Aux plaisirs discrets ~ Huitième épisode – Titi 7-7, le retour du retour

Mon cher monsieur Dumont,

Ces derniers temps, je fais régulièrement des rêves érotiques. En y repensant, je réalise deux choses qui pourraient t’inciter à rire, si tu n’étais pas mon ami.

La première, c’est que jusqu’à présent, je n’en faisais pas beaucoup. Si l’euphémisation, la fausse modestie de l’exagération, était dans ma nature (or, tu sais, il n’en est rien… ah, ah !), j’affirmerais pouvoir les compter sur les doigts d’une seule main… de lépreux.

La seconde, c’est que l’érotisme de mes rêves érotiques est pour le moins atypique. Aucun corps dénudé, même partiellement, aucune étreinte, aucun cri, soupir ou gémissement et pour tout te dire, rien d’autre qu’une pâquerette ondulant sous le vent.

Pourtant, je me réveille excitée comme un moustique qui trouverait la clé universelle ouvrant toutes les banques du sang. Mon cœur bat à tout rompre, mon corps frémit d’un désir violent et une seule pensée m’obsède au point de résonner dans ma tête « Du sexe, du sexe, du sexe ! Je veux du sexe ! »

C’est dans cet état, la tête pleine de ces mots et le corps plein de désirs qui ne demandaient qu’à être assouvis, que je me suis réveillée ce matin.

J’étais sur le point de prendre mon RER pour aller au boulot, le quai grouillait de monde quand la rame déjà bondée a fait son entrée dans la station. Ça se bousculait dans tous les sens pour monter dedans. J’ai poussé un soupir de découragement avant de faire demi-tour.

J’ai téléphoné à ma collègue pour lui dire que j’avais complètement oublié de poser un RTT alors qu’un rendez-vous avait été pris avec mon avocat pour les papiers du divorce. Pleine de compassion, elle m’a promis d’expliquer tout ça à notre chef de service et qu’il serait bien temps de régulariser lundi. À toutes fins utiles, je te précise que je n’ai conçu aucune honte à mentir de la sorte.

Puisque j’étais d’humeur téléphoniste, j’ai appelé Titi, sait-on jamais, il pourrait être disponible.

– Allô ?

– C’est moi.

– J’avais vu, c’est pour quoi ?

– Ben… un coup de tube, un coup de teub !

Il a failli s’étouffer en éclatant de rire. Je lui ai expliqué qu’il y a des années, en chinant dans les encombrants de mon quartier, j’avais trouvé toute un lot de cassettes audio sans titre, d’artistes aussi divers qu’inconnus, du moins de moi, et que dans l’une d’elles, il y avait une chanson où il était question d’un mec amoureux d’une sexophoniste, qui se vidait la carte bleue à coup de téléphone rose. Le refrain de cette chanson était « Un coup de tube, un coup de teub », que je venais de m’en souvenir et que ça résumait bien la raison de mon appel.

On se retrouve Porte de Bercy, je mets le bandeau sur mes yeux et on roule en silence pendant un certain temps, que je serais incapable d’estimer.

– Tiens, puisque tu sembles aimer les belles chansons d’amour, je me suis dit que ça pourrait te plaire.

Il a mis son autoradio en marche. Elmer foodbeat. Je réponds à sa question, non, ce n’était pas ce groupe qui chantait la chanson dont je lui ai parlé au téléphone. L’humeur est à la rigolade un brin paillarde quand résonne l’intro de Daniela. C’est fou comme après toutes ces années les paroles me sont revenues en tête. Soudain, un drôle de doute m’assaille

– C’est pour me signaler qu’il y aura des copains qui vont passer ?

– Ah ça non ! Je ne suis pas partageur !

– Jaloux ?

– Du tout, mais pas partageur pendant la chose… les partouzes, c’est pas mon truc, c’est tout.

– Pourquoi ?

– Ça finit toujours en concours de quéquette pour les hommes et en concours de salopes pour les femmes… Si je fais reluire une femme, je veux être sûr d’y être pour quelque chose, pas parce qu’elle est excitée par ce qui se passe à côté, tu vois ce que je veux dire ?

– Tout à fait et, quitte à te choquer, je partage ton point de vue.

– Pourquoi ça me choquerait ?

– On n’est pas vraiment sur la même longueur d’onde, en règle générale.

– Sauf question cul et là, on parle de cul, non ?

– Ta main…

– On arrive, ma belle, on arrive !

– Je note que je passe de salope à belle…

– Salope, c’est dans l’intimité ou quand j’ai la main à la place de ta culotte.

Nous entrons dans la caravane. Il fait une chaleur à crever. Je retire le bandeau qui recouvrait mes yeux. Titi se dirige vers un minuscule frigo, il en sort une bière et se dit désolé de ne pas avoir un thé gourmand à me proposer.

