Odette – « Chez nous, à chaque instant, c’est jour de fête »

Voici le lien vers la chanson en question !

Marcel me regarda comme s’il hésitait à me poser la question qui le taraudait. Je l’anticipai en y répondant « Je lui ai affirmé que tu ne risques pas de lui claquer dans les pattes… au pire, nous achèterons un défibrillateur »

– Mais bordel à couilles, j’ai jamais rien eu au cœur ! Je lui ai dit qu’elle me faisait de l’effet au palpitant pour ne pas lui dire « je t’aime », mais c’était tout ce que je voulais dire… Boudiou ! Pour une fois que je l’ouvre !

Pour une fois ? C’est sans doute pour cette unique fois qu’on te surnomme « le Bavard » ?

– Donc, si je comprends bien, c’est Paris qui vous rend chiantes ? Déjà qu’avec Monique et Sylvie… si tu t’y mets à ton tour… Et à part ça qu’est-ce que tu sais de moi ?

– Que tu parles en baisant, que tu es le meilleur coup de la Confrérie…

– C’est Mireille qui t’a dit ça ?

– Mireille, mais Monique l’écrit et Sylvie me l’a dit aussi… Je sais que tu fais tout ce que nous devrions détester et que malgré tout, tu les fais jouir comme personne !

– Le problème avec vous, les femmes, c’est votre réalisme. Vous ne laissez jamais aucune part au merveilleux, ce qui me chagrine…

– Comment ça ? C’est quoi cette histoire de merveilleux ?

Comme s’il n’attendait que ma question, Marcel prit un air énigmatique.

– Je ne sais pas si tu mérites que je t’esplique… regarde-moi ça… une vraie souillon !

Je me dirigeai vers le petit lavabo, habilement masqué par le paravent, cherchai un gant de toilette ou une éponge, mais Marcel voulut me voir penchée au-dessus du lavabo « les mamelles » à fleur d’eau. Je commençai à comprendre Mireille, Monique et Sylvie.

Pourquoi ce mot « mamelles » qui aurait dû anéantir mon désir l’avait, au contraire, enflammé dès lors que Marcel l’avait prononcé, dès lors que ses grosses mains carrées, poilues et rugueuses m’avaient palpée, fouillée ? Pourquoi le contact de l’eau fraîche sur mes mamelons réchauffait ainsi le reste de mon corps ? Pourquoi avais-je eu l’envie que Marcel maltraite mes seins, fasse semblant de les traire alors que j’étais penchée en avant et qu’il se tenait derrière moi ?

Quand sa main remonta jusqu’au milieu de mon dos, que d’une pression ferme, elle m’incita à me pencher davantage, Marcel prit une voix douce, choisit ses mots et commença son « esplication ».

– Est-ce que Monique t’a parlé de son ectoplasme ?

– Non, mais j’ai lu les pages où elle en parle. Pourquoi ?

– Elle en parle souvent, tu sais, mais ce que tu ignores encore… Hou ! Tu me fais bander comme un conscrit ! Décessa de rire, créature, ou j’arrête de t’espliquer ! T’as froid ou quoi ? Vé la chair de poule qui te fait comme une ceinture ! Vé… et là… elle te remonte le long de la colonne ! Hou comme j’ai envie de te faire onduler de la croupe… et espin… et la regarder bouger ! Ah, si Mireille n’avait pas exigé que je lui réserve mes cartouches… je t’aurais bien fourrée… comme ça… tu sens mes doigts ?

Je me retournai pour lui répondre, le regardai. Son sourire et son regard me le rendirent irrésistible. Il m’arracha presque du sol, prit mon visage entre ses mains et fourra sa grosse langue baveuse dans ma bouche. Pourquoi cette façon répugnante d’embrasser m’excitait autant ? Pourquoi avais-je envie qu’il ne cessât jamais ? C’était donc ça le merveilleux que Monique avait omis de me raconter ?

– Fatché ! Ça me le refait avec toi ! Comme avec Mounico !

– Ça te refait quoi ?

– L’impression que c’est pas la première fois… savoir exactement comment tu fonctionnes…

– Ah… le merveilleux dont tu parlais !

– Qué « le merveilleux » ? Ah mais non ! Boudiou, tu m’as fait perdre le fil, bougresse !

D’une claque étonnamment sensuelle sur mes fesses, Marcel m’intima l’ordre de me remettre en position afin qu’il puisse terminer son récit « si tu te décides enfin à ne plus m’interrompre à tout bout de champ ! »

J’allai protester quand il plaqua sa grosse main sur ma bouche « Pas le physique, ni la religion ! » et me sentit sourire sous sa paume.

Je n’en revenais pas, mon corps ne m’appartenait plus, il anticipait les caresses de Marcel, réclamait des attouchements dont il n’aurait pas voulu auparavant, des attouchements qu’il refuserait aujourd’hui encore à quiconque. Sauf à Marcel.

Marcel le bavard qui entrecoupait son récit de commentaires grossiers autant qu’élogieux sur ce qu’il était en train de me faire, sur ce qu’il ressentait.

J’entendais ses « Oh, mais tu mouilles comme une pucelle ! », ses « Tu sens comme tu es Odette la marionnette quand je te… ho, fatché ! Je te fais jouir, jolie marionnette ! », ses « C’est si facile… Boudiou ! Comme on va se prendre du bon temps… Oui ! Crie comme ça ! », ses « Maintenant que tu t’es décidée à venir…Oh ! Comme t’es bonne ! », mais, attentive à toutes ces sensations, j’avais perdu le fil de son récit. L’avait-il remarqué, venait-il de s’apercevoir qu’il l’avait interrompu dans le feu de l’action ?

– Bon, j’en étais où, Dédette la marionnette ?

– Que ça te faisait avec… moi… oh oui, comme ça… avec moi comme… OooOOOoooh… avec Monique… mais… c’était pas ça… Oooh… pas ça le mer… veille… ooh… eux…

– T’as donc rien écouté, bougresse ! Peuchère ! Tiens ! V’là pour tes fesses !

Sa claque déclencha ma supplique « Encore ! »

– Tu s’rais trop contente ! Bon. Je reprends depuis le début ?

– Oui !

– Mais sans les mains, ni rien !

– Oh !

– J’ai dépassé mon temps imparti et j’ai trop envie… si je te touche encore un peu, je pourrai pas résister et j’aurai plus de cartouche pour Mireille et Mireille…

Marcel soupira, exprimant ainsi et par son regard lointain, tout l’amour qu’il lui portait, qui la rendait unique à ses yeux.

– C’est un ectoplasme qui s’échappe du corps de Mounico, mais c’est une petite fée que je vois…

– Que tu… vois ?!

– Hé vouaï, que je vois ! Et pis…té… lis ce dossier… il raconte toutes ces bizarreries bizarres, ces étranges étrangetés, mais vous, les filles, la poésie, la féerie, vous vous en foutez, y a que le cul qui vous intéresse, à vous !

– C’est pas vrai ! Y a les bites, aussi ! Tu me montres la tienne ?

Marcel, comme s’il consentait un effort surhumain, me montra son sexe avant de me tourner le dos avec emphase, s’offrant ainsi une sortie théâtrale.

Je m’essuyais brièvement la poitrine et le ventre en me demandant qui allait être la prochaine personne à toquer à la porte. Je venais de finir de réajuster le peignoir quand retentirent trois petits coups cadencés. Toc. Toc. Toc.

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