Odette – « And givin’ yourself to me could never be wrong »

Je savais qu’aucun des amis de Jimmy ne fermait sa porte à clé, néanmoins, je fus étonnée de voir Alain pénétrer chez Jean-Luc comme s’il était chez lui. Devinant ma surprise, il m’expliqua « Il m’est arrivé de vivre ici, lors de certaines… configurations conjugales… ». Semblant se souvenir soudain de la raison pour laquelle nous nous trouvions ici, il me prit la main et me convia à le suivre dans la véranda, à l’arrière de la maison.

– Celle dont tu as tracé les plans ?

– Té ! Comment le sais-tu ?

– Jimmy m’a dit que tu avais tracé les plans de certaines parties de son mas et de la véranda de Jean-Luc, mais il ne m’avait pas dit que c’était la maison de Valentino…

– Tu sais ce qui me ferait plaisir ? Te voir nue, en plein soleil, la peau luisante de monoï…

Je me sentis rougir, son sourire s’élargit.

– Tu serais d’accord ?

Je pensai « le regard lubrique est donc une spécialité provençale… »

– Tu as du monoï ?

Pendant que je me déshabillais, j’entendais Alain bougonner en cherchant fébrilement dans les tiroirs qu’il ouvrait et refermait, dans les placards dont il faisait claquer les portes. Un cri de victoire. « On va faire ça à l’ancienne, avec les produits locaux ! », puis semblant se souvenir d’un détail me concernant,

– Vous faites comment, vous autres, là-haut ? Avé… du beurre ?

– De toute façon, y a pas assez de soleil pour qu’on ait l’idée de faire briller notre peau sous ses rayons ! Alors, on fait pas. Le problème est résolu avant d’être posé !

Mort de rire, Alain me tendit la bouteille d’huile d’olive.

– Quitte à choisir, je préférerais sentir tes mains sur ma peau…

Il versa d’abord délicatement un filet d’huile sur mon épaule. Filet qu’il guida délicieusement vers mes seins… « Oh, mon salaud ! Oh, mon salaud ! ». Ces mots résonnaient comme le plus beau des compliments. « Oh, mon salaud ! »

Alain versa davantage d’huile, ses mains se firent plus volontaires, plus affirmées. Mon corps se détendait sous ses caresses, comme si ma peau avait voulu se déployer pour mieux profiter de leur douceur, des plaisirs que les attouchements d’Alain lui procuraient. « Oh, mon salaud ! Oh, mon salaud ! »

Tout en me caressant, tournant autour de moi, reculant d’un pas pour avoir un meilleur point de vue, se rapprochant, me manipulant comme une statuette, Alain oignait mon corps d’huile « Oh, mon salaud ! Oh, mon salaud ! ». Je ne comprenais pas de quel salaud il parlait.

– Tu n’as pas vu la pin-up affichée dans la chambre, face au lit ?

– Euh… je n’ai pas vu sa chambre en pleine lumière…

Votre chambre !

– Qu’a-t-elle de si particulier, cette pin-up ?

– Elle te représente… c’est moi qui l’ai dessinée d’après les indications précises de Jimmy, mais il ne m’avait pas tout dit, le salaud ! Tes seins, par exemple, il ne m’avait pas dit qu’au creux de la main… Fatché ! Ton coeur s’emballe ! Et ton ventre… et tes cuisses… Tu veux bien t’offrir un peu à ma vue avant de t’offrir au reste de ma personne ?

– Tu es super beau quand tu me regardes comme ça… avec gourmandise… Tu veux bien te déshabiller à ton tour que je puisse aussi me régaler ?

– Dans ce cas, il te faudra m’enduire d’huile… ça te convient ?

– Je n’attendais que ça !

La paume de ma main pleine d’huile commençait à en enduire le sexe énorme, agréablement durci d’Alain. Je fermai les yeux pour ne jamais oublier cette sensation. Ces picotements étaient-ils ceux qui agaçaient ma paume ou ceux qui parcouraient la verge d’Alain ?

– Il s’était bien gardé de me dire ça aussi, le salaud ! Tu branles…

– Tu peux me le redire ? J’aime votre façon de prononcer « bandante », « branler »… votre accent en devient non seulement chantant, mais terriblement érotique aussi…

– Alors, branle, branle, bandante Princesse !

– Oh ! Tu rends même le mot « Princesse » excitant !

– Excitant, bandante Princesse ?

Ses doigts se faufilèrent entre mes cuisses, Alain voulait vérifier à quel point ses mots m’excitaient.

– Pourquoi tu souris comme ça ? Pourquoi tu me palpes comme ça ?

– Rien… des bêtises… l’émotion… l’honneur que tu me fais…

– À ce point ? L’honneur ?

– En dehors de Jimmy, avec lesquels d’entre nous as-tu couché ?

– Euh… Christian, Jean-Luc… couché-couché tu veux dire, on est bien d’accord ?

– Oui, oui ! Avec Christian, c’était devant témoins…

– Ah ! Et Jean-Luc aussi !

– Et avec moi, ce sera…

– Entre quat’z’yeux !

Émue comme une jeune fille, je l’embrassai en le remerciant de voir les choses ainsi.

– Té… t’es une princesse ou tu n’es pas une princesse, Princesse ? Et puis, Jimmy…

– Jimmy ? Quoi « Jimmy » ?

– Après vos retrouvailles, quand il est revenu de Vancouver, il m’a demandé de lui dessiner sa pin-up. Il n’a pas voulu me montrer des photos de toi. Ça nous a pris presque deux ans.

J’ouvrais des yeux comme des soucoupes ! De quoi était-il en train de me parler ? Je suivis Alain dans une chambre, m’assis sur le bord du lit pendant qu’il précisait son propos.

– Pour tout modèle, je n’ai eu droit qu’à la photo de vous deux sur un bateau mouche « Mais je la veux réaliste, ma pin-up ! Celle qui me fait bander n’a plus dix-sept ans, c’est la femme de soixante ! » J’ai vieilli ton visage… et pour ton corps… oh, le salaud ! J’étais loin du compte ! Il m’avait juste parlé d’une belle femme, gaulée comme une déesse, mais tu es… tellement plus !

Il me regardait et je devenais plus que belle. Ses mains caressaient mon corps comme si elles craignaient de le profaner.

– Regarde-moi ces jambes… ces cuisses… Tu aimes quand je te caresse comme ça ? Oh ! J’aurais jamais cru que tu rougissais…

– Parce que je suis noire ?