– T’es pas obligé de le dire avec la bouche en cul de poule !

– C’est pas comme ça qu’on fait dans ton monde ? Chez les artistes intellos ?

– Pff, le cliché ! D’où t’as vu que je fréquente ce monde ?

– Ça me plaît de t’imaginer dans ce milieu de culs serrés par les bonnes manières, entourée de tous ces mecs sapés à ton goût, parlant avec des mots choisis de sujets tellement profonds, tellement… intelligents, tellement… et pis tu te dis qu’en fin de compte, tu préférerais passer la soirée avec Titi… ouais, avec Titi et sa baguette magique…

– Je préfère ne pas répondre… Bon, avant que je meure de soif, t’as quoi d’autre de frais à me proposer ?

– De la Badoit… je peux te faire un mojito, si tu veux…

– Un mojito sans feuille de menthe ?! C’est osé !

– Mais j’en ai ! Tiens, regarde !

Il sort un bac à glaçon avec des feuilles de menthe prises dans la glace. « Jamais pris au dépourvu, toujours prêt à surmonter l’imprévu, telle est la devise du play-boy prévoyant ! » J’éclate de rire, mais je me reprends aussitôt.

Je décide, sans en avertir Titi, d’endosser le costume de Geneviève Duval, snobinarde évoluant dans le milieu de l’art, avec plein de « â », qui découvre le plaisir pulsionnel dans les bras d’un rustre banlieusard.

Les yeux dans le vague, un poing serré sous le menton je lui indique à quel point je suis plongée dans mes pensées, à quel point j’ai plongé dans leur profondeur. Du coin de l’œil, j’observe Titi amusé.

– Quelle chaleur ! « Goûtez pendant quelques heures aux joies du caravaning et découvrez ce plaisir simple qui réjouit les classes populaires ! » Tu parles ! De toute façon, seule dans cette… caravane…

Je déboutonne mon chemisier et m’évente en agitant les pans de soie. Hélas, ce n’est pas suffisant pour me rafraîchir. Je prends alors le verre embué, ruisselant posé sur la table et je le fais rouler contre ma peau, entre mes seins. Soudain, je sursaute.

– Tiens, ils ont même pensé à mettre un mannequin par souci de réalisme ! C’est vrai, la promiscuité… c’est populaire… Oh, comme il est réussi ! On pourrait le croire vivant ! Voyons voir si vous bandez, monsieur l’ouvrier en congés payés !

Je pose ma main sur son bas-ventre, sursaute une nouvelle fois avant de me confondre en excuses.

– Oh ! Pardon, monsieur… je vous avais pris pour… un…

– Je sais, je suis pas sourd !

– Comment pourrais-je me faire pardonner ?

– Pour commencer en reposant vot’ main là d’où vous venez de l’ôter ! Oui… comme ça… oui… continuez comme ça !

– Mon cœur s’emballe… voulez-vous y poser les mains… à toutes fins… utiles… au cas où…

– Ça vous dirait un p’tit surclassement, qui vous serait pas facturé ? Un p’tit surclassement juste entre vous et moi ? Genre « découvrez comment les prolos prennent leur pied au milieu de toute cette misère » ?

– Oh ! Vous me feriez ce cadeau ?! Ce merveilleux cadeau ?

– Bah ça, pour sûr, quitte à œuvrer pour la promotion du prolétariat, autant y aller à fond !

Il m’invite à m’asseoir, ouvre sa braguette, se ravise et décide de retirer carrément son jean.

– Voyons voir si cette bouche est capable d’autre chose que de dire de jolies phrases…

– Vous… vous voulez dire… ma bouche… votre… Votre… dans ma bouche ? Comme dans les romans ?!

– Je sais pas quels romans tu… Oh, putain ! Oui… comme ça ! Oh… oui ! Ouvre les yeux… regarde-moi comme la femme respectable que tu es et qui a envie de libérer la salope qui sommeille en elle entre mes bras !

Il se tait. Je le suce, guidée par ses grognements, ses soupirs qui déchirent le silence comme autant de coups de fouet lacérant un paravent de soie. Titi m’entraîne vers le lit. Il sort une capote du tiroir de la table de chevet, me montre l’emballage.

– Ça, c’est de la capote de prolétaire ! Vous en avez pas des comme ça, chez les aristos !

Je ne peux réprimer un éclat de rire, cependant, je rendosse aussitôt le rôle de Geneviève Duval.

– Comme on dit par chez nous, les nantis, les intellos, les bourgeois, les bobos, bref ceusses de la haute, ils ont le cœur sec comme un coup de trique, voyons voir si c’est le cas des chattes de leurs dames… Ah ben, non ! Mais c’est qu’elle mouille comme une gentille prolo, mâââdâme l’intello ! Oh la la, voyez-moi ça, ça glisse tellement, c’est tellement ouvert qu’on pourrait y mettre le poing !

