Instantané – Point « zen »

Après tous ces tourments, toutes ces colères, quand la fatigue s’est évaporée, je me blottis contre toi.

Tu m’embrasses, me consoles, m’embrasses à nouveau, me rassures encore. Je m’assieds sur ton canapé, ferme les yeux en attendant de découvrir quel film tu as décidé de me montrer. Tu t’installes derrière moi, te penches, me demandes de me laisser aller.

Je sens tes longues mains délicates et puissantes se glisser sous mon tee-shirt. Tu caresses mes seins avec douceur et habileté. Toutes les tensions s’envolent. Je suis bien. Au Paradis.

Dans un murmure, je te demande « Qu’y a-t-il de plus apaisant que tes mains caressant mes seins ? »

Je sens une pression sur ma joue. Dans un sourire, j’entrouvre mes lèvres et pense « Oui. La bite de ton pote dans ma bouche, c’est pas mal non plus ! »

Bonheurs des jours, confidences épistolaires – Objet : Perfection pubienne

Le 11 janvier 2019

Mon petit Lucas,

La deuxième nuit que j’ai passée au village restera gra­vée à tout jamais dans ma mémoire. Monique m’avait proposé de choisir un déguisement et un scénario pour une petite say­nète à ma convenance. Elle avait sorti tous les costumes de la malle, je les regardais attentivement. J’aurais voulu porter une guêpière comme celles que j’avais entraperçues dans des re­vues cochonnes, mais il n’y avait que des corsets à lacets et à rubans… j’étais un peu déçue, car je ne les trouvais pas très excitants.

Monique me demanda à quoi je pensais, je lui livrais ma déception, le terme est trop fort, elle m’expliqua alors mon erreur. Elle me raconta comme elle trouvait agréable le laçage, quand elle avait le souffle presque coupé et combien le côté désuet du tissu blanc et rose fané augmentait son plaisir. Elle me proposa d’en essayer un. Il y avait cinq corsets en tout, de différentes tailles, de différentes périodes et de différentes provenances.

Je me déshabillai, à la fois excitée à l’idée de le faire de­vant Monique et à la fois un peu anxieuse à l’idée qu’elle ne me regarde pas comme je rêvais qu’elle le fasse. Non seulement, elle ne détourna pas les yeux, mais au contraire, me regarda ouvertement, me demandant de tourner sur moi-même, de lever les bras comme une danseuse, de me cambrer un peu plus. Je voulus savoir si c’était pour deviner quel corset m’irait le mieux.

Elle éclata de rire et me répondit que non, que c’était juste pour m’admirer davantage, qu’elle me trouvait très belle et super bien gaulée. Je rougis, elle s’agenouilla devant moi et marmonna. Je lui demandai ce qu’elle disait, elle me répondit par Quand le mari de Nathalie a vu ma grand-mère à poil, la pre­mière fois, il est resté bloqué sur les poils de son pubis, il n’en avait jamais vus d’aussi blonds Ta toison me fait le même effet…” Je lui rétorquai que je ne suis pas blonde, elle haussa les épaules et me sourit Merci, j’avais cru remarquer !”

– Alors quel est le rapport ?

– Ta toison est… je peux ?

Valentina par Guido Crepax

Elle me demandait la permission de toucher mon pu­bis ! Nous avions flirté, plus ou moins couché ensemble la veille, mais elle attendait mon accord pour le toucher ! Je le lui donnai bien volontiers. Ses doigts jouaient avec mes poils, parce que contrairement à la mode actuelle, le grand chic dans ces années-là était d’avoir une belle toison pubienne. Ses doigts glissaient sur ma peau, mes poils dépassaient, elle s’amusait à les enrouler au bout de son index. Elle me regarda enfin, un grand sourire aux lèvres, il faut dire que j’étais dans un tel état d’excitation que les muscles de mes cuisses tressau­taient et que je ne pouvais empêcher mon bassin d’aller d’avant en arrière, d’arrière en avant.

– Je crois que je n’ai jamais vu une toison aussi parfaite ! Chaque poil est à sa place, ondulé pile-poil comme il faut ! Et tellement denses… ils sont tellement denses ! On pourrait croire que tu les as plantés ! Regarde, ton triangle est parfait ! Martial arrive à te baiser malgré tout ? Parce que si j’étais à sa place, je ne pourrais pas décoller ma bouche de ta chatte !

Puis, semblant remarquer mon émoi, elle me proposa de jouer à la balançoire.