– Mais non ! Ce qui est troublant, c’est que tu rougis presque autant que Mireille… Et ta peau… ta peau est si agréable à caresser… Je veux profiter de ce moment aussi longtemps que possible. Et tes grands yeux noirs… et ta bouche sublime qui appelle les baisers… et qui embrasse si bien… Quand tu souris comme ça, je la volerais de baisers ! Oh, le salaud ! Pourquoi t’a-t-il privée de tout… de nous, de tout ce qui nous unit pendant tout ce temps ?

– Peut-être parce que je n’y étais pas prête avant, qui peut savoir ?

– Et ta voix… ta voix ! Tu n’as jamais songé à chanter ?

– Chanter quoi ? Le blues ? Le R’n’B ? Tu sais bien que c’est pas la musique que j’aime !

– Et c’est quoi, la musique que tu aimes ?

– Le rock. Au début, c’était pour moi… c’est idiot, je sais bien… c’était une façon de me démarquer… dans les seventies, une noire qui n’écoutait pas de funk, de rythm’and blues, c’était atypique… Je me démarquais, je sortais du lot… ma boule afro dépassait des rangs… Tu vois ?

Les mains d’Alain se sont crispées juste au-dessus de mes genoux et de surprise ont écarté mes jambes plus brusquement qu’il ne l’aurait souhaité.

– Rapidement, j’ai constaté que cette musique me correspondait, qu’elle parlait à mes tripes… Mais si tu m’entendais parler anglais… ! Euh… tu peux cligner des yeux et refermer ta bouche ? Là, c’est limite flippant ! Je sais bien que tu aimes le rock, que tu as une discothèque incroyable. Je pensais que Julien te l’avait dit. Quand il venait passer ses vacances avec nous, il ne parlait que de toi et était fier de m’en remontrer sur le sujet… Hier, quand tu as mis Jam Ram, j’ai cru que c’est parce que tu savais…

– Mais… ce n’est pas possible… tu n’es pas réelle ! Rassure-moi, tu as au moins un tout petit défaut ?!

– Je suis une parisienne à moitié normande…

– Aïe ! Ça c’est plus qu’un petit défaut !

Ses yeux débordaient d’une tendresse infinie et amusée.

– Tu voudrais bien me laisser observer ton minou ? L’offrir à ma vue autant que je le souhaite ?

– Jimmy aurait-il aussi omis de te parler de ma petite particularité ? M’imaginer que quelqu’un observe, scrute ma chatte suffit à m’exciter, alors quand on la scrute pour de vrai… le souffle d’un grain de poussière pourrait me faire jouir !

– Ah, le salaud ! Ça aussi, il s’est bien gardé de me le dire !

– Mais que t’a-t-il dit, alors ?

– Qu’il aime titiller, du bout de la langue, ce petit cercle de chair de poule qui orne ton mamelon quand tu es très excitée, qu’il aimerait le faire plus longtemps… Pour y parvenir, il devrait se figer en toi, mais tes ondulations prennent alors le relai… alors… il jouit en oubliant de te mordre…

– Et tu voudrais savoir s’il n’a pas un peu exagéré ?

– Laisse-moi te regarder encore un peu…

– Non ! Si tu continues à me regarder comme tu le fais, je vais jouir et je préférerais que ce soit par ta queue plutôt que par tes yeux, pour ce premier orgasme… en tête à tête… dans le lit du p’tit puceau !

Alain a ricané. A écarté mes cuisses. Soulevé mon bassin. Y a glissé un gros coussin dessous. Je ne le quittais pas des yeux. Lui non plus. Son regard a glissé. J’ai senti sa main attraper sa queue, que je ne voyais pas. Son autre main a écarté mes lèvres. Son gland a caressé ma vulve et m’a pénétrée en prenant tout son temps.

L’orgasme qui couvait a explosé si vite que je n’ai pas senti ce renflement que j’aime tant quand les hommes me font l’amour ou me baisent. Il n’y en a pas eu tant que ça, Alain est le cinquième mais le premier dont je n’ai pas senti le bourrelet.

Je m’excusai d’avoir joui trop tôt. Excuses acceptées. Je lui demandai de sortir de moi et lui en expliquai la raison. Il consentit.

– Tu peux me la montrer ? Je voudrais voir à quoi elle ressemble quand j’ai joui dessus.

– Elle te plaît ?

– Oh ! Elle est magnifique ! Regarde comme elle brille ! Regarde-moi tous ces reliefs ! Oh ! Qu’elle est belle !

Je n’avais pu m’empêcher de tendre la main vers cette magnifique queue et du bout de l’index, caressai veine et veinules, tellement fascinée que j’en oubliai presque la présence d’Alain !

– Et tu voudrais savoir le goût qu’elle a quand elle t’a fait jouir ?

Anticipant ma réponse, il offrit sa queue à ma bouche comme on offre un sucre d’orge. Je la suçai comme telle, avec délectation. Les yeux fermés. Il sortit de ma bouche. J’ouvris les yeux. Nos regards se comprirent. Je refermai les yeux. Entrouvris mes lèvres. Il plaça son délicatement gland dessus avant de pénétrer ma bouche et de la baiser ardemment.

Je perdais pied, noyée dans ce flot de salive, submergée par ce plaisir incroyable que je prenais à ses va-et-vient vigoureux sans être brutaux. Il sortit soudain de ma bouche.

– Je voudrais te prendre comme…

– Comme tu m’as dessinée ? C’est ça ? Dans quelle position je suis sur ton dessin ?

– Ben… justement… Jimmy a voulu un diptyque… Agenouillée comme les pin-up, de face tes doigts délicats cachant à peine tes mamelons… encore plus excitants, bandants en vrai… De dos tu offres ta croupe à l’admiration des foules, bien cambrée comme il faut, on aperçoit un de tes seins et tu nous regardes avec un sourire coquin…

– Le choix est… cornélien… Si tu veux lécher mes mamelons, c’est de face… Si comme Jimmy, et ça m’a tout l’air d’être le cas, ma croupe t’inspire…

– Mais toi… quelle position ? Oh ! L’éclair coquin dans ton regard ! Pas la peine de baisser les yeux, je l’ai remarqué !

