– Ah ah ! Je vous prends sur le fait, madame l’infidèle !
Normalement, j’aurais dû avoir l’air surprise, paniquée, un peu honteuse et aurais dû m’écrier « Ciel, mon mari ! », mais en voyant Christian ainsi attifé, j’ai éclaté de rire. Pour ce deuxième et dernier jeu de rôle, Alain était de la partie. L’idée l’avait séduit, amusé, excité. Nous devions nous retrouver chez lui, mais comme si c’était chez nous, Christian et moi, comme si nous étions mariés et que mon époux nous surprenait.
Je portais une tenue qui faisait « respectable », Alain avait joué le jeu, mais je n’aurais jamais imaginé que Christian arriverait ainsi vêtu. Il me fit les gros yeux, sortit du salon. Je repris mon rôle, assise aux côtés d’Alain, qui caressait mes cuisses, passant ses mains sous ma jupe relevée. Mon chemisier dégrafé laissait entrevoir mes seins, que j’avais fait sortir de mon soutien-gorge. Pendant qu’il m’embrassait, me caressait, je glissai ma main dans la braguette de son pantalon, son sexe énorme semblait grossir encore.
– T’es trop bandante, Monique ! Trop bandante…
J’aimais comme ce mot résonnait à mes oreilles, quand l’accent de ces hommes du sud le faisait rebondir. J’aimais l’excitation permanente dans laquelle je me trouvais depuis ce long voyage en train.
– … T’es trop bandante, quand tu m’embrasses… Viens… Non ! Pas comme ça… Je veux te lécher aussi… t’es trop bandante…
Le scénario prévoyait que Christian nous trouvât, Alain et moi, assis côte à côte, lui la main entre mes cuisses, m’embrassant dans le cou et moi le branlant. Ensuite, Christian devait m’ordonner « de le faire » devant lui, mais j’étais déjà trop gourmande et j’aimais déjà sucer Alain presque autant que j’aimais sucer Christian et j’aimais aussi la sensation d’une langue, quelle qu’elle fusse, léchant mon sexe.
Dessin de Tom Poulton
Quand Christian ouvrit la porte de la pièce, il n’eut pas à feindre la surprise et c’est avec naturel que je m’écriai « Pardon, pardon Christian ! »
– Continue ce que tu as commencé !
Je vis Christian porter la main à son pantalon, sortir son sexe et commencer à se branler, avec cette lueur étrange dans le regard, un mélange d’excitation, de bonheur et d’amour. Aussi surprenant que cela puisse paraître, je suçai Alain avec tout l’amour que j’éprouvais pour Christian et tout le plaisir que m’offrait la situation… Bon sang ! Comme la langue d’Alain était experte ! Comme sa bouche savait ce dont mon sexe avait envie ! Ses baisers savants, gourmands parvenaient même à devancer mon désir. J’aimais aussi quand il s’interrompait pour offrir ma chatte ouverte à la vue de Christian.
– Regarde comme je la fais jouir, ta Monique ! Regarde comme elle est bandante !
– Oooohhh… !
Christian venait de se pencher sur mes fesses, pour mieux regarder ce qu’Alain lui montrait. Leurs doigts qui m’écartelaient, le souffle de Christian… sans m’en apercevoir, je m’étais cambrée pour offrir mon derrière à ses baisers, mais c’était la langue d’Alain qui se faisait active.
Je léchai la queue d’Alain sur toute sa longueur, du bout du gland jusqu’aux couilles, en suivant les petits sentiers sinueux de ses veines, mais alors que je m’apprêtai à en faire autant avec celle de Christian, celui-ci, après avoir scruté mon derrière, avoir constaté à quel point mon corps était accueillant, excité par les caresses et les baisers de son ami, combien il serait facile pour lui de me prendre, recula d’un pas et prit place dans le fauteuil qui faisait face au canapé.
Il posa son cartable ridicule sur ses cuisses, comme un rempart qui m’interdisait de voir ses doigts aller et venir le long de sa magnifique queue. Entre surprise et déception, je cherchai à comprendre la raison de son attitude. Son joli sourire me signifiant de ne pas m’en soucier, je repris mes baisers d’une langue humide.