– À la balançoire ?

Elle sortit une langue gourmande, après m’avoir de­mandé de balancer mon bassin d’avant en arrière en écartant légèrement les cuisses. Je fis comme elle me le demandait, j’avais fermé les yeux, autant pour me concentrer sur cette sensation que par crainte de voir réellement cette scène dont j’avais rêvé maintes fois. Je me laissais aller à ses caresses, je sentais mes doigts se crisper sur ses cheveux. Je crus les lui avoir tirés un peu trop fort quand elle prit ma main, puis l’autre, mais sans cesser de me lécher, elle m’incita à écarter mes lèvres avec mes doigts.

Je sentis alors tout mon sang se concentrer dans mes mollets, des picotements sous la plante de mes pieds. Je pous­sai un cri rauque, comme un souffle d’animal en rut et je jouis dans sa bouche. Je lâchai mes lèvres pour retenir son visage contre mon sexe. Je ne pouvais m’arrêter de gémir “Comme c’est bon… ! Comme c’est bon… !” vite remplacés par la sup­plique “Encore… ! Encore… !”, les autres invités étaient déjà là quand nous fîmes notre entrée. Monique expliqua qu’elle avait dû me convaincre de la supériorité du corset à lacets sur la guêpière moderne. Le Balafré s’étonna que les arguments de Monique n’aient pas porté, nous nous récriâmes “Mais pas du tout !” avant de constater que j’étais restée nue.

Je rougis et baissai les yeux, n’osant affronter le regard de Martial qui comprit aussitôt ce qu’il se passait dans ma tête. Il me rassura “Tu n’as pas à rougir des plaisirs que peuvent t’offrir Monique et ses amis, nos amis !”. Je me blottis dans ses bras en lui disant à quel point j’avais aimé cette sensation, je savais que mes yeux brillaient de mille feux de reconnaissance, je lui répétais “Merci. Merci. Merci” et je sentais son cœur battre la chamade. Je réalisai soudain qu’on parlait de moi, que Monique parlait de moi, de la perfection de mon pubis. Jamais une fille ne m’avait complimentée en quoi que ce soit et Monique était en train de le faire sans se soucier que je l’entende ou pas, ce qui ne pouvait que me confirmer la sincérité de ses propos.

Remarquant que je les observais, Cathy me fit un clin d’œil amusé et complice “Faut dire que question comment vous dites vous autres, déjà ? Ah oui question « oralité », elle s’y connaît notre Monique !”. J’éclatai de rire, un peu gênée de ne pas avoir été la première à avoir goûté aux talents de Monique en la matière et de n’avoir donc pu cacher le plaisir que j’avais pris sous sa langue. Martial me demanda dans un souffle si j’aimerais réitérer devant lui. Je ne pensais qu’à ça ! Je voulais plus que tout que tous me regardent jouir sous la langue de Monique, je voulais que tous admirent la perfection de ma chatte et de ma toison!

Monique s’agenouilla à nouveau devant moi, je me mis en position, sous le regard attentif de toute l’assemblée. Elle expliqua à nouveau pourquoi elle trouvait mon pubis excep­tionnel, pourquoi elle adorait me bouffer la chatte. Elle rit en constatant que ses derniers mots m’avaient excitée davantage. J’écartai mes lèvres, mais elle me demanda de poser mes mains sur mes super nichons et de les caresser comme une salope qui veut exciter son monde, elle demanda ensuite à Mar­tial d’écarter mes lèvres et d’offrir mon sexe à la vue… Je jouis presque immédiatement. Monique me demanda si mes sensa­tions avaient été différentes. J’approuvai.

– Tu veux te reposer ou tu veux recommencer ?

– Recommencer

– Qui va écarter tes lèvres ?

– J’aimerais bien… Jimmy…

J’entendis alors des éclats de rire étouffés, Christian m’expliqua que Cathy et Madame avaient décidé d’imiter Mo­nique et avaient décrété que ce serait une « soirée gouinage ». Je les regardais, se taquiner, s’aguicher… J’étais troublée du trouble que leurs caresses et leurs baisers suscitaient auprès de ces hommes. Ils n’avaient que le droit de nous regarder, sauf celui qui écartait et caressait mes lèvres, à tour de rôle.

