Chroniques matrimoniales – Entrez dans la danse, voyez comme on danse sautez, dansez, embrassez qui vous voudrez !

Nous venions de finir de dîner quand Catherine et Alain arrivèrent. Je me suis surprise à imaginer la queue chevaline d’Alain rien qu’en l’entendant rire. Catherine me fit la bise et j’entendis son époux s’exclamer un « Ô, pute vierge ! »  enchan­té, elle lui dit alors que c’était ça, la politesse, « on fait la bise quand on arrive chez les gens ».

J’abandonnai momentanément le sexe du Balafré à la bouche de Catherine et, sans me relever, descendis le pantalon d’Alain qu’il avait déjà débraguetté. Comme je me l’étais ima­ginée, sa grosse et longue queue était déjà toute gonflée et durcie d’excitation. Je la taquinai, en l’embrassant comme si je lui faisais la bise «Bonsoir, belle bite, tu vas bien ?» et fis sem­blant de m’en désintéresser.

Oh non, Monique ! Ne me laisse pas dans cet état-là !

Je me relevai pour me blottir dans les bras de Christian. Je regardai le Balafré se faire sucer par Catherine. Il n’avait d’yeux que pour moi et j’en étais troublée.

Tu me suces trop bien, Catherine… arrête un peu… Je ne veux pas jouir avant d’avoir tenu ma promesse…

– Quelle promesse ?

– J‘ai promis à Monique de l’enculer bien fort ce soir… Et si je jouis dans ta bouche…

Catherine, souriante, belle à croquer, concéda « Une promesse est une promesse » et s’approcha de nous « Pour faire la bise à mon hôte ! ». J’ai toujours aimé la regarder sucer Christian. Même après toutes ces années, ce plaisir est toujours aussi vif.

Tu veux bien nous faire ton strip-tease ?

Catherine rosit de plaisir et me sourit, enchantée que je me sois jointe à cette demande, mais surtout que j’aie été la seule à mettre le disque dont elle raffolait pendant son effeuillage. Qu’elle était sexy quand elle balançait ses hanches en rythme, quand, debout, elle se cambrait, rejetant sa tête en arrière, faisant pigeonner sa poitrine dont j’enviais la plénitude, la rondeur ! Qu’elle était belle quand elle regardait par-dessus son épaule, comme si elle avait oublié notre présence… et son sourire… son sourire… !

J’étais excitée par ce spectacle et aussi de voir Christian, Alain et le Balafré bander si dur… si fort… sous mes doigts, mon sexe était chaud, humide, glissant et poisseux tout à la fois. Je remarquai soudain le geste du Balafré, m’invitant silencieusement à m’asseoir près de lui. Comme j’ai aimé sa voix sifflante d’excitation quand il chuchota à mon oreille

Tu me rends dingue ! Continue à te tripoter en matant Catherine… continue… ! Non ! Fais comme si j’étais pas là… Tripote-toi en pen­sant à elle… à vous deux… !

Catherine était complètement nue, offerte. Elle suçait Christian, mais maintenant que j’étais sur le canapé, je ne pouvais plus voir son visage. Je n’avais aucune envie de me lever pour mieux l’observer, alors, je lui demandai de chan­ger de position. Que son sourire était radieux autour de la queue de mon Christian ! Que ses yeux pétillaient de malice excitée, excitante !

Ça te va comme ça ou… ?

Un regard complice entre nous quatre suffit à nous com­prendre. Alain et Christian montèrent à l’étage pendant que Catherine et moi expliquions au Balafré ce qu’ils étaient allés chercher, le « banc de prières et de contrition », comme Rosalie et Nathalie se plaisaient à le nommer. Faussement candide, je dis à Catherine

Je crois que notre ami bande à l’idée que tu m’excites, Cathy, et que j’aime me toucher en te matant…

Elle me demanda sur un ton tout aussi innocent

Non ? Tu crois que ça excite les hommes ? L’idée de deux nanas ensemble ? Non… c’est pas possible !

Le Balafré souriait, ravi de nous voir nous moquer de lui.

Coquines ! Vous n’êtes que deux coquines !

Catherine fit semblant de prendre la mouche.

Ne nous insulte pas ! Nous serions deux coquines si nous faisions des trucs comme ça…

Elle se pencha vers moi, m’embrassa en prenant garde qu’il puisse voir les mouvements ne nos langues. Elle caressa mes seins, mon sexe… le sien était collant et glissant sous mes doigts. J’ondulai quand elle passa ses doigts dans mes che­veux et me caressa la nuque. Je la saisis par la taille pour qu’elle soit plus près de moi et commençai à lui téter les seins. Le Balafré était sidéré de pouvoir nous regarder nous « gouiner » d’aussi près.

Ô, pute vierge ! Qu’elles sont bandantes quand elles font ça !

Alain et Christian installaient le banc que Rosalie nous avait montré peu avant notre mariage. Nous ne nous en étions servi qu’une seule fois, mais quelle fois !

J’aurais bien aimé te le montrer, mais Christian s’est montré inflexible « Hors de question qu’Alain et moi le montions ! Tu dérailles, ma pauvre Monique ! Son usage est réservé aux femmes mariées et la petite ne l’est pas !» Comme j’ignore jusqu’où il poussera la plaisanterie, laisse-moi te le décrire. Il mesure 2 mètres de long pour une profondeur de 60 centimètres, il ressemble à un banc de prière, un prie-dieu, puisqu’il est pourvu d’un repose-bras, l’assise est plus haute à un mètre du sol, offrant ainsi la possibilité de voir et d’être vue de tout un chacun.