– Je vous assure que c’est la première fois que ça m’arrive ! Dois-je m’en excuser ?

– Pas le moins du monde ! C’est juste que sans le savoir, vous aimez le sexe inter… euh… inter classes sociales !

Il décide d’opter pour ce que nous appelons « la formule entrée, plat, dessert et café gourmand ». La formule nous devient habituelle, mais puisqu’elle nous convient à tous les deux, pourquoi nous en priverions-nous ?

Dans le but de réellement promouvoir la baise prolétaire, après une première levrette, une première cravate de notaire (ou branlette espagnole, Titi m’a expliqué la différence, mais je ne m’en souviens pas au moment d’écrire ce rapport post-coïtal), au lieu de jouir dans ma bouche, il décide de m’offrir une seconde levrette. Pendant qu’il enfile une nouvelle capote, je me mets à quatre pattes sans me coucher sur le flanc. Titi sait ce que ça signifie, toutefois, je veux lui en expliquer la raison.

– À chaque fois que j’ai tenté l’expérience, j’en ai retiré plus de douleur que de plaisir. En fait, que de la douleur et aucun plaisir. Mais quelque chose au fond de moi me dit qu’avec toi, il pourrait en être autrement… alors, si ça te tente…

– Si ça me tente ?! Si ça me tente ?! Et comment que ça me tente ! Seulement, tu vois…

Sa main glisse le long de ma raie, s’arrête sur mon anus.

– Seulement, tu vois… si tu te sens prête dans ta tête, ton corps n’est pas vraiment convaincu… Remarque comme son premier réflexe est d’éviter mon doigt… tout de suite, ton cerveau corrige le truc, mais moi, ça me prouve que ton corps n’est pas encore prêt… Alors, non, malgré que ça me coûte, je ne t’enculerai pas aujourd’hui.

Cette seconde levrette, à demi sur le flanc, me fait davantage jouir que d’ordinaire, alors que tu sais à quel point l’ordinaire avec Titi est jouissif. Quand il retire la capote qu’il met sa queue entre mes seins, je le supplie de ne pas jouir dans ma bouche, mais sur eux.

L’image de mon corps et de mon visage couverts de sperme s’impose à moi. Elle m’excite au plus haut point alors qu’elle m’avait jusque-là toujours révulsée. Titi, gentleman de la classe ouvrière, s’exécute. Je lui en suis reconnaissante et le lui dis.

Nous avons davantage de temps cette fois-ci, nous avons rejoint la caravane avant midi et il me redéposera devant l’hôtel en début de soirée. Nous en profitons pour nous papouiller, nous tripoter, nous embrasser. Partout.

– Tiens, mets-toi en position… comme je vais être absent tout le mois et pour te donner matière à réflexion…

Tremblante d’un mélange subtil d’excitation, de curiosité teintée de crainte, je lui obéis. Ses mains écartent mes fesses. Oh, putain ! Sa langue… oh, putain ! C’ que c’est bon ! Oh, pu…

– Non ! N’arrête pas !

– Tu vois… t’aimes ça, hein ?

– Et toi ?

– Si tu ouvrais les yeux et que tu voyais ma bite, tu poserais pas la question !

– Continue, alors… s’il te plaît !

Je ne sais pas comment il s’y prend, mais il me fait jouir rien qu’en léchant mon… Titi m’apprend qu’on appelle ça « une feuille de rose ». C’est plus élégant que les mots qui me venaient à l’esprit pour décrire cet instant précis.

La bite à Titi ayant retrouvé sa forme, nous baisons (« Baiser, c’est faire l’amour sans se croire obligé de se faire des promesses » dixit Titi). À nouveau, nous optons pour une « formule complète », il rigole quand je précise « avec supplément levrette ». Comme un reproche, il me dit « Tu vas finir par me faire craquer pour toi, ma jolie salope ! »

Épuisés, accablés par l’atmosphère étouffante de la caravane, nous nous allongeons sur le lit. Il fait tellement chaud, nous sommes si fatigués que nous ne trouvons pas la force de faire les trois ou quatre pas nécessaires pour atteindre le frigo garni de boissons fraîches. Je souris béatement en regardant le plafond de la caravane. Je tourne mon regard vers le visage de Titi et constate qu’il en est de même pour lui. Il me regarde presque aussitôt. On se sourit.

– Un mois, dis-tu ? Un mois à attendre ton retour ? Dans un mois, mon corps aura tout oublié… déjà, il me semble que…

– Pourrais-je vous offrir une autre feuille de rose, charmante Geneviève ? Histoire de…

– C’est proposé si gentiment… oui… Offre-moi une feuille de rose, prévenant Titi… et fais-moi encore jouir en me bouffant le cul !

