Les saynètes de Madame – « Tel est pris qui croyait prendre ! »

– Vite ! Vite ! Accourez, mon ami ! Et venez juger par vous-même !

– Que se passe-t-il, très chère ? Qu’avez-vous de si important à me montrer que vous me dérangez en plein labeur ?

Le rideau s’ouvre, laissant apparaître la chambre conjugale d’un intérieur bourgeois.

– Constatez ! Constatez que je ne vous ai point menti ! Le voici, le gredin ! Le voici, mon tourmenteur ! Ah, ah, monsieur le Méchant, vous voilà bien attrapé !

– Qu’est-ce ceci ? Allez-vous m’expliquer ?

– Vous m’avez, à maintes reprises, soupçonnée… que dis-je « soupçonnée »… accusée d’être une épouse infidèle, tenant pour preuve mon… intimité souillée, selon vous, de la semence de mon amant. Or, je vous ai toujours affirmé vous être restée fidèle, je vous ai toujours clamé mon innocence. Seulement, vous ne m’avez pas crue. Votre regard et vos remarques acerbes me souillaient aussi certainement que si je m’étais vautrée dans la fange, mais vous… Si j’avais eu un amant, je m’en serais souvenu ! Étais-je donc folle à lier ? J’avais beau chercher dans mes souvenirs, je ne me rappelais de rien, si ce n’étaient quelques rêves… dont je préfère ne pas parler…

Après le dîner, puisque comme tous les soirs vous deviez vous pencher sur quelque dossier de la plus haute importance, je décidai de mettre en pratique le plan que j’avais échafaudé le matin même. Comme tous les soirs, j’allai dans notre chambre, me mis au lit, lus un chapitre d’un roman d’amour, éteignis la lumière, mais à la différence des autres soirs, je ne bus pas ma tisane relaxante et la laissai sur ma table de chevet.

Me pensant endormie, ce gredin, entra subrepticement par la fenêtre, que vous tenez à garder ouverte, hiver comme été, malgré ma tendance aux refroidissements, se glissa dans le lit et tandis qu’il ôtait ses… haillons, remarqua la tasse posée sur ma table de chevet « Alors, t’as pas bu ton digestif, la bourgeoise ? » et la but d’un trait, avant de s’allonger à mes côtés.

Je faisais semblant de dormir et lui me faisait exactement ce que me fait habituellement Alain Delon dans mes rêves… je vous passe les détails… Pendant ce temps, la tisane faisait son effet et il s’est endormi pendant qu’il « me faisait mon affaire », pour reprendre sa grossière formulation.

– La tisane agirait-elle si rapidement ? Au bout de combien de temps s’est-il endormi ? Pendant combien de temps avez-vous dû subir ses… assauts ?

– Je ne saurais vous dire précisément… un peu plus d’une heure… moins de deux, je suis formelle ! Moins de deux… Quand il fut endormi, je vous empruntai quelques cravates, me servis également de mes bas et le ligotai.

Ah, ah, vous voilà bien attrapé, Monsieur le gredin ! Et veuillez cesser, je vous prie de vous tortiller comme un ver à soie !

Quant à vous, Monsieur mon mari, reconnaissez votre erreur et admettez ma parfaite bonne foi !

– Si fait, Madame, si fait ! Afin que je puisse prendre la pleine mesure de ma faute, dans ce méjugement, auriez-vous l’obligeance de me montrer ce qu’Alain Delon vous faisait dans vos rêves ? (Regardant le gredin d’un air blasé) Alain Delon… !

– Puisque vous y tenez, et afin que vous ne puissiez plus remettre en cause ma bonne foi, je veux bien consentir à vous accorder cette démonstration. À cette fin, veuillez, je vous prie m’aider à installer le gredin sur ce fauteuil et prendre sa place.

Le mari et son épouse, entreprennent de déplacer le corps ligoté du gredin.

– C’est qu’il est lourd, le bougre ! Aidez-nous, monsieur le tourmenteur, au lieu de vous agiter sottement ! Laissez-vous transporter, aidez-nous plutôt que de lutter ! Et il ne sert à rien de grogner ainsi, derrière votre bâillon, vos propos demeurent inintelligibles ! Allons-nous devoir vous assommer ? Non ? Voilà qui est raisonnable…

Le gredin installé dans le fauteuil, l’épouse reprend son récit.

– Voilà qui est plus conforme à la situation. Veuillez, mon ami, avoir l’obligeance de vous dévêtir et de porter à vos narines ma culotte que j’avais posée, proprement pliée et que ce malotru a reniflée, froissée avant de la jeter à terre, comme un vieux chiffon usagé. Voilà qui est mieux… Devrais-je éteindre la lumière ou souhaitez-vous que je la laisse ?

– N’éteignez point, ainsi je pourrais mieux me rendre compte.

– Vous avez raison, mon ami ! Et quant à vous, monsieur le gredin, vous pourrez ainsi prendre la mesure des tourments que vous me faites subir plusieurs fois par semaine !

Plusieurs fois par semaine, dites-vous ?

– Hélas, mon ami… hélas… ! Je suis donc allongée sur le dos, les mains reposant pieusement sur la couverture. Ce gredin s’allonge à mes côtés. Oui. C’est ainsi qu’il fait. Par une pression sur mon épaule, m’oblige à me mettre sur le flanc… comme ça… oui !