Comme ce fut le cas à chaque fois qu’un de nos partenaires le découvrait, le Balafré ouvrit des yeux comme des sou­coupes fasciné par toutes les perspectives que ce banc offrait.

Catherine s’installa comme je le souhaitais, à quatre pattes de telle façon que je pouvais autant admirer les va-et-vient d’Alain que sa bouche gourmande suçant Christian. Je me caressai un peu et d’un regard tragique, implorai le Balafré de me laisser le sucer. Il eut encore ce sourire étrange, plein d’une tendresse mélancolique.

Je croyais que tu voulais que je t’encule…

Mon Oh ! dépité l’amusa beaucoup…

J’adore quand tu me fais ça… !

Le bout de ma langue tout pointu suivait de près le bout de mon index qui caressait sa longue cicatrice brune. Je levai les yeux vers lui et d’un sourire lui indiquai que j’étais prête. Il me prit tendrement dans ses bras et m’embrassa, caressant mes joues, mes cheveux… son baiser était d’une douceur incroyable, un véritable baiser d’amoureux. Je le sentais confus, embarrassé de s’être ainsi mis à nu. D’un ton trop léger pour être honnête, je lui proposai de profiter du banc.

Pour le plus grand plaisir de Christian, Catherine et Alain, je m’installai face à elle, qui cessa de sucer mon époux pour m’embrasser goulûment… Outre le fait que nous aimions flirter ensemble, nous faire l’amour, nous éprouvions une jouissance infinie du surcroît d’excitation que nos gouinages suscitaient chez nos partenaires masculins. Nous aimions ellement en jouer…

Je sentis la langue du Balafré remonter le long de ma cuisse, lécher un peu ma vulve et manquai de défaillir quand il m’of­frit une feuille de rose… ma main droite s’arracha du rebord du banc… pour contrebalancer la violence de ce plaisir, il me fallait sentir quelque chose de doux… je caressai les seins de Catherine qui dansaient au gré des coups de boutoir d’Alain…

Les deux ! Je vous veux, les deux !

Christian bandait assez fort pour pouvoir exaucer le vœu de Catherine. J’entendis à peine leurs conciliabules, toute acca­parée par la sensation des doigts du Balafré qui allaient et venaient dans mon cul. Quelques instants avant que son gland ne force « la porte de derrière », mon ectoplasme s’envola jusqu’au plafond, me permettant d’observer la scène que mes yeux fermés m’empêchaient de contempler.

Je pus ainsi admirer le Balafré écarter mes fesses, appuyer son gland devenu violet foncé tant il était gonflé de désir contre mon anus, je pus voir l’érection impressionnante de Christian, le sourire qui illuminait son visage, me régaler de la cambrure de Catherine qui s’offrait avec un plaisir incroyable, je pus voir Alain s’allonger sous elle, attendre que Christian soit « confor­tablement installé » dans le cul de son épouse avant de l’emppaler sur lui.

Catherine releva brusquement la tête, sa bouche appelait les baisers, mais le Balafré ne s’en rendait pas compte… Il se regardait m’enculer au ralenti et je compris qu’il ne voulait pas prendre le risque d’oublier cette sensation…

Après quelques va-et-vient, Christian nous demanda de pivoter un peu. Sans qu’aucun membre ne sorte de nous, Catherine et moi nous installâmes côte à côte, en travers du banc, le repose-bras nous permettant de nous agripper et ainsi de ne pas prendre le risque de perdre l’équilibre.

Mon ectoplasme se régalait du spectacle… cette capacité à sortir de mon corps m’a toujours permis de jouir encore plus fort. J’en suis persuadée, mais je ne saurais expliquer ni pourquoi, ni comment.

Je voyais la cicatrice brune du Balafré disparaître dans mes fesses, puis réapparaître, encore et encore, un peu plus pro­fond à chaque fois. Je voyais la queue de Christian aller au même rythme dans le magnifique cul de Catherine. Je voyais les mains d’Alain pétrir les seins de sa femme… il souriait visiblement aux anges, une langue gourmande, riante et un peu vicieuse s’échappait par moments de ses lèvres…

J’ai aimé sentir les mains du Balafré écarter mes fesses… j’ai­mais ses yeux quand il regardait ce qu’il était en train de me faire. J’ai aimé ce mouvement de menton de Christian, pour faire comprendre en silence, qu’il voulait se régaler lui aussi du spectacle.

Le Balafré écarta davantage mes fesses et me fit un peu pivo­ter… à peine… juste assez pour que mon époux ait le meilleur point de vue possible. Les « Oh ! Oh ! Oh oui, Christian ! Comme ça ! Oh oui ! » de Catherine me confirmèrent qu’il ban­dait encore plus dur. Que son sourire était éclatant quand s’adressa au Balafré !

Alors ?

Putain, c’qu’on est bien dans son cul ! Et regarde… regarde comme elle se cambre quand…

Des quatre doigts de sa main droite, il écartait mes fesses, tandis que l’extrémité du pouce, il titillait mon clito… je me cambrai pour mieux le sentir… Christian bavait de plaisir en voyant les contractions de mon anus autour du sexe du Bala­fré tandis que je jouissais en criant « ENCORE ! ENCORE ! »

Tu as de la chance, Christian de l’avoir trouvée… hmmm… oh… oh putain… son cul c’est le Paradis ! Tu aimes comme je t’encule, Monique ?

