Chroniques matrimoniales – Rien ne vaut pour s’aimer les grands palétuviers

Après avoir parlementé avec Christian, le Balafré était rentré chez lui, mais je savais qu’ils me préparaient une surprise. Dans quelques jours débuteraient les vacances de la Toussaint, la météo s’annonçait clémente, tous les éléments seraient donc réunis et propices à quelques leçons de botanique…

Alain et Christian s’interrogeaient sur l’utilité de démonter et de ranger l’installation de la veille. Cathy se rallia presque immédiatement à leur avis, que je partageais aussi. Soudain, Christian releva brusquement la tête, ouvrit des yeux comme des soucoupes et s’exclama « Fatché ! Comme tu es belle, mamé ! »

Nathalie entra en souriant, sortit un mouchoir de sa manche « Tu me fais pleurer ! » avant de nous faire une révé­rence timide. Rosalie la suivait de près, mais je n’avais d’yeux que pour Barjaco qui discutait avec Valentino. Je me l’étais imaginé comme le Bavard, mais en plus vieux et je me trom­pais lourdement !

Là où la calvitie, chaque jour plus prononcée, du Bavard le vieillissait d’une bonne quinzaine d’années, Barjaco arborait une chevelure blanche, ondulée à la « Ouh ! Il est grand temps de ressortir la tondeuse ! » ; au lieu de la moustache « balai-brosse » de son petit-fils, son visage était orné d’une moustache en guidon de vélo qu’il triturait de ses doigts courts et massifs. Il était plus petit que son descendant, mais je ne parvenais pas à distinguer les traits de son visage et encore moins son regard, dans la pénombre du pallier où il s’était arrêté pour parler avec Valentino. Il semblait vouloir prendre congé de ses amis sans avoir à nous saluer. Valentino cherchait à le convaincre. En vain.

Barjaco salua Nathalie d’une voix de stentor. Je devinai que cet « Adessias, pastourello ! » cachait un rendez-vous secret. Rosalie s’approcha de lui, l’enlaça de façon un peu mutine. Je sursautai quand il posa ses grosses et vieilles mains calleuses sur mes joues. Le temps d’un éclair, nos regards se croisèrent. Il com­prit en même temps que moi. Parce que, tu l’as déjà deviné, ce sont les joues de Rosalie qu’il venait de prendre entre ses mains. Je me l’étais imaginé toujours tonitruant et exubérant, comme les personnages de Pagnol, aussi le calme et le ton posé de sa voix me surprirent lorsqu’il dit « Il va falloir qu’on cause un peu, nous autres et nos petits ».

Puis, comme à regret, il s’avança vers moi, à grands pas de chasseur, me prit dans ses bras, m’empoigna par les épaules et recula d’un pas pour me regarder comme un expert.

– Adieu, Mounico !

Barjaco déposa ensuite un baiser baveux de papé sur mon front, serra la main de Christian, d’Alain, embrassa Catherine « comme du bon pain » et fit un clin d’œil appuyé en apportant cette précision.

Quand il fut parti, que nous fûmes attablés autour des restes du buffet de la veille, je demandai à Valentino s’il ne nous en vou­lait pas trop de ce changement de dernière minute qui les avait obligés à partager le poste d’observation avec Nathalie et Barjaco.

– Ma… pourquoi veux-tu ? C’est pas pareil ! Barjaco… ma… c’est la famille !

Nous riions, je me demandais s’il n’abusait pas à dessein de ces « Ma ! » qui ponctuaient son propos. Taquine, je demandai à Nathalie si Valentino… Je n’eus pas le loisir de finir ma ques­tion, Rosalie s’exclama « Ah, mais non ! Valenti… » avant de me mettre une petite tape sèche du bout des doigts sur le som­met de mon crâne pour me punir de mon insolence.

Nous papotions, picorant dans les divers plats depuis quelque temps déjà quand je réalisai que nous évoquions exactement sur le même ton dégagé, la météo, la politique et nos ébats de la veille. Je mesurai ma chance, notre chance à tous. J’allais le dire à Christian quand je remarquai son regard béat, plongé dans les yeux de Nathalie. Son visage reposait entre les paumes de ses mains, il souriait. Je m’imaginai leur dialogue muet. « Ah… quel dommage… ! On aurait dû être jeunes à la même époque… » « Té Christian ! Tu aurais couché avec ta mamé ! » « C’est vrai ! Tu as raison… c’est mieux comme ça, mais… fat­ché ! Comme tu es belle ! » « Ho, mon titou… tu me regardes comme me regardait ton grand-père ! » Plus tard, quand je lui en parlai, Christian me confirma la justesse de cette intuition.

Rosalie fit glisser vers moi un petit carnet. Je savais qu’il conte­nait d’autres bribes de son histoire. Elle me dit de prendre mon temps, qu’elle avait toute une réserve de petits carnets.

Tu ne peux pas savoir comme écrire sur ses petits carnets la comble !

Valentino me regardait avec toute la reconnaissance du monde, mais quand ses yeux se posaient sur sa Rosalinetta, ils débor­daient d’un amour infini.

– Et puis… quand nous nous souvenons du passé… de ces an­nées… tu sais, elle n’en a gardé que le meilleur !

Rosalie voulut l’interrompre, mais Valentino poursuivit.

– Elle n’a gardé que le meilleur des gens… C’est vrai ou c’est pas vrai ?

– Mais qu’est-ce qui compte ? Qu’est-ce qu’il reste à la fin ? Ce sont bien les sentiments qui nous unissaient les uns aux autres, non ?

Comme s’il était sorti d’un rêve, Christian jeta un regard en biais vers le petit carnet, tendit sa main pour le prendre et le feuilleter, mais Valentino stoppa son geste et sortit de sa poche une vieille enveloppe en papier kraft.

– Ma… regarde plutôt ça… c’est pareil, ma… pour les hommes !

Dans un même élan, Rosalie et moi sursautâmes et tapâmes du poing sur la table. Valentino avait réussi son coup ! Hilare, il s’en réjouissait. Je cherchais une répartie cinglante pour leur clouer le bec à ces trois là, puisqu’Alain s’était joint au concert des moqueries. Rosalie, plus sage, la trouva

Notez cette date, mes chéries ! C’est en ce jour que ces mes­sieurs ont enfin reconnu qu’ils en sont restés aux images, quand nous, les femmes, maîtrisons la lecture !

Voilà mon drame… elle a toujours le dernier mot ! Allez, vaï ! Laissons les femmes savantes entre elles et contentons-nous de nos petits plaisirs masculins…

Valentino avait une fois de plus atteint son but, Rosalie prit Nathalie à témoin « Non, mais t’as vu la mauvaise foi ? ! » satisfait, il sortit de la pièce en sifflotant, Alain et Christian sur ses talons.

Je voulais simplement jeter un coup d’œil rapide sur les pre­miers mots du carnet, mais je fus happée par le récit et ne rele­vai les yeux qu’après le point final. Rosalie, Nathalie et Catherine me regardaient, dans les bras les unes des autres, elles me souriaient. Il me fallut revenir tout à fait en 1975 pour réaliser que « les hommes » ne nous avaient toujours pas rejointes.

Dessin de Mihály Zichy

 

Le 31 juillet 1939, ce fut Pierrot qui accueillit nos premiers invités. J’avais tenu à accompagner Barjaco chez le maire, le père de Toine. Je voulais être celle qui enregistrerait l’acte de décès de Valentino. Si tu savais combien de fois j’ai voulu y laisser un petit symbole discret, un minuscule indice signalant que c’était « pour de faux » !

Quand ce fut fait, je laissai Barjaco sur la place du village, il voulait « s’arranger un peu » avant de nous rejoindre. J’arrivai devant chez moi en même temps que Bouche Divine qui s’en étonna. Tout en ouvrant la porte, je lui expliquai

J’ai dû aller à la mairie avec Barjaco. Il a trouvé un cadavre sur un sentier…

Un assassinat ? !

Non ! Un vagabond ou quoi… on dirait une bonne cuite qu’aurait mal tourné…

Ho, fatché ! Du coup, il vient pas… du coup ?

Si ! Si ! Mais il voulait se faire tout beau…Viens par ici et embrasse-moi où tu le souhaites, mais embrasse-moi !

Le visage de Bouche Divine s’éclaira aussitôt.

Mais on n’a même pas trinqué !

J’avais été la première femme à découvrir la perfection de ses baisers, j’avais été la première avec laquelle il avait fait l’amour, la première à lui faire oublier ses mutilations. Nous étions si jeunes quand nous nous sommes connus ! Si je l’avais rencontré quelques années plus tard, je n’aurais sans doute jamais osé lui parler de ses prothèses comme je le fis. Je l’en­viai parfois et j’étais sincère ! Stupide, mais sincère ! Mais le plus souvent, je me contentais de le taquiner. Comme, par exemple, quand je dégrafais les sangles qui maintenaient ses deux prothèses. Je l’embrassais délicatement sur l’épaule, à la naissance du cou, un cran, un baiser… J’aurais, bien entendu, pu les lui retirer d’un coup, mais j’avais dès la première fois, décidé d’en faire un moment féerique, magique, comme un effeuillage… un cran, un baiser… puis un reproche « Tout ça pour que je t’embrasse ici ! » J’aimais observer le lobe de son oreille remonter, presque imperceptiblement, mais je savais ain­si qu’il souriait. Je lui avais appris à maîtriser ses mains artifi­cielles en lui imposant de délacer les vieux corsets sortis de la malle aux costumes. Il souriait en évoquant sa « rééducation ».

Voici ce que je lui ai apporté, mais lui… la perfection de ses baisers était… inconcevable ! Jamais ni Nathalie, ni moi n’avons connu quelqu’un capable d’embrasser comme il em­brassait. Il le savait et en 1939, ça faisait déjà des lustres qu’il aimait qu’on le suppliât un peu avant de nous offrir les délices de sa bouche.

Alors, en attendant de trinquer, si tu me faisais réviser vos chants traditionnels ?

En signe de désapprobation, Pierrot, Toine et Joli Coquelicot hochèrent la tête, mais Nathalie me fit un clin d’oeil complice.

Cette figure était née dans les premières années, nous avions cousu des tenues d’écolières et nous jouions aux oies blanches échappées à la surveillance des nonnes pendant une promenade et qui faisaient la rencontre de quelques garnements portés sur la chose…

Que nous aimions ces jeux costumés ! Ces rôles que nous inter­prétions et dont les personnages pouvaient réapparaître à l’occa­sion d’une autre saynète ! Nous aimions jouer les oies blanches tout autant que les demi-mondaines quand eux jouaient les séminaristes égarés en Provence.

L’histoire était la suivante, j’étais une écolière retenue en otage par des forcenés, pour hâter ma libération, je devais réciter un poème de Frédéric Mistral ou chanter… en provençal, bien sûr ! Et en y mettant l’intonation ! Et du coeur ! Pour ce faire, Bouche Divine se tenait assis devant moi qui étais debout, tenant d’une main le texte devant mes yeux, de l’autre je devais soulever le devant de ma jupe. Bouche Divine me guidait du bout de sa langue, des mouvements de ses lèvres, mais à la moindre erreur, il écartait les lèvres de mon sexe d’une de ses mains artificielles, tandis que de l’autre, il m’assénait une petite tape au plus près de mon bouton. Alors, je faisais semblant de pleurer pour qu’il me console de ses doux baisers.

Je n’avais pas vingt ans à la création de ce rôle, même si je ne portais désormais plus cette tenue, je recevais tout de même régulièrement des leçons de chant ou de diction. Bouche Divine aimait endosser le rôle du professeur attentif aux progrès de son élève.

Ce 31 juillet 1939, je décidai de revêtir une fois encore, ce long déshabillé soyeux, vaporeux, transparent. Je serai donc une « de la haute » désireuse d’apprendre les traditions locales. Je m’installai devant Bouche Divine et commençai à chanter. Bon sang, comme il savait s’y prendre ! Je me laissais guider par sa langue tant et si bien que j’en oubliais de me tromper ! Je per­cevais l’agacement de Nathalie, ou plutôt son impatience, mais mon cerveau refusait de chercher à en comprendre la raison. Neuneuille était arrivé pendant que je changeais de tenue. J’entendis un « C’est pas trop tôt ! » quand Barjaco fit son entrée, accompagné d’un certain Maurice.

La surprise me valut une tape, puisque ma voix dérailla totale­ment. Maurice rasé de près, avait la moustache préten­tieuse du parisien, les cheveux courts trop gominés, la nuque rasée de haut dénotaient un esprit rigide, que le col empesé de sa chemise accentuait.

Hé bé, les amis, je vous présente Maurice, mon cousin qui est venu de Paris pour passer ses vacances avec nous autres !

Maurice cherchait à croiser mon regard, mais à chaque fois qu’il y parvenait, il serrait ses mâchoires et détournait les yeux. L’ambiance devenait pesante alors qu’elle aurait dû être légère. Barjaco sauva la journée en demandant à son cousin à mi-voix, mais assez fort pour que tous puissent l’entendre, avec laquelle de nous deux il souhaitait s’isoler pour se déniaiser.

– Je ne veux pas t’influencer, mais la petite Normande est plus caressante que la fougueuse Provençale…

Maurice semblait hésiter. Neuneuille lui tendit son verre pour trinquer. Il était homme de principes et d’habitudes. Le rituel exigeait que l’on trinquât avant de débuter les festivités, pour rien au monde il y aurait dérogé !

Bienvenue parmi nous, euh… comment t’as dit qu’on l’appe­lait ?

Té, mais c’est mon cousin Maurice ! Le Parisien !

Maurice… faut pas que j’oublie… Maurice… alors, à ta san­té, Mau… Maurice !

On a qu’à dire « le cousin »… ou… oh oui ! « le Parisien » !

Maurice fusilla Toine du regard, pourtant c’est ainsi que Maurice devint le Parisien au sein de notre amicale. Puis, n’ayant dès lors plus jamais quitté la région, ce surnom fut celui employé par les villageois. Nous trinquâmes donc tous « les yeux dans les yeux… en attendant mieux ! » selon la formule chère à mon Pierrot.

Tout encarminé de désir, Gentil Coquelicot vint houspiller le Parisien, s’il voulait rester puceau, grand bien lui fasse, mais sinon qu’il se décide… et vite ! Je me fis toute douce, câline, pris la main de Maurice, lui demandai de me suivre, lui jetai un regard en dessous, il me sourit enfin et consentit à s’isoler avec moi. Quand il referma la porte de la chambre sur nous, je me précipitai dans ses bras.

Tes beaux cheveux… ! Et ta barbe… ! Et ta mous­tache… ! Et… même comme ça, tu restes le plus beau !

Oh, Rosalinetta ! Barjaco… il m’a tout dit de son cousin… il m’a fait lire ses lettres… m’a raconté leur guerre… il a pensé à tout ! Si ça marche, je lui devrais la vie !

Pourquoi « si ça marche » ? Bien sûr que ça va marcher ! Je n’en doute pas une seconde !

Enfin, il souriait ! Enfin, il espérait !

– Laisse-moi te montrer comment s’y prendre avec une femme…

– Une femme ? ! Ah ! Ah ! Mais tu n’es qu’une enfant !

– Tu me fais rougir, flatteur ! Viens par ici que j’ôte ces affreux vêtements qui emprisonnent ton corps… ton corps que je devine… hummm… fort excitant !

Les yeux de Valentino étincelaient. Ce n’était pas la première fois que nous jouions ensemble, mais c’était la première fois que je jouais, pour lui, ce rôle auquel je ne l’avais pas habitué, mais qui lui plaisait beaucoup.

– Montre-moi comme tu t’y prends sans me cisailler davantage le cou que ne le fait ce maudit col amidonné !

Je me fis la plus délicate possible, mais en détachant le col, rigide comme s’il avait été en carton, je remarquai une estafi­lade rosée le long du cou de Valentino. Je couvris cette marque de baisers légers, décidée à ne cesser qu’après sa dispa­rition. Valentino ne m’en laissa pas le temps. Il me prit dans ses bras, me déposa en travers du lit, écarta les pans de mon désha­billé et observa, intrigué, mon pubis…

– Où caches-tu ton vit, méchante coquine ?

– Mon… vit ? ! Mais les femmes n’en sont point doté !

– Balivernes ! Où le caches-tu ?

– Mais je n’en ai point ! Regarde donc et tu verras !

– Mais… mais… mais… c’est pourtant vrai ! Oh, pauvres de vous, les femmes ! Vous n’avez rien qu’un trou sans fond… !

– Tu te trompes encore ! Il ne s’agit point d’un trou sans fond, mais au contraire d’un fourreau soyeux et accueillant pour ce sabre d’amour qui se tient déjà au garde-à-vous !

