Chroniques matrimoniales – De surprise en surprise

J’avais lu le récit que Bonne-Maman m’avait fait des événe­ments qui permirent à Valentino de prendre une nouvelle identi­té depuis une semaine environ, quand Catherine me pro­posa d’inviter Rosalie au grand repas qu’elle voulait offrir « à la famille », j’étais très touchée qu’elle nous considérât comme en faisant partie, elle y convia également le Balafré.

Nathalie insista pour qu’il eût lieu chez elle. « Ma maison est trop grande, j’y suis presque toujours seule, tu sais, elle est devenue la nôtre à la mort du père de Toine et il s’en est passé de belles, crois-moi ! » Catherine accepta de bon cœur, parce qu’elle voyait en Nathalie la femme qu’elle était et aussi pour rendre hommage à son Toinou.

Pendant le repas, elle annonça son vœu d’avoir un enfant d’Alain et un autre de Christian. Elle pleura à chaudes larmes quand Nathalie se leva, l’embrassa en la remerciant de lui assu­rer sa postérité. Catherine sursauta après quelques minutes, le temps de réaliser la signification des mots de Nathalie. Perdait-elle la tête ?

Mais… je ne suis pas… ta… c’est Monique, la femme de Christian !

Je le sais bien, peuchère ! J’ai pas tourné fada ! Mais (elle leva un doigt à chacun de ses arguments) tu en auras un de Christian, qui est mon petit-fils… et si j’en crois que ce tu m’as dit, Alain ressemble à mon Toinou… et… té… pour moi… tu es ma descendance ! Je te regarde, je vous écoute à vous autres, quand vous nous racontez vos gali­pettes et de vous tous… c’est toi qui as mon sang… Tu ne vois que la vieille Nathalie, mais… (se tournant vers Bonne-Maman)… tu veux bien ?

Rosalie donna sa permission d’un hochement de tête. Nathalie se dirigea vers le buffet, en retira un des tiroirs, ouvrit une petite trappe et en sortit un vieil album-photos dont chaque page était protégée par une feuille de papier de soie.

– Il y avait une cache secrète derrière ce tiroir ? ! Je l’ai ouvert des milliers de fois ! Je t’ai même aidée pour les pous­sières… ! Et… je ne me suis jamais… dou… Qui a eu cette idée ?

En même temps qu’il prononçait ces mots, Christian se tourna vers Valentino, tout gonflé d’orgueil.

– Ma… il fallait bien que je puisse garder un œil sur ma Rosalina… !

Nous rîmes tant que nous faillîmes en oublier l’album-photos. Nathalie demanda à échanger sa place avec Alain.

– Entre vous deux… c’est mieux ainsi…

Catherine découvrit donc avant moi les corps nus de nos grands-parents.

– Vé… par exemple… là… si je t’imagine dans cette position… je suis sûre que ton corps ressemble à ça… à… le mien… Et toi ? T’en penses quoi ?

– J’en pense que c’est sûr… que j’ai une mamé qui a pris du bon temps avec le Toine !

Et c’est en tournant l’album vers nous, pour qu’on puisse « juger sur pièces », qu’Alain nous permit de les voir tels qu’ils étaient… Nous étions troublés par les ressemblances, Rosalie avait les hanches à peine plus larges que les miennes, la taille un poil plus marquée, mais j’avais hérité de ses longues jambes fuselées, de sa « blonde toison » qui lui avait valu le surnom de Bouton d’Or, sa poitrine était plus lourde que la mienne, mais Nathalie précisa que cette série avait été prise après ses gros­sesses et nous promit de nous en montrer d’autres… d’avant… quand ses seins était comme deux jolies mandarines, bien rondes, bien fermes… Christian se retrouvait autant dans Toine que dans Pierrot. Je partageais cette impression.

Mais de nous quatre, aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est Catherine qui ressemblait le plus à un des membres de cette génération. Je la retrouvais même dans ce regard perdu… au paroxysme du plaisir, elles avaient exactement le même regard ! Christian me fit remarquer la position du pied… et leurs corps qui semblaient jumeaux !

Valentino protesta quand je refermai, d’un geste, l’album-pho­tos.

Je croyais que tu ne voulais pas voir Rosalie avec d’autres hommes…

Ma… y’a prescription !

