Odette&Jimmy – « She really gets me high »

Le titre de ce texte est extrait de ce morceau

Jean-Luc caressait mes seins entre surprise et curiosité, chaque caresse était plus assurée que la précédente, plus apaisante, plus excitante. Il me projeta dans ses bras, je sentais pour la première fois la chaleur de sa peau, la force virile et animale de son corps. Il m’embrassa à pleine bouche, comme les voyous le faisaient dans les séries B des années 50. Ses mains glissèrent de mes reins à mes fesses qu’elles empoignèrent.

Je frottai mon ventre à son sexe dressé.

– Regarde, regarde la raison pour laquelle on m’appelle le Balafré. Regarde ! Tu aimes ? Tu veux bien la caresser ?

Mes doigts couraient le long de sa marque. Je sentais les picotements annonciateurs d’un désir violent tout autour de mes aréoles, je sentais mes tétons pointer et durcir, je sentais la chaleur moite entre mes cuisses, cette moiteur bouillante qui bientôt m’obligerait à onduler des hanches pour tenter de l’apaiser, de la raisonner. Je pris la main de Jean-Luc et la fis descendre jusqu’à mon intimité ardente. Jimmy m’invita à rejoindre un lieu plus adéquat.

J’entrai dans une pièce attenante, les coulisses d’une salle de spectacle remplie de toute une gamme de costumes et accessoires. Jimmy installa une espèce de fauteuil à l’assise particulière.

J’étais à demie allongée, les genoux plus hauts que mes épaules, le bassin projeté en avant.

– Écarte les genoux et montre-leur la chance que j’ai !

J’hésitai, le regardai en coin.

– Tu pourrais m’habiller de lumière ?

Je faisais allusion à notre premier voyage, aux premières photos pour lesquelles j’ai accepté de poser nue, offerte. Quand il m’avait vue ainsi, sur l’écran de son ordinateur, toute habillée de lumière, il avait oublié ma présence et s’était branlé zoomant et dézoomant, jusqu’à ce que, dans son dos, j’entreprenne de le caresser, en lui demandant de m’expliquer ce qu’il aimait tant sur cette photo.

À cette évocation, un éclair délicieusement vicelard traversa le regard de Jimmy. Je devinai sa langue gourmande derrière ses lèvres closes. elle devait commencer à affûter ses dents… Je le connais assez pour savoir comment aiguiser son appétit de me mordre, tout comme il sait comment aiguiser le mien.

– Tu sais ce qu’il t’en coûtera, Princesse. Tu veux toujours que je t’habille de lumière ? Tu es prête ?

Christian se plaignit de ne rien comprendre, je demandai à Sylvie de lui expliquer les sous-entendus pour moi, comme il avait eu la gentillesse de le faire plus tôt dans la journée.

Jimmy partit chercher l’appareil-photo, Alain et Jean-Luc l’aidaient pour les éclairages. Je fermai les yeux et expliquai que c’était d’autant plus difficile pour moi de poser devant Sylvie qui était si à l’aise face à l’objectif. Elle me répondit que le regard de tous nos amis allait me donner confiance, elle leur demanda de me rassurer sur ce point. Prise dans cette ambiance totalement nouvelle, je leur promis, en échange de leurs mots, de leurs compliments de poser dans l’attitude qui les exciterait le plus.J’espérai qu’aucun n’ait des idées trop… loufoques.

J’ai eu l’impression de sentir la chaleur des projecteurs, mais il est plus probable que ce soient les cliquetis qui m’aient avertie. Jimmy demanda à Sylvie de l’assister, plus exactement, il lui demanda de diriger la séance photo et de bien vouloir l’accepter comme assistant. Je n’avais pas envisagé cette possibilité, pour moi… tous les clichés nous verraient l’un avec l’autre, lui avec moi, mais pas… cette perspective m’embrasa littéralement. Jean-Luc fit valoir l’antériorité de notre amitié et demanda à passer le premier.

– Si on veut être exacts, j’ai vu leur bite avant la tienne, je n’ai pas le souvenir d’avoir vu une photo où tu ne la fourrais pas dans la bouche de Monique !

– C’est mon péché mignon… ! Alors… quelle formule magique dois-je invoquer pour que tu écartes enfin tes genoux et que je puisse enfin admirer ton trésor ? Sésame, ouvre-toi ?

– Bien joué, le Balafré ! Ça a fonctionné !

