Les leçons de Sophie – Arts plastiques

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– Non, mais quel con ! Quel con ! Quel con ! Quel con ! Regarde-moi ça !

Les yeux de Sophie, noirs de colère, se mettent à pétiller quand j’éclate de rire et la prends dans mes bras.

Le deuxième trimestre s’achèvera dans quelques jours et notre complicité, notre désir, notre amour sont toujours aussi forts. Nous avons chacune un petit ami, mais il nous arrive de nous retrouver dans sa petite chambre ou dans la mienne, pour nos « leçons particulières ». Nous échangeons nos rôles au gré de nos envies. Je suis parfois l’élève, parfois la maîtresse, mais le plus souvent nous sommes égales.

Nous pouvons communiquer en langue des signes et nous ne nous en privons pas. Sophie progresse très vite, mais comme notre amour, nous gardons ce secret pour nous deux. Elle me dit aussi que ma voix a changé, qu’elle est moins métallique et nasillarde. Je la crois volontiers, mais je ne le perçois pas.

Ce soir, nous nous sommes retrouvés tous les quatre pour une soirée mémorable, Sophie et Alex, Enzo et moi. Au programme, ciné, restau, fin de soirée chez Alex chez qui Sophie passera la nuit, pour son « grand soir »… son dépucelage qu’elle a décidé de lui offrir.

Avant que le film commence, pendant l’interminable page de pub, j’ai signé « pause-pipi ». Nous nous sommes enfermées dans les WC et nous nous sommes dévorées de baisers, embaumées de caresses. Les allées et venues d’autres nanas nous ont contraintes au silence, alors, nous avons parlé avec nos mains…

Le désir d’une étreinte secrète, pendant que nos copains se gavaient de pop-corn en nous attendant, s’est emparé de nous…

Assise sur les toilettes, elle m’a fait jouir de sa bouche et, toute tremblante de ce plaisir rapide et violent, je l’ai plaquée contre la porte, ma main sous sa jupe, je l’ai fait jouir de mes caresses brutales à travers sa culotte, en lui chuchotant à l’oreille « Je t’aime et je serai tienne tant que tu seras mienne ».

Après le restau, un japonais, nous avons terminé la soirée chez Alex, dont la mère est partie en week-end avec son nouveau copain.

Sophie était avec Alex, dans sa chambre et moi, avec Enzo sur le canapé du salon. J’aimais bien comment il me pelotait… des caresses de garçon… mais j’aime bien aussi les caresses de garçon !

Quand il a glissé sa main sous ma jupe, que ses doigts sont passés sous ma culotte, ses yeux m’ont dit « comme tu mouilles ! », mais aucun mot n’est sorti de sa bouche… C’est dommage, j’aurais bien aimé les entendre… du moins, je crois…

Devais-je descendre sa braguette et glisser ma main dans son pantalon, comme j’en avais l’envie ? Hésitante, j’ai posé ma main sur sa cuisse et j’ai attendu qu’il me fasse comprendre ce qu’il désirait…

Après une heure de caresses et de baisers, nous avons dit « Au revoir ! » à travers la porte, à Sophie et Alex, puis Enzo m’a raccompagnée jusque devant chez moi. J’ai bien aimé qu’il n’arrête pas ses caresses après avoir joui… j’ai été surprise qu’il ait explosé si vite dans ma main… Ses caresses étaient malhabiles, un peu trop rapides quand je les souhaitais lentes, un peu trop lentes quand je les aurais aimées rapides, trop appuyées quand il aurait fallu qu’elles fussent légères et inversement…

Je me suis imaginé Sophie ondulant sous les caresses d’Alexis, j’ai pensé à son regard, à sa bouche, aux  petits tics nerveux de son visage à l’approche de l’orgasme et cette vision m’a fait jouir.

J’allais fermer les volets de ma chambre quand j’ai vu Sophie au loin. Un peu surprise, je lui ai fait signe de venir me voir, l’ai faite entrer en silence dans ma chambre.

