Plaisir de lire, joie de s’émouvoir

Je me perdais dans les mots, je me perdais dans les phrases. Pourquoi la version livresque, l’originale, celle de Victor Hugo, pourquoi ce « Notre-Dame de Paris » me tombait des mains, alors que j’avais tant aimé le dessin animé, la comédie musicale ?

Assise sur un parapet, en contrebas de la cathédrale, je tournais négligemment les pages d’un doigt las, espérant qu’une phrase accroche mon regard et me donne envie de plonger dans le roman.

La lecture t’ennuie ?

Surprise, je levai les yeux vers cet homme à la voix douce et vibrante.

Je n’y trouve pas la magie à laquelle je m’attendais…

Tu veux de la magie ? Alors ferme les yeux, écoute ma voix et laisse-toi transporter… Sens-tu le vent fouetter ton visage ?

J’avais fermé les yeux, concentrée, je voulais le sentir, je le voulais de toutes mes forces…

Oui… Je sens un souffle chaud caresser mes joues…

Tourne-toi… N’ouvre pas les yeux ! Tourne-toi jusqu’à sentir, non pas un souffle chaud caresser tes joues, mais un vent froid, cinglant comme la bise…

Je me tournai, tendis mon visage vers le ciel et sentis la première gifle de ce vent glacial en cet été caniculaire.

Maintenant… je le sens…

Oui… Je l’ai vu… Respire ! Respire à pleins poumons l’air de Paris ! Imprègne-toi de toutes ses odeurs, y compris de celles de la Seine…

J’avais envie de me laisser guider par la voix de cet homme, par ses mots. J’inspirai de toutes mes forces et attendis, devinant que la magie allait opérer. Qu’il ne tenait qu’à moi qu’elle opérât…

Un picotement agaça mes narines, une odeur aigre, désagréable, puis une autre, plus lourde, mais non moins désagréable….

Des bourdonnements, un brouhaha assourdi, comme si mes oreilles étaient pleines de ouate…

Des fourmillements le long de mes jambes, au bout de mes doigts…

La sensation d’être bousculée par une foule qui ne me percevait pas…

J’éprouvais un certain malaise qu’atténuaient les emballements excités de mon cœur.

Et ce vent ! Cette bise qui faisait voler mes cheveux, qui me cinglait le visage…

Envolons-nous ensemble… ne crains pas le vertige, tu n’en souffriras pas !

Je me sentis arrachée du parapet, un arrachement tout en douceur, un arrachement libérateur.

Comme les pièces d’un puzzle, mes vêtements tombaient en lambeaux, dévoilant ma peau au fur et à mesure de cet envol, de cette ascension vers l’inconnu.

Je n’entendais plus la voix de cet homme, mais il me parlait avec les modulations de son souffle.

Je sentais la chaleur de son corps, son bras enlaçant ma taille, son torse contre mon dos, ses cuisses contre les miennes…

Le choc d’un atterrissage brutal.

La pierre tiède sous mes pieds… cette sensation que rien de néfaste ne pouvait m’arriver.

Que ressens-tu ?

Le vent me gifle… il est froid… Il me semble entendre croasser des corbeaux… les entendre voler… tournoyer autour de nous… La pierre est douce et tiède sous mes pieds… J’ai envie de tes caresses… que tes mains… que ta bouche… que ton corps réchauffe le mien… J’ai envie que tu me fasses l’amour comme dans un rêve… et qu’à mon réveil… je ne sache plus si c’était un rêve ou la réalité…

Sais-tu où nous sommes ?

Sur l’une des tours… Il me semble percevoir les gargouilles tout près…

Percevoir ? !

C’est comme si je les entendais gargouiller… et puis, la rumeur de la foule est moins sonore… moins bruyante… comme des vagues quand on s’éloigne du bord de mer…

Comme si un voile de pudeur s’était déchiré je prononçais des mots qui n’avaient jamais franchi mes lèvres.

Caresse-moi plus fort ! Oh oui ! Frotte-toi contre mes fesses… ! Caresse mes seins… Je sens ton désir… qui attise… mon désir… Caresse-moi plus fort… ! Mais que fais-tu ?