– Écarte-les un peu plus… oui… comme… ça…

Il tendit la main vers mon pubis, mais retint son geste au dernier moment. D’une ondulation, je l’invitai à poursuivre… Il avait le souffle court, s’extasiait de la couleur, des couleurs de mes replis. Je l’invitai à venir à mes côtés afin que je puisse regarder sa queue de plus près, la toucher… Je succombai sous ses caresses et ne comprenais pas pourquoi je ne l’avais jamais désiré avant alors que des feux d’artifice explosaient un peu partout en moi tant j’avais envie de lui, de lui partout en moi, partout sur moi, envie de lacérer sa peau à coup de dents, à coup de griffes… Ses mots étaient teintés d’émerveillement et de regrets…

Je pris enfin conscience des cliquetis. J’étais bouillante de désir, je voulais sentir la queue d’un homme bien précis en ce moment bien précis. Je tournai mon regard vers Christian, qui, surpris désigna sa poitrine d’un air interrogateur.

– Oui. Toi. Ça ne t’ennuie pas ?

Que son éclat de rire sait m’enflammer ! Il fit les quelques pas qui le séparaient de moi pour me montrer à quel point ça ne l’ennuyait pas. Je regardai tous ces hommes autour de moi et sifflai d’admiration. Quelle chance, tout de même ! Moi qui avais reluqué en douce quelques bites ces vingt dernières années, j’avais sous les yeux de quoi faire rêver la voyeuse que je suis ! Je le leur dis.

Christian me demanda de resserrer les genoux, il voulait que je les écarte quand il serait face à moi, que je les écarte avec la lenteur et la délicatesse d’une fleur qui déploie ses pétales. Il voulut que ses amis soient sur la photo. Il avait une idée bien précise. Alain serait à ma droite. Jean-Luc à ma gauche. Jimmy dans mon dos, m’offrirait à leurs caresses.

– Tu te sens prête, Princesse ? Si tu changes d’avis, à quelque moment que ce soit, n’hésite pas à nous le dire.

– Décidément, mon amour, tu resteras à jamais mon initiateur !

Jimmy éclata de rire. Cet idiot n’y avait même pas songé ! Il laissa échapper les mots d’amour que nous réservions à notre intimité, ses amis manifestèrent leur surprise par des exclamations joyeuses. Il ne les avait jamais prononcés devant eux. Il se pencha pour me souffler à l’oreille « Encore une première, Princesse ! »

Quand il vit mon sexe totalement offert à sa vue, Christian eut une réaction similaire à celle de Jean-Luc, il reprocha une nouvelle fois à Jimmy de ne pas m’avoir invitée plus tôt, il lui reprocha de ne pas avoir insisté. Il caressait mon corps, je ne parvenais pas à onduler comme je l’aurais souhaité. Alain me demanda s’il pouvait mettre un morceau de circonstance.

Je n’eus pas à répondre, mon sourire soulagé était assez éloquent. Il me fit un clin d’œil « l’avantage de la modernité moderne » avant de lancer à distance cette chanson que je n’avais plus entendue depuis des décennies. Je me surpris à danser, les cuisses écartées, ne pouvant que bouger mon bassin, mes bras et le haut de mon corps. Je fus encore plus étonnée de m’entendre chanter à plein poumons les paroles qui me revenaient au fur et à mesure.

Alain à mes côtés, caressait mon sein, mon ventre avec son sexe, son autre main caressait l’intérieur de ma cuisse. Oh oh Black Betty… J’étais béate d’admiration devant la beauté de son corps, de son sexe… par sa taille impressionnante et pourtant pas effrayant, bien au contraire !

Jean-Luc taquinait mes seins, prétextant chercher la partie de ma peau dont la carnation serait la même que celle de sa marque. Je fis semblant de protester, mes mamelons sont bien plus foncés que sa pseudo balafre, mais il n’en eut cure, il continua à les exciter avec sa bite. J’étais aux anges !

Alain se pencha vers moi, me demanda s’il pouvait m’embrasser. J’acceptai volontiers. Son baiser avait un goût merveilleux, le goût des vacances d’été. Je me tournai vers Jean-Luc. Bon sang ! Il embrasse comme un dieu, ce con ! Devinant mes pensées, il me dit dans un éclat de rire « et t’as encore rien vu, ma p’tite ! »

Jimmy s’inclina vers moi. me demanda de me pencher davantage, pour que nous puissions voir ensemble le sexe de Christian me pénétrer. Je sentis mon sexe s’ouvrir, palpiter puis se resserrer autour du gland de Christian, qui me pénétrait en commentant à voix haute ce qu’il ressentait. Je me redressai encore un peu et le suppliai de m’embrasser.

