandaise d’amateurs de steampunk avant les effets délétères du Brexit sur les voyages entre nos deux pays. Une fois encore, l’idée en revenait à Socrates.

Les ateliers-couture avaient fonctionné à plein régime des deux côtés de la Manche. Betsy dirigeant celui dédié à la confection des tenues de ces messieurs et côté français, Mireille avait pris les choses en main pour les tenues de ces dames. Nous y avions toutes participé selon nos compétences, si aucun de nos confrères n’avait mis la main à la pâte, c’est parce que nous tenions à leur en faire la surprise.

Le jour de la fête, aidés par les gamins, ils avaient décoré la salle des fêtes et nous avaient concocté un buffet des plus surprenants, tant par l’originalité des plats que par la vaisselle destinée à les recevoir. Gideon et Alain avaient su créer une ambiance lumineuse incroyable qui renforçait l’effet hors du temps. Ainsi quand chacun d’entre nous fit son entrée, des exclamations enthousiastes s’élevaient de toute part. Nous nous interpellions, dansions, chantions et nous photographions à l’envi.

D’ordinaire si discret, Joseph fit son entrée dans un costume des plus extravagants, Roweena à un bras, Betsy à l’autre. Il rayonnait. D’un geste, il nous invita à rejoindre nos places, quand ce fut fait, il prit la parole, la voix étrangement amplifiée comme s’il parlait dans un porte-voix.

– Mesdames et messieurs, Ladies and gentlemen, mes chères consœurs et confrères, jeunes filles, jeunes gents, laissez-moi vous proposer un petit divertissement pour donner le ton de cette soirée.

Le silence s’était fait. Je regardais cette assemblée, seuls les Irlandais ne semblaient pas étonnés. Quelle sorte de divertissement allait-il nous proposer ? Satisfait de son effet, Joseph reprit la parole.

– Mais avant tout trinquons ! Trinquons à l’amitié, à l’amour, à la fraternité, à l’espoir, à la vie et aux plaisirs qu’elle nous offre ! Trinquons au bonheur d’être unis et d’avoir su le rester au fil des années !

À chacun de ses mots, il avait tendu son verre en direction des uns, des autres. Il souriait en écoutant monter l’expression de notre curiosité impatiente. Quand il fut satisfait, il s’assit sur une chaise à droite de la scène, devant une table sur laquelle étaient posées deux boules qui servent à tirer les numéros au bingo.

– Quelques mots permettront à chacune et à chacun de venir tester dans le temps imparti, les merveilleux équipements apportés par nos amis irlandais. À son gré, la personne que le sort aura désignée pourra choisir sa, son partenaire d’expérimentation.

Alister, Gideon, Linus et Socrates installèrent sur scène deux assistants masturbatoires pour ces messieurs et leur pendant pour ces dames. Quand le matériel fut en place, que chacun eut rejoint son siège, Joseph actionna, avec tout le sérieux qu’on lui connaît, la manivelle de la première boule et annonça

– Pour une durée de cinq minutes…

Une voix féminine que je ne connaissais pas, traduisit en anglais. Je regardai Betsy et lus sur ses lèvres Aunt Molly ! Son bonheur et la surprise de la savoir complice (parce que Joseph s’était bien gardé de le lui dire) la transfigurait littéralement. Imperturbable, notre confrère actionna la manivelle de la seconde boule, en sortit un papier, le lut, sourit, appuya sur une sorte de tablette et comme sortie des entrailles de la Terre, la voix théâtrale de Molly s’éleva.

– O Earth, I will befriend thee more with rain
That shall distill from these two ancient ruins
Than youthful April shall with all his showers.
In summer’s drought I’ll drop upon thee still,
In winter with warm tears I’ll melt the snow
And keep eternal springtime on thy face,
So thou refuse to drink my dear sons’ blood.

Je ne comprenais pas le sens de ces mots, seul Gideon n’en semblait pas surpris. Joseph regarda l’assemblée, s’éclaircit la voix.

– Ô Terre, je t’offrirai davantage de pluie
Distillée de ces deux ruines
Que le jeune avril et toutes ses giboulées.
Au plus sec de l’été je t’arroserai sans cesse,
L’hiver, à chaudes larmes je ferai fondre la neige
Et vivre sur ta face un éternel printemps,
Si tu refuses de boire le sang de mes chers fils.*

Gigotant sur son siège, levant le bras, Monique sautillait impatiente comme une bonne élève (tendance fayote) pendant une interrogation orale, ce qui lui valut moult quolibets. Joseph faisait semblant de ne pas la remarquer. Elle cherchait à attirer l’attention de Martial, soudain très intéressé par le bracelet de son épouse.

– Martial… Martial ! TITI !

Joseph demanda si quelqu’un avait au moins une idée de l’œuvre et de la personne désignée par le sort. Comme s’il sortait enfin de sa rêverie, mon frère proposa « Les lettres de mon moulin » pour Jean-Luc ? Il éclata de rire, monta sur scène et invita la petite blondinette un peu surexcitée du premier rang à venir le rejoindre.

La blondinette en question voulut manifester son mécontentement en le bousculant d’un coup d’épaule avec à peu près autant de résultat qu’un moustique essayant de transpercer une porte blindée en fonçant dessus…

Le costume de Martial me fit penser à celui que Gideon portait lors de notre traversée transatlantique. Le trac avait des répercussions sur son érection. Monique lui chuchota quelques mots à l’oreille, j’ignore encore lesquels, et le problème fut résolu.

Pour garder sa liberté de mouvements, Monique devait enfiler une sorte de jarretière métallique au bout de laquelle elle choisit d’installer un modèle à plumes. En la voyant régler la jarretière, je constatais la minceur de ses cuisses.