Oui ! Oui ! OUI !

Semblant oublier ma présence, il reprit sa conversation avec Christian.

Elle suce comme une reine… sa chatte est… hmmm… divine… elle branle comme une pro… mieux qu’une pro… elle est belle… gaulée… en plus, elle se gouine… putain, Christian ! Quel veinard tu fais !

Ses va-et-vient étaient amples et plus lents, je savais qu’il voulait faire durer son plaisir. Christian était fou de bonheur, il ne le cachait pas.

Tu peux pas savoir comme elle me rend heureux ! Comme j’aime pouvoir la regarder se faire baiser… et puis… Catherine… Regarde-moi ! J’encule Catherine, la belle Catherine…

Mon ectoplasme vit sa belle main d’homme se poser sur les reins de Catherine, l’incitant à se cambrer davantage…

… quand… hmmm… et comme ça… je sens la grosse bite d’Alain dans sa chatte… si tu savais comme c’est bon ! Et ma Monique qui se fait enculer à mes côtés ! Regarde comme elle aime ça ! Écoute comme tu la fais miauler ! Je suis le plus heureux des hommes ! Tu as raison de m’envier !

Catherine me sourit. Un clin d’œil, j’adorais, j’adore toujours ses clins d’yeux ! Nous nous embrassâmes « à la salope » comme nous disons, seules nos langues se léchaient, nos lèvres ne se touchaient pas, nos cris se répondaient, j’aimais quand elle poussait cette longue plainte aiguë, ce cri venu du règne animal…

Ô, ma Catherine, ô mon amour… ô, pute vierge… ô… tu vas me faire venir… ô pu… ô…

Viens jouir sur leur cul, Alain !

Alain ne se fit pas prier, il aimait que ses amis envient sa « particularité particulière » comme nous disions, ce jet long et continu de sperme, cette particularité que personne ne s’ex­pliquait, mais qui faisait l’admiration des foules… Désormais, je sais qu’il en a toujours été bien plus fier que de la taille de son sexe, taille pourtant exceptionnelle !

Il prit place entre Christian et le Balafré, se branla en les encourageant

Allez, Christian ! Encule-la comme elle le mérite, ma Catherine ! Allez ! Mieux que ça ! Vois comme elle en redemande !

Puis, se tournant vers le Balafré

Jusqu’aux couilles ! N’aies pas peur ! Au plus tu iras profond, au plus tu la feras miauler, la Monique !

Je crois qu’il joignit le geste à la parole, car je sentis les couilles du Balafré heurter brutalement mes fesses. Une dou­leur excessivement jouissive me fit crier si fort que ma voix fut éraillée pendant quelques jours. Mon ectoplasme tour­billonnait comme s’il hésitait entre réintégrer mon corps ou continuer à se régaler du spectacle.

Alain se branlait, comme pris de folie. Je voyais bouger les lèvres de ces trois hommes, mais assourdie par la violence de mon plaisir, je n’entendais pas ce qu’ils disaient. Christian écartait tant les fesses de Catherine qu’on aurait pu croire qu’il cherchait à l’ouvrir en deux.

Enfin satisfait, Alain commença à jouir sur sa raie, puis félicitant le Balafré de l’art avec lequel il me prenait, continua sur la mienne. Je vis Christian sortir du cul de Catherine, son trou encore ouvert, accueillit la fin du jet d’Alain.

J’ai cru devenir folle de plaisir en constatant celui que prenait Christian à caresser sa queue maculée du sperme de son ami. Enfin satisfait, il encula une nouvelle fois Catherine. HAN ! D’un coup. Avant de reprendre ses va-et-vient.

Catherine semblait perdue dans ses sensations. Je lui touchai l’épaule, elle revint parmi nous. Nous nous embrassâmes rien que pour nous deux. Le Balafré s’en aperçut, compris que nous ne le faisions pas pour l’exciter.

Monique ! Monique ! Monique ! Oh, Monique ! Monique… Monique…

J’avais compris ce qu’il voulait, j’avais compris, mais je vou­lais l’entendre encore psalmodier mon prénom…

Monique ! Monique… Monique… !

Je délaissai la langue et la bouche de Catherine

Viens ! Vas-y ! Viens ! Je ne… AAAAAAAAAAAHHH !

Un orgasme incroyable me transperça de part en part, déclenchant celui du Balafré.

Mon ectoplasme réintégra enfin mon corps. Je tremblais comme une feuille. Après quelques minutes, Alain et le Bala­fré m’aidèrent à me relever, ainsi que je le leur avais demandé. Blottie dans les bras du Balafré, qui caressait mon ventre, mes seins, qui m’embrassait dans le cou, je regardai Christian jouir dans ma meilleure amie. La seule que j’aie jamais eue. Je regardai le corps superbe de cette femme jouir de ce que lui faisait l’homme de ma vie… Que j’étais heureuse !

Quand le Balafré nous demanda de rester encore un peu « le temps de me remettre de toutes ces émotions », Catherine l’engueula « Tu veux dire que tu comptes t’en aller sans même avoir pris le temps de jouir de moi ? ! » Nous éclatâmes de rire et c’est ainsi qu’il passa sa première nuit avec nous quatre.

Le lendemain matin, tandis qu’il aidait à démonter et à ran­ger le banc de prières et de contrition, il remarqua une marque dans le bois.

V 1921… le V ça veut dire « mai » ou…

Ça veut dire que c’est Valentino qui l’a fait… en 1921 !

Tout en répondant au Balafré, j’ouvris le tiroir du secrétaire et lui tendis le cahier de Bonne-Maman, estimant qu’il méritait de connaître son histoire.

Christian rencontre enfin Valentino et Monique communie avec la Nature…

Chroniques matrimoniales – C’est ainsi que tout débuta

Bonne-Maman préparait toujours de bonnes tartes aux pommes, mais celle qu’elle servit à la fin de ce déjeuner était encore meilleure, un goût incomparable. Je ne pus m’empê­cher de le lui faire remarquer. Valentino se rengorgea et me dit « C’est parce que les pommes viennent de notre pommier ! » À deux voix, ils m’expliquèrent comment il avait fait découvrir à sa Rosalina cette race de pommes qu’elle ne connaissait pas.

Nous étions en septembre, les pommiers étaient lourds de fruits bien mûrs, Valentino partit m’en cueillir une, que je puisse croquer dedans. Il mit sa casquette et sortit. Quand il revint, il fit un petit saut un peu ridicule. D’une main, il ôta sa cas­quette et de l’autre, il me tendit la pomme dans une révé­rence maladroite. J’éclatai de rire.

C’est comme ça qu’elle est entrée dans mon cœur, la mia Rosalinetta…

Très émue de cette déclaration, je voulus le taquiner un peu. Rosalie m’avait raconté leur première fois, leur première nuit, mais je fis comme si je ne savais pas tout des circonstances…

En t’offrant une pomme ? C’est comme ça que Rosalie est entrée dans ton cœur ?

Mais non ! Elle a fait son entrée de spectacle et… quand elle a ri… j’ai su que c’était elle…

Je les regardai, leur amour, leur désir étaient restés intacts. Je me sentis propulsée dans les années vingt et c’est le jeune Valentino qui me raconta sa version.

Je me doutais bien qu’elle n’était plus vierge… Je ne m’étais jamais posé la question jusqu’alors… mais quand elle a fait son entrée, elle était si belle, si naturelle. Mais elle était aussi la fiancée d’un ami… Elle était là, en face de moi. Je l’avais trouvée, je pouvais presque la toucher, mais elle resterait à tout jamais inaccessible… Je ne pouvais rien espérer de plus que ce sourire… Je pensais à Pierrot…

Pour éteindre mon désir, je me répétais que j’allais devoir marcher longtemps dans la nuit pour trouver où me loger, que je risquais de me faire contrôler par les flics. Je pensais à tout ça pour ne pas l’em­brasser à l’en étouffer… Elle m’a tendu la main pour me dire au revoir, mais quand nos mains de sont touchées, mon cerveau s’est éteint et c’est mon désir qui a pris les commandes.

J’avais peur de l’effrayer avec tout ce désir, tout mon désir, mais je compris très vite qu’elle l’avait devancé. La douceur, la joie avec laquelle elle s’offrait à moi… ! Même dans mes rêves, je n’aurais pu imaginer qu’une telle femme existait… Et quand le lendemain, elle m’a dit pour Toine, elle l’a fait avec tant de naturel que j’ai su que jamais ça ne me poserait problème, mais la voir avec d’autres… non… je n’aurais pas pu…

Moi non plus, je n’aurais pas pu… voir une autre femme le toucher ? Ah non ! Je lui aurais crevé les yeux à celle qui aurait touché mon Valentino devant moi !

Tu… tu étais jalouse ? !

Je le suis encore ! Ne me demande pas pourquoi, mais l’idée de voir Valentino… oh non ! Je ne pourrais pas…

Mais, Valentino… tu savais ce que faisait ta Rosalina… Quand tu l’imaginais… tu…

Je ne l’imaginais pas ! Quand nous étions ensemble… ces jours, ces nuits… elle était toute à moi… j’étais tout à elle… le reste n’existait pas à mes yeux…

Il me fallut un peu de temps avant de remarquer qu’ils étaient dans les bras l’un de l’autre, que Valentino tenait le sein de Rosalie dans sa main, que Rosalie caressait, agaçait la nuque de Valentino. Ils ne s’en rendaient tout bonnement pas compte.

… et puis… depuis toutes ces années… rien n’a changé, quand Rosalie me caresse, m’embrasse, s’offre à moi, c’est à chaque fois la première fois… je ne sais pas comment t’expliquer cette sensation…

Je comprends ce que tu veux dire, mais je n’en suis pas étonnée. C’est normal, non ? Chaque fois est toujours la première et restera unique, non ?

Valentino se leva d’un bond et me serra fort, tellement fort contre lui… Il embrassait mes cheveux en me disant des choses très douces en italien, mais je ne parlais pas italien.

J’espère que ton Christian mesure sa chance… !

Je mesure aussi la mienne de l’avoir rencontré ! C’est comme vous… je sais précisément quand Christian est entré dans mon cœur, mais tu n’aimerais pas les circonstances dans lesquelles j’ai su qu’il était celui… le bon… le mien…

Et pourquoi donc, je ne les aimerais pas, ces circonstances ?