– Depuis que je revois Jimmy, je fais quelques exercices de gymnastique chaque jour. Oh ! Pas des trucs de dingue, juste des étirements, des assouplissements, de l’éveil musculaire et de la marche, beaucoup de marche. Quand ma voiture a rendu l’âme, je ne l’ai pas remplacée. Ça me permet d’encaisser… mes escapades avec Jimmy, mais surtout d’aimer à nouveau mon corps. Non pas pour ce qu’il a été, mais pour ce qu’il est devenu. Comme je suis ma propre coach, j’ai mes lubies, les périodes « piscine » peuvent alterner avec de longues périodes « yoga »… tu vois ? Depuis janvier, c’est ma période ischio-jambiers… alors… si je devais choisir…

J’ai senti mon propre sourire, j’ai senti l’éclat lubrique de mon regard quand j’ai laissé ma phrase en suspens. Je m’étonnai de l’absence de miroir dans la chambre. Alain sourit, retourna les tableaux. Trois d’entre eux révélèrent des miroirs, le quatrième, un écran vidéo. Alain revint vers moi, une petite caméra à la main « Si tu veux voir les détails ». Regard lubrique. Selon les indications, il s’allongea au milieu du lit, à plat dos. Je l’enjambai, m’accroupis au-dessus de lui.

– T’inquiète, si je sens que mes muscles faiblissent, on fera dans le moins gymnique !

– Je te fais confiance, Princesse… bandante !

Je m’accroupis davantage. Alain tenait son membre dressé. Je pensai « Une chance que sa queue soit si longue ! ». Il lut dans mes pensées. Je souris. Alain leva les yeux au ciel, faussement consterné.

Il m’offrit de prendre son sexe dans ma main et de guider la pénétration. Je vibrai de plaisir en le sentant si dur entre mes doigts. Ma langue agaçait mes lèvres. Il fallut qu’Alain me le fasse remarquer pour que j’en prenne conscience. Son regard a invité le mien à glisser sur ma droite. Nos sourires. La caméra allumée. L’hypocrisie de mon argument. « C’est à visée scientifique ». Nos sourires. En regardant les images animées sur l’écran, je m’étonnai intérieurement « Ouah, je pensais pas mouiller autant ! »

– Jimmy m’avait également dit que dans ta chatte, c’est comme au Paradis, mais en mieux !

– Et ? Pas trop déçu ?

– Pourquoi le serais-je ? Oh ! Au plus tu regardes l’écran, au plus tu mouilles, t’as vu ?

– Au plus ta queue est excitante, regarde comme elle brille !

– Je peux ? Avé la caméra ? Sur ton clito ? Je voudrais le voir bander… Oh ! Vé… oh !

– C’est malin !

– Oh, comme c’est bon quand tu jouis comme ça ! Oooh… !

– Et c’est que le début !

– Ça, je savais ! Jimmy me l’a dit ! Penche-toi un peu, que je sente tes seins sur ma peau !

– Non. Si je le fais… je vais devoir me cambrer davantage, comme ça… et regarde dans le miroir… tu vois… ça deviendrait soudain… lubrique, non ?

Je profitais du luxe que m’offrait tout ce qu’Alain ignorait de moi. Ces petites astuces, ces petits secrets intimes que Jimmy ne lui avait pas révélés.

– Tu resteras inflexible ?

– Parfaitement !

– Alors… ce n’est pas la peine que…

Dites-moi franchement, même vous, les fans de rock, les purs et durs, pourriez-vous résister ?

Alain avait l’air innocent de l’agneau qui vient de naître, le regard faussement résigné quand retentirent les premières notes de « Let’s get it on ». J’aurais voulu crier un tonitruant « Jimmy ! » plein de reproches, mais j’ai été captée par le son de la pédale wah-wah…

– Maintenant, ça me revient… il avait dû m’en parler aussi…

Je me suis donc penchée. Mes tétons ont effleuré sa peau. Je me suis cambrée davantage. Le jeu des miroirs a renvoyé le reflet de nos corps. J’ai fermé les yeux. Pour fixer à tout jamais cette image, comme un instantané. Et pour chasser les autres, les imaginaires, les fantasmées. Je me sentais onduler. Je frémissais de ce tourbillon qui m’assaillait.

– Ouvre tes yeux…

– Non. Je ne veux pas que tu puisses lire dans mes pensées…

– Tu ne veux pas voir ce que je regarde ?

– Il t’aurait donc aussi parlé de ma curiosité… ?

– Si peu… si peu…

J’ouvris les yeux. Alain lut dans mes pensées. Ses mains lâchèrent la caméra, empoignèrent mes fesses. Quand je vis dans le miroir, le reflet de son majeur glissant le long de ma raie, je n’ai pu m’empêcher d’onduler encore, de tendre mes fesses. « And givin’ yourself to me could never be wrong ». Les images s’incrustèrent en surimpression. « Tu rougis encore ! ».

Je n’aurais jamais pu imaginer à quel point les dimensions du sexe d’Alain modifieraient ces images, les graveraient définitivement dans le souvenir de cette matinée. Hier encore, à la même heure, je m’activais dans mon petit appartement giffois, le téléphone n’allait pas tarder à sonner. Vingt-quatre heures plus tard, j’osai enfin évoquer ces images à l’homme qui venait de contribuer à les susciter.

Pour la deuxième fois de la journée, j’allais en parler alors que je les avais tenues secrètes pendant tant d’années ! Avec Mireille, les mots avaient coulé sans problème, au détour d’un échange sur l’opportunité de réaliser un fantasme. Elle m’avait confié « Ce qui me faisait le plus honte, c’était quand je m’imaginais me faire prendre par un autre homme devant mon mari. Sauf que je m’imaginais plutôt un notable, au moins député… ! » Attendrie, elle avait ri « Dans « le pire du pire », je m’imaginais prise en levrette devant Daniel que je suçais ou qui se branlait entre mes seins. Quelle horreur ! Quelle honte si quelqu’un venait à l’apprendre ! Et puis… dès la première fois, ça a été merveilleux. Je n’étais pas une Marie Couche-toi là, nous étions trois personnes qui faisions l’amour… c’est pour ça qu’ici (chez Jimmy) on a un lit trois personnes… si tu savais comme c’est bon de nous endormir… Marcel dans mon dos, moi blottie dans les bras de Daniel… Pour me taquiner, il leur arrive de mettre un des grands mouchoirs de Marcel… un propre, bien sûr, sur mon visage, ils « causent sérieusement », comme si je n’étais pas là, de ce qu’accepterait de leur faire la femme idéale, de ce qu’ils lui feraient… bien entendu, ils miment chacun de leurs mots… J’aime me dire que j’y suis aussi pour quelque chose dans leur profonde amitié… On est loin de la dépravation, n’est-ce pas ? »

– Quand je suis cambrée comme ça… que tu écartes mes fesses… que Marvin Gaye me fait onduler ainsi… sur ta queue… que ton majeur… C’est comme si tout mon corps s’ouvrait de partout pour accueillir et offrir de l’amour à d’autres hommes…

– Et c’est ça qui te fait rougir bandante princesse ? Ouvre les yeux, regarde et dis-moi… qui verrais-tu à la place de mon majeur ?