– Groumpf ! Groumpf !

– Mais cessez donc de vous agiter, Monsieur, j’entends à peine les indications de mon épouse ! Cessez donc ces grognements, ces soubresauts ! Ah ! Vous voyez où ça vous a mené ? Vous avez chu et je vais devoir vous réinstaller sur le fauteuil !

Le mari se lève et tente de remettre le gredin sur le fauteuil.

– Mais aidez-moi au lieu de résister ! Qu’avez-vous donc de si important à me dire ?

Le mari desserre le bâillon.

– Avant de la mettre sur le côté, comme il fait nuit noire, je dois m’assurer que c’est bien elle…

– Oh ! C’est trop fort ! Après m’avoir injustement accusée, voici que vous le laissez aller à ses divagations ! Quel affront !

– Laissons-le s’expliquer, mais je vous assure que votre version aura ma préférence, si je devais faire un choix. Alors, ainsi vous vous assurez qu’il s’agit bien de mon épouse ? Ensuite… ?

Le mari reprend sa place sur le lit et, comme à tâtons, caresse le visage, les épaules, les seins de son épouse.

– Non ! Non ! Si vous voyiez mes mains, vous constateriez qu’elles sont bien trop caleuses pour me servir d’yeux dans le noir !

– Et de quelle façon procédez-vous à l’identification ? Avec votre bouche ?

– Que nenni ! Je me sers de mon membre que je passe comme ça sur ses joues.. oui… ainsi… Descendez jusqu’au menton, oui… Remontez le long de l’autre joue… plus près de l’oreille… Boudiou ! Je me tords le cou et j’y vois goutte ! Oui… Tournez-vous ainsi… de toute façon, d’un côté comme de l’autre, c’est toujours le même lit ! Remontez encore… jusqu’au front… caressez-le sur toute sa surface… oui… avec le gland… Boudiou ! Je bande comme un âne à vous regarder faire et ce bas me cisaille les joyeuses !

– Hors de question que nous vous détachions, monsieur le gredin ! J’ai eu trop de mal à vous capturer !

– Reprenons ! Je fais ainsi… comme un peintre applique ses couleurs…

– Maintenant, descendez le long du nez, faites le tour de sa bouche, titillez-la avec votre… Monsieur, avec tout le respect que je vous dois, vous vous y prenez mal ! Parce qu’elle aurait déjà dû avoir entrouvert ses lèvres et permis à votre gland de goûter à la douceur de sa bouche… gourmande.

– Monsieur ! Je vous en prie, vous vous égarez ! Que dites-vous là ? Ce n’est qu’un gredin, mon ami, n’écoutez point ce tissu de mensonges !

– Avec moi, elle parle pas…

– Reprenons là où nous en étions. Fermez les yeux, ma mie, et faites semblant de dormir…

– Vouaï, comme avec moi… Agacez-lui le bord de la lèvre… à la commissure… Non ! Juste au-dessus… titillez-la comme l’abeille qui se pose sur le pistil… elle ne sait où butiner… où que ce sera le meilleur… aaahhh… voilà… ! Laissez-vous faire, maintenant… Vous sentez comme elle vous tète avec…

– Oh oui !

– C’est donc la bonne personne ! Maintenant, que vous en êtes sûr et même s’il vous en coûte, sortez de sa bouche… en prenant tout votre temps… et faites-la pivoter sur le cô… tout doux ! N’allez pas nous la réveiller ! Et allongez-vous derrière elle… Je veux pas me moquer, mais avé moi, elle se colle direct à mon corps…

– Ne croyez pas ses allégations, mon ami ! Cet homme ment ! Si je me collais à son corps, je m’en souviendrais !

– Quand elle est tout contre moi, je glisse doucement mes mains sous sa chemise de nuit… plus furtif que ça ! Imaginez un renard se faufilant dans un poulailler… Oui ! D’une main, remontez jusqu’aux belles mamelles… mais ! Vous voulez la traire ou quoi ?! Boudiou ! Une telle poitrine mérite un peu d’attention, de respect ! Caressez-la doucement… prenez son sein dans votre main… aussi délicatement que si vous trouviez un joli petit nid tombé de l’arbre et que vous vouliez le remettre en place… doucement… dou-ce.-ment… L’autre main, je la plaque sur son ventre… ainsi, je peux la serrer tout contre moi… N’oubliez pas les caresses légères… glissez la main entre ses seins… le tranchant de la main… Fermez les yeux, imaginez… C’est votre membre qui coulisse entre ses mamelles… Imaginez la douceur… Boudiou ! Au moins, desserrez-moi ce putain de bas !

– N’en faites rien, mon ami, poursuivez… l’exercice…

– Et que faites-vous, ensuite, monsieur le… ligoté ?

– J’appuie plus fermement sur son ventre tout en poursuivant les va-et-vient de ma main entre ses seins… vous voyez, rien de bien offensant… Mon sexe se frotte contre la raie de ses fesses, au même rythme…

– Mais pas du tout ! Il glisse son membre entre mes cuisses et fait descendre sa main de mon ventre à… là… Voilà comment et où il met son gland et comment il appuie… là… sur mon « bouton »… s’agitant comme on fornique… C’est ainsi qu’il fait ! J’en suis certaine !

