Odette – « And givin’ yourself to me could never be wrong »

Dites-moi franchement, même vous, les fans de rock, les purs et durs, pourriez-vous résister ?

Je savais qu’aucun des amis de Jimmy ne fermait sa porte à clé, néanmoins, je fus étonnée de voir Alain pénétrer chez Jean-Luc comme s’il était chez lui. Devinant ma surprise, il m’expliqua « Il m’est arrivé de vivre ici, lors de certaines… configurations conjugales… ». Semblant se souvenir soudain de la raison pour laquelle nous nous trouvions ici, il me prit la main et me convia à le suivre dans la véranda, à l’arrière de la maison.

– Celle dont tu as tracé les plans ?

– Té ! Comment le sais-tu ?

– Jimmy m’a dit que tu avais tracé les plans de certaines parties de son mas et de la véranda de Jean-Luc, mais il ne m’avait pas dit que c’était la maison de Valentino…

– Tu sais ce qui me ferait plaisir ? Te voir nue, en plein soleil, la peau luisante de monoï…

Je me sentis rougir, son sourire s’élargit.

– Tu serais d’accord ?

Je pensai « le regard lubrique est donc une spécialité provençale… »

– Tu as du monoï ?

Pendant que je me déshabillais, j’entendais Alain bougonner en cherchant fébrilement dans les tiroirs qu’il ouvrait et refermait, dans les placards dont il faisait claquer les portes. Un cri de victoire. « On va faire ça à l’ancienne, avec les produits locaux ! », puis semblant se souvenir d’un détail me concernant,

– Vous faites comment, vous autres, là-haut ? Avé… du beurre ?

– De toute façon, y a pas assez de soleil pour qu’on ait l’idée de faire briller notre peau sous ses rayons ! Alors, on fait pas. Le problème est résolu avant d’être posé !

Mort de rire, Alain me tendit la bouteille d’huile d’olive.

– Quitte à choisir, je préférerais sentir tes mains sur ma peau…

Il versa d’abord délicatement un filet d’huile sur mon épaule. Filet qu’il guida délicieusement vers mes seins… « Oh, mon salaud ! Oh, mon salaud ! ». Ces mots résonnaient comme le plus beau des compliments. « Oh, mon salaud ! »

Alain versa davantage d’huile, ses mains se firent plus volontaires, plus affirmées. Mon corps se détendait sous ses caresses, comme si ma peau avait voulu se déployer pour mieux profiter de leur douceur, des plaisirs que les attouchements d’Alain lui procuraient. « Oh, mon salaud ! Oh, mon salaud ! »

Tout en me caressant, tournant autour de moi, reculant d’un pas pour avoir un meilleur point de vue, se rapprochant, me manipulant comme une statuette, Alain oignait mon corps d’huile « Oh, mon salaud ! Oh, mon salaud ! ». Je ne comprenais pas de quel salaud il parlait.

– Tu n’as pas vu la pin-up affichée dans la chambre, face au lit ?

– Euh… je n’ai pas vu sa chambre en pleine lumière…

Votre chambre !

– Qu’a-t-elle de si particulier, cette pin-up ?

– Elle te représente… c’est moi qui l’ai dessinée d’après les indications précises de Jimmy, mais il ne m’avait pas tout dit, le salaud ! Tes seins, par exemple, il ne m’avait pas dit qu’au creux de la main… Fatché ! Ton coeur s’emballe ! Et ton ventre… et tes cuisses… Tu veux bien t’offrir un peu à ma vue avant de t’offrir au reste de ma personne ?

– Tu es super beau quand tu me regardes comme ça… avec gourmandise… Tu veux bien te déshabiller à ton tour que je puisse aussi me régaler ?

– Dans ce cas, il te faudra m’enduire d’huile… ça te convient ?

– Je n’attendais que ça !