– Jimmy… Jimmy… je n’imagine personne d’autre que lui dans mon cul…

– Ensuite ?

– Alors… pour ce faire, je dois me redresser un peu… tant pis pour la caresse de ta peau sur mes seins…

J’en profitai pour changer de position. Assez fière d’être parvenue à m’agenouiller sans qu’il ait besoin de sortir de moi. Fière et surprise.

– Entre mes seins… oh ! J’adore ta façon de me les caresser ! Entre mes seins, Daniel puisque Mireille m’a dit qu’il faisait divinement bien l’amour aux siens… dans ma bouche, Marcel… parce qu’avec lui… c’est facile… et parce que Mireille m’a confié « Quand tu suces Marcel, il te transforme en Sainte » et… pour finir, Christian en spectateur… et voilà ! Regarde mes seins !

Sa langue me maintenait à l’orée du plaisir. Je fermai les yeux. Ses lèvres enserrèrent mon mamelon, se rapprochèrent et sans que nous n’ayons besoin de nous servir de nos mains, trouvèrent la position idéale pour qu’Alain me tète. Je jouis longuement, d’un orgasme apaisé. Une pression ferme d’Alain me fit me cambrer plus que je ne l’étais déjà. J’ouvris les yeux sur son sourire.

– Et Jean-Luc ?

– Dans la bouche de Monique… pour changer !

J’étais en train de m’imaginer la scène. Je regardais Alain me sourire, des œillades furtives vers l’écran. La caméra ainsi posée ne me permettait de voir que le dos de la main d’Alain sur ma fesse. Une idée, une envie me traversa l’esprit. Nos regards se croisèrent. Nos sourires devenaient de plus en plus complices. L’expression de son visage, signifiant « Ça tombe bien, moi aussi ! ».

Je me retrouvai à quatre pattes au bord du lit. Alain, debout derrière moi, se justifiant « Je me régale du spectacle ! » puis approchant la caméra « Regarde comme ta chatte brille ! Elle brille de mille feux ! Oh ! Oohh! Regarde ! »

– Montre-moi ta bite, avec la caméra…

– Regarde ! Elle brille presque autant !

J’aimais sentir ses doigts me fouiller sans aucune timidité, comme eux aussi me transformaient en marionnette « T’as vu quand je fais comme ça, tu te cambres… Oh ! Regarde les jolies fossettes que ça te fait sur les reins ! Et quand j’appuie ici… devant… tout en appuyant… avec le pouce… dessus… tu t’offres tout à fait… Regarde ! »

Je le suppliai de me prendre. Je n’en pouvais plus de désir. Il écarta un peu mes cuisses. Je le vis écarter mes fesses, les admirer et, comme à regret, les relâcher pour guider sa pénétration. Il posa son gland sur mon anus, appuya un peu « Tu veux toujours pas ? »

– Jamais la première fois, mon cher ! Je suis une femme de principe, moi, Monsieur !

– Si c’est pas malheureux… et c’est encore l’autre salaud qui va en profiter ! Y en a vraiment que pour les crapules !

Il me pénétra lentement « Jimmy a raison, dans ta chatte c’est encore mieux qu’au Paradis ! ». Je sentais tous les reliefs de son sexe frottant si intimement sur les parois de mon vagin qu’ils en révélaient les miens.

Il sortit lentement de mon vagin pour me pénétrer à nouveau. Un peu moins lentement. Un peu plus profondément. Avant de ressortir. Âprement.

Je ne perdais pas une miette du spectacle, mon regard allait de l’écran aux miroirs, comme dans un panorama. Nos corps se comprirent avant nos regards. Une sauvagerie s’empara de nous. Chacun de ses va-et-vient devenait plus brutal. Chacune de mes injonctions, plus impératives « Encore ! Plus loin ! Plus profond ! Plus fort ! Plus fort ! Plus fort ! »

Je n’aurais jamais osé espérer le faire baver de plaisir. Quand je vis sa langue chercher à retenir sa salive, quand, profitant d’un sourire, la première goutte s’est échappée de sa bouche et est venue mourir sur ma fesse, je projetai mon bassin vers le sexe d’Alain, anticipant sa pénétration.

Il entra d’un coup de tout son long. J’aurais pu m’évanouir de douleur, au lieu de ça, je jouis.

– Ô, pute vierge, je viens, je viens !

Combien de « je viens » de plus en plus sauvages, combien de « ô, pute vierge » brutalement tendres avant que nous nous sentions apaisés, repus ? Le sperme d’Alain avait coulé jusqu’à mes genoux, mais je voulais rester un peu dans cette position. J’admirai mon reflet dans les différents miroirs, sur l’écran.

– Voilà qui « revisite » légèrement le concept de la pin-up !

– Mais pas du tout !

– Tu te vois me dessiner ainsi ?!

– Ça dépend des circonstances…

– Pour l’offrir à Jimmy…

– Toute ruisselante comme ça ? Le minou tout brillant de ta mouille ? Les cuisses toutes tachées de mon foutre ?

– Oui… Certes, ça te contraindrait à… avant la séance de pose…

– En effet, mais pour un ami, qui ne consentirait pas à ce sacrifice ? Écarte un peu tes fesses avec tes mains… Oh, fatché ! Oh, le salaud ! Regarde comme c’est beau !

S’il m’avait demandé une nouvelle fois l’autorisation de m’enculer, s’il avait bandé un peu plus dur, j’aurais accepté. Au lieu de ça, il s’amusa à agacer mes tétons avec son gland.

Je me relevai. De son sexe à demi flapi, il fit l’amour à mes seins de la façon idéale dans ces conditions précises. Nous profitâmes de ce moment d’absolue communion jusqu’à ce qu’il ait retrouvé un semblant d’érection. J’aimais regarder sa queue disparaître entre mes seins. Puis, voir apparaître son gland et plus encore. J’aimais voir sur l’écran ses doigts aller et venir dans mon sexe dégoulinant. J’aimais quand il nous les offrait à sucer. J’aimais le goût des baisers qui s’ensuivaient.