Alain attrapa sa bite et me la mit dans la bouche, sans pour autant décoller ses lèvres de ma vulve. J’avais l’impression que mes caresses, mes baisers, mes coups de langue devenaient plus savants, grâce au talent de ceux d’Alain.
Ses doigts dans mon vagin se comportaient comme des voyous et je reste convaincue que ce sont eux qui ont débloqué ma gorge. J’accueillais, pour la première fois, la presque totalité de son énorme sexe et à chaque va-et-vient de ma bouche, j’en visualisais la progression.
Une pensée absurde, incongrue, faillit me faire éclater de rire. J’avais eu la vision de ma luette comme un punching-ball miniature, auquel son gland essaierait d’asséner une série de coups droits. Cette image s’effaça aussi rapidement qu’elle s’était imposée à moi, emportée par cette vague de plaisir animal, sauvage, indomptable.
Mon cri étouffé, bloqué dans ma gorge par le gland de cette verge épaisse, contrarié d’avoir à faire le chemin inverse, traverser mon corps, se tapir aux creux de mes tripes, m’obligea à déglutir, pour ne pas mourir de plaisir.
– Ô, pute vierge ! Ô, tu me fais venir… !
Plus Alain scandait ce reproche flatteur, plus je me déchaînais, me libérais de ces carcans qui m’avaient façonnée sans que j’en aie eu conscience. Une nouvelle salve de « Ô, pute vierge ! » ponctuée de son écho « Je viens… je viens… ! » et je sentis un jet chaud, puissant, salé, se déverser dans ma gorge. À l’instar de celui d’Alain, mon orgasme était interminable, je sentais mon ventre tressauter, sans que je puisse le contrôler. Sans en avoir l’envie, surtout !
KO, je m’écroulai, comblée, vaincue tout autant que victorieuse, aux côtés d’Alain et alors, alors seulement, je regardai Christian, surprise de l’avoir oublié.
Il avait reposé le cartable à ses pieds, s’était rhabillé et son regard, son sourire m’indiquaient qu’il était lui aussi repu de plaisir, heureux.
J’aimais m’exhiber devant lui, jouir pour lui, pour qu’il jouisse de moi ensuite, mais en cette après-midi, il m’offrit ce cadeau inestimable, comprendre que je devais avant tout jouir pour moi.
Durant cet été 1974, j’ai découvert de nombreux plaisirs avec Christian, mais je lui en ai fait découvrir aussi certains. Nous pensions avoir peu de temps devant nous, nous craignions que notre romance ne s’achève à mon retour sur Paris. La vie était tellement injuste… tellement injuste… ! Il était l’homme de ma vie, j’étais la femme de la sienne, nous nous étions trouvés, mais maintenant que je le savais, qu’il me savait, les kilomètres allaient déchirer notre belle histoire d’amour, la froisser et la jeter à la poubelle comme on le fait d’un prospectus indésirable !
Il ne nous restait que deux semaines pour jouir de notre amour, alors, nous avons décidé d’en jouir pleinement, de laisser libre cours à notre imagination. Je me souviens de ce premier jeu de rôle… J’avais demandé à Christian de m’accompagner à la ville, rien que nous deux. Quand il me vit arriver, il éclata de rire.
– Avec cette tenue, on croirait une écolière ! Il ne te manque qu’un cartable et deux couettes et…
– Attends ! Je reviens !
J’entrai en trombe chez Bonne-Maman, qui me regarda, surprise.
– Christian trouve que je ressemblerais à une écolière, si j’avais deux couettes et un cartable ! Je veux lui faire une blague… mais chut !
