Odette&Jimmy – « Il en faut peu pour être heureux »

Pour écouter la version française, cliquez sur ce lien. En cliquant sur la vignette « La playlist à Dédette » sur la droite vous y trouverez en outre la version américaine enregistrée par Louis Amstrong.

J’ai ouvert les yeux vers cinq heures du matin. Je regardai le plafond sans le reconnaître. Je tournai mon regard vers la fenêtre et réalisai enfin où je me trouvais. À la même vitesse que je glissais du sommeil vers l’éveil, mon corps se rappela à moi. Je souris et sentis la main de Jimmy se poser sur ma hanche. Il dormait encore. Son visage et son corps étaient plongés dans l’obscurité, aussi je pouvais imaginer son sourire exactement comme je le souhaitais.

Jimmy poussa un soupir comme un grognement et colla son corps contre le mien. J’avais franchi un pas, peut-être le plus important, le premier, avec une aisance qui me surprenait encore. Celui qui m’attendait m’effrayait un peu, allais-je retrouver l’évidence de la veille ?

Je ressentis une envie pressante. Pour aller aux toilettes, je devais traverser la cour. Le jour n’était pas levé, personne ne pourrait me voir. J’enfilai à la hâte le peignoir de Jimmy. Les souvenirs m’assaillirent par bouffées et m’étourdirent. Je souris en sortant de la chambre.

Avant de rejoindre Jimmy, j’entrouvris la porte de la salle de spectacles afin d’y jeter un rapide coup d’œil.

– Tu n’arrives plus à dormir ?

Je sursautai en reconnaissant la voix de Mireille.

– J’avais besoin d’aller aux toilettes et avant de rejoindre Jimmy, je jetais un coup d’œil…

– Pourquoi n’es-tu pas allée dans celles attenantes à votre chambre ?

– Parce que j’ignorais leur existence !

Mireille me rejoignit dans mon éclat de rire.

– Le souci avec les confrères et les consœurs, c’est qu’ils ne prêtent aucune attention aux contingences matérielles ! Tu veux que je te fasse visiter le mas tant qu’ils dorment encore ?

– Volontiers !

– Reste sur tes gardes, Marcel est matinal et il est équipé d’un radar à belles femmes !

J’ai beaucoup aimé la délicatesse de Mireille, elle me fit découvrir les lieux, les mille et une cachettes et recoins conçus pour ce qu’elle appelle « les pauses tendresse ». Nous revînmes à notre point de départ. Mireille me fit découvrir la scène, les coulisses, la « loge des artistes » ainsi que la salle proprement dite. Les mots pour exprimer mes craintes me vinrent aisément. Mireille les comprit et me rassura en me racontant sa première rencontre avec les membres de la Confrérie et poursuivit,

– J’ai tout de suite compris qu’inventer des saynètes me permettrait de réaliser certains fantasmes, dont celui de l’exhibition. Parce que ce n’est pas Mireille Fabre qui est sur scène, c’est Madame et crois-moi, la différence est essentielle, la saisis-tu ?

– Je crois

– Attends !

Mireille alla dans les coulisses et revint, quelques feuillets dactylographiés à la main. Elle s’assit à mes côtés et lut par-dessus mon épaule les saynètes qu’elle avait inventées, jouées. En les lisant, je sentais me monter le feu aux joues. Je jetai un regard en biais sur ma gauche et constatai que Mireille était elle aussi toute rouge. Elle me sourit comme une gamine faisant lire son journal intime, plein de remarques insolentes, à une autre gamine avec la certitude que ses secrets seraient bien gardés.

– Tu crois que Mireille Fabre pourrait faire de telles choses, en public, qui plus est ? Non, bien sûr que non ! Alors que Madame est tout à fait à l’aise pour endosser ces rôles !

– La scène que vont nous jouer les gamins ce soir, sera du même topo ?

– Oui. Normalement ça aurait dû être une surprise, pourtant… je crains de savoir laquelle ils vont nous interpréter…

– Pourquoi ? Comment ?

– Parce qu’il en manquait une sur les rayonnages où elles sont rangées. Ça m’ennuie un peu de gâcher l’effet de surprise.

– Garde le silence jusqu’à la représentation, il sera toujours temps de me dire après si tu avais bien deviné.

Mireille me fit un gros bisou sur la joue et m’invita à la suivre dans les coulisses, où elle rangea soigneusement les feuillets. Elle me montrait la scène et les marques au sol « Comme ça, on perd moins de temps entre deux tableaux » quand retentit la voix de Marcel. « Où tu te caches, capoune ? » puis, m’apercevant « Fatché ! Elle a pas fait rappliquer sa sœur jumelle ! » ce qui nous fit pouffer.

– La pauvre ! Elle errait comme une âme en peine à la recherche des commodités, je ne pouvais pas rester sans rien faire ! La pauvre, Jimmy ne lui avait pas dit que leur chambre en est pourvue !

– Je te reconnais bien là, toujours prête à porter secours à une âme en détresse ! Hep ! Pas de messe basse sans curé ! Qu’est-ce qu’elle t’a dit de si drôle ?

– Que j’avais raison…

– Boudiou ! Que tu avais raison de quoi ? Tu vas me le dire ou me laisser dans l’ignorance jusqu’à que je sèche sur pied ?

