Chroniques matrimoniales – Aparté

J’avais laissé mes partenaires pour m’isoler et parler un peu avec le Bavard. Ça faisait quelque temps que je voulais le faire, mais l’occasion ne s’était jamais présentée et quand bien même, comment aborder le sujet ? À quel moment ? Sur quel ton ? Celui de la rigolade ? Le fait qu’il ait vu mon ectoplasme m’insuffla le courage nécessaire. Le Notaire et Madame ayant libéré leur poste d’observation pour se joindre à notre petite orgie, je saisis l’opportunité de m’isoler avec lui et l’invitai à me suivre.

Troublée de tout ceci et aussi parce que je n’étais pas familière de cette grande maison, j’ouvris la mauvaise porte et surpris Nathalie et son invité, Rosalie et Valentino. Je la refermai aussitôt en m’excusant. Je sais que mes yeux ont vu leur quatre corps nus, mais j’ai mémorisé l’image de leur corps à l’époque des photos que nous avions regardées l’avant-veille… Le Bavard avait voulu jeter un oeil par-dessus mon épaule, mais n’en avait pas eu le temps.

J’entrai dans l’autre chambre, ouvris la bouche pour entamer la conversation, mais aucun mot ne me venait à l’esprit.

Ho, capoune ! T’as perdu la parole ? Qu’est-ce que tu avais de si important à me dire ? Hou… fan ! Regarde-moi ça… ils lui font pas un coup de « mes hommages, Madame »… !

Le Bavard regardait par l’oeilleton et m’invita à reluquer aussi. J’étais folle de ces « Mes hommages, Madame ! » et je bouillais de désir en regardant la femme du Notaire les découvrir. Allongée sur le banc, offerte, les cuisses écartées, les petites lèvres maintenues ouvertes par son époux, elle gémissait de plaisir quand, chacun des hommes la prenait… un aller-retour… « Mes hommages, Madame ! » et laissait place au suivant… Cathy était après Alain et avant Christian. Son tour venu, elle s’agenouilla, la lécha de sa langue experte « Bienvenue parmi nous ! » avant de céder sa place à Christian.

Le deuxième tour débuta… mêmes partenaires… dans le même ordre… deux allers-retours… « Mes hommages, Madame ! »

Jacques Le NantecCombien de tours seraient nécessaires avant le premier orgasme qui sifflerait la fin de la partie ? Mes yeux glissèrent le long du corps du Bavard… Je le regardai, le trouvant follement excitant… N’interrompant pas sa branlette, le Bavard me reposa la question. Je regardai à nouveau par le judas. Il se mit derrière moi… ses doigts me fouillaient… avides comme s’ils n’avaient pas caressé une femme depuis des lustres… son gland battait la mesure dans mon dos.

Je crois que ton grand-père…

… est dans l’autre pièce ? Merci du renseignement ! Je le savais déjà !

Quoi ? ! C’est Barjaco l’invité de Nathalie ? !

– Peuchère, oui ! Tu ne le savais pas ?

Il ne cessa pas ses caresses pour autant, au contraire, il me toucha ainsi tout au long de notre échange.

Tu le sais depuis quand… pour les… grands-parents ?

Depuis notre première fois… ouh… tu mouilles, ma Nine ! Ça t’excite tant que ça ?

C’est toi qui m’excites… pourquoi… ho !… pourquoi j’aime tes grosses mains ? Ta langue baveuse ? Pourquoi c’est si facile de jouir avec toi ? Tu le savais déjà à la crique ?

Non… J’adore te faire jouir… c’est comme si j’avais toujours eu le mode d’emploi… Quand je suis rentré à la ferme, j’ai trouvé le papé… il m’a demandé si j’avais l’insolation… pourquoi que j’avais un drôle d’air… Oooh tu aimes aussi avec le petit doigt qui titille ta rondelle… ô, pute borgne, quelle bonne salope tu me fais là ! Et c’est un compliment !

– Je sais… n’arrête pas… même ta moustache de beauf  m’excite quand elle… frotte comme ça… sur mon épaule… j’aime bien être ta petite salope de parigote, tu sais… oohh… oui… c’est quoi… cette… hist… insolation… ? Oh… c’que c’est bon… !

Tu m’avais fait le coup de la petite fée… je crois que personne ne la voit à part moi… je pensais à ça… et puis à… quand je t’ai palpée… quand je t’ai prise… quand tu m’as sucé… OUI ! Crie comme ça… comme un oisillon tombé du nid… quand on a fait tout ça… c’était comme si c’était pas la première fois… comme si je retrouvais ton corps… Je lui ai raconté pour toi… j’étais déboussolé parce que sinon… il ne savait pas pour Cathy, pour les autres… pour le château… pour la crique… la camionnette à Paulo… non rien du tout…OUI ! Cambre-toi, ma pouliche ! J’ai dit que j’étais à la crique avec Alain… qu’on se promenait… et qu’on avait vu Christian et une vacancière se faire… du bien… que tu avais repéré Alain et que tu nous avais proposé de te baiser devant Christian… tu te rappelles ? Je t’avais fait bien jouir, hé ?

Oh oui ! Comme à chaque fois ! C’que tu m’baises bien… chuuu… arrête ! Je veux attendre que tu m’encules pour jouir… mais d’abord… finis ton histoire…

Je lui ai dit pour la sensation de… déjà-vu… et aussi pour le truc qui volait devant moi… qui me regardait… là, le papé a tourné la tête et m’a fait signe de sortir avec lui… quand on était hors de portée de voix, il m’a demandé comment tu t’appelais, j’ai dit « Monique »… oohh… Monique… laisse-moi au moins caresser tes petits nichons… et ton ventre… Oh ! Tu sens comme je suis le montreur de marionnette et que je te fais danser sous mes doigts… ? Alors, il m’a dit « Baise-la tant que tu veux, mais surtout respecte-la ! Et la règle absolue c’est « Motus et bouche cousue » ! Si tu la croises ailleurs, dis-toi qu’il ne s’est jamais rien passé entre vous ! Si j’apprends que tu lui as manqué de respect, rien qu’une fois, gare à toi ! Sa grand-mère est une femme admirable, son mari avait fait la Grande Guerre, tout comme moi… Si tu lui fais du mal, si tu lui manques de respect… rien qu’une fois… ma parole, je te tue ! » Après, il ma demandé à quoi… un peu le minou… ! s’il te plaît, Monique… un peu le min… rhâââ… putain, quand tu mouilles comme ça, j’ai envie d’y mettre le poing… !

Quand tu… me… fais mouiller… comme ça… j’ai envie de… que… tu le mettes… tant pis… c’est trop bon… mets-y les doigts ! Je veux jouir sur tes d…… aaahhh… !

Bon ! Je la continue mon histoire ? Si tu m’interromps tout le temps, je suis pas près de t’enculer, Princesse ! Il voulait savoir à quoi tu ressemblais… j’ai dit pas petite, mais pas grande non plus… blonde… les yeux bleus… des petits seins comme des oeufs sur le plat… un petit con bien accueillant… de longues jambes… un petit cul pommé… une belle bouche gourmande… et que je lui reparle du truc qui voletait devant moi… et là, il me demande pas « et en bas… c’est une vraie blonde ? » estomaqué, je lui réponds que oui et là… il joint ses mains comme pour la prière, il regarde le ciel « Elle a le bouton d’or ! » Je lui demande de quoi qu’il cause et il me dit « C’est comme ça qu’on appelait Rosalie, la grand-mère de Monique » et il m’a raconté quelques souvenirs… Voilà. L’histoire est finie. Installe-toi à ton aise que je t’encule con-for-ta-ble-ment !