Bonne-Maman me sourit, se leva et sortit de la salle à manger. J’étais en train de nouer ma deuxième couette quand elle revint avec un grand sourire… et un vieux cartable à la main ! Elle me le tendit, mais paraissait dubitative. Enfin, elle lâcha
– Je crois que deux tresses feraient plus « écolière » que tes deux couettes… Viens par ici, que je t’arrange ça…
Je me laissai coiffer, étonnée de tant d’habileté, ma grand-mère n’avait pourtant tressé aucune jeune fille depuis des lustres ! Le temps de le dire, elle avait fini. Je me regardai dans le miroir, deux longues tresses blondes encadraient mon visage, masquant une bonne partie des bretelles du cartable sur mes épaules, je souriais. Bonne-Maman me fit sortir, accompagnant sa claque sur mes fesses d’un joyeux « Allez, file… mauvaise troupe ! »
Je rejoignis Christian qui me demanda, tout en riant, si Bonne-Maman m’avait vue ainsi.
– C’est elle qui m’a coiffée ! Et qui m’a donné ce cartable !
– Et ça ne te gêne pas ?
– Non ! Comment veux-tu qu’elle devine ? Et puis, elle me dit que je lui rappelle sa jeunesse… Quand elle me dit « Profite, profite, ma toute petite ! », j’ai le droit de le comprendre comme je veux, non ?
Alors, il me raconta que la dernière fois où il était allé rendre visite à sa grand-mère, elle l’avait houspillé, lui reprochant de perdre du temps avec elle, au lieu de le passer avec « la Monique » et de « profiter ».
Après plus d’une demi-heure de route, nous arrivâmes en ville. Je demandai à Christian de se tenir à l’écart de moi. Je m’assis à une table de la terrasse du bar-tabac-PMU, il s’installa sur un banc, de l’autre côté de la place. Je commandai un diabolo-fraise « avec une paille » et attendis qu’un poisson morde à l’hameçon. J’aimais regarder les bulles qui explosaient dans mon verre tandis que je soufflais dans la paille au lieu d’aspirer.
– Tu as perdu un pari ?
Je levai mes yeux pour regarder le poisson que je venais de ferrer. « Tiens, un bidasse… » sa coupe de cheveux ne laissait subsister aucun doute à ce sujet…
– En quelque sorte…
Il me dragua bêtement. Je fis semblant de succomber à son discours de pacotille. Après un quart d’heure de bavardages oiseux, il me demanda si je connaissais cette ville, je répondis « Non ». Ce qui était la stricte vérité. Il me proposa de me la faire découvrir, ce que j’acceptai. Il m’entraîna derrière l’église, dans une sorte de terrain en friche, me plaqua contre un mur à-demi écroulé, m’embrassa, me demandant si j’embrassais aussi facilement les inconnus, je répondis « Non, tu es le premier, je ne comprends pas ce qu’il m’arrive ». Ce qui était un gros mensonge !
Ses mains se firent plus audacieuses, je lui dis qu’il me rendait folle, que j’avais envie de… laissant volontairement ma phrase en suspens. Je posai sa main sur mon sein gauche pour lui faire constater à quel point mon cœur battait fort. En réalité, je venais d’apercevoir Christian, dissimulé un peu plus loin, au-dessus de nous.
Je sentais ce jeune bidasse bander contre mon ventre, innocemment, je laissais courir le bout de mes doigts le long de son avant-bras. Il me demanda si j’étais vierge, je lui répondis que je n’en savais rien.
– Comment ça, tu n’en sais rien ?
Je lui sortis le bobard habituel dont certaines se servaient à l’époque.
– Petite, je suis tombée de vélo. Comme ça (je mimais la chute)… il paraît que ça peut déchirer le… la.. tu vois, quoi… !
Il y crut, me proposa qu’on se voie ce soir, cette nuit pour « aller plus loin ». Je lui dis que c’était, hélas, impossible, que j’avais pris le car, pour accomplir mon gage, mais que le soir, mes parents ne m’autorisaient pas à sortir, que c’était la seule occasion pour moi d’échapper à leur surveillance, que tant pis, j’aurais bien aimé qu’il fusse le premier, mais que…
Je l’embrassai et fis mine de retourner à la terrasse du café. Il me retint.
– Je n’ai nulle part où aller, pour… on ne va pas le faire ici, tout de même !