Tenant son membre tel un sabre, Valentino recula d’un pas et mima l’assaut d’un cavalier. Nous nous connaissions si bien… ! Dans un geste-réflexe, j’empoignai son sexe au vol et le fis entrer en moi. Il fit semblant de découvrir ce plaisir. Pour l’éprouver encore, il sortit de mon fourreau et y replongea d’un coup… encore… et encore… et…

Des éclats de voix interrompirent nos ébats. Je déplaçai le petit cadre et en observant par l’ouverture, compris ce qu’il venait d’arriver. Le banc de prières et de contrition menaçait de s’écrouler, sans doute quelque assaut trop fougueux avait eu rai­son de sa stabilité. Je vis Barjaco sortir du salon. Il toqua à la porte de ma chambre. Quand Valentino lui ouvrit, il prit un air désolé, fit mine de retirer son béret et de le triturer entre ses mains. Presque tous avaient ce réflexe et le gardaient même tête nue.

Escusez du dérangement, mais… cousin, puisqu’il paraît que t’es menuisier… on aurait besoin de tes services… Non, non ! Pas la peine de te rhabiller, on est entre nous ! Comme le bon dieu nous a faits ! Et puis… comme ça, la Nathalie pourra t’examiner sous toutes les coutures avant de s’encanailler avec toi…

En disant ces mots, Barjaco me glissa un clin d’oeil moqueur par-dessus l’épaule de son « cousin ». Valentino redevint Maurice en franchissant le seuil, il examina attentivement le banc, en caressa la gravure « Oh, la belle ouvrage ! C’est un véritable travail d’artiste ! » et comprit ce qui s’était passé. Il fit une réparation provisoire et nous proposa d’effectuer la défi­nitive dès la fin de notre « sauterie ». Barjaco me demanda si « le cousin » était désormais déniaisé.

Presque, mais tu nous as interrompus…

Vous en étiez où ?

Je m’installai sur le banc, inquiète à l’idée que Valentino ne joue pas le jeu, mais confiante en son envie de réussir cet exa­men de passage. S’il parvenait à rester Maurice pendant cette journée, Valentino cesserait d’avoir peur d’être démasqué et de se faire expulser en Italie où une mort certaine l’attendait.

– Sois pas timide ! Vé ! Je vais te montrer…

Il fit signe à Nathalie de s’approcher, elle s’installa à ma droite. Barjaco, campé sur ses cuisses puissantes, s’installa entre celles écartées de Nathalie. Il invita son cousin à l’imiter. Valentino avait l’air tendu et agacé d’un homme dont un obscur parent claironnait la virginité et lui imposait un dépucelage en public. Il avait donc réussi à garder le « costume » de Maurice !

Barjaco allait et venait, expliquait au Parisien comment agacer les épaules, le ventre des femmes pour qu’elles vous supplient de leur caresser les seins. Il comparait mon corps avec celui de Nathalie dont la poitrine était « un véritable nid d’amour », pour apporter du crédit à cette affirmation, il sortit de Nathalie qui s’assit comme il le souhaitait « Une des entrées du Paradis de Nathalie »

Il allait et venait lentement entre les seins de mon amie, ma sœur, dont j’était pourtant, à cet instant précis, terriblement jalouse. Je savais qu’il me fallait aussi verser mon écot pour accéder à la tranquillité, mais imaginer Valentino désirant lui aussi une caresse entre les seins de Nathalie était une véritable torture. Barjaco sut ne pas faire durer mon supplice. Il revint à nos côtés, demanda à Nathalie de « se remettre en position », tandis qu’il la pénétrait, il s’adressa à son cousin.

Tu es bien en elle ?

Oh oui !

Alors, ne change pas d’allure et regarde… ce sera mon cadeau de bienvenue… quand elle respire comme ça… regarde… fais comme moi, mais avec elle… Entre nous, on se donne des surnoms, t’as entendu, non ? Tss ! Tout doux ! N’accélère pas ! Pas encore… Et le sien, à la Normande, c’est « Bouton d’Or » et tu sais pourquoi ?

Valentino s’était presque arrêté pour connaître la raison de mon surnom… il semblait presque avoir oublié ma présence… il regardait, il écoutait Barjaco, comme s’il ne me connaissait pas, comme s’il ne connaissait pas la géographie de mon corps et la cartographie de mes plaisirs…

On l’appelle ainsi parce que… té… écarte-lui dé-li-ca-te-ment s’il te plaît ! Écarte-lui les lèvres… tu vois ? Sous sa toison dorée… au milieu des replis rose nacré… si tu le titilles bien… té ! Le voilà ! Regarde-le comme il se dresse ! Le Bouton d’Or ! Et ça, c’est une des clés de Rosalie pour vous envoyer au Paradis ! Il suffit de le manipuler avec… Boudiou ! Mais tu as trouvé la manière, on dirait ! Regarde ! Regarde comme elle se pâme ! Et vé, comme ça excite ma pouliche ! Vaï Nathalie, où que tu veux que je me vide ?

Partout !

Ah ça, par exemple, ça va pas être possible ! Té, fais comme moi, cousin !

Barjaco sortit une nouvelle fois du corps bouillonnant de Nathalie, ficha son gland devant sa bouche gourmande. Comme toujours, elle le suça avec un plaisir non dissimulé.

Tu verras… quand tu connaîtras les baisers de Bouton d’Or… oui… oui… comme ça… Hé ! Ne sois pas trop pressé ! T’es plus à Paris ! Tu as le temps… Vé comme elle aime ça, la petite ! Vé ! Et n’oublie pas son Bouton d’Or !

Nu allongé, dessin de Mihály Zichy

Je faillis m’évanouir de plaisir… peut-être même me suis-je réellement évanouie… J’essayais de tenir mon rôle, mais je ne parvenais pas à désirer les membres de l’Amicale avec la même intensité qu’à l’acoutumée.

Toine s’approcha du canapé où nous étions assis, il me prit le verre que je tenais à la main et m’invita à danser en chantonnant une mélodie à la mode. Le seul phonographe que nous possédions appartenait au père de Toine, quand nous ne pouvions ou ne voulions l’emprunter, nous chantions pour accompagner nos pas de danse.

Quinze ans plus tôt, Joli Coquelicot avait dégoté, on ne sait où, un instrument de musique qui aurait pu être une mandoline, mais personne n’en était vraiment certain. Il n’y avait que trois cordes qui n’étaient pas cassées… les autres pendaient le long du petit manche… avec le temps, il avait appris à le dompter… il ne jouait pas vraiment la mélodie, mais ces cling-cling-clang accompagnaient nos voix d’une façon qui nous convenait bien…

Joli Coquelicot prit donc son instrument et je commençai à valser dans les bras de Toine qui se mit à bander très dur contre mon ventre. Il demanda au Parisien s’il voulait danser avec moi, mais le Parisien déclina l’offre, préférant tourbillonner avec Nathalie. Je guettais avec appréhension l’érection de Valentino, me demandant quelle serait ma réaction. Mais quand il banda dur et fort, je ne vis que Maurice et Maurice, je pouvais le partager sans problème !

Maurice ne coucha pas avec Nathalie, il la caressa à peine, mais il avait une bonne raison pour cela. S’il avait succombé à mes charmes, c’est que je lui rappelais son amour de jeunesse, une fille d’Alsaciens qu’il avait connue à Paris, quand il était enfant…

La journée s’acheva entre rires, pas de danses, chansons plus ou moins romantiques, très souvent grivoises, considérations sur la météo, le temps qui passe et notre jeunesse envolée. Barjaco avait prévenu son cousin « Ne t’avise pas de discuter politique ! On a eu assez d’une guerre pour ne pas nous étriper entre nous avec la politique ! »

Maurice, curieux, me demanda ce qui m’avait conduite en Provence. J’allais lui répondre quand Pierrot lui raconta le début de notre histoire, comment sa jolie petite marraine de guerre avait quitté sa Normandie pour venir le voir à l’arrière, comment de retour dans la ferme familiale, j’en avais été chassée, comment il m’avait proposé de venir l’attendre dans son village. Nathalie prit le relais et raconta notre amitié qui nous permit de supporter l’absence, la crainte d’apprendre la mort de nos promis… comment mes habitudes, ma tenue, mon langage, mon accent l’avaient déroutée. Elle raconta ma découverte du mistral, du garbin, de tous ces vents qui m’étaient jusqu’alors inconnus. Elle raconta aussi comment, elle m’avait fait apprécier la cuisine provençale.

Et surtout l’huile d’olive…

Toine avait sauté sur l’occasion pour lui raconter notre séjour à Nice, qu’il promit de faire visiter au Parisien. Je les écoutais, les uns après les autres, parler de moi, raconter mes découvertes, nos ébats, nos éclats de rire, aucun n’évoquait de souvenirs déplaisants ou peu flatteurs. Quand ils me moquaient, c’était de la taquinerie bienveillante. Bouche Divine ne put s’empêcher d’évoquer les longs entretiens qui leur permirent de supporter les cauchemars en attendant de les oublier.

C’est sur une invitation lancée à Maurice de faire partie de l’Amicale que nos compagnons rentrèrent chez eux. Quand nous ne fûmes plus que six, Pierrot, Toine, Nathalie, Barjaco, son « cousin » et moi, nous nous laissâmes enfin aller. Barjaco ajustait sa tenue devant le miroir, il était convenu qu’il rentrerait seul à la ferme, puisque Maurice, son cousin, le Parisien, avait promis de réparer le banc.

Quand même… j’te retiens… ! « Le Parisien » !

Toine éclata de rire.

Plains-toi ! J’aurais pu dire « le Puceau » !

Si vous vous demandez qu’elle aurait été la playlist de Rosalie et sa bande, vous pouvez cliquer sur cette phrase et vous tomberez sur une première sélection de chansons.

Le Balafré enlève Monique et la conduit vers de nouvelles aventures…

En ouvrant une boîte

Présentation baladeImaginez une boîte, un peu vintage, un peu désuette, une boîte qui sent les souvenirs enfouis, amassés au long des années, au gré des héritages… des vieilles photos, de vieilles gravures, une illustration arrachée d’un journal, d’une revue… toutes ces petites choses dont la signification s’est perdue avec le temps, avec le souffle de ceux qui se sont tus à tout jamais… cette boîte qu’on se décide à ouvrir, une promesse est une promesse ! « Je ferai un tri avant l’été de tout ce bordel accumulé au cours des années »

Balade dans les instantanés« Qui m’a refourgué cette boîte ? Que contient-elle au juste ? »

En l’ouvrant, l’odeur se fait plus intense… une première photo… je la retourne et découvre la raison de sa présence… je suis happée par les mots… à qui s’adressaient-ils ?

Je vous propose de me suivre dans ce parcours initiatique… à la fin de chaque texte, le lien vous renverra non pas vers l’instantané qui le suit chronologiquement, mais vers celui indiqué par mon humeur du jour…

Et si nous débutions par un petit tour à vélo ?

 

 

Chroniques matrimoniales – Aparté

J’avais laissé mes partenaires pour m’isoler et parler un peu avec le Bavard. Ça faisait quelque temps que je voulais le faire, mais l’occasion ne s’était jamais présentée et quand bien même, comment aborder le sujet ? À quel moment ? Sur quel ton ? Celui de la rigolade ? Le fait qu’il ait vu mon ectoplasme m’insuffla le courage nécessaire. Le Notaire et Madame ayant libéré leur poste d’observation pour se joindre à notre petite orgie, je saisis l’opportunité de m’isoler avec lui et l’invitai à me suivre.

Troublée de tout ceci et aussi parce que je n’étais pas familière de cette grande maison, j’ouvris la mauvaise porte et surpris Nathalie et son invité, Rosalie et Valentino. Je la refermai aussitôt en m’excusant. Je sais que mes yeux ont vu leur quatre corps nus, mais j’ai mémorisé l’image de leur corps à l’époque des photos que nous avions regardées l’avant-veille… Le Bavard avait voulu jeter un oeil par-dessus mon épaule, mais n’en avait pas eu le temps.

J’entrai dans l’autre chambre, ouvris la bouche pour entamer la conversation, mais aucun mot ne me venait à l’esprit.

Ho, capoune ! T’as perdu la parole ? Qu’est-ce que tu avais de si important à me dire ? Hou… fan ! Regarde-moi ça… ils lui font pas un coup de « mes hommages, Madame »… !

Le Bavard regardait par l’oeilleton et m’invita à reluquer aussi. J’étais folle de ces « Mes hommages, Madame ! » et je bouillais de désir en regardant la femme du Notaire les découvrir. Allongée sur le banc, offerte, les cuisses écartées, les petites lèvres maintenues ouvertes par son époux, elle gémissait de plaisir quand, chacun des hommes la prenait… un aller-retour… « Mes hommages, Madame ! » et laissait place au suivant… Cathy était après Alain et avant Christian. Son tour venu, elle s’agenouilla, la lécha de sa langue experte « Bienvenue parmi nous ! » avant de céder sa place à Christian.

Le deuxième tour débuta… mêmes partenaires… dans le même ordre… deux allers-retours… « Mes hommages, Madame ! »

Jacques Le NantecCombien de tours seraient nécessaires avant le premier orgasme qui sifflerait la fin de la partie ? Mes yeux glissèrent le long du corps du Bavard… Je le regardai, le trouvant follement excitant… N’interrompant pas sa branlette, le Bavard me reposa la question. Je regardai à nouveau par le judas. Il se mit derrière moi… ses doigts me fouillaient… avides comme s’ils n’avaient pas caressé une femme depuis des lustres… son gland battait la mesure dans mon dos.

Je crois que ton grand-père…

… est dans l’autre pièce ? Merci du renseignement ! Je le savais déjà !

Quoi ? ! C’est Barjaco l’invité de Nathalie ? !

– Peuchère, oui ! Tu ne le savais pas ?

Il ne cessa pas ses caresses pour autant, au contraire, il me toucha ainsi tout au long de notre échange.

Tu le sais depuis quand… pour les… grands-parents ?

Depuis notre première fois… ouh… tu mouilles, ma Nine ! Ça t’excite tant que ça ?

C’est toi qui m’excites… pourquoi… ho !… pourquoi j’aime tes grosses mains ? Ta langue baveuse ? Pourquoi c’est si facile de jouir avec toi ? Tu le savais déjà à la crique ?

Non… J’adore te faire jouir… c’est comme si j’avais toujours eu le mode d’emploi… Quand je suis rentré à la ferme, j’ai trouvé le papé… il m’a demandé si j’avais l’insolation… pourquoi que j’avais un drôle d’air… Oooh tu aimes aussi avec le petit doigt qui titille ta rondelle… ô, pute borgne, quelle bonne salope tu me fais là ! Et c’est un compliment !

– Je sais… n’arrête pas… même ta moustache de beauf  m’excite quand elle… frotte comme ça… sur mon épaule… j’aime bien être ta petite salope de parigote, tu sais… oohh… oui… c’est quoi… cette… hist… insolation… ? Oh… c’que c’est bon… !

Tu m’avais fait le coup de la petite fée… je crois que personne ne la voit à part moi… je pensais à ça… et puis à… quand je t’ai palpée… quand je t’ai prise… quand tu m’as sucé… OUI ! Crie comme ça… comme un oisillon tombé du nid… quand on a fait tout ça… c’était comme si c’était pas la première fois… comme si je retrouvais ton corps… Je lui ai raconté pour toi… j’étais déboussolé parce que sinon… il ne savait pas pour Cathy, pour les autres… pour le château… pour la crique… la camionnette à Paulo… non rien du tout…OUI ! Cambre-toi, ma pouliche ! J’ai dit que j’étais à la crique avec Alain… qu’on se promenait… et qu’on avait vu Christian et une vacancière se faire… du bien… que tu avais repéré Alain et que tu nous avais proposé de te baiser devant Christian… tu te rappelles ? Je t’avais fait bien jouir, hé ?

Oh oui ! Comme à chaque fois ! C’que tu m’baises bien… chuuu… arrête ! Je veux attendre que tu m’encules pour jouir… mais d’abord… finis ton histoire…

Je lui ai dit pour la sensation de… déjà-vu… et aussi pour le truc qui volait devant moi… qui me regardait… là, le papé a tourné la tête et m’a fait signe de sortir avec lui… quand on était hors de portée de voix, il m’a demandé comment tu t’appelais, j’ai dit « Monique »… oohh… Monique… laisse-moi au moins caresser tes petits nichons… et ton ventre… Oh ! Tu sens comme je suis le montreur de marionnette et que je te fais danser sous mes doigts… ? Alors, il m’a dit « Baise-la tant que tu veux, mais surtout respecte-la ! Et la règle absolue c’est « Motus et bouche cousue » ! Si tu la croises ailleurs, dis-toi qu’il ne s’est jamais rien passé entre vous ! Si j’apprends que tu lui as manqué de respect, rien qu’une fois, gare à toi ! Sa grand-mère est une femme admirable, son mari avait fait la Grande Guerre, tout comme moi… Si tu lui fais du mal, si tu lui manques de respect… rien qu’une fois… ma parole, je te tue ! » Après, il ma demandé à quoi… un peu le minou… ! s’il te plaît, Monique… un peu le min… rhâââ… putain, quand tu mouilles comme ça, j’ai envie d’y mettre le poing… !