– Si nous te dévoilions tous nos petits secrets, nous perdrions tout intérêt à tes yeux, mon Bavard adoré !

J’avais l’impression d’être au spectacle, Mireille et moi sur la scène, Marcel à la fenêtre, les bras croisés sur le rebord. Je tombai immédiatement sous le charme de leur relation, de leur complicité.

– Tu lui as espliqué pour le café ?

Madame rougit violemment.

– Non, mais puisque tu es là, autant le lui montrer !

Marcel éclata de rire et s’éloigna en se frottant les mains « Boudiou ! Comme je vais l’aimer cette journée ! ». Mireille m’entraîna dans la cuisine en chantonnant « Il lui en faut peu pour être heureux ! ».

Marcel s’affairait en cuisine. Il se tourna vers moi, son regard approbateur me déshabilla plus que je ne l’étais déjà.

– Café pour toi aussi ?

– Plutôt un thé

Comme s’il relevait une évidence, Marcel fit une réflexion sur les Parisiennes.

– C’est quoi ces généralités ?

– Qué « généralités » ? Je constate et pis c’est tout ! Je connais trois Parisiennes et les trois boivent du thé. C’est tout !

– Aahh… je comprends mieux ! J’ai fait aussi ce genre de constatation… par exemple, tous les paysans provençaux que je connais sont des amants exceptionnels, ils savent tous comment s’y prendre avec les femmes, mais ils sont tous tellement bavards qu’on ne se méfie pas d’eux. T’as raison, ça doit être lié.

– Et tu en connais combien de paysans provençaux ?

– Un seul, mais ça m’a suffi pour forger ma conviction !

– Boudiou ! Comme j’aime ton insolence !

Je n’avais pas remarqué qu’il avait mis de l’eau à chauffer. Il me demanda de choisir le thé et me le prépara tandis que Mireille coupait de larges tranches de pain.

La table du petit-déjeuner dressée, j’allai pour m’asseoir aux côtés de Mireille quand Marcel leva son index « Non ! » et l’abaissa en direction du banc d’en face « Observe et mémorise ! ». Mireille haussa les épaules, fataliste.

– Que veux-tu, c’est la tradition

– Je dirais même mieux, la tradition traditionnelle !

Leurs airs de faux-culs absolus me comblaient d’aise. Mireille se servit un grand bol de café, le sucra, le touilla, en prit une cuillerée qu’elle porta à sa bouche, fit la grimace, marmonna « trop chaud » avant de le repousser vers le centre de la table et de plonger vers les cuisses de Marcel, impavide, qui touillait son propre café, le regard dans le vide.

Mireille me demanda de me pencher pour l’observer. Je m’exécutai. Elle me fit un clin d’œil et du pouce m’incita à me redresser et de l’index me conseilla de bien regarder. Un échange de sourires pour lui confirmer que j’avais bien compris. Oui, j’observerai la réaction de Marcel quand elle commencerait à le sucer et oui, je me pencherai à nouveau pour la regarder procéder.

Marcel, dans un premier temps surpris de me voir resurgir de sous la table, comprit immédiatement de quoi il en retournait. Il me sourit en levant les yeux au ciel. Je remarquai qu’il avait posé une soucoupe sur le bol de Mireille, son café serait chaud plus longtemps. Marcel me fit un clin d’œil complice en levant le pouce de la victoire.

Nous parlions de tout et de rien, Mireille prenait son temps, le ton de Marcel se faisait plus impatient, mais je notai son sourire amusé « Ainsi tu as fait le choix de ne pas f… Boudiou ! Que c’est bon ! ». Il avait sursauté, laissant échapper sa cuillère qui tomba dans le bol de café, éclaboussant la table et le menton de Marcel, aux anges.

Je me penchai pour observer Mireille et constatai le plaisir qu’elle prenait à le lécher, des gonades jusqu’au gland, d’une langue gourmande. Elle me regarda en écarquillant les yeux et en ouvrant une bouche en cœur, comme les pin-up ingénues d’Elvgren. Son index tendu me désignait le gland de Marcel. Quand elle fut certaine que j’avais compris, sa bouche ingénue avala tout en douceur le gland qu’elle convoitait, avala un peu plus encore, puis encore un peu plus, davantage encore. Je me demandai jusqu’où elle engouffrerait ce sexe massif, quand elle fit marche arrière et que Mireille asséna une pichenette savante sur les couilles de Marcel qui, loin de s’en plaindre, en grogna d’aise.

Je l’admirai effectuer ainsi plusieurs va-et-vient gourmands quand j’entendis Marcel évoquer un historien espécialiste des traditions et de leur respect. Son interlocuteur s’assit à mes côtés et je n’eus pas besoin de me redresser pour savoir de quel espécialiste il était question et combien il lui importait que les traditions fussent respectées.

J’avais dix-sept ans quand il a fait naître en moi ce déclencheur magique, cette caresse du bout des ongles le long de ma nuque, ses doigts qui se crispent à la naissance de mes cheveux, les plus fins, les plus sensibles, ses doigts qui se relâchent aussitôt pour reposer calmement sur mon occiput. Cette caresse sensuelle m’ensorcelle, il peut faire de moi ce qu’il désire quand il me la prodigue. Il le sait depuis notre réveillon en Australie.