Quand nous sortîmes de la maison, nous les trouvâmes en train de discuter sagement sur la terrasse. Je m’étonnai de les découvrir habillés, un verre de vin à la main. Monique me répondit, dans une imitation très réussie d’Arletty « Pour qui que tu nous prends ? On n’est pas des bèÿtes, tout de mèÿme ! »

D’un regard étonné, Jimmy interrogeait son ami qui le rassura « Non… Ça c’est en prévision… Tu veux voir l’état de sa culotte ? » En disant ces mots, Alain souleva ma robe.

– Elle a oublié de la remettre, l’étourdie ! Dis-moi, bandante princesse, pour quelqu’un qui n’aime que le rock…

Les mains de Jimmy me caressaient, comme si elles cherchaient à deviner dans quelles positions nous venions de faire l’amour. Je pris une profonde inspiration avant de pouvoir répondre à Alain « Je ne peux pas résister à l’intro… »

Monique sonna l’heure du départ. Encore étourdie, troublée par cette matinée, je me trompai d’auto et m’assis à l’arrière de celle de Monique. Jean-Luc monta à mes côtés et chantonna les premières notes de « Let’s get it on » tout en regardant, innocemment, par la vitre de sa portière.

Odette au spectacle avant la représentation

Les saynètes de Madame – « Tel est pris qui croyait prendre ! »

– Vite ! Vite ! Accourez, mon ami ! Et venez juger par vous-même !

– Que se passe-t-il, très chère ? Qu’avez-vous de si important à me montrer que vous me dérangez en plein labeur ?

Le rideau s’ouvre, laissant apparaître la chambre conjugale d’un intérieur bourgeois.

– Constatez ! Constatez que je ne vous ai point menti ! Le voici, le gredin ! Le voici, mon tourmenteur ! Ah, ah, monsieur le Méchant, vous voilà bien attrapé !

– Qu’est-ce ceci ? Allez-vous m’expliquer ?

– Vous m’avez, à maintes reprises, soupçonnée… que dis-je « soupçonnée »… accusée d’être une épouse infidèle, tenant pour preuve mon… intimité souillée, selon vous, de la semence de mon amant. Or, je vous ai toujours affirmé vous être restée fidèle, je vous ai toujours clamé mon innocence. Seulement, vous ne m’avez pas crue. Votre regard et vos remarques acerbes me souillaient aussi certainement que si je m’étais vautrée dans la fange, mais vous… Si j’avais eu un amant, je m’en serais souvenu ! Étais-je donc folle à lier ? J’avais beau chercher dans mes souvenirs, je ne me rappelais de rien, si ce n’étaient quelques rêves… dont je préfère ne pas parler…

Après le dîner, puisque comme tous les soirs vous deviez vous pencher sur quelque dossier de la plus haute importance, je décidai de mettre en pratique le plan que j’avais échafaudé le matin même. Comme tous les soirs, j’allai dans notre chambre, me mis au lit, lus un chapitre d’un roman d’amour, éteignis la lumière, mais à la différence des autres soirs, je ne bus pas ma tisane relaxante et la laissai sur ma table de chevet.

Me pensant endormie, ce gredin, entra subrepticement par la fenêtre, que vous tenez à garder ouverte, hiver comme été, malgré ma tendance aux refroidissements, se glissa dans le lit et tandis qu’il ôtait ses… haillons, remarqua la tasse posée sur ma table de chevet « Alors, t’as pas bu ton digestif, la bourgeoise ? » et la but d’un trait, avant de s’allonger à mes côtés.

Je faisais semblant de dormir et lui me faisait exactement ce que me fait habituellement Alain Delon dans mes rêves… je vous passe les détails… Pendant ce temps, la tisane faisait son effet et il s’est endormi pendant qu’il « me faisait mon affaire », pour reprendre sa grossière formulation.

– La tisane agirait-elle si rapidement ? Au bout de combien de temps s’est-il endormi ? Pendant combien de temps avez-vous dû subir ses… assauts ?

– Je ne saurais vous dire précisément… un peu plus d’une heure… moins de deux, je suis formelle ! Moins de deux… Quand il fut endormi, je vous empruntai quelques cravates, me servis également de mes bas et le ligotai.

Ah, ah, vous voilà bien attrapé, Monsieur le gredin ! Et veuillez cesser, je vous prie de vous tortiller comme un ver à soie !

Quant à vous, Monsieur mon mari, reconnaissez votre erreur et admettez ma parfaite bonne foi !

– Si fait, Madame, si fait ! Afin que je puisse prendre la pleine mesure de ma faute, dans ce méjugement, auriez-vous l’obligeance de me montrer ce qu’Alain Delon vous faisait dans vos rêves ? (Regardant le gredin d’un air blasé) Alain Delon… !

– Puisque vous y tenez, et afin que vous ne puissiez plus remettre en cause ma bonne foi, je veux bien consentir à vous accorder cette démonstration. À cette fin, veuillez, je vous prie m’aider à installer le gredin sur ce fauteuil et prendre sa place.

Le mari et son épouse, entreprennent de déplacer le corps ligoté du gredin.

– C’est qu’il est lourd, le bougre ! Aidez-nous, monsieur le tourmenteur, au lieu de vous agiter sottement ! Laissez-vous transporter, aidez-nous plutôt que de lutter ! Et il ne sert à rien de grogner ainsi, derrière votre bâillon, vos propos demeurent inintelligibles ! Allons-nous devoir vous assommer ? Non ? Voilà qui est raisonnable…

Le gredin installé dans le fauteuil, l’épouse reprend son récit.

– Voilà qui est plus conforme à la situation. Veuillez, mon ami, avoir l’obligeance de vous dévêtir et de porter à vos narines ma culotte que j’avais posée, proprement pliée et que ce malotru a reniflée, froissée avant de la jeter à terre, comme un vieux chiffon usagé. Voilà qui est mieux… Devrais-je éteindre la lumière ou souhaitez-vous que je la laisse ?

– N’éteignez point, ainsi je pourrais mieux me rendre compte.

– Vous avez raison, mon ami ! Et quant à vous, monsieur le gredin, vous pourrez ainsi prendre la mesure des tourments que vous me faites subir plusieurs fois par semaine !

Plusieurs fois par semaine, dites-vous ?

– Hélas, mon ami… hélas… ! Je suis donc allongée sur le dos, les mains reposant pieusement sur la couverture. Ce gredin s’allonge à mes côtés. Oui. C’est ainsi qu’il fait. Par une pression sur mon épaule, m’oblige à me mettre sur le flanc… comme ça… oui !

– Groumpf ! Groumpf !