– Non, mais quel con ! Quel con ! Quel con ! Quel con ! Regarde-moi ça !

Sophie s’échappe de mes bras, recule d’un pas et me montre la raison de sa colère, en m’expliquant sa mésaventure.

– Tant qu’il me roulait des pelles, qu’on se pelotait sur son lit, c’était super… franchement super… et puis vous êtes partis… alors, on a voulu aller plus loin… aller jusqu’au bout… il s’est déshabillé… j’arrivais pas à le regarder là… tu vois ce que je veux dire… j’ai retiré ma robe… et… quel con ! Non, mais quel con !

– Il t’a fait mal ?

– Mais non !

– Alors quoi ?

– Comme tu le sais, j’avais mis des bas, un porte-jarretelles… il avait rien senti avant ! Alors, quand il a vu mes jambes… pffffuit… il a tout lâché dessus ! Mais rigole pas ! C’est pas drôle ! Alors, il s’est excusé et a voulu « réparer les dégâts » et là… regarde !

Sophie furieuse me montre son bas maculé et je remarque enfin la raison de sa colère. En voulant essuyer le sperme, Enzo a pris la robe de Sophie et l’attache d’une bretelle s’est accrochée au bas, le filant… Sophie s’est donc retrouvée avec sa robe tachée au niveau de la poitrine, un bas noir filé et maculé…

– Je ne sais même pas comment j’ai gardé mon calme… franchement, je ne sais pas… Je lui ai dit que je préférais rentrer chez moi toute seule, parce qu’en plein jour… la robe tachée, mon bas filé… non, je ne voulais pas sortir en plein jour comme ça… il était désolé… il avait les larmes aux yeux, je te jure ! Il a commandé un taxi et m’a donné l’argent pour le payer… et en chemin, quand je passais pas loin de chez toi et que j’ai vu de la lumière…

Sophie se met à pleurer en marmonnant un truc que je ne comprends pas.

– Quoi ? Qu’est-ce que tu dis ?

C’est bizarre, quand elle parle trop bas, j’ai le réflexe de signer… Sophie ne connait pas les signes pour me répondre… elle s’approche de moi.

– S’il s’y prend aussi mal pour me dépuceler, je ne veux pas que ce soit lui…

– Trouve un autre mec, alors !

– Non ! Si je couche avec un mec, ce sera avec lui et pas un autre ! Mais je ne veux pas qu’il me dépucelle…

Sophie me regarde, sa déception et son désir la rendent si belle…

– Tu crois que tu y arriveras ?

– Je ne sais pas… on va essayer…

Sophie retire sa robe. Qu’elle est sexy avec son porte-jarretelles, ses bas, son soutien-gorge ! Comme elle fait… femme ! Je lui ôte son soutien-gorge, libérant ses jolis petits seins, mais quand elle se penche pour dégrafer son bas, je l’arrête.

– Non ! Reste comme ça ! Je voudrais le faire avec…

Elle fait la moue, me montre à nouveau son bas filé et taché.

– Justement… comme ça, c’est comme si c’était un peu lui… et puis regarde… ça fait comme des dessins sur ta jambe… comme une enluminure… !

Elle me sourit. Je tire le verrou de la porte, la rejoins et m’allonge à ses côtés… Nous nous embrassons. Sans avoir eu besoin de nous le dire, nous avons décidé que nous prendrons tout notre temps… Je la caresse, son bassin ondule quand je pose ma tête sur son ventre, mais son sexe est entre sec et mouillé.

– Tu veux toujours ?

– Oui ! Mais… j’ai un peu… tu peux… d’abord… avec ta bouche ?