J’entrepris de le sucer, non pas comme Mireille suçait Marcel, mais comme je le fais lors de nos déplacements en avion. Ses mains se crispèrent sur mes tempes.

– T’as raison… outch ! Les traditions… !

Je le suçais avec délectation, faisant de ma langue un boa constrictor s’enroulant autour de son membre devenu séquoia. Pour une fois, la salive me faisait défaut. Je me redressai pour boire une gorgée de thé. Mireille fit de même, laissant Marcel dans le même état que je laissai Jimmy.

Nous discutions, j’aimais les caresses de Jimmy sur ma cuisse qui m’obligeaient à les écarter. J’aimais savoir mon sexe offert à la vue de quiconque regarderait sous la table. Un sursaut me projeta en avant quand les doigts de Jimmy écartèrent mes lèvres et que son majeur explora ma vulve. J’avais du mal à garder un ton neutre. Mireille y parvenait parfaitement, pourtant son corps et son visage cramoisis, les contractions régulières du biceps de Marcel ne laissaient aucune place au moindre doute. Je lui fis part de mon admiration. Elle sourit.

– Et encore, tu l’as pas entendue quand on l’encule ! Fatché ! On dirait pas à l’entendre, et pourtant, on peut dire qu’elle aime ça !

Marcel !

– Quoi « Marcel ! » ? C’est vrai ou c’est pas vrai que t’aimes ça ?

– Toi et ta manie d’exagérer… quand on m’encule ma voix est nettement moins assurée ! Odette, laissons les hommes dire leurs bêtises, nous avons mieux à faire !

En disant ces mots, Mireille plongea sous la table. Je l’imitai. Je ne sais plus combien de temps s’est écoulé avant que j’entende la porte s’ouvrir et d’autres convives venir prendre leur petit-déjeuner. Monique se mit carrément à genoux pour nous rejoindre sous la table. Elle fit la bise à Mireille. Un petit coup de langue sur les couilles de Marcel, qui lâcha un juron. Elle me fit la bise et me demanda d’un regard l’autorisation de saluer Jimmy. Autorisation que je lui accordai. Elle m’indiqua d’un geste ce qu’elle attendait de moi. J’opinai. Sa langue remonta, tel un liseron enchanté, des bourses jusqu’au gland tandis que la mienne faisait le mouvement inverse. Je ne sais pas laquelle de nous deux a été qualifiée de diablesse par Jimmy, sans doute fallait-il l’entendre au pluriel.

J’entendis des bruits de vaisselle, celui des bols qu’on pose sur la table. Les hommes s’installaient sur le banc, je compris mieux les allusions de Marcel et de Jimmy à propos des avantages du mobilier de ferme, de ces grandes tables qu’on installait dans les cours pour un repas convivial avec les ouvriers agricoles à la fin des récoltes, des vendanges.

Sans nous être concertées, Sylvie, Mireille et moi rejoignîmes Monique sous la table. Je m’étonnai de la souplesse de nos articulations. Nous taquinâmes les sexes que nos hommes offraient à nos bouches. Je reconnus celui de Christian et pris le temps de l’observer sous toutes ses coutures. Je voyais les tressautements de sa jambe qui marquaient son impatience. Je déposai un baiser sur la hampe avant de le sucer. Sa main se posa sur mes cheveux et j’entendis son soupir. Signifiait-il qu’il était satisfait de ce que je lui faisais ou qu’il l’était d’avoir la confirmation de qui le lui faisait ?

J’abandonnai ce sexe délicieux pour me retourner et me trouver face à celui qui était paré d’une marque brune. Comme je l’avais fait avec Christian, je pris tout mon temps pour observer cette queue magnifique. Je crois que jusqu’à mon dernier souffle, je serai béate d’admiration devant la beauté d’un phallus, qu’il soit au garde-à-vous ou au repos. Jean-Luc sursauta quand je manipulai sa bite.

– T’inquiète, Dédette, celle de ton frère, elle est toute noire, tu pourras pas te tromper !

– T’es vraiment le roi des cons, Jean-Luc !

– Te tracasse pas, sœurette, c’est le propre des petits puceaux !

J’ai mis un peu de temps à comprendre pourquoi il me fallait interrompre mes pipes peu après les avoir débutées. Je crus tout d’abord que Monique était impatiente de saluer ainsi tous ses confrères, mais il n’en était rien. Quand nous eûmes fait le tour des convives, Sylvie râla « Et voici venu le moment où l’on regrette sa jeunesse perdue ! ». Je ne sais pas comment nos hommes ont pu nous trouver aussi désirables après nous avoir vues nous extirper à grand peine de sous la table.

Je n’oublierai jamais le plaisir indicible et joyeux de me savoir ainsi scrutée sans avoir la certitude de qui le faisait. Je sentais le souffle d’hommes sur mes cuisses, entre elles. J’entendais de vagues échos de commentaires élogieux. De temps à autre, un doigt timide découvrait la douceur de mes replis, leur chaleur moite. Certains doigts, plus audacieux, écartaient mes lèvres, plongeaient dans mon vagin, semblaient vouloir le visiter avant le coup de langue libérateur.

– T’es avec nous, Dédette ?