Et pourquoi tu m’en as jamais parlé ?

Té ! Tu vas me faire le coup des trois messes de Noël ? J’aurai droit à ton petit cul qu’à la fin ? On avait dit une histoire pas plusieurs ! Ou alors… tu me suces pendant que je t’explique… hou… je suis sûr que quand tu rentres au Paradis… c’est moins agréable que dans ta bouche… boudiou ! on sent que tu aimes ça… hein.. tu aimes sucer les grosses pines… Regarde-moi… Suce-moi… Écoute-moi… et va en paix, ma fille !

T’es bourré ou quoi ?

Chuuuut… n’arrête pas de me sucer… regarde-moi, jolie Monique… Comment je pouvais savoir que tu savais pour ta grand-mère ? Si vous saviez pour la Nathalie ? Tu imagines ? Je te parle de l’amicale des anciens combattants et toi… tu m’entends dire que ta mamé… elle s’envoyait en l’air avec mon papé… que la grand-mère à Christian faisait pareil ! Qu’elles se gouinaient comme tu te gouines avec Catherine… tu imagines ? Si je te dis tout ça et que tu ne le savais pas avant ? Je vais vous faire de la peine à vous tous ! Et puis, vous me croiriez pas ! Et puis… vous m’en auriez vou… Ho Monique ! Ne me fais pas venir les larmes ! Put… de toute ma vie… on m’a jamais regardé comme ça !

Nous sommes restés un long moment, les yeux dans les yeux, sa grosse queue dans ma bouche, ses mains trapues dans mes cheveux.

Espincho… où qu’ils en sont à côté ?

Je retournai à l’oeilleton.

Toujours aux hommages… Attends ! Elle va jouir, on dirait… Oh ! Comme tu vas aimer la faire jouir ! Elle est belle comme tout !

Elle jouit de qui ?

Du Siffleur…

Viens ! On y va !

Mais… tu ne voulais pas m’enculer ?

Pour ça… on a toute la vie devant nous ! Et l’autre… la Madame, si elle revient pas… ça va me coller de l’aigreur de n’avoir pas profité de l’occasion…

J’admire ton pragmatisme, mon cher !

C’est en riant que nous fîmes notre retour dans la bibliothèque. La leçon de sexe oral avait débuté.

Tu tombes bien, Monique ! Veux-tu montrer à Madame comment tu sucerais la queue de son mari ?

Avec plaisir, mon chéri ! Et toi, mon cher époux, veux-tu bien expliquer à Madame comment tu aimes être sucé ?

La femme du Notaire avait le regard perdu et soulagé du voyageur trouvant enfin un lieu sûr pour passer la nuit… pour faire une halte… Je me fis très vicieuse, très gourmande, très lubrique… mes yeux allaient de la queue du Notaire à la bouche de sa femme… qui s’y prenait assez mal… plus par timidité que par inexpérience… Je lui proposai de sucer Christian en se laissant guider par les sensations qu’elle ressentirait en se faisant elle-même lécher par… je regardai un à un nos partenaires et lui désignai le Bavard. Elle eut un hoquet de surprise, mais accepta…

C’est plus facile ainsi ?

La femme du Notaire ferma les yeux pour acquiescer… elle mit du temps avant de pouvoir les rouvrir… je l’entendais gémir, la bouche pleine de la queue de Christian, j’entendais aussi ses succions baveuses. Le sexe du Notaire vibrait dans ma bouche… J’écartai mes cuisses, offrant ma chatte à la bouche d’Alain… l’idée de titiller la jalousie de Madame m’excitait terriblement… Je suçais son mari pendant que je me faisais brouter le minou par l’étalon qui l’avait culbutée dans la réserve de la salle des fêtes… cet étalon auquel elle pensait chaque fois qu’elle se caressait… combien de fois par jour ? Matin, midi et soir ? Cet étalon qui était enfin à ses côtés et qui s’envoyait en l’air avec une autre….

J’ondulai plus que d’ordinaire, mais il faut dire qu’Alain s’en donnait à coeur joie ! Il aurait eu mille langues qu’il ne m’aurait pas mieux léchée… sucée… Je sentis le Notaire sur le point d’exploser… j’allais demander à Alain d’arrêter quelques instants, mais je n’en eus pas le temps… « Ô pute vierge ! Ô pute vierge ! J’y tiens plus ! » Il me pénétra, cette fois-ci de tout son long… Il fit quelques va-et-vient… sortit de mon vagin et fit admirer son membre« tout luisant de la mouille à Monique » à Madame le Notaire, qui rougit violemment….

Je vis ses cuisses se resserrer autour du crâne du Bavard« Pardon ! » « Y’a pas d’mal ! » étouffés comme quand on parle la bouche pleine ou la tête fourrée dans un oreiller… Alain me reprit… je ne l’avais pas vu souvent aussi félin… aussi sauvage… aussi rusé… aussi habile… Le Notaire explosa dans ma bouche… d’un geste de la main, je lui intimai l’ordre de rester, de se laisser aller aux légères caresses de ma langue…

Il fit remarquer à son épouse que je ne recrachais pas tout dans un mouchoir, comme elle le faisait… Elle interrompit ses baisers pour me demander ce que j’en faisais… taquine, je lui tirai la langue… je m’étais doutée qu’elle me poserait cette question… j’articulais péniblement « C’est bon ! Mmmm ! Tu veux goûter ? » et sans attendre sa réponse, je me penchai vers elle et lui roulai une pelle… Je sentis son corps bouillir de désir, d’envies, de rêves qui ne demandaient qu’à se réaliser…. Alain allait et venait… de plus en plus vite… de plus en plus fort… de plus en plus ample… J’avais abandonné la bouche de Madame pour m’occuper à nouveau de la queue de son époux.

C’est bon… oh… Alain… c’est bon… Alain… Alain…

Plus je gémissais son prénom la bouche pleine, plus le Notaire bandait dur… Christian demanda à Madame de me caresser le bouton… elle hésita… Alain lui prit la main et la posa sur ma toison… quand il vit les doigts aux ongles vernis se ficher entre mes poils, descendre jusqu’au clito, caressant au passage sa queue équine, Alain s’exclama « Ô, pute vierge ! Ô, pute vierge ! Ouvre ta bouche… ô, pute vierge… je viens ! Je viens ! Ouvre ta bouche… Je vais te faire aimer ça… le foutre ! Et vous autres aussi, mesdames ! Tournée générale ! »

Nous étions toutes les trois comme des oisillons attendant la béquée… Alain jouit dans nos bouches… Cathy et moi avons enjoint Madame à déguster le sperme… à ne pas en être écoeurée, mais au contraire à le recevoir comme une offrande…

La soirée se poursuivit… élégante et tourbillonnante comme le grand bal de la nouvelle année à Vienne… Nous ignorions si Madame participerait à d’autres partouzes, aussi nous voulions, si cette expérience devait être unique, qu’elle en garde un souvenir impérissable, un merveilleux souvenir. Nous lui avons donc offert le meilleur de nous-mêmes…

Avant de nous séparer, nous leur avons expliqué les raisons de cette soirée, en omettant, toutefois, d’évoquer nos spectateurs. Nous avons parlé des déménagements à venir, des projets de Catherine, de mon « mariage » avec le Balafré. Nous avons expliqué notre « code secret » au Notaire et à sa femme… celui qui nous permet de nous retrouver en toute discrétion, sans trace écrite, sans coup de téléphone… Le Notaire fit semblant d’être surpris, de l’apprendre…

Nous les avions conviés à venir partouzer avec nous s’ils en avaient l’envie. Feignant de me désintéresser de son mari, je précisai à Madame que si l’envie lui prenait de venir seule, elle serait la bienvenue. Je dis ces mots en lorgnant vers son triangle châtain. Je glissai deux doigts entre ses cuisses. « Il reste tant de trésors à découvrir… ! » Son trouble m’excitait… Quand elle fut rhabillée, alors qu’elle m’avait fait la bise et embrassait le Balafré pour prendre congé, je la regardai en humant, en léchant ces deux doigts. Christian me traita ensuite de diablesse, ce que je pris comme un compliment.