Elle ne me voit pas sourire, mais je suis heureuse qu’elle me l’ait demandé… Je sais ce qui va arriver. Elle va passer sa main dans mes cheveux… écarter ses cuisses… ouvrir ses lèvres avec ses doigts pour que son clitoris soit bien visible… tout comme moi, elle aime admirer le spectacle de nos sexes offerts, ouverts comme des fruits bien mûrs, bien juteux dont on se régale insouciantes, avec naturel et une indéniable gourmandise… Je sais aussi qu’après mes premiers baisers, elle passera sa langue sur ses lèvres et me demandera de m’allonger sur elle pour pouvoir m’embrasser en même temps…

Le sexe de l’une sur la bouche de l’autre, je la sens respirer plus fort, onduler et onduler encore… ses pieds s’agitent… je sais que sous peu, elle jouira… D’une main, j’écarte sa cuisse droite et de l’index de l’autre, je commence à la pénétrer… c’est la première fois que je le fais. Je relève la tête pour être plus attentive à ses réactions.

– Tu aimes, comme ça, Sophie ?

Je prends son aaaahh pour un oui… j’entends le bruissement de ses cheveux sur mon oreiller… je sais qu’ils y font un beau dessin… elle respire plus fort…

– Oooh… et toi ? Tu… aimes ? C’est… gloups… comment ?

– Chaud et… poisseux… c’est… c’est bon… c’est doux… tu te resserres autour… OOoooh… !

– Aaahhh… !

Elle vient d’en faire autant… ce que c’est bon ! Nous débutons un concert à mi-voix… ooohh… aaahh… ooohh… ooaaooohhh…  Je me laisse guider par ses caresses comme elle se laisse guider par les miennes… son sexe se détend… il palpite très fort sous mes doigts… J’aime la chaleur humide et bruyante de son sexe quand j’entre et que je sors… les mouvements de son bassin quand son corps en veut plus…

Enlacées, nous nous remettons de cette première fois. Sophie et moi scrutons le drap à la recherche d’une trace de sang… en vain.

– Tu crois que c’est fait ? Que nous nous sommes dépucelées ? 

Je regarde mes doigts, les siens…

– Pour la largeur… le diamètre… oui… mais est-ce que nos doigts étaient assez longs ? Tu sais précisément où il est l’hymen ? Comment il se déchire ?

Sophie roule les yeux en signe d’ignorance…

– Si seulement on avait un truc… comme un gode… ou un truc comme ça… tu pourrais recommencer et me dépuceler à coup sûr…

Je la regarde, sidérée par ses derniers mots… Elle se lève, ses bas ont tourné et se sont détendus, je les trouve encore plus excitants comme ça… Sophie ouvre le tiroir de mon bureau, en sort ma boîte de crayons de couleur, elle me sourit… un peu coquine, un peu vicieuse… prend les crayons dans sa main, en fait un petit fagot qu’elle maintient d’un élastique à chaque extrémité… se penche pour récupérer son sac à main, d’où elle extirpe une capote et tout en l’enfilant me dit

– Je viens ENFIN de comprendre pourquoi les profs d’arts plastiques exigeaient de nous autant de matériel !

Fin de la troisième leçon

Après Sophie qui nous a raconté ses leçons, c’est au tour de Tatie Monique de nous livrer ses souvenirs

Les leçons de Sophie – Rigueur et discipline

Quand je suis arrivée au lycée, ce matin, au lendemain de cette révision chez Sophie, elle a fait semblant de ne pas me voir. Je me suis dirigée, d’un pas léger et rapide, vers son petit groupe d’amis qui devient aussi le mien, la tête haute, le regard clair. Elle s’est interrompue, comme si elle venait de remarquer ma présence.

– Oh… bonjour !

Tournée générale de bises en guise de salut et leur conversation a repris. Sujet du jour, les évaluations qui arrivent à grands pas et les ragots habituels, qui sort avec qui, mise à jour de nos informations, qui a fait quoi, qui a dit quoi, la boulangerie qui a modifié sa formule midi et propose désormais, en dessert, cette viennoiserie trop bonne.