Toute à mes sensations, j’en avais oublié la discussion que nous avions entamée dès que nos fesses s’étaient posées sur les bancs. Monique se pencha. « J’ai proposé à Odette de lui faire découvrir la crique avec Christian et le Balafré. Vous en pensez quoi ? »

Je jouis d’une bouche inconnue avant d’entendre la réponse enjouée de Jean-Luc. Après m’avoir léchée, sucée, aspirée, la bouche se décolla de ma vulve. Christian affirma qu’il en serait enchanté.

Avant d’échanger une nouvelle fois nos places, Jimmy me prit dans ses bras. « Tu accepterais que je vous y accompagne ? ». J’étais si troublée que je ne pensai pas à plaisanter en répondant non.

Il était dix heures passées quand nous nous mîmes en route.

Hé hé, la crique est de retour !

Odette&Jimmy – « Oh mama, quel bonheur, quel grand bonheur pour moi ! »

Plutôt que la version française, qu’elle soit interprétée par Sacha Distel, Dalida ou les Surfs, je préfère vous partager la version ska de Peter Tosh, parce que j’aime le teuch et le ska ! ;-)

Jean-Luc s’était enfui en prenant garde que je ne le perde pas de vue. Je le retrouvai dans ce qui semblait être une salle de spectacle. Il se tourna et éclata de rire, en me montrant du doigt.

– Un peu de tenue, Dédette !

Toi ! Et pis d’abord, sors d’ici ! J’ai un compte à régler avec ton pote et il est hors de question que tu assistes à la scène !

– Et pourquoi donc ?

– Et parce que t’es mon frère, pardi !

– Ça devrait me gêner ? Plus que te voir débarquer en courant à poil, le peignoir de Jimmy détaché, en hurlant ton dépit, ta frustration à la Terre entière ?

Horrifiée, je tentai de refermer le peignoir, mais la ceinture et mes mains semblaient s’être liguées contre moi.

– Mais c’est pas la peine de le cacher, ton corps ! Ce n’est pas celui de ma sœur, mais celui de la femme qui a fait dire à mon ami « Elle fait de ce jour le plus beau de ma vie » !

Jimmy s’approcha de moi, arrangea le peignoir avant de l’échancrer. Les étoiles qui scintillaient dans ses yeux me firent penser à ces nuits en Australie, où, allongés côte à côte sur la terrasse, nous comptions celles qui brillaient dans le ciel.

– De quelle dégueulasserie dégueulasse s’est rendu coupable le vilain petit puceau, ma chérie ?

– Tiens ! Tu vois les sarcasmes que j’endure, par ta faute ?

Avec dédain, je haussai les épaules à Jean-Luc et répondant à Jimmy, me plaignis « Il m’a toute excitée pour me laisser en plan. Comme ça. Au beau milieu d’une pénétration. Et il riait, le bougre ! »

À cet instant, j’entendis au loin un étrange roucoulement. Avant que je ne demande le nom de cet animal, Martial me donna la réponse. « Bon, ben… je vais aller voir si Madame accepte ma présence… Elle. »

– Reste à portée de voix, que tu entendes Odette clamer que je ne suis pas un petit puceau !

– Ça te convient, madame « Scandale dans la famille » ?

– Dans ces conditions… oui…

Monique et Christian étaient présents, Alain et Cathy étaient retournés au village, pour mettre au point la soirée prévue le lendemain avec les jeunes, ils en profiteraient pour ramener Joseph parmi nous. Je râlai un peu, pour faire bonne figure.

– Donc, si j’ai bien compris, être mes témoins ne les tentaient guère…

– Mais pas du tout ! Seulement, les premiers candidats ont largement dépassé leurs douze minutes, ils pensaient que ça irait crescendo et qu’ils avaient le temps avant que vienne leur tour…

– Donc, si je comprends bien, c’est encore de ma faute ?

Christian allait me répondre, quand Monique affirma « Si tu regardais ses yeux au lieu de ses nichons, tu verrais qu’elle se fout de toi ! ». Sylvie me demanda si sa présence ne me dérangeait pas « Parce que Jimmy et les autres affirment que nous sommes sœurs ? Non. Pas le moins du monde, ta présence ne me dérange pas du tout ».

– Puisque tu restes, tu pourrais prendre quelques photos de mon dépucelage définitif, la Fiancée ?

– Bonne idée, Jean-Luc, comme ça mon frère ne t’embêtera plus avec ça !

Jimmy me prit la main qu’il tendit à Jean-Luc. Il désigna ce qui ressemblait à un banc de prière « Je pense que ce serait idéal pour… procéder ». Nous avions moins de vingt pas à faire jusqu’au banc, je ne sais pas pourquoi j’entonnai la marche nuptiale. Monique, Christian et Sylvie se regardèrent, surpris et ravis.

Je venais de leur dire que de toute façon, j’avais bien l’intention qu’ils soient tous mes témoins, que je ne concevais pas cette cérémonie autrement que dans le partage.

C’est ainsi qu’il fut décidé que les confrères me feraient jouir pendant toute la durée du discours de Daniel, tandis que les consœurs agaceraient Jimmy.

– Et pourquoi ne feraient-elles que t’agacer ?

– Parce que j’ai soixante-quinze ans, Princesse ! Je ne bande plus aussi souvent qu’avant !

