Après-midi « valenciana »

J’ai connu Julien, Paola, Abdel et Manon au lycée. Notre amitié a résisté au temps qui passe, aux chemins qui se séparent. Julien a rencontré Marie presqu’en même temps que j’ai rencontré Maxime.  Abdel et Julie ont été les premiers à emménager ensemble. La dernière à se caser a été Manon, qui nous a présenté Pierre cet hiver.

Nous avons décidé de partir ensemble cet été, puisque nous travaillons tous et qu’aucun de nous n’a d’enfant. Une grande villa sur la côte espagnole, un luxe qu’individuellement nous n’aurions pu nous offrir, mais ensemble nous disposions d’un budget conséquent et nous avons pu organiser ce séjour de rêve.

Les vacances s’écoulent doucement dans la chaleur estivale. Je n’avais pas envie de faire le « rodéo plage-boutiques », nous ne nous sommes pas encore calés sur les horaires espagnols, vers 13 heures, nous avons déjeuné et je m’étais déjà endormie à l’ombre près de la piscine quand ils sont tous partis.

Le soleil a tourné, la chaleur m’a incommodée. Je me suis levée, j’ai profité d’être seule pour faire quelques brasses totalement nue dans la piscine. J’aime cette sensation de liberté totale… nager nue, totalement nue, sans risque d’être vue et avec l’envie de l’être…

Je me découvre, ces derniers temps, un goût pour les paradoxes. Je ne le découvre pas tout à fait, mais j’ose me l’avouer. Quant à en parler autour de moi, c’est une autre histoire !

Le corps rafraîchi par cette baignade, je déambule, nue tout autour de la piscine, en alternant la pression de mes pieds sur les dalles. Parfois, j’y laisse une légère empreinte qui s’évaporera en quelques minutes, parfois, je plonge mon pied dans l’eau et le fais ruisseler pour y laisser une petite flaque. Satisfaite de cette œuvre éphémère, que je viens de créer pour moi seule, je me rhabille et m’affale dans le premier fauteuil venu. Le vent chaud sur a peau humide me donne l’envie et le courage d’ôter le bas de mon maillot de bain, mais un sursaut de pudeur me convainc d’enfiler ma robe de plage… encore un paradoxe ! Je ferme les yeux et somnole un peu…

Est-ce que je rêve ?

Non, je ne rêve pas ! C’est bien Abdel qui vient de sortir de la villa ! Surprise, je resserre mes cuisses.

T’es pas parti avec les autres ?

Non… j’avais un truc à finir… pour le boulot… C’est un peu trop tard… !

Qu’est-ce qui est « un peu trop tard » ?

Pour te la jouer « Miss Lapudeur » !

QUOI ? ! ?

Tu m’as donné tout le temps pour te mater… ça t’excite de te donner en spectacle ? Ça t’excitait de me faire bander?

Je suffoque presque tant ses propos me choquent…

 Ça va pas, non ? ! ? Je ne savais même pas que tu étais là ! !

Et maintenant que tu le sais ?

Je détourne le regard, le pose sur un parasol au loin… Je sais que je rougis…

T’es tellement glaçante avec tes airs de fille sérieuse ! En dix ans, c’est la première fois que tu te lâches… et j’aurais rampé pour te regarder de plus près, pour te toucher… le feu sous la glace… Tu fais souvent des trucs comme ça, toute seule ?

Je retrouve la parole, je n’ose toujours pas le regarder. Ma bouche est sèche, ma voix devient rauque.

C’est la première fois…

… et… ?

C’est un combat d’émotions en moi… honte… plaisir… surprise… excitation… honte… excitation… plaisir…

En claquant les doigts, il me demande

Et là… ta première pensée ?

Je voudrais que tu rampes à mes pieds

Abdel se relève, se déshabille, retourne vers la villa et, en rampant, revient vers moi. J’aime le voir lécher les flaques d’eau qui ne se sont pas déjà évaporées, j’aime découvrir son corps d’homme, son sexe… Je crois que je n’ai jamais regardé un sexe d’homme comme je suis en train de regarder le sien… Il le remarque et commence à se caresser en silence… lentement… je réponds à son interrogation muette.

Tu as un beau pénis, je trouve qu’il te ressemble…

Il éclate de rire.

Emploie un autre mot, s’il te plait !

J’aime bien ta bite… elle te ressemble, je trouve…

czi0fvnvqaadkiaAbdel se remet à ramper… j’écarte mes cuisses à la même vitesse… sans avoir eu besoin de le dire, il a compris mon manège et en joue, en avançant plus ou moins vite, en reculant parfois… quand il arrive à mes pieds, il me regarde en se branlant…

Touche-toi aussi ! Lâche-toi ! Je veux te voir jouir !

Oubliant celle que je suis, oubliant celui qu’il est, oubliant le lieu, oubliant le temps, les années de camaraderie commune, oubliant notre passé, sans penser à l’avenir, je ne veux être que cet instant et je le deviens. Je m’offre à mes caresses devant les yeux d’Abdel qui se laisse, lui aussi, aller à son plaisir. J’ondule, mes doigts écartent mes lèvres pour m’offrir davantage au regard excité d’Abdel…

L’orgasme semble bloqué, prêt à exploser, mais l’étincelle ne se produit pas… Un filet de salive coule sur mon orteil… une fulgurance !

Lèche-moi les pieds !

Nous sommes tous les deux surpris de mon ton autoritaire. Abdel s’exécute. Quand je sens ses lèvres sur ma peau, quand il commence à lécher mes orteils…

Regarde-moi !

Abdel m’obéit et l’orgasme m’emporte comme une lame de fond, mon corps est secoué… entre spasmes et frissons… Je répète comme un mantra « c’est bon… c’est bon… c’est bon… »

Abdel jouit à la limite des dalles et du gazon jauni. Un joli sourire, il se relève, se rhabille, me prend la main comme si j’étais une duchesse et m’invite à boire une grand verre d’une citronnade bien fraîche à l’intérieur de la villa climatisée.

Quand une contrainte donne naissance à l’imprévu…

 

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