– Pourquoi souris-tu comme ça ?

Que pourrais-je répondre à Clara ? Je hausse les épaules et marmonne un « je sais pas… pour rien… ». Il faudra que j’explique à Sophie que mes longues années de surdité ont aiguisé mon regard. Que décrypter chaque détail était ma façon de survivre dans ce monde dont je ne percevais aucun son. Que j’ai pu lire ses sentiments dans son regard. Elle a aimé ce plaisir fou que nous avons pris ensemble, mais elle ne veut pas que ça se sache. Tant mieux, moi non plus ! Lui dirai-je ou ne lui dirai-je pas ? Parce que je prends conscience du pouvoir que m’offre sa crainte et j’aime ça…

Je me suis amusée de faire de Sophie ma marionnette, dès le cours de maths. Elle est passée à mes côtés pour aller au tableau, à la demande du professeur. J’ai signé S O F I, la main devant ma bouche et j’ai posé mes doigts sur mes lèvres. J’en étais sûre, ça l’a troublée. Elle essayait de ne pas me regarder, mais ses yeux étaient irrémédiablement attirés par la danse de mes doigts. S O F I S O F I… En retournant à sa place, elle m’a bousculée. Personne n’a rien vu. La salle de classe est trop petite pour le nombre de tables, alors, les bras qui s’entrechoquent à cause des déplacements, n’attirent pas l’attention.

Je l’ai manipulée ainsi tout au long de la journée, n’arrêtant mon manège qu’aux interclasses, aux récréations et à la pause déjeuner. Quelqu’un aurait pu le remarquer, elle m’en aurait voulu, et le jeu aurait perdu de son intérêt.

Pour la dernière heure, alors que nous étions assises côte à côte, j’ai fait semblant de regarder vers la fenêtre, à ma gauche, alors qu’elle était assise à ma droite… S O F I… doigts sur ma bouche… S O F I… ma langue humidifie mes lèvres… S O F I… grande inspiration… S O F I… expiration lasse et comblée… Coup d’épaule discret de Sophie. Je l’ai regardée, un sourire innocent aux lèvres. Elle m’a fait les gros yeux, le rouge au front, les joues empourprées, a articulé un « Arrête ! » muet. J’ai souri de plus belle…

Fin des cours. À l’arrêt du bus, les élèves parlent de ce qui nous préoccupe tous, les évaluations à venir, les vacances qui semblent loin, encore du planning des évaluations, des révisions. J’évoque ma crainte de ces oraux, exercice que je maîtrise mal « à cause de… », laissant ma phrase pleine de sous-entendus, en suspens.

Les regards de compassion m’indiquent que j’ai atteint mon but… « pauvre petite fille sourde », j’aime bien me faire plaindre par ces gens qui ignorent tout de notre monde… J’entends, mais j’appartiens pour toujours à la communauté des sourds. Un univers plein de blagues, de rires, de tendresse, de larmes, de colères, de vacheries, d’amour et de haine, une communauté soudée par le mépris pour tous ces entendants qui s’apitoient sur notre sort sans chercher à nous connaître.

Sophie prononce enfin la phrase que j’attendais « Si tu as besoin d’aide… ». Je fais semblant d’hésiter « Je ne voudrais pas abuser… tu dois réviser aussi… ». Elle insiste, comme si c’était moi qui lui rendais service. Je me laisse convaincre, nous réviserons ensemble dès ce soir.

Nous voici dans ma chambre, j’ai prévenu ma mère que je ne voulais pas être dérangée par les irruptions de mon petit frère. Consciente de l’enjeu, elle m’a autorisée à tirer le verrou de ma porte.

Sophie découvre mon univers, ça me fait tout drôle de la voir assise sur mon lit, de lui expliquer que cette lampe… là, au-dessus de mon bureau, servait à me prévenir que je devais sortir de ma chambre, pour passer à table, par exemple.