Quand nous ne fûmes que tous les sept, Christian expliqua pourquoi nous avions eu des spectateurs depuis le début de la soirée. À ce moment, il ignorait encore que l’invité de sa grand-mère était le grand-père de l’homme qui était en train de sodomiser son épouse.

Dis, Cathy… Boudiou, Monique… ! Ton cul… ! Vé comme ma pine s’y sent bien… ! Ho Christian… ta Monique… boudiou ! Je me la fourrerais bien tous les jours… ! Dis, Cathy… combien de temps il nous reste pour pouvoir te baiser ?

Tu veux savoir quand j’arrête la pilule ?

Par exemple… oui ! Monique… cambre-toi ! Écarte tes fesses… !

J’en suis au milieu de la plaquette… après… basta ! Mais… vous pourrez toujours me prendre le cul et la bouche ! Je rentre pas dans les ordres non plus !

Et tes nichons ?

Et mes nichons aussi !

– Et quand tu seras pleine ? Tu feras ceinture ?

Bah non ! Pourquoi je me priverais ?

En effet, à l’instar de Nathalie, quand Cathy fut enceinte, sa libido décupla, ce que nous n’aurions jamais cru possible !

L’amour, ce fruit défendu vous est donc inconnu ?

 

 

Chroniques matrimoniales – De surprise en surprise

J’avais lu le récit que Bonne-Maman m’avait fait des événe­ments qui permirent à Valentino de prendre une nouvelle identi­té depuis une semaine environ, quand Catherine me pro­posa d’inviter Rosalie au grand repas qu’elle voulait offrir « à la famille », j’étais très touchée qu’elle nous considérât comme en faisant partie, elle y convia également le Balafré.

Nathalie insista pour qu’il eût lieu chez elle. « Ma maison est trop grande, j’y suis presque toujours seule, tu sais, elle est devenue la nôtre à la mort du père de Toine et il s’en est passé de belles, crois-moi ! » Catherine accepta de bon cœur, parce qu’elle voyait en Nathalie la femme qu’elle était et aussi pour rendre hommage à son Toinou.

Pendant le repas, elle annonça son vœu d’avoir un enfant d’Alain et un autre de Christian. Elle pleura à chaudes larmes quand Nathalie se leva, l’embrassa en la remerciant de lui assu­rer sa postérité. Catherine sursauta après quelques minutes, le temps de réaliser la signification des mots de Nathalie. Perdait-elle la tête ?

Mais… je ne suis pas… ta… c’est Monique, la femme de Christian !

Je le sais bien, peuchère ! J’ai pas tourné fada ! Mais (elle leva un doigt à chacun de ses arguments) tu en auras un de Christian, qui est mon petit-fils… et si j’en crois que ce tu m’as dit, Alain ressemble à mon Toinou… et… té… pour moi… tu es ma descendance ! Je te regarde, je vous écoute à vous autres, quand vous nous racontez vos gali­pettes et de vous tous… c’est toi qui as mon sang… Tu ne vois que la vieille Nathalie, mais… (se tournant vers Bonne-Maman)… tu veux bien ?

Rosalie donna sa permission d’un hochement de tête. Nathalie se dirigea vers le buffet, en retira un des tiroirs, ouvrit une petite trappe et en sortit un vieil album-photos dont chaque page était protégée par une feuille de papier de soie.

– Il y avait une cache secrète derrière ce tiroir ? ! Je l’ai ouvert des milliers de fois ! Je t’ai même aidée pour les pous­sières… ! Et… je ne me suis jamais… dou… Qui a eu cette idée ?

En même temps qu’il prononçait ces mots, Christian se tourna vers Valentino, tout gonflé d’orgueil.

– Ma… il fallait bien que je puisse garder un œil sur ma Rosalina… !

Nous rîmes tant que nous faillîmes en oublier l’album-photos. Nathalie demanda à échanger sa place avec Alain.

– Entre vous deux… c’est mieux ainsi…

Catherine découvrit donc avant moi les corps nus de nos grands-parents.

– Vé… par exemple… là… si je t’imagine dans cette position… je suis sûre que ton corps ressemble à ça… à… le mien… Et toi ? T’en penses quoi ?

– J’en pense que c’est sûr… que j’ai une mamé qui a pris du bon temps avec le Toine !

Et c’est en tournant l’album vers nous, pour qu’on puisse « juger sur pièces », qu’Alain nous permit de les voir tels qu’ils étaient… Nous étions troublés par les ressemblances, Rosalie avait les hanches à peine plus larges que les miennes, la taille un poil plus marquée, mais j’avais hérité de ses longues jambes fuselées, de sa « blonde toison » qui lui avait valu le surnom de Bouton d’Or, sa poitrine était plus lourde que la mienne, mais Nathalie précisa que cette série avait été prise après ses gros­sesses et nous promit de nous en montrer d’autres… d’avant… quand ses seins était comme deux jolies mandarines, bien rondes, bien fermes… Christian se retrouvait autant dans Toine que dans Pierrot. Je partageais cette impression.

Mais de nous quatre, aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est Catherine qui ressemblait le plus à un des membres de cette génération. Je la retrouvais même dans ce regard perdu… au paroxysme du plaisir, elles avaient exactement le même regard ! Christian me fit remarquer la position du pied… et leurs corps qui semblaient jumeaux !

Valentino protesta quand je refermai, d’un geste, l’album-pho­tos.

Je croyais que tu ne voulais pas voir Rosalie avec d’autres hommes…

Ma… y’a prescription !

Rosalie ricana sous cape, ses yeux pétillaient, fichés dans ceux de Nathalie qui fit de même.

– Vous avez remarqué ? Valentino parle français comme vous et moi, mais dès qu’il est de mauvaise foi, il commence sa phrase par « Ma… » !

Nous éclatâmes tous de rire. Valentino aurait bien aimé bougonner un peu, mais il était tellement heureux de cette soirée, qu’il n’eut aucune envie de le cacher. Nathalie reprit la parole.

– J’ai toujours aimé cette maison, ma Ninoun, mais tout comme celle de Rosalie, elle a besoin d’amour, de sexe et de rires pour pouvoir rester en vie… et puis… toute seule au village… la ville c’est plus pratique… en plus, il y a le docteur… Tu vois, toi et ton Alain, vous y serez plus à l’aise… et quand vous aurez vos petits…

– Tu me proposes de nous laisser ta belle maison pour habiter dans mon tout petit appartement au-dessus de la boucherie ?

– C’est que je ne suis pas bien grande non plus… !

– Mais… et Rosalie ? Tu la laisserais toute seule au village ?