Tu n’aimes pas quand c’est à plusieurs… à plus de deux, je veux dire…

Mais qui t’a dit que je n’aime pas à plus que deux ? Je t’ai dit que je ne voulais pas voir Rosalina avec d’autres, mais ça ne concerne que Rosalina !

Je leur racontai alors ma première expérience de partouze dans la petite crique, quand de mes trois partenaires, je ne connaissais que Christian. La sensation que j’ai eue quand sa main s’est posée sur mon épaule au moment où il me péné­trait, alors que mon sexe dégoulinait du sperme de deux autres hommes. Cette pensée fulgurante « C’est lui ! C’est lui, ton homme ! »

Nous avons longuement parlé, puis Valentino m’a proposé de me raccompagner jusqu’au village. J’ai embrassé ma grand-mère. J’étais déjà devant la porte quand je me retour­nai et les vis s’embrasser comme je n’imaginais pas que des vieillards puissent le faire.

Nous avons marché en silence les premiers mètres, puis dans un sourire à la fois très tendre et un peu narquois, Valentino me demanda :

Ça t’ennuie que j’embrasse ta Bonne-Maman comme ça ?

– Non ! Ce qui m’ennuie c’est d’avoir pensé que tu puisses le faire autrement !

L’aspect narquois de son sourire s’effaça pour ne laisser place qu’à la tendresse.

Nous nous embrassons toujours comme si nous ne devions plus jamais nous revoir… pour ne pas avoir de regrets inutiles si tel était le cas.

C’est beau ! Et…

Et… ?

Savoir que le désir, le plaisir… savoir que vous vous envoyez en l’air à votre âge ! Ça me rend vachement heureuse !

Il me prit la main et la serra très fort, il regardait droit devant lui, mais ses yeux semblaient être revenus dans les années vingt.

Jusqu’à cette première soirée, la seule chose qui me tenait debout était ma soif de liberté. Je savais que ce besoin m’interdirait l’amour, mais il était plus fort que tout. J’avais bien eu de belles histoires, mais elle s’étaient toutes brisées dès lors que mon amou­reuse me demandait de m’engager… Parfois, j’allais au bordel, mais je le vivais très mal. Je n’aimais pas ce que les hommes faisaient à ces captives… Je détestais ne pas offrir du plaisir à ces femmes, alors, je n’en prenais pas non plus… mais que veux-tu… comment aurais-je pu deviner ?

Il me prenait à partie comme si je n’étais pas la petite-fille de la femme dont il allait me parler et je lui en étais reconnaissante !

Et puis… Rosalina… sa peau si douce… ses baisers… Oh ! Si tu pouvais imaginer la perfection de ses baisers ! La douceur et l’art de ses caresses… En s’offrant à moi comme elle l’a fait dès notre pre­mière fois, elle m’a permis d’oser des caresses sans me demander si je ne franchissais pas la ligne rouge. Tu comprends ? Aucune avant elle ne m’avait fait ressentir ça.. Tu comprends ? Je n’avais jamais pu observer un sexe de femme d’aussi près, le regarder avec autant d’attention, prendre tout mon temps pour le découvrir… Rosalina m’encourageait même à le faire ! Et ses soupirs… ! Ses mots… sa voix quand elle me disait « Oh ! Tu peux me refaire cette caresse ? Oh ! C’est si bon… ! »… Sa petite voix chantante comme… presque enfantine… Et quand elle me touchait, quand elle me regardait… Tu sais, elle me laissait la regarder de si près, mais elle en faisait autant ! Quand elle me voyait, me sentait réagir à une caresse, à un baiser, elle recommençait, une fois, deux fois, dix fois « Pour ne pas oublier, Valentino ! »

Je le regardai, le vieillard s’était effacé pour laisser la place au jeune homme. Au jeune homme amoureux fou de ma grand-mère, mais j’avais oublié qu’elle l’était. À cet instant, tandis que nous étions sur la route, à moins d’un kilomètre du vil­lage, Bonne-Maman avait cessé d’exister, il n’y avait que Rosalinetta. Rosalinetta dont Valentino était fou amoureux.

Nous avions ralenti notre pas pour ne pas avoir à nous dire « Au revoir » trop vite, il avait encore tant de choses à me raconter…

La vie est toujours surprenante, elle interrompt des moments magiques pour en créer d’autres qui ne le sont pas moins. Alors qu’il s’apprêtait à m’en dire un peu plus, le bruit d’une voiture, nous obligea à nous rabattre sur le bas-côté de cette route étroite. L’auto nous dépassa pour s’arrêter quelques mètres devant nous.

Je vous dépose au village ?

Le Balafré, cet homme qui m’avait paru si détestable lors de notre rencontre et qui s’était montré si passionnément déli­cat dans nos étreintes, était descendu de sa voiture pour nous ouvrir la portière arrière.

– Vai ! Ton ami t’attend et puis tous ces souvenirs…. J’ai envie de retrouver ma Rosalina et…

La serrer dans tes bras ?

Valentino me fit un clin d’œil coquin et me promit de m’en dire davantage quand nous nous reverrons « maintenant que tu connais ma cachette ». Il me dit aussi qu’il lui tardait de faire la connaissance de Christian. Il m’embrassa sur le front. Je rejoignis le Balafré et m’assis à ses côtés.

Ton grand-père ne vient pas avec nous ?

Ce n’est pas mon grand-père ! C’est le mec de ma grand-mère !