Je te caresse ! Ce n’est pas ce que tu veux ?

Je veux tes doigts, ton sexe… et tes mots ! Dis-moi ce que tu fais… ce… ce que tu ressens…

Je regarde Paris vieillir un peu plus à chacune de mes caresses… J’aime sentir ta peau se réchauffer sous mes mains… J’aime l’odeur de ton corps excité… J’aime sentir la moiteur de ton sexe… tu sens ? Je viens de glisser ma queue entre tes lèvres et je me branle en te donnant du plaisir… J’aime que tu te colles à moi comme une chèvre à un bouc… Et je veux prendre mon temps…

Tes caresses sont magiques… divines… elles n’ont pas d’âge… elles sont éternelles… oui… de toute éternité… mon corps les ignorait jusqu’alors… Parle-moi de ta queue… excite-moi encore avec tes mots… qu’à la fin je ne sache plus si ce sont eux ou ce que tu me fais qui me feront jouir…

Mais encore ?

Baise-moi ! Baise-moi avec tes mots !

Ta voix est envoûtante… Elle vibre et me fait vibrer… Tu sens comme ma queue est dure désormais ? Tu sens comme j’aime me branler comme ça ? La queue entre les lèvres de ton sexe que j’étire pour qu’elles la recouvrent ? J’en fais un fourreau… en attendant l’autre… l’autre fourreau… Je le devine déjà bouillant… humide… palpitant… Je veux que tu chasses toutes tes craintes… que tu ne penses qu’à cet instant… qu’à nous deux… Paris vieillit inéluctablement, je ne peux arrêter davantage le temps… à moins de cesser mes caresses… mais je ne le veux pas… pas plus que toi… J’aime comme tes seins s’offrent à la ville… J’aime ces petits cris que tu pousses… J’aime te sentir vivante contre moi… Sens-tu mes doigts ?

Oh oui ! Je les sens ! J’étouffe… j’étouffe de désir… Prends-moi ! Prends-moi comme personne ne me prendra plus jamais… Prends-moi comme tu n’as jamais pris personne avant !

La ville vieillit de ton impatience… Mais ne t’en veux pas… c’est ta fougue qui l’empêche de mourir… Je ne te prendrai pas… pas aujourd’hui… pas cette fois… Aujourd’hui… cette fois… c’est toi… toi qui viendras à moi… Sens… sens ma main sur ton ventre… je ne t’abandonne pas… Je vais caresser ta fente de mon gland et quand tu le décideras, tu te pénétreras de moi…

Je n’y arrive pas… Tu es trop loin !

Non, c’est toi qui n’ondules pas assez… sois lascive… lascive… las.. ci… ve…

Enfin, enfin je sentais son membre m’envahir ! Enfin, il était en moi ! Enfin, il était à moi ! Je vivais cet instant comme la plus belle des victoires !

Nous criions tous les deux, il me semblait que les corbeaux venaient régulièrement se poser près de nous. J’avais aussi l’impression que le vent me fouettait réellement, mettant tous mes désirs à vif… tous mes désirs dont j’avais jusque là ignoré l’existence… Je me faisais putain, je me faisais amour… Je devenais à la fois courtisane et vestale… J’avais mille ans, j’étais immortelle… Les mots coulaient de ma bouche, comme le plaisir suintait de tous mes pores, de tous mes orifices… Plus ses caresses étaient bouillantes, plus son corps semblait froid…

Il me disait que je me trompais, que son corps était bouillant comme la vie qui coulait dans mes veines, comme le feu que mon plaisir faisait naître en lui… Il me parlait d’amour comme on parle dans les rêves… sans raison… sans logique… dans le chaos de nos cellules…

Je jouis avec la certitude que c’était la première fois. Je jouis cent fois, je jouis mille fois entre ses bras. Mon corps était pris en tenailles entre l’envie qu’il jouisse enfin et la crainte que ce ne soit la fin de cet incroyable voyage .