La paume de ma main pleine d’huile commençait à en enduire le sexe énorme, agréablement durci d’Alain. Je fermai les yeux pour ne jamais oublier cette sensation. Ces picotements étaient-ils ceux qui agaçaient ma paume ou ceux qui parcouraient la verge d’Alain ?

– Il s’était bien gardé de me dire ça aussi, le salaud ! Tu branles…

– Tu peux me le redire ? J’aime votre façon de prononcer « bandante », « branler »… votre accent en devient non seulement chantant, mais terriblement érotique aussi…

– Alors, branle, branle, bandante Princesse !

– Oh ! Tu rends même le mot « Princesse » excitant !

– Excitant, bandante Princesse ?

Ses doigts se faufilèrent entre mes cuisses, Alain voulait vérifier à quel point ses mots m’excitaient.

– Pourquoi tu souris comme ça ? Pourquoi tu me palpes comme ça ?

– Rien… des bêtises… l’émotion… l’honneur que tu me fais…

– À ce point ? L’honneur ?

– En dehors de Jimmy, avec lesquels d’entre nous as-tu couché ?

– Euh… Christian, Jean-Luc… couché-couché tu veux dire, on est bien d’accord ?

– Oui, oui ! Avec Christian, c’était devant témoins…

– Ah ! Et Jean-Luc aussi !

– Et avec moi, ce sera…

– Entre quat’z’yeux !

Émue comme une jeune fille, je l’embrassai en le remerciant de voir les choses ainsi.

– Té… t’es une princesse ou tu n’es pas une princesse, Princesse ? Et puis, Jimmy…

– Jimmy ? Quoi « Jimmy » ?

– Après vos retrouvailles, quand il est revenu de Vancouver, il m’a demandé de lui dessiner sa pin-up. Il n’a pas voulu me montrer des photos de toi. Ça nous a pris presque deux ans.

J’ouvrais des yeux comme des soucoupes ! De quoi était-il en train de me parler ? Je suivis Alain dans une chambre, m’assis sur le bord du lit pendant qu’il précisait son propos.

– Pour tout modèle, je n’ai eu droit qu’à la photo de vous deux sur un bateau mouche « Mais je la veux réaliste, ma pin-up ! Celle qui me fait bander n’a plus dix-sept ans, c’est la femme de soixante ! » J’ai vieilli ton visage… et pour ton corps… oh, le salaud ! J’étais loin du compte ! Il m’avait juste parlé d’une belle femme, gaulée comme une déesse, mais tu es… tellement plus !

Il me regardait et je devenais plus que belle. Ses mains caressaient mon corps comme si elles craignaient de le profaner.

– Regarde-moi ces jambes… ces cuisses… Tu aimes quand je te caresse comme ça ? Oh ! J’aurais jamais cru que tu rougissais…

– Parce que je suis noire ?

– Mais non ! Ce qui est troublant, c’est que tu rougis presque autant que Mireille… Et ta peau… ta peau est si agréable à caresser… Je veux profiter de ce moment aussi longtemps que possible. Et tes grands yeux noirs… et ta bouche sublime qui appelle les baisers… et qui embrasse si bien… Quand tu souris comme ça, je la volerais de baisers ! Oh, le salaud ! Pourquoi t’a-t-il privée de tout… de nous, de tout ce qui nous unit pendant tout ce temps ?

– Peut-être parce que je n’y étais pas prête avant, qui peut savoir ?

– Et ta voix… ta voix ! Tu n’as jamais songé à chanter ?

– Chanter quoi ? Le blues ? Le R’n’B ? Tu sais bien que c’est pas la musique que j’aime !

– Et c’est quoi, la musique que tu aimes ?

– Le rock. Au début, c’était pour moi… c’est idiot, je sais bien… c’était une façon de me démarquer… dans les seventies, une noire qui n’écoutait pas de funk, de rythm’and blues, c’était atypique… Je me démarquais, je sortais du lot… ma boule afro dépassait des rangs… Tu vois ?

Les mains d’Alain se sont crispées juste au-dessus de mes genoux et de surprise ont écarté mes jambes plus brusquement qu’il ne l’aurait souhaité.

– Rapidement, j’ai constaté que cette musique me correspondait, qu’elle parlait à mes tripes… Mais si tu m’entendais parler anglais… ! Euh… tu peux cligner des yeux et refermer ta bouche ? Là, c’est limite flippant ! Je sais bien que tu aimes le rock, que tu as une discothèque incroyable. Je pensais que Julien te l’avait dit. Quand il venait passer ses vacances avec nous, il ne parlait que de toi et était fier de m’en remontrer sur le sujet… Hier, quand tu as mis Jam Ram, j’ai cru que c’est parce que tu savais…

– Mais… ce n’est pas possible… tu n’es pas réelle ! Rassure-moi, tu as au moins un tout petit défaut ?!

– Je suis une parisienne à moitié normande…

– Aïe ! Ça c’est plus qu’un petit défaut !

Ses yeux débordaient d’une tendresse infinie et amusée.

– Tu voudrais bien me laisser observer ton minou ? L’offrir à ma vue autant que je le souhaite ?

– Jimmy aurait-il aussi omis de te parler de ma petite particularité ? M’imaginer que quelqu’un observe, scrute ma chatte suffit à m’exciter, alors quand on la scrute pour de vrai… le souffle d’un grain de poussière pourrait me faire jouir !

– Ah, le salaud ! Ça aussi, il s’est bien gardé de me le dire !

– Mais que t’a-t-il dit, alors ?

– Qu’il aime titiller, du bout de la langue, ce petit cercle de chair de poule qui orne ton mamelon quand tu es très excitée, qu’il aimerait le faire plus longtemps… Pour y parvenir, il devrait se figer en toi, mais tes ondulations prennent alors le relai… alors… il jouit en oubliant de te mordre…

– Et tu voudrais savoir s’il n’a pas un peu exagéré ?

– Laisse-moi te regarder encore un peu…

– Non ! Si tu continues à me regarder comme tu le fais, je vais jouir et je préférerais que ce soit par ta queue plutôt que par tes yeux, pour ce premier orgasme… en tête à tête… dans le lit du p’tit puceau !

Alain a ricané. A écarté mes cuisses. Soulevé mon bassin. Y a glissé un gros coussin dessous. Je ne le quittais pas des yeux. Lui non plus. Son regard a glissé. J’ai senti sa main attraper sa queue, que je ne voyais pas. Son autre main a écarté mes lèvres. Son gland a caressé ma vulve et m’a pénétrée en prenant tout son temps.

L’orgasme qui couvait a explosé si vite que je n’ai pas senti ce renflement que j’aime tant quand les hommes me font l’amour ou me baisent. Il n’y en a pas eu tant que ça, Alain est le cinquième mais le premier dont je n’ai pas senti le bourrelet.

Je m’excusai d’avoir joui trop tôt. Excuses acceptées. Je lui demandai de sortir de moi et lui en expliquai la raison. Il consentit.

– Tu peux me la montrer ? Je voudrais voir à quoi elle ressemble quand j’ai joui dessus.

– Elle te plaît ?

– Oh ! Elle est magnifique ! Regarde comme elle brille ! Regarde-moi tous ces reliefs ! Oh ! Qu’elle est belle !

Je n’avais pu m’empêcher de tendre la main vers cette magnifique queue et du bout de l’index, caressai veine et veinules, tellement fascinée que j’en oubliai presque la présence d’Alain !

– Et tu voudrais savoir le goût qu’elle a quand elle t’a fait jouir ?

Anticipant ma réponse, il offrit sa queue à ma bouche comme on offre un sucre d’orge. Je la suçai comme telle, avec délectation. Les yeux fermés. Il sortit de ma bouche. J’ouvris les yeux. Nos regards se comprirent. Je refermai les yeux. Entrouvris mes lèvres. Il plaça son délicatement gland dessus avant de pénétrer ma bouche et de la baiser ardemment.

Je perdais pied, noyée dans ce flot de salive, submergée par ce plaisir incroyable que je prenais à ses va-et-vient vigoureux sans être brutaux. Il sortit soudain de ma bouche.

– Je voudrais te prendre comme…

– Comme tu m’as dessinée ? C’est ça ? Dans quelle position je suis sur ton dessin ?

– Ben… justement… Jimmy a voulu un diptyque… Agenouillée comme les pin-up, de face tes doigts délicats cachant à peine tes mamelons… encore plus excitants, bandants en vrai… De dos tu offres ta croupe à l’admiration des foules, bien cambrée comme il faut, on aperçoit un de tes seins et tu nous regardes avec un sourire coquin…

– Le choix est… cornélien… Si tu veux lécher mes mamelons, c’est de face… Si comme Jimmy, et ça m’a tout l’air d’être le cas, ma croupe t’inspire…

– Mais toi… quelle position ? Oh ! L’éclair coquin dans ton regard ! Pas la peine de baisser les yeux, je l’ai remarqué !

– Depuis que je revois Jimmy, je fais quelques exercices de gymnastique chaque jour. Oh ! Pas des trucs de dingue, juste des étirements, des assouplissements, de l’éveil musculaire et de la marche, beaucoup de marche. Quand ma voiture a rendu l’âme, je ne l’ai pas remplacée. Ça me permet d’encaisser… mes escapades avec Jimmy, mais surtout d’aimer à nouveau mon corps. Non pas pour ce qu’il a été, mais pour ce qu’il est devenu. Comme je suis ma propre coach, j’ai mes lubies, les périodes « piscine » peuvent alterner avec de longues périodes « yoga »… tu vois ? Depuis janvier, c’est ma période ischio-jambiers… alors… si je devais choisir…

J’ai senti mon propre sourire, j’ai senti l’éclat lubrique de mon regard quand j’ai laissé ma phrase en suspens. Je m’étonnai de l’absence de miroir dans la chambre. Alain sourit, retourna les tableaux. Trois d’entre eux révélèrent des miroirs, le quatrième, un écran vidéo. Alain revint vers moi, une petite caméra à la main « Si tu veux voir les détails ». Regard lubrique. Selon les indications, il s’allongea au milieu du lit, à plat dos. Je l’enjambai, m’accroupis au-dessus de lui.

– T’inquiète, si je sens que mes muscles faiblissent, on fera dans le moins gymnique !

– Je te fais confiance, Princesse… bandante !

Je m’accroupis davantage. Alain tenait son membre dressé. Je pensai « Une chance que sa queue soit si longue ! ». Il lut dans mes pensées. Je souris. Alain leva les yeux au ciel, faussement consterné.

Il m’offrit de prendre son sexe dans ma main et de guider la pénétration. Je vibrai de plaisir en le sentant si dur entre mes doigts. Ma langue agaçait mes lèvres. Il fallut qu’Alain me le fasse remarquer pour que j’en prenne conscience. Son regard a invité le mien à glisser sur ma droite. Nos sourires. La caméra allumée. L’hypocrisie de mon argument. « C’est à visée scientifique ». Nos sourires. En regardant les images animées sur l’écran, je m’étonnai intérieurement « Ouah, je pensais pas mouiller autant ! »

– Jimmy m’avait également dit que dans ta chatte, c’est comme au Paradis, mais en mieux !

– Et ? Pas trop déçu ?

– Pourquoi le serais-je ? Oh ! Au plus tu regardes l’écran, au plus tu mouilles, t’as vu ?

– Au plus ta queue est excitante, regarde comme elle brille !

– Je peux ? Avé la caméra ? Sur ton clito ? Je voudrais le voir bander… Oh ! Vé… oh !

– C’est malin !

– Oh, comme c’est bon quand tu jouis comme ça ! Oooh… !

– Et c’est que le début !

– Ça, je savais ! Jimmy me l’a dit ! Penche-toi un peu, que je sente tes seins sur ma peau !

– Non. Si je le fais… je vais devoir me cambrer davantage, comme ça… et regarde dans le miroir… tu vois… ça deviendrait soudain… lubrique, non ?

Je profitais du luxe que m’offrait tout ce qu’Alain ignorait de moi. Ces petites astuces, ces petits secrets intimes que Jimmy ne lui avait pas révélés.

– Tu resteras inflexible ?

– Parfaitement !

– Alors… ce n’est pas la peine que…

Alain avait l’air innocent de l’agneau qui vient de naître, le regard faussement résigné quand retentirent les premières notes de « Let’s get it on ». J’aurais voulu crier un tonitruant « Jimmy ! » plein de reproches, mais j’ai été captée par le son de la pédale wah-wah…

– Maintenant, ça me revient… il avait dû m’en parler aussi…

Je me suis donc penchée. Mes tétons ont effleuré sa peau. Je me suis cambrée davantage. Le jeu des miroirs a renvoyé le reflet de nos corps. J’ai fermé les yeux. Pour fixer à tout jamais cette image, comme un instantané. Et pour chasser les autres, les imaginaires, les fantasmées. Je me sentais onduler. Je frémissais de ce tourbillon qui m’assaillait.

– Ouvre tes yeux…

– Non. Je ne veux pas que tu puisses lire dans mes pensées…

– Tu ne veux pas voir ce que je regarde ?

– Il t’aurait donc aussi parlé de ma curiosité… ?

– Si peu… si peu…

J’ouvris les yeux. Alain lut dans mes pensées. Ses mains lâchèrent la caméra, empoignèrent mes fesses. Quand je vis dans le miroir, le reflet de son majeur glissant le long de ma raie, je n’ai pu m’empêcher d’onduler encore, de tendre mes fesses. « And givin’ yourself to me could never be wrong ». Les images s’incrustèrent en surimpression. « Tu rougis encore ! ».

Je n’aurais jamais pu imaginer à quel point les dimensions du sexe d’Alain modifieraient ces images, les graveraient définitivement dans le souvenir de cette matinée. Hier encore, à la même heure, je m’activais dans mon petit appartement giffois, le téléphone n’allait pas tarder à sonner. Vingt-quatre heures plus tard, j’osai enfin évoquer ces images à l’homme qui venait de contribuer à les susciter.

Pour la deuxième fois de la journée, j’allais en parler alors que je les avais tenues secrètes pendant tant d’années ! Avec Mireille, les mots avaient coulé sans problème, au détour d’un échange sur l’opportunité de réaliser un fantasme. Elle m’avait confié « Ce qui me faisait le plus honte, c’était quand je m’imaginais me faire prendre par un autre homme devant mon mari. Sauf que je m’imaginais plutôt un notable, au moins député… ! » Attendrie, elle avait ri « Dans « le pire du pire », je m’imaginais prise en levrette devant Daniel que je suçais ou qui se branlait entre mes seins. Quelle horreur ! Quelle honte si quelqu’un venait à l’apprendre ! Et puis… dès la première fois, ça a été merveilleux. Je n’étais pas une Marie Couche-toi là, nous étions trois personnes qui faisions l’amour… c’est pour ça qu’ici (chez Jimmy) on a un lit trois personnes… si tu savais comme c’est bon de nous endormir… Marcel dans mon dos, moi blottie dans les bras de Daniel… Pour me taquiner, il leur arrive de mettre un des grands mouchoirs de Marcel… un propre, bien sûr, sur mon visage, ils « causent sérieusement », comme si je n’étais pas là, de ce qu’accepterait de leur faire la femme idéale, de ce qu’ils lui feraient… bien entendu, ils miment chacun de leurs mots… J’aime me dire que j’y suis aussi pour quelque chose dans leur profonde amitié… On est loin de la dépravation, n’est-ce pas ? »

– Quand je suis cambrée comme ça… que tu écartes mes fesses… que Marvin Gaye me fait onduler ainsi… sur ta queue… que ton majeur… C’est comme si tout mon corps s’ouvrait de partout pour accueillir et offrir de l’amour à d’autres hommes…

– Et c’est ça qui te fait rougir bandante princesse ? Ouvre les yeux, regarde et dis-moi… qui verrais-tu à la place de mon majeur ?