– Mais cessez donc de vous agiter, Monsieur, j’entends à peine les indications de mon épouse ! Cessez donc ces grognements, ces soubresauts ! Ah ! Vous voyez où ça vous a mené ? Vous avez chu et je vais devoir vous réinstaller sur le fauteuil !

Le mari se lève et tente de remettre le gredin sur le fauteuil.

– Mais aidez-moi au lieu de résister ! Qu’avez-vous donc de si important à me dire ?

Le mari desserre le bâillon.

– Avant de la mettre sur le côté, comme il fait nuit noire, je dois m’assurer que c’est bien elle…

– Oh ! C’est trop fort ! Après m’avoir injustement accusée, voici que vous le laissez aller à ses divagations ! Quel affront !

– Laissons-le s’expliquer, mais je vous assure que votre version aura ma préférence, si je devais faire un choix. Alors, ainsi vous vous assurez qu’il s’agit bien de mon épouse ? Ensuite… ?

Le mari reprend sa place sur le lit et, comme à tâtons, caresse le visage, les épaules, les seins de son épouse.

– Non ! Non ! Si vous voyiez mes mains, vous constateriez qu’elles sont bien trop caleuses pour me servir d’yeux dans le noir !

– Et de quelle façon procédez-vous à l’identification ? Avec votre bouche ?

– Que nenni ! Je me sers de mon membre que je passe comme ça sur ses joues.. oui… ainsi… Descendez jusqu’au menton, oui… Remontez le long de l’autre joue… plus près de l’oreille… Boudiou ! Je me tords le cou et j’y vois goutte ! Oui… Tournez-vous ainsi… de toute façon, d’un côté comme de l’autre, c’est toujours le même lit ! Remontez encore… jusqu’au front… caressez-le sur toute sa surface… oui… avec le gland… Boudiou ! Je bande comme un âne à vous regarder faire et ce bas me cisaille les joyeuses !

– Hors de question que nous vous détachions, monsieur le gredin ! J’ai eu trop de mal à vous capturer !

– Reprenons ! Je fais ainsi… comme un peintre applique ses couleurs…

– Maintenant, descendez le long du nez, faites le tour de sa bouche, titillez-la avec votre… Monsieur, avec tout le respect que je vous dois, vous vous y prenez mal ! Parce qu’elle aurait déjà dû avoir entrouvert ses lèvres et permis à votre gland de goûter à la douceur de sa bouche… gourmande.

– Monsieur ! Je vous en prie, vous vous égarez ! Que dites-vous là ? Ce n’est qu’un gredin, mon ami, n’écoutez point ce tissu de mensonges !

– Avec moi, elle parle pas…

– Reprenons là où nous en étions. Fermez les yeux, ma mie, et faites semblant de dormir…

– Vouaï, comme avec moi… Agacez-lui le bord de la lèvre… à la commissure… Non ! Juste au-dessus… titillez-la comme l’abeille qui se pose sur le pistil… elle ne sait où butiner… où que ce sera le meilleur… aaahhh… voilà… ! Laissez-vous faire, maintenant… Vous sentez comme elle vous tète avec…

– Oh oui !

– C’est donc la bonne personne ! Maintenant, que vous en êtes sûr et même s’il vous en coûte, sortez de sa bouche… en prenant tout votre temps… et faites-la pivoter sur le cô… tout doux ! N’allez pas nous la réveiller ! Et allongez-vous derrière elle… Je veux pas me moquer, mais avé moi, elle se colle direct à mon corps…

– Ne croyez pas ses allégations, mon ami ! Cet homme ment ! Si je me collais à son corps, je m’en souviendrais !

– Quand elle est tout contre moi, je glisse doucement mes mains sous sa chemise de nuit… plus furtif que ça ! Imaginez un renard se faufilant dans un poulailler… Oui ! D’une main, remontez jusqu’aux belles mamelles… mais ! Vous voulez la traire ou quoi ?! Boudiou ! Une telle poitrine mérite un peu d’attention, de respect ! Caressez-la doucement… prenez son sein dans votre main… aussi délicatement que si vous trouviez un joli petit nid tombé de l’arbre et que vous vouliez le remettre en place… doucement… dou-ce.-ment… L’autre main, je la plaque sur son ventre… ainsi, je peux la serrer tout contre moi… N’oubliez pas les caresses légères… glissez la main entre ses seins… le tranchant de la main… Fermez les yeux, imaginez… C’est votre membre qui coulisse entre ses mamelles… Imaginez la douceur… Boudiou ! Au moins, desserrez-moi ce putain de bas !

– N’en faites rien, mon ami, poursuivez… l’exercice…

– Et que faites-vous, ensuite, monsieur le… ligoté ?

– J’appuie plus fermement sur son ventre tout en poursuivant les va-et-vient de ma main entre ses seins… vous voyez, rien de bien offensant… Mon sexe se frotte contre la raie de ses fesses, au même rythme…

– Mais pas du tout ! Il glisse son membre entre mes cuisses et fait descendre sa main de mon ventre à… là… Voilà comment et où il met son gland et comment il appuie… là… sur mon « bouton »… s’agitant comme on fornique… C’est ainsi qu’il fait ! J’en suis certaine !

– Mais ça, c’est que pour le dimanche !

– Menteur ! Je me souviens de certains… rêves identiques, lundi, jeudi, vendredi !

– Mais… mais c’étaient les lundis de Pâques et de la Pentecôte, le jeudi de l’Ascension, et le Vendredi Saint ! Quand je dis « dimanche », je veux dire « jours du Seigneur » !

– Alors, dites-le ainsi ! Soyez précis, monsieur le gredin ! Puisque vous racontez, veillez à l’être !

– Pouvez-vous soulever la couverture, que je puisse vérifier si vous faites tout comme moi ?

Le mari s’exécute. Le gredin étire le cou… le mari desserre son étreinte afin que le gredin vérifie la position du corps de l’épouse assoupie.

– Remontez davantage la chemise de nuit… Boudiou ! Son cul est encore plus beau que je l’imaginais !

Et vous le laissez se rincer l’oeil ?! Je ne vous félicite pas, mon ami !

Le mari reprend sa place, dans le dos de sa femme. Il glisse son sexe entre les fesses de son épouse, suivant les indications du gredin. Il se frotte langoureusement, comme il le ferait entre les seins de sa femme.