– Mais ça, c’est que pour le dimanche !

– Menteur ! Je me souviens de certains… rêves identiques, lundi, jeudi, vendredi !

– Mais… mais c’étaient les lundis de Pâques et de la Pentecôte, le jeudi de l’Ascension, et le Vendredi Saint ! Quand je dis « dimanche », je veux dire « jours du Seigneur » !

– Alors, dites-le ainsi ! Soyez précis, monsieur le gredin ! Puisque vous racontez, veillez à l’être !

– Pouvez-vous soulever la couverture, que je puisse vérifier si vous faites tout comme moi ?

Le mari s’exécute. Le gredin étire le cou… le mari desserre son étreinte afin que le gredin vérifie la position du corps de l’épouse assoupie.

– Remontez davantage la chemise de nuit… Boudiou ! Son cul est encore plus beau que je l’imaginais !

Et vous le laissez se rincer l’oeil ?! Je ne vous félicite pas, mon ami !

Le mari reprend sa place, dans le dos de sa femme. Il glisse son sexe entre les fesses de son épouse, suivant les indications du gredin. Il se frotte langoureusement, comme il le ferait entre les seins de sa femme.

– Mon ami, continuez vos caresses sur mon… sur ma féminité

– Soyez plus finaud ! Gardez vos forces ! Le but de ces caresses c’est de l’amener à bouger, à onduler dans son… sommeil. Oui ! Faites-la danser ! Regardez comme elle aime ça, la bourgeoise ! Elle est mouillée du minou ou pas encore ? Me regardez pas avec des yeux de merlan frit ! Pour le savoir, mettez-y les doigts ! Ah… voilà qui est mieux !

En effet, l’épouse roucoule de plaisir et ondule lascivement de la croupe.

– Elle est mouillée comment ? Un peu ? Beaucoup ? Vous savez pas ? Plus ou moinssse que d’habitude ? Plutôt plus ? Ah ! Tant mieux pour vous, alors ! Vous y mettez combien de doigts ? Que un ?! Mais vous la soumettez à la torture si vous y en mettez que un !

Ah ! C’est bien ce que je me disais, mais je n’osais vous en faire la remarque, mon ami !

– Voilà qui est mieux ! Écoutez-la roucouler, sentez comme elle bout de plaisir, sentez comme son coeur s’emballe.

De fait, l’épouse ne peut cacher la vague de plaisir qui s’empare d’elle.

– C’est bien ainsi qu’il procède, se comporte avec vous, madame ?

– Dans… mes rêves… il lui arrive de me… de me… pénétrer et de me faire… onduler… danser autour de son membre… sans cesser ses caresses…

– Ainsi ? C’est ainsi qu’il vous… fait danser ?

– Perdriez-vous la tête, mon ami ?! Ainsi, ce serait pécher ! Nous ne sommes ni dimanche, ni un jour férié !

Pendant que le mari sodomise son épouse, l’excitation du gredin est à son comble. Ses grognements rageurs, ses plaintes et ses suppliques sont couverts par les cris de plaisir du couple légitime.

Le rideau se ferme. Puis s’ouvre. Le mari, l’épouse et le gredin saluent sous les applaudissements du public. Le rideau se referme. On entend des bruits divers sur la scène. Des pas qui s’éloignent. La lumière s’éteint.

– Bon. Vous attendez quoi pour me détacher ? Non ! Revenez ! C’est pas drôle ! Vous pouvez pas me laisser comme ça, tout ficelé comme un rôti !

– N’y comptez pas, car telle est la sanction que mon époux et moi-même nous plaisons à infliger à tous les gredins de votre espèce !

Odette&Jimmy – « All them good times, baby, baby, I’ve been yearnin' »

Comment évoquer la découverte du plaisir des étreintes torrides, sans partager ce morceau qui l’illustre à la perfection ? Y aurait-il d’autres esprits aussi tordus que le mien pour avoir entendu pendant 40 ans « Wet down inside » ? J’ai halluciné en lisant les vraies paroles la semaine dernière !

Monique prit le volant aux côtés de Jean-Luc, je montai à l’arrière, entre Jimmy et Christian.

– On va te montrer la fameuse crique, mais nous n’y allons plus depuis presque quarante ans. Trop de touristes veulent profiter de cet écrin encore un peu sauvage et ce genre de touristes aiment à y venir avec leurs bambins, bambins avec lesquels ils ont envie de partir à la découverte de ce petit sentier qui grimpe le long des rochers… La crainte de nous faire surprendre par eux a très vite calmé nos velléités de partouzer ici !

– Parce que certains sont d’éminentes personnalités locales, respectables et respectées, un maire et son épouse, la directrice de l’école, le directeur d’une autre…

– Le capitaine des pompiers bénévoles…

Ex-capitaine !

– Oui, mais n’empêche… j’en connais plusieurs qui auraient préféré mourir plutôt que tu leur fasses le bouche-à-bouche, s’ils avaient su où tu aimes mettre la tienne… où tu la mets !