– Mais Rosalie… (se tournant vers elle) tu leur as pas dit ? !

J’adorais quand Nathalie criait en chuchotant, comme elle venait de le faire ! Le fait de brider le volume de sa voix, l’obli­geait à froncer exagérément les sourcils et, malgré ses rides, son visage redevenait enfantin. Rosalie se justifia avec un laconique « Pas eu l’occasion » avant de nous offrir sa maison puisque désormais, elle regarda Valentino avec un amour infini, elle était prête à sauter le pas et à s’installer chez Valentino, en pleine campagne, au milieu de ses arbres…

Et de tous mes pommiers ! Qu’en pense la fille de Mère-Nature ?

J’en pense que ce jour-là, j’aurais mieux fait de me couper la langue !

Dans un parfait unisson, tous s’exclamèrent « Oh non ! Surtout pas ! »

ou de me taire, si vous préférez !

Toute l’assemblée approuva en hochant la tête. Malheureuse­ment pour moi, le Balafré leva un index timide et demanda à quoi nous faisions allusion.

Quand tu auras fini de lui apprendre les bonnes manières, ou quand tu voudras varier les plaisirs, pense à lui donner quelques leçons de botanique…

Je cherchais des yeux un quelconque soutien, mais je n’eus droit qu’à des regards réprobateurs « Non, Monique… on ne peut pas confondre… » et Christian lui raconta ma bourde.

Oh, mais quelle bonne idée ! Et j’ai déjà quelques idées de sanctions à lui infliger si Monique se montrait mauvaise élève…

Ne l’encourage pas, malheureux !

Rosalie n’avait pas pu retenir sa langue et nous en étions ravis. Nous trinquâmes à ces déménagements à venir, nous bûmes à l’avenir, aux enfants que Catherine désirait tant, à cette grand-mère dont elle aurait pu être le double et qui venait de l’adopter devant les êtres qu’elles aimaient le plus, nous trinquâmes de nouveau à mes futures épousailles, à mon enlèvement annon­cé… J’ai été très émue quand, à brûle-pourpoint, sans que ça n’ait aucun rapport avec ce que nous disions, Rosalie… enfin… Bonne-Maman a posé sa main sur celle du Balafré et lui a dit « J’t’aime vraiment bien, mon petiot ! Vraiment bien… ! »

Nous étions au beau milieu d’une discussion troublante. Alain et Christian, enthousiasmés à l’idée de profiter de cette grande maison, avaient promis à Nathalie d’organiser une jolie par­touze après son déménagement.

Et pourquoi « après » ? Je n’ai plus beaucoup d’occasions de vivre ça et… attention, hein ! Je dis pas que je suis attirée par des gamins de votre âge ! Mais j’aimerais bien entendre, écouter des couples batifoler… j’inviterais un ami, nous vous écouterions… nous vous regarderions… et…

Nous étions sidérés, mais sans trop savoir de quoi au juste. Était-ce sa requête qui nous semblait incongrue, voire inconve­nante ? Était-ce au contraire, de ne pas y avoir songé avant ? Nous imaginions qu’elle avait une sexualité épanouie, à la hau­teur de sa libido, mais nous nous trompions un peu.

Nous décidâmes d’organiser une fête le surlendemain. Nous avons bien ri quand Christian apprit que la maison familiale recelait un autre secret qu’il avait toujours ignoré. Rosalie venait de proposer à Valentino d’y assister.

Ma… de toute façon, tu iras… autant que je ne passe pas la soirée tout seul… comme un chien… au fond de sa niche… et puis, ça a l’air de te faire tellement plaisir… Ma… pourquoi tu fais semblant de jouer la mandoline, Rosalinetta ? C’est vrai ou c’est pas vrai ?

Et puis, si tu ne veux pas te la partager, ta Rosalina… il suffit que les gamins se mettent dans la bibliothèque… on aura chacune une chambre… la des parents et la des amis…

Quoi ? ! De quoi vous parlez ? C’est quoi cette histoire des deux chambres ?

Bé… pour espichouna tranquille, sans être vus, pardi !

Mais… co… tu es en train de me dire qu’il y avait des oeille­tons depuis toutes ces années et que je n’en savais rien ? ! Y’en a encore beaucoup des « secrets » que j’ignorais ?

Ma… si tu ne les avais jamais remarqués, c’est que t’étais pas bien curieux non plus, mon garçon !

Je m’étonnai de l’évidence avec laquelle Valentino avait adopté Christian, il le houspillait comme un papé l’aurait fait. C’était à son tour de se faire moquer et au mien de rire de lui !

Vai, Valentino ! Fais ton malin et montre-lui tes chefs d’oeuvres… Mais que les oeilletons !

– Qué « que les oeilletons » ? Ho, mamé, tu ne peux pas me faire ça !

– Que veux-tu ? Si je te dis tout, je te gâche la moitié du plaisir… !

Valentino était sorti de la salle à manger, Christian lui avait em­boité le pas. Nous avons fait silence quelques instants, guettant je ne sais quoi, puis la conversation avait repris. Nathalie avait « sa petite idée » quant à son invité, mais elle nous demanda comme une faveur de ne pas l’interroger sur son identité. Les yeux de Cathy pétillaient à l’idée d’offrir ce beau cadeau à Nathalie.

Valentino entra de nouveau dans la salle à manger, à grands pas silencieux, les mains croisées dans le dos, un joli sourire aux lèvres, il guettait la réaction de Christian qui faisait glisser son index le long du mur. Nathalie et Rosalie se tenaient la main au-dessus de la table, elles se souriaient.

Oh ! Fatché ! C’est… fatché ! Venez voir ! Non ! Pas vous, les filles, c’est une affaire d’hommes !

Rosalie nous sourit « Laissez-les donc faire les coqs, nous vous montrerons quand ils auront fini de se pavaner ! »

et vous voulez voir ceux dont parlait Nathalie ?

Les hommes montèrent à l’étage, j’entendais leurs exclamations de surprise et d’émerveillement. Rosalie et Nathalie nous sou­riaient, ravies de pouvoir « épater la jeunesse ». Rosalie était aussi heureuse que Valentino ait pu trouver aussi facilement sa place parmi nous. La soirée s’acheva sur la promesse de la belle fête prévue le surlendemain.

Nous avions invité quelques uns de nos partenaires réguliers, certains durent décliner notre proposition en raison du délai trop court. Nous nous retrouvâmes donc entre habitués, à une exception notable…

J’avais fini mon travail à l’école et j’avais promis au directeur de passer à la mairie pour y déposer quelques papiers adminis­tratifs. Depuis son élection, le nouveau maire avait décidé qu’une permanence quotidienne serait tenue, à tour de rôle, par les membres de son conseil municipal en fonction de leurs disponibilités. L’idée était excellente, elle n’a duré que le temps de cette mandature, au grand dam de nous tous.

Quand j’entrai dans la mairie, je vis le Notaire qui tenait la per­manence, j’en fus surprise puisque ce n’était pas son jour. Il était plongé dans la lecture de je ne sais quels documents, il releva la tête, je lui expliquai brièvement la raison de ma venue tout en cédant mon tour à un jeune homme qui venait pour s’inscrire sur les listes électorales en prétextant une longue démarche alors qu’il n’en avait que pour quelques instants.

Quand il fut parti, que je fus seule avec le Notaire, je l’invitai à « une petite sauterie » dans la maison de Nathalie, sans lui en donner la raison parce que j’estimai que ce n’était pas à moi de le faire. Il semblait autant tenté qu’embarrassé.