Je ne sais pas combien de fois la scène s’est répétée, mais je ne sentais plus mon corps quand nous avons rejoint la voiture. Mon bandeau sur les yeux, j’ai poussé un petit cri de plaisir quand mes fesses ont touché le tissu du siège auto, chauffé par le soleil. Il me semblait sentir encore le contact de la bouche, de la langue, des doigts de Titi.

Voici, cher monsieur Dumont, le compte-rendu post-coïtal de mon dernier rendez-vous avec Titi 7-7 avec l’annonce du programme de nos frasques post congé estival à venir !

Geneviève Duval

Aux plaisirs discrets ~ Septième épisode – Laurent

– Vous avez laissé tomber ça…

J’allais descendre du RER quand cet homme m’a tendu une enveloppe. Je n’ai pas eu le temps de me demander d’où elle venait et comment elle était tombée de mon sac, je l’ai prise, je l’ai ouverte et sur l’escalator, j’ai lu la lettre qu’elle contenait.

Après mûre réflexion, je décide de répondre à ses avances. Dès le lendemain matin, profitant d’un soubresaut de la rame, je glisse, sans qu’il s’en aperçoive, ma réponse dans la poche de sa veste.

Le jour suivant, debout dans la travée, il me demande si j’ai du réseau. Pour prouver sa bonne foi, il me montre l’écran de son téléphone. « Disons plutôt 17 heures ». J’acquiesce et je passe la journée à penser à ce Laurent en comptant les heures qui me séparent de lui. Elles sont au nombre de trente-trois. Trente-trois heures à me demander si j’ai bien fait, à me demander comment ça va se passer.

Le vendredi arrive. Je n’ai pas la patience d’attendre dans ma chambre. À 16 h 45, je descends dans la rue, j’en profite pour allumer une cigarette. Je n’ai pas le temps de la fumer que je vois Laurent s’engager dans la rue et se diriger vers l’hôtel à grands pas. Il est surpris de me trouver là. Un peu intimidés, nous nous saluons d’un hochement de tête.

Dès qu’il franchit le seuil de l’hôtel et jusqu’à notre entrée dans la chambre, Laurent marche la tête baissée. Il me demande tout à trac d’éteindre mon téléphone et fait de même avec le sien.

– Je n’ai pas envie d’être filmé à mon insu et d’apprendre que la sex-tape tourne sur les sites pornos !

Je n’avais jamais songé à cette éventualité ! Je maudis ma candeur en la matière.

– Tu avais peur d’être mal vue par le réceptionniste si je lui demandais le numéro de ta chambre, c’est pour ça que tu m’attendais sur le trottoir ?

– Oh non ! Officiellement, je fais une enquête sur un sujet brûlant, cet hôtel sans vidéosurveillance, ni connexion internet me garantit, ainsi qu’à mon interlocuteur toute la discrétion requise…

– Mais c’est génial comme couverture ! Genre « Panama papers » ?

– Je préfère rester évasive en employant le terme “enquête” qui s’applique autant au journalisme qu’au renseignement.

Le regard que Laurent pose sur moi, le sourire qu’il m’adresse caressent agréablement mon orgueil. J’y puise l’audace de déboutonner mon chemisier, de l’ouvrir en grand « pour qu’aucun doute ne subsiste, pour que tu puisses constater l’absence de micro ! »

Les yeux de Laurent s’écarquillent, ses lèvres bougent sans qu’aucun son n’en sorte. Je réalise à quel point je suis excitée par la vue d’une bosse se formant dans un pantalon et ce depuis ma première rencontre dans cet hôtel.

– Tes seins… ! Je me demandais quel soutif pouvait les maintenir tout en restant invisible… en fait, t’en portes pas… Je peux ?

Laurent tend sa main vers ma poitrine.

– Je me vexerais si tu ne le faisais pas !

– Comment fais-tu pour qu’ils soient si parfaits ? Leur tenue, leur forme… quel est ton secret ?

– L’injustice.

– La justice ?!

– Non ! Au contraire, l’in-justice. Je n’ai jamais rien fait, ni sport, ni crème, ni chirurgie. Rien. Il y a quelque temps, j’ai viré mon mari et j’en ai profité pour jeter mes soutifs. Dans un même mouvement libérateur. Voilà, tu connais mon secret. L’injustice !

Mon chemisier reboutonné, je me tiens debout face au bureau. Laurent est derrière moi, contre mon dos. Son souffle sur ma nuque me grise. Sa main se faufile dans mon encolure. Je sens durcir mes mamelons. Il les sent aussi, son grognement ne laisse planer aucun doute.

– Laurent, enchanté de faire votre connaissance.

J’attrape son autre main, je la plaque contre mon pubis pour l’inciter à se coller davantage contre mon corps.

– Geneviève, également enchantée !

Nous nous chauffons un certain temps. Tout en conversant de tout et de rien, surtout de rien, Laurent remonte ma jupe. Je lui tourne toujours le dos. Sa main se glisse entre mes cuisses.