– Tu penses qu’on pourrait nous voir ?
– Non ! Bien sûr que non ! Mais… ce n’est pas très… romantique, pour une première fois !
– Mais le romantisme, c’est la situation, c’est toi, c’est moi, ce n’est pas le lieu !
Il me sourit, m’embrassa et, candide, je lui demandai comment faire. Nous nous assîmes par terre, adossés contre le mur, sans le savoir, il offrait à Christian une place de spectateur privilégié. Nous nous embrassâmes encore, je sursautai quand sa main chercha à se glisser dans ma culotte, à sa demande, je l’ôtai pendant qu’il se débraguettait, je glissai un regard en coin.
– Si tu veux le regarder… voici à quoi ressemble le hum-hum d’un homme amoureux…
Riant intérieurement de cet accès de pudeur qu’il lui interdisait de nommer son sexe, je le regardai ouvertement, surprise, un peu déçue de le voir si fin, je me demandai s’il me donnerait du plaisir.
– Tu veux le caresser ? Oh !
Il venait d’entrer son majeur dans mon minou et était agréablement surpris de le trouver si humide. Je regardai Christian, toujours dissimulé au-dessus de nous et me laissai enfin aller aux caresses de ce jeune appelé. Tous comptes faits, j’aimais la façon dont il s’y prenait, certes, il ne mettait qu’un doigt, mais le faisait aller et venir très agréablement… Je le caressais au même rythme. J’aimais l’entendre me dire qu’il aimait mes caresses.
Je fermai les yeux pour mieux me laisser aller à ces douces sensations, son doigt délicat allant et venant en moi, lentement, respectueusement, la peau de son sexe si douce dans le creux de ma main, sous le bout de mes doigts, son autre main qui caressait mes seins, mon cou, mes seins, mes joues, mon autre main dans ses cheveux outrageusement courts pour l’époque, nos langues qui s’enroulaient l’une autour de l’autre, comme si elles s’imaginaient nos corps enlacés dévalant le versant d’une colline herbeuse, ce petit vent du Sud chargé de mille odeurs, ce soleil qui nous éclairait tout en nous réchauffant. Oui, j’aimais vraiment cette étreinte !
Enfin, il me demanda de m’allonger, d’écarter mes cuisses et me pénétra lentement. Comme cette sensation était différente de celles que j’avais ressenties jusqu’alors ! Différente, mais bien agréable quand même ! Il allait et venait, s’enfonçant davantage à chaque coup de rein, j’aurais presque pu jouir de cette galipette, s’il n’avait subitement perdu tout contrôle, accéléré brusquement et joui sans un mot, s’écroulant sur moi, avant de se retirer.
Je remis ma culotte, tandis qu’il rentrait son sexe dans son slip et se rebraguettait sans plus de considération pour la verge qui venait de lui offrir du plaisir. Je le trouvai méprisable d’agir ainsi. Il me regarda à nouveau, un sourire à la fois tendre et carnassier aux lèvres.
– Alors ? Heureuse ?
Quelle suffisance ! Je mentis une nouvelle fois.
– Oh oui !
Il me prit par la main et me raccompagna jusqu’à la terrasse du café où nous nous étions rencontrés. Il me demanda où et quand nous pourrions nous revoir, je cherchai une excuse valable pour décliner cette invitation sans le froisser, quand Christian arriva, hors de lui…
– T’étais où ? J’ai accepté de te couvrir vis-à-vis de tes parents, je te demande de rester tranquillement assise, je m’absente cinq minutes et tu disparais ! Je t’ai cherchée partout, inquiet et je te retrouve, la bouche en cœur, à parler à un inconnu ! Allez, viens ! On rentre ! Et ne me demande plus jamais de te rendre service !
Interloqué, le bidasse resta coi avant de me demander mon prénom et le nom du village où je passais mes vacances. Christian m’avait pris la main et faisait semblant de m’obliger à le suivre, je tournai mon visage vers ce jeune homme en lui criant « Nicole ! ». Je mentis également sur le nom du village. Dans la voiture, Christian me fit remarquer que dans ma précipitation, j’avais réuni le nom de deux bourgs situés à deux extrémités du canton.