– Tu ne t’en plaignais pas…

– Je ne m’en plains toujours pas, mais je pense à…

– C’est marrant, j’aurais cru que le fantasme du pompier…

– Ah ah, Dédette ! Vas-y Christian, parle-lui de ce fantasme !

– En théorie, il existe. Dans la réalité, aussi. Je dois vivre à la frontière des deux, ni en théorie, ni dans la réalité ! Les femmes que j’ai eu à secourir étaient ou bien des mamies qui avaient glissé, étaient tombées à terre et ne parvenaient plus à se relever. Elles me gratifiaient alors d’un bisou sur la joue, en me remerciant et en me rappelant que mon papé était aussi bien serviable. Chez certaines, une petite lueur dans les yeux me permettait d’imaginer le genre de service qu’avait pu leur rendre le Toine, mais je ne leur ai jamais demandé. Sinon, de la viande saoule, des accidentées de la route ou de jeunes gamines blessées dans les rochers… des mômes de quatorze quinze ans pour qui j’étais un vieux croulant de plus de trente !

– Merde, alors ! Pas d’bol !

Pas d’bol ?! Tu déconnes ou quoi ?! J’ai pu faire ma vie avec les femmes que j’aime et qui s’aiment, j’ai pu la vivre entouré de mes amis les plus chers ! Pas d’bol ?! On est passé au travers des années SIDA sans qu’aucun d’entre nous ne soit contaminé et tu me dis que j’ai pas de bol ?!

Qu’aurais-je pu répondre à une telle tirade ?

Je reconnus immédiatement la crique, pas tant grâce aux descriptions qu’en faisait Monique, mais à cause d’une photo que m’avait montrée Mireille quelques heures auparavant. Une photo les représentant, entourant Rosalie, Nathalie, Valentino, Barjaco et Neuneuille peu avant le décès de ce dernier.

Il était trop tôt dans la matinée pour les promenades familiales des touristes et en ce printemps, le temps trop incertain pour les pique-niqueurs. Monique me désignait l’endroit exact de sa rencontre avec Marcel et Alain, quand retentit derrière nous l’éclat de rire de ce dernier « J’aurais dû le parier ! ». Il était en route vers le mas, quand il avait eu cette « prémonition ».

Alain me proposa de me montrer où et comment il vit Monique pour la première fois. Il s’installa à l’abri d’un buisson bien chétif et s’en plaignit sans grande conviction, m’invita à l’y rejoindre. Monique souriait, ravie de l’aubaine. Christian demanda à Jean-Luc de prendre sa place « à titre exceptionnel ». Jimmy se joignit à eux. Entourée de deux de ses meilleurs amis, je le regardais s’éloigner en contrebas.

Je n’aurais jamais pu imaginer que voir Jimmy avec une autre femme amplifierait à ce point mon désir et mon amour pour lui. Je sentais mon cœur battre à tout rompre dans mes oreilles, m’assourdissant à moitié. Je me tordais le cou à vouloir trouver le meilleur angle. Mes seins étaient lourds, mon sexe me brûlait, mes cuisses et mes fesses attendaient leurs caresses et je manquais singulièrement de mains pour les combler.

Christian et Alain l’avaient compris et s’étaient portés à mon secours. Je les avais repoussés « Non ! Après ! Attends ! » et j’avais davantage étiré mon cou.

– Ô, pute vierge ! Christian nous a trouvé son alter-égo ! Vé ! Elle est comme toi ! Mater lui suffit !

Christian me prit le menton pour m’obliger à le regarder dans les yeux. Il y cherchait une certaine lueur, qu’il trouva. Un large sourire illumina son visage buriné. Un petit nuage de prière inavouable traversa son regard. Je lui rendis son sourire et accédai à son vœu muet en ouvrant mon chemisier et le laissant admirer, il n’y a pas d’autre terme, ma poitrine dénudée.

Il me proposa de regarder à nouveau batifoler Jimmy, Monique et Jean-Luc en contrebas. Il se tint dans mon dos, malgré ma plainte « Je ne pourrais pas regarder ta queue, si l’envie m’en prenait ».

– Si tu regardes sur ta droite, celle d’Alain pourra te consoler

Je sentais son sexe durcir contre mes reins. Ses mains caressaient mes seins. Ses lèvres titillaient le lobe de mon oreille. Christian murmurait comme un mantra « Regarde ! Regarde comme ils sont beaux ! Regarde ! Regarde comme ils sont beaux ! ».

Je ne savais plus où donner du regard. À ma droite, le sexe d’Alain me fascinait, me faisait bouillir de désir. Au loin, plus bas, Jimmy prenait Monique adossée à un rocher, quand il me vit, il me fit un signe de la main auquel je répondis. Jean-Luc, pour changer, offrait à sa queue les plaisirs de la bouche de Monique. Mais j’avais beaucoup de mal à détacher mon regard de Jimmy, de son corps, je cherchais à apercevoir son sexe aller et venir, j’attendais qu’un rayon de soleil fasse étinceler sa peau brillante de plaisir.

Je me cambrai davantage pour répondre aux frottements de Christian, qui avait changé de mantra « Oh, tes seins, tes seins, tes seins ! ». Sans détacher mon regard de Jimmy, qui était sorti de Monique et permutait de place avec Jean-Luc, je suppliai Christian.