Sylvie demanda quel serait le rôle de Martial, dans cette configuration.

– Il tiendra le registre !

Monique prit un air fâché « Pourquoi ne nous as-tu pas rejoints plus tôt ? » puis tout aussi brusquement sourit « Le principal, c’est que tu sois enfin parmi nous ! »

Jean-Luc me regardait. J’aimais son sourire ambigu. Comme ça avait été le cas plus tôt dans la journée, Jimmy se tenait dans mon dos, me caressait les joues, le cou, les épaules, les seins. « Ça va, Princesse ? »

Oui, ça allait, ça allait même tellement bien que je m’en étonnais, me demandant pourquoi je n’avais pas sauté le pas avant.

Monique et Sylvie pressaient Jean-Luc « Qu’est-ce que tu attends ? » Christian riait. Au loin, Martial s’impatientait « J’entends rien ! » Mireille roucoulait et Marcel jurait comme un charretier.

– Depuis le temps que j’attendais ce moment, laissez-moi profiter ! Ah… tu peux te vanter de m’avoir fait fantasmer, Dédette !

Il me pénétra. Je fermai les yeux pour mieux sentir son premier va-et-vient. Puis le suivant. Les mains de Jimmy couraient sur mon corps, le faisaient onduler. D’autres mains titillaient, agaçaient mes mamelons. Je reconnus les caresses de Christian.

– Tu peux ouvrir les yeux, Didou, elle n’est pas en relief !

Je les ouvris donc. Tous me souriaient. Je pouvais même deviner le sourire de Jimmy. J’avais du mal à reconnaître Jean-Luc, étonnamment plein d’assurance,

– Si tu savais comme ce fantasme m’a tenu éveillé… si tu savais comme je me suis branlé en imaginant ce moment !

– Pas trop déçu ?

– Oh que non ! Et toi ? Tu aimes ?

– Tu le sens bien, non ?

– Alors, dis-le !

– Oui !

– Encore !

– Oui !

– Princesse, je crois que tu ne le dis pas assez fort à son goût… pense à l’enjeu !

Je hurlai à pleins poumons que Jean-Luc était un super amant, qu’il me faisait jouir et comment il y parvenait. Je criai plus fort qu’il n’était pas puceau. Martial prit sa plus grosse voix pour affirmer « Ah ben… il était temps ! Merci de l’avoir enfin déniaisé, Dédette ! »

Comme ça avait été le cas avec Christian, mon orgasme avait du mal à éclater. Je ressentais des petites étincelles de jouissance sous ma peau, mais au lieu d’exploser en feu d’artifice, elles pétillaient comme des cierges magiques. Jean-Luc se faisait plus directif. Sa voix, ses mots m’électrisaient. Quand il se taisait, je lui demandais de me guider encore. Je n’avais jamais remarqué les intonations vibrantes de sa voix, la précision presque chirurgicale de ses mots.

J’entendis Jean-Luc et Jimmy dire en même temps « Ses yeux ! Son regard ! », compris qu’ils s’adressaient à Sylvie et pris conscience des cliquetis de son appareil photo.

– Odette… j’ai envie de jouir, mais je veux te voir jouir avant…

Comme s’ils n’avaient attendu que ce signal, Christian et Monique caressèrent, léchèrent mon corps, des épaules au pubis. Jimmy me serra plus fort dans ses bras, me redressa un peu. Je sentais ses dents prêtes à déchirer ma nuque.

Les va-et-vient de Jean-Luc se firent plus amples. « Ouvre tes yeux, Dédette ! » Je les rouvris pour voir le regard électrique de Jean-Luc, ses lèvres crispées que sa langue semblait caresser. J’aimais cette salive blanche un peu épaisse à la commissure de ses lèvres. Je vis aussi les cheveux blonds de Monique sur mon pubis.

– Oui… lèche-moi la queue en même temps que son minou ! Oui… ! Tu aimes, Dédette ? Tu aimes quand je te baise et que Monique te lèche la chatte ? Tu aimes comme nous te faisons l’amour ?

Il paraît que mon cri aurait déraciné un arbre millénaire, mais il est probable que Christian ait légèrement exagéré.

Quand je fus enfin seule avec Jimmy, que je le vis resplendissant de bonheur, qu’il me prit dans ses bras pour me demander si toutes ces aventures ne m’avaient pas trop chamboulée, je voulus être honnête avec lui.

– J’ai bien aimé, j’ai trouvé ça excitant, jouissif, mais… je ne pourrais pas en faire mon quotidien.

– Parce que tu crois que c’est le cas pour nous ?! C’est très exceptionnel ! On n’a pas cessé de te le répéter, on n’a plus vingt ans ! Et même quand nous étions encore fringants, nous avions d’autres contingences. Mireille et Daniel, avec leur famille nombreuse devaient de plus ne pas être vus en compagnie de Marcel, pour éviter les ragots. Je travaillais à Lyon, j’y étais la plupart du temps. Sylvie avec ses gamins, Monique avec ses études…

– Pourtant, les dossiers me paraissent bien épais…

– Mais ils contiennent un siècle de souvenirs ! Plus de la moitié concerne les fondateurs de la Confrérie du Bouton d’Or. Comme eux, nous avons remarqué ce phénomène, des périodes de frénésie puis tout aussi soudainement, des périodes d’accalmie, ce qui n’a jamais empêché les rencontres, les séances plénières, comme les appelle Daniel. L’arrivée de la vidéo nous a aidés, parce qu’on se passait, on se passe encore, les enregistrements de nos saynètes… Autant leur visionnage peut déclencher des orgies, autant il peut suffire à nous combler… et puis… nous ne sommes pas un monolithe, je peux me palucher dans mon coin en regardant l’écran pendant que d’autres s’envoient en l’air et réciproquement ! Tu comprends, ma Princesse ?