Tu sais Monique, je ne vous en ai pas parlé, mais ton mariage a eu des répercussions inattendues…

Tu as décidé de te ranger ? Pourtant…

Non ! Tu n’y es pas du tout ! Tu as un peu de temps devant toi ? Je ferme la mairie dans moins d’une heure et je préfère être sûr de ne pas être interrompu par l’entrée intempestive d’un administré.

L’heure passa plus vite que prévu, les villageois semblaient s’être donné le mot, à peine l’un était sorti qu’un autre entrait ! Pour donner le change, je faisais semblant de consulter un énorme registre posé sur une console au fond de la pièce. Quand le Notaire eut fermé la porte de la mairie à double tour, il m’expliqua ce qui s’était passé après la cérémonie.

Son épouse ne lui avait pas avoué ce qu’elle avait fait avec Alain, mais elle lui avait confié avoir été troublée par un sujet d’Aujourd’hui Madame, c’était une émission qui passait tous les après-midis et où les invités débattaient autour d’un sujet de société. C’était une émission très « comme il faut », mais avec un goût de modernité et qui osait aborder des sujets jusque là absents de la télé.

Sa femme lui avait demandé ce qu’il pensait du féminisme, de la liberté sexuelle, de la contraception, des fantasmes, en expli­quant avoir été troublée par certains témoignages. Que cette émission ait eu ces thématiques était concevable, toutes en même temps certainement pas, mais il fit semblant d’y croire et ne tomba pas dans le piège tendu par son épouse en répondant à ses questions. Au contraire, il lui demanda ce qu’elle en pen­sait.

Après un discours convenu, elle osa enfin lui avouer qu’il lui arrivait de penser à des scènes d’orgie pour s’émoustiller un peu quand elle s’ennuyait. Il prit un air surpris… agréablement surpris et lui demanda de lui en dire plus. Elle rougit et lui avoua avoir été troublée par l’ambiance qui régnait lors du vin d’honneur qui avait suivi la cérémonie. Le Notaire feignit une surprise encore plus grande et, à la demande de son épouse, promit de se renseigner plus avant.

Ma proposition tombait à pic, mais s’il devait y participer, il fallait que personne ne fasse une gaffe en l’accueillant comme l’habitué qu’il était et puis, il craignait qu’au dernier moment, sa femme s’effraie à l’idée de coucher avec l’un ou avec l’autre ou qu’elle lui reproche d’avoir couché avec d’autres femmes. Comment savoir si elle avait vraiment conscience de ce qu’il se passait dans une partouze ? Si elle voulait franchir le pas entre le fantasme et le vécu ? Je le rassurai sur le premier point, je préviendrai tout le monde et leur discrétion était garan­tie, et pour l’autre point, je lui parlai des postes d’observation.

Nathalie et Rosalie nous prodiguèrent leurs conseils avisés pen­dant la préparation de cette fête exceptionnelle. Je pense que le fait qu’elles nous aient accompagnés dans l’organisation des lieux, nous ont permis de transgresser ce tabou. Oui, elles étaient nos grands-mères, oui elles allaient nous regarder nous envoyer en l’air et en feraient probablement autant de leur côté, pour autant nous étions tous sereins. Et nous avons tellement ri quand Christian apprit un nouveau secret sur la maison de ses grands-parents !

Le parquet de la bibliothèque était magnifique, marqueté et pourtant sobre, « de bon goût » comme on dit. Nous venions d’ins­taller un banc de prières et de contrition et quelques autres élé­ments de décor, nous appelâmes Nathalie et Rosalie pour leur demander si la disposition leur convenait. En souriant, elles firent non de la tête et nous désignèrent le parquet d’un index professoral, devant notre air ahuri, Rosalie s’exclama « Vous êtes nigauds ou quoi ? » puis tapota du bout du pied un des motifs du parquet, tandis que Nathalie nous désignait le banc. Les motifs étaient, certes, très gracieux mais leur but n’était pas purement décoratif, c’était un marquage au sol pour disposer le mobilier de telle façon que les spectateurs cachés dans les chambres ne perdent pas une miette du spectacle !

Nous avions prévenu nos invités que nous aurions des spectateurs lors de nos ébats, sans toutefois leur préciser qui exactement. Ils arrivèrent presque tous en même temps, nous étions en train de trinquer à cette soirée quand le Notaire et son épouse firent leur entrée. Christian les accueillit chaleureusement. Le Balafré se tenait derrière la femme du Notaire, il me fit un clin d’œil complice, je notai alors le trouble de cette femme, sa crainte d’être démasquée… réalisant qu’il n’en serait rien, je vis sa crainte se muer en un désir violent. Je m’amusai aussi de la « leçon de savoir partouzer » que leur donnait Christian 

– Ici, tout se fait dans le respect le plus absolu de chacun, quand quelqu’un refuse quoi que ce soit, personne n’insiste, mais surtout rien de ce que nous pourrons faire ou dire dans cette maison n’en franchira le seuil. C’est compris ? Acceptez-vous de vous soumettre à cette règle ?

Madame aurait pu se décrocher la tête tant elle l’agitait vigoureusement pour acquiescer ! Christian fit les présentations officielles, offrit une coupe de Champagne à « nos nouveaux amis » et les accompagna dans la chambre d’où ils pourraient se rincer l’œil. Rosalie, Valentino, Nathalie et son invité étaient déjà installés dans l’autre chambre.

Je me dirigeai vers l’électrophone, la musique retentit, un murmure satisfait me confirma que mon idée était appréciée. Je sentis des mains me prendre par la taille.

Pourquoi tu n’en fais pas autant ?

Je regardai Christian avant de lui répondre.

Je n’aurai jamais sa grâce ! Regarde comme elle est belle ! Regarde comme ses gestes sont lents… aériens… Je ne saurai jamais !

Comme si elle m’avait entendue, ce qui était impossible, Catherine s’approcha de moi et fit glisser la fermeture Éclair de ma robe. Elle n’était plus à la mode, mais je l’aimais beaucoup et je trouvais qu’elle m’allait bien, c’était une robe vert clair, très courte, sans manches, avec une grosse et longue fermeture Éclair sur le devant… Je ne parvenais pas encore à réfréner mon impatience, contrairement à Catherine qui savait contenir son désir et aimait ces longs effeuillages, je n’avais qu’une hâte, être nue le plus vite possible et offrir mon corps à qui avait envie de le prendre.

Cathy prit tout son temps. Elle m’embrassa, dévoila une de ses épaules, descendit un cran de ma fermeture, recouvrit son épaule… un autre cran… elle regarda par-dessus son épaule et dit au Balafré « Tu vas pas être content ! ». Son manège dura le temps de la chanson et, à la dernière note, Catherine ouvrit ma robe d’un geste vif, fit un pas de côté pour que tous puissent regarder mon corps nu.

J’entendis le bras du tourne-disque faire un aller-retour, le grésillement désagréable du saphir tombant sur le disque. Catherine reprit son effeuillage, j’entendis Pascal siffler la mélodie dans mon dos. J’aimais sa manie de siffloter à tout bout de champ. Je me collai à lui. Il n’interrompit pas ses sifflements pour me caresser. Quand ses doigts se faufilèrent entre mes cuisses, il siffla trois notes admiratives et je sentis son sexe durcir dans mon dos. Je me retournai, dansai collée à lui, tout en le branlant lentement de ma main droite.