– Oh, tes mains, tes mains, tes mains ! Tu voudrais bien faire l’amour à mes seins avec tes mains ? Je suis sûre qu’elles pourraient me faire jouir.

Christian, dans mon dos, grogna de plaisir et entreprit d’exaucer mon vœu.

Quand je vis Jimmy, au comble du bonheur, fermer les yeux, porter ses mains à ses cheveux, je pris une main de Christian et une d’Alain, les guidai sur mon sexe, par-dessus le tissu de ma jupe. De son autre main, Christian caressait mes seins comme s’il suivait un parcours rituel. Je sentais les mouvements d’Alain se branlant, rien qu’aux tressautements de la main qui me caressait.

Je criai bien plus fort que je ne l’aurais cru, bien plus fort que je ne l’aurais dû. Jean-Luc, Monique et Jimmy se figèrent, me regardèrent surpris.

Je murmurai « Encore, encore ! », mais l’épaisseur du tissu qui m’avait été si agréable s’était transformée en barrière qui m’interdisait d’éprouver tout le plaisir dont j’avais envie. Un regard sur ma droite. Des sourires. Un « Christian, n’arrête pas ! » Les mains d’Alain sous ma jupe, à la recherche d’une culotte à ôter. Culotte aussitôt tendue à Christian bandant plus fort. Alain sous ma jupe. Mes lèvres écartées par ses doigts. Sa bouche. Sa langue. Les mains fébriles de Christian. « Relève ta jupe, que je puisse le voir te sucer ! ».

Le tissu froissé de ma jupe dans mes mains. Le visage de Christian penché vers celui de son ami. Mes seins jouissant des mains de Christian. Mes yeux fermés. La certitude d’être observée. Le désir de voir leur regard.

Mes yeux dans ceux de Jimmy. Une évidence. Nos regards vers Monique. Bel échange de sourires. Jimmy debout face à moi. Monique agenouillée devant lui. Moi debout, Alain à genoux devant moi. La langue d’Alain. Mes yeux dans ceux de Jimmy. La bouche gourmande de Monique. Le sexe à demi flapi de Jimmy.Ses yeux dans les miens. Les mains de Christian sur mes seins.Les yeux de Jimmy sur les mains de Christian. La langue de Jimmy affûtant ses dents. La langue d’Alain. Le sexe dur de Christian dans mon dos. Le sexe à nouveau dur de Jimmy. La langue de Monique. Les mains de Christian. Le souffle court de Jean-Luc. La main de Jimmy prenant la mienne. Les mains de Christian. La langue d’Alain. La bouche de Monique. Les yeux de Jimmy dans les miens. Notre premier orgasme simultané dans son pays. Les souvenirs me reviennent par flashs, comme un diaporama.

Alain nous proposa d’aller dans la maison de la rue Basse, la leur étant encore occupée par les gamins, qui devaient se préparer avant d’aller au mas pour d’ultimes répétitions. En chemin, Alain me désigna une petite maison en contrebas « C’était là que vivait Valentino ». Je demandai ce qu’il en était advenu à sa mort. Jimmy serra sa main sur ma cuisse. Nous étions à l’arrière de la voiture d’Alain, Monique, Christian et Jean-Luc ayant pris l’autre auto.

– Le p’tit puceau l’avait acheté en viager

– « Le p’tit puceau » ?! Le Balafré ? C’est comme ça que… ô, pute borgne ! Faut mettre ça à l’ordre du jour ! Le p’tit puceau… elle est bien bonne, celle-là !

– Non ! Je t’en prie, Alain… si tu savais comme j’ai honte d’avoir cru si longtemps qu’il… Demande-moi ce que tu veux, mais… par pitié…

Les pneus ont crissé, la voiture a un peu dérapé quand Alain a freiné sur le gravier. L’autre auto s’est arrêtée.

Alain m’entraînait sur le sentier qui mène à la maisonnette quand j’entendis Jimmy dire à ses amis, d’un ton faussement las « Elle a dit à Alain qu’il pouvait lui demander ce qu’il voulait… ». Je ne sais pas qu’elle fut leur réponse, ni même s’il y en eut une.

Dans la maison de Valentino

Odette&Jimmy – « Il en faut peu pour être heureux »

Pour écouter la version française, cliquez sur ce lien. En cliquant sur la vignette « La playlist à Dédette » sur la droite vous y trouverez en outre la version américaine enregistrée par Louis Amstrong.

J’ai ouvert les yeux vers cinq heures du matin. Je regardai le plafond sans le reconnaître. Je tournai mon regard vers la fenêtre et réalisai enfin où je me trouvais. À la même vitesse que je glissais du sommeil vers l’éveil, mon corps se rappela à moi. Je souris et sentis la main de Jimmy se poser sur ma hanche. Il dormait encore. Son visage et son corps étaient plongés dans l’obscurité, aussi je pouvais imaginer son sourire exactement comme je le souhaitais.

Jimmy poussa un soupir comme un grognement et colla son corps contre le mien. J’avais franchi un pas, peut-être le plus important, le premier, avec une aisance qui me surprenait encore. Celui qui m’attendait m’effrayait un peu, allais-je retrouver l’évidence de la veille ?