Je ne sais pas ce qui me fit jouir si fort la première fois, les caresses d’Alain, celles de Jean-Luc, les caresses et les mots d’amour de Jimmy, les va-et-vient savants, les mots, les caresses et les baisers de Christian, à moins que ce ne soit les cliquetis de l’appareil-photo.

Je rugis et Jimmy me tendit son avant-bras… lui aussi a une marque indélébile, qu’il fait passer pour une scarification rituelle qu’il aurait faite dans une tribu maorie. La tribu existe, nous y avons séjourné quelques jours, c’est effectivement lors de ce séjour que sa peau a été déchirée, mais en aucun cas ce ne fut l’œuvre d’un chamane local, mais bel et bien celle de mes dents.

À chaque fois, le même goût divin dans ma bouche… Je pourrais m’enivrer de cette sensation. Je jouis plusieurs fois encore avant que Sylvie ne s’estime satisfaite du cliché. Je me remettais de ces émotions dans les bras de Christian pendant que Jimmy discutait avec Alain et Jean-Luc, je les entendais ricaner et approuver la proposition de Sylvie qui les avait rejoints.

« Encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots »

Odette&Jimmy – « I was sleeping, gently napping, when I heard the phone »

Le titre de ce texte est la première phrase de cette chanson

Jimmy m’a téléphoné, sa voix hésitante trahissait un trouble profond.

– Princesse… ma chérie… je sais que j’ai merdé, mais c’est arrivé comme ça… J’ai merdé. Ne m’en veux pas…

– Qu’est-ce que tu racontes ? T’en vouloir de quoi ? Tu as merdé ? Qu’est-il arrivé ?

– Émilie

Émilie ? Quelle Émilie ?

– Ta petite Émilie… la fille de Sébastien… elle est au mas et…

– Et quoi ? Émilie est chez toi ?! Mais pourquoi ? Mais comment ? Qu’as-tu fait ?

J’en pouvais plus de ses « mémé Dédette »… elle a préparé du chocolat… je faisais partie du jury pour les départager, elle et Lucas… et… j’ai lâché le morceau pour nous deux… J’ai lâché le morceau, Princesse… J’ai merdé… ne m’en veux pas…

– Mais quel con tu fais ! Tu m’as filé une de ces trouilles ! J’ai cru que tu avais couché avec elle !

Avec Émilie ?! Mais c’est qu’une gamine !

– Avec les hommes on sait jamais. Pourquoi tu ris ? Pourquoi ce ton pour dire « Oh, ma Princesse » ?

– Parce que tu imagines qu’une gamine de 25 ans puisse avoir envie de coucher avec moi. C’est vraiment flatteur !

Un long silence.

– Ma Princesse chérie, je serais si heureux que tu viennes nous rejoindre, te faire découvrir le mas, te présenter enfin à mes amis. Il serait temps, non ?

– Tu as raison. Il est temps que je franchisse le pas. Si tu veux, je prends le premier vol ou le premier train pour Marseille. Je te confirme ça.

Un nouveau silence.

Jimmy, je peux t’avouer un truc ? Nous en avions parlé à Vancouver, nous en avions parlé à Perth et on avait estimé que le sujet était clos, mais depuis, je n’attendais que ça… que tu m’invites à nouveau… pour accepter… te regarder droit dans les yeux, au milieu de ton univers et te dire à quel point je t’aime.

– Ô, ma chérie, ma Princesse chérie !

– Jimmy, tu sais quoi ? Tu as bien fait, pour Émilie, c’est sûrement plus facile à entendre de ta bouche que de celle de sa mémé Dédette…

– Oh non ! Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi !

– Sinon quoi ? Tu vas me mettre une fessée ?

– Sinon, je ne te mettrai plus jamais aucune fessée, mais une robe de chambre à fleurs et t’installerai dans un fauteuil avec une tisane et t’obligerai à regarder « Les feux de l’amour » !

– Oh putain ! Pour une punition, c’est une punition ! T’étais aussi sévère avec tes étudiants ? Alors, promis, je jette mémé Dédette aux oubliettes !