Quand tu… me… fais mouiller… comme ça… j’ai envie de… que… tu le mettes… tant pis… c’est trop bon… mets-y les doigts ! Je veux jouir sur tes d…… aaahhh… !

Bon ! Je la continue mon histoire ? Si tu m’interromps tout le temps, je suis pas près de t’enculer, Princesse ! Il voulait savoir à quoi tu ressemblais… j’ai dit pas petite, mais pas grande non plus… blonde… les yeux bleus… des petits seins comme des oeufs sur le plat… un petit con bien accueillant… de longues jambes… un petit cul pommé… une belle bouche gourmande… et que je lui reparle du truc qui voletait devant moi… et là, il me demande pas « et en bas… c’est une vraie blonde ? » estomaqué, je lui réponds que oui et là… il joint ses mains comme pour la prière, il regarde le ciel « Elle a le bouton d’or ! » Je lui demande de quoi qu’il cause et il me dit « C’est comme ça qu’on appelait Rosalie, la grand-mère de Monique » et il m’a raconté quelques souvenirs… Voilà. L’histoire est finie. Installe-toi à ton aise que je t’encule con-for-ta-ble-ment !

Et pourquoi tu m’en as jamais parlé ?

Té ! Tu vas me faire le coup des trois messes de Noël ? J’aurai droit à ton petit cul qu’à la fin ? On avait dit une histoire pas plusieurs ! Ou alors… tu me suces pendant que je t’explique… hou… je suis sûr que quand tu rentres au Paradis… c’est moins agréable que dans ta bouche… boudiou ! on sent que tu aimes ça… hein.. tu aimes sucer les grosses pines… Regarde-moi… Suce-moi… Écoute-moi… et va en paix, ma fille !

T’es bourré ou quoi ?

Chuuuut… n’arrête pas de me sucer… regarde-moi, jolie Monique… Comment je pouvais savoir que tu savais pour ta grand-mère ? Si vous saviez pour la Nathalie ? Tu imagines ? Je te parle de l’amicale des anciens combattants et toi… tu m’entends dire que ta mamé… elle s’envoyait en l’air avec mon papé… que la grand-mère à Christian faisait pareil ! Qu’elles se gouinaient comme tu te gouines avec Catherine… tu imagines ? Si je te dis tout ça et que tu ne le savais pas avant ? Je vais vous faire de la peine à vous tous ! Et puis, vous me croiriez pas ! Et puis… vous m’en auriez vou… Ho Monique ! Ne me fais pas venir les larmes ! Put… de toute ma vie… on m’a jamais regardé comme ça !

Nous sommes restés un long moment, les yeux dans les yeux, sa grosse queue dans ma bouche, ses mains trapues dans mes cheveux.

Espincho… où qu’ils en sont à côté ?

Je retournai à l’oeilleton.

Toujours aux hommages… Attends ! Elle va jouir, on dirait… Oh ! Comme tu vas aimer la faire jouir ! Elle est belle comme tout !

Elle jouit de qui ?

Du Siffleur…

Viens ! On y va !

Mais… tu ne voulais pas m’enculer ?

Pour ça… on a toute la vie devant nous ! Et l’autre… la Madame, si elle revient pas… ça va me coller de l’aigreur de n’avoir pas profité de l’occasion…

J’admire ton pragmatisme, mon cher !

C’est en riant que nous fîmes notre retour dans la bibliothèque. La leçon de sexe oral avait débuté.

Tu tombes bien, Monique ! Veux-tu montrer à Madame comment tu sucerais la queue de son mari ?

Avec plaisir, mon chéri ! Et toi, mon cher époux, veux-tu bien expliquer à Madame comment tu aimes être sucé ?

La femme du Notaire avait le regard perdu et soulagé du voyageur trouvant enfin un lieu sûr pour passer la nuit… pour faire une halte… Je me fis très vicieuse, très gourmande, très lubrique… mes yeux allaient de la queue du Notaire à la bouche de sa femme… qui s’y prenait assez mal… plus par timidité que par inexpérience… Je lui proposai de sucer Christian en se laissant guider par les sensations qu’elle ressentirait en se faisant elle-même lécher par… je regardai un à un nos partenaires et lui désignai le Bavard. Elle eut un hoquet de surprise, mais accepta…

C’est plus facile ainsi ?

La femme du Notaire ferma les yeux pour acquiescer… elle mit du temps avant de pouvoir les rouvrir… je l’entendais gémir, la bouche pleine de la queue de Christian, j’entendais aussi ses succions baveuses. Le sexe du Notaire vibrait dans ma bouche… J’écartai mes cuisses, offrant ma chatte à la bouche d’Alain… l’idée de titiller la jalousie de Madame m’excitait terriblement… Je suçais son mari pendant que je me faisais brouter le minou par l’étalon qui l’avait culbutée dans la réserve de la salle des fêtes… cet étalon auquel elle pensait chaque fois qu’elle se caressait… combien de fois par jour ? Matin, midi et soir ? Cet étalon qui était enfin à ses côtés et qui s’envoyait en l’air avec une autre….

J’ondulai plus que d’ordinaire, mais il faut dire qu’Alain s’en donnait à coeur joie ! Il aurait eu mille langues qu’il ne m’aurait pas mieux léchée… sucée… Je sentis le Notaire sur le point d’exploser… j’allais demander à Alain d’arrêter quelques instants, mais je n’en eus pas le temps… « Ô pute vierge ! Ô pute vierge ! J’y tiens plus ! » Il me pénétra, cette fois-ci de tout son long… Il fit quelques va-et-vient… sortit de mon vagin et fit admirer son membre« tout luisant de la mouille à Monique » à Madame le Notaire, qui rougit violemment….

Je vis ses cuisses se resserrer autour du crâne du Bavard« Pardon ! » « Y’a pas d’mal ! » étouffés comme quand on parle la bouche pleine ou la tête fourrée dans un oreiller… Alain me reprit… je ne l’avais pas vu souvent aussi félin… aussi sauvage… aussi rusé… aussi habile… Le Notaire explosa dans ma bouche… d’un geste de la main, je lui intimai l’ordre de rester, de se laisser aller aux légères caresses de ma langue…

Il fit remarquer à son épouse que je ne recrachais pas tout dans un mouchoir, comme elle le faisait… Elle interrompit ses baisers pour me demander ce que j’en faisais… taquine, je lui tirai la langue… je m’étais doutée qu’elle me poserait cette question… j’articulais péniblement « C’est bon ! Mmmm ! Tu veux goûter ? » et sans attendre sa réponse, je me penchai vers elle et lui roulai une pelle… Je sentis son corps bouillir de désir, d’envies, de rêves qui ne demandaient qu’à se réaliser…. Alain allait et venait… de plus en plus vite… de plus en plus fort… de plus en plus ample… J’avais abandonné la bouche de Madame pour m’occuper à nouveau de la queue de son époux.

C’est bon… oh… Alain… c’est bon… Alain… Alain…

Plus je gémissais son prénom la bouche pleine, plus le Notaire bandait dur… Christian demanda à Madame de me caresser le bouton… elle hésita… Alain lui prit la main et la posa sur ma toison… quand il vit les doigts aux ongles vernis se ficher entre mes poils, descendre jusqu’au clito, caressant au passage sa queue équine, Alain s’exclama « Ô, pute vierge ! Ô, pute vierge ! Ouvre ta bouche… ô, pute vierge… je viens ! Je viens ! Ouvre ta bouche… Je vais te faire aimer ça… le foutre ! Et vous autres aussi, mesdames ! Tournée générale ! »

Nous étions toutes les trois comme des oisillons attendant la béquée… Alain jouit dans nos bouches… Cathy et moi avons enjoint Madame à déguster le sperme… à ne pas en être écoeurée, mais au contraire à le recevoir comme une offrande…

La soirée se poursuivit… élégante et tourbillonnante comme le grand bal de la nouvelle année à Vienne… Nous ignorions si Madame participerait à d’autres partouzes, aussi nous voulions, si cette expérience devait être unique, qu’elle en garde un souvenir impérissable, un merveilleux souvenir. Nous lui avons donc offert le meilleur de nous-mêmes…

Avant de nous séparer, nous leur avons expliqué les raisons de cette soirée, en omettant, toutefois, d’évoquer nos spectateurs. Nous avons parlé des déménagements à venir, des projets de Catherine, de mon « mariage » avec le Balafré. Nous avons expliqué notre « code secret » au Notaire et à sa femme… celui qui nous permet de nous retrouver en toute discrétion, sans trace écrite, sans coup de téléphone… Le Notaire fit semblant d’être surpris, de l’apprendre…

Nous les avions conviés à venir partouzer avec nous s’ils en avaient l’envie. Feignant de me désintéresser de son mari, je précisai à Madame que si l’envie lui prenait de venir seule, elle serait la bienvenue. Je dis ces mots en lorgnant vers son triangle châtain. Je glissai deux doigts entre ses cuisses. « Il reste tant de trésors à découvrir… ! » Son trouble m’excitait… Quand elle fut rhabillée, alors qu’elle m’avait fait la bise et embrassait le Balafré pour prendre congé, je la regardai en humant, en léchant ces deux doigts. Christian me traita ensuite de diablesse, ce que je pris comme un compliment.

Quand nous ne fûmes que tous les sept, Christian expliqua pourquoi nous avions eu des spectateurs depuis le début de la soirée. À ce moment, il ignorait encore que l’invité de sa grand-mère était le grand-père de l’homme qui était en train de sodomiser son épouse.

Dis, Cathy… Boudiou, Monique… ! Ton cul… ! Vé comme ma pine s’y sent bien… ! Ho Christian… ta Monique… boudiou ! Je me la fourrerais bien tous les jours… ! Dis, Cathy… combien de temps il nous reste pour pouvoir te baiser ?

Tu veux savoir quand j’arrête la pilule ?

Par exemple… oui ! Monique… cambre-toi ! Écarte tes fesses… !

J’en suis au milieu de la plaquette… après… basta ! Mais… vous pourrez toujours me prendre le cul et la bouche ! Je rentre pas dans les ordres non plus !

Et tes nichons ?

Et mes nichons aussi !

– Et quand tu seras pleine ? Tu feras ceinture ?

Bah non ! Pourquoi je me priverais ?

En effet, à l’instar de Nathalie, quand Cathy fut enceinte, sa libido décupla, ce que nous n’aurions jamais cru possible !

L’amour, ce fruit défendu vous est donc inconnu ?

 

 

Chroniques matrimoniales – De surprise en surprise

J’avais lu le récit que Bonne-Maman m’avait fait des événe­ments qui permirent à Valentino de prendre une nouvelle identi­té depuis une semaine environ, quand Catherine me pro­posa d’inviter Rosalie au grand repas qu’elle voulait offrir « à la famille », j’étais très touchée qu’elle nous considérât comme en faisant partie, elle y convia également le Balafré.

Nathalie insista pour qu’il eût lieu chez elle. « Ma maison est trop grande, j’y suis presque toujours seule, tu sais, elle est devenue la nôtre à la mort du père de Toine et il s’en est passé de belles, crois-moi ! » Catherine accepta de bon cœur, parce qu’elle voyait en Nathalie la femme qu’elle était et aussi pour rendre hommage à son Toinou.

Pendant le repas, elle annonça son vœu d’avoir un enfant d’Alain et un autre de Christian. Elle pleura à chaudes larmes quand Nathalie se leva, l’embrassa en la remerciant de lui assu­rer sa postérité. Catherine sursauta après quelques minutes, le temps de réaliser la signification des mots de Nathalie. Perdait-elle la tête ?

Mais… je ne suis pas… ta… c’est Monique, la femme de Christian !

Je le sais bien, peuchère ! J’ai pas tourné fada ! Mais (elle leva un doigt à chacun de ses arguments) tu en auras un de Christian, qui est mon petit-fils… et si j’en crois que ce tu m’as dit, Alain ressemble à mon Toinou… et… té… pour moi… tu es ma descendance ! Je te regarde, je vous écoute à vous autres, quand vous nous racontez vos gali­pettes et de vous tous… c’est toi qui as mon sang… Tu ne vois que la vieille Nathalie, mais… (se tournant vers Bonne-Maman)… tu veux bien ?

Rosalie donna sa permission d’un hochement de tête. Nathalie se dirigea vers le buffet, en retira un des tiroirs, ouvrit une petite trappe et en sortit un vieil album-photos dont chaque page était protégée par une feuille de papier de soie.

– Il y avait une cache secrète derrière ce tiroir ? ! Je l’ai ouvert des milliers de fois ! Je t’ai même aidée pour les pous­sières… ! Et… je ne me suis jamais… dou… Qui a eu cette idée ?

En même temps qu’il prononçait ces mots, Christian se tourna vers Valentino, tout gonflé d’orgueil.

– Ma… il fallait bien que je puisse garder un œil sur ma Rosalina… !

Nous rîmes tant que nous faillîmes en oublier l’album-photos. Nathalie demanda à échanger sa place avec Alain.

– Entre vous deux… c’est mieux ainsi…

Catherine découvrit donc avant moi les corps nus de nos grands-parents.

– Vé… par exemple… là… si je t’imagine dans cette position… je suis sûre que ton corps ressemble à ça… à… le mien… Et toi ? T’en penses quoi ?

– J’en pense que c’est sûr… que j’ai une mamé qui a pris du bon temps avec le Toine !

Et c’est en tournant l’album vers nous, pour qu’on puisse « juger sur pièces », qu’Alain nous permit de les voir tels qu’ils étaient… Nous étions troublés par les ressemblances, Rosalie avait les hanches à peine plus larges que les miennes, la taille un poil plus marquée, mais j’avais hérité de ses longues jambes fuselées, de sa « blonde toison » qui lui avait valu le surnom de Bouton d’Or, sa poitrine était plus lourde que la mienne, mais Nathalie précisa que cette série avait été prise après ses gros­sesses et nous promit de nous en montrer d’autres… d’avant… quand ses seins était comme deux jolies mandarines, bien rondes, bien fermes… Christian se retrouvait autant dans Toine que dans Pierrot. Je partageais cette impression.

Mais de nous quatre, aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est Catherine qui ressemblait le plus à un des membres de cette génération. Je la retrouvais même dans ce regard perdu… au paroxysme du plaisir, elles avaient exactement le même regard ! Christian me fit remarquer la position du pied… et leurs corps qui semblaient jumeaux !

Valentino protesta quand je refermai, d’un geste, l’album-pho­tos.

Je croyais que tu ne voulais pas voir Rosalie avec d’autres hommes…

Ma… y’a prescription !

Rosalie ricana sous cape, ses yeux pétillaient, fichés dans ceux de Nathalie qui fit de même.

– Vous avez remarqué ? Valentino parle français comme vous et moi, mais dès qu’il est de mauvaise foi, il commence sa phrase par « Ma… » !

Nous éclatâmes tous de rire. Valentino aurait bien aimé bougonner un peu, mais il était tellement heureux de cette soirée, qu’il n’eut aucune envie de le cacher. Nathalie reprit la parole.

– J’ai toujours aimé cette maison, ma Ninoun, mais tout comme celle de Rosalie, elle a besoin d’amour, de sexe et de rires pour pouvoir rester en vie… et puis… toute seule au village… la ville c’est plus pratique… en plus, il y a le docteur… Tu vois, toi et ton Alain, vous y serez plus à l’aise… et quand vous aurez vos petits…

– Tu me proposes de nous laisser ta belle maison pour habiter dans mon tout petit appartement au-dessus de la boucherie ?

– C’est que je ne suis pas bien grande non plus… !

– Mais… et Rosalie ? Tu la laisserais toute seule au village ?

– Mais Rosalie… (se tournant vers elle) tu leur as pas dit ? !

J’adorais quand Nathalie criait en chuchotant, comme elle venait de le faire ! Le fait de brider le volume de sa voix, l’obli­geait à froncer exagérément les sourcils et, malgré ses rides, son visage redevenait enfantin. Rosalie se justifia avec un laconique « Pas eu l’occasion » avant de nous offrir sa maison puisque désormais, elle regarda Valentino avec un amour infini, elle était prête à sauter le pas et à s’installer chez Valentino, en pleine campagne, au milieu de ses arbres…

Et de tous mes pommiers ! Qu’en pense la fille de Mère-Nature ?