– Ça me rassure ! Et aussi de savoir que si te voir avec une autre me pique un peu trop le cœur, je pourrais me contenter d’écouter…

– Ou de prendre ton pied avec Jean-Luc…

– Si tu n’es pas à mes côtés, ça perd une bonne partie de son intérêt et quitte à choisir…

– Et quitte à choisir ? Tu préférerais Alain et sa grosse bite ?

– Non ! Marcel et ses grosses mains et sa grosse langue !

Marcel ?! Toi aussi ?! Marcel ?! Mais qu’est-ce que vous avez toutes avec lui ?

– Il s’est passé un truc étrange… deux trucs étranges, en fait… et je suis sûre qu’ils ne m’ont pas monté un turbin. Monique a plaisanté sur notre ressemblance, elle et moi, tu vois ? Certes, elle rigolait, mais elle y a fait allusion… Plus tard, Marcel m’a dit que ça lui avait fait exactement la même chose avec moi qu’avec elle, la première fois…

– Qu’il savait… que son corps savait d’instinct ce que le tien aimait ? Il t’a dit ça ?! Mais c’est… c’est la preuve que tu es des nôtres !

– Ça ne lui a pas fait pareil avec Cathy, Mireille et Sylvie ?

– Non, pas du tout ! Le phénomène ne s’est produit qu’avec Monique, jusqu’à aujourd’hui, donc. Ça et la petite fée… attends, je vais te chercher les feuillets où ils en parlent…

– Non ! Je préfère que tu me racontes… tu veux bien ?

Jimmy m’a prise dans ses bras. Allongée contre lui, je fermai les yeux tandis qu’il couvrait mon visage de doux baisers et de tendres caresses. Il m’a parlé de cet ectoplasme qui s’échappait parfois du corps de Monique, cet ectoplasme qui lui permettait de voir tout ce qui se passait, d’observer les autres couples ou trios ou quatuors, de reluquer les hommes qui se tenaient dans son dos. Cet ectoplasme que Marcel identifiait comme une petite fée aux traits de Monique, qu’il n’en avait pas parlé tout de suite parce qu’il croyait qu’elle était le fruit de son imagination et…

Et j’ai perdu le fil du récit quand nos caresses légères se firent plus appuyées, quand nous nous embrassâmes à nous en dévorer la bouche, quand nos crocs déchirèrent nos peaux, quand son sexe dur pénétra le mien gonflé de désir. Je n’avais plus soixante-neuf ans, il n’en avait plus soixante-quinze, nous étions fougueux comme à vingt ans, expérimentés comme des septuagénaires. Nous riions de tout ce que la vie nous réservait de surprises, de bonheur.

– Tu préfères quand je fais… hmm hmm comme ci… ou han han comme ça ?

– Ça dépend… et toi ? Tu préfères quand je bouge comme ci… ou quand j’ondule comme ça ?

– Ça dépend… pourquoi, madame la jésuite ?

– Parce que si je bouge comme ci… je préfère que tu me prennes comme ça… han han… bien au fond… presque trop au fond… alors que si j’ondule comme ça… je préfère que tu fasses comme ci… hmm hmm… plus chaloupé… Pourquoi tu ris ?

– Parce que c’est exactement la même chose pour moi ! Tu sais ce que ça signifie ?

– Qu’on était faits pour s’entendre au pieu ?

Je ne peux pas résister quand il sourit et éclate de rire comme il a souri et éclaté de rire. À chaque fois que j’y parviens, je le vis comme une victoire personnelle sur les mauvaises fortunes qui ont émaillé ma vie.

C’est à cet instant que nous nous sommes rendus à l’évidence, même si la chose était pratiquement acquise depuis quelques heures. J’allais devenir consœur du Bouton d’Or. Jimmy m’a proposé d’écrire ma version de cette journée ainsi que les circonstances qui y ont mené. Ça m’aura pris presque trois mois, mais j’y suis parvenue.

– Tu peux me réexpliquer pour la petite fée, la différence avec l’ectoplasme ?

– Tu préfères que je te l’explique à la sauvage ou à la lascive ?

– Je sais plus bien la différence… essayons les deux, je te dirai après…

– Gourmande !

– Irrésistible gourmandise !

Nous avons chaloupé, nous y avons été plus sauvagement, Jimmy a plaisanté sur les étranges vertus de notre chambre nuptiale qui lui faisait retrouver sa vigueur, mais avant tout, c’est la beauté de son rire, l’amour dans son regard, sa sérénité qui m’ont donné l’envie de demander le divorce à Bertrand et la main de Jimmy.

Il en faut peu pour être heureux !