– Tu fais bien, Princesse !

Encore sous le coup de la surprise, j’ai réservé une place sur le premier vol pour Marseille, préparé ma valise. Le temps a filé à une vitesse incroyable. Je me suis installée dans l’avion. Des tas d’images s’entrechoquaient dans ma tête. J’ai fermé les yeux.

Quelques heures après son appel, je débarquais dans cet aéroport où m’attendait un comité de réception, composé de Martial qui tenait un panneau « Dédette », Sylvie qui agitait le sien « Didou », Émilie avait opté pour « Mémé Dédette » quant à Jimmy, il m’accueillait avec son panneau « Princesse ».

Une petite blondinette se tenait à l’écart, l’indifférence qu’elle affichait était trop flagrante pour être honnête. Je me suis dirigée vers elle.

Tu conduis ou on prend un taxi ?

Jimmy sautait comme une puce sur plaque chauffante « J’ai gagné ! J’avais raison ! La preuve ! Dis-leur, Princesse, dis-leur ! ». Ils m’ont couverte de bisous. Sylvie m’a fait revenir à la réalité.

– Et tes bagages ?

– Sur mon lit… J’ai oublié ma valise en partant… à mon â…

Jimmy m’a fait les gros yeux, m’a discrètement menacée de son index.

– … à mon avis, c’est l’émotion !

Pendant le trajet, Émilie n’arrêtait pas de me parler d’inconnus, dont un certain Balafré que j’étais censée connaître.

– Je connais un Balafré ?

Comme s’ils avaient anticipé ma question, Jimmy, Martial et Sylvie répondirent « Le p’tit puceau ! » tandis que la blondinette, Manon, répondit « Jean-Cule ».

L’accueil au mas fut encore plus chaleureux. Jean-Luc ricanait.

– Toi, j’te r’tiens !

– Parce que tu m’as cru puceau jusqu’en 2010 ?

Non. Non. Non ! Tu t’en tireras pas comme ça ! Tu sais très bien pourquoi ! Parce que ma petite-fille, ma descendance, en savait plus que moi, sur certaines de tes caractéristiques… anatomiques « Si on le surnomme le Balafré, c’est parce qu’il a une marque sur la teub, comme une cicatrice… genre Harry Potter de la teub ». Donc, la petite Émilie a vu ta queue avant moi, qui te connais depuis 1966…

– S’il n’y a que ça pour te faire plaisir, pour me faire pardonner…

Et là, comme si de rien n’était, je vois mon Jean-Luc, le même gars pourri de timidité que je connaissais, baisser son falzar et déballer son matériel, me mettre sa bite sous les yeux. Nature.

– T’inquiète, Odette, il fait ça tout le temps… Il l’avait même montrée à ma grand-mère et à celle de Christian ! Ça doit être sa façon de faire connaissance…

– Mon Dieu ! Un exhibitionniste ! Quelle horreur !

– Ne sois pas si sévère, Mémé Dédette, il n’y a rien de mal !

Jimmy et Sylvie éclatèrent de rire.

Elle se fout de vous ! J’espère que tu leur raconteras, ma Didou !

Quelle étrange impression ! Je connaissais l’intimité des amis de Jimmy, tout en en sachant si peu sur eux. Les éclats de rire de Christian, par exemple, personne ne m’en avait jamais rien dit. La douceur infinie de Cathy, les gloussements de Mireille et sa tendance à rougir quand Marcel ou Jean-Luc se montrent grivois.

Je découvris l’existence de la Confrérie du Bouton d’Or. Je savais que cette bande d’amis se rencontrait dès que possible, mais je trouvais ça étonnamment protocolaire. Connaissant l’esprit libertaire de Sylvie, Martial et Jimmy, j’étais surprise qu’ils se pliassent à un tel formalisme. Comme si elle avait lu dans mes pensées, Sylvie m’apporta quelques cahiers et dossiers contenant leurs « archives » pour que je comprenne mieux ce qui les attachait à cette Confrérie. Avant de les lire, je me tournai vers la petite Manon.

Si je comprends bien, voilà qui t’interdira l’épilation intégrale

Ah non, ça jamais ! Beark… les poils… beark !