Rosalie ricana sous cape, ses yeux pétillaient, fichés dans ceux de Nathalie qui fit de même.

– Vous avez remarqué ? Valentino parle français comme vous et moi, mais dès qu’il est de mauvaise foi, il commence sa phrase par « Ma… » !

Nous éclatâmes tous de rire. Valentino aurait bien aimé bougonner un peu, mais il était tellement heureux de cette soirée, qu’il n’eut aucune envie de le cacher. Nathalie reprit la parole.

– J’ai toujours aimé cette maison, ma Ninoun, mais tout comme celle de Rosalie, elle a besoin d’amour, de sexe et de rires pour pouvoir rester en vie… et puis… toute seule au village… la ville c’est plus pratique… en plus, il y a le docteur… Tu vois, toi et ton Alain, vous y serez plus à l’aise… et quand vous aurez vos petits…

– Tu me proposes de nous laisser ta belle maison pour habiter dans mon tout petit appartement au-dessus de la boucherie ?

– C’est que je ne suis pas bien grande non plus… !

– Mais… et Rosalie ? Tu la laisserais toute seule au village ?

– Mais Rosalie… (se tournant vers elle) tu leur as pas dit ? !

J’adorais quand Nathalie criait en chuchotant, comme elle venait de le faire ! Le fait de brider le volume de sa voix, l’obli­geait à froncer exagérément les sourcils et, malgré ses rides, son visage redevenait enfantin. Rosalie se justifia avec un laconique « Pas eu l’occasion » avant de nous offrir sa maison puisque désormais, elle regarda Valentino avec un amour infini, elle était prête à sauter le pas et à s’installer chez Valentino, en pleine campagne, au milieu de ses arbres…

Et de tous mes pommiers ! Qu’en pense la fille de Mère-Nature ?

J’en pense que ce jour-là, j’aurais mieux fait de me couper la langue !

Dans un parfait unisson, tous s’exclamèrent « Oh non ! Surtout pas ! »

ou de me taire, si vous préférez !

Toute l’assemblée approuva en hochant la tête. Malheureuse­ment pour moi, le Balafré leva un index timide et demanda à quoi nous faisions allusion.

Quand tu auras fini de lui apprendre les bonnes manières, ou quand tu voudras varier les plaisirs, pense à lui donner quelques leçons de botanique…

Je cherchais des yeux un quelconque soutien, mais je n’eus droit qu’à des regards réprobateurs « Non, Monique… on ne peut pas confondre… » et Christian lui raconta ma bourde.

Oh, mais quelle bonne idée ! Et j’ai déjà quelques idées de sanctions à lui infliger si Monique se montrait mauvaise élève…

Ne l’encourage pas, malheureux !

Rosalie n’avait pas pu retenir sa langue et nous en étions ravis. Nous trinquâmes à ces déménagements à venir, nous bûmes à l’avenir, aux enfants que Catherine désirait tant, à cette grand-mère dont elle aurait pu être le double et qui venait de l’adopter devant les êtres qu’elles aimaient le plus, nous trinquâmes de nouveau à mes futures épousailles, à mon enlèvement annon­cé… J’ai été très émue quand, à brûle-pourpoint, sans que ça n’ait aucun rapport avec ce que nous disions, Rosalie… enfin… Bonne-Maman a posé sa main sur celle du Balafré et lui a dit « J’t’aime vraiment bien, mon petiot ! Vraiment bien… ! »

Nous étions au beau milieu d’une discussion troublante. Alain et Christian, enthousiasmés à l’idée de profiter de cette grande maison, avaient promis à Nathalie d’organiser une jolie par­touze après son déménagement.

Et pourquoi « après » ? Je n’ai plus beaucoup d’occasions de vivre ça et… attention, hein ! Je dis pas que je suis attirée par des gamins de votre âge ! Mais j’aimerais bien entendre, écouter des couples batifoler… j’inviterais un ami, nous vous écouterions… nous vous regarderions… et…

Nous étions sidérés, mais sans trop savoir de quoi au juste. Était-ce sa requête qui nous semblait incongrue, voire inconve­nante ? Était-ce au contraire, de ne pas y avoir songé avant ? Nous imaginions qu’elle avait une sexualité épanouie, à la hau­teur de sa libido, mais nous nous trompions un peu.