Je ressentis une envie pressante. Pour aller aux toilettes, je devais traverser la cour. Le jour n’était pas levé, personne ne pourrait me voir. J’enfilai à la hâte le peignoir de Jimmy. Les souvenirs m’assaillirent par bouffées et m’étourdirent. Je souris en sortant de la chambre.

Avant de rejoindre Jimmy, j’entrouvris la porte de la salle de spectacles afin d’y jeter un rapide coup d’œil.

– Tu n’arrives plus à dormir ?

Je sursautai en reconnaissant la voix de Mireille.

– J’avais besoin d’aller aux toilettes et avant de rejoindre Jimmy, je jetais un coup d’œil…

– Pourquoi n’es-tu pas allée dans celles attenantes à votre chambre ?

– Parce que j’ignorais leur existence !

Mireille me rejoignit dans mon éclat de rire.

– Le souci avec les confrères et les consœurs, c’est qu’ils ne prêtent aucune attention aux contingences matérielles ! Tu veux que je te fasse visiter le mas tant qu’ils dorment encore ?

– Volontiers !

– Reste sur tes gardes, Marcel est matinal et il est équipé d’un radar à belles femmes !

J’ai beaucoup aimé la délicatesse de Mireille, elle me fit découvrir les lieux, les mille et une cachettes et recoins conçus pour ce qu’elle appelle « les pauses tendresse ». Nous revînmes à notre point de départ. Mireille me fit découvrir la scène, les coulisses, la « loge des artistes » ainsi que la salle proprement dite. Les mots pour exprimer mes craintes me vinrent aisément. Mireille les comprit et me rassura en me racontant sa première rencontre avec les membres de la Confrérie et poursuivit,

– J’ai tout de suite compris qu’inventer des saynètes me permettrait de réaliser certains fantasmes, dont celui de l’exhibition. Parce que ce n’est pas Mireille Fabre qui est sur scène, c’est Madame et crois-moi, la différence est essentielle, la saisis-tu ?

– Je crois

– Attends !

Mireille alla dans les coulisses et revint, quelques feuillets dactylographiés à la main. Elle s’assit à mes côtés et lut par-dessus mon épaule les saynètes qu’elle avait inventées, jouées. En les lisant, je sentais me monter le feu aux joues. Je jetai un regard en biais sur ma gauche et constatai que Mireille était elle aussi toute rouge. Elle me sourit comme une gamine faisant lire son journal intime, plein de remarques insolentes, à une autre gamine avec la certitude que ses secrets seraient bien gardés.

– Tu crois que Mireille Fabre pourrait faire de telles choses, en public, qui plus est ? Non, bien sûr que non ! Alors que Madame est tout à fait à l’aise pour endosser ces rôles !

– La scène que vont nous jouer les gamins ce soir, sera du même topo ?

– Oui. Normalement ça aurait dû être une surprise, pourtant… je crains de savoir laquelle ils vont nous interpréter…

– Pourquoi ? Comment ?

– Parce qu’il en manquait une sur les rayonnages où elles sont rangées. Ça m’ennuie un peu de gâcher l’effet de surprise.

– Garde le silence jusqu’à la représentation, il sera toujours temps de me dire après si tu avais bien deviné.

Mireille me fit un gros bisou sur la joue et m’invita à la suivre dans les coulisses, où elle rangea soigneusement les feuillets. Elle me montrait la scène et les marques au sol « Comme ça, on perd moins de temps entre deux tableaux » quand retentit la voix de Marcel. « Où tu te caches, capoune ? » puis, m’apercevant « Fatché ! Elle a pas fait rappliquer sa sœur jumelle ! » ce qui nous fit pouffer.

– La pauvre ! Elle errait comme une âme en peine à la recherche des commodités, je ne pouvais pas rester sans rien faire ! La pauvre, Jimmy ne lui avait pas dit que leur chambre en est pourvue !

– Je te reconnais bien là, toujours prête à porter secours à une âme en détresse ! Hep ! Pas de messe basse sans curé ! Qu’est-ce qu’elle t’a dit de si drôle ?

– Que j’avais raison…

– Boudiou ! Que tu avais raison de quoi ? Tu vas me le dire ou me laisser dans l’ignorance jusqu’à que je sèche sur pied ?

– Si nous te dévoilions tous nos petits secrets, nous perdrions tout intérêt à tes yeux, mon Bavard adoré !

J’avais l’impression d’être au spectacle, Mireille et moi sur la scène, Marcel à la fenêtre, les bras croisés sur le rebord. Je tombai immédiatement sous le charme de leur relation, de leur complicité.

– Tu lui as espliqué pour le café ?

Madame rougit violemment.

– Non, mais puisque tu es là, autant le lui montrer !

Marcel éclata de rire et s’éloigna en se frottant les mains « Boudiou ! Comme je vais l’aimer cette journée ! ». Mireille m’entraîna dans la cuisine en chantonnant « Il lui en faut peu pour être heureux ! ».

Marcel s’affairait en cuisine. Il se tourna vers moi, son regard approbateur me déshabilla plus que je ne l’étais déjà.

– Café pour toi aussi ?