Odette – « J’ai perdu la tête »

Marcel sorti, pendant que je m’essuyais le corps, je pensais à Jean-Luc en me demandant si mon désir pour lui résisterait à un tête-à-tête, s’il n’allait pas éclater comme une bulle de savon, sans raison apparente. Je me remémorais ce que m’avait confié Monique, la discussion que nous avions eue.

– Je ne peux que te conseiller de te laisser guider sur le chemin qu’il te proposera, mais que ça ne t’interdise pas, au détour d’un sentier ou d’un buisson, si l’envie t’en prenait de lui suggérer un de tes fantasmes… Tu vois ce que je veux dire ? En tout cas, ça fait plaisir de le voir si excité à l’idée de coucher avec toi !

– Ah bon ?

– Il se frotte les mains en répétant à qui veut l’entendre « Ça va être ta fête, ma p’tite Dédette ! » On dirait qu’il a quinze ans !

– Ah bon ?

– Il a toujours envié Jimmy sur ce plan !

Ah bon ?!

– Tu ne t’en doutais pas ?

– Pas le moins du monde !

– Tu n’as jamais remarqué qu’il bandait comme un âne quand il allait chez vous ? Chez vos parents ?

Ah bon ? Il bandait ? Non. J’avoue que je n’ai jamais songé à… regarder… On n’est pas finaude quand on a dix-sept ans !

Monique avait salué l’astuce en tapant dans ma main. J’avais l’impression de retrouver une vieille copine alors que nous étions en train de faire connaissance… Jimmy m’avait dit que nous nous entendrions bien, que nous riions des mêmes choses, mais je ne pensais pas me sentir aussi proche d’elle.

Toc. Toc. Toc.

– Entre !

Jean-Luc est entré en chantant à tue-tête « J’ai perdu la tête depuis que j’ai vu Dédette ! Je perds la raison quand je pense à ses nichons ! » Il se dandinait, faisant tout pour faire naître un air blasé sur mon visage et y parvenant.

– C’est un complot ou quoi ? Qu’est-ce que vous avez tous avec mes nichons ?

– Ils sont superbes, voilà tout et je ne savais pas qu’on t’avait déjà complimentée à leur propos ! J’ai donc douze minutes pour te convaincre… Comment faire ?

– Tu pourrais me montrer… tes… atouts…

– Et allons donc ! Tu ne t’en tireras pas si aisément, Odette ! Avec tout le mal que tu as fait à mon honneur… ce serait trop facile !

– Quel mal ? Quel honneur ?

– Et allez donc ! Continue ! Joue les innocentes, ne t’en prive pas !

– Toi, t’es en train de jouer la montre. Tu te déballonnes et t’inventes n’importe quoi ! À quel moment ai-je porté atteinte à ton honneur ?

Je me déballonne ?! Mais tu rigoles ou quoi ?! Quand je t’aurai donné ma proposition pour laver cet affront, tu trouveras le moindre prétexte pour ne pas l’accepter !

– Alors, exprime-toi… monsieur Jean-Luc, le juge balafré ! Balance ta sentence !

– Depuis que tu as émis des doutes… Non. Depuis que tu as affirmé que j’étais puceau, ton frère, sa femme… même Monique et Christian me traitent de petit puceau… Ça fera dix ans au premier janvier… dix ans que je dois supporter leurs sarcasmes… alors, il est…

– C’est ça mon crime ?! Tu te fous de moi ou quoi ?! Ils sont bien placés pour savoir que je me trompais ! Même Sylvie a éclaté de rire en m’affirmant que tu étais le plus grand baiseur que l’Univers ait jamais engendré !

– Elle a dit ça ?

Jean-Luc souriait comme un gamin flatté. Il reprit immédiatement son faux air sentencieux.

– Quoi qu’il en soit, Martial affirme que si tu pensais que j’étais puceau, c’est que je devais l’être… au moins dans ma tête… parce qu’avec ton D.U. de psychologie appliquée, tu étais en mesure de savoir les secrets obscurs que nous souhaitions cacher au monde entier… Donc, je suis « le p’tit puceau »… par ta faute…

– Par ma faute ? Et c’est quoi ces conneries de D.U. ? Je n’en ai jamais passé ! Les seules formations non administratives que j’ai suivies concernaient les soins d’urgence ! Rien à voir ! Martial t’a raconté des bobards ou c’est toi qui inventes ?

– On m’aurait donc menti ? Faisant, plus de sanction… what a pity ! Me voilà reparti pour cinquante ans de fantasmes… Merci bien, Dédette !

– T’es gonflé ! Tu fais ça rien que pour m’embêter, pour que je te supplie de me dire quel sort tu me réservais !

– Et j’ai réussi mon coup ?

– Tu le sais bien ! Je ne pense qu’à ça depuis que tu m’as montré ta bite !

– Pourquoi ne te l’ai-je pas montrée plus tôt ?

– Peut-être parce que t’es qu’un p’tit puceau dans ta tête ?

– Ça, ma vieille, tu vas me le payer !

– Quand tu veux !