Nous décidâmes d’organiser une fête le surlendemain. Nous avons bien ri quand Christian apprit que la maison familiale recelait un autre secret qu’il avait toujours ignoré. Rosalie venait de proposer à Valentino d’y assister.

Ma… de toute façon, tu iras… autant que je ne passe pas la soirée tout seul… comme un chien… au fond de sa niche… et puis, ça a l’air de te faire tellement plaisir… Ma… pourquoi tu fais semblant de jouer la mandoline, Rosalinetta ? C’est vrai ou c’est pas vrai ?

Et puis, si tu ne veux pas te la partager, ta Rosalina… il suffit que les gamins se mettent dans la bibliothèque… on aura chacune une chambre… la des parents et la des amis…

Quoi ? ! De quoi vous parlez ? C’est quoi cette histoire des deux chambres ?

Bé… pour espichouna tranquille, sans être vus, pardi !

Mais… co… tu es en train de me dire qu’il y avait des oeille­tons depuis toutes ces années et que je n’en savais rien ? ! Y’en a encore beaucoup des « secrets » que j’ignorais ?

Ma… si tu ne les avais jamais remarqués, c’est que t’étais pas bien curieux non plus, mon garçon !

Je m’étonnai de l’évidence avec laquelle Valentino avait adopté Christian, il le houspillait comme un papé l’aurait fait. C’était à son tour de se faire moquer et au mien de rire de lui !

Vai, Valentino ! Fais ton malin et montre-lui tes chefs d’oeuvres… Mais que les oeilletons !

– Qué « que les oeilletons » ? Ho, mamé, tu ne peux pas me faire ça !

– Que veux-tu ? Si je te dis tout, je te gâche la moitié du plaisir… !

Valentino était sorti de la salle à manger, Christian lui avait em­boité le pas. Nous avons fait silence quelques instants, guettant je ne sais quoi, puis la conversation avait repris. Nathalie avait « sa petite idée » quant à son invité, mais elle nous demanda comme une faveur de ne pas l’interroger sur son identité. Les yeux de Cathy pétillaient à l’idée d’offrir ce beau cadeau à Nathalie.

Valentino entra de nouveau dans la salle à manger, à grands pas silencieux, les mains croisées dans le dos, un joli sourire aux lèvres, il guettait la réaction de Christian qui faisait glisser son index le long du mur. Nathalie et Rosalie se tenaient la main au-dessus de la table, elles se souriaient.

Oh ! Fatché ! C’est… fatché ! Venez voir ! Non ! Pas vous, les filles, c’est une affaire d’hommes !

Rosalie nous sourit « Laissez-les donc faire les coqs, nous vous montrerons quand ils auront fini de se pavaner ! »

et vous voulez voir ceux dont parlait Nathalie ?

Les hommes montèrent à l’étage, j’entendais leurs exclamations de surprise et d’émerveillement. Rosalie et Nathalie nous sou­riaient, ravies de pouvoir « épater la jeunesse ». Rosalie était aussi heureuse que Valentino ait pu trouver aussi facilement sa place parmi nous. La soirée s’acheva sur la promesse de la belle fête prévue le surlendemain.

Nous avions invité quelques uns de nos partenaires réguliers, certains durent décliner notre proposition en raison du délai trop court. Nous nous retrouvâmes donc entre habitués, à une exception notable…

J’avais fini mon travail à l’école et j’avais promis au directeur de passer à la mairie pour y déposer quelques papiers adminis­tratifs. Depuis son élection, le nouveau maire avait décidé qu’une permanence quotidienne serait tenue, à tour de rôle, par les membres de son conseil municipal en fonction de leurs disponibilités. L’idée était excellente, elle n’a duré que le temps de cette mandature, au grand dam de nous tous.

Quand j’entrai dans la mairie, je vis le Notaire qui tenait la per­manence, j’en fus surprise puisque ce n’était pas son jour. Il était plongé dans la lecture de je ne sais quels documents, il releva la tête, je lui expliquai brièvement la raison de ma venue tout en cédant mon tour à un jeune homme qui venait pour s’inscrire sur les listes électorales en prétextant une longue démarche alors qu’il n’en avait que pour quelques instants.