–« Ta chatte a le goût de la vertu quand elle coule du plaisir que tu offres aux inconnus » (Dessin d’Apollonia Saintclair)
Nous roulâmes pendant quelques kilomètres, puis il se gara près d’un verger. Il s’allongea sur le dos, j’allais ôter ma culotte, mais il me pria de ne rien en faire. Je m’installai au-dessus de son visage, sa langue, dégustant les sucs du bidasse au travers du tissu, me mena aux portes du Paradis, et son sexe dur, épais, long, aux veines saillantes, dans ma bouche me les ouvrit.
Comme j’ai aimé lorsque, trouvant qu’il n’avait plus rien à lécher, il écarta le tissu de ma culotte et alla chercher de ses longs doigts puissants, tout au fond de mon vagin de quoi se régaler encore ! Un orgasme fulgurant me saisit à cette caresse, comme il le faisait déjà, comme il le fait toujours, il me complimenta, me remercia « C’est si bon de te faire jouir, tu es si généreuse de te laisser aller ainsi ! »
J’aimais le faire jouir, tout autant qu’il aimait me faire jouir, au vu et au su de tout un chacun, à la merci du regard d’un curieux… Que son sperme avait un goût divin au milieu de ces arbres couverts de fruits ! Je le dégustai comme les Dieux dégustaient le nectar dans l’Olympe.
Le ciel se remplissait de nuages, de ceux qui annoncent la fin de la journée, pas la pluie, quand il me dit qu’il était temps de rentrer. Dans la voiture, nous parlâmes du plaisir de ce jeu de rôle et nous en convînmes d’un autre. En me taquinant, il me demanda si je ne voyais pas d’inconvénient à ce qu’Aloune, y participe… je lui pinçai la cuisse, lui reprochant sa moquerie.
Pour le 14 juillet, l’étudiant était remonté à Paris, où il était attendu à une fête entre amis. Je croisai son cousin dans l’après-midi du 13, il faisait tellement chaud… je lui demandai s’il voulait m’accompagner à la plage. Il hésita un peu, puis, comme on se jette à l’eau, accepta.
Il me proposa de faire le trajet dans sa voiture. J’acceptai pour plusieurs raisons, déjà je n’aurais pas à pédaler en plein soleil et puis, ça me donnerait l’occasion de lui parler un peu. Je ne comprenais pas pourquoi il était devenu si distant avec moi depuis le départ de l’étudiant. Malheureusement, il conduisait sans dire un mot, regardant droit devant lui, impassible… même quand il respirait, il le faisait en silence, comme s’il voulait s’économiser… Quant à moi, pour masquer ma déception, je regardais la route défiler par la vitre de ma portière. À un moment, en passant une vitesse, sa main frôla ma cuisse, je crus qu’il me caressait, je me tournai vers lui en souriant, mais il eut ce mouvement, ce « non ! » de la tête qui me broya le cœur. Foutu pour foutu, je lui posai la question qui me brûlait les lèvres
– C’est fini ? Maintenant… tu me vois comme une fille facile et tu as honte de ce que nous avons fait ?
– Non ! Mais… comment te dire ? Si je t’avoue mon secret, c’est toi qui ne voudra plus me parler… c’est toi qui regretteras…
Il gara sa voiture et nous descendîmes le petit sentier escarpé qui menait à une petite crique, que je croyais être la seule à connaître. Ouvrant la marche, ne me donnant que son dos à voir, espérant que sa voix se perde dans le bruit du vent et des vagues, il me fit cet aveu à toute vitesse…
– Je ne sais pas pourquoi, mais pour bander assez fort… pour posséder une femme, il faut d’abord que je la voie jouir d’un autre homme… Si tu savais comme je rêverais de recommencer… te regarder… baisée par un homme et que mon sexe enfin dur puisse se frayer un chemin dans son sperme…
Hélas pour lui, point de vent et encore moins de vagues pour emporter au loin ses mots si lourds de culpabilité… À l’abri des rochers, j’enlevais non seulement ma robe, mais aussi mon maillot de bain, je voulais placer cet après-midi sous le signe de la légèreté, lui faire comprendre que je ne le jugeais pas.