J’aurais voulu ne pas perdre une miette du strip-tease de Cathy, mais très vite, je fermai les yeux pour mieux ressentir le plaisir des caresses de Pascal. Il s’assit sur le sofa, je m’enfonçai sur lui, ondulai, me cambrai au rythme de la musique. L’effeuillage de Cathy s’acheva avec le morceau. Christian mit un autre disque. Alain vint s’installer aux côtés de Pascal « Changement de partenaire ! » et m’empala sur son énorme sexe. En fait, comme souvent, il veilla à ne me pénétrer que de son gland, mais il me remplissait déjà… Pascal se plaignit « et c’est qui ma nouvelle partenaire ? » Cathy suçait Christian tandis que le Balafré la prenait en levrette. Je voulus faire ma taquine en lui désignant une main « la voilà ! » Pascal me prit au mot et la main « tu branles super bien, Monique ». Le Bavard s’approcha de notre petit groupe, nous demanda si tout allait bien pour nous. Nous lui répondîmes un « oui ! » enthousiaste, alors il fourra sa grosse queue dans ma bouche « On t’a demandé ton avis, à toi ? » en me faisant un clin d’oeil appuyé. Je compris immédiatement ce qu’il signifiait. « Elle va en avoir pour son argent, la bourgeoise ! ». J’aimais sentir la peau calleuse de ses grosses mains sur mes joues.

– Boudiou… Monique… ! Au plus tu me su… ces… au mieux… tu me… chuu… tout doux ! Ô, c’que tu me suces bien…

Il savait bien que ses mots attisaient mon ardeur, enflammaient mon esprit.

– C’est beau, mais c’est long ! Elle finit quand cette chanson ? Il me tarde…

Le morceau s’arrêta, le Bavard n’attendit pas le changement de disque et m’entraîna vers le banc de prières et de contrition. Il me prit dans une levrette savante dont il avait le secret, une bonne dose de rugosité, une pincée de douceur, le tout nappé de ses mots crus et néanmoins flatteurs. Il maîtrisait à la perfection l’art de ce subtil cocktail.

Le Balafré s’approcha de moi, un sourire charmant aux lèvres. Il savait que je raffolais du goût de Cathy, il savait qu’en m’offrant sa queue à sucer alors qu’il venait de la baiser, j’en tirerai deux fois plus de plaisir…

Mon ectoplasme  s’échappa une nouvelle fois, de mon corps, il se dirigea au-dessus de Cathy que Christian sodomisait joliment, puis se figea quelques minutes comme s’il attendait quelque chose avant de poursuivre son survol… peut-être avait-il deviné qu’Alain quitterait la bouche de son épouse pour la prendre… peut-être avait-il entendu Catherine demander « les deux… je veux les deux ! » comme elle le faisait souvent…

Après s’être bien régalé les yeux de cette scène, Catherine à quatre pattes, Christian allant et venant entre ses fesses, Alain sous elle se laissant aller aux va-et-vient de Cathy, mon ectoplasme revint vers nous, vers moi. À travers lui, je pouvais admirer les va-et-vient du sexe massif du Bavard… j’aurais voulu pouvoir le sucer en même temps…. qu’elle était appétissante, cette grosse queue brune, luisante, aux veines gonflées !

Comme s’il avait été souffleté, mon ectoplasme réintégra brusquement mon corps, en titubant… J’entendis le Bavard maugréer.

– Fas cagua, Monique ! Quand tu fais ça… ça me fait venir… !

– Quand elle fait quoi ?

–Son truc, pardi ! La petite fée de Peter Pan… avec l’oeil coquin… la langue gourmande…

C’est à ce moment précis que le Notaire et Madame firent leur entrée. Pascal s’avança vers eux en sifflotant et invita Madame à danser. Elle gloussait comme un dindon, mais nous fîmes tous semblant de ne pas nous en apercevoir. Nous comprenions tous la raison de son embarras et personne n’avait envie de l’accabler davantage.

Le Bavard proposa « un changement de poste » au Balafré, quand il me pénétra, le Bavard lui demanda « Tu sens comme je me suis bien vidé les couilles dans son petit con ? » Je jouissais littéralement de les entendre parler ainsi de moi… jamais aucun de leurs mots ne m’a vexée. La femme du Notaire demanda à Pascal « Il va parler tout le temps… comme ça ? » Je dégageai ma bouche et lui répondis

Il est comme ça… il parle pendant la chose… c’est dans son sang… comme moi… j’ai une toison dorée… comme celle de Bouton d’Or… On n’y peut rien, on est comme ça… c’est dans notre sang !

J’entrepris de lécher le gland du Bavard, qui était tout aussi surpris que moi d’avoir repris une telle raideur, une telle vigueur si vite. La soirée se poursuivit idéalement, même si j’ouvris malencontreusement la mauvaise porte quand j’allai m’isoler avec le Bavard pour « causer un peu »

 

Chroniques matrimoniales – L’occasion fait le larron

800px-Almanach_1939Même si Valentino aime m’en attribuer tous les mérites, je voudrais te raconter ce qui s’est réellement passé, comme dans un compte-rendu, t’écrire comment les événements se sont enchaînés, comment ils lui ont permis d’échapper au pire et de lui assurer une certaine tranquillité.

La vie au village s’écoulait au rythme des événements internationaux, parfois de longues semaines d’apaisement, qui s’achevaient dans le fracas des bruits de bottes, bruits qui finissaient par s’évanouir dans ce mouvement perpétuel que je comparerais à celui des vagues s’écrasant sur une plage.

L’amicale des anciens combattants se réunissait plus souvent qu’au début des années 30. La crainte d’une nouvelle guerre faisait ressurgir les horribles cauchemars et nous demeurions les confidentes de ces hommes. Il n’y a jamais eu d’accord formel, mais nous ne parlions jamais de politique entre nous, nous savions que notre amitié, que notre complicité n’y résisteraient pas, qu’elles risquaient de voler en éclats ce qu’aucun de nous ne souhaitait.

Valentino vivait caché, tapi dans le repère que lui avait trouvé Toine.

À l’occasion du 14 juillet 1939, alors que nous batifolions tous près de « la source aux fées », Barjaco nous annonça, quelque peu dépité, que son cousin « le parisien » avait décidé de passer ses vacances « au pays ». Avec sa mauvaise foi coutumière, Barjaco le regrettait.

– Qué « au pays » ? Je ne l’ai vu qu’une seule fois ! Son père est parti bien avant ma naissance, avant même son mariage ! Et il n’a même pas marié une femme normale, non ! Monsieur a épousé une… parisienne !

Me voyant froncer les sourcils, il s’était adressé à Pierrot.

– Ça aurait pu être plus pire, tu me diras, il aurait pu tomber sur une…
(enchaînant les signes de croix, telle la bigote se préservant du Malin)… une… une Normande ! Dieu soit loué, elle n’était que Parisienne… !

J’avais fait mine de ne rien avoir entendu ou de m’en moquer, mais quand Barjaco s’était approché de moi, j’avais fait semblant de m’enfuir.

– Boudiou, la Rosalie ! Ne me laisse pas dans cet état ! Vé comme môssieur (c’est ainsi qu’il surnommait son membre) a besoin que tu le soulages !

– Je l’aurais bien volontiers sucé… voire je lui aurais bien volontiers offert mon corps, mais vois-tu… je suis Normande… si ça se trouve, c’est contagieux… Je m’en voudrais de te contaminer… que tu attrapes la Normandite aiguë… !