Quand il fut parti, que je fus seule avec le Notaire, je l’invitai à « une petite sauterie » dans la maison de Nathalie, sans lui en donner la raison parce que j’estimai que ce n’était pas à moi de le faire. Il semblait autant tenté qu’embarrassé.

Tu sais Monique, je ne vous en ai pas parlé, mais ton mariage a eu des répercussions inattendues…

Tu as décidé de te ranger ? Pourtant…

Non ! Tu n’y es pas du tout ! Tu as un peu de temps devant toi ? Je ferme la mairie dans moins d’une heure et je préfère être sûr de ne pas être interrompu par l’entrée intempestive d’un administré.

L’heure passa plus vite que prévu, les villageois semblaient s’être donné le mot, à peine l’un était sorti qu’un autre entrait ! Pour donner le change, je faisais semblant de consulter un énorme registre posé sur une console au fond de la pièce. Quand le Notaire eut fermé la porte de la mairie à double tour, il m’expliqua ce qui s’était passé après la cérémonie.

Son épouse ne lui avait pas avoué ce qu’elle avait fait avec Alain, mais elle lui avait confié avoir été troublée par un sujet d’Aujourd’hui Madame, c’était une émission qui passait tous les après-midis et où les invités débattaient autour d’un sujet de société. C’était une émission très « comme il faut », mais avec un goût de modernité et qui osait aborder des sujets jusque là absents de la télé.

Sa femme lui avait demandé ce qu’il pensait du féminisme, de la liberté sexuelle, de la contraception, des fantasmes, en expli­quant avoir été troublée par certains témoignages. Que cette émission ait eu ces thématiques était concevable, toutes en même temps certainement pas, mais il fit semblant d’y croire et ne tomba pas dans le piège tendu par son épouse en répondant à ses questions. Au contraire, il lui demanda ce qu’elle en pen­sait.

Après un discours convenu, elle osa enfin lui avouer qu’il lui arrivait de penser à des scènes d’orgie pour s’émoustiller un peu quand elle s’ennuyait. Il prit un air surpris… agréablement surpris et lui demanda de lui en dire plus. Elle rougit et lui avoua avoir été troublée par l’ambiance qui régnait lors du vin d’honneur qui avait suivi la cérémonie. Le Notaire feignit une surprise encore plus grande et, à la demande de son épouse, promit de se renseigner plus avant.

Ma proposition tombait à pic, mais s’il devait y participer, il fallait que personne ne fasse une gaffe en l’accueillant comme l’habitué qu’il était et puis, il craignait qu’au dernier moment, sa femme s’effraie à l’idée de coucher avec l’un ou avec l’autre ou qu’elle lui reproche d’avoir couché avec d’autres femmes. Comment savoir si elle avait vraiment conscience de ce qu’il se passait dans une partouze ? Si elle voulait franchir le pas entre le fantasme et le vécu ? Je le rassurai sur le premier point, je préviendrai tout le monde et leur discrétion était garan­tie, et pour l’autre point, je lui parlai des postes d’observation.

Nathalie et Rosalie nous prodiguèrent leurs conseils avisés pen­dant la préparation de cette fête exceptionnelle. Je pense que le fait qu’elles nous aient accompagnés dans l’organisation des lieux, nous ont permis de transgresser ce tabou. Oui, elles étaient nos grands-mères, oui elles allaient nous regarder nous envoyer en l’air et en feraient probablement autant de leur côté, pour autant nous étions tous sereins. Et nous avons tellement ri quand Christian apprit un nouveau secret sur la maison de ses grands-parents !

Le parquet de la bibliothèque était magnifique, marqueté et pourtant sobre, « de bon goût » comme on dit. Nous venions d’ins­taller un banc de prières et de contrition et quelques autres élé­ments de décor, nous appelâmes Nathalie et Rosalie pour leur demander si la disposition leur convenait. En souriant, elles firent non de la tête et nous désignèrent le parquet d’un index professoral, devant notre air ahuri, Rosalie s’exclama « Vous êtes nigauds ou quoi ? » puis tapota du bout du pied un des motifs du parquet, tandis que Nathalie nous désignait le banc. Les motifs étaient, certes, très gracieux mais leur but n’était pas purement décoratif, c’était un marquage au sol pour disposer le mobilier de telle façon que les spectateurs cachés dans les chambres ne perdent pas une miette du spectacle !

