Manon à l’école buissonnière – Lettre à Manon

hands-195653_640Ma petite Manon,

Monique m’a fait écouter le message que tu lui as laissé sur son répondeur. Elle a voulu te rappeler, mais ta ligne a été coupée, comme tu le laissais entendre. Alors, j’ai décidé de t’écrire cette lettre parce que s’il y a une femme sur Terre pour comprendre ce que tu vis, c’est bien moi !

Ainsi, pour ton anniversaire, tu as organisé une fête au cours de laquelle tu as accepté de faire une sex-tape avec ce garçon dont tu étais éprise, ce garçon que tu croyais loyal, ce garçon qui t’a trahie en diffusant la vidéo.

Tu as bien fait de porter plainte contre lui, au moins la vidéo a été supprimée, mais je sais également que tout ce qui a été diffusé sur internet ne disparaîtra jamais totalement. Je n’écris pas ces mots pour t’accabler davantage, mais au contraire,  pour que tu en sois consciente, que tu ne sois pas surprise si elle apparaissait de nouveau. Je ne crois pas que ces crétins qui t’ont fait si mal soient assez malins pour l’extirper des tréfonds du net. La plainte que tu as déposée te préserve également de ce risque, puisque ce maudit garçon encourrait de lourdes sanctions s’il lui venait à l’esprit de la rediffuser.

Tu ne manges plus, tu pleures et tu dors tout le temps à cause des cachets que tu prends chaque jour pour supporter ta peine, tu as tellement manqué les cours que tu as été renvoyée et tu sais qu’à ton âge, les lycées ne sont plus tenus de t’accepter comme élève. Tu  conclus par « ma vie est foutue, je regrette, je voudrais mourir, mais je n’ai pas la force de me suicider ».

J’ai eu dix-huit ans en 1960. Tu ne peux pas t’imaginer à quel point la vie était contraignante, à quel point le poids des conventions pesait sur nos épaules. J’aimais rire, j’aimais danser, j’aimais l’amour, bref, j’aimais la vie qui me le rendait bien.

J’habitais dans une petite ville, à peine plus peuplée qu’un village, tout le monde se connaissait, tout le monde connaissait chaque famille. Tu peux donc aisément imaginer la valeur que chacun portait à sa réputation, à l’honneur de la famille et tout le tralala.

J’avais un fiancé qui allait partir en Algérie pour y combattre. Nous ne savions pas bien ce qu’il se passait là-bas, mais qui dit « guerre » dit « mort pour la France ». J’avais tellement peur de ne plus le revoir, qu’il meure de l’autre côté de la Méditerranée… aussi quand il m’a demandé de coucher avec lui avant nos fiançailles, avant notre mariage, j’ai accepté sans hésiter, sans crainte du qu’en dira-t-on, puisque nous étions amoureux, puisqu’il était mon promis, puisque dès son retour, nous régulariserions par un mariage, en robe blanche, à l’église et tout.

J’ai aimé faire l’amour avec lui. Je pourrais te mentir en affirmant le contraire, mais le fait est que j’ai tout de suite aimé les caresses, les baisers sur ma peau, j’ai aimé qu’il me prenne. J’ai aimé ça et j’en ai redemandé. Il était très curieux de ce que je pouvais lui dire, bref, il me demandait de lui raconter mes fantasmes, même s’il n’employait pas ce terme. Je me souviens lui avoir dit que j’aimais m’imaginer être prise par des inconnus, par plein d’hommes, nous en avions ri parce que je ne savais même pas si c’était possible et que cette idée nous semblait saugrenue. À lui comme à moi.

Peu avant son départ, je n’ai plus eu mes règles. En 1960, il n’y avait pas tous ces tests de grossesse, il fallait attendre un certain temps et aller demander au docteur une ordonnance pour faire une analyse. Comme tu peux l’imaginer, je n’ai pas osé m’adresser au médecin de famille et je ne savais vraiment pas quoi faire. En parler à mes parents était inimaginable. J’en parlai donc à mon « fiancé » qui se mit dans une colère noire, me gifla et me quitta sur le champ.

Mais il fit bien pire encore !

Je travaillais comme serveuse dans le café de mes parents, le plus fréquenté du bourg. La veille de son incorporation, il est venu fêter son départ au café et a tout déballé. Tout. Absolument tout ! À ses copains, aux clients qui étaient en train de boire ou de manger. Mon père, qui était derrière le comptoir a tout entendu, que j’avais couché avant, que j’étais enceinte, que je cherchais à faire croire que mon fiancé était le père alors que j’avais couché avec la moitié du canton, que j’aimais être prise comme une chienne, un homme après l’autre.

Je suis restée comme paralysée entre la salle et la terrasse. Il mélangeait la réalité et les mensonges et je ne pouvais rien dire, ni me défendre. Comme toi, je me disais « c’est un cauchemar, je vais me réveiller », mais je ne dormais pas… Les rires gras et obscènes de ces jeunes hommes, les murmures désapprobateurs des autres clients, des habitués « elle cachait bien son jeu… » résonnaient si fort à mes oreilles qu’elles en bourdonnaient.

Tout semblait vaciller autour de moi. Mon cœur battait si fort que j’ai pensé qu’il allait exploser, que c’était ça « mourir de honte ». Je n’ai pas vu arriver mon père, sinon, j’aurais cherché à parer le coup de nerf de bœuf qu’il m’a asséné, avant de me chasser, comme ça, d’un coup de pied au cul qui m’a fait passer de la salle à la terrasse, et le second de la terrasse à la chaussée.

Le désespoir m’a fait courir droit devant moi, jusqu’à ce qu’une estafette me coupe la route. Je ne connaissais pas cet homme qui me disait « Monte ! », je ne l’avais jamais vu avant ce jour, je l’avais à peine remarqué quand j’avais pris sa commande. Je m’assis à ses côtés avec en tête l’idée de fuir ce maudit village, de descendre à la première grosse ville que nous traverserions. Dans une grande ville, je serai anonyme, je m’y referai une nouvelle virginité. Soulagée à cette perspective, je pleurai enfin.

Il n’a pas dit un mot en conduisant, le temps que je me calme. Je le regardai, vis comme un sourire sur son visage et je compris.  Il avait cru à tous ces bobards et voulait coucher avec moi ! Je lui expliquai tout pour qu’il ne se méprenne pas et surtout parce que j’avais besoin que quelqu’un connaisse la vérité. Il m’écouta et me dit de ne pas m’en faire, qu’il avait bien compris, que les mensonges de ce pauvre type ne l’avaient pas leurré.

Il me dit aussi qu’il s’appelait Paulo et il me proposa de m’héberger « sans contrepartie » le temps que je me remette de mes émotions. Il me dit aussi de ne pas m’en faire pour cette grossesse, que si j’étais enceinte, il connaissait quelqu’un qui pourrait « le faire passer » et que si je voulais garder ce bébé, il en endosserait la paternité. Je lui ai demandé pourquoi, il m’a regardée, m’a souri « tu crois au coup de foudre ? »

Nous avons roulé plus de deux heures, je ne connaissais pas la ville où il habitait. Pourquoi lui ai-je fait confiance ? Je ne saurais te le dire, mes pressentiments m’avaient trahie, je venais d’être chassée de chez mes parents parce que j’avais fait confiance à un jeune homme que je connaissais depuis toujours et ça ne m’avait pas servi de leçon ! Je l’accordais à cet inconnu !

Il me parla de sa vie, de son métier qui le mettait souvent sur les routes. Plus nous approchions de cette ville, plus je sentais mes tripes se nouer. Une douleur incroyable me cisaillait le ventre, je mourais de trouille et le ressentais physiquement. Comme un flash, je me vis captive, soumise à un tortionnaire que je ne pourrai fuir. Pour calmer cette peur, pour essayer d’ordonner mes idées et trouver une solution de secours, je m’accrochais à son sourire, au velours de sa voix grave, et, quand il me regardait, à la douceur de ses yeux. Il s’en aperçut très vite. « Ne crains rien ! Je ne cherche pas à te piéger ! »

Arrivés dans la ville où il demeurait, il se gara sur la place, devant la boucherie et m’expliqua qu’il avait un petit appartement au-dessus, qu’il occupait en attendant d’avoir retapé une autre maison, dans un village plus près de la mer. Il me prévint aussi qu’il n’y avait qu’une chambre, qu’il dormirait sur les coussins dans la salle à manger, mais que cette situation ne durerait qu’une nuit, dès le lendemain, il en parlerait à ses amis qui sauraient m’aider.

Très galant, il m’ouvrit la portière et alors que je passais devant lui, pour entrer dans ce petit immeuble, il me murmura « Je crois que tu as un souci en moins, Catherine ». Que voulait-il dire ? Je ne sais pas pourquoi je regardai mes jambes, peut-être ai-je suivi son regard, je vis un filet de sang sur mon mollet droit. Je n’étais pas enceinte ! Mon cœur battait la chamade, j’étais tellement soulagée ! Je l’enlaçai, l’embrassai sur la joue en le remerciant.

Je m’endormis comme une masse, malgré l’inconfort de l’alèse improvisée qu’il avait faite avec sa nappe en toile cirée. À mon réveil, il était parti, il m’avait laissé un petit mot pour s’en excuser, pour m’expliquer ce que je trouverai pour manger et, le plus important à mes yeux, un peu d’argent pour que je puisse m’acheter des « garnitures », comme on disait à l’époque. J’étais en train de déchiffrer son mot quand j’entendis frapper à la porte, un toc-toc timide. Je l’ouvris et me trouvai face à une femme souriante.

Devant mon air étonné, elle se présenta, elle s’appelait Marie, elle était la belle-sœur de Paulo, qui était passé à la boucherie avant de partir travailler. Il lui avait demandé de m’apporter une robe et une culotte, elle avait aussi pensé aux serviettes hygiéniques. Elle me proposa de déjeuner avec eux et me dit de ne surtout pas m’en faire, que Paulo était un homme bon et que quelque soit la raison pour laquelle j’étais arrivée ici, j’y serai bien. Je ne revis Paulo que deux jours plus tard, il me proposa de travailler avec lui.

Nous sommes restés « bons amis » pendant quelques semaines, jusqu’au jour où il me prévint, une fois de plus, qu’il serait absent pour la soirée et la nuit. Je savais ce que cette absence signifiait, j’ai éclaté en sanglots. J’aurais tant aimé connaître ce monde dont il m’entrouvrait la porte sans me permettre d’en franchir le seuil… Je le lui dis, il me  prit dans ses bras, m’embrassa… ses mains sur mon corps… ! Je le suppliai de me faire l’amour « rien qu’une fois » pour que je puisse enfin goûter à nouveau à ce plaisir.  Je crus bon de préciser que « c’était la bonne période » que je ne risquais pas de tomber enceinte, ce qui le fit éclater de rire. « Si je te proposais de m’accompagner ce soir, accepterais-tu de regarder d’autres couples coucher ensemble ? De me voir me faire sucer par d’autres femmes ? De me voir baiser, lécher d’autres femmes ? » Je n’eus pas besoin de lui répondre par des mots, mon sourire, le pétillement de mes yeux venaient de le faire.

Le soir même, je fis enfin mon entrée dans ce monde qui me convenait. Loin des clichés que j’entends souvent, tous les hommes, toutes les femmes qui participaient à cette partie fine firent preuve d’une grande bienveillance. Je me souviens de ma première pipe, guidée par les mots, par les gestes de Paulo. Que c’était bon… ! Nous avions conclu cet accord, pour cette première fois, il serait le seul à coucher avec moi, à me toucher, à m’embrasser…

Paulo venait de me faire jouir, comme j’ignorais que ça puisse exister. J’ai regardé cette femme entourée d’hommes, une queue dans chaque main, elle les branlait d’une façon qui m’excitait terriblement, un autre homme était dans sa bouche et un quatrième la prenait. C’était exactement la scène dont j’avais rêvé ! Paulo me demanda « Qu’est-ce qui te ferait plaisir ? », je la désignai du doigt « Ça ! », il s’exclama « Je l’ai su dès que je t’ai vue, tu es la femme que j’attendais ! »

Ce qui me troubla le plus, c’est le mot « femme » par ce simple petit mot, il venait de me faire passer de l’enfance à l’âge adulte. Tout comme Rosalie, je n’ai plus jamais eu de nouvelles de mes parents, quand j’ai eu 21 ans, Paulo et moi nous sommes mariés.

Monique t’a parlé un peu de ma vie, je sais que dans le cahier qu’elle te destine, elle t’en dit un peu plus sur moi. J’aurais tant d’autres choses à te raconter, mais ma lettre est déjà bien assez longue, je vais la conclure en te disant de ne pas perdre espoir et en renouvelant l’invitation de Monique.

Il y a ici des gens qui t’aiment telle que tu es, pour ce que tu es, des gens qui ne te jugeront jamais, je parle de nous « les vieux », mais aussi de ces deux cousins avec lesquels tu as pris du bon temps cet été ;-) savais-tu seulement que je suis leur grand-mère ?

La carte que tu as due trouver dans cette enveloppe te permettra de prendre le train jusqu’à Aubagne, où nous t’attendrons mercredi prochain, si tu décidais de venir goûter à la douceur provençale. Je n’attends rien d’autre de toi que te savoir heureuse et je suis ravie de te tendre la main dans ces moments difficiles, ainsi que Paulo l’a fait pour moi en 1960, geste que Monique a renouvelé en 1974 en venant me sortir de mon deuil.

Je t’embrasse fort, fort, fort,

Cathy

Après son arrivée au village, Manon va à l’école buissonnière

Chroniques matrimoniales – Pour les nouveaux lecteurs

Couple de lecteurs debout légendé crédité

Ah lala… il serait p’tète temps de lire les deux premiers opus !

Leur lecture est gratuite sur ce blog, mais si vous le souhaitez vous pouvez acquérir la version papier en passant par cette page.

Dans ce texte, le Balafré fait allusion à ce chapitre du Cahier de Bonne-Maman où elle en explique la genèse.

Chroniques matrimoniales – L’anniversaire de Catherine – Après la fête

a592e5a5480ff96786b3e69486c2e1deLe lendemain, quand je me réveillai, tous les invités étaient déjà partis. Je regardai Christian encore endormi en me demandant si son sourire était dû à un joli rêve ou à la nuit que nous venions de passer. J’enfilai sa chemise, jetée en boule au pied du matelas. J’aimais porter ses vêtements après une nuit de partouze, j’adorais l’odeur de sa sueur pleine de désir et d’excitation emprisonnée dans la trame du tissu et j’aimais par-dessus tout l’étincelle de son regard quand il me découvrait ainsi vêtue.

Je descendis les escaliers, impatiente d’écouter Catherine me raconter sa soirée.

39e252a0-2ba0-012d-c74a-0050569428b1Je la trouvai étendue sur un sofa, les yeux mi-clos, un sourire aux lèvres. J’entendais Alain s’agiter en cuisine en sifflotant.

Catherine ouvrit tout à fait les yeux et je m’installai à ses côtés.

– Quelle belle fête ! Quel anniversaire !

Elle désignait la pièce, les chandeliers aux bougies consumées, de jolies cernes magnifiaient son regard. Alain entra avec un plateau. Je ricanai comme une gamine en lui demandant s’il était resté à poil pour se servir de son trépied naturel afin de soutenir le plateau. Il éclata de rire. Je suppliai Catherine de me raconter sa nuit.

– Mais… j’avais cru comprendre que tu verrais tout de là…

Elle venait de désigner le plafond et son miroir circulaire.

– J’aurais bien aimé te répondre « oui, j’ai tout vu », mais le clan des sept m’en a empêchée…

– Le clan des sept ? !

– Ben oui, Christian, le Bavard, le Notaire, Joseph, le Balafré, le Chauffeur auxquels s’ajoutait le Nettoyeur… à peine je m’étais installée qu’ils…

Que j’aimais les faire rire ! Je m’étais découvert le goût de la plaisanterie dès mon installation au village. À Paris, j’étais une jeune fille réservée, presque austère, mais en rencontrant l’amour, l’amitié, en apprenant l’histoire de mes grands-parents, de leurs amis, mon caractère profond était remonté à la surface, une partie de moi dont je n’avais jamais pris conscience avant.

– Viens voir… tu comprendras mieux en voyant la pièce…

– Je peux venir aussi ou c’est réservé aux filles ?

– Tu n’as pas visité les lieux avant de louer la villa ?

– Hé bé… euh… oui et non… avec le Notaire, je n’ai pas vu toutes les… possibilités qu’offraient les lieux…

J’agitai mon index d’un air entendu.

– Toi… tu aurais une idée derrière la tête, que ça m’étonnerait pas !

La main sur le cœur, Alain jura ses grands dieux qu’il n’en était rien, mais puisque je venais d’évoquer la chose…

Nous montâmes l’étroit escalier en nous taquinant, en gloussant d’excitation. Quand j’ouvris la porte, Christian était allongé sur le dos, les yeux fermés…

– C’est pour ça qu’il ne peut pas dormir sur le ventre…

Dormait-il encore, ainsi qu’il persiste à l’affirmer, ou avait-il entendu ma plaisanterie ? Christian sourit, visiblement aux anges. Catherine regardait la pièce, ébahie.

– Ouh… fan…

Désignant le coussin central, enfin, l’absence du coussin central, elle me demanda à mi-voix si c’était par là que… Je ne lui laissai pas le temps d’achever sa phrase, opinai et l’invitai à s’allonger aux côtés de Christian pour vérifier. Ce qu’elle fit bien volontiers. Sans même ouvrir les yeux, Christian se blottit contre sa belle poitrine. Elle fit semblant de râler « Je te comprends mieux, Monique… »

De les voir ainsi, de sentir le souffle chaud d’Alain sur ma nuque, sur mes épaules… je m’empalai sur Christian qui ouvrit enfin les yeux, fit semblant de m’ignorer « Té, Cathy ! Ton cadeau t’a-t-il comblée ? », l’embrassa, lui caressa les seins pendant qu’Alain la pénétrait. Je le regardai, nous nous sourîmes et nous nous embrassâmes.

Que Catherine était belle quand elle bougeait comme ça ! J’aimais son regard perdu, qui semblait hésiter entre l’extérieur et l’intérieur ! Comme s’ils étaient coincés dans sa gorge, collés à ses lèvres, les mots semblaient attendre un encouragement pour sortir de sa bouche. Je ne sais plus qui lui a posé la question « Tu as quelque chose à nous dire ? », mais je me souviens parfaitement de sa réponse.

– Je voudrais qu’Alain me fasse un enfant…

Elle parut hésiter, me regarda droit dans les yeux guettant ma réaction.

– … et que Christian m’en fasse un autre…

Alain s’exclama « Oh, mon amour ! ». Je sentis le sexe de Christian faiblir dans le mien. Je me penchai vers Catherine « Tu ferais ça pour moi ? Pour nous ? Oh, merci ma chérie ! » avant de l’embrasser à en perdre haleine. Le sexe de Christian avait repris toute sa vigueur. Nous faisions l’amour en profitant de chaque seconde, de chaque mouvement, de chaque soupir.

J’allais et venais le long du sexe de Christian, me cambrant comme Alain me le demandait. J’aurais pu jouir rien qu’en regardant son énorme bite entrer et sortir dans la chatte de Catherine ! Comme il savait y faire… ! Catherine criait dans la bouche de Christian qui lui caressait les seins avec un plaisir non dissimulé… Mon regard glissa encore vers Alain et remonta le long de son torse puissant, ses lèvres étaient trop tentantes… de mes mains, je tournai son visage vers le mien et l’embrassai.

– Oh oh ! Mais ne serait-ce pas « la figure Rosalie » ?

Je n’avais ni vu, ni entendu le Balafré entrer dans la chambre. Il tournait autour du matelas comme s’il voulait vérifier que nous l’exécutions dans les règles de l’art. Il me sourit, me fit un clin d’œil. D’un geste de la main, Cathy lui fit signe d’approcher, quand il fut à ses côtés, avec habileté, elle ouvrit sa braguette et lui demanda la permission de le sucer un peu. Il éclata de rire « C’est demander à un aveugle s’il veut voir ! » avant de se laisser aller aux délices des pipes de Catherine.

Je sentais l’orgasme enfler en moi, ou plutôt monter en moi avant de redescendre, un peu comme une vague qui s’écrase sur la plage… Je parvenais, parfois, à maîtriser cette sensation, c’était le cas ce dimanche là. Le Balafré s’échappa soudain de la bouche de Catherine…

– Tout doux, ma belle ! Tu vas me faire venir trop vite, sinon !

– Tu n’es pas parti avec les autres ?

– Tu ne leur as rien dit, Christian ?

– Hé… c’est que j’ai pas eu le temps ! Je dormais encore… mais… fatché ! Quel réveil… !

Ce dialogue plein de sous-entendus excita la curiosité de Catherine qui les pressa de « tout déballer ».

– Je suis parti avec les autres, mais je suis revenu pour vous annoncer que je suis désormais le second époux de Monique, mais que ça devra rester un secret jusqu’à notre mariage officieux…

– Quel mariage officieux ?

– La bigamie n’est pas légale, Monique ! Tu ne pourras pas me dire « oui » à la mairie ! Alors, nous ferons une cérémonie officieuse et nous annoncerons la nouvelle à l’occasion de la grande fête…

– Quelle grande fête ?

– Laisse-nous t’organiser la surprise, ma chérie… !

Que la voix de Christian était douce… et que son sexe était dur… !

– Et… et quand tu lui as fait ta demande ? Pourquoi tu ne m’as rien dit, Monique ?

– Ça s’est décidé hier soir, juste avant que vous arriviez, Cathy ! J’ai pas eu le temps ! Et pis… j’ai pas eu droit à une demande en bonne et due forme… !

Le Balafré tomba dans le piège grossier que je venais de lui tendre.

– Comment ça ? ! Je ne t’ai pas fait ma demande ?

– Pas avec la manière, je veux dire… pas comme on le fait quand on est bien élevé… dans le grand monde…

Il fit mine de poser un genou à terre, mais je l’interrompis d’un geste ferme. Je me levai, jetai un regard gourmand sur la queue  gonflée, dressée et luisante de Christian, proposai à Catherine d’observer la scène « si Aloune et Christian te laissent un peu de répit » et entraînai le Balafré dans le salon où elle avait fêté ses 33 ans.

En descendant l’escalier, il me dit qu’il aimait ma folie, je lui répondis que je l’aimais tout court. Il m’enlaça, me plaqua contre le mur. « Je vais te faire la plus belle demande en mariage du monde, ma Monique ! » Je ne sais pas si ce fut la plus belle des demandes en mariage du monde, mais bon sang, que je l’ai aimée… !

À sa demande, je m’étais allongée sur le dos, je regardais le plafond, il écarta mes cuisses, sa cicatrice n’avait jamais été aussi visible, ses mains couraient le long de mes jambes, puis elles me fouillèrent avant de caresser mes seins.

– Veux-tu être ma femme ?

– Mmoui…

Je répondis à son interrogation muette.

– Je sais que tu peux mieux faire…

Comme toujours, le Balafré se glissa immédiatement dans le rôle que je lui proposai. De son gland, il caressa ma fente, du clito jusqu’au vagin.

– Veux-tu être ma femme ?

Sur le ton de « c’est déjà un peu mieux », je répondis

– Mmm… oui…

Il me fit le clin d’œil de « ah, c’est comme ça que tu le prends ? », mit son gland à l’entrée de mon vagin.

– Monique, veux-tu… HAN ! … bien m’épouser ?

– OUI !

– J’ai pas bien entendu… !

Il se retira et recommença son manège, une fois, dix fois, jusqu’à ce que je crie à pleins poumons, jusqu’à ce que je jouisse… Enfin satisfait, il leva les yeux au plafond et demanda aux trois autres de nous rejoindre.

Alain arriva seul, Christian et Catherine préféraient rester là-haut, à observer la scène et lui avaient demandé de « bénir nos fiançailles »… Quelle bonne idée ! Je leur envoyai un baiser, en soufflant avec toute la force de mon amour dans le creux de ma main. Alain n’eut pas besoin de se branler très longtemps, il aspergea mon corps, mon visage, « ouvre ta bouche, Monique » et c’est ainsi que je fus officieusement fiancée au Balafré.

Rosalie nous raconte comment l’occasion fit le larron

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