– Mouais… la Confrérie du Bouton Chauve… la Confrérie du Mont Chauve… du Mont Pelé… mouais… pourquoi pas ? Chacun son truc…

Jimmy proposa aux gamins de nous laisser un peu entre nous, afin que je fasse connaissance avec ses amis, avec les lieux. Ils en profitèrent pour nous annoncer une représentation dès le lendemain soir. Annonce qui fut accueillie avec un enthousiasme bruyant.

J’avais les yeux dans le vide, je sentais une vague de sérénité absolue m’envahir, j’étais enfin arrivée, à ma place.

Je ne me suis jamais sentie aussi à l’aise de toute ma vie. Je suis enfin chez moi, je peux enfin poser mes valises…

Surtout que ça va pas trop prendre de place !

Mais t’es vraiment rien qu’un p’tit con, Jean-Luc !

– Bienvenue chez toi, ma Princesse !

Et puis, si tu as besoin d’autres vêtements, on a tout un dressing plein de robes et autres dessous qui t’iront à ravir… Si tu le souhaites, je me ferais un plaisir de t’aider à choisir…

– Brummel, le Prince des dandies !

Belle comme un cœur et de surcroît perspicace ! Prof, tu es un criminel de ne pas l’avoir arrachée plus tôt à ses terres du Nord, de ne pas l’avoir enlevée pour nous la présenter !

Te caille pas les sangs, ça c’est les Parisiens… Combien de temps on a dû patienter avant d’être présentés à la Fiancée ?

Je me trouvais au milieu d’une discussion animée dont je ne comprenais pas tout. Christian, à mes côtés, me traduisait, m’expliquait les sous-entendus. Monique prit la défense de son Titi, mon frère Martial.

Vous faites bien de la ramener ! Combien de temps le Notaire s’est gardé pour lui tout seul, en parfait égoïste, la délicieuse Madame ? Quinze ans ! Quinze ans !

Oui, mais ça c’est pas pareil… c’était de la estratégie de sa part…

De la stratégie de quoi ?

Fas cagua, Mounico, de la estratégie et pis c’est tout. Je me comprends…

– Moi, ce que je comprends surtout, c’est que t’as pas d’argument et que c’est de la mauvaise foi !

– Pas le physique, ni la religion !

On aurait pu croire qu’ils avaient répété cette scène des milliers de fois tant cette dernière phrase fut exclamée en chœur. C’est à cet instant précis que je compris la puissance du lien qui les unissait.

Je sentis, plus que ne le remarquai, le sourire de Christian assis à mes côtés. Je suivis son regard. Monique et Jean-Luc s’embrassaient tendrement.

– Qu’y a-t-il de plus beau ? Existe-t-il quelque chose de plus beau à voir que le corps de la femme que tu aimes, que le corps d’une femme en train de prendre du plaisir ? Connais-tu quelque chose de plus beau ?

La voix de Christian était envoûtante.

– De plus beau, je ne sais pas, mais d’aussi beau, de voir durcir la queue de l’homme qui regarde cette femme… et aussi son sourire…

Christian m’embrassa sur la joue, prit ma main.

– Viens !

Il m’entraîna dans un recoin de la pièce, deux grandes tentures pendaient du plafond. Je me « dissimulai » derrière celle qu’il me désigna, il se « dissimula » derrière l’autre. Je pouvais ainsi l’observer en toute discrétion observant subrepticement Monique et Jean-Luc se donner du plaisir. Un regard curieux de l’un ou l’autre des membres de la Confrérie nous aurait bien évidemment démasqués.

J’ai aimé le sourire presque enfantin de Christian quand il me désigna sa queue, son mouvement de tête semblant me dire « Alors ? Ça te plaît ? ».

D’un geste, je lui demandai l’autorisation de le regarder de plus près. D’un mouvement ample de la main, il m’invita à le rejoindre. Je fus surprise quand, arrivée à ses côtés, il me prit dans ses bras, m’étreignit en me chuchotant « Merci d’être enfin là sois la bienvenue parmi nous, Princesse de Jimmy ! ».

Je cherchai Jimmy du regard, il était en grande discussion avec Sylvie, Cathy et Joseph. Alain semblait taquiner Mireille. Daniel et Marcel se tenaient à l’écart, comme s’ils mettaient une surprise au point. Je jetai un regard en biais vers le sexe de Christian. J’aurais aimé en caresser les nervures, en éprouver le relief.

– À quoi tu penses ?

– À rien. Je suis heureuse et j’en profite. J’ai envie de…

– Tu as envie de ?

– Non. Rien. C’est ridicule.

– Laisse-moi en décider.

Je me hissai sur la pointe des pieds et lui avouai dans un murmure « De te montrer mes seins, tout en sachant que je n’en aurai jamais le courage ». Christian me sourit, me fit un clin d’œil « Tu as besoin d’aide ? Attends ! »

Je ne sais pas comment il a réussi à attirer l’attention de Jimmy et de lui seul, mais il y est parvenu.

– Ta princesse a besoin de tout ton art, de toute ta science pour se dévoiler.

J’étais blottie dans les bras de Jimmy, pour qu’il puisse dénuder ma poitrine et me permettre ainsi de l’offrir à la vue de Christian. Je n’ai pas pensé une seule seconde qu’il me déshabillerait intégralement.

– Ben mon salaud ! Tu t’es bien gardé de nous dire à quel point elle est belle ! Ah mon salaud ! Il nous avait pas dit que tu es si bandante !

Je regardais le sexe de Christian, sidérée de le voir bander si dur. Dans un geste réflexe, je tendis ma main pour le caresser, avant de me ressaisir et renoncer. Jimmy prit ma main et la guida vers la queue dressée de son ami.

– Fais-moi plaisir en te faisant plaisir, ma Princesse d’amour !

Je gémis un « si on nous voyait ». Je sentais Jimmy bander plus dur dans mon dos. Je branlais Christian en éprouvant un plaisir insoupçonné. « Tu veux qu’on les convie au spectacle ? » Tremblant comme une feuille, je soufflai un oui intimidé et, mue par je ne sais quel réflexe stupide, je fermai les yeux.

– Tu es d’humeur joueuse, mon amour ! Garde les yeux fermés et tente de deviner qui est à nos côtés.

Tout en disant ces mots, Jimmy dirigea ma main vers un premier sexe dont la taille me surprit. Alain ! Quand je caressai le second, quelqu’un sifflota une mélodie que je reconnus aussitôt, mais qui m’étonna.

– Jean-Luc ? Mais… il est avec Monique !

– Monique est occupée avec son Titi, tu n’imagines tout de même pas qu’on allait te faire toucher la bite de ton frère sans t’en avertir, Odette !

J’ouvris les yeux et compris, en croisant son regard, pourquoi Monique était tombée sous le charme de son Balafré.

She really gets me high

Odette&Jimmy – Il est passé par ici, il repassera par là

Les caresses et les baisers de Jimmy me faisaient sursauter tout en m’apaisant, j’aimais ces picotements au bout de mes orteils, qui convergeaient vers la plante de mes pieds et soudain, comme s’ils avaient changé d’idée, revenaient à leur point de départ. Je focalisais toute mon attention sur cette sensation particulière alors que nombre d’autres m’envahissaient. Tout aussi surprenantes et agréables.

J’avais à la fois vingt, quarante et soixante ans. Mon corps était vibrant comme à vingt, bouillonnant comme à quarante et serein comme à soixante.

Ainsi que je le lui avais demandé, Jimmy et moi parlions, commentions ce que nous faisions et ressentions. J’avais été surprise de le voir enfiler un préservatif. Nous avions, lui et moi, fait tous les tests et ils étaient tous négatifs. J’aimais son air professoral quand il s’en était expliqué.

– Ça va plus vite de retirer une capote que courir jusqu’à la salle de bain pour me laver si l’envie nous prenait d’une levrette conventionnelle, ma chère !

Nous en avions ri. Pendant presque trente-cinq ans, j’avais exercé au sein d’un collège, la prévention contre les maladies sexuellement transmissibles entrait dans mes attributions et Jimmy venait de me faire la leçon !

– C’est la p’tite Odette de vingt ans qui a dû poser la question…

Quand il a ouvert le tube de lubrifiant, qu’il m’en a mis sur le bout des doigts pour que j’en éprouve la texture, la glisse, que j’en ai recouvert son sexe encapuchonné, c’est la bouillonnante Odette de quarante qui s’est réveillée. Celle qui s’était installée dans une relation muette d’exhibition voyeuriste avec son voisin. Je sentais mon corps prendre assez d’assurance pour se détendre et faire confiance aux caresses et aux baisers de Jimmy.

– Quand tu bouges tes doigts… oui… comme ça… ça me donne envie… de… danser autour… ça me donne envie de…

– De ?