Je n’aurais jamais cru possible de jouir autant et aussi fort dans une même nuit. Nous avions décidé que ce serait une soirée exhibition lesbienne, que nos hommes n’auraient que le droit de se branler et de commenter, mais alors que je me remettais de toutes ces émotions dans les bras de Martial, Christian prononça la formule magique Et maintenant, mes­sieurs, si nous offrions une bague de fiançailles à la charmante Syl­vie ?” et l’envie nous submergea à nouveau.

Je fus bien contente de ne pas avoir d’obligations le len­demain, comme ce fut le cas pour Monique et Christian. J’ap­préciai tout autant, cette journée passée en tête-à-tête avec Martial, journée où j’ai pu mettre des mots sur mes sensations, où j’ai pu explorer mes rêves sans en rougir, où Martial m’a parlé avec une ferveur incroyable de sa vie à mes côtés telle qui l’imaginait. J’étais touchée qu’il l’imaginât si belle et exci­tante, mais je n’aurais jamais pu deviner qu’elle le serait bien davantage.

Dans une prochaine lettre, je te parlerai de ce que je re­doutais le plus et comment Cathy a réussi à me faire com­prendre à quel point je pouvais me tromper.

Ta mamie Sylvie

Sylvie fait la connaissance des parents de Martial

Bonheurs des jours, confidences épistolaires – Objet : Réponse à ta demande de précisions

Le 4 janvier 2019

Mon petit Lucas,

Comme tu me l’as demandé avant de repartir vers ta vie estudiantine et strasbourgeoise, je vais apporter ici quelques précisions. Quand tu me les as demandées, tu souriais en coin, un brin ironique et tellement tendre… Bien sûr Monique est plus cash quand elle raconte ses souvenirs, mais Manon n’est pas sa petite-fille, c’est la petite-fille de sa sœur !

Je compte sur le fait que je te posterai cette lettre et que je n’aurai donc pas à croiser ton regard dès ta lecture achevée, pour me donner le courage nécessaire et me confier réelle­ment, sans honte.

J’aimais bien faire l’amour avec le père de Julien, qui fut le premier garçon à me caresser, à coucher avec moi. J’avais déjà embrassé deux autres garçons lors de surpat’ mais ça n’avait pas été plus loin, pas même un “pelotage de nichons”, juste une ou deux pelles pendant et après un slow. Avec le père de Julien, j’ai eu l’impression d’être une femme. Il était aussi puceau que moi, mais je lui faisais confiance, persuadée qu’un garçon sait forcément “ces choses-là”…

Quand je repense à cette période, je réalise que ce qui m’excitait le plus avec le père de Julien, c’était son désir, de sa­voir que je l’excitais. Et puis, je suis tombée enceinte de Julien, mon corps déformé ne l’excitait pas. Mon désir s’est éteint avec le sien.

Après mai 68, il y avait beaucoup de groupuscules de femmes, pas forcément des militantes féministes, mais des mouvements d’entraide spontanés et évidemment des fémi­nistes, des militantes du Planning Familial qui pouvaient t’ai­der à avorter dans des conditions sanitaires acceptables, qui pouvaient te donner des moyens anticonceptionnels. C’est en allant prendre des informations sur la contraception, que j’as­sistai à une réunion où les femmes parlaient de leur corps comme je n’aurais jamais imaginé qu’on puisse le faire, elles parlaient du plaisir et de la manière de l’atteindre sans aucune honte. J’étais sidérée !

Je ne pris pas la parole et rentrai chez moi, bien déci­dée à fuir ces espèces de folles. Julien était chez mes parents, j’avais du temps devant moi, je décidai d’en profiter pour lire au calme le petit fascicule qui expliquait comment éviter une grossesse non désirée. Il y avait un schéma de l’appareil géni­tal féminin. Je localisai le clitoris. Même si ça peut paraître étrange, jusqu’à ce jour, j’ignorais son nom et même son existence.

C’était donc en caressant habilement ce truc que ces femmes jouissaient ? Je glissai ma main dans ma culotte et le caressai pour la première fois. Enfin, pas tout à fait pour la première fois, mais la première fois de façon consciente. Parce qu’il m’était arrivé quelques fois, en me lavant “à fond” après mes règles, de le toucher, mais je ne liais pas cette sen­sation à un plaisir sexuel, plutôt au soulagement de ne plus avoir mal, puisque j’avais encore des règles douloureuses. Ça te permet de te donner une idée des connaissances des jeunes de ma génération sur le sujet…

Un peu vexée d’en savoir si peu sur mon corps, je déci­dai de me caresser, je faisais attention à la moindre de mes sensations, le goