À la Saint-Sylvestre, tombons la veste ! – Huitième épisode

Notre voisin est revenu avec une petite valise contenant des affaires pour quelques jours. Nous craignions que des allées et venues répétées n’éveillent les soupçons. En restant chez nous, si ses voisins de palier le voient sortir de l’ascenseur, sa petite valise à la main, ils penseront qu’il a passé les fêtes en famille.

Je ris quand il se plante exactement sous le lustre du salon, qu’il regarde le bouquet de gui en feignant de le découvrir. Mon mari sort de la cuisine, notre voisin lui tend les quelques DVD qu’il lui avait promis d’apporter. Ils commentent le choix, ce sont de vieux films pornos des années 70 qui leur rappellent leur jeunesse, mais surtout qui conviennent mieux à leur conception de l’érotisme.

Notre voisin est surpris quand mon mari lui explique que je n’ai jamais regardé un seul film porno. Je proteste mollement. Mon époux me porte l’estocade.

– C’est vrai, elle en a regardé un, mais elle fermait les yeux ou sortait de la pièce à chaque scène de cul !

– Sans doute parce que je n’étais pas en si bonne compagnie qu’aujourd’hui…

Et toc ! Je lui ai cloué le bec !

Je ne sais pas pourquoi, mais sans y réfléchir, sans nous concerter, nous fermons les volets, tirons les rideaux et avant même que le film ne commence, il fait soudain plus chaud. Le film commence, notre voisin pose sa main sur ma cuisse. Excitée, je l’invite à me suivre dans la chambre sans me préoccuper de l’éclat de rire sarcastique de mon époux.

Les rideaux, les volets sont ouverts, comme un fait exprès, les gros nuages qui masquaient le soleil se dissipent à l’instant précis où notre voisin est totalement nu. Gênée, intimidée, je tire les rideaux et le rejoins dans le lit. Cette lumière tamisée nous convient tout à fait. Je ne peux détacher mon regard de son sexe. Mon cœur bat la chamade. Je regarde son sexe. Je n’ai qu’une seule pensée, je veux le sentir en moi, je le désire plus que tout. Cette pensée prend possession de mon cerveau, le vidant de toute autre. En musique de fond, me parviennent les gémissements des actrices du film que mon mari regarde dans le salon. Je m’allonge aux côtés de notre voisin sans cesser de regarder son sexe.

Notre voisin caresse mes seins, ma cuisse. Je détourne mon regard pour l’embrasser. Sa main s’immisce entre mes cuisses que j’écarte pour la laisser passer, c’est comme si je n’attendais que ça pour prendre son membre durci dans ma main. J’en frémis de plaisir.

Notre voisin déchire l’emballage du préservatif. Comme si la conversation de cette nuit n’avait pas été interrompue, il me dit « Les yeux fermés ! » Il ferme les yeux et je le regarde dérouler la capote sur son sexe. Je suis trempée d’excitation, néanmoins, j’attrape le flacon de lubrifiant. Notre voisin a ouvert les yeux. Il sourit en lisant « Back door ». J’enduis son sexe et il se charge du mien. Je me drogue de ses grognements d’excitation quand ses doigts me caressent, me pénètrent.

Je préfère la levrette, mais dans le cas présent, l’envie de voir son visage quand nous ferons l’amour balaie mes préférences. D’instinct, je prends sa verge que je guide jusqu’à l’entrée de mon vagin. Il m’en remercie.

Mes fesses sont presque au bord du lit, mes mollets sur ses bras, je suis fascinée par son regard qui se délecte de ses va-et-vient dans mon vagin. J’aimerais bien les regarder aussi, mais j’ai du mal à rester à demi assise.

Je suis troublée par les cris qui s’échappent de ma bouche, étonnamment aigus, comme si ma voix avait retrouvé sa tessiture juvénile.

Mon mari entre dans la chambre, d’une voix entrecoupée de gémissements, je lui demande de s’installer dans mon dos, pour que je puisse constater de visu, ce qui me donne tant de plaisir. Notre voisin me regarde, son sourire est sous mon charme, nous en avons tous deux conscience.

Au trois-quarts assise, adossée contre mon époux, je frémis à l’idée de regarder vraiment. Je m’attarde sur les épaules de notre voisin, sur son visage. Ses lèvres entrouvertes me paraissent plus épaisses, comme gonflées de plaisir. Je l’attrape par la nuque et je l’embrasse. Oh ! Sa bite s’enfonce encore plus profond dans ma chatte ! Cette pensée, cette simple pensée et le fait de l’avoir ainsi formulée me propulse sur le chemin de l’extase.

Je me sens désormais prête à regarder sa bite coulisser dans ma chatte. Je délivre son visage de mon étreinte. Je plante mon regard dans le sien. Il comprend que je veux que nous regardions ensemble.

La semi-obscurité, un rayon de soleil taquin, je ne connaîtrai jamais la raison exacte, mais son sexe gainé brille d’une leur opalescente qui contraste avec son pubis sombre. Ce spectacle me fascine autant que mes propres ondulations. Nos regards se croisent à nouveau.

– Est-ce que le spectacle vous plaît ?

– Oh !

– Oh ?

– Oh… ooh… oui… oh… oui !

Je sens le souffle de mon mari sur mon sein. Penché au-dessus de mon épaule, il regarde aussi. Je le sens bander contre mes reins. Rendue presque folle d’excitation, j’écarte mes lèvres pour offrir mon sexe largement ouvert à notre vue.

– Re… regarde… regarde mon chéri… regarde comme… ooh… comme il me… hmm… comme il… me… Ô, très cher voisin… ooh… vous me baisez si bien…!

Avant de défaillir de plaisir, je m’affale contre mon époux, le bassin projeté en avant, mes doigts écartent davantage mes lèvres, je ferme les yeux et m’offre à leur regard concupiscents. Que c’est bon de jouir comme une vraie salope !

– Cher ami, il me semble que votre délicieuse épouse est en train de jouir…

– Que me dites-vous là ? Ma charmante épouse serait…? Ma chérie, que réponds-tu à cette allégation ? Qu’as-tu à répondre à notre voisin ?

Les modulations de ma voix sont comme sur des montagnes russes, passant de l’aigu cristallin au grave éraillé.

– Oh… ooh… ooohh… hmm… hmm… ooh… oh… BONNE ANNÉE ! Ooh… oh… oui… BONNE ANNÉE !

Dans un effort surhumain, je me redresse, agrippe notre voisin par les épaules, je l’embrasse aussi passionnément qu’il me fait jouir. Même nos langues deviennent impudiques, je ne sais pas quel démon nous incite à offrir leur danse au regard de mon époux, qui se branle dans mon dos. Je sens son sperme chaud inonder le tissu de mon caraco, que j’aime cette autre sensation ! Notre voisin accélère encore ses va-et-vient. Je comprends ce qu’il veut m’entendre lui dire.

– Oh… oui… cher… voisin… ooohh… BONNE… ooh… BONNE… ooohh… BONNE ANNÉE ! OUI, BONNE ANNÉE ! Oh… un baiser… s’il… s’il… vous… p… un baiser… ooh…

Notre voisin m’embrasse, il jouit à son tour. Son grognement rauque de plaisir achève de me séduire. Nous avons bien fait d’attendre, même s’il arrive tard dans notre vie, nous avons enfin trouvé le complice idéal.

Le minuteur sonne dans la cuisine, d’un pas léger, mon époux adoré s’y dirige, nous laissant quelques minutes en tête à tête.

– Je vous appellerai quand tout sera prêt.

Notre voisin, allongé à mes côtés, m’ouvre les bras, je m’y blottis. Ses caresses sur ma joue sont douces, ses yeux me charment, son sourire est serein, sa voix et ses mots sont d’une tendresse incroyable.

– On ne m’avait jamais souhaité la bonne année d’une façon si charmante !

– On ne me l’avait jamais fêtée d’aussi belle manière !

– Bonne année, adorable voisine !

– Bonne année, sémillant voisin !

Ma bouche sur sa bouche, nos langues se lancent à nouveau dans un tango sensuel.

À la Saint-Sylvestre, tombons la veste ! – Septième épisode

Il me semble que le jour s’est levé, la lumière tamisée par les rideaux est magnifique. Mon corps est collé contre celui de notre voisin, mais mon mari est déjà hors du lit. Je me lève pour le rejoindre dans la cuisine, l’odeur du café titille agréablement mes narines.

– Pourquoi n’es-tu pas resté avec nous dans le lit ?

– Parce que nous étions d’accord pour un plan à trois, pas pour un plan à quatre…

– Comment ça, « un plan à quatre » ?!

– Je vous ai laissé un peu de temps, comme tu me l’avais demandé, mais quand j’ai voulu vous rejoindre, un autre était là, qui vous avait pris dans ses bras… Je n’étais pas de taille à lutter…

– Qu’est-ce que tu racontes ? Un autre ?! Qui ça ?

– Un dénommé Morphée, il me semble…

C’est donc pour ça que je ne me souvenais de rien au réveil ! J’hésite entre rire du ridicule de la situation et en être attendrie.

– On dormait profondément ?

– Si tu me demandes pour toi, oui. Très profondément.

Je ronfle très fort quand mon sommeil est profond. Je suis gênée à l’idée que notre voisin ait pu le constater. Mon mari me rassure, mes ronflements ne le réveillaient pas. Nous entendons du bruit venant de la chambre. Notre voisin, tout sourire, nous rejoint en s’étirant.

– Ça faisait des années que je n’avais pas aussi bien dormi !

– Je fais souvent cet effet-là aux hommes…

– Ne l’écoutez pas, elle vous taquine !

Il n’y a que deux chaises dans notre cuisine, je me lève pour céder la place à notre voisin et m’assieds sur ses genoux. Mon époux lui sert un café, tout en faisant semblant de me sermonner d’une voix trop vibrante pour être crédible.

– Ma chérie, tu pourrais au moins dire bonjour à notre invité !

– Où avais-je la tête ? Bonjour, cher ami…

Mon cœur s’emballe pour la première fois de la journée quand nos langues se retrouvent. Il a dû le remarquer, car ses mains se sont glissées sous mon caraco. C’est un véritable crève-cœur quand nos bouches se séparent afin qu’il puisse boire son café.

Nous entendons un téléphone sonner dans le salon, mon mari va voir qui peut bien nous appeler de si bon matin. Il nous interpelle.

– C’est votre téléphone, cher ami !

Nous le rejoignons. Notre voisin jure et peste.

– Dix-sept appels manqués ! Ma fille…

– Rappelez-la, elle doit se faire un sang d’encre…

Il prend son téléphone, rédige un message à mi-voix. « Je vais bien, j’ai été invité à une fête improvisée, j’y suis encore. Je te rappelle plus tard. » Il nous regarde, satisfait. Nous hochons la tête d’un air mécontent. Il comprend, envoie un deuxième message. « Et surtout, bonne année ! » Nous rions et nos regards convergent vers le bouquet de gui. Nous nous y retrouvons dessous, j’embrasse mon époux avant d’embrasser notre voisin. La magie de nos langues emmêlées fonctionne une fois encore, voire elle se fait plus puissante.

– Je prends davantage de plaisir à regarder celui que vous prenez à vous galocher que j’en prendrais moi-même à galocher ma chère épouse !

Les mots, le son de la voix de mon mari trahissent son excitation. Notre voisin bande fort, je sens son sexe durci contre mon ventre. Nous retournons nous asseoir et plaisantons sur le coup du sort qui nous a brutalement fait sombrer dans le sommeil. Mon époux expose sa théorie du quatrième invité, d’abord séduit par cette idée, notre voisin se montre rapidement sceptique.

– L’intrusion du quatrième invité est, certes, une évidence, mais il ne s’agit en aucun cas de Morphée, c’est un sale tour que nous a joué le marchand de sable. Croyez-moi, je le connais très bien, cet odieux personnage qui ne vient jamais quand on a besoin de lui !

Ils me demandent de trancher le débat ce dont je suis incapable. Je propose à notre voisin de reprendre là où nous nous étions arrêtés cette nuit. À regret, il décline mon offre. Avant toute chose, il souhaite faire un brin de toilette chez lui.

Je remarque un détail qui m’avait échappé. Mon mari peut rester trois ou quatre jours sans se raser avant que sa barbe ne repousse, alors que, rasé de près quand il est entré chez nous, notre voisin a déjà les joues recouvertes de poils auburn.

Il promet de revenir « propre comme un sou neuf dans une grosse poignée de minutes. » Nous en profiterons pour nous laver aussi et pour cuisiner les mets qui le nécessitent.

– Je ne suis pas certain d’avoir le temps de me procurer un congélateur d’ici là…

– Il vous faudra alors manger comme quatre, le chapon de Bresse rôti aux châtaignes de mon mari est digne d’un restaurant étoilé !

Nous plaisantons sur l’éventuel effet soporifique d’un excès de gloutonnerie et nous décidons de nous montrer raisonnables en repoussant les agapes après la bagatelle.

À la Saint-Sylvestre, tombons la veste ! – Sixième épisode

Nous sommes allongés dans le lit, nous nous sommes déshabillés dans l’obscurité. J’ai gardé mon caraco, sans vraiment pouvoir m’expliquer pourquoi. Mon mari est resté dans le salon ce qui accroît mon excitation, mais paradoxalement me file le trac à parts égales. Notre voisin et moi nous embrassons encore et encore. Je suis sous le charme de ses baisers. Je le lui dis, il s’en étonne.

– Ça fait tellement longtemps que je n’avais pas roulé de pelle… je ne sais même pas si dans les années qui ont précédé mon divorce, j’en roulais encore à ma femme !

– Disons que ça doit être comme le vélo, ça ne s’oublie pas !

Je suis heureuse de le faire rire, et un peu fière aussi. Nous flirtons comme deux vieux adolescents. Je n’ose pas caresser ce corps inconnu qui s’offre à moi, ce n’est pourtant pas l’envie qui m’en manque ! Notre voisin caresse mes cheveux, mon bras.

– Sentez-vous battre mon cœur ?

Je souris parce qu’il semble davantage s’enquérir de mon sein que de mon rythme cardiaque. J’entends son sourire dans sa question.

– Et sentez-vous battre le mien ?

Comme si ma main n’attendait que ce prétexte pour abolir sa timidité, elle court rapidement sur le torse de notre voisin et découvre son sexe gonflé, durci de désir. Je grogne de plaisir et d’excitation. Nos bouches se cherchent. Mes cuisses s’écartent pour inviter sa main à caresser mon sexe. Le bout de ses doigts découvre l’humidité de ma vulve autant qu’il me permet d’en prendre conscience.

Notre voisin grogne d’aise dans ma bouche. J’aime la douceur de sa bite sous mes doigts. Je pense bite et je remarque que ce mot m’excite presque autant que nos caresses et nos baisers. Je me concentre sur ce que je suis en train de faire. Je branle notre voisin. Je suis excitée. J’aime sentir la bite de notre voisin au creux de ma main. Je mouille comme jamais parce que je sens la grosse bite de notre voisin dans ma petite main. Sa main se pose sur la mienne, lui interdisant tout mouvement. Il cesse de m’embrasser, siffle entre ses dents.

– Pas si vite… attendez un peu… vos caresses… Pas tout de suite… Vous allez me faire jouir trop vite…

Son autre main caresse mon sexe comme on explore une planète encore inconnue, quand on est sous le charme de la découverte. À peine a-t-il écarté mes lèvres que mon clitoris a jailli, se précipitant à la rencontre de ses doigts. Ma main rejoint la sienne.

– Mon cher ami, auriez-vous l’extrême obligeance de bien vouloir me doigter ?

– Si fait, très chère, si fait !

Une chance que nous ayons repris nos baisers, ainsi ce dialogue restera à tout jamais captif de mon imaginaire. Ses doigts me pénètrent, son sexe durcit encore. Nous grognons, nos langues toujours emmêlées. Ma main se crispe sur son sexe quand l’orgasme me saisit. Je jouis en essayant de graver à tout jamais dans ma mémoire la violence de cette sensation. Tout semble s’être arrêté autour de nous, autour du plaisir que nous nous offrons.

Plus tôt dans la soirée, quand nous avions évoqué un plan à trois, j’avais récupéré les préservatifs que nous avions achetés pour notre petit-fils « en cas de besoin » et je les avais déposés sur ma table de chevet. Mon bras semble se déployer au ralenti pour en attraper un. La lumière va nous piquer les yeux, je préviens notre voisin.

– Je vais allumer la lampe de chevet

– Ça ne sera pas nécessaire

– …

– J’entends votre étonnement dans votre silence, alors laissez-moi vous expliquer. Quand ma fille était en troisième, c’était l’époque où les associations intervenaient autour du SIDA dans les collèges et lycées et proposaient des ateliers où on apprenait aux élèves à dérouler une capote sur une banane. Ma fille a toujours eu l’esprit de compétition, elle voulait être la meilleure en tout, alors elle a voulu s’entraîner et a demandé à son papa, Super Bricoleur, de lui construire une boîte avec deux ouvertures pour passer ses mains. À l’intérieur de la boîte, une banane sur laquelle elle déroulait, à l’aveugle, la capote. Quand elle a bien maîtrisé l’exercice, sa mère et moi avons dû nous y prêter… Ça aussi, c’est comme le vélo… ça ne s’oublie pas !

J’entends, ou du moins il me semble entendre, le bruit de l’emballage qu’on déchire et…