– Tu le sais bi…

Je changeai de position, glissai ma main entre mes cuisses, saisis le sexe de Jimmy… Le contact du préservatif enduit de lubrifiant m’électrisa… Il me paraissait moins glissant qu’un peu plus tôt, mais la sensation poisseuse m’en rappela une autre. Dans un flash, je me vis essuyer en souriant le manche de la brosse à cheveux de Bertrand, qui me servait alors de godemichet.

– Attends, Princesse

Jimmy oignit une nouvelle fois son sexe et mon cul.

– J’adore sentir le gel couler entre mes fesses… c’est humide sans l’être… frais et chaud en même temps…

– Te sens-tu prête ?

Je sentis le regard de Jimmy guetter ma réaction dans le miroir. J’ouvris les yeux.

– Mais… tu rougis, Princesse ! De quoi as-tu honte ?

– En fait… ça fait un petit… bout de temps que… je… le suis…

Jimmy sourit, m’embrassa en me chuchotant des mots d’amour que je veux garder rien qu’à nous. Son sexe me pénétra un peu trop vite à mon goût… je laissai échapper un « Oh ! » entre plaisir et dépit. Jimmy m’en demanda la raison.

– Tu as été trop… vite…

– Je te fais mal ?

Tout en me posant la question, Jimmy se retirait.

Stop !

Jimmy se figea.

– Vas-y ! Oh !

Jimmy se retirait lentement. Je rouvris les yeux. Lui souris.

Stop !

Jimmy avait le sourire interrogateur, perplexe.

– La p’tite bosse…

Coquine !

Jimmy m’assena une claque sur les fesses, qui ne fit qu’amplifier le plaisir qui m’envahissait.

Encore !

– Encore quoi ? Encore ça ?

Il se retira, me pénétra.

– Ou encore ça ?

Une claque sur mes fesses.

– Encore… tout ! Mais… en… plus fort !

Tu es sûre ?

En quelque sorte, Jimmy me rendait la monnaie de ma pièce puisque je ne compris pas qu’il me tendait un doux piège et m’y précipitai. Je me cambrai, ondulai, imprimai la cadence à chacun de mes mouvements.

– Regarde comme tu es belle, comme nous sommes beaux !

Pendant des années, j’ai détesté ma bouche, trop lippue à mon goût, j’aurais donné dix ans de ma vie pour avoir des lèvres fines comme la lame d’un couteau. À cet instant, je les regardai et les trouvai sexy en diable. Je regardai Jimmy. Qu’il était beau !

Un filet de salive s’échappa de sa bouche. Une goutte atterrit sur ma fesse. Je fis semblant de le lui reprocher. Une claque pour m’apprendre la politesse. Nos rires provoqués par mon « Oh oui ! » et la frénésie s’empara de nous.

Je ne cherchais pas à retenir mes cris. On aurait pu m’entendre, mais ça ne me dérangeait pas. En fait, rien d’autre n’existait que Jimmy, moi et le plaisir que nous nous offrions en ces premières heures de cette nouvelle année. Nous étions dans cette magnifique suite à Vancouver, mais eussions-nous été sur Pluton, cette impression aurait été la même.

Des étincelles de plaisir, comme des piqûres d’aiguilles, éclataient ici et là, des éclairs de jouissance se frayaient un chemin sous ma peau, ils convergeaient, dans un chaos total, prenaient de l’ampleur. Je jouissais, pour autant ces éclairs, ces étincelles semblaient emprisonnés. La morsure de Jimmy les libéra.

– Mords-moi encore ! Mords-moi plus fort !

Jimmy psalmodiait « Je vais venir ! Je vais venir ! ». Il me fallut un peu de temps avant de comprendre. Dans la frénésie de cette étreinte, nous avions roulé, étions tombés au sol sans vraiment nous en apercevoir. Il était au-dessous, face à moi. « Je vais venir ! Je vais venir ! »

Je me cambrai davantage, ondulant avec une impudeur dont je ne me serais pas sentie capable et voyant battre sa jugulaire le mordis de toute la force de mon plaisir. Je n’oublierai jamais nos râles et le goût divin de son sang dans ma bouche.

L’Odette de soixante ans se sentait enfin redevenir femme, apaisée et accomplie dans les bras d’un homme qui fit semblant de lui reprocher la facture qu’il aurait à payer avant de raccrocher le combiné.

Jimmy téléphone à Odette