– Tu ne portes pas de culotte ?!

– Je les ai jetées en même temps que mes soutifs. Ça t’ennuie ?

– Non, au contraire, mais j’y penserai quand on se croisera dans le RER !

– Avec émotion, j’espère…

Laurent est en sueur, l’hôtel n’est pas climatisé et en cette fin juin, la chaleur est étouffante. J’ai pris une douche avant de l’attendre sur le trottoir, il me dit de me mettre à l’aise pendant qu’il prend la sienne.

Assise au bord du lit, les jambes légèrement plus écartées que prescrit par la bienséance, mon chemisier est néanmoins boutonné. Une main posée sur ma cuisse, l’autre jouant avec un collier imaginaire, je regarde au loin, comme absente.

La porte de la salle d’eau s’ouvre. Laurent est nu, je regarde son corps, mais très vite seule la vue de son sexe focalise mon attention. Je ne réalise pas tout de suite que ma main a glissé entre mes cuisses, que l’autre caresse mon sein dont le mamelon pointe si fort qu’il semble ne faire qu’un avec la soie.

Pour masquer mon trouble et jouer mon rôle de la belle indifférente, je tourne mon regard vers la fenêtre. Laurent s’approche. Il pose sa main sur mon épaule. Je soupire d’aise et, dans un même mouvement, donne un petit coup de langue sur son gland.

Je regarde enfin Laurent. Il me sourit et ferme les yeux comme lorsqu’on veut être sûr de ne pas oublier. Le goût de son sexe est divin. J’en oublie le plaisir que je procure à Laurent tant celui que je prends me submerge.

Les mains de Laurent caressent doucement mes joues, mes lèvres. Le grognement continu du plaisir qu’il prend fait vibrer tout son corps, jusqu’au bout de son sexe. Cette vibration se propage dans ma bouche. Le temps arrête sa course dans cette communion de nos deux corps, il me semble que de l’atmosphère suinte la mélodie d’Amazing Grace.

La voix de Laurent est d’une douceur incroyable quand il me dit « Viens ! » Nous faisons l’amour tendrement alors qu’on s’était mis d’accord pour baiser fougueusement. Néanmoins, loin de nous désoler, ce changement de programme nous réjouit.

Je prends un plaisir fou à regarder son corps, dont les imperfections, en le rendant humain, l’embellissent et me rassurent. Si je rêvais, je ne les verrais pas. Le regard que Laurent pose sur moi me séduit au-delà du raisonnable et ce petit cri animal qu’il pousse quand il jouit hérisse mes poils de plaisir, alors, enfin mon orgasme explose.

– D’habitude, je n’embrasse pas, mais je sais que tu n’y verras pas le début d’une histoire d’amour. N’est-ce pas ?

– Oui. Je n’ai pas envie de me lancer dans une histoire sérieuse, surtout si, comme je le présume, tu es en couple.

– Alors, je peux te dire deux secrets. J’ai une super envie de t’embrasser et… je ne m’appelle pas Laurent.

– Ça tombe bien, parce que figure-toi que j’en ai aussi envie… et que je ne m’appelle pas Geneviève !

Nous passons au moins un quart d’heure à nous embrasser, à nous appeler Laurent et Geneviève. On rit comme des ados et comme cela arrive plus vite aux jeunes hommes qu’à ceux de notre âge, la bite de Laurent retrouve une vigueur toute juvénile. Il en est émerveillé.

– T’as vu, Geneviève, je rebande déjà ! Si j’osais…

– Hé bien, ose, Laurent, ose !

L’étreinte torride que nous avions espérée arrive enfin, avec un peu de retard certes, mais je préfère y voir une forme de politesse, elle a sans doute jugé plus décent de s’effacer devant cette grâce arrivée à l’improviste.

Nous nous promettons de ne pas chercher à réitérer, la magie de cette soirée tenant au fait qu’elle restera unique et son intensité gravée à jamais dans nos mémoires. Laurent, tout comme Geneviève, feront semblant de rien quand ils se croiseront, dès lundi matin, dans le RER. Ce secret, leur pacte restera à jamais leur trésor. Le plus difficile sera de ne pas sourire, de ne pas rosir, et, si j’en crois Laurent, de ne pas bander en imaginant le corps nu de Geneviève.

Geneviève Duval

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Aux plaisirs discrets ~ Sixième épisode – Titi 7-7, le retour

– C’est quoi ce sourire ?

– Bonjour, madame Duval !

– Oui, bon d’accord, bonjour monsieur Dumont ! Alors, pourquoi ai-je l’impression que tu m’as attendue juste pour afficher ce sourire ironique ?

– Parce que j’étais impatient.

– Impatient ?

– J’ai failli renvoyer ma douce et belle tant j’avais hâte de te voir.

– Quoi ?!