Il ouvrait des yeux comme des soucoupes… pour l’aguicher davantage, je dansais lascivement devant lui, me caressant les seins, m’approchant, une ondulation du bassin, puis un pas en arrière… Il ouvrait la bouche et la refermait, comme un poisson fraîchement sorti de l’eau… le repoussant d’une bourrade qui l’enjoignit à s’asseoir, tout en me caressant, je le rassurai…
– Te fais pas de bile, ici, on est à l’abri, ici, on ne peut pas nous voir…
Que son accent chantant m’a séduite quand il m’a répondu en riant
– C’est le point de rencontre de tous les voyeurs du coin, Monique !
Cette révélation aurait dû m’effrayer, au contraire, je sentis une excitation incroyable m’envahir. Je m’allongeai face à lui, les cuisses outrageusement ouvertes et me caressai en prenant garde qu’il ne perde pas une miette du spectacle que je lui offrais…
– Ça t’excite ? Tu aimes qu’on te mate ?
– Tu veux tout savoir ? J’étais vierge avant ce voyage en train… c’est ton cousin qui m’a dépucelée, mais je crois bien que oui… l’idée qu’on me voie… oui… Regarde comme je mouille ! Et puis… tous les trois dans ma chambre… c’était… oui ! Je crois que c’est comme ça que j’aime… Tu ne veux pas me baiser, mais j’aimerais que tu me fasses jouir avec ta bouche, avec tes doigts… ici… tout de suite… en plein jour… qui sait, peut-être aurons-nous un spectateur…
Il me prit dans ses bras, me demanda d’écarter davantage mes cuisses. Je sentais ses doigts virils caresser mon sexe, en écarter les lèvres, entrer et sortir de mon vagin… le soleil me chauffait agréablement les pieds et les chevilles… J’étais bien, je me laissais aller au plaisir croissant de ces caresses un peu brutales et pourtant tellement sensuelles et délicates… Je l’entendais respirer de plus en plus fort dans mon dos, comme s’il calait son souffle sur mon plaisir croissant…
– Regarde là-haut… Tu vois ? On te mate ! Ça te plaît toujours ?
J’aurais voulu lui répondre par des mots, mais quand j’ai remarqué, j’ai deviné les gestes de cet inconnu, à 50 mètres au-dessus de nous, j’ai été saisie par un orgasme incroyable… Dès que je retrouvai mon souffle, je me levai
– Attends ici que je te fasse signe… d’accord ?
Je me dirigeai vers cet homme en espérant qu’il ne se sauve pas, qu’il remarque mon sourire éclatant. Arrivée près de lui, je trouvai un autre voyeur, masqué par un buisson, je ne l’avais pas remarqué depuis la crique. Sans me poser plus de questions que ça, sans aucun sentiment de honte et avec beaucoup d’inconscience, je leur demandai s’ils aimeraient me baiser devant mon petit ami.
Ravis de cette aubaine, ils acceptèrent volontiers. Je me retournai pour faire signe à mon camarade de jeux, mais il m’avait emboîté le pas. Je le trouvai plus souriant, plus séduisant que jamais, j’allais le lui dire quand je me sentis touchée, palpée par des grosses mains rugueuses… Quelle surprise d’y prendre si rapidement autant de plaisir ! J’aimais la façon dont cet inconnu parlait de moi à mon compagnon… un peu comme si je n’avais pas été là, un peu comme si c’était à lui de décider pour moi…
Il ne me fallut pas longtemps avant de comprendre que ces trois-là se connaissaient et en même temps, comment aurait-il pu en être autrement ? Le canton n’était pas une destination très prisée par les vacanciers, à l’époque, et les villages pas très peuplés…
Le plus vieux des deux, celui qui parlait tout le temps, fourra sa langue dans ma bouche… une grosse langue baveuse, je détestai ce baiser… Non ! J’aurais dû détester ce baiser, tout comme je ne les aimais pas… la langue si enfoncée dans ma bouche qu’elle me donnait l’impression d’étouffer, ces litres de salive qui me donnaient la sensation de me noyer… Pourtant, ce baiser écœurant m’excitait, tout comme ses grosses mains nerveuses qui me touchaient, comme on palpe une vache dans un comice agricole… J’aimais, j’aimais vraiment cette sensation… je me demandais à quoi ressemblait son sexe, quand il me demanda, avec son accent rocailleux, de me mettre à quatre pattes.