– Plutôt un thé

Comme s’il relevait une évidence, Marcel fit une réflexion sur les Parisiennes.

– C’est quoi ces généralités ?

– Qué « généralités » ? Je constate et pis c’est tout ! Je connais trois Parisiennes et les trois boivent du thé. C’est tout !

– Aahh… je comprends mieux ! J’ai fait aussi ce genre de constatation… par exemple, tous les paysans provençaux que je connais sont des amants exceptionnels, ils savent tous comment s’y prendre avec les femmes, mais ils sont tous tellement bavards qu’on ne se méfie pas d’eux. T’as raison, ça doit être lié.

– Et tu en connais combien de paysans provençaux ?

– Un seul, mais ça m’a suffi pour forger ma conviction !

– Boudiou ! Comme j’aime ton insolence !

Je n’avais pas remarqué qu’il avait mis de l’eau à chauffer. Il me demanda de choisir le thé et me le prépara tandis que Mireille coupait de larges tranches de pain.

La table du petit-déjeuner dressée, j’allai pour m’asseoir aux côtés de Mireille quand Marcel leva son index « Non ! » et l’abaissa en direction du banc d’en face « Observe et mémorise ! ». Mireille haussa les épaules, fataliste.

– Que veux-tu, c’est la tradition

– Je dirais même mieux, la tradition traditionnelle !

Leurs airs de faux-culs absolus me comblaient d’aise. Mireille se servit un grand bol de café, le sucra, le touilla, en prit une cuillerée qu’elle porta à sa bouche, fit la grimace, marmonna « trop chaud » avant de le repousser vers le centre de la table et de plonger vers les cuisses de Marcel, impavide, qui touillait son propre café, le regard dans le vide.

Mireille me demanda de me pencher pour l’observer. Je m’exécutai. Elle me fit un clin d’œil et du pouce m’incita à me redresser et de l’index me conseilla de bien regarder. Un échange de sourires pour lui confirmer que j’avais bien compris. Oui, j’observerai la réaction de Marcel quand elle commencerait à le sucer et oui, je me pencherai à nouveau pour la regarder procéder.

Marcel, dans un premier temps surpris de me voir resurgir de sous la table, comprit immédiatement de quoi il en retournait. Il me sourit en levant les yeux au ciel. Je remarquai qu’il avait posé une soucoupe sur le bol de Mireille, son café serait chaud plus longtemps. Marcel me fit un clin d’œil complice en levant le pouce de la victoire.

Nous parlions de tout et de rien, Mireille prenait son temps, le ton de Marcel se faisait plus impatient, mais je notai son sourire amusé « Ainsi tu as fait le choix de ne pas f… Boudiou ! Que c’est bon ! ». Il avait sursauté, laissant échapper sa cuillère qui tomba dans le bol de café, éclaboussant la table et le menton de Marcel, aux anges.

Je me penchai pour observer Mireille et constatai le plaisir qu’elle prenait à le lécher, des gonades jusqu’au gland, d’une langue gourmande. Elle me regarda en écarquillant les yeux et en ouvrant une bouche en cœur, comme les pin-up ingénues d’Elvgren. Son index tendu me désignait le gland de Marcel. Quand elle fut certaine que j’avais compris, sa bouche ingénue avala tout en douceur le gland qu’elle convoitait, avala un peu plus encore, puis encore un peu plus, davantage encore. Je me demandai jusqu’où elle engouffrerait ce sexe massif, quand elle fit marche arrière et que Mireille asséna une pichenette savante sur les couilles de Marcel qui, loin de s’en plaindre, en grogna d’aise.

Je l’admirai effectuer ainsi plusieurs va-et-vient gourmands quand j’entendis Marcel évoquer un historien espécialiste des traditions et de leur respect. Son interlocuteur s’assit à mes côtés et je n’eus pas besoin de me redresser pour savoir de quel espécialiste il était question et combien il lui importait que les traditions fussent respectées.

J’avais dix-sept ans quand il a fait naître en moi ce déclencheur magique, cette caresse du bout des ongles le long de ma nuque, ses doigts qui se crispent à la naissance de mes cheveux, les plus fins, les plus sensibles, ses doigts qui se relâchent aussitôt pour reposer calmement sur mon occiput. Cette caresse sensuelle m’ensorcelle, il peut faire de moi ce qu’il désire quand il me la prodigue. Il le sait depuis notre réveillon en Australie.

J’entrepris de le sucer, non pas comme Mireille suçait Marcel, mais comme je le fais lors de nos déplacements en avion. Ses mains se crispèrent sur mes tempes.

– T’as raison… outch ! Les traditions… !

Je le suçais avec délectation, faisant de ma langue un boa constrictor s’enroulant autour de son membre devenu séquoia. Pour une fois, la salive me faisait défaut. Je me redressai pour boire une gorgée de thé. Mireille fit de même, laissant Marcel dans le même état que je laissai Jimmy.

Nous discutions, j’aimais les caresses de Jimmy sur ma cuisse qui m’obligeaient à les écarter. J’aimais savoir mon sexe offert à la vue de quiconque regarderait sous la table. Un sursaut me projeta en avant quand les doigts de Jimmy écartèrent mes lèvres et que son majeur explora ma vulve. J’avais du mal à garder un ton neutre. Mireille y parvenait parfaitement, pourtant son corps et son visage cramoisis, les contractions régulières du biceps de Marcel ne laissaient aucune place au moindre doute. Je lui fis part de mon admiration. Elle sourit.

– Et encore, tu l’as pas entendue quand on l’encule ! Fatché ! On dirait pas à l’entendre, et pourtant, on peut dire qu’elle aime ça !

Marcel !

– Quoi « Marcel ! » ? C’est vrai ou c’est pas vrai que t’aimes ça ?

– Toi et ta manie d’exagérer… quand on m’encule ma voix est nettement moins assurée ! Odette, laissons les hommes dire leurs bêtises, nous avons mieux à faire !

En disant ces mots, Mireille plongea sous la table. Je l’imitai. Je ne sais plus combien de temps s’est écoulé avant que j’entende la porte s’ouvrir et d’autres convives venir prendre leur petit-déjeuner. Monique se mit carrément à genoux pour nous rejoindre sous la table. Elle fit la bise à Mireille. Un petit coup de langue sur les couilles de Marcel, qui lâcha un juron. Elle me fit la bise et me demanda d’un regard l’autorisation de saluer Jimmy. Autorisation que je lui accordai. Elle m’indiqua d’un geste ce qu’elle attendait de moi. J’opinai. Sa langue remonta, tel un liseron enchanté, des bourses jusqu’au gland tandis que la mienne faisait le mouvement inverse. Je ne sais pas laquelle de nous deux a été qualifiée de diablesse par Jimmy, sans doute fallait-il l’entendre au pluriel.

J’entendis des bruits de vaisselle, celui des bols qu’on pose sur la table. Les hommes s’installaient sur le banc, je compris mieux les allusions de Marcel et de Jimmy à propos des avantages du mobilier de ferme, de ces grandes tables qu’on installait dans les cours pour un repas convivial avec les ouvriers agricoles à la fin des récoltes, des vendanges.

Sans nous être concertées, Sylvie, Mireille et moi rejoignîmes Monique sous la table. Je m’étonnai de la souplesse de nos articulations. Nous taquinâmes les sexes que nos hommes offraient à nos bouches. Je reconnus celui de Christian et pris le temps de l’observer sous toutes ses coutures. Je voyais les tressautements de sa jambe qui marquaient son impatience. Je déposai un baiser sur la hampe avant de le sucer. Sa main se posa sur mes cheveux et j’entendis son soupir. Signifiait-il qu’il était satisfait de ce que je lui faisais ou qu’il l’était d’avoir la confirmation de qui le lui faisait ?

J’abandonnai ce sexe délicieux pour me retourner et me trouver face à celui qui était paré d’une marque brune. Comme je l’avais fait avec Christian, je pris tout mon temps pour observer cette queue magnifique. Je crois que jusqu’à mon dernier souffle, je serai béate d’admiration devant la beauté d’un phallus, qu’il soit au garde-à-vous ou au repos. Jean-Luc sursauta quand je manipulai sa bite.

– T’inquiète, Dédette, celle de ton frère, elle est toute noire, tu pourras pas te tromper !

– T’es vraiment le roi des cons, Jean-Luc !

– Te tracasse pas, sœurette, c’est le propre des petits puceaux !

J’ai mis un peu de temps à comprendre pourquoi il me fallait interrompre mes pipes peu après les avoir débutées. Je crus tout d’abord que Monique était impatiente de saluer ainsi tous ses confrères, mais il n’en était rien. Quand nous eûmes fait le tour des convives, Sylvie râla « Et voici venu le moment où l’on regrette sa jeunesse perdue ! ». Je ne sais pas comment nos hommes ont pu nous trouver aussi désirables après nous avoir vues nous extirper à grand peine de sous la table.

Je n’oublierai jamais le plaisir indicible et joyeux de me savoir ainsi scrutée sans avoir la certitude de qui le faisait. Je sentais le souffle d’hommes sur mes cuisses, entre elles. J’entendais de vagues échos de commentaires élogieux. De temps à autre, un doigt timide découvrait la douceur de mes replis, leur chaleur moite. Certains doigts, plus audacieux, écartaient mes lèvres, plongeaient dans mon vagin, semblaient vouloir le visiter avant le coup de langue libérateur.

– T’es avec nous, Dédette ?

Toute à mes sensations, j’en avais oublié la discussion que nous avions entamée dès que nos fesses s’étaient posées sur les bancs. Monique se pencha. « J’ai proposé à Odette de lui faire découvrir la crique avec Christian et le Balafré. Vous en pensez quoi ? »

Je jouis d’une bouche inconnue avant d’entendre la réponse enjouée de Jean-Luc. Après m’avoir léchée, sucée, aspirée, la bouche se décolla de ma vulve. Christian affirma qu’il en serait enchanté.

Avant d’échanger une nouvelle fois nos places, Jimmy me prit dans ses bras. « Tu accepterais que je vous y accompagne ? ». J’étais si troublée que je ne pensai pas à plaisanter en répondant non.

Il était dix heures passées quand nous nous mîmes en route.

Hé hé, la crique est de retour !