– Quand nous sommes entrés dans l’ascenseur, il y avait un… comment dire ? Un gentleman en pantalon un poil trop petit, une veste en jean couverte de badges à l’image de son idole, santiags aux pieds. Gentleman qui, face au miroir, se curait les dents de l’ongle de son auriculaire. Il est sorti de l’ascenseur en sifflotant. Il ne manquait plus que le coup de peigne et j’aurais pu jurer qu’il s’agissait du fameux Titi 7-7, prince du Balto…

– Pas du Balto, du Cristal Bar, c’est fou comme tu es peu attentif aux détails, quand même !

– Je vous ai imaginés, toi, ne te sentant plus chatte, devenant chienne, à l’appel du loup brisant enfin tes chaînes, son corps sur ton corps, lourd comme un cheval mort…

– C’est malin ! Vraiment ! Mais arrête de rire ! T’es rien qu’un gros jaloux, en fait !

– Bon, maintenant que je sais à quoi il ressemble, raconte ! C’était aussi bien que la première fois ?

– Pfft… non. Putain, ça m’énerve… c’était encore mieux… ! Et pour lui aussi, si j’en crois les confidences que lui a faites sa bite ! À chaque fois, ça marche à tous les coups !

– Comment ça « à chaque fois » ? Tu as pris pension à l’hôtel ?

– Non, mais il n’y a pas que les hôtels… Tu sais comme j’avais été déçue par l’adjoint à la culture de la dernière fois… Bêtement, j’ai voulu me venger de cet homme dont les promesses de jouissance infinie étaient si…

– Prometteuses ?

– Exactement ! Bref, sans même vraiment le vouloir, j’ai appelé le fameux Titi 7-7. Il m’a donné rendez-vous porte de Bercy. Je suis montée dans sa bagnole, il m’a dit « Tiens, prends ça, bande tes yeux et en voiture Simone ! »

– « En voiture Simone » ? Ça se dit encore ça ?!

– Faut croire…

– Et quel modèle, la voiture ?

– J’en sais rien, blanche avec un auto-collant en haut du pare-brise, genre pare-soleil.

– Titi 7-7 en gros caractères ?

– Hey, c’est moi qui raconte ou c’est toi ?! Pff tu fais chier… ! Arrête de rire ou je ne t’en dis pas plus ! Tiens, le plus simple est que tu lises mon compte-rendu, je l’ai écrit avant de descendre pour le petit-déjeuner, d’où mon léger retard.

– Promis, j’imagine la scène avec Johnny en fond sonore…

– Même pas ! Mais lis, plutôt.

Mon cher monsieur Dumont,

Tu sais comme j’avais été déçue par la prestation de Sébastien, rencontré à la « soirée coquine » où je t’accompagnais. Insatisfaite, j’ai ruminé ma déception pendant un temps infini et, mue par un réflexe puéril, j’ai voulu oublier cet homme dont les promesses de jouissance si alléchantes avaient été déçues et prendre enfin le pied auquel j’estime avoir droit.

Après quelques heures (enfin, au moins dix minutes) d’hésitation, j’ai appelé Titi 7-7. Il m’a donné rendez-vous porte de Bercy. Je suis montée dans sa voiture.

– Tiens, prends ça, bande tes yeux et en voiture Simone !

Comme à son habitude, il sifflotait, et je me demandais pourquoi l’avoir rappelé parce qu’il était évident que ça n’allait pas être possible. Certes, j’étais excitée quand il posait sa main sur ma cuisse, mais à un moment, j’ai cru que mon désir allait s’évaporer aussi brusquement qu’il m’avait saisie.

Titi a glissé sa main sous ma jupe, j’étais dans tous mes états, peut-être parce que je ne le voyais pas, que j’ignorais où il me conduisait, mais quand il a dit « Oh, mais c’est qui, qui va faire miauler cette petite chatte ? Hein, c’est qui ? C’est la quéquette à Titi ! », j’étais sûre que je n’avais plus envie… sa main a poursuivi son chemin… mon corps s’est enflammé aussitôt.

Il me caressait tout en conduisant, il a retiré sa main le temps de passer une vitesse, si je me souviens bien. Sa main avait à peine quitté ma peau que la mienne a cherché son entrejambe, de façon instinctive. Titi 7-7, rigolard m’a demandé ce qui me prenait. J’ai répondu sur le même ton.

– Je voulais vérifier que la quéquette à Titi était assez en forme pour faire miauler ma petite chatte !

– J’aime bien quand tu causes comme ça, romantique ! Hey, mais tu te frottes à ton siège comme si t’avais le feu au cul, ma parole !

– La faute à qui ? Elle est où ta main ? Tu me chauffes et…

– Et on est bientôt arrivés ! Tu gardes ton bandeau d’accord ?