– Mon ami, continuez vos caresses sur mon… sur ma féminité

– Soyez plus finaud ! Gardez vos forces ! Le but de ces caresses c’est de l’amener à bouger, à onduler dans son… sommeil. Oui ! Faites-la danser ! Regardez comme elle aime ça, la bourgeoise ! Elle est mouillée du minou ou pas encore ? Me regardez pas avec des yeux de merlan frit ! Pour le savoir, mettez-y les doigts ! Ah… voilà qui est mieux !

En effet, l’épouse roucoule de plaisir et ondule lascivement de la croupe.

– Elle est mouillée comment ? Un peu ? Beaucoup ? Vous savez pas ? Plus ou moinssse que d’habitude ? Plutôt plus ? Ah ! Tant mieux pour vous, alors ! Vous y mettez combien de doigts ? Que un ?! Mais vous la soumettez à la torture si vous y en mettez que un !

Ah ! C’est bien ce que je me disais, mais je n’osais vous en faire la remarque, mon ami !

– Voilà qui est mieux ! Écoutez-la roucouler, sentez comme elle bout de plaisir, sentez comme son coeur s’emballe.

De fait, l’épouse ne peut cacher la vague de plaisir qui s’empare d’elle.

– C’est bien ainsi qu’il procède, se comporte avec vous, madame ?

– Dans… mes rêves… il lui arrive de me… de me… pénétrer et de me faire… onduler… danser autour de son membre… sans cesser ses caresses…

– Ainsi ? C’est ainsi qu’il vous… fait danser ?

– Perdriez-vous la tête, mon ami ?! Ainsi, ce serait pécher ! Nous ne sommes ni dimanche, ni un jour férié !

Pendant que le mari sodomise son épouse, l’excitation du gredin est à son comble. Ses grognements rageurs, ses plaintes et ses suppliques sont couverts par les cris de plaisir du couple légitime.

Le rideau se ferme. Puis s’ouvre. Le mari, l’épouse et le gredin saluent sous les applaudissements du public. Le rideau se referme. On entend des bruits divers sur la scène. Des pas qui s’éloignent. La lumière s’éteint.

– Bon. Vous attendez quoi pour me détacher ? Non ! Revenez ! C’est pas drôle ! Vous pouvez pas me laisser comme ça, tout ficelé comme un rôti !

– N’y comptez pas, car telle est la sanction que mon époux et moi-même nous plaisons à infliger à tous les gredins de votre espèce !

Odette&Jimmy – « All them good times, baby, baby, I’ve been yearnin' »

Comment évoquer la découverte du plaisir des étreintes torrides, sans partager ce morceau qui l’illustre à la perfection ? Y aurait-il d’autres esprits aussi tordus que le mien pour avoir entendu pendant 40 ans « Wet down inside » ? J’ai halluciné en lisant les vraies paroles la semaine dernière !

Monique prit le volant aux côtés de Jean-Luc, je montai à l’arrière, entre Jimmy et Christian.

– On va te montrer la fameuse crique, mais nous n’y allons plus depuis presque quarante ans. Trop de touristes veulent profiter de cet écrin encore un peu sauvage et ce genre de touristes aiment à y venir avec leurs bambins, bambins avec lesquels ils ont envie de partir à la découverte de ce petit sentier qui grimpe le long des rochers… La crainte de nous faire surprendre par eux a très vite calmé nos velléités de partouzer ici !

– Parce que certains sont d’éminentes personnalités locales, respectables et respectées, un maire et son épouse, la directrice de l’école, le directeur d’une autre…

– Le capitaine des pompiers bénévoles…

Ex-capitaine !

– Oui, mais n’empêche… j’en connais plusieurs qui auraient préféré mourir plutôt que tu leur fasses le bouche-à-bouche, s’ils avaient su où tu aimes mettre la tienne… où tu la mets !

– Tu ne t’en plaignais pas…

– Je ne m’en plains toujours pas, mais je pense à…

– C’est marrant, j’aurais cru que le fantasme du pompier…

– Ah ah, Dédette ! Vas-y Christian, parle-lui de ce fantasme !

– En théorie, il existe. Dans la réalité, aussi. Je dois vivre à la frontière des deux, ni en théorie, ni dans la réalité ! Les femmes que j’ai eu à secourir étaient ou bien des mamies qui avaient glissé, étaient tombées à terre et ne parvenaient plus à se relever. Elles me gratifiaient alors d’un bisou sur la joue, en me remerciant et en me rappelant que mon papé était aussi bien serviable. Chez certaines, une petite lueur dans les yeux me permettait d’imaginer le genre de service qu’avait pu leur rendre le Toine, mais je ne leur ai jamais demandé. Sinon, de la viande saoule, des accidentées de la route ou de jeunes gamines blessées dans les rochers… des mômes de quatorze quinze ans pour qui j’étais un vieux croulant de plus de trente !

– Merde, alors ! Pas d’bol !

Pas d’bol ?! Tu déconnes ou quoi ?! J’ai pu faire ma vie avec les femmes que j’aime et qui s’aiment, j’ai pu la vivre entouré de mes amis les plus chers ! Pas d’bol ?! On est passé au travers des années SIDA sans qu’aucun d’entre nous ne soit contaminé et tu me dis que j’ai pas de bol ?!

Qu’aurais-je pu répondre à une telle tirade ?

Je reconnus immédiatement la crique, pas tant grâce aux descriptions qu’en faisait Monique, mais à cause d’une photo que m’avait montrée Mireille quelques heures auparavant. Une photo les représentant, entourant Rosalie, Nathalie, Valentino, Barjaco et Neuneuille peu avant le décès de ce dernier.

Il était trop tôt dans la matinée pour les promenades familiales des touristes et en ce printemps, le temps trop incertain pour les pique-niqueurs. Monique me désignait l’endroit exact de sa rencontre avec Marcel et Alain, quand retentit derrière nous l’éclat de rire de ce dernier « J’aurais dû le parier ! ». Il était en route vers le mas, quand il avait eu cette « prémonition ».

Alain me proposa de me montrer où et comment il vit Monique pour la première fois. Il s’installa à l’abri d’un buisson bien chétif et s’en plaignit sans grande conviction, m’invita à l’y rejoindre. Monique souriait, ravie de l’aubaine. Christian demanda à Jean-Luc de prendre sa place « à titre exceptionnel ». Jimmy se joignit à eux. Entourée de deux de ses meilleurs amis, je le regardais s’éloigner en contrebas.

Je n’aurais jamais pu imaginer que voir Jimmy avec une autre femme amplifierait à ce point mon désir et mon amour pour lui. Je sentais mon cœur battre à tout rompre dans mes oreilles, m’assourdissant à moitié. Je me tordais le cou à vouloir trouver le meilleur angle. Mes seins étaient lourds, mon sexe me brûlait, mes cuisses et mes fesses attendaient leurs caresses et je manquais singulièrement de mains pour les combler.