Le Balafré me sourit. Je voulus lui raconter l’histoire de Rosalie, lui parler de sa vie, de ce que j’en savais, mais tous ces souvenirs, les confidences de Valentino, de ma Bonne-Maman m’avaient excitée davantage que je ne l’avais perçu. Je m’interrompis au milieu de ma phrase et pressai le Balafré d’accélérer un peu.

– Tu es pressée de retrouver ton époux ?

– OUI ! J’ai hâte que tu me baises devant lui !

Il éclata de rire et se mit à bander très dur.

– Tu aimes quand je te baise devant lui ?

Sa question n’avait pas d’autre but que de nous exciter davantage, l’un comme l’autre en avions parfaitement conscience.

– Et toi ? Tu aimes me baiser devant lui ? Tu aimes quand je suce ta grosse queue, quand je m’en régale devant tout le monde ? Tu n’aurais pas envie de m’enculer bien fort au moins une fois ?

Il rata son créneau, pourtant, il y aurait eu assez de place pour garer un 38 tonnes devant la maison ! C’est en riant que nous entrâmes chez Bonne-Maman. Christian n’était pas encore arrivé, mais un coup d’œil sur l’horloge m’indiqua qu’il ne nous faudrait pas attendre trop longtemps avant son retour.

Je lui proposai à boire à condition qu’il se montre curieux et irrespectueux pendant que je le servirai, comme si je n’étais qu’une poupée gonflable, comme si…

Il plaqua sa main sur ma bouche, souleva ma robe et d’un ton cinglant, me demanda « de la fermer ». Je sentais son sexe durcir dans mon dos. Il ne prit même pas la peine de baisser ma culotte, ou de l’écarter et me doigta au travers du tissu.

T’as vu comme tu mouilles, salope ?

La situation, les heures passées auprès de Rosalie et Valentino, leurs souvenirs, la relation encore charnelle qui les unissait, malgré leur âge avancé, la perspective de pouvoir la vivre moi aussi avec Christian, les gestes, les mots du Balafré, le fait qu’il se soit immédiatement coulé dans le rôle que je lui avais demandé de jouer, l’idée de la bonne surprise que je réservais à Christian… tous ces ingrédients mélangés contri­buèrent à me faire sentir mon sexe devenir coulant de désir, bouillant sous les doigts du Balafré. S’il n’avait pas plaqué sa main sur ma bouche, je lui aurais demandé de me mordre la nuque… Il n’eut pas besoin que je le lui dise et quand je sen­tis ses dents se resserrer sur mon cou, je jouis sous des doigts, au travers de ma culotte.

Je n’entendis pas la porte s’ouvrir, mais quand Christian entra dans la salle à manger, qu’il nous trouva moi accoudée sur le buffet, le Balafré derrière moi, je devinai son sourire rien qu’à son souffle.

Salut ! Qu’est-ce que tu fais ici ?

Je viens de faire jouir ta femme… Elle est chaude comme une brioche qui sort du four !

Ces deux-là, semblant m’ignorer totalement, me rendaient folle de désir. Me lâchant soudainement, le Balafré se recula, souleva ma robe, arracha ma culotte trempée et la lança à Christian. Je me retournai pour regarder mon époux la reni­fler, se débraguetter, sortir son sexe durci, l’entourer du tissu humide et commencer à se branler. D’une voix vibrante d’excitation, il me houspilla.

546ca3ca38d7ac80981797ecd4f468b8 Qu’est-ce que tu attends pour sucer notre invité ?

Il va falloir que tu lui apprennes les bonnes manières, à ta Monique!

Je marmonnai quelques mots d’excuses et commençai à m’agenouiller, tout en déboutonnant le pantalon du Balafré.

Non, non, Monique ! Pas comme ça !

À la demande de Christian, je m’assis donc sur la table, les cuisses largement ouvertes et pris tout mon temps avant de sucer notre invité. Du bout de l’index, je parcourus la cica­trice brune sur son sexe. Je levai les yeux vers lui.

Tu l’aimes, ma queue ?

Oui

Tu la veux partout ?

– Oui

Ma voix s’évanouissait, comme happée par mon désir. Christian se tenait désormais à mes côtés. D’une main ferme, il m’obligea à m’allonger et regarda le Balafré me prendre « comme une chienne en chaleur » pendant qu’il mettait sa « pine bien dure » dans ma bouche.

J’aimais leurs mots crus, j’aimais faire ce qu’ils me deman­daient, j’aimais gémir la bouche pleine du sexe de Christian tandis que le Balafré allait et venait en moi, sortant pour mieux me pénétrer, faisant admirer à mon époux sa queue« toute luisante de la mouille de ta femme ».

Comme ça lui arrivait de plus en plus souvent, Christian n’eut pas besoin de me voir dégouliner du sperme d’un autre pour bander assez dur et me prendre. Il demanda au Balafré d’échanger leur place.

Mon sexe était gonflé de tous ces plaisirs, de toute cette exci­tation, je regardais Christian droit dans les yeux pendant qu’il me pénétrait, attrapai la main du Balafré pour qu’il me caresse le clitoris. Quand je jouis, une exclamation joyeuse, pleine d’amour, s’échappa de la bouche de Christian.

Ils me prirent à tour de rôle jusqu’au coucher du soleil. Avant de partir, le Balafré me dit

C’est pas encore cette fois que je t’aurais enculée, Monique… !