Claironnant un « Tu parles d’or ! », Barjaco s’était tourné vers Nathalie, qui lui ouvrit les bras en grand.

Il n’avait jamais évoqué Valentino, comme s’il ignorait son retour, mais il est vrai que nous ne nous rencontrions presque jamais rien que tous les deux. Valentino se terrait comme l’animal traqué qu’il était, je ne connaissais pas sa tanière. Par mesure de sécurité, seul Toine savait où elle se trouvait exactement. De temps à autre, ils arrivaient chez nous, à la nuit tombée. Je restais avec Toine pendant que Valentino se confiait à Pierrot.

Parfois, nous faisions l’amour, parfois, non, mais à chaque fois, Toine me demandait de soulever ma robe, il regardait ma « blonde toison » et passait ses longs doigts entre mes poils qu’il lissait, comme on peigne des cheveux. À sa façon de prononcer « Bouton d’Or », je savais si ses doigts allaient s’aventurer plus bas, écarter délicatement les lèvres de « cette bouche que l’on se délecte à faire miauler » comme il aimait à le dire, caresser la peau humide juste au-dessus du « bouton caché de Bouton d’Or », l’appeler d’un doux baiser, le faire éclore, le téter d’une bouche avide et délicate, de glisser ses doigts jusqu’à l’entrée de « la grotte miraculeuse »… ou si son « Bouton d’Or » n’était qu’une incantation, le phare auquel raccrocher son espoir, espoir de savoir les cauchemars envolés, de savoir que le pire était passé, qu’il était derrière nous.

Il arrivait que Toine propose à Valentino de passer la nuit avec moi, dans la chambre qu’il retapait pour le retour de son aîné, le père de Christian. Nous faisions alors l’amour avec plus d’absolu qu’avant, nous avions viscéralement conscience que ce pouvait être la dernière fois. Les menaces, le danger étaient constants, omniprésents, tapis dans les bosquets du manque de vigilance né de l’habitude, prêts à bondir et à anéantir Valentino.

Barjaco était furieux, parce que depuis l’instauration des congés payés, nous avions pris l’habitude de fêter la veille des vacances le 31 juillet, par une orgie où le vin coulait à flots, où les corps s’échangeaient, se mélangeaient et que son cousin l’importun avait annoncé son arrivée pour le 30.

– C’est un vieux garçon, en plus ! Vé si ça se trouve, il est encore puceau !

– Dans ce cas-là, viens avec lui, Bouton d’Or se chargera de le déniaiser… !

– Tu m’ôtes les mots de la bouche, Toine !

– Dis-moi, coquine, montre-moi comment tu t’y prendrais pour le déniaiser, mon cousin le parisien… !

– Ton cousin le parisien ? Je croyais que tu parlais de ton cousin l’importun…

– Té, mais c’est le même peuchère ! Il a le double-nom ! Mon cousin le Parisien-L’importun !

Je m’étais approchée de lui, m’étais faite câline, j’avais soulevé la combinaison de soie que je portais, découvrant ainsi mon triangle doré, l’avais contraint à lever les yeux, à croiser mon regard.

– Montre-moi comment tu voudrais que je m’y prenne avec lui…

Barjaco avait juré en patois, m’avait caressée à m’en arracher la peau, me demandant de lui apprendre comment faire pour préparer le corps d’une femme à d’autres attouchements. J’avais décollé ses mains, m’étais assise à califourchon sur ses cuisses, les yeux dans les siens, lui avais demandé d’imaginer une apparition féerique, comme un halo de lumière, une bulle de savon qu’un geste trop brusque ferait éclater.

– Essaie de la caresser avec toute la délicatesse cachée au bout de tes doigts…

Les caresses de Barjaco se firent idéalement aériennes, mon corps ondulait, s’échauffait… Je m’enivrai de mes mots quand je lui susurrai

– Que tes lèvres soient mille Sylphides, qu’elles volent sur ma peau et y déposent de chauds baisers, là… et puis là… et là encore… oui ! là… plus bas… que ta langue lèche ma rose tétine… Oh ! Sens-tu comme ton gourdin frappe à ma porte ? Veux-tu me prendre à la hussarde ? Ou préfères-tu, au contraire, faire ton entrée sur la pointe des pieds ?

– Pierrot ! C’est le diable que tu nous as rapporté là !

Je lui souris de toute mon amitié, de toute notre complicité, de tout mon désir aussi. Semblant se raviser, il pria ses « collègues et néanmoins amis » (la formule nous amusait beaucoup) de ne surtout pas chercher à l’exorciser, que c’était trop…

– Fatché ! Regarde-moi ça ! Môssieu est entré sans même demander la permission !

Il bougonnait, sans chercher à masquer le plaisir qu’il prenait. J’interpellai Nathalie. Nous aimions ce code secret, comme une langue des signes, que nous avions inventé, nous en changions dès qu’un de nos partenaires commençait à le décrypter, pour le plaisir de les surprendre à chaque fois que l’envie nous en prenait.

– Nathalie, viens par ici ! Barjaco ne doit pas pâtir de ses obligations familiales… !

Je fis un signe des doigts.

– Boudiou ! Qu’est-ce que vous manigancez toutes les deux ?

Je m’empalai d’un coup, au plus profond, sur le sexe dur et épais de Barjaco, je sentis ainsi à quel point mon minou était trempé. Je me relevai lentement, laissant à Nathalie le temps de s’agenouiller. Qu’elle était ravissante, juvénile, à plus de quarante ans, avec son éternelle robe de bergère ! Nous l’avions à peine modifiée au fil des ans, tant son corps et elle étaient restés les mêmes… Qu’il était attendrissant ce petit bout de langue gourmande qui apparaissait derrière son sourire… ! Et l’éclat de son regard, pétillant et léger comme des bulles de Champagne !

Elle léchait chaque centimètre carré de peau que je découvrais en me relevant. Quand je coulissais sur le sexe de Barjaco jusqu’à ce qu’il disparaisse, les baisers de Nathalie me précédaient et quand il avait disparu, elle léchait la cuisse, l’aine de Barjaco… Mais, toujours aussi gourmande, elle m’incitait presque aussitôt à hâter la cadence.

Barjaco était aux anges. Fidèle à sa tradition familiale, il commentait au gré de ses sensations…

– Fatché, la Nathalie… libère-moi donc tes belles mamelles ! Qué « Non » ? Qu’est-ce qui te ferait changer d’avis ? Qu’un de… outch… doucement, Rosalie… tu vas me faire venir ! Alors, Nathalie, tu dirais oui si un de ces… chhhhu Rosalie… tout doux… si un de ceux-ci te culbutait par derrière ? Vai ! Fallait le dire ! Messieurs… un volontaire ?

Toine, dont le sexe énorme se dressait tel un flambeau avait fait un pas vers nous. Il souleva le jupon de Nathalie.

– Oh, ma pitchoune ! Tu as pensé à moi… !

Depuis peu, il s’était découvert une passion pour les vieux dessous, les vieilles culottes fendues d’antan, en cotonnade, maintenues par des rubans multicolores, il ne s’en expliquait pas la raison, mais de nous voir ainsi attifées le remplissait d’une joie lubrique. Il aimait nous prendre ainsi pendant de longues minutes, nous ramoner jusqu’à nous laisser au seuil de la jouissance… Alors, il se retirait, préférant quand nous le suppliions, nous ôtait la culotte, la lançait au loin et reprenait ses va-et-vient. « Voilà, c’est ainsi que jouissent les honnêtes femmes ! Le con, le cul et les reins à l’air ! »

Toine me demanda de me relever un peu plus « Cambre-toi aussi, tant que t’y es, que je ne sois pas venu pour rien ! » Je ne relevai même pas la mauvaise foi et lui obéis.