Il me pénétra et je me sentis envahie, sa queue était bien trop grosse et mon sexe bien trop étroit, mais que c’était bon… ! Que c’était bon… ! L’autre comparse s’agenouilla devant moi et je commençai à sucer cette bite monstrueusement grosse, je me demandai si tous les hommes de la région étaient aussi bien dotés, quand j’entendis ces deux injonctions…
– Oui ! Suce-moi comme ça ! Tu aimes sucer les inconnus devant ton homme ?
– Resserre tes cuisses ! Que je profite mieux de ton petit con !
Je regardai le cousin de l’étudiant, il avait sorti sa queue et se caressait lentement. Est-ce dû à l’éclat de son regard, de son sourire, j’ai eu l’impression que mon ectoplasme s’envolait pour admirer la scène et la graver à tout jamais dans ma mémoire… Je me vis donc, à quatre pattes au milieu de la garrigue, sur la rocaille… un homme massif allait et venait dans mon sexe… un autre, à genoux devant moi, me caressait le visage tandis que je le suçais avec application et un plaisir non dissimulé… debout, un peu à l’écart, l’homme que je désirais par-dessus tout se branlait doucement… Cette vision était divine. Je sus immédiatement que c’était ainsi que j’envisageais le paradis… Ouille ! Une claque sur mes fesses me fit réintégrer mon corps.
– Serre tes cuisses et cambre-toi ! Oui ! C’est bien !
En guise de récompense, il me pinça un sein d’une main, tandis que de l’autre, il caressait mon clitoris.
– Oh oh ! Mais tu jouis, ma coquine !
Je tremblais encore de plaisir quand il s’enfonça han ! d’un coup de rein, tout au fond de moi.
– Suce mon collègue ! Oui, comme ça ! Suce-le comme ça ! Oh que c’est bon de se vider les couilles dans ta petite chatte !
Satisfait, il se retira, invita le cousin de l’étudiant à regarder, à admirer « son petit con rempli de mon foutre » et avant que j’aie pu dire ouf, son « collègue » prit sa place. Plus attentionné, j’aimais comment il me baisait mais, à mon corps défendant, je m’aperçus que je préférais les assauts plus rugueux de son comparse.
– Sors ta jolie petite langue et nettoie les outils !
Décidément, j’avais affaire à un bavard… et à un taciturne ! J’entrepris donc de lécher cette queue ni plus tout à fait dure, ni pas encore tout à fait molle… quand le bout de ma langue la frôla, je repensai au plaisir qu’elle m’avait offert. Ma bouche s’emplit de salive.
– Boudiou ! Mais c’est qu’elle s’y connaît, la coquine ! Regarde comme elle me refait bander !
Le bavard sortit sa queue de ma bouche pour faire constater à « mon homme » combien il bandait dur.
– Allez ! Suce-moi encore ! Tu aimes ça, coquine ? Dis-moi que tu aimes ça !
– Ooohh OUI !
Outch ! Quand le taciturne me pénétra de tout son long, je réalisai qu’il n’avait, depuis le début, rentré que son gland. J’avais la sensation que ces deux sexes, l’un dans mon vagin, l’autre dans ma bouche, allaient me faire exploser tant ils m’emplissaient. Mais que c’était bon ! Que c’était bon !