– Pourquoi tu faisais ça, toute la journée ?

– Je faisais quoi ?

– Ça !

Elle fait n’importe quoi avec ses doigts ! Je les prends dans ma main et lui montre S… O… F… I…

– C’est mon prénom en langue des signes ?

– On n’épelle pas les prénoms, on se sert d’un signe qui te définit. Par exemple, pour moi, c’est…

Je lui montre comment je m’appelle pour les sourds.

– Et moi ? Ce serait quoi ?

Je mime ses cheveux frisés. Elle me demande de lui apprendre quelques mots…

– Déshabille-toi d’abord !

Son regard, son sourire n’ont pas de prix… Quand elle est nue, je tourne autour d’elle, caresse, soupèse ses jolis petits seins, écarte un peu ses cuisses, mes doigts retrouvent la douceur de son sexe…

– Embrasse-moi !

Elle m’obéit… sa langue dans ma bouche cherche la mienne… je la fais languir parce que j’aime sentir son désir… Je signe un nouveau mot entre ses cuisses et elle aime ça !

– Montre-moi… apprends-moi… montre-moi…

– Tu dois le mériter ! Déshabille-moi… montre-moi que tu en as envie !

Une chose est sûre, elle sait s’y prendre ! Comment réussit-elle à ne pas arracher mes vêtements ? Ses yeux brillent de désir, pourtant ses gestes, comme hier, sont lents et gracieux… délicats… J’aime ses baisers dans mon cou… sur mes épaules… sur mes seins… sur mon ventre…

J’aime quand elle se met à genoux devant moi, désormais nue, qu’elle sort sa langue, la tire et que je bouge sur elle… d’avant en arrière… et qu’elle me regarde docile et complice… Alors, je commence à épeler, à signer le mot du jour, sans lui en révéler la signification. Elle se redresse, essaie de reproduire mes gestes.

– NON ! Tu fais n’importe quoi ! Regarde ! C’est comme ça !

Elle essaie encore. Je glisse ma main entre ses cuisses. Elle en fait autant. Sa main entre les miennes, je vais défaillir…

– Comme ça… !

Sophie est appliquée… et sensible… elle parvient rapidement à signer comme il faut, mais je lui fais croire le contraire, parce que j’aime la toucher ainsi et qu’elle me touche comme elle le fait…

– Applique-toi ! Dis-moi que tu aimes ça ! Que tu aimes être mon élève…

– Oui… oooh… oui… j’aime ça… j’aime ça… !

– Montre-le moi ! Allume-moi ! Excite-moi !

Assise sur ma chaise de bureau, comme au spectacle, je regarde Sophie faire de son mieux pour que je la rejoigne, la touche, l’embrasse encore… Je ne m’en lasse pas… plus le plaisir que je ressens prend de l’ampleur, plus je deviens exigeante…

– Mieux que ça !

– Comme ça ?

Sophie se prend au jeu, comme si la situation lui permettait d’assouvir ses fantasmes de jeune fille rangée. Elle se caresse, lascive, offre son corps à ma vue, lèche ses lèvres en me regardant… vicieuse…

– Sois plus salope ! Fais ta salope !

Elle rougit un peu, mais ses yeux me sourient. Elle s’assied sur mon lit, les jambes écartées, se caresse devant moi… Je regarde ses mains aller de ses seins à son sexe et je voudrais qu’elles soient sur mon corps…

– Mieux que ça ! Sois cochonne ! Montre-moi tout !

Sophie écarte les lèvres de son sexe, l’offre à ma vue…

– Comme ça ?

– C’est mieux… montre-moi ton cul… ton joli petit cul… !

Elle se met à quatre pattes sur mon lit, je la regarde se caresser, folle de désir pour elle… je ne vais pas tenir très longtemps…

– Tu trouves que j’ai un joli petit cul ?

Dieu merci, elle m’offre cette occasion ! Je me lève, attrape mon écharpe qui traînait là, bâillonne sa jolie bouche…

– Tais-toi !