– Jimmy… Jimmy… je n’imagine personne d’autre que lui dans mon cul…

– Ensuite ?

– Alors… pour ce faire, je dois me redresser un peu… tant pis pour la caresse de ta peau sur mes seins…

J’en profitai pour changer de position. Assez fière d’être parvenue à m’agenouiller sans qu’il ait besoin de sortir de moi. Fière et surprise.

– Entre mes seins… oh ! J’adore ta façon de me les caresser ! Entre mes seins, Daniel puisque Mireille m’a dit qu’il faisait divinement bien l’amour aux siens… dans ma bouche, Marcel… parce qu’avec lui… c’est facile… et parce que Mireille m’a confié « Quand tu suces Marcel, il te transforme en Sainte » et… pour finir, Christian en spectateur… et voilà ! Regarde mes seins !

Sa langue me maintenait à l’orée du plaisir. Je fermai les yeux. Ses lèvres enserrèrent mon mamelon, se rapprochèrent et sans que nous n’ayons besoin de nous servir de nos mains, trouvèrent la position idéale pour qu’Alain me tète. Je jouis longuement, d’un orgasme apaisé. Une pression ferme d’Alain me fit me cambrer plus que je ne l’étais déjà. J’ouvris les yeux sur son sourire.

– Et Jean-Luc ?

– Dans la bouche de Monique… pour changer !

J’étais en train de m’imaginer la scène. Je regardais Alain me sourire, des œillades furtives vers l’écran. La caméra ainsi posée ne me permettait de voir que le dos de la main d’Alain sur ma fesse. Une idée, une envie me traversa l’esprit. Nos regards se croisèrent. Nos sourires devenaient de plus en plus complices. L’expression de son visage, signifiant « Ça tombe bien, moi aussi ! ».

Je me retrouvai à quatre pattes au bord du lit. Alain, debout derrière moi, se justifiant « Je me régale du spectacle ! » puis approchant la caméra « Regarde comme ta chatte brille ! Elle brille de mille feux ! Oh ! Oohh! Regarde ! »

– Montre-moi ta bite, avec la caméra…

– Regarde ! Elle brille presque autant !

J’aimais sentir ses doigts me fouiller sans aucune timidité, comme eux aussi me transformaient en marionnette « T’as vu quand je fais comme ça, tu te cambres… Oh ! Regarde les jolies fossettes que ça te fait sur les reins ! Et quand j’appuie ici… devant… tout en appuyant… avec le pouce… dessus… tu t’offres tout à fait… Regarde ! »

Je le suppliai de me prendre. Je n’en pouvais plus de désir. Il écarta un peu mes cuisses. Je le vis écarter mes fesses, les admirer et, comme à regret, les relâcher pour guider sa pénétration. Il posa son gland sur mon anus, appuya un peu « Tu veux toujours pas ? »

– Jamais la première fois, mon cher ! Je suis une femme de principe, moi, Monsieur !

– Si c’est pas malheureux… et c’est encore l’autre salaud qui va en profiter ! Y en a vraiment que pour les crapules !

Il me pénétra lentement « Jimmy a raison, dans ta chatte c’est encore mieux qu’au Paradis ! ». Je sentais tous les reliefs de son sexe frottant si intimement sur les parois de mon vagin qu’ils en révélaient les miens.

Il sortit lentement de mon vagin pour me pénétrer à nouveau. Un peu moins lentement. Un peu plus profondément. Avant de ressortir. Âprement.