Le cousin me regardait jouir de ces deux hommes et m’encourageait à me donner davantage, à prendre encore plus de plaisir. Je tendis ma main vers lui, il l’attrapa et déposa un tendre baiser sur mes doigts, qui se crispèrent autour des siens. Le taciturne s’exclama soudain
– Ô, pute vierge ! Elle me fait venir… ! Ô, pute vierge, je viens ! Je viens ! Je viens !
À chaque « je viens ! », à chaque « ô, pute vierge ! », il changeait de rythme, tantôt ralentissant comme s’il voulait prolonger cette sensation, tantôt accélérant… Quand je sentis ses mains écarter mes fesses, son pouce appuyer sur mon petit trou je me raidis en criant « NON ! PAS PAR LÀ ! ». Il n’insista pas, mais ne cessa pas pour autant ses va-et-vient, ses incantations. Enfin, il sortit de moi et je dus, pour mon plus grand plaisir, nettoyer « son outil ».
En découvrant son sexe poisseux, recouvert de sperme, je me demandai s’il en resterait assez dans mon vagin pour que le cousin de l’étudiant ait envie d’y plonger. Mes craintes disparurent presque aussitôt, quand je l’entendis s’exclamer que je dégoulinais.
Je ne saurais expliquer ni pourquoi, ni comment, mais quand il me pénétra, que je sentis sa main sur mon épaule, je réalisai qu’il était l’homme de ma vie, le compagnon aux côtés duquel j’avais envie de vieillir.
Nous fîmes longuement l’amour, même après le départ des deux autres hommes. Je souris en repensant à cette scène. Moi à quatre pattes, lui allant et venant en moi, saluant ses « collègues », leur serrant la main, le bavard se penchant vers moi pour me faire la bise « Non ! Ne te relève pas ! Profite… ! », le taciturne se pencha lui aussi, m’embrassa la joue en me remerciant.
Quand nous reprîmes la voiture, j’étais la plus heureuse des femmes et je n’avais aucune envie de le cacher.
– Alors ? Tu as aimé ?
– Je trouvais l’idée plaisante, mais je n’aurais jamais imaginé que ce serait à ce point !
– Vraiment ? Tu ne dis pas ça pour me faire plaisir ?
Je haussai les épaules, levai les yeux au ciel, hochai ma tête de gauche à droite, de droite à gauche, un peu vexée qu’il me pose cette question. Il éclata de rire.
– Tu m’aurais dit le contraire, je ne t’aurais pas crue ! C’est bon de te regarder jouir… de te faire jouir… de te regarder t’offrir à d’autres et le recevoir comme un cadeau…
Il m’embrassa. Nous rîmes en nous apercevant que mon sexe était tellement plein de ces trois spermes qu’il trempait littéralement mon siège… Il avait voulu me caresser la cuisse et s’était exclamé en constatant à quel point elle était mouillée…
– J’ai eu l’impression que ton… « collègue », le second, n’allait jamais cesser de jouir…
– Ça reste un grand mystère ! Personne n’a jamais compris, ni même lui, comment il fait… quand il éjacule… c’est comme si on ouvrait un robinet !
– Tu crois qu’il accepterait de me montrer ça ?
Il sourit, me caressa la joue et me promit de lui en toucher un mot.
– Et toi, qu’est-ce que tu as le plus aimé ? T’offrir à des inconnus ? Voir le plaisir que je prenais en te regardant ? Faire jouir plusieurs hommes ? Le faire en plein-air ? Dis-moi…
– Je crois que… non… je… tu vas te moquer…
– Allez ! Tu peux me le dire, tout de même !
– Je crois que c’est quand ils disaient « ton homme » en me parlant de toi…
Sa main s’est crispée sur ma cuisse, nous sommes restés silencieux, les yeux dans les yeux. Jamais fiançailles ne furent plus romantiques que les nôtres, dans cette voiture, après m’être faite baiser par trois hommes, dont deux que je voyais pour la première fois, au milieu de la garrigue. Jamais aucun homme ne fut plus séduisant que celui que j’appelle « le cousin de l’étudiant » et que vous connaissez sous le nom de « Tonton Christian ».