Et je signe, lettre après lettre, le mot entre ses cuisses. Que son corps est chaud ! Que sa peau est douce ! Que son sexe est gonflé et humide ! Je chuchote à son oreille…

– Tu aimes ça, hein ? ! Montre-moi que tu aimes ça ! Frotte-toi contre ma main… comme la jolie petite chienne en chaleur que tu es… oui… comme ça !

Je l’entends gémir dans mon foulard… Je la sens jouir sous mes doigts… Elle tombe sur le flanc… vaincue… comblée… et me caresse… avec fougue… avec tendresse… Ses yeux me supplient de lui ôter le bâillon… Ce que je fais.

Elle plonge dans ma bouche… m’inondant de ses « merci… merci… c’est si bon… merci… ! » elle couvre mon ventre de baisers… j’écarte mes cuisses… je les sens humides et je sais bien que la sueur n’y est pour rien… Son regard implorant « je peux ? »… que sa langue est agréable… comme elle me suce bien… ! À nouveau ces mots sales m’excitent… oh oui, j’aime ça… oui, j’aime quand tu me suces comme ça, mais je ne te le dirai pas… pas aujourd’hui, pas encore… Sans arrêter de me lécher, elle glisse sa main entre mes cuisses et s’applique… je reconnais les premières lettres, mais l’orgasme que Sophie m’offre m’empêche de « lire » les autres… Je me demande si on peut mourir de plaisir…

Allongées dans mon lit, nous nous embrassons, nous caressons, repues de plaisir, nous devenons tendres, nous nous disons des mots d’amour, nous nous promettons de profiter de la moindre occasion pour recommencer et jouir l’une de l’autre, de jouir l’une avec l’autre…

Alors que nous nous rhabillons, que nous guettons sur nos visages, dans nos regards, un signe qui pourrait trahir ce que nous avons fait au lieu de réviser, constatant, rassurées, qu’il n’en est rien, Sophie semble hésiter à me poser une question.

À l’arrêt du bus, juste avant qu’il n’arrive, elle se décide enfin.

– Quel est ce mot que tu m’as appris ?

Elle le signe avec moi et j’énonce les lettres S… O… U… M… I… S… S… I… O… N…

Fin de la deuxième leçon

Les leçons de Sophie – Arts plastiques

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Les leçons de Sophie – Philosophie

– Tu as saisi la différence, maintenant ?

Pantelante, le souffle court, le cœur qui retrouve son rythme normal, je regarde Sophie, son regard conquérant, ses yeux rieurs… Trouve à ton tour une réplique amusante, caustique, excitante… !

Après des années de surdité inexpliquée, inexplicable, l’ouïe m’est revenue progressivement. J’ai mis quelque temps à m’en apercevoir. Je ne comprenais pas pourquoi, je ne comprenais pas comment. Les spécialistes non plus…

J’ai réintégré un cursus scolaire « normal », je veux dire pour entendants, au lycée avec seulement deux ans de retard. Le proviseur m’a recommandé d’expliquer aux élèves la raison de ce retard et de mon phrasé particulier. Debout, devant le tableau, face à la classe, j’ai trouvé les sourires contrits de certains assez désagréables, bien plus que l’indifférence lasse des autres. Quelques semaines plus tard, j’étais noyée dans la masse et m’en trouvais fort aise.

Cette semaine, commencent les premières évaluations. Après-demain, vendredi, oral de philo. Sophie m’a proposé de le préparer chez elle, dans sa chambre. Elle me fait choisir un sujet au hasard, petit papier que je lis et je commence à réciter mon cours. Elle m’interrompt.

– Articule mieux ! On entend « saphisme » !

– C’est bien le sujet non ?