Avant même de l’avoir ôté, je savais que j’étais dans une caravane. « Mon home sweet baisodrome ! » et, comme s’il ne connaissait pas déjà la réponse, il me demande pourquoi je l’ai appelé.

– Tu sais bien pourquoi, Titi, fais pas semblant ! Je t’ai appelé parce que je voulais être sûre de prendre mon pied en baisant et qu’avec toi, c’est succès garanti.

– Ça fait toujours plaisir à entendre ! Et quelle formule conviendrait à madame ? Entrée, plat, dessert, café plus vin en carafe ?

– Une fellation pour commencer, pour le reste, je te laisse maître, mais je me réserve les droits pour le café.

– C’est parti !

– Mon kiki !

Sur ces bonnes paroles, j’entreprends de le sucer. Je veux le sucer pour l’exciter davantage qui ne l’est. Je pense qu’en jouant à la dame stricte qui est en fait une vraie salope, je lui donnerai l’envie de me baiser sauvagement.

Je le lèche en le regardant par en dessous, un regard vicieux, la langue exagérément sortie, puis, je me prends au jeu, à mon propre jeu. Titi le remarque, ému, il me caresse la joue, la commissure de mes lèvres.

– Bon, allez ma bonne suceuse, passons au plat principal… Allez, zou ! C’est parti pour la levrette !

Je n’osais en rêver ! Une levrette ! Je me mets à quatre pattes sur le lit. Titi me demande de me mettre dans la largeur du lit. Juste avant de me pénétrer, il me couche sur le côté.

– Comme ça tu pourras voir ce que j’aime voir, tu vois ? Dans le miroir. Tu pourras voir tes yeux, ta bouche quand tu prends tellement ton pied que ça fait tomber le masque des bonnes manières et tout le tralala snobinard, quand tu laisses apparaître la chienne en rut, la salope qui aime la bite et qui aime prendre son pied, alors là… Pfui… t’es presque belle !

Ensuite, il me baise, comme toujours en silence, si ce n’est le son de ses râles, de ses interjections de plaisir. Je me regarde dans le miroir de cette armoire minable, mon regard croise le sien, je sais ce qu’il attend de voir. Après quelques minutes, il détache son regard du mien, pose ses yeux sur sa queue, je sens au fond de moi (si tu me permets l’expression !) que le spectacle lui plaît, du coup, ça me plaît, même si je ne vois rien. Il relève son visage, regarde le mien dans le miroir et, sans un mot, soulève ma cuisse pour que je puisse en profiter aussi.

Je n’ai pas vu mon visage, ni même mon regard changer parce que,fascinée, excitée par la vision de son membre allant et venant en moi, quand je lève enfin le regard vers mon visage, il est trop tard. Le masque est tombé.

Titi me baise donc avec tout son art, en prenant son temps, jouant avec mon orgasme comme d’un accordéon. Il sort de son silence pour complimenter ma poitrine.

– Je sais ce que je prendrai au dessert. Oh, tes nibards c’est… c’est une œuvre d’art ! (Il descend son regard et, l’air de rien écarte mes lèvres.) Ah ! Te voilà, toi ?! T’étais passé où ?! Oui… voui voui voui voui voui, les petits guillis !

Ce salaud, tout en allant et venant en moi, chatouille mon clitoris et me fait jouir. Satisfait, il se retire, enlève son préservatif, cale sa bite entre mes seins. Il sait qu’en me caressant les cheveux, en me caressant le visage comme il le fait, il accroît mon plaisir.

– Jette un coup d’œil dans le miroir !

Je me vois emportée par le plaisir et je réalise alors que je me masturbe en serrant mes cuisses très fort, en les frottant par mes ondulations et que j’ondule au rythme de ses va-et-vient.

– Oh ! C’est encore meilleur !

Il accélère un peu le rythme, se retire brusquement.

– Le café de madame est servi !

Le salaud, il me connaît déjà si bien !

– Au diplôme des salopes, je te mets 20/20 à l’oral, ma gourmande !

Au lieu de regimber, Geneviève et moi en redemandons, parce que dans la bouche de Titi, ces mots sont un compliment et nous les prenons pour tels.

– Lèche-moi les boules, ma suceuse gourmande !

Pour que le souvenir de cette première me soit à jamais agréable, Titi caresse mes seins d’une main, mes cuisses, ma chatte de l’autre. Je pense que c’est ainsi qu’il parvient à garder une relative érection après son éjaculation. En tout cas, c’est ce que je veux croire.

En me regardant dans le miroir, je réalise que mon visage, tout mon être est transformé. Je jouis en comprenant qu’ainsi, je ressemble à l’univers de Titi. C’est pour cette raison qu’il me trouve « presque belle » quand il me fait jouir comme ça !

Je le savais, il m’a prévenue dès mon coup de fil, il n’a pas beaucoup de temps à m’accorder. De toute façon, j’ai obtenu ce que j’étais venue chercher et bien plus encore.