Jean-Luc s’approcha de moi, desserra la ceinture du peignoir, regarda mes seins avec gourmandise. Sa main glissa le long de mon ventre. Pourquoi ma peau distendue, mes vergetures m’avaient complexée toutes ces années ? Il me semblait que j’étais la seule à les remarquer, à leur prêter importance. Il jouait avec mes poils en me disant sa crainte de découvrir que j’étais tombée dans le camp de l’épilation intégrale. Il fourra son nez dans mon cou et me renifla, embrasant mon désir. Je voulus ouvrir sa braguette. Il retint mon geste, mais maintint ma main fortement appuyée sur son pantalon. Je le sentais durcir dans la paume de ma main.

– Je te caresserai, te baiserai de partout, la bouche, la chatte, le cul, à t’en faire hurler de plaisir… ensuite, je te ferai l’amour pour t’accorder mon pardon…

– Ça va, la sanction sera… supportable… je m’attendais à pire !

– Mais je te ferai tout ça devant les moqueurs… devant Jimmy pour lui apprendre à avoir téléphoné à Sylvie… devant Monique qui me taquine trop souvent à mon goût… devant Sylvie qui a lâché le morceau aux autres… et devant Martial qui a inventé ce pucelage mental…

Devant Martial ?! Mais tu n’y songes pas ! Devant Martial ?! Mais tu sembles oublier qu’il est mon frère !

– Aïe ! Et tu comptes assister au spectacle des gamins, demain soir ?

– Ben oui, pourquoi ?

– Ah… tu n’es donc pas au courant des spectacles que l’on donne au mas… en un mot comme en cent, attends-toi à voir Émilie ou Lucas… ou les deux baiser sur scène…

– Martial et Sylvie regardent baiser leur petit-fils ?!

– Ce sera leur premier spectacle, mais quand ils verront Lucas, s’ils le voient, ils ne verront pas leur petit-fils, mais un futur confrère… Il est vrai que tu n’es pas encore au courant de toute notre histoire… En résumé, Monique, Christian, Marcel jouaient déjà des saynètes cochonnes devant leurs grands-parents… moi-même, je faisais l’amour, je baisais devant Valentino qui aurait pu être mon aïeul tant son histoire d’amour avec Rosalie était similaire à celle que je vis avec Monique… Ça ne nous a jamais posé le moindre problème, mais je suis heureux de t’avoir avertie avant… Tu n’as pas à rougir de ne pas te sentir capable d’assumer ça… Tu viens de débarquer, nous avons presque un demi-siècle de complicité derrière nous… Ne te sens pas obligée d’y assister… des spectacles, il y en aura d’autres…

Jean-Luc, d’une pression sur mes reins, m’avait rapprochée de son corps. Sa voix était douce, posée, envoûtante. Tout en me parlant, il caressait ma poitrine. Je fermai les yeux, me laissai guider.

– Ta peau est fraîche… douce et fraîche…

– J’ai fait mes ablutions il y a peu…

– Sous le regard de Daniel, de Mireille ou de Marcel ?

– Marcel

– Tu me raconteras ?

– Tu me montreras ta bite à défaut de me baiser ? Tu me laisseras la toucher ? La goûter ?

Nous dansions sans vraiment nous en apercevoir, son corps collé au mien, le mien au sien. Jean-Luc prit ma main, me demanda de m’asseoir sur le bureau pendant qu’il s’installerait sur la chaise. Il dégagea mes cuisses, écarta les pans du peignoir de telle façon qu’ils ne couvraient plus mes seins. Il les caressa avec assez de science pour que j’écarte mes cuisses sans qu’il ait besoin de me le demander.

Alors, il consentit à se débraguetter et à me montrer son sexe que je trouvais de plus en plus tentant. Il me demanda si je voulais toucher sa balafre et n’attendit pas ma réponse pour se lever afin que je puisse le faire. Il releva son visage, nos regards se croisèrent, nous nous embrassâmes. À nouveau son baiser me transporta sur le chemin agréablement glissant du désir. Pourquoi Sylvie ne m’a pas prévenue que Jean-Luc maîtrise à ce point l’art du baiser ? Suis-je la seule à qui ils font un tel effet ?

Je m’allongeai à demi sur le bureau. Jean-Luc caressait mon corps avec ses doigts, avec son sexe, avec ses lèvres et je me laissais faire, totalement passive. Il me rendait folle à effleurer ma bouche avec son gland et à l’éloigner dès que je l’ouvrais. « Tss tss, tu es trop avide, trop pressée ! ».

À force de minauderies, je finis par le convaincre de me prendre ainsi, sur le bureau. Il y consentit, se plaça face à moi, me complimenta pour mon joli petit con, se demanda à voix haute quels plaisirs il allait lui procurer. Je sentis son gland à l’entrée de mon vagin, j’étais admirative de sa maîtrise, il parvenait à me pénétrer au ralenti, millimètre par millimètre, alors que je le savais bouillant de désir. Grâce à un savant jeu de miroirs, je pouvais regarder sa lente pénétration. Il avait pratiquement entré son gland quand une alarme sonna.

Jean-Luc se retira d’un coup. « Hélas, le temps qui m’était imparti étant écoulé, je dois interrompre mon intervention ». Il éclata de rire avant de sortir de la pièce pour rejoindre ses confrères et consœurs.

Je le poursuivis « T’avais pas le droit ! Ça c’est de la dégueulasserie dégueulasse ! T’as pas le droit de me faire ça ! »

Scandale dans la famille !