Quand les dispositifs furent en place, Martial demanda comment déclencher le mécanisme. La voix de Socrates retentit Like that ! Les yeux exorbités par la surprise, Martial cria Outch ! tandis que Monique s’extasiait. C’est génial ! Vas-y Titi, montre-leur l’amour… ouah… littéraire ! Toujours sous le coup de l’émotion, il demanda quelle serait la vitesse. Socrates lui répondit au rythme de tes phrases. Un sourire amusé aux lèvres, il demanda Vraiment ? avant d’entamer a cappella cette chanson de Boby Lapointe que je n’avais plus entendue depuis des années, mais qui me revint tout de suite en mémoire. Ma qué c’est la loumière tango y les mouziciens zouent tango. Yo souis du pays del tango y yo lo boudrais danser si, si, si, si…

L’assistant-masturbateur de Monique suivant le rythme de celui de Martial, nous pouvions entendre ses gémissements de plaisir et de surprise à chaque accélération. Je regrettais que les anglophones ne puissent savourer les paroles, mais ça ne semblait pas les gêner outre mesure. Martial bissa la chanson, malgré sa « fatigue » pour aller jusqu’au bout du temps imparti. Bien qu’elle portât une longue robe, nous pouvions tous remarquer combien Monique vacillait, les jambes coupées par le plaisir qu’elle prenait.

Je n’aurais pas prêté attention aux signes que Martial adressait à Socrates si Jimmy ne me les avait faits remarquer. Il éjacula sous les vivas du public, y compris les miens. Pour la première fois, nos liens familiaux cessaient d’être une entrave.

La démonstration se poursuivit pour une durée variant de deux à six minutes. Les petites devinettes qui nous caractérisaient étaient très touchantes. Joseph, si réservé, avait fait preuve autant d’humour que de psychologie. Betsy était très émue de constater à quel point la cohabitation avec Joseph avait permis à Molly de redevenir celle qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être, celle qui était présente dans les souvenirs de sa mère, mais qui semblait n’avoir été qu’une légende. En devinant ses sourires, ses éclats de rire contenus, elle avait eu les larmes aux yeux.

Les aléas des tirages au sort firent que Jim « Homme libre toujours tu chériras la mer » (six minutes), qui me choisit pour partenaire avait précédé Jimmy « Je suis un grand voyageur jouant la fille de l’air goûtant la complice fraîcheur de l’herbe printanière. J’adore aussi me balader dans les rues de ma cité, ouais ! À tous mes frères de l’élite sociale comme aux petites minettes pas trop mal j’proclame c’est moi le beau Walter Giuseppe Désiré Jimmy O’Malley O’Malley, le chat de gouttière » qui avait fait la même chose pour une durée de six minutes également. Joseph éclata de rire.

– Quand, à l’abri des regards, ses grands yeux noirs scrutent, qui pourrait savoir que sa blouse blanche occulte le bouillonnement de lave qui ne demande qu’à jaillir ?

Je souriais en direction de Christian quand s’éleva la voix de Molly When out of sight, her big black eyes stare… Je gémis un ooh d’une extrême lassitude, levai le pouce pour demander une pause, mais d’aucuns décidèrent de ne voir dans mon geste qu’une approbation enthousiaste, la fierté de relever ce nouveau défi. Je pris la main de Jimmy, qui dans un grand sourire déclina mon invitation. Jim me fit non de la main avant même que je le sollicite. Jean-Luc était trop occupé à admirer sa balafre pour me prêter la moindre attention. Christian me fit un clin d’œil confraternel et se leva d’un bond. Hardi, petit !

Chacun des participants avaient suivi l’exemple de Martial et entonné une chanson, en français ou en anglais, pour donner la cadence à Socrates. Après ces deux fois six minutes, il me fallait non seulement en tenir quatre, mais surtout chanter. Je demandais à Linus de me soutenir si j’oubliais les paroles, ce qu’il accepta à condition d’être aux manettes. Notre duo complice sur The view from the Afternoon rencontra un grand succès et je reçus comme un compliment la remarque de Christian m’accusant d’avoir voulu attenter à sa vie. Il m’embrassa avec tant de passion que ce premier baiser échangé sur scène ce soir-là fut accueilli par des sifflets et des hourras fort flatteurs, ma foi.

– Elle était prédestinée à se faner dans le vase aride des convenances conjugales, mais n’ignorant rien des signes du destin et de ses mystères, elle a ravi le cœur de celui qui saurait l’arroser de son amour, l’abreuver de plaisir.

Plus rouge que sa tenue, gloussant comme à son habitude, pour le dernier tableau de ce premier acte, Mireille convia Daniel et Marcel à l’accompagner sur scène. Il est à noter qu’elle fut la première à en avoir eu l’idée. Si le talent d’actrice de Monique et de Manon est indéniable, comment pourrais-je qualifier celui de Mireille ? Une fois équipée d’une main articulée, une fois Marcel et Daniel confortablement installés au creux de leur main artificielle, elle chercha quelqu’un du regard, comme un petit moineau affolé.

– Lorsque je suis arrivée dans la capitale
J’aurais voulu devenir une femme fatale
Mais je ne buvais pas, je ne me droguais pas
Et n’avais aucun complexe…

À la fin de leur prestation, Daniel enthousiaste la redemanda en mariage. Marcel ajouta et si tu ne le veux pas te le marier, pense à moi ! avant de lui mettre une main aux fesses. Hé bé quoi ?! C’est ça la tendresse affectueuse… !

« L’amour est enfant de Bohème, il n’a jamais, jamais connu de loi »

*William Shakespeare, Titus Andronicus, Acte III scène 1