Christian, affalé sur le canapé, repus de plaisir, éclata de rire.

Dis-moi, ma chérie, on l’invite à rester dîner ?

Après le dîner, d’autres réjouissances se présentent…

Chroniques matrimoniales – Un rebondissement inattendu

vintage-bachelorette-party-happyBien avant mon mariage, il arrivait que Bonne-Maman s’absente un jour ou deux, parfois une semaine entière. Je ne me posais pas plus de questions que ça. Après mon mariage, elle nous a laissé « la pleine jouissance » de la maison pendant presque trois semaines. Quelques jours après la noce, nous sommes allés, Christian et moi, chez Nathalie où nous pensions la retrouver, mais Nathalie était seule chez elle.

Devant notre air surpris, la grand-mère de Christian a ri, bienveillante, a entonné un refrain à la mélodie un peu étrange et s’est expliquée

Elle est partie fêter votre mariage avec son Valentino !

Quoi ? ! Valentino est toujours vivant ?

Bien sûr que oui ! Il a même assisté à la noce !

Nous étions estomaqués ! Comme pour m’assurer que je ne rêvais pas, que j’avais bien compris, je regardai Christian. Je regardai le buffet derrière Nathalie. Je regardai la fenêtre sur ma droite. Je regardai encore Christian, puis enfin, je regardai Nathalie droit dans les yeux.

Mes mains semblaient tout aussi perturbées que moi, la droite se crispait sur ma cuisse, froissant ma jupe, la gauche baguenaudait sur la table, triturant le briquet avant de s’accrocher aux doigts de Christian. Il posa la question qui me brûlait les lèvres.

Mais pourquoi ne pas nous l’avoir dit avant ?

Elle est comme ça, la Rosalie… elle ne veut jamais forcer personne à quoi que ce soit. Quand je lui ai demandé de vous dire pour Valentino, elle a souri « Il sera bien temps quand ils poseront la question ! »

Mais je croyais qu’il était mort, lui aussi… et si nous n’avions jamais posé la question ? Com­ment l’aurions-nous appris ? Et quand ?

Certainement jamais, mais ta grand-mère te dirait que la réponse à une question qu’on ne se pose pas n’a aucun intérêt.

Christian approuva en hochant la tête. Nathalie poursuivit.

Pense à ses filles, à ta mère et à ta tante… Pas une seule fois elles ne lui ont posé la moindre question, ni à aucun de nous autres… Pas une seule fois, elles n’ont cherché à savoir pourquoi leur mère avait quitté la Normandie pour venir s’installer en Provence… Pas une seule fois, elles n’ont demandé des nouvelles de leur famille normande… Pas une seule fois, elles n’ont voulu savoir à quoi ressemblait la vie de leur maman quand elle était enfant… Pas une seule fois elles ne se sont interrogées sur nous quatre… Pas une seule fois ! Les deux, l’Antonella et la Léonie, ont quitté notre univers « étriqué » sans se retourner, sans même songer à la liberté qu’il pou­vait leur offrir… L’une et l’autre ont préféré devenir des silhouettes anonymes dans des grandes villes, mais comme le dit Rosalie « Si c’est ainsi qu’elles sont heureuses, pourquoi leur impose­rais-je ma façon de concevoir le bonheur, la vie ? » C’est comme ça qu’elle est, la Rosalie…

Tu crois qu’elle voudrait bien nous le présenter ?

Je ne le crois pas ! J’en suis certaine ! Je sais qu’elle n’attend que ça, qu’elle l’espère de tout son cœur !

Même si nous étions en 1975, seules quelques maisons possédaient le téléphone et, tout comme Bonne-Maman, celle de Nathalie ne l’avait pas. Mais l’une et l’autre étaient restées fidèles à leur système des petits messages glissés dans des endroits secrets. Nathalie nous indiqua la cachette et dès le lendemain, je m’y rendis pour y déposer ce mot « Nous attendrons ici, samedi 13 à partir de 10 heures. Monique et Christian »

Je contemplai le paysage en me disant que même longue, l’attente y serait agréable.

J’étais en train de rebrousser chemin, perturbée par la question que Christian m’avait posée quand nous étions rentrés de chez sa grand-mère « Tu crois que mon père, mes parents, mon oncle, mes cousins sont au courant pour nos grand-parents ? », quand je reconnus le pas de Bonne-Maman. Je me retournai, un peu confuse, mais son grand sourire m’incita à la rejoindre.

Je l’embrassai, nos yeux étaient pleins de larmes d’émotion, blottie dans ses bras, je l’entendais murmurer « Ma toute petite, ma petiote… ! » Enfin, elle souleva la pierre, prit le message que je venais de déposer, le lut et me demanda :

Tu veux attendre jusqu’à samedi, que Christian soit présent ou… ?

Elle laissa la fin de sa question en suspens, me sourit, heureuse de faire semblant de me reprocher que « la pomme ne tombe jamais bien loin du pommier ».

Nous nous rendîmes tout d’abord au village voisin où Bonne-Maman acheta du pain et de quoi « régaler un peu notre invitée ». J’aimais la voir heureuse, c’était comme si le bonheur transformait ma Bonne-Maman en Rosalie. Je lui pris son panier des mains et nous fîmes le chemin vers « le repaire » de Valentino en papotant joyeusement. Je lui racontai la belle surprise de ma nuit de noces et mes premiers jours de femme mariée.