Nous avions prévenu nos invités que nous aurions des spectateurs lors de nos ébats, sans toutefois leur préciser qui exactement. Ils arrivèrent presque tous en même temps, nous étions en train de trinquer à cette soirée quand le Notaire et son épouse firent leur entrée. Christian les accueillit chaleureusement. Le Balafré se tenait derrière la femme du Notaire, il me fit un clin d’œil complice, je notai alors le trouble de cette femme, sa crainte d’être démasquée… réalisant qu’il n’en serait rien, je vis sa crainte se muer en un désir violent. Je m’amusai aussi de la « leçon de savoir partouzer » que leur donnait Christian 

– Ici, tout se fait dans le respect le plus absolu de chacun, quand quelqu’un refuse quoi que ce soit, personne n’insiste, mais surtout rien de ce que nous pourrons faire ou dire dans cette maison n’en franchira le seuil. C’est compris ? Acceptez-vous de vous soumettre à cette règle ?

Madame aurait pu se décrocher la tête tant elle l’agitait vigoureusement pour acquiescer ! Christian fit les présentations officielles, offrit une coupe de Champagne à « nos nouveaux amis » et les accompagna dans la chambre d’où ils pourraient se rincer l’œil. Rosalie, Valentino, Nathalie et son invité étaient déjà installés dans l’autre chambre.

Je me dirigeai vers l’électrophone, la musique retentit, un murmure satisfait me confirma que mon idée était appréciée. Je sentis des mains me prendre par la taille.

Pourquoi tu n’en fais pas autant ?

Je regardai Christian avant de lui répondre.

Je n’aurai jamais sa grâce ! Regarde comme elle est belle ! Regarde comme ses gestes sont lents… aériens… Je ne saurai jamais !

Comme si elle m’avait entendue, ce qui était impossible, Catherine s’approcha de moi et fit glisser la fermeture Éclair de ma robe. Elle n’était plus à la mode, mais je l’aimais beaucoup et je trouvais qu’elle m’allait bien, c’était une robe vert clair, très courte, sans manches, avec une grosse et longue fermeture Éclair sur le devant… Je ne parvenais pas encore à réfréner mon impatience, contrairement à Catherine qui savait contenir son désir et aimait ces longs effeuillages, je n’avais qu’une hâte, être nue le plus vite possible et offrir mon corps à qui avait envie de le prendre.

Cathy prit tout son temps. Elle m’embrassa, dévoila une de ses épaules, descendit un cran de ma fermeture, recouvrit son épaule… un autre cran… elle regarda par-dessus son épaule et dit au Balafré « Tu vas pas être content ! ». Son manège dura le temps de la chanson et, à la dernière note, Catherine ouvrit ma robe d’un geste vif, fit un pas de côté pour que tous puissent regarder mon corps nu.

J’entendis le bras du tourne-disque faire un aller-retour, le grésillement désagréable du saphir tombant sur le disque. Catherine reprit son effeuillage, j’entendis Pascal siffler la mélodie dans mon dos. J’aimais sa manie de siffloter à tout bout de champ. Je me collai à lui. Il n’interrompit pas ses sifflements pour me caresser. Quand ses doigts se faufilèrent entre mes cuisses, il siffla trois notes admiratives et je sentis son sexe durcir dans mon dos. Je me retournai, dansai collée à lui, tout en le branlant lentement de ma main droite.