Je ne perdais pas une miette du spectacle, mon regard allait de l’écran aux miroirs, comme dans un panorama. Nos corps se comprirent avant nos regards. Une sauvagerie s’empara de nous. Chacun de ses va-et-vient devenait plus brutal. Chacune de mes injonctions, plus impératives « Encore ! Plus loin ! Plus profond ! Plus fort ! Plus fort ! Plus fort ! »

Je n’aurais jamais osé espérer le faire baver de plaisir. Quand je vis sa langue chercher à retenir sa salive, quand, profitant d’un sourire, la première goutte s’est échappée de sa bouche et est venue mourir sur ma fesse, je projetai mon bassin vers le sexe d’Alain, anticipant sa pénétration.

Il entra d’un coup de tout son long. J’aurais pu m’évanouir de douleur, au lieu de ça, je jouis.

– Ô, pute vierge, je viens, je viens !

Combien de « je viens » de plus en plus sauvages, combien de « ô, pute vierge » brutalement tendres avant que nous nous sentions apaisés, repus ? Le sperme d’Alain avait coulé jusqu’à mes genoux, mais je voulais rester un peu dans cette position. J’admirai mon reflet dans les différents miroirs, sur l’écran.

– Voilà qui « revisite » légèrement le concept de la pin-up !

– Mais pas du tout !

– Tu te vois me dessiner ainsi ?!

– Ça dépend des circonstances…

– Pour l’offrir à Jimmy…

– Toute ruisselante comme ça ? Le minou tout brillant de ta mouille ? Les cuisses toutes tachées de mon foutre ?

– Oui… Certes, ça te contraindrait à… avant la séance de pose…

– En effet, mais pour un ami, qui ne consentirait pas à ce sacrifice ? Écarte un peu tes fesses avec tes mains… Oh, fatché ! Oh, le salaud ! Regarde comme c’est beau !

S’il m’avait demandé une nouvelle fois l’autorisation de m’enculer, s’il avait bandé un peu plus dur, j’aurais accepté. Au lieu de ça, il s’amusa à agacer mes tétons avec son gland.

Je me relevai. De son sexe à demi flapi, il fit l’amour à mes seins de la façon idéale dans ces conditions précises. Nous profitâmes de ce moment d’absolue communion jusqu’à ce qu’il ait retrouvé un semblant d’érection. J’aimais regarder sa queue disparaître entre mes seins. Puis, voir apparaître son gland et plus encore. J’aimais voir sur l’écran ses doigts aller et venir dans mon sexe dégoulinant. J’aimais quand il nous les offrait à sucer. J’aimais le goût des baisers qui s’ensuivaient.

Quand nous sortîmes de la maison, nous les trouvâmes en train de discuter sagement sur la terrasse. Je m’étonnai de les découvrir habillés, un verre de vin à la main. Monique me répondit, dans une imitation très réussie d’Arletty « Pour qui que tu nous prends ? On n’est pas des bèÿtes, tout de mèÿme ! »

D’un regard étonné, Jimmy interrogeait son ami qui le rassura « Non… Ça c’est en prévision… Tu veux voir l’état de sa culotte ? » En disant ces mots, Alain souleva ma robe.

– Elle a oublié de la remettre, l’étourdie ! Dis-moi, bandante princesse, pour quelqu’un qui n’aime que le rock…

Les mains de Jimmy me caressaient, comme si elles cherchaient à deviner dans quelles positions nous venions de faire l’amour. Je pris une profonde inspiration avant de pouvoir répondre à Alain « Je ne peux pas résister à l’intro… »

Monique sonna l’heure du départ. Encore étourdie, troublée par cette matinée, je me trompai d’auto et m’assis à l’arrière de celle de Monique. Jean-Luc monta à mes côtés et chantonna les premières notes de « Let’s get it on » tout en regardant, innocemment, par la vitre de sa portière.

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