– Non ! Le sujet c’est « sophisme et tautologie » ! SO-phisme ! Le sA-phisme, c’est…

Elle s’approche de moi, me prend dans ses bras, passe la main dans mes cheveux. Une envie folle de son corps s’empare de moi, m’enflamme comme une allumette frottée sur le grattoir…

Je voudrais avoir la lenteur de ses gestes, leur grâce, mais je lui arrache presque ses vêtements tant ma hâte de la voir nue, de la toucher est grande…

Nous nous allongeons sur son petit lit, je découvre son corps du bout des doigts… Elle découvre le mien du bout des lèvres… Elle gémit sous mes caresses… ses yeux, son sourire ne mentent pas… tout comme moi, elle découvre le plaisir qu’une fille peut offrir… Ses cuisses qu’elle ouvre, qu’elle ferme… son bassin qui danse pour que mes doigts ne s’éloignent pas de son sexe… Qu’il est doux sous mes doigts… ! Et chaud… ! Et humide… !

Sa bouche qui tète mon sein… sa main posée sur mon ventre… je la prends et la fais glisser vers mon bouton… Mes oreilles bourdonnent… vais-je reperdre l’audition ? Aucune importance, j’aurais au moins entendu ses soupirs, ses petits cris aigus, ses grognements plus graves !

– Oh oui ! Comme ça ! Touche-moi comme ça !

Alors, je remarque que je suis en train de signer entre ses cuisses S.O.F.I S.O.F.I S.O.F.I de plus en plus vite… de plus en plus fort… Sa main se crispe sur mes lèvres… elle la bouge vite… de plus en plus vite… Je frotte la mienne très fort… de plus en plus fort…

– Oh ! Ça brûle, mais c’est… c’est bon ! C’EST BON !

Par quel tour de passe-passe nous retrouvons-nous bouches contre sexes ? Quelle magie nous permet de nous donner autant de plaisir avec nos langues ? Comment avons-nous su ce qu’il nous fallait faire ?

Je n’avais jamais vu le sexe féminin d’aussi près, pourtant, quand de mes doigts, j’ai écarté ses lèvres, que j’ai vu son clitoris se découvrir, j’ai su d’instinct comment le lécher du bout de ma langue, j’ai su à quel moment la faire légère, quand l’appuyer davantage… lentement… vite… lentement…

Sophie me suce avec délice et je me laisse aller… Sommes-nous deux petites vicieuses à prendre du plaisir comme ça ? Les mots « vicieuses » « salopes » « gouines » « vice » résonnent dans ma tête, comme s’ils rebondissaient dans mon cerveau… Ils devraient me contraindre à arrêter, ces mots insultants que je déteste tant, mais au lieu de me refroidir, ils concourent à me faire jouir…

Mes cuisses se serrent autour de la tête de Sophie et je jouis… je jouis… je JOUIS !

Mon ardeur est décuplée par cet orgasme, je fais jouir Sophie avec ma bouche, ses mains plaquent ma tête contre son sexe… Je me fous de mourir étouffée, si je meurs ainsi ! Elle mord ma cuisse quand son orgasme explose à son tour.

C0ovA2AWEAEjWsoÀ nouveau dans les bras l’une de l’autre, nous nous regardons, caressons nos joues, prêtes à recommencer, quand nous entendons des pas dans le gravier de l’allée du jardin. Nous n’aurons pas le temps, pas aujourd’hui…

Nous nous rhabillons… je regarde la bouche de Sophie, aux lèvres un peu plus gonflées… pulpeuses et rouges que d’habitude. J’aime son air léger qui l’embellit…

– Tu as saisi la différence, maintenant ?

Trouve à ton tour une réplique amusante, caustique, excitante… !

– Il y a tant de mots… de concepts… Si tu dois me les apprendre, il nous faudra plusieurs leçons…

– Je te les donnerais, si tu m’apprends à jouer avec mes doigts, à les faire danser comme tu l’as fait avec les tiens…

Fin de la première leçon

Après cette première leçon, arrive la deuxième