Christian et Alain l’avaient compris et s’étaient portés à mon secours. Je les avais repoussés « Non ! Après ! Attends ! » et j’avais davantage étiré mon cou.

– Ô, pute vierge ! Christian nous a trouvé son alter-égo ! Vé ! Elle est comme toi ! Mater lui suffit !

Christian me prit le menton pour m’obliger à le regarder dans les yeux. Il y cherchait une certaine lueur, qu’il trouva. Un large sourire illumina son visage buriné. Un petit nuage de prière inavouable traversa son regard. Je lui rendis son sourire et accédai à son vœu muet en ouvrant mon chemisier et le laissant admirer, il n’y a pas d’autre terme, ma poitrine dénudée.

Il me proposa de regarder à nouveau batifoler Jimmy, Monique et Jean-Luc en contrebas. Il se tint dans mon dos, malgré ma plainte « Je ne pourrais pas regarder ta queue, si l’envie m’en prenait ».

– Si tu regardes sur ta droite, celle d’Alain pourra te consoler

Je sentais son sexe durcir contre mes reins. Ses mains caressaient mes seins. Ses lèvres titillaient le lobe de mon oreille. Christian murmurait comme un mantra « Regarde ! Regarde comme ils sont beaux ! Regarde ! Regarde comme ils sont beaux ! ».

Je ne savais plus où donner du regard. À ma droite, le sexe d’Alain me fascinait, me faisait bouillir de désir. Au loin, plus bas, Jimmy prenait Monique adossée à un rocher, quand il me vit, il me fit un signe de la main auquel je répondis. Jean-Luc, pour changer, offrait à sa queue les plaisirs de la bouche de Monique. Mais j’avais beaucoup de mal à détacher mon regard de Jimmy, de son corps, je cherchais à apercevoir son sexe aller et venir, j’attendais qu’un rayon de soleil fasse étinceler sa peau brillante de plaisir.

Je me cambrai davantage pour répondre aux frottements de Christian, qui avait changé de mantra « Oh, tes seins, tes seins, tes seins ! ». Sans détacher mon regard de Jimmy, qui était sorti de Monique et permutait de place avec Jean-Luc, je suppliai Christian.

– Oh, tes mains, tes mains, tes mains ! Tu voudrais bien faire l’amour à mes seins avec tes mains ? Je suis sûre qu’elles pourraient me faire jouir.

Christian, dans mon dos, grogna de plaisir et entreprit d’exaucer mon vœu.

Quand je vis Jimmy, au comble du bonheur, fermer les yeux, porter ses mains à ses cheveux, je pris une main de Christian et une d’Alain, les guidai sur mon sexe, par-dessus le tissu de ma jupe. De son autre main, Christian caressait mes seins comme s’il suivait un parcours rituel. Je sentais les mouvements d’Alain se branlant, rien qu’aux tressautements de la main qui me caressait.

Je criai bien plus fort que je ne l’aurais cru, bien plus fort que je ne l’aurais dû. Jean-Luc, Monique et Jimmy se figèrent, me regardèrent surpris.

Je murmurai « Encore, encore ! », mais l’épaisseur du tissu qui m’avait été si agréable s’était transformée en barrière qui m’interdisait d’éprouver tout le plaisir dont j’avais envie. Un regard sur ma droite. Des sourires. Un « Christian, n’arrête pas ! » Les mains d’Alain sous ma jupe, à la recherche d’une culotte à ôter. Culotte aussitôt tendue à Christian bandant plus fort. Alain sous ma jupe. Mes lèvres écartées par ses doigts. Sa bouche. Sa langue. Les mains fébriles de Christian. « Relève ta jupe, que je puisse le voir te sucer ! ».

Le tissu froissé de ma jupe dans mes mains. Le visage de Christian penché vers celui de son ami. Mes seins jouissant des mains de Christian. Mes yeux fermés. La certitude d’être observée. Le désir de voir leur regard.

Mes yeux dans ceux de Jimmy. Une évidence. Nos regards vers Monique. Bel échange de sourires. Jimmy debout face à moi. Monique agenouillée devant lui. Moi debout, Alain à genoux devant moi. La langue d’Alain. Mes yeux dans ceux de Jimmy. La bouche gourmande de Monique. Le sexe à demi flapi de Jimmy.Ses yeux dans les miens. Les mains de Christian sur mes seins.Les yeux de Jimmy sur les mains de Christian. La langue de Jimmy affûtant ses dents. La langue d’Alain. Le sexe dur de Christian dans mon dos. Le sexe à nouveau dur de Jimmy. La langue de Monique. Les mains de Christian. Le souffle court de Jean-Luc. La main de Jimmy prenant la mienne. Les mains de Christian. La langue d’Alain. La bouche de Monique. Les yeux de Jimmy dans les miens. Notre premier orgasme simultané dans son pays. Les souvenirs me reviennent par flashs, comme un diaporama.

Alain nous proposa d’aller dans la maison de la rue Basse, la leur étant encore occupée par les gamins, qui devaient se préparer avant d’aller au mas pour d’ultimes répétitions. En chemin, Alain me désigna une petite maison en contrebas « C’était là que vivait Valentino ». Je demandai ce qu’il en était advenu à sa mort. Jimmy serra sa main sur ma cuisse. Nous étions à l’arrière de la voiture d’Alain, Monique, Christian et Jean-Luc ayant pris l’autre auto.

– Le p’tit puceau l’avait acheté en viager

– « Le p’tit puceau » ?! Le Balafré ? C’est comme ça que… ô, pute borgne ! Faut mettre ça à l’ordre du jour ! Le p’tit puceau… elle est bien bonne, celle-là !

– Non ! Je t’en prie, Alain… si tu savais comme j’ai honte d’avoir cru si longtemps qu’il… Demande-moi ce que tu veux, mais… par pitié…

Les pneus ont crissé, la voiture a un peu dérapé quand Alain a freiné sur le gravier. L’autre auto s’est arrêtée.

Alain m’entraînait sur le sentier qui mène à la maisonnette quand j’entendis Jimmy dire à ses amis, d’un ton faussement las « Elle a dit à Alain qu’il pouvait lui demander ce qu’il voulait… ». Je ne sais pas qu’elle fut leur réponse, ni même s’il y en eut une.

Dans la maison de Valentino