J’en pense que ce jour-là, j’aurais mieux fait de me couper la langue !

Dans un parfait unisson, tous s’exclamèrent « Oh non ! Surtout pas ! »

ou de me taire, si vous préférez !

Toute l’assemblée approuva en hochant la tête. Malheureuse­ment pour moi, le Balafré leva un index timide et demanda à quoi nous faisions allusion.

Quand tu auras fini de lui apprendre les bonnes manières, ou quand tu voudras varier les plaisirs, pense à lui donner quelques leçons de botanique…

Je cherchais des yeux un quelconque soutien, mais je n’eus droit qu’à des regards réprobateurs « Non, Monique… on ne peut pas confondre… » et Christian lui raconta ma bourde.

Oh, mais quelle bonne idée ! Et j’ai déjà quelques idées de sanctions à lui infliger si Monique se montrait mauvaise élève…

Ne l’encourage pas, malheureux !

Rosalie n’avait pas pu retenir sa langue et nous en étions ravis. Nous trinquâmes à ces déménagements à venir, nous bûmes à l’avenir, aux enfants que Catherine désirait tant, à cette grand-mère dont elle aurait pu être le double et qui venait de l’adopter devant les êtres qu’elles aimaient le plus, nous trinquâmes de nouveau à mes futures épousailles, à mon enlèvement annon­cé… J’ai été très émue quand, à brûle-pourpoint, sans que ça n’ait aucun rapport avec ce que nous disions, Rosalie… enfin… Bonne-Maman a posé sa main sur celle du Balafré et lui a dit « J’t’aime vraiment bien, mon petiot ! Vraiment bien… ! »

Nous étions au beau milieu d’une discussion troublante. Alain et Christian, enthousiasmés à l’idée de profiter de cette grande maison, avaient promis à Nathalie d’organiser une jolie par­touze après son déménagement.

Et pourquoi « après » ? Je n’ai plus beaucoup d’occasions de vivre ça et… attention, hein ! Je dis pas que je suis attirée par des gamins de votre âge ! Mais j’aimerais bien entendre, écouter des couples batifoler… j’inviterais un ami, nous vous écouterions… nous vous regarderions… et…

Nous étions sidérés, mais sans trop savoir de quoi au juste. Était-ce sa requête qui nous semblait incongrue, voire inconve­nante ? Était-ce au contraire, de ne pas y avoir songé avant ? Nous imaginions qu’elle avait une sexualité épanouie, à la hau­teur de sa libido, mais nous nous trompions un peu.

Nous décidâmes d’organiser une fête le surlendemain. Nous avons bien ri quand Christian apprit que la maison familiale recelait un autre secret qu’il avait toujours ignoré. Rosalie venait de proposer à Valentino d’y assister.

Ma… de toute façon, tu iras… autant que je ne passe pas la soirée tout seul… comme un chien… au fond de sa niche… et puis, ça a l’air de te faire tellement plaisir… Ma… pourquoi tu fais semblant de jouer la mandoline, Rosalinetta ? C’est vrai ou c’est pas vrai ?

Et puis, si tu ne veux pas te la partager, ta Rosalina… il suffit que les gamins se mettent dans la bibliothèque… on aura chacune une chambre… la des parents et la des amis…

Quoi ? ! De quoi vous parlez ? C’est quoi cette histoire des deux chambres ?

Bé… pour espichouna tranquille, sans être vus, pardi !

Mais… co… tu es en train de me dire qu’il y avait des oeille­tons depuis toutes ces années et que je n’en savais rien ? ! Y’en a encore beaucoup des « secrets » que j’ignorais ?

Ma… si tu ne les avais jamais remarqués, c’est que t’étais pas bien curieux non plus, mon garçon !

Je m’étonnai de l’évidence avec laquelle Valentino avait adopté Christian, il le houspillait comme un papé l’aurait fait. C’était à son tour de se faire moquer et au mien de rire de lui !

Vai, Valentino ! Fais ton malin et montre-lui tes chefs d’oeuvres… Mais que les oeilletons !

– Qué « que les oeilletons » ? Ho, mamé, tu ne peux pas me faire ça !

– Que veux-tu ? Si je te dis tout, je te gâche la moitié du plaisir… !

Valentino était sorti de la salle à manger, Christian lui avait em­boité le pas. Nous avons fait silence quelques instants, guettant je ne sais quoi, puis la conversation avait repris. Nathalie avait « sa petite idée » quant à son invité, mais elle nous demanda comme une faveur de ne pas l’interroger sur son identité. Les yeux de Cathy pétillaient à l’idée d’offrir ce beau cadeau à Nathalie.

Valentino entra de nouveau dans la salle à manger, à grands pas silencieux, les mains croisées dans le dos, un joli sourire aux lèvres, il guettait la réaction de Christian qui faisait glisser son index le long du mur. Nathalie et Rosalie se tenaient la main au-dessus de la table, elles se souriaient.

Oh ! Fatché ! C’est… fatché ! Venez voir ! Non ! Pas vous, les filles, c’est une affaire d’hommes !

Rosalie nous sourit « Laissez-les donc faire les coqs, nous vous montrerons quand ils auront fini de se pavaner ! »

et vous voulez voir ceux dont parlait Nathalie ?

Les hommes montèrent à l’étage, j’entendais leurs exclamations de surprise et d’émerveillement. Rosalie et Nathalie nous sou­riaient, ravies de pouvoir « épater la jeunesse ». Rosalie était aussi heureuse que Valentino ait pu trouver aussi facilement sa place parmi nous. La soirée s’acheva sur la promesse de la belle fête prévue le surlendemain.

Nous avions invité quelques uns de nos partenaires réguliers, certains durent décliner notre proposition en raison du délai trop court. Nous nous retrouvâmes donc entre habitués, à une exception notable…

J’avais fini mon travail à l’école et j’avais promis au directeur de passer à la mairie pour y déposer quelques papiers adminis­tratifs. Depuis son élection, le nouveau maire avait décidé qu’une permanence quotidienne serait tenue, à tour de rôle, par les membres de son conseil municipal en fonction de leurs disponibilités. L’idée était excellente, elle n’a duré que le temps de cette mandature, au grand dam de nous tous.

Quand j’entrai dans la mairie, je vis le Notaire qui tenait la per­manence, j’en fus surprise puisque ce n’était pas son jour. Il était plongé dans la lecture de je ne sais quels documents, il releva la tête, je lui expliquai brièvement la raison de ma venue tout en cédant mon tour à un jeune homme qui venait pour s’inscrire sur les listes électorales en prétextant une longue démarche alors qu’il n’en avait que pour quelques instants.

Quand il fut parti, que je fus seule avec le Notaire, je l’invitai à « une petite sauterie » dans la maison de Nathalie, sans lui en donner la raison parce que j’estimai que ce n’était pas à moi de le faire. Il semblait autant tenté qu’embarrassé.

Tu sais Monique, je ne vous en ai pas parlé, mais ton mariage a eu des répercussions inattendues…

Tu as décidé de te ranger ? Pourtant…

Non ! Tu n’y es pas du tout ! Tu as un peu de temps devant toi ? Je ferme la mairie dans moins d’une heure et je préfère être sûr de ne pas être interrompu par l’entrée intempestive d’un administré.

L’heure passa plus vite que prévu, les villageois semblaient s’être donné le mot, à peine l’un était sorti qu’un autre entrait ! Pour donner le change, je faisais semblant de consulter un énorme registre posé sur une console au fond de la pièce. Quand le Notaire eut fermé la porte de la mairie à double tour, il m’expliqua ce qui s’était passé après la cérémonie.

Son épouse ne lui avait pas avoué ce qu’elle avait fait avec Alain, mais elle lui avait confié avoir été troublée par un sujet d’Aujourd’hui Madame, c’était une émission qui passait tous les après-midis et où les invités débattaient autour d’un sujet de société. C’était une émission très « comme il faut », mais avec un goût de modernité et qui osait aborder des sujets jusque là absents de la télé.

Sa femme lui avait demandé ce qu’il pensait du féminisme, de la liberté sexuelle, de la contraception, des fantasmes, en expli­quant avoir été troublée par certains témoignages. Que cette émission ait eu ces thématiques était concevable, toutes en même temps certainement pas, mais il fit semblant d’y croire et ne tomba pas dans le piège tendu par son épouse en répondant à ses questions. Au contraire, il lui demanda ce qu’elle en pen­sait.

Après un discours convenu, elle osa enfin lui avouer qu’il lui arrivait de penser à des scènes d’orgie pour s’émoustiller un peu quand elle s’ennuyait. Il prit un air surpris… agréablement surpris et lui demanda de lui en dire plus. Elle rougit et lui avoua avoir été troublée par l’ambiance qui régnait lors du vin d’honneur qui avait suivi la cérémonie. Le Notaire feignit une surprise encore plus grande et, à la demande de son épouse, promit de se renseigner plus avant.

Ma proposition tombait à pic, mais s’il devait y participer, il fallait que personne ne fasse une gaffe en l’accueillant comme l’habitué qu’il était et puis, il craignait qu’au dernier moment, sa femme s’effraie à l’idée de coucher avec l’un ou avec l’autre ou qu’elle lui reproche d’avoir couché avec d’autres femmes. Comment savoir si elle avait vraiment conscience de ce qu’il se passait dans une partouze ? Si elle voulait franchir le pas entre le fantasme et le vécu ? Je le rassurai sur le premier point, je préviendrai tout le monde et leur discrétion était garan­tie, et pour l’autre point, je lui parlai des postes d’observation.

Nathalie et Rosalie nous prodiguèrent leurs conseils avisés pen­dant la préparation de cette fête exceptionnelle. Je pense que le fait qu’elles nous aient accompagnés dans l’organisation des lieux, nous ont permis de transgresser ce tabou. Oui, elles étaient nos grands-mères, oui elles allaient nous regarder nous envoyer en l’air et en feraient probablement autant de leur côté, pour autant nous étions tous sereins. Et nous avons tellement ri quand Christian apprit un nouveau secret sur la maison de ses grands-parents !

Le parquet de la bibliothèque était magnifique, marqueté et pourtant sobre, « de bon goût » comme on dit. Nous venions d’ins­taller un banc de prières et de contrition et quelques autres élé­ments de décor, nous appelâmes Nathalie et Rosalie pour leur demander si la disposition leur convenait. En souriant, elles firent non de la tête et nous désignèrent le parquet d’un index professoral, devant notre air ahuri, Rosalie s’exclama « Vous êtes nigauds ou quoi ? » puis tapota du bout du pied un des motifs du parquet, tandis que Nathalie nous désignait le banc. Les motifs étaient, certes, très gracieux mais leur but n’était pas purement décoratif, c’était un marquage au sol pour disposer le mobilier de telle façon que les spectateurs cachés dans les chambres ne perdent pas une miette du spectacle !

Nous avions prévenu nos invités que nous aurions des spectateurs lors de nos ébats, sans toutefois leur préciser qui exactement. Ils arrivèrent presque tous en même temps, nous étions en train de trinquer à cette soirée quand le Notaire et son épouse firent leur entrée. Christian les accueillit chaleureusement. Le Balafré se tenait derrière la femme du Notaire, il me fit un clin d’œil complice, je notai alors le trouble de cette femme, sa crainte d’être démasquée… réalisant qu’il n’en serait rien, je vis sa crainte se muer en un désir violent. Je m’amusai aussi de la « leçon de savoir partouzer » que leur donnait Christian 

– Ici, tout se fait dans le respect le plus absolu de chacun, quand quelqu’un refuse quoi que ce soit, personne n’insiste, mais surtout rien de ce que nous pourrons faire ou dire dans cette maison n’en franchira le seuil. C’est compris ? Acceptez-vous de vous soumettre à cette règle ?

Madame aurait pu se décrocher la tête tant elle l’agitait vigoureusement pour acquiescer ! Christian fit les présentations officielles, offrit une coupe de Champagne à « nos nouveaux amis » et les accompagna dans la chambre d’où ils pourraient se rincer l’œil. Rosalie, Valentino, Nathalie et son invité étaient déjà installés dans l’autre chambre.

Je me dirigeai vers l’électrophone, la musique retentit, un murmure satisfait me confirma que mon idée était appréciée. Je sentis des mains me prendre par la taille.

Pourquoi tu n’en fais pas autant ?

Je regardai Christian avant de lui répondre.

Je n’aurai jamais sa grâce ! Regarde comme elle est belle ! Regarde comme ses gestes sont lents… aériens… Je ne saurai jamais !

Comme si elle m’avait entendue, ce qui était impossible, Catherine s’approcha de moi et fit glisser la fermeture Éclair de ma robe. Elle n’était plus à la mode, mais je l’aimais beaucoup et je trouvais qu’elle m’allait bien, c’était une robe vert clair, très courte, sans manches, avec une grosse et longue fermeture Éclair sur le devant… Je ne parvenais pas encore à réfréner mon impatience, contrairement à Catherine qui savait contenir son désir et aimait ces longs effeuillages, je n’avais qu’une hâte, être nue le plus vite possible et offrir mon corps à qui avait envie de le prendre.

Cathy prit tout son temps. Elle m’embrassa, dévoila une de ses épaules, descendit un cran de ma fermeture, recouvrit son épaule… un autre cran… elle regarda par-dessus son épaule et dit au Balafré « Tu vas pas être content ! ». Son manège dura le temps de la chanson et, à la dernière note, Catherine ouvrit ma robe d’un geste vif, fit un pas de côté pour que tous puissent regarder mon corps nu.

J’entendis le bras du tourne-disque faire un aller-retour, le grésillement désagréable du saphir tombant sur le disque. Catherine reprit son effeuillage, j’entendis Pascal siffler la mélodie dans mon dos. J’aimais sa manie de siffloter à tout bout de champ. Je me collai à lui. Il n’interrompit pas ses sifflements pour me caresser. Quand ses doigts se faufilèrent entre mes cuisses, il siffla trois notes admiratives et je sentis son sexe durcir dans mon dos. Je me retournai, dansai collée à lui, tout en le branlant lentement de ma main droite.

J’aurais voulu ne pas perdre une miette du strip-tease de Cathy, mais très vite, je fermai les yeux pour mieux ressentir le plaisir des caresses de Pascal. Il s’assit sur le sofa, je m’enfonçai sur lui, ondulai, me cambrai au rythme de la musique. L’effeuillage de Cathy s’acheva avec le morceau. Christian mit un autre disque. Alain vint s’installer aux côtés de Pascal « Changement de partenaire ! » et m’empala sur son énorme sexe. En fait, comme souvent, il veilla à ne me pénétrer que de son gland, mais il me remplissait déjà… Pascal se plaignit « et c’est qui ma nouvelle partenaire ? » Cathy suçait Christian tandis que le Balafré la prenait en levrette. Je voulus faire ma taquine en lui désignant une main « la voilà ! » Pascal me prit au mot et la main « tu branles super bien, Monique ». Le Bavard s’approcha de notre petit groupe, nous demanda si tout allait bien pour nous. Nous lui répondîmes un « oui ! » enthousiaste, alors il fourra sa grosse queue dans ma bouche « On t’a demandé ton avis, à toi ? » en me faisant un clin d’oeil appuyé. Je compris immédiatement ce qu’il signifiait. « Elle va en avoir pour son argent, la bourgeoise ! ». J’aimais sentir la peau calleuse de ses grosses mains sur mes joues.

– Boudiou… Monique… ! Au plus tu me su… ces… au mieux… tu me… chuu… tout doux ! Ô, c’que tu me suces bien…

Il savait bien que ses mots attisaient mon ardeur, enflammaient mon esprit.

– C’est beau, mais c’est long ! Elle finit quand cette chanson ? Il me tarde…

Le morceau s’arrêta, le Bavard n’attendit pas le changement de disque et m’entraîna vers le banc de prières et de contrition. Il me prit dans une levrette savante dont il avait le secret, une bonne dose de rugosité, une pincée de douceur, le tout nappé de ses mots crus et néanmoins flatteurs. Il maîtrisait à la perfection l’art de ce subtil cocktail.

Le Balafré s’approcha de moi, un sourire charmant aux lèvres. Il savait que je raffolais du goût de Cathy, il savait qu’en m’offrant sa queue à sucer alors qu’il venait de la baiser, j’en tirerai deux fois plus de plaisir…

Mon ectoplasme  s’échappa une nouvelle fois, de mon corps, il se dirigea au-dessus de Cathy que Christian sodomisait joliment, puis se figea quelques minutes comme s’il attendait quelque chose avant de poursuivre son survol… peut-être avait-il deviné qu’Alain quitterait la bouche de son épouse pour la prendre… peut-être avait-il entendu Catherine demander « les deux… je veux les deux ! » comme elle le faisait souvent…

Après s’être bien régalé les yeux de cette scène, Catherine à quatre pattes, Christian allant et venant entre ses fesses, Alain sous elle se laissant aller aux va-et-vient de Cathy, mon ectoplasme revint vers nous, vers moi. À travers lui, je pouvais admirer les va-et-vient du sexe massif du Bavard… j’aurais voulu pouvoir le sucer en même temps…. qu’elle était appétissante, cette grosse queue brune, luisante, aux veines gonflées !