J’aurais voulu ne pas perdre une miette du strip-tease de Cathy, mais très vite, je fermai les yeux pour mieux ressentir le plaisir des caresses de Pascal. Il s’assit sur le sofa, je m’enfonçai sur lui, ondulai, me cambrai au rythme de la musique. L’effeuillage de Cathy s’acheva avec le morceau. Christian mit un autre disque. Alain vint s’installer aux côtés de Pascal « Changement de partenaire ! » et m’empala sur son énorme sexe. En fait, comme souvent, il veilla à ne me pénétrer que de son gland, mais il me remplissait déjà… Pascal se plaignit « et c’est qui ma nouvelle partenaire ? » Cathy suçait Christian tandis que le Balafré la prenait en levrette. Je voulus faire ma taquine en lui désignant une main « la voilà ! » Pascal me prit au mot et la main « tu branles super bien, Monique ». Le Bavard s’approcha de notre petit groupe, nous demanda si tout allait bien pour nous. Nous lui répondîmes un « oui ! » enthousiaste, alors il fourra sa grosse queue dans ma bouche « On t’a demandé ton avis, à toi ? » en me faisant un clin d’oeil appuyé. Je compris immédiatement ce qu’il signifiait. « Elle va en avoir pour son argent, la bourgeoise ! ». J’aimais sentir la peau calleuse de ses grosses mains sur mes joues.

– Boudiou… Monique… ! Au plus tu me su… ces… au mieux… tu me… chuu… tout doux ! Ô, c’que tu me suces bien…

Il savait bien que ses mots attisaient mon ardeur, enflammaient mon esprit.

– C’est beau, mais c’est long ! Elle finit quand cette chanson ? Il me tarde…

Le morceau s’arrêta, le Bavard n’attendit pas le changement de disque et m’entraîna vers le banc de prières et de contrition. Il me prit dans une levrette savante dont il avait le secret, une bonne dose de rugosité, une pincée de douceur, le tout nappé de ses mots crus et néanmoins flatteurs. Il maîtrisait à la perfection l’art de ce subtil cocktail.

Le Balafré s’approcha de moi, un sourire charmant aux lèvres. Il savait que je raffolais du goût de Cathy, il savait qu’en m’offrant sa queue à sucer alors qu’il venait de la baiser, j’en tirerai deux fois plus de plaisir…

Mon ectoplasme  s’échappa une nouvelle fois, de mon corps, il se dirigea au-dessus de Cathy que Christian sodomisait joliment, puis se figea quelques minutes comme s’il attendait quelque chose avant de poursuivre son survol… peut-être avait-il deviné qu’Alain quitterait la bouche de son épouse pour la prendre… peut-être avait-il entendu Catherine demander « les deux… je veux les deux ! » comme elle le faisait souvent…

Après s’être bien régalé les yeux de cette scène, Catherine à quatre pattes, Christian allant et venant entre ses fesses, Alain sous elle se laissant aller aux va-et-vient de Cathy, mon ectoplasme revint vers nous, vers moi. À travers lui, je pouvais admirer les va-et-vient du sexe massif du Bavard… j’aurais voulu pouvoir le sucer en même temps…. qu’elle était appétissante, cette grosse queue brune, luisante, aux veines gonflées !

Comme s’il avait été souffleté, mon ectoplasme réintégra brusquement mon corps, en titubant… J’entendis le Bavard maugréer.

– Fas cagua, Monique ! Quand tu fais ça… ça me fait venir… !

– Quand elle fait quoi ?

–Son truc, pardi ! La petite fée de Peter Pan… avec l’oeil coquin… la langue gourmande…

C’est à ce moment précis que le Notaire et Madame firent leur entrée. Pascal s’avança vers eux en sifflotant et invita Madame à danser. Elle gloussait comme un dindon, mais nous fîmes tous semblant de ne pas nous en apercevoir. Nous comprenions tous la raison de son embarras et personne n’avait envie de l’accabler davantage.

Le Bavard proposa « un changement de poste » au Balafré, quand il me pénétra, le Bavard lui demanda « Tu sens comme je me suis bien vidé les couilles dans son petit con ? » Je jouissais littéralement de les entendre parler ainsi de moi… jamais aucun de leurs mots ne m’a vexée. La femme du Notaire demanda à Pascal « Il va parler tout le temps… comme ça ? » Je dégageai ma bouche et lui répondis

Il est comme ça… il parle pendant la chose… c’est dans son sang… comme moi… j’ai une toison dorée… comme celle de Bouton d’Or… On n’y peut rien, on est comme ça… c’est dans notre sang !

J’entrepris de lécher le gland du Bavard, qui était tout aussi surpris que moi d’avoir repris une telle raideur, une telle vigueur si vite. La soirée se poursuivit idéalement, même si j’ouvris malencontreusement la mauvaise porte quand j’allai m’isoler avec le Bavard pour « causer un peu »

 

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