Après les premiers arbres, quand le chemin se transforma en sentier escarpé, elle me prit par la main « Ne va pas te tordre une cheville sur un méchant caillou ». Enfin, après quelques minutes, je découvris une bicoque en contrebas. J’entendis derrière moi un étonnant sifflement, long et modulé, je me retournai surprise de voir ma grand-mère, les doigts dans la bouche. Elle éclata de rire.

Regarde ! Regarde donc !

Je ne remarquai pas tout de suite son âge, je vis un homme élancé, très alerte qui venait à notre rencontre en souriant. Quand il fut à quelques mètres de moi, qu’il me regarda, je devins Rosalie. C’est fou, toutes ces années ont passé, mais la sensation demeure. En me voyant pour la première fois, de face, sans voile pour couvrir mon visage, il fut transporté 55 ans en arrière et revit sa Rosalinetta. Il m’enlaça, m’embras­sa « comme du bon pain » avant de me désigner Bonne-Maman « Tu peux savoir quelle belle femme tu seras dans quelques années ! Tu mesures ta chance ? »

Taquine, je lui demandai à quelle chance il faisait allusion, celle d’être aussi belle que sa Rosalie ou celle de le savoir à l’avance. Valentino partit dans un grand éclat de rire et dit une phrase que je ne compris pas.

« Mela » c’est « pomme » en italien et « albero » c’est « pommier »… je pense que tu peux saisir ce que mon Valentino a voulu dire…

Comme cette journée s’annonçait prometteuse… ! Je faisais la connaissance de l’homme dont ma grand-mère était amoureuse depuis 55 ans, mais j’étais en pré­sence de deux jeunes tourtereaux, Rosalie et Valentino avaient retrouvé leur jeu­nesse… à mes yeux, parce qu’en les observant, je sus immédiatement qu’elle ne les avait jamais quittés.

Tant de questions se bousculaient dans ma tête, quand ils me demandèrent laquelle me venait spontanément à l’esprit, je fus prise de court… Aujourd’hui encore, j’ignore pourquoi je me retournai vers ma grand-mère pour lui demander qui lui avait appris à siffler comme elle l’avait fait plus tôt.

Nous avons éclaté de rire. Je peux mettre un adjectif pour chacun de ces rires. Celui de Bonne-Maman était léger comme un oiseau qui s’envole vers le ciel.. Celui de Valentino était sonore et franc comme le partage. Le mien était gêné, parce que je me trouvais si stupide d’avoir posé cette question idiote. Alors, oui, sur notre éclat de rire, je peux mettre un mot, mais toutes ces années après, je reste incapable d’ex­pliquer ce qui est arrivé ensuite.

Valentino a posé sa main, sa vieille main, sur la main, sur la vieille main de ma grand-mère, elle a tourné son visage vers lui et j’ai ressenti, au fond de ma chair, l’amour qui les unissait. J’ai su comment Valentino la touchait, la caressait, j’ai su comment ils s’embrassaient, comment ils s’aimaient. J’ai ressenti au plus profond de moi, le plaisir qu’ils prenaient ensemble. J’ai compris que leur amour, malgré leur âge avancé, restait aussi charnel qu’en 1920.

Quand Valentino a caressé la main de Bonne-Maman, c’est ma peau qui a vibré, ondulé. J’avais envie des caresses de Valentino, mais ce n’était pas Monique qui dési­rait cet homme, c’était l’héritage que Rosalie m’avait légué, ce que mon sang parta­geait avec le sien. Sans m’en apercevoir, je caressais ma joue comme Rosalie aurait voulu qu’il le fasse.

Parle-moi de… j’aimerais que vous me racontiez votre histoire… à tous les deux…

Tu ne préfères pas attendre samedi ? Que Christian soit là ?

Bonne-Maman se tourna vers Valentino, quand elle le regardait, elle redevenait Rosalie… NON ! Quand elle le regardait, je voyais enfin la Rosalie qu’elle n’avait jamais cessé d’être. Elle posa sa main droite sur leurs deux mains déjà enlacées et je connus alors la texture de la peau de Valentino. Elle lui raconta comment elle m’avait rencontrée alors que je venais de déposer ce message, qu’elle lui tendit.

C’est à cet instant précis que je sus à quel point Valentino était resté coquet ! Il plissa les yeux, rejeta sa tête en arrière pour ne pas avoir à mettre ses lunettes. Bonne-Maman souriait, indulgente. Rosalie me fit un clin d’œil, ravie tout autant que moi de la complicité qui nous unissait. Valentino fit semblant de ne rien remarquer et leva vers moi un regard interrogateur.

Je n’aurais jamais la patience d’attendre si longtemps ! Et puis, Christian pourra en profiter pour en savoir plus sur Nathalie et Toine… ou de spéculer avec Alain sur les liens qui l’uni­raient à Toine… !

Puisque tu as lu mon cahier de souvenirs, puisque tu as lu celui de Bonne-Maman, puisque tu m’as demandé de t’en raconter plus sur la grand-mère de ta grand-mère, puisque tu viendras passer les vacances de Noël avec moi, je vais essayer de te racon­ter les années qui ont suivi son mariage et comment ses souvenirs se sont enchevêtrés aux miens dans ma toute nouvelle vie de femme mariée. Parfois, je te retranscrirai nos échanges, parfois que te copierai les fragments qu’elle avait rédigés.

Et c’est ainsi que tout débuta…