Comme s’il avait été souffleté, mon ectoplasme réintégra brusquement mon corps, en titubant… J’entendis le Bavard maugréer.

– Fas cagua, Monique ! Quand tu fais ça… ça me fait venir… !

– Quand elle fait quoi ?

–Son truc, pardi ! La petite fée de Peter Pan… avec l’oeil coquin… la langue gourmande…

C’est à ce moment précis que le Notaire et Madame firent leur entrée. Pascal s’avança vers eux en sifflotant et invita Madame à danser. Elle gloussait comme un dindon, mais nous fîmes tous semblant de ne pas nous en apercevoir. Nous comprenions tous la raison de son embarras et personne n’avait envie de l’accabler davantage.

Le Bavard proposa « un changement de poste » au Balafré, quand il me pénétra, le Bavard lui demanda « Tu sens comme je me suis bien vidé les couilles dans son petit con ? » Je jouissais littéralement de les entendre parler ainsi de moi… jamais aucun de leurs mots ne m’a vexée. La femme du Notaire demanda à Pascal « Il va parler tout le temps… comme ça ? » Je dégageai ma bouche et lui répondis

Il est comme ça… il parle pendant la chose… c’est dans son sang… comme moi… j’ai une toison dorée… comme celle de Bouton d’Or… On n’y peut rien, on est comme ça… c’est dans notre sang !

J’entrepris de lécher le gland du Bavard, qui était tout aussi surpris que moi d’avoir repris une telle raideur, une telle vigueur si vite. La soirée se poursuivit idéalement, même si j’ouvris malencontreusement la mauvaise porte quand j’allai m’isoler avec le Bavard pour « causer un peu »

 

Chroniques matrimoniales – L’occasion fait le larron

800px-Almanach_1939Même si Valentino aime m’en attribuer tous les mérites, je voudrais te raconter ce qui s’est réellement passé, comme dans un compte-rendu, t’écrire comment les événements se sont enchaînés, comment ils lui ont permis d’échapper au pire et de lui assurer une certaine tranquillité.

La vie au village s’écoulait au rythme des événements internationaux, parfois de longues semaines d’apaisement, qui s’achevaient dans le fracas des bruits de bottes, bruits qui finissaient par s’évanouir dans ce mouvement perpétuel que je comparerais à celui des vagues s’écrasant sur une plage.

L’amicale des anciens combattants se réunissait plus souvent qu’au début des années 30. La crainte d’une nouvelle guerre faisait ressurgir les horribles cauchemars et nous demeurions les confidentes de ces hommes. Il n’y a jamais eu d’accord formel, mais nous ne parlions jamais de politique entre nous, nous savions que notre amitié, que notre complicité n’y résisteraient pas, qu’elles risquaient de voler en éclats ce qu’aucun de nous ne souhaitait.

Valentino vivait caché, tapi dans le repère que lui avait trouvé Toine.

À l’occasion du 14 juillet 1939, alors que nous batifolions tous près de « la source aux fées », Barjaco nous annonça, quelque peu dépité, que son cousin « le parisien » avait décidé de passer ses vacances « au pays ». Avec sa mauvaise foi coutumière, Barjaco le regrettait.

– Qué « au pays » ? Je ne l’ai vu qu’une seule fois ! Son père est parti bien avant ma naissance, avant même son mariage ! Et il n’a même pas marié une femme normale, non ! Monsieur a épousé une… parisienne !

Me voyant froncer les sourcils, il s’était adressé à Pierrot.

– Ça aurait pu être plus pire, tu me diras, il aurait pu tomber sur une…
(enchaînant les signes de croix, telle la bigote se préservant du Malin)… une… une Normande ! Dieu soit loué, elle n’était que Parisienne… !

J’avais fait mine de ne rien avoir entendu ou de m’en moquer, mais quand Barjaco s’était approché de moi, j’avais fait semblant de m’enfuir.

– Boudiou, la Rosalie ! Ne me laisse pas dans cet état ! Vé comme môssieur (c’est ainsi qu’il surnommait son membre) a besoin que tu le soulages !

– Je l’aurais bien volontiers sucé… voire je lui aurais bien volontiers offert mon corps, mais vois-tu… je suis Normande… si ça se trouve, c’est contagieux… Je m’en voudrais de te contaminer… que tu attrapes la Normandite aiguë… !

Claironnant un « Tu parles d’or ! », Barjaco s’était tourné vers Nathalie, qui lui ouvrit les bras en grand.

Il n’avait jamais évoqué Valentino, comme s’il ignorait son retour, mais il est vrai que nous ne nous rencontrions presque jamais rien que tous les deux. Valentino se terrait comme l’animal traqué qu’il était, je ne connaissais pas sa tanière. Par mesure de sécurité, seul Toine savait où elle se trouvait exactement. De temps à autre, ils arrivaient chez nous, à la nuit tombée. Je restais avec Toine pendant que Valentino se confiait à Pierrot.

Parfois, nous faisions l’amour, parfois, non, mais à chaque fois, Toine me demandait de soulever ma robe, il regardait ma « blonde toison » et passait ses longs doigts entre mes poils qu’il lissait, comme on peigne des cheveux. À sa façon de prononcer « Bouton d’Or », je savais si ses doigts allaient s’aventurer plus bas, écarter délicatement les lèvres de « cette bouche que l’on se délecte à faire miauler » comme il aimait à le dire, caresser la peau humide juste au-dessus du « bouton caché de Bouton d’Or », l’appeler d’un doux baiser, le faire éclore, le téter d’une bouche avide et délicate, de glisser ses doigts jusqu’à l’entrée de « la grotte miraculeuse »… ou si son « Bouton d’Or » n’était qu’une incantation, le phare auquel raccrocher son espoir, espoir de savoir les cauchemars envolés, de savoir que le pire était passé, qu’il était derrière nous.

Il arrivait que Toine propose à Valentino de passer la nuit avec moi, dans la chambre qu’il retapait pour le retour de son aîné, le père de Christian. Nous faisions alors l’amour avec plus d’absolu qu’avant, nous avions viscéralement conscience que ce pouvait être la dernière fois. Les menaces, le danger étaient constants, omniprésents, tapis dans les bosquets du manque de vigilance né de l’habitude, prêts à bondir et à anéantir Valentino.

Barjaco était furieux, parce que depuis l’instauration des congés payés, nous avions pris l’habitude de fêter la veille des vacances le 31 juillet, par une orgie où le vin coulait à flots, où les corps s’échangeaient, se mélangeaient et que son cousin l’importun avait annoncé son arrivée pour le 30.

– C’est un vieux garçon, en plus ! Vé si ça se trouve, il est encore puceau !

– Dans ce cas-là, viens avec lui, Bouton d’Or se chargera de le déniaiser… !

– Tu m’ôtes les mots de la bouche, Toine !

– Dis-moi, coquine, montre-moi comment tu t’y prendrais pour le déniaiser, mon cousin le parisien… !

– Ton cousin le parisien ? Je croyais que tu parlais de ton cousin l’importun…

– Té, mais c’est le même peuchère ! Il a le double-nom ! Mon cousin le Parisien-L’importun !

Je m’étais approchée de lui, m’étais faite câline, j’avais soulevé la combinaison de soie que je portais, découvrant ainsi mon triangle doré, l’avais contraint à lever les yeux, à croiser mon regard.

– Montre-moi comment tu voudrais que je m’y prenne avec lui…

Barjaco avait juré en patois, m’avait caressée à m’en arracher la peau, me demandant de lui apprendre comment faire pour préparer le corps d’une femme à d’autres attouchements. J’avais décollé ses mains, m’étais assise à califourchon sur ses cuisses, les yeux dans les siens, lui avais demandé d’imaginer une apparition féerique, comme un halo de lumière, une bulle de savon qu’un geste trop brusque ferait éclater.

– Essaie de la caresser avec toute la délicatesse cachée au bout de tes doigts…

Les caresses de Barjaco se firent idéalement aériennes, mon corps ondulait, s’échauffait… Je m’enivrai de mes mots quand je lui susurrai

– Que tes lèvres soient mille Sylphides, qu’elles volent sur ma peau et y déposent de chauds baisers, là… et puis là… et là encore… oui ! là… plus bas… que ta langue lèche ma rose tétine… Oh ! Sens-tu comme ton gourdin frappe à ma porte ? Veux-tu me prendre à la hussarde ? Ou préfères-tu, au contraire, faire ton entrée sur la pointe des pieds ?

– Pierrot ! C’est le diable que tu nous as rapporté là !

Je lui souris de toute mon amitié, de toute notre complicité, de tout mon désir aussi. Semblant se raviser, il pria ses « collègues et néanmoins amis » (la formule nous amusait beaucoup) de ne surtout pas chercher à l’exorciser, que c’était trop…

– Fatché ! Regarde-moi ça ! Môssieu est entré sans même demander la permission !

Il bougonnait, sans chercher à masquer le plaisir qu’il prenait. J’interpellai Nathalie. Nous aimions ce code secret, comme une langue des signes, que nous avions inventé, nous en changions dès qu’un de nos partenaires commençait à le décrypter, pour le plaisir de les surprendre à chaque fois que l’envie nous en prenait.

– Nathalie, viens par ici ! Barjaco ne doit pas pâtir de ses obligations familiales… !

Je fis un signe des doigts.

– Boudiou ! Qu’est-ce que vous manigancez toutes les deux ?

Je m’empalai d’un coup, au plus profond, sur le sexe dur et épais de Barjaco, je sentis ainsi à quel point mon minou était trempé. Je me relevai lentement, laissant à Nathalie le temps de s’agenouiller. Qu’elle était ravissante, juvénile, à plus de quarante ans, avec son éternelle robe de bergère ! Nous l’avions à peine modifiée au fil des ans, tant son corps et elle étaient restés les mêmes… Qu’il était attendrissant ce petit bout de langue gourmande qui apparaissait derrière son sourire… ! Et l’éclat de son regard, pétillant et léger comme des bulles de Champagne !

Elle léchait chaque centimètre carré de peau que je découvrais en me relevant. Quand je coulissais sur le sexe de Barjaco jusqu’à ce qu’il disparaisse, les baisers de Nathalie me précédaient et quand il avait disparu, elle léchait la cuisse, l’aine de Barjaco… Mais, toujours aussi gourmande, elle m’incitait presque aussitôt à hâter la cadence.

Barjaco était aux anges. Fidèle à sa tradition familiale, il commentait au gré de ses sensations…

– Fatché, la Nathalie… libère-moi donc tes belles mamelles ! Qué « Non » ? Qu’est-ce qui te ferait changer d’avis ? Qu’un de… outch… doucement, Rosalie… tu vas me faire venir ! Alors, Nathalie, tu dirais oui si un de ces… chhhhu Rosalie… tout doux… si un de ceux-ci te culbutait par derrière ? Vai ! Fallait le dire ! Messieurs… un volontaire ?

Toine, dont le sexe énorme se dressait tel un flambeau avait fait un pas vers nous. Il souleva le jupon de Nathalie.

– Oh, ma pitchoune ! Tu as pensé à moi… !

Depuis peu, il s’était découvert une passion pour les vieux dessous, les vieilles culottes fendues d’antan, en cotonnade, maintenues par des rubans multicolores, il ne s’en expliquait pas la raison, mais de nous voir ainsi attifées le remplissait d’une joie lubrique. Il aimait nous prendre ainsi pendant de longues minutes, nous ramoner jusqu’à nous laisser au seuil de la jouissance… Alors, il se retirait, préférant quand nous le suppliions, nous ôtait la culotte, la lançait au loin et reprenait ses va-et-vient. « Voilà, c’est ainsi que jouissent les honnêtes femmes ! Le con, le cul et les reins à l’air ! »

Toine me demanda de me relever un peu plus « Cambre-toi aussi, tant que t’y es, que je ne sois pas venu pour rien ! » Je ne relevai même pas la mauvaise foi et lui obéis.

– Ho, Barjaco !Tu préfères comme elle te suce quand je la prends comme ça ?

Rien qu’à ses petits cris, je devinai comment il était en train de prendre Nathalie, alors que je lui tournais le dos, comment il bougeait en elle.

– Oh boudiou… ouh fan… ouh que c’est bon ! Oui ! Oui ! Comme ça !

– … ou quand je… Hou, Pitchounette ! Venez tous voir comme…  Hou, ma Pitchoune… Si t’étais pas déjà mon épouse, je te marierais !

– Boudiou ! Elle… ô fan de Diou ! C’est encore meilleur !

Barjaco m’attrapa par la taille et me fit aller au rythme des coups de langue de Nathalie qui le léchait au rythme des coups de boutoirs de son Toine. Elle dégagea enfin sa poitrine du carcan de tissu en criant à Barjaco qu’elle ne le faisait que pour lui. Barjaco se déversa en moi, noyant ses jurons habituels de tendres remerciements.

La journée s’était ensuite écoulée paisiblement, comme une rivière lascive, par endroits agitée de tourbillons, je veux parler de nos galipettes, nos cochonneries réjouissantes et joyeuses, comme nous les appelions.

Le lundi 31 juillet au matin, nous préparions la maison pour recevoir nos amis et fêter les congés payés, même si la plupart étaient des paysans et ne prenaient donc aucun jour de vacances, spécialement à cette période ! Antonella et Léonie étaient déjà depuis 15 jours chez leur tante, Marie, la soeur de Pierrot, elles aimaient s’occuper de leur cousin, jouer avec lui comme avec un baigneur, « de vraies petites mères » comme on disait alors.

Barjaco toqua à la vitre, le béret ainsi tenu à la main indiquait qu’il ne rendait pas une visite amicale, mais qu’elle était plus formelle. Pierrot lui ouvrit tout grand la porte et le fit entrer. Quand il fut assis, après s’être assuré que nous n’étions que tous les trois, il nous demanda

– Il compte se cacher ainsi combien de temps ?

Pas la peine de prononcer son nom, nous savions de qui il parlait. D’un haussement d’épaules, Pierrot et moi lui signifiâmes notre ignorance. Baissant la voix, avec des airs de conspirateur, d’espion comme dans les films que nous voyions au cinéma itinérant, il nous confia « Parce que j’ai peut-être la solution… » et il nous raconta l’incroyable aventure qu’il avait vécue.

– Je suis allé le chercher à la Blancarde, parce que le Parisien voulait goûter à l’ivresse marseillaise avant de passer son mois d’août « en famille »… ô pute borgne, je t’en ficherais, moi, de la famille ! Heureusement qu’il m’a reconnu, sinon je serais passé devant lui sans le savoir… Nous voilà partis pour la tournée des grands ducs… il me demande si j’ai quelques bonnes adresses à lui conseiller, me propose de passer quelques heures dans un « lupanar local »… ce qui répond à notre interrogation… le cousin n’était pas puceau ! Je lui rétorque que je n’ai aucune envie d’attraper la vérole avec une fille qui s’ennuie, que je connais deux charmantes créatures qui s’offrent avec plaisir et que si ça lui dit… Le cousin était bigrement intéressé, mais il a quand même voulu « se perdre dans les rues de Marseille ». Et que je veux visiter ci, et que je compare tout à Paris… et que je veux voir ça et que je te raconte ma vie… Boudiou ! Il me farcissait le crâne de toutes ses histoires ! Qué bavard ! Rigolez pas ! Plus pire que moi, je vous dis ! Avec tout ça, le temps de rentrer avec ma carriole… qu’il a moquée, en plus ! Le temps de rentrer, tout le monde dormait. Sauf la mamé, mais de toute façon, la mamé, elle s’économise… elle se désaltère d’une goutte de vin, se nourrit d’une miette de pain et se repose d’un battement de cils… On avait déjà soupé, on est allés au lit… pas ensemble, hein ! Allez pas vous imaginer… ! Et ce matin… c’est vrai que je le trouvais rougeot… tout le dimanche, il s’est plaint de la chaleur, de la soif, mais moi, je croyais que c’était un prétexte pour boire un coup ! Ce matin… ô peuchère ! Je me le suis pas trouvé raide mort dans son lit ! Alors, je me suis pensé puisqu’il est venu mourir ici, puisque personne ne le connaît de par ici… autant qu’il soit pas mort pour rien… que ça serve à quelqu’un ! La mamé ne dira rien et en plus, elle y voit plus très bien… c’était la nuit… On pourrait habiller Valentino avec les affaires du cousin… échanger les papiers… ni vu, ni connu ! Qu’est-ce que vous en pensez ?

Nous étions abasourdis ! Pierrot fut plus prompt que moi à réagir, à réfléchir.

– Il faudrait prévenir Toine. On ne sait pas où se cache Valentino et il faut faire l’échange avant que ta femme découvre le corps, qu’elle…

– Té… mais t’es couillon comme…

En éclatant de rire, il me désigna.

– … comme cette femelle ! Pourquoi crois-tu qu’il y a une bâche sur ma carriole?

– Allons chez Toine sans tarder, alors !

– Parce que tu crois que je ne sais pas où il se cache, ton Valentino ? Allez… vai ! On fait comme ça… j’ai ma petite idée…

C’est ainsi que le corps d’un va-nu-pieds fut découvert par Barjaco parti inspecter ses champs, qu’il en avisa monsieur le Maire et que le cousin de Barjaco vint s’installer au pays, un mois avant le début de la drôle de guerre… !

En vérifiant sur son livret militaire que « tout collait », pendant que Valentino échangeait les photos d’identité, je constatai que les patronymes n’étaient pas les mêmes. Je m’en étonnai, Barjaco m’expliqua alors que son oncle était le fruit d’une liaison adultère que son grand-père avait entretenue avec la jeune fille qui aidait sa femme, qu’il l’aurait bien gardée parce qu’elle avait la galipette rieuse et bavarde, mais que malheureusement, son épouse n’avait rien voulu savoir. Quand le bambin était né, comme c’était un garçon et que la grand-mère de Barjaco n’avait eu jusque là que des filles, la gamine était montée à Paris avec son enfant, mais qu’ils étaient tous restés en très bons termes, que l’existence de cet « enfant de l’amour » n’avait jamais été tenue secrète. Cet enfant qui avait grandi à Paris, épousé une parisienne, avait eu un fils qui venait de mourir sur les terres de ses ancêtres.

– Comme un cercle… la fin est l’origine et l’origine est la fin…

Barjaco est un homme à l’aspect, aux manières rustres, ses mots sont souvent grossiers, il semble dénué de toute délicatesse, je peux témoigner qu’il en déborde, au contraire ! Tout comme il regorge d’une loyauté sans faille.

Tu comprends, Monique, pourquoi je refuse que Valentino parle de moi comme d’une héroïne, parce que s’il devait y avoir un héros dans cette histoire, ce serait Barjaco et personne d’autre ! Je me suis contentée d’enregistrer le décès d’un homme sous l’identité d’un autre.

Monique va de surprise en surprise…

Chroniques matrimoniales – Pour les nouveaux lecteurs

Couple de lecteurs debout légendé crédité

Ah lala… il serait p’tète temps de lire les deux premiers opus !

Leur lecture est gratuite sur ce blog, mais si vous le souhaitez vous pouvez acquérir la version papier en passant par cette page.

Dans ce texte, le Balafré fait allusion à ce chapitre du Cahier de Bonne-Maman où elle en explique la genèse.

Chroniques matrimoniales – L’anniversaire de Catherine – Après la fête

a592e5a5480ff96786b3e69486c2e1deLe lendemain, quand je me réveillai, tous les invités étaient déjà partis. Je regardai Christian encore endormi en me demandant si son sourire était dû à un joli rêve ou à la nuit que nous venions de passer. J’enfilai sa chemise, jetée en boule au pied du matelas. J’aimais porter ses vêtements après une nuit de partouze, j’adorais l’odeur de sa sueur pleine de désir et d’excitation emprisonnée dans la trame du tissu et j’aimais par-dessus tout l’étincelle de son regard quand il me découvrait ainsi vêtue.

Je descendis les escaliers, impatiente d’écouter Catherine me raconter sa soirée.

39e252a0-2ba0-012d-c74a-0050569428b1Je la trouvai étendue sur un sofa, les yeux mi-clos, un sourire aux lèvres. J’entendais Alain s’agiter en cuisine en sifflotant.

Catherine ouvrit tout à fait les yeux et je m’installai à ses côtés.

– Quelle belle fête ! Quel anniversaire !

Elle désignait la pièce, les chandeliers aux bougies consumées, de jolies cernes magnifiaient son regard. Alain entra avec un plateau. Je ricanai comme une gamine en lui demandant s’il était resté à poil pour se servir de son trépied naturel afin de soutenir le plateau. Il éclata de rire. Je suppliai Catherine de me raconter sa nuit.

– Mais… j’avais cru comprendre que tu verrais tout de là…

Elle venait de désigner le plafond et son miroir circulaire.

– J’aurais bien aimé te répondre « oui, j’ai tout vu », mais le clan des sept m’en a empêchée…

– Le clan des sept ? !

– Ben oui, Christian, le Bavard, le Notaire, Joseph, le Balafré, le Chauffeur auxquels s’ajoutait le Nettoyeur… à peine je m’étais installée qu’ils…

Que j’aimais les faire rire ! Je m’étais découvert le goût de la plaisanterie dès mon installation au village. À Paris, j’étais une jeune fille réservée, presque austère, mais en rencontrant l’amour, l’amitié, en apprenant l’histoire de mes grands-parents, de leurs amis, mon caractère profond était remonté à la surface, une partie de moi dont je n’avais jamais pris conscience avant.

– Viens voir… tu comprendras mieux en voyant la pièce…

– Je peux venir aussi ou c’est réservé aux filles ?

– Tu n’as pas visité les lieux avant de louer la villa ?

– Hé bé… euh… oui et non… avec le Notaire, je n’ai pas vu toutes les… possibilités qu’offraient les lieux…

J’agitai mon index d’un air entendu.

– Toi… tu aurais une idée derrière la tête, que ça m’étonnerait pas !

La main sur le cœur, Alain jura ses grands dieux qu’il n’en était rien, mais puisque je venais d’évoquer la chose…

Nous montâmes l’étroit escalier en nous taquinant, en gloussant d’excitation. Quand j’ouvris la porte, Christian était allongé sur le dos, les yeux fermés…

– C’est pour ça qu’il ne peut pas dormir sur le ventre…

Dormait-il encore, ainsi qu’il persiste à l’affirmer, ou avait-il entendu ma plaisanterie ? Christian sourit, visiblement aux anges. Catherine regardait la pièce, ébahie.

– Ouh… fan…

Désignant le coussin central, enfin, l’absence du coussin central, elle me demanda à mi-voix si c’était par là que… Je ne lui laissai pas le temps d’achever sa phrase, opinai et l’invitai à s’allonger aux côtés de Christian pour vérifier. Ce qu’elle fit bien volontiers. Sans même ouvrir les yeux, Christian se blottit contre sa belle poitrine. Elle fit semblant de râler « Je te comprends mieux, Monique… »

De les voir ainsi, de sentir le souffle chaud d’Alain sur ma nuque, sur mes épaules… je m’empalai sur Christian qui ouvrit enfin les yeux, fit semblant de m’ignorer « Té, Cathy ! Ton cadeau t’a-t-il comblée ? », l’embrassa, lui caressa les seins pendant qu’Alain la pénétrait. Je le regardai, nous nous sourîmes et nous nous embrassâmes.

Que Catherine était belle quand elle bougeait comme ça ! J’aimais son regard perdu, qui semblait hésiter entre l’extérieur et l’intérieur ! Comme s’ils étaient coincés dans sa gorge, collés à ses lèvres, les mots semblaient attendre un encouragement pour sortir de sa bouche. Je ne sais plus qui lui a posé la question « Tu as quelque chose à nous dire ? », mais je me souviens parfaitement de sa réponse.

– Je voudrais qu’Alain me fasse un enfant…

Elle parut hésiter, me regarda droit dans les yeux guettant ma réaction.

– … et que Christian m’en fasse un autre…

Alain s’exclama « Oh, mon amour ! ». Je sentis le sexe de Christian faiblir dans le mien. Je me penchai vers Catherine « Tu ferais ça pour moi ? Pour nous ? Oh, merci ma chérie ! » avant de l’embrasser à en perdre haleine. Le sexe de Christian avait repris toute sa vigueur. Nous faisions l’amour en profitant de chaque seconde, de chaque mouvement, de chaque soupir.

J’allais et venais le long du sexe de Christian, me cambrant comme Alain me le demandait. J’aurais pu jouir rien qu’en regardant son énorme bite entrer et sortir dans la chatte de Catherine ! Comme il savait y faire… ! Catherine criait dans la bouche de Christian qui lui caressait les seins avec un plaisir non dissimulé… Mon regard glissa encore vers Alain et remonta le long de son torse puissant, ses lèvres étaient trop tentantes… de mes mains, je tournai son visage vers le mien et l’embrassai.

– Oh oh ! Mais ne serait-ce pas « la figure Rosalie » ?

Je n’avais ni vu, ni entendu le Balafré entrer dans la chambre. Il tournait autour du matelas comme s’il voulait vérifier que nous l’exécutions dans les règles de l’art. Il me sourit, me fit un clin d’œil. D’un geste de la main, Cathy lui fit signe d’approcher, quand il fut à ses côtés, avec habileté, elle ouvrit sa braguette et lui demanda la permission de le sucer un peu. Il éclata de rire « C’est demander à un aveugle s’il veut voir ! » avant de se laisser aller aux délices des pipes de Catherine.

Je sentais l’orgasme enfler en moi, ou plutôt monter en moi avant de redescendre, un peu comme une vague qui s’écrase sur la plage… Je parvenais, parfois, à maîtriser cette sensation, c’était le cas ce dimanche là. Le Balafré s’échappa soudain de la bouche de Catherine…

– Tout doux, ma belle ! Tu vas me faire venir trop vite, sinon !

– Tu n’es pas parti avec les autres ?

– Tu ne leur as rien dit, Christian ?

– Hé… c’est que j’ai pas eu le temps ! Je dormais encore… mais… fatché ! Quel réveil… !

Ce dialogue plein de sous-entendus excita la curiosité de Catherine qui les pressa de « tout déballer ».

– Je suis parti avec les autres, mais je suis revenu pour vous annoncer que je suis désormais le second époux de Monique, mais que ça devra rester un secret jusqu’à notre mariage officieux…

– Quel mariage officieux ?

– La bigamie n’est pas légale, Monique ! Tu ne pourras pas me dire « oui » à la mairie ! Alors, nous ferons une cérémonie officieuse et nous annoncerons la nouvelle à l’occasion de la grande fête…

– Quelle grande fête ?

– Laisse-nous t’organiser la surprise, ma chérie… !

Que la voix de Christian était douce… et que son sexe était dur… !

– Et… et quand tu lui as fait ta demande ? Pourquoi tu ne m’as rien dit, Monique ?

– Ça s’est décidé hier soir, juste avant que vous arriviez, Cathy ! J’ai pas eu le temps ! Et pis… j’ai pas eu droit à une demande en bonne et due forme… !

Le Balafré tomba dans le piège grossier que je venais de lui tendre.

– Comment ça ? ! Je ne t’ai pas fait ma demande ?

– Pas avec la manière, je veux dire… pas comme on le fait quand on est bien élevé… dans le grand monde…

Il fit mine de poser un genou à terre, mais je l’interrompis d’un geste ferme. Je me levai, jetai un regard gourmand sur la queue  gonflée, dressée et luisante de Christian, proposai à Catherine d’observer la scène « si Aloune et Christian te laissent un peu de répit » et entraînai le Balafré dans le salon où elle avait fêté ses 33 ans.

En descendant l’escalier, il me dit qu’il aimait ma folie, je lui répondis que je l’aimais tout court. Il m’enlaça, me plaqua contre le mur. « Je vais te faire la plus belle demande en mariage du monde, ma Monique ! » Je ne sais pas si ce fut la plus belle des demandes en mariage du monde, mais bon sang, que je l’ai aimée… !

À sa demande, je m’étais allongée sur le dos, je regardais le plafond, il écarta mes cuisses, sa cicatrice n’avait jamais été aussi visible, ses mains couraient le long de mes jambes, puis elles me fouillèrent avant de caresser mes seins.

– Veux-tu être ma femme ?

– Mmoui…

Je répondis à son interrogation muette.

– Je sais que tu peux mieux faire…

Comme toujours, le Balafré se glissa immédiatement dans le rôle que je lui proposai. De son gland, il caressa ma fente, du clito jusqu’au vagin.

– Veux-tu être ma femme ?

Sur le ton de « c’est déjà un peu mieux », je répondis

– Mmm… oui…

Il me fit le clin d’œil de « ah, c’est comme ça que tu le prends ? », mit son gland à l’entrée de mon vagin.

– Monique, veux-tu… HAN ! … bien m’épouser ?

– OUI !

– J’ai pas bien entendu… !

Il se retira et recommença son manège, une fois, dix fois, jusqu’à ce que je crie à pleins poumons, jusqu’à ce que je jouisse… Enfin satisfait, il leva les yeux au plafond et demanda aux trois autres de nous rejoindre.

Alain arriva seul, Christian et Catherine préféraient rester là-haut, à observer la scène et lui avaient demandé de « bénir nos fiançailles »… Quelle bonne idée ! Je leur envoyai un baiser, en soufflant avec toute la force de mon amour dans le creux de ma main. Alain n’eut pas besoin de se branler très longtemps, il aspergea mon corps, mon visage, « ouvre ta bouche, Monique » et c’est ainsi que je fus officieusement fiancée au Balafré.

Rosalie nous raconte comment l’occasion fit le larron

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Chroniques matrimoniales – L’anniversaire de Catherine – Troisième partie

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Milo Manara

Puisqu’il était mon mari d’un soir, le Balafré m’invita à rejoindre les amants qu’il m’avait réservés dans un boudoir plus adapté à l’exercice. Je voulus regarder ce qui se passait dans le salon, mais Christian me dit que la vue serait plus instructive là où j’étais attendue et il avait raison !

Même si les réjouissances n’avaient pas encore débuté, je prenais un plaisir trouble à les observer dans l’intimité. J’entendais leur conversation et je m’en voulais un peu de leur voler ces secrets, de les offrir en pâture à tous ces hommes. Mais le Balafré, Christian et Joseph surent trouver les mots pour me déculpabiliser « Si Catherine ignore tout de la surprise, Alain l’a organisée… il saurait interrompre leurs confidences s’il les jugeait trop intimes ».

Le Nettoyeur fit son entré, nu, son sexe flasque s’anima quand le Chauffeur lui attacha les mains dans le dos.

– Voici la créature pour laquelle je requiers tes services

Il me regarda, comme un expert estime l’étendue des dégâts, parut satisfait, s’agenouilla devant moi et entreprit de me lécher afin de nettoyer le sperme qui, soit-disant, « souillait » mon pubis, mes cuisses, mes fesses. Bon sang ! Comme il savait y faire ! Ses petits cris, que j’aurais jugés ridicules en toute autre circonstance, m’excitaient follement et sa langue… Bon sang, sa langue ! Comment s’y prenait-il pour accéder au moindre de mes replis sans l’aide de ses mains ?

Quand le Balafré jugea que j’étais assez propre, il le chassa d’un geste méprisant de la main. Je n’eus pas le temps de lui en vouloir avant de réaliser que le Nettoyeur aimait être traité de cette façon.

La voix de Catherine retentit soudain, comme amplifiée par l’amour qui suintait de ses mots.

Tu fais de moi une reine ! Jamais un homme ne m’a offert ce que tu m’offres depuis… depuis ce soir où Monique est venue me chercher…

Je pouvais deviner les yeux d’Alain s’emplir de larmes.

N’oublie pas Paulo… sans lui…

Paulo m’a aimée, je l’ai aimé, j’ai cru crever de chagrin quand il est mort… Il m’a rendu ma dignité, mais toi… ! Sans Paulo, je ne sais pas ce que je serais devenue, mais sans toi… Monique n’aurait jamais su que j’existais, elle n’aurait jamais réussi à me convaincre… Je n’aurais jamais vu ce reflet dans tes yeux, tant d’amour dans ton sourire… Tu veux que je te dise ? Au plus tu me baises, au plus on partouze, au plus tu me rends ma virginité !

Je devinais l’éclat du regard d’Alain dans le sourire de Catherine, à la façon dont leurs doigts se taquinaient.

Tous à l’abri ! Alain doit bander si fort que la table va se fracasser contre les murs !

Je me retournai vers le Bavard avec l’intention de lui faire les gros yeux, mais ses bras croisés, ses mains puissantes, son sourire transformèrent mes reproches en un « Prends-moi ! » qui me stupéfia. Il éclata de rire.

M’est avis que ce n’était pas ce que tu voulais me dire…

Que veux-tu ? Je regarde tes mains et…

– Et?

Je me collai à lui, pris sa main, la posai sur mon pubis, la laissai glisser entre mes cuisses.

–  Et !

– Boudiou ! T’es toujours trempée comme ça ou c’est moi qui te fais cet effet ?

Je répondis par un regard plein de sous-entendus à sa question, qui n’attendait aucune réponse. Nous nous échauffions souvent ainsi. J’avais appris à aimer ses bavardages, ses commentaires, ses mots grossiers, la façon dont il me rudoyait verbalement. J’avais appris à lui répondre dans la même tonalité, il aimait autant mon accent, mes expressions parisiennes que j’aimais son accent, ses mots provençaux. Nous nous entendions parfaitement sur ce point dès notre deuxième ou troisième entrevue. Il regarda un après l’autre, les participants à notre sauterie.

C’est pas avec eux… en effet… la Nine parisienne a besoin des mains d’un paysan… Boudiou ! Souris pas comme ça !

–  Ou… ?

Il me bouscula, me renversa sur ce grand lit et me tripota, me tâta dans une suite de caresses râpeuses à souhait…

– Boudiou ! J’ai envie de te prendre de partout !

S’adressant à Christian, il lui demanda

–  Comment tu veux que je te la prenne, ta Monique ?

– Ce soir, c’est à lui qu’il faut demander

Le Balafré s’approcha de nous et sortit de son silence.

–  Montre-nous comment un paysan provençal culbute une petite parisienne prétentieuse !

–  Mais… je ne suis pas prétentieuse !

–  On t’a demandé quelque chose, à toi ? Tout le monde le sait ! Les parisiennes sont prétentieuses comme les provençaux sont…

–  Montés comme des bourricots ?

Cette dernière saillie me valut celle, rugueuse, du Bavard. Bon sang ! Comme ses mains puissantes, comme son sexe épais parvenaient à m’ouvrir totalement, comme j’aimais me sentir envahie, pleine de son corps…

–  Boudiou, capoune ! Si t’attends pas un peu pour jouir…

S’adressant au Balafré, il poursuivit

–  Faudra que tu la dresses un peu… han ! lui apprendre les bonnes manières…

Il me claqua la cuisse pour me donner ma « première leçon ».

–  La politesse, c’est d’attendre que je sois tout en toi, quelques va-et-vient avant de jouir !

–  C’est ma faute à moi, si tu me fais jouir rien qu’en m’approchant ?

–  Mais c’est qu’elle répond !

J’étais submergée par toutes ces sensations, les mots du Bavard m’électrisaient, ses mains calleuses qui me pétrissaient, ses va-et-vient brutaux et sensuels me rendaient folle de plaisir, je jouis une fois encore en m’exclamant

–  C’que tu me baises bien ! C’que tu me baises bien…

–  Boudiou ! Regarde ce que tu as fait ! Tu aimes ça, coquine ? Tu aimes que je me vide les couilles dans ton petit con ?

Oui, j’aimais ça et j’aimais presque davantage qu’il l’exprimât ainsi ! Le Balafré succéda au Bavard, me prit de la même façon, alla et vint en moi le même nombre de fois, se plaignit de mon insolence, me menaça de sanctions effroyables. Je venais de demander si je devais nettoyer l’outil du Bavard ou si le Nettoyeur s’en chargeait également. Je savais pertinemment ce qu’il m’en coûterait. Aucun d’entre eux n’était homophobe, pour autant ils n’étaient pas « gay friendly » comme on dit maintenant.

Je suçai le sexe mou du Bavard pendant les va-et-vient de mon mari d’un soir. J’avais hâte qu’il mette ses menaces à exécution « Elle m’a traité de pédale ! Attends un peu que je rebande et je te montrerai ce que je leur fais, moi, aux pédales ! » J’étais ravie d’avoir atteint mon but, mais alors que le Nettoyeur s’apprêtait à rendre mon sexe tout propre, Christian nous avertit « Attention mesdames et messieurs, dans un instant, ça va commencer ! »

Je me blottis dans ses bras pour assister au spectacle. Le majordome venait d’apporter le gâteau d’anniversaire et Alain l’engueulait comme du poisson pourri, lui reprochant d’avoir oublié les bougies. Catherine voulut l’interrompre, elle marmonnait « Mais c’est pas grave… » Ce qui sembla mettre Alain hors de lui.

–  Mais si c’est grave ! Vai ! Retourne en cuisine et ne reviens pas sans les bougies !

Je lus un mélange de déception, de lassitude et de tristesse dans le regard de Catherine. Je savais qu’elle pensait « Mais pourquoi a-t-il tout gâché ainsi ? » Elle allait le lui dire quand il s’exclama « Ah ! Voilà qui est mieux ! » Catherine restait figée, comme statufiée, elle ne pouvait donc pas voir ce qui se passait dans son dos. Que la voix d’Alain était douce quand il lui demanda de regarder derrière elle ! Mais Catherine ne bougeait pas. Alors, il fit signe aux « bougies ». Quand elle vit tout ces hommes-bougeoirs s’approcher d’elle, une chandelle à la main, qu’Alain cria à pleins poumons « JOYEUX ANNIVERSAIRE, MA CATHERINE ! », elle éclata en sanglots. « Ne me refais plus jamais un coup comme ça ! » Puis, après avoir estimé la « marchandise » d’un oeil maquignonnesque, se ravisa et laissa enfin retentir son rire joyeux, elle se leva d’un bond et Alain l’imita.

–  Elle te plaît, ma surprise ?

–  Peuchère ! Faudrait être difficile !

Comme un général passe ses troupes en revue, elle avait ce geste que je trouvais terriblement excitant à chaque fois, comme si elle soupesait les couilles de ses futurs partenaires avant de taquiner leur sexe du bout des ongles…

–  Tu t’y attendais pas, hein ?

–  Comment j’aurais pu ? ! Vé… je peux le choisir ?

–  Mais ils sont tous pour toi !

–  Ouh… fan… ! Quand je raconterai ça à Monique… !

Alain nous fit le signal convenu et nous fîmes notre entrée en hurlant « JOYEUX ANNIVERSAIRE, CATHY ! » Elle aurait voulu rouspéter, mais l’émotion l’étreignit, elle nous embrassa donc en nous remerciant. Puis, remarquant le Nettoyeur « Toi aussi, tu vas te régaler, ce soir ! »

–  Lequel tu veux, Monique ?

–  Aucun ! C’est ton cadeau, pas le mien ! Ils sont tous pour toi et rien que pour toi !

–  Viens ici que je t’embrasse…

Elle me roula une pelle sous les murmures admiratifs et excités de tous ces hommes.

–  Tu choisirais lequel en premier ?

J’aimais ce jeu ambigu où nous traitions les hommes comme des objets. Je m’approchai de celui qu’elle avait désigné plus tôt, lui tournai autour, inspectai ses mains, ses fesses, ses dents, soupesai ses couilles… « Celui-ci me semble pas trop mal pour commencer… » Le Notaire prit la parole

–  Voici le programme des réjouissances, Catherine. Tu fêtes tes 33 ans ce soir, 33 bougies seront allumées les unes après les autres, c’est le temps dont disposera chacun des « bougeoirs » pour t’honorer. Nous autres t’observerons derrière ce miroir (il désigna le plafond) et nous amuserons de notre côté. Tu ne nous entendras pas, mais nous pourrons nous régaler du chant mélodieux de ton plaisir. Tu vois cette petite clochette ? Elle nous servira à signaler au Nettoyeur que nous requérons ses services. Si, par le plus grand des hasards, il n’était pas à tes côtés et que tu aies besoin d’une petite toilette intime et linguale, il te suffira de taper deux fois dans tes mains, notre majordome le mènera alors près de toi. Nous espérons tous que tu trouveras ce programme à ton goût.

Il allait lui faire la bise de « passe une bonne soirée, chère amie » quand Alain et Christian lui firent les gros yeux.

–  Je vous prie d’accepter toutes mes excuses, j’ai failli oublier un point sur lequel Alain et Christian ont particulièrement insisté ! Si l’un de ces hommes ne te procurait pas tout le plaisir que tu souhaites, il te suffira de l’indiquer à ton époux qui soufflera alors la bougie afin de l’éteindre.

–  Co… comment vous remercier ?

–  En prenant tout le plaisir que tu mérites, Catherine !

Émue, elle se précipita dans les bras de Christian, l’embrassa avec fougue « Je saurai m’en souvenir ! » Même si ça peut paraître étrange, j’aimais qu’ils s’aimassent ainsi, j’aimais que Christian soit amoureux de Catherine, j’aimais que Catherine le soit de Christian et qu’ils l’affichassent avec autant de naturel.

Joseph se racla bruyamment la gorge pour attirer notre attention.

–  Il est temps de laisser notre charmante Catherine profiter de ses joujoux, les amis !

Ma fibre féministe vibra de contentement à l’écoute de cette comparaison. Je lui fis un clin d’oeil qui empourpra le haut de ses oreilles et l’invitai à me prendre la main pour monter à l’étage où j’allais, où nous allions jouir en petit comité.

Dans l’escalier étroit à souhait, je lui demandai, d’une voix câline, de me tripoter avec ses mains coquines.

–  Oh, ma chère Monique ! Votre souhait me comble de joie ! Regardez comme…

Je baissai les yeux, mais je ne pouvais voir son érection entre les plis de son pantalon, je me plaignis du manque de lumière, mais Joseph eut cette réponse

–  Monique, ma chère Monique, le mensonge ne vous va pas au teint ! Pourquoi chercher une mauvaise excuse ? Mon phallus est tout petit, c’est un fait qu’aucun de nos amis ignorent, mais vous me vexeriez davantage en le niant ! Répondez-moi, vous offre-t-il tout le plaisir dont vous avez envie ?

J’opinai.

–  Et bien voilà ! C’est tout ce que je lui demande ! Vous combler en m’offrant du bonheur !

J’ai eu de nombreux partenaires, certains étaient complexés par la taille de leur sexe ou de leurs performances, Joseph était le seul qui aurait eu de réels motifs de complexes, pourtant il n’en a jamais souffert.

Quand nous pénétrâmes dans la chambre où nous allions passer le reste de la soirée, je fus saisie d’un frisson de désir. Je ne saurais en expliquer la raison précise, était-ce la perspective de ces réjouissances ? Était-ce le velours rouge carmin qui recouvrait la pièce du sol au plafond ? Était-ce cette odeur capiteuse comme un parfum subtil et sulfureux ? Étaient-ce ces gravures odieusement pornographiques ? Étaient-ce cette cage et cette croix de Saint-André disposées face à face, chacune à un coin de la chambre ? Était-ce ce matelas surprenant au milieu de la pièce, très épais en forme de fleur à six pétales dont le coeur était en réalité un coussin amovible ?

–  Allonge-toi, Monique ! Enlève le coussin et profite de la vue !

J’obéis au Chauffeur, la première bougie était à demi consumée, Catherine ondulait en criant « Un autre ! J’en veux un autre dans ma bouche ! » Alain lui demanda « Lequel ? » D’un geste de la main, elle en désigna un, qui s’approcha, tendit sa bougie au majordome qui l’alluma avant de la mettre sur le chandelier prévu à cet effet. Je sentais les mains de Joseph courir sur mon corps, je levai la tête et ma bouche gourmande accueillit le sexe du Chauffeur. Christian et le Balafré parlaient ensemble, mais à mi-voix, ce qui m’interdit de comprendre ce qu’ils mijotaient.

Les festivités se prolongèrent jusqu’au matin.

En suggérant à Alain ce cadeau d’anniversaire pour sa Catherine, je n’aurais jamais imaginé les répercussions que cette fête eut sur nos vies.

Après les fêtes, il y a toujours les lendemains de fêtes…

 

Chroniques matrimoniales – Première explication pour les nouveaux lecteurs

Maison colorfulDans le chapitre « L’anniversaire de Catherine – Deuxième partie » Monique fait allusion à l’Amicale des Anciens Combattants, ce lien renvoie à la première apparition de cette amicale dans le récit de Bonne-Maman.

Ce sont quatre anciens combattants de la Première Guerre Mondiale, des villageois comme eux, avec lesquels ils partouzent régulièrement. Bonne-Maman les surnomme Barjaco qui signifie « bavard » en provençal, Gentil Coquelicot parce que sous le coup de l’émotion ou d’un vif plaisir il devient rouge coquelicot « des racines des cheveux jusqu’au nombril », Neuneuille qui doit son surnom au fait qu’il garde l’oeil droit toujours grand ouvert et Bouche Divine, le plus jeune villageois parti combattre et qui est revenu gravement mutilé, il n’avait jamais touché de femme avant la guerre et en rentrant, il n’avait plus de main, mais ses baisers sont incomparables.

L’amicale à laquelle Monique fait allusion, en ce qui la concerne, est composée du Bavard, qui comme son grand-père commente ses émois pendant les galipettes, le Notaire, Joseph au pénis tout petit et bien sûr le Balafré. En cliquant sur ce lien, vous pourrez lire un chapitre des Souvenirs de Tatie Monique où ils sont décrits plus précisément.

Chroniques matrimoniales – L’anniversaire de Catherine – Deuxième partie

En demandant l’aide du Bavard, du Notaire, de Joseph et du Balafré pour l’organisation de cette fête d’anniversaire, j’étais loin d’en mesurer toutes les conséquences. Comme ce fut à chaque fois le cas, ils se montrèrent tous à la hauteur de la surprise qu’Alain voulait offrir à sa Catherine.

J’avais suivi les préparatifs de loin, par crainte de dévoiler ce plan secret, un mot en entraînant un autre, mais la raison principale était que je passais beaucoup de temps avec Rosalie et Valentino. Au fil des mois, j’avais pris conscience d’être passée à côté de mon grand-père. J’avais de vagues souvenirs d’un vieillard prompt à la rigolade, à l’accent provençal très prononcé, mais j’étais trop petite quand il est mort pour deviner le Pierrot qui se cachait derrière mon papé.

La première fois où Valentino m’avait parlé de lui, un bonheur incroyable s’était emparé de moi, un sentiment de joie profonde et de sérénité. Savoir que ce que Valentino et Rosalie vivaient ensemble n’avait jamais nui à l’amitié qui l’unissait à Pierrot. J’avais voulu tout de même avoir quelques précisions.

Mais quand vous vous rencontriez, quand vous parliez politique, quand vous passiez des soirées, des journées entières ensemble avec Pierrot, Toine et Nathalie, tu n’avais pas envie de prendre Rosalie dans tes bras ? De l’embrasser ? De la caresser ?

Ils s’étaient regardés, abasourdis par ma question.

– Mais j’étais face à Rosalie !

– Justement !

– Non ! Tu ne comprends pas ! Ce n’était pas ma Rosalina, ma Rosalinetta… non ! Là, j’étais face à Rosalie, la femme de Pierrot, mon ami… tu comprends ce que je veux dire ?

J’avais été sidérée de tant d’évidence…

Les semaines avaient passé. Arriva l’anniversaire de Catherine. Ils s’étaient tous surpassés, quelle fête incroyable ! Alain avait loué une belle villa dans les terres. Il avait prévenu Catherine que le meilleur traiteur de la région leur cuisinerait ses plats préférés, qu’un serveur viendrait les leur servir « comme si on était les deux seuls clients d’un restaurant étoilé », mais elle n’en savait pas plus.

Christian et moi arrivâmes avant tout le monde. Je découvris, épatée, la villa. La salle où se tiendrait le dîner était pourvue de grands miroirs sans tain, ce qui nous permit de ne rien rater du spectacle, sans être vus. Pour être tout à fait certain de ne pas être remarqués, Christian s’installa à table et me demanda de parler depuis un des salons derrière un miroir. Ce que je fis. Ne me demande ni pourquoi, ni comment, mais j’entendais distinctement chacun de ses mots alors que ma voix ne lui était pas audible.

J’en eus la confirmation quand le Balafré arriva dans mon dos, qu’il me surprit en me prenant dans ses bras. Je criai et Christian ne l’entendit pas. Je lui expliquai en deux mots ce que nous étions en train de vérifier et lui demandai si c’était lui qui avait eu l’idée de cette villa. Il eut un sourire éclatant.

– Non ! Pour la villa, c’est le Notaire et le Bavard qui méritent tes louanges !

Arriva le moment que je redoutais un peu, tout en l’espérant vivement.

Tu veux toujours connaître mon vœu ?

Qu’il était radieux en prononçant ces mots ! Son visage semblait parcouru de décharges électriques qui faisaient palpiter les ailes de son nez, tressauter sa lèvre supérieure d’une façon extraordinairement sensuelle. Je sentis mon propre trouble dans le ton de ma voix.

– Tu oses me poser la question ? Combien de fois te l’ai-je demandé ?

Je n’ai jamais su s’il avait voulu faire durer le suspens ou si l’arrivée des premiers invités l’avait interrompu. Sa version varie à chaque fois que je lui pose la question. Il me désigna ces hommes qui arrivaient dans la salle à manger, saluant Christian qui leur donnait les consignes.

– Voici ma contribution !

Je les regardais, je ne pouvais m’empêcher de les jauger. Un autre groupe arriva. Je m’exclamai « Mais y’en a combien ? » quand je sentis la grosse main puissante du Bavard triturer mes fesses.

– Fais marcher ta tête, Monique ! Elle va faire combien, la Catherine ?

Euh… 33 ans…

– Alors, tu l’as, ta réponse !

Trente-trois hommes pour Catherine ! Je l’enviai tout en me demandant si je pourrais survivre à tant de plaisir. Joseph arriva, me salua. Comme toujours, ses mots étaient choisis et délicats. Le Bavard lui proposa d’aller saluer les collègues qui patientaient dans un autre salon, me laissant seule avec le Balafré. Je trépignais d’impatience.

– Alors ? Ce vœu ?

Avant qu’il ait eu le temps de me répondre, je perçus une agitation dans la salle à manger. Joseph venait de prévenir tous les participants de l’arrivée prochaine d’Alain et de Catherine. Toute la petite troupe partit se cacher dans les différents salons, seul un homme en smoking ne les rejoignit pas, il serait le majordome durant la soirée.

Je les regardais, machinalement, j’avais posé mes mains sur un miroir et m’y étais collée en me demandant lequel ferait quoi… et comment… et quand… Je sentis les lèvres du Balafré sur mon cou, il les faisait danser sur ma peau, de l’épaule jusqu’à l’oreille… ses mains couraient sur ma robe, remontant de mon ventre à ma poitrine… il fit glisser la fermeture Éclair d’une main et de l’autre caressa mon sein.

– Oh, Monique… !

– Pourquoi ce ton plein de reproches ?

– Tu… j’aurais voulu que tu portes un soutif… mais… sentir tes seins… tes jolis petits seins… savoir que tu étais nue sous ta robe… oh, Monique !

Je voulus me retourner pour voir ses yeux, son visage, son sourire, mais il m’en empêcha. Malgré notre intimité, malgré toutes les fois où nous avions couché ensemble, il n’osait affronter mon regard.

– Voici le vœu que tu me dois, Monique. Pendant tout le week-end, aussi longtemps que durera la fête, je te prendrai après chacun des partenaires avec lesquels tu coucheras, je ne jouirai pas en toi, cependant… je veillerai à m’arrêter avant et tu enchaîneras avec le suivant. À chaque fois, je te prendrai comme il t’aura prise… Et lorsque tu me supplieras, que tes supplications seront à la hauteur de ton désir pour moi, je jouirai enfin, là où tu le souhaiteras…

Je me retournai, le regardai droit dans les yeux.

– Pourquoi ce vœu ? Ce vœu si… particulier ?

– Tu le sais bien !

– Peut-être que je le sais… mais je veux que tu me le dises… je veux t’entendre me le dire…

– Parce que je suis amoureux de toi, Monique ! Je t’aime !

– Et tu sais pourquoi j’accepte…

– Parce que tu me dois un vœu et que tu es de parole !

Tu n’as donc pas compris ? !

– Qu’est-ce que je n’ai pas compris ?

– Mais… que je suis amoureuse de toi ! Que je t’aime !

– Mm… et Christian ?

– Je l’aime aussi, mais différemment… mon amour pour lui est aussi sincère que celui que j’éprouve pour toi… il est juste différent… mais… je… Quand tu ne viens pas partouzer avec nous, tu me manques… Je rêve qu’un jour tu viennes… que tu m’enlèves… comme ça… un jour comme les autres… un jour où je ne m’y attendrai pas… et qu’on passe un week-end… quelques jours ensemble… rien que toi… toi et moi…

– Et Christian le sait ?

– Bien sûr ! Pourquoi devrais-je le lui cacher ? Ce n’est pas honteux !

– Et il en pense quoi ?

– Il dit que tu es mon Valentino ! Et puis… il sait qu’il restera pour toujours l’homme de ma vie… Il t’aime beaucoup, tu sais… Il a beaucoup de respect pour toi, parce que…

– Parce que ?

– Parce qu’il aime te regarder quand on couche ensemble… parce que, comme il dit, il t’arrive souvent de me faire tellement l’amour que tu en oublies de me baiser… parce que tu sais me faire l’amour en me laissant rester salope aussi…

– Elle dit vrai, tu sais !

Christian nous avait rejoints et avait demandé aux partenaires de la soirée qu’il me réservait, de patienter dans un autre salon privé.

– Mais ça ne t’ennuie pas un peu ? Elle ne parle pas que de cul ! Elle parle de sentiments… d’amour ! Ça ne t’ennuie vraiment pas ?

– Pourquoi veux-tu que ça m’ennuie ? ! Au plus elle aime, au mieux elle aime, ma merveilleuse Monique !

– Tu voudrais bien me laisser ta place pour ce week-end ?

– Comment ça ?

– Je te regarde la baiser… tu la baises comme un fou… et après… je la prendrai dans ton foutre… oh ! Je voudrais vivre rien qu’une fois, ce que tu vis… ce que tu as la chance de vivre…

Les yeux de Christian s’emplirent de larmes, ce qui n’était pas dans ses habitudes. Il déglutit bruyamment avant d’accepter. Mon cœur s’emballa quand ils se donnèrent l’accolade. Je me blottis contre eux et les embrassai… à tour de rôle… l’un après l’autre… encore et encore…

Christian remonta la fermeture Éclair de ma robe en me souriant. Je compris tout de suite ce qu’il voulait. Je penchai ma tête sur le côté… un regard coquin… un sourire enjôleur… le bout de ma langue entre mes dents… mes doigts sur son tee-shirt… les doigts du Balafré sur ma fermeture Éclair… Un cran… des sourires… un autre cran… d’autres sourires… leur sexe dur contre mes cuisses… mes doigts s’aventurant sur la peau de Christian… quelques crans encore… des encouragements… mes attitudes de Sainte-Nitouche… de Sainte-Quitouche comme le disait Toine… les mains soudain impatientes de Christian… ma robe totalement ouverte…

Je me retrouvai les mains plaquées sur le mur, le visage collé au miroir… ma robe ouverte dont Christian releva le bas… ses doigts qui me fouillaient… ses mots à mon oreille… « Tu aimes ça ? »… ses doigts qui me fouillaient davantage, à la recherche de la réponse… ses doigts qui la trouvèrent… « Fatché ! Oh oui ! Tu aimes ça… ! » … « Penche-toi davantage »… le bruissement du tissu d’un pantalon jeté à terre… À nouveau ses doigts… son gland qui me pénètre… Je remarquai à peine Catherine et Alain trinquant au Champagne, seuls au milieu de cette grande salle… Je me contractai autour de son gland, ce qui le fit durcir davantage… ses doigts remontèrent le long de mon ventre… j’aimais ces caresses romantiques et sauvages sur mes seins… Les premiers va-et-vient passionnés, de plus en plus brutaux… Christian me baisait exactement comme j’avais envie de l’être à ce moment précis…

L’orgasme montait en moi, comme une fusée de feu d’artifice monte dans le ciel… je le sentais monter… monter… enfler… m’envahir… monter encore… Christian et le Balafré m’exhortaient

– Laisse-toi aller !

– Vas-y ! Crie comme une chienne !

– Sors l’animal qui est en toi ! Libère-le !

– Oui ! Oui ! Encore ! Crie encore comme ça !

– Dis-le plus fort que c’est bon !

– Crie ! Crie, Monique !

– Regarde comme il se branle ! Il t’aime comme je t’aime !

– Oui ! Regarde-moi, Monique ! Regarde comme je me branle pour toi !

– Tu aimes ça ? Oh oui, Monique ! Crie-le encore que tu aimes ça !

– Regarde encore, Monique !

– Regarde-le ! Vé comme il aime nous mater quand je te baise !

Je perdis tout contrôle et la fusée explosa enfin. Comme le ciel noir est aspergé de lumières multicolores, l’orgasme qui éclata en moi colora de vie chaque cellule de mon corps… Je n’étais plus Monique, il n’était plus Christian, nous n’étions que jouissance… Je sentis les ondes de son plaisir monter en lui avant même qu’il n’explose en moi… Christian rugit. Lui aussi redevenait animal !

Dessin de Milo Manara

Il se retira. J’étais pantelante… Je m’affalai sur le sofa et, avec une joie infinie,  écartai mes jambes… mes cuisses… pour que Christian puisse montrer « son œuvre » au Balafré qui siffla, admiratif, avant de me rouler une pelle… Peu de mes partenaires m’embrassaient ainsi… nous en parlions parfois avec Catherine, nous étonnant de cet accès de pudeur de la part d’hommes qui par ailleurs se livraient totalement à nous.

Le Balafré posa mes chevilles sur ses épaules, me demanda d’écarter mes genoux au rythme de sa pénétration.

– Comme c’est bon de la baiser dans ton foutre tout chaud ! Putain… c’que c’est bon !

Je les regardais se sourire, j’aimais l’amitié qui les unissait… j’aimais en être l’origine… Le Balafré allait et venait en moi. Il avait écarté les deux pans de ma robe, mais avait refusé que je l’enlève… il regardait mon corps… il caressait mon ventre… mes seins… il écarta d’une main les lèvres de mon sexe et se saoula de la vue de mon clito bandé… luisant… il s’enfonça profondément en moi… « pour que mes poils noirs se tissent avec ta blonde toison » … Je souris, surprise de l’entendre utiliser une expression de Rosalie… Je me cambrai tant pour ne faire qu’une avec son corps, que j’étais presque en position de souplesse arrière, seul le dessus de mon crâne touchait le canapé. Je devais ressembler à une contorsionniste ! Christian s’exclama « Qu’elle est belle… » et ajouta « … ta Monique ! »

Je sentis le sexe du Balafré enfler. Ses va-et-vient se firent plus amples, moins saccadés… pour cette nuit, je serai sa femme, il pouvait donc me faire l’amour sereinenement. D’une voix douce, il me demanda

– Ma chérie, tu veux bien sucer mon ami ? Qu’il puisse goûter à la douceur de ta bouche quand je te baise…

Christian, qui ne bandait pas, refusa ma bouche d’un geste de la main. Je n’ai jamais su s’ils avaient mis au point ce scénario ou s’il naquit de la situation.

– Ne t’en fais pas, mon ami, les pipes de ma femme feraient bander un mort ! Allez, ma chérie, montre-lui ! Suce-le bien pendant que je te baise !

Christian s’approcha de moi, son sexe tout mou avait du mal à rester dans ma bouche. Je fermai les yeux. Le Balafré se pencha vers moi, me souleva un peu la tête et, dans un mouvement d’une assurance absolue, me fit pivoter. Je me retrouvai ainsi allongée sur le côté. Nous voulions me mettre à quatre pattes sans qu’il ne sorte de moi.

Quand ce fut chose faite, qu’il me prit en levrette, il remarqua que je rejetais la tête en arrière et comprit ce que je désirais. D’une main, il attrapa la queue de Christian qui reprenait un semblant de vigueur, me la fourra dans la bouche, tandis que de l’autre, il me tira les cheveux.

– Regarde mon ami dans les yeux, ma Monique ! Montre-lui comme tu suces bien les queues quand je te fourre !

Christian bandait tout à fait désormais. Je sentais à nouveau tout le plaisir de chacune de mes cellules vouloir converger au creux de mon ventre, en faire une boule de feu qui grossirait jusqu’à exploser les irradiant en retour. Je dégageai ma bouche.

– Je le sucerais mieux si tu me parlais, mon amour et si ton ami m’encourageait de ses mots…

Le Balafré, amusé, me dit

– Ce sera tout ?

– Non ! Baise-moi comme une salope ! Montre à ton ami comme tu sais bien le faire !

Je sentis l’excitation du Balafré à la crispation de ses doigts sur mes hanches. J’aimais « le faire à la parlante », comme on disait, mais ce soir-là, leurs commentaires me firent décoller bien plus vite, bien plus haut, bien plus fort que je ne l’aurais imaginé.

– C’est vrai qu’elle suce bien, ta petite femme !

– Regarde-le, Monique !  Fais-lui ton regard de salope !
Oui… comme ça… suce-lui bien la pine !

– Oui ! Regarde-moi comme ça !

– Tu aimes comme elle te suce ?

– Oui ! Fatché ! Elle s’y connaît ! Elle suce toujours comme ça ?

–Regarde, si je lui touche le clito…

Je grognai de plaisir, la bouche pleine du sexe de Christian.

– Hummm que c’est bon quand elle grogne… ! Avale, avale ma queue !

– Tu veux que je la fasse rugir ?

– Oh oui ! Montre-moi comment tu t’y prends !

– Regarde…

Tout en allant et venant en moi, le Balafré posa un doigt sur mon petit trou et entreprit de l’enfoncer. Je criai de plaisir.

– Ouch… tu as raison, c’est bon quand elle rugit…

– Elle ne rugit pas encore… regarde comment il faut s’y prendre…

Il se retira lentement, du bout de ses doigts récolta un peu de nectar au fond de ma chatte et s’en servit pour lubrifier ses doigts qui entrèrent dans mon cul comme dans du beurre. Je poussai toute une gamme de cris. Je sentais mon ectoplasme à l’étroit dans mon corps, mais il y restait coincé… pour la première fois de ma vie, je me demandai comment faire pour le libérer.

– Regarde ! Regarde comme elle me tend ses fesses ! Tu vois ?

– Tu ne vas pas l’enculer, tout de même ! Pas devant moi…

Je sentis la salive du Balafré sur mes reins et celle de Christian sur mon omoplate, ils étaient aussi excités que moi !

– Elle n’attend que ça !

– Tu crois ?
Dis-moi, Monique… tu veux bien que… que ton… que ton mari t’encule devant moi ?

Je grognai « Oui ! », la bouche pleine du sexe de Christian qui l’avait enfoncé encore plus profondément dans ma bouche. Une claque sur mes fesses « On ne parle pas la bouche pleine ! » libéra mon ectoplasme.

Je nous vis, moi à quatre pattes, bien plus cambrée que je ne l’aurais imaginé, Christian dans ma bouche, une main sur sa hanche, l’autre caressant mon visage, la cicatrice brune du Balafré apparaissant, disparaissant entre mes fesses si blanches, apparaissant disparaissant encore, ses mains qui couraient sur mon corps, les miennes qui se crispaient sur un coussin du sofa.

Ils n’avaient pas interrompu leur conversation, mais fascinée par le spectacle de nous trois dans ce petit salon, je ne la captais que par bribes…

– Mais bien sûr que si ! Elle est en train de rugir !

– Ne dis pas n’importe quoi ! Elle miaule à peine !

– Ça ne peut pas être mieux que ça…

– Attends et tu vas voir ce qu’elle peut offrir, ma petite femme…

J’aurais voulu qu’ils fussent mille et que ces mille me prissent mille fois, de mille manières, au même moment ! Mon sang galopait dans mes veines avec la fougue d’un troupeau de tauraux sauvages à la poursuite d’un seul objectif, le plaisir.

– Allez ! Lâche tout, ma Monique ! Lâche tout !
Libère la lionne qui est en toi !

– Il a raison ! Lâche tout, ma… sa…

Mon ectoplasme captura leur regard au vol.

– … notre Monique !

– On ne sera pas trop de deux, si tu veux mon avis…

Alors, Christian fit l’amour à ma bouche, pendant que le Balafré le faisait à mes fesses, leurs mains se complétaient idéalement pour aimer le reste de mon corps. Toute mon animalité put enfin sortir de moi dans un incroyable rugissement. Le Balafré ne put ou ne voulut se retirer à temps, il jouit en criant presque aussi fort que moi, que Christian dont le sperme avait le goût du meilleur des nectars.

J’étais vidée ! Le Balafré et Christian m’apprirent qu’ils avaient convié les membres de notre « amicale » à une partouze pour les remercier d’avoir permis à Alain d’offrir ce beau cadeau à Catherine…

Catherine ! Je l’avais presque oubliée ! Catherine et ses trente-trois amants d’un soir ! Pourvu qu’elle ne succombe pas à tant d’hommes… j’étais vidée… comment ferait-elle ? Je demandai quelques minutes de répit, le Balafré me répondit

– Bien sûr ! Et puis… tu dégoulines de partout… il va falloir faire appel à un nettoyeur…

Pourquoi cet air de dégoût ? Lui et Christian étaient plutôt amateurs du spectacle de mon corps ruisselant, couvert de sperme… J’eus la réponse dès que le nettoyeur entra dans la pièce et qu’ils me racontèrent son histoire.

Je ne suis pas cruelle, si vous souhaitez savoir ce qui arriva ensuite, il vous suffit de cliquer ici !