– Ho, Barjaco !Tu préfères comme elle te suce quand je la prends comme ça ?

Rien qu’à ses petits cris, je devinai comment il était en train de prendre Nathalie, alors que je lui tournais le dos, comment il bougeait en elle.

– Oh boudiou… ouh fan… ouh que c’est bon ! Oui ! Oui ! Comme ça !

– … ou quand je… Hou, Pitchounette ! Venez tous voir comme…  Hou, ma Pitchoune… Si t’étais pas déjà mon épouse, je te marierais !

– Boudiou ! Elle… ô fan de Diou ! C’est encore meilleur !

Barjaco m’attrapa par la taille et me fit aller au rythme des coups de langue de Nathalie qui le léchait au rythme des coups de boutoirs de son Toine. Elle dégagea enfin sa poitrine du carcan de tissu en criant à Barjaco qu’elle ne le faisait que pour lui. Barjaco se déversa en moi, noyant ses jurons habituels de tendres remerciements.

La journée s’était ensuite écoulée paisiblement, comme une rivière lascive, par endroits agitée de tourbillons, je veux parler de nos galipettes, nos cochonneries réjouissantes et joyeuses, comme nous les appelions.

Le lundi 31 juillet au matin, nous préparions la maison pour recevoir nos amis et fêter les congés payés, même si la plupart étaient des paysans et ne prenaient donc aucun jour de vacances, spécialement à cette période ! Antonella et Léonie étaient déjà depuis 15 jours chez leur tante, Marie, la soeur de Pierrot, elles aimaient s’occuper de leur cousin, jouer avec lui comme avec un baigneur, « de vraies petites mères » comme on disait alors.

Barjaco toqua à la vitre, le béret ainsi tenu à la main indiquait qu’il ne rendait pas une visite amicale, mais qu’elle était plus formelle. Pierrot lui ouvrit tout grand la porte et le fit entrer. Quand il fut assis, après s’être assuré que nous n’étions que tous les trois, il nous demanda

– Il compte se cacher ainsi combien de temps ?

Pas la peine de prononcer son nom, nous savions de qui il parlait. D’un haussement d’épaules, Pierrot et moi lui signifiâmes notre ignorance. Baissant la voix, avec des airs de conspirateur, d’espion comme dans les films que nous voyions au cinéma itinérant, il nous confia « Parce que j’ai peut-être la solution… » et il nous raconta l’incroyable aventure qu’il avait vécue.

– Je suis allé le chercher à la Blancarde, parce que le Parisien voulait goûter à l’ivresse marseillaise avant de passer son mois d’août « en famille »… ô pute borgne, je t’en ficherais, moi, de la famille ! Heureusement qu’il m’a reconnu, sinon je serais passé devant lui sans le savoir… Nous voilà partis pour la tournée des grands ducs… il me demande si j’ai quelques bonnes adresses à lui conseiller, me propose de passer quelques heures dans un « lupanar local »… ce qui répond à notre interrogation… le cousin n’était pas puceau ! Je lui rétorque que je n’ai aucune envie d’attraper la vérole avec une fille qui s’ennuie, que je connais deux charmantes créatures qui s’offrent avec plaisir et que si ça lui dit… Le cousin était bigrement intéressé, mais il a quand même voulu « se perdre dans les rues de Marseille ». Et que je veux visiter ci, et que je compare tout à Paris… et que je veux voir ça et que je te raconte ma vie… Boudiou ! Il me farcissait le crâne de toutes ses histoires ! Qué bavard ! Rigolez pas ! Plus pire que moi, je vous dis ! Avec tout ça, le temps de rentrer avec ma carriole… qu’il a moquée, en plus ! Le temps de rentrer, tout le monde dormait. Sauf la mamé, mais de toute façon, la mamé, elle s’économise… elle se désaltère d’une goutte de vin, se nourrit d’une miette de pain et se repose d’un battement de cils… On avait déjà soupé, on est allés au lit… pas ensemble, hein ! Allez pas vous imaginer… ! Et ce matin… c’est vrai que je le trouvais rougeot… tout le dimanche, il s’est plaint de la chaleur, de la soif, mais moi, je croyais que c’était un prétexte pour boire un coup ! Ce matin… ô peuchère ! Je me le suis pas trouvé raide mort dans son lit ! Alors, je me suis pensé puisqu’il est venu mourir ici, puisque personne ne le connaît de par ici… autant qu’il soit pas mort pour rien… que ça serve à quelqu’un ! La mamé ne dira rien et en plus, elle y voit plus très bien… c’était la nuit… On pourrait habiller Valentino avec les affaires du cousin… échanger les papiers… ni vu, ni connu ! Qu’est-ce que vous en pensez ?

Nous étions abasourdis ! Pierrot fut plus prompt que moi à réagir, à réfléchir.

– Il faudrait prévenir Toine. On ne sait pas où se cache Valentino et il faut faire l’échange avant que ta femme découvre le corps, qu’elle…

– Té… mais t’es couillon comme…

En éclatant de rire, il me désigna.

– … comme cette femelle ! Pourquoi crois-tu qu’il y a une bâche sur ma carriole?

– Allons chez Toine sans tarder, alors !

– Parce que tu crois que je ne sais pas où il se cache, ton Valentino ? Allez… vai ! On fait comme ça… j’ai ma petite idée…

C’est ainsi que le corps d’un va-nu-pieds fut découvert par Barjaco parti inspecter ses champs, qu’il en avisa monsieur le Maire et que le cousin de Barjaco vint s’installer au pays, un mois avant le début de la drôle de guerre… !

En vérifiant sur son livret militaire que « tout collait », pendant que Valentino échangeait les photos d’identité, je constatai que les patronymes n’étaient pas les mêmes. Je m’en étonnai, Barjaco m’expliqua alors que son oncle était le fruit d’une liaison adultère que son grand-père avait entretenue avec la jeune fille qui aidait sa femme, qu’il l’aurait bien gardée parce qu’elle avait la galipette rieuse et bavarde, mais que malheureusement, son épouse n’avait rien voulu savoir. Quand le bambin était né, comme c’était un garçon et que la grand-mère de Barjaco n’avait eu jusque là que des filles, la gamine était montée à Paris avec son enfant, mais qu’ils étaient tous restés en très bons termes, que l’existence de cet « enfant de l’amour » n’avait jamais été tenue secrète. Cet enfant qui avait grandi à Paris, épousé une parisienne, avait eu un fils qui venait de mourir sur les terres de ses ancêtres.

– Comme un cercle… la fin est l’origine et l’origine est la fin…

Barjaco est un homme à l’aspect, aux manières rustres, ses mots sont souvent grossiers, il semble dénué de toute délicatesse, je peux témoigner qu’il en déborde, au contraire ! Tout comme il regorge d’une loyauté sans faille.

Tu comprends, Monique, pourquoi je refuse que Valentino parle de moi comme d’une héroïne, parce que s’il devait y avoir un héros dans cette histoire, ce serait Barjaco et personne d’autre ! Je me suis contentée d’enregistrer le décès d’un homme sous l’identité d’un autre.

Monique va de surprise en surprise…