Nous nous rhabillons tout en nous roulant des pelles, en nous offrant de vicieuses papouilles. On s’excite pour hâter l’envie de nous revoir. Il me tend le bandeau.

– Je veux garder l’endroit secret. C’est pas contre toi, même ma femme l’ignore !

– Parce que tu l’as déjà amenée ici ?!

– Bien sûr ! Mais elle a toujours les yeux bandés quand elle vient. Pourquoi ? Ben, parce que son truc à elle, c’est de jouer au kidnapping… même pendant… la chose, elle garde les yeux bandés.

Je prends la nouvelle d’une étrange façon, je suis à la fois meurtrie d’entendre ses mots, tout en étant touchée de l’évidence avec laquelle il les a prononcés. J’y vois une marque de confiance et je ne pense pas me tromper.

Sur le chemin du retour, je lui demande s’il aurait quelques heures de libre dans l’après-midi de vendredi, parce que je récupère la clé à 15 heures, je préviendrai la réception de sa venue.

– Ben, dis donc, ma cochonne, je vais finir par croire que t’aimes ça !

– On est déjà arrivés ?

– Non, non. Je me suis garé sur une aire de repos. J’aimerais pas que mon nom se retrouve dans un rapport de gendarmerie avec, à la rubrique « Circonstances de l’accident » la mention « a été déconcentré par la fellation prodiguée par la dénommée Geneviève Duval, plus connue sous le surnom “l’impératrice de la pipe”. »

J’éclate de rire.

– Je n’avais même pas remarqué que je te suçais !

– On n’a pas le temps, ma belle. Où veux-tu que je te dépose ?

– N’importe quelle Porte fera l’affaire. Alors, pour vendredi ?

– T’as de sacrés arguments… Je vais faire mon possible.

Il a tenu parole et est venu me rejoindre dans ma chambre, hier vers 16 heures. Parmi les choses que je préfère avec Titi, c’est notre quasi-silence pendant nos ébats, mais on se la joue « séance du ciné-club », tu sais « Présentation du programme, film et pour finir débat et commentaires ». Parce qu’après la chair, nous sommes trop épuisés pour jouer un rôle, si mon masque est tombé, le sien l’est aussi. Vendredi, après l’amour, nous avons eu cette discussion.

– T’as remarqué, t’es pas mon type de meuf, je suis pas ton type de mec, pourtant dès qu’on est au pieu, c’est magique !

– Comment t’expliques ça ?

– Quoi que je fasse, je serai jamais ton type et quoi que tu fasses, tu ne seras jamais le mien, alors on n’a pas besoin de se jouer la comédie. Tu sais pourquoi tu veux me voir et moi je sais qu’avec toi, ce sera magique. Prendre un super pied, pour être franc, comme j’en ai rarement pris et savoir que je te donne autant de plaisir que tu m’en donnes… c’est inestimable.

– Pour toi, puisqu’on ne se fait aucune illusion, ça nous permettrait de nous laisser aller ?

– Exactement. Accepter que nos corps, que nos désirs se comprennent mieux que nous et les laisser faire… T’as cinq minutes ? Attends.

Titi sort son téléphone de la poche de sa veste, l’allume. « Allô, chérie ? Oui. Je rentrerai plus tard. Je sais pas. Non, m’attendez pas pour passer à table. Je sais pas. Dès que je peux. Oui. À ce soir ! » Tout en conversant avec sa femme, il fait aller et venir le tranchant de sa main entre mes seins. Il bande désormais assez dur pour me « taquiner la chatte » du bout de son sexe sans se servir de ses mains. Il raccroche, éteint son téléphone, le range.

– Une p’tite levrette pour ma salope préférée ? Pour ma salope préférée du monde entier !

Je me mets à quatre pattes. Une fois encore, il me couche sur le flanc. Je lui en demande la raison.

– C’est parce qu’à quatre pattes, j’aurais les yeux fixés sur ton petit cul. Je sais que ça te branche pas, mais je sais aussi que j’aurais les moyens de te faire changer d’avis et je ne suis pas sûr de résister à la tentation…

Il se tait, m’embrasse, caresse mes seins.

– Si on devait le faire, je veux que ça vienne de toi.

On fait l’amour comme ça, moi sur le flanc, lui derrière moi. J’y prends tellement de plaisir que je m’endors presque aussitôt après son départ.

Je me suis réveillée ce matin avec cette idée qui prend forme en moi. Si Titi tient tant à ce que ce soit moi qui lui propose, c’est qu’il est certain que je vais aimer ça, mais que je dois d’abord être psychologiquement prête à accepter l’idée que la sodomie peut être source de plaisir sans être source de douleur.

Voici ce qui s’est passé les deux fois où nous nous sommes vus et voilà l’état de mes pensées le concernant.

Geneviève Duval