La ville aura bientôt ton âge… elle sera bientôt de retour dans ton époque… Il va me falloir te redéposer sur le parapet… Reviens… Reviens me voir, ma beauté, mon amour, mon éternelle, ma fugace… !

Dans un même mouvement, dans une même sensation, je le sentis jouir au plus profond de moi et je sentis le vent devenir de plus en plus chaud… Cohérent avec la canicule qui régnait sur Paris… Les corbeaux ne croassaient plus autour de nous, je ne les sentais plus voler… Il me remercia, me redit son amour…

Comme il le souhaitait, je gardai les yeux clos… Je me sentis tomber au ralenti… engoncée dans ma robe devenue désagréable sur ma peau… Je sentis mes fesses se poser doucement sur le parapet.

J’ouvris les yeux. L’inconnu avait disparu… Je cherchai un signe, un souvenir de ce que j’avais vécu. Mais rien… J’aurais aimé qu’une plume de corbeau s’échappât de mon livre, mais rien. Rien de rien.

Avant de le refermer et de rentrer chez moi, une phrase accrocha mon regard « L’Égypte l’eût pris pour le dieu de ce temple, le moyen-âge l’en croyait le démon, il en était l’âme. »

Je fermai le roman, souris et adressai un salut à la cathédrale d’un geste ample de la main, certaine qu’il le remarquerait.

 

 

 

Instantané – Conversation téléphonique

Que fais-tu ?

Je pense à toi…

Et… ? Que fais-tu ?

– Je pense à toi…

Tu ne fais que penser ? Tu ne fais pas comme moi ? Tu sais ce que je fais ?

Tu penses à moi ?

Je me branle et je pensais que tu en faisais autant…

– Ah… tu parles de mes doigts ?

– Tes doigts font partie de toi, non ?

– Quand je me touche comme ça, je n’en suis pas certaine…

– Et tu te touches comment ?

– Comme si c’était toi… comme si mes doigts étaient tes doigts… et toi ?

– Je regarde mon gland disparaître… apparaître entre mes doigts… ma bave coule toute seule et… mes doigts mouillés… me font penser… à ta bouche…

– Aah… tu vois… ce n’est plus toi… c’est… tes doigts sont devenus… ma bouche… et… Oh non !

– Quoi « Oh non ! » ?

– Mes doigts devenus tiens viennent de me faire jouir…

– Déjà ? !

– La faute à qui ? Oh oui… ! Oui ! Continue comme ça… oui ! Comme ça… comme ça… caresse-moi comme ça…

– Comment es-tu installée ?

– Sur mon lit… comme tu aimes que je le sois… quand je me branle pour toi… Oh ! Tes doigts aiment quand je te dis « je me branle pour toi » ! Ils s’agitent… Oh ! Tu entends comme ils font chanter ma chatte ?

– Oh ma chérie… ouvre ta bouche…

– …

– Ouvre-la encore… sors un bout de langue gourmande…

– Comme ça ?

– Oh… tu as senti ? Je viens de jouir dans ta bouche alors… alors que tu es si loin de moi… Dis-moi… dis-moi ces mots que nous nous interdisons quand on se voit…

– Je pense à toi…

– Encore quatre jours à attendre… mais tu me paieras ton insolence… !

– Quatre jours… quatre jours et trois nuits à penser à toi… Il me faudra une greffe des doigts…

– Ça t’apprendra… à penser à moi !

Les rouages de mon esprit me surprennent parfois… me surprennent souvent… me surprennent presque tout le temps… alors… je fais une recherche aléatoire dans la bibliothèque de mon ordinateur, en sort le dessin qui illustre ce texte… le dessin que mes mots ont illustré… et tout de suite, cette chanson de Lou Reed se met à résonner dans ma tête… et c’est ainsi que naquit ce dialogue…

Où est la réalité ? Qu’est-ce qui donne naissance aux légendes ? Vous avez 4 heures !

Instantané – À chacun son tour

J’avais fait mon coming-out peu avant d’être outée. J’en étais un peu furieuse parce que j’estimais que ma vie sexuelle ne concernait que mes partenaires et moi, mais l’air du temps étant à la transparence, il m’avait fallu lever le voile sur mon intimité.

J’y ai perdu quelques amies pour lesquelles je devenais soudain une prédatrice potentielle. Les garçons me regardaient tantôt comme la pauvre nana qui n’avait pas eu la chance de rencontrer « le bon », celui qui d’un bon coup de queue m’aurait fait découvrir le plaisir… Celui dont la queue aurait été, en quelque sorte, une baguette magique…

D’autres me classaient dans la catégorie « rivale éventuelle » et se montraient assez agressifs. Enfin, le plus grand nombre me voyaient comme le moyen d’assouvir leur fantasme « deux filles ensemble qui se chaufferaient, les excitant au passage, pour finir par succomber de plaisir sous leurs coups de boutoir ».

Je ne saurais dire quel comportement m’agaçait le plus…

Manon m’attendait à l’entrée du campus. Je la connaissais à peine, nous n’étions pas dans la même filière, mais nous avions déjeuné à la même table, avant ce maudit coming-out. J’ai aimé l’éclat de son regard, ses pommettes un peu rosies, quand elle m’a invitée à déjeuner « un peu à l’écart des autres ».

À plusieurs reprises, elle respira un grand coup, ouvrit la bouche comme si les mots avaient besoin d’espace pour daigner franchir ses lèvres. Je la regardais, affichant un sourire engageant, mais à chaque fois, une bouffée de honte mêlée de timidité l’en empêchait. Alors, Manon mangeait de grosses bouchées, histoire de justifier sa bouche grande ouverte.

Je décidai de prendre les devants, je la voyais soumise à la torture et ça me devenait insupportable.

– Que veux-tu me dire ? Que veux-tu me demander ? Comment c’est entre filles ? C’est ça ?

Elle hésita encore un peu, puis se jeta à l’eau. Elle était avec Quentin depuis quelques mois, comme avec ses copains précédents, « ça ne marchait pas très bien au lit ». Au début de chaque histoire, ça allait à peu près, puis le désir se délitait. Inéluctablement. Quentin, comme ses autres petits copains, lui reprochait sa passivité, son manque d’enthousiasme qui tuaient son désir à lui. Je l’interrompis.

Mais… ton désir à toi ? Ton plaisir ? Qu’en est-il de ton désir ? De ton plaisir ?

Elle était incapable de répondre à ces questions, ce qui me sidéra. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’elle était en train de perdre Quentin et que la douleur de cette rupture annoncée lui était déjà insupportable. Pour tenter de le retenir auprès d’elle, Manon voulait qu’il nous observe, elle et moi, nous embrassant. Elle et moi, nous caressant.

Quel ange malicieux a retenu la gifle que mon âme blessée voulait lui infliger ? Plus la colère, la rage m’étreignaient, plus ma voix se faisait douce, plus mon sourire était apaisé.

Mais toi… est-ce que tu en as envie ? As-tu envie de m’embrasser, que je t’embrasse ? As-tu envie de mes caresses ? 

Je n’y avais jamais pensé avant, mais depuis que Quentin m’en a parlé… C’est parce que ça marche mieux entre nous, quand on en parle avant…

Comme un service que l’on rend, j’acceptai un rendez-vous le soir même. Je ne sais pas si j’étais émue par sa détresse ou troublée par l’étincelle fugace qui avait illuminé son regard à l’évocation de ce fantasme.

J’arrivais un peu en avance, pour laisser la possibilité à Manon de tout annuler, de reporter cette étreinte sur commande. J’arrivais un peu en avance, mais Quentin était déjà là. J’avais beau de pas m’intéresser à la gent masculine, je remarquai immédiatement son excitation, d’abord dans son regard, dans son sourire, à sa façon de m’accueillir, de me faire la bise, avant que mes yeux glissant jusqu’à son entrejambe me confirment ce que j’avais déjà deviné.

Comment on fait ?

La question avait l’avantage de la concision. Je proposai un léger baiser pour commencer. Je ne sais pas pourquoi, mais je notai intérieurement, que Quentin était aussi brun que moi. Peut-être fut-ce dû au reflet que le miroir me renvoya à cet instant précis. Manon, la blonde Manon serrée contre mon corps, blottie entre mes bras, fermant les yeux dans l’attente de ce premier baiser.

J’embrassai sa chevelure, ou pour être plus précise, je caressai ses cheveux blonds de ma bouche ouverte. Je sentais son parfum, l’odeur de son corps m’enivrer peu à peu. J’en oubliai Quentin. Manon leva les yeux vers moi, me sourit, ferma doucement ses paupières et tendit ses lèvres vers les miennes. Je déposai un chaste baiser sur sa bouche, puis un second un peu moins chaste. Je la sentis sourire, puis lentement s’épanouir quand nos langues se frôlèrent, qu’elles se mirent à tournoyer ensemble.

Manon dit les mots que je m’apprêtais à prononcer, avant que j’en aie le temps.

S’il te plaît, Quentin, laisse-nous seules quelques minutes et reviens… ce sera ton tour après, mais laisse-nous quelques minutes rien qu’à elle et à moi…

Quentin s’exécuta. Il sortit de la chambre en sifflotant comme dans un souffle. Joyeux, fier et excité que les choses se déroulassent aussi facilement… Dans quelques minutes, il se régalerait du spectacle de Manon s’amusant avec une autre fille et quelques instants après, elle serait à lui, chaude et offerte… Avec un peu de chance, qui sait, je serais de la partie ! Quelle belle fin de journée, il s’apprêtait à vivre !

Manon me faisait penser à un explorateur qui se serait trompé de chemin, un explorateur qui, sûr de trouver une contrée inhospitalière découvrirait le paradis sur Terre.

Encore un baiser… encore un baiser…

Je l’embrassais avec une fougue croissante, j’aimais sentir ses cheveux couler entre mes doigts, ses cheveux comme des fils d’or que je lissais plus que je ne les caressais. J’aimais sentir sa tête rouler de désir, son cou appeler mes lèvres, sa poitrine qu’elle gonflait sans s’en rendre compte, comme pour inciter mes mains à la parcourir.

Manon se faisait plus hardie, tout son corps hurlait le désir qui la consumait… Je glissai ma main le long de son cou, ma main était l’éclaireur de mes baisers…

Tu veux que je continue ? Tu en as envie ?

Jamais je ne fus plus hypocrite qu’en posant cette question. Le sourire de Manon m’apprit qu’elle n’en était pas dupe, mais qu’elle aimait se prêter à ce jeu… elle attrapa ma main, la glissa entre ses cuisses… Bon sang, elle semblait découvrir sous mes doigts la moiteur de son sexe…

Elle voulut me dévêtir un peu, je lui chuchotai mon refus « pas tant que Quentin est dans les parages, mon corps, tu le verras, tu en jouiras autant que tu le souhaiteras, mais quand il ne sera pas là ».

 Ça me fait presque mal, là… tellement ça me chauffe… tellement c’est irrité… 

Tellement tu veux jouir, Manon ! Tu ne connaissais pas cette sensation ?

– À ce point, non !

– Alors… dis-moi… ferme tes jolis yeux et laisse ton corps répondre… comment veux-tu que je te fasse jouir ?

Quentin choisit, mal, ce moment pour venir nous rejoindre, Manon se serra plus fort contre moi. Regardant sa montre, un sourire charmeur aux lèvres, Quentin affirma que c’était à son tour, maintenant. Je sentis les cuisses de Manon se contracter autour de ma main, elle ferma les yeux, laissa exploser la vague et d’une voix troublée, lui demanda de nous laisser seules. Pour le restant de la soirée.

à mon tourJe repense à cette soirée parce que, en cette journée exceptionnelle, ce petit dessin s’est échappé du journal intime de Manon. Après ces longs mois d’observation, ces longs mois de questionnements, maintenant que l’étincelle de la découverte s’est apaisée, maintenant que notre relation s’est officialisée, maintenant que Manon peut conjuguer désir et plaisir sur la durée, nous avons pris la décision d’habiter ensemble et c’est aujourd’hui le jour de notre déménagement.

Un bout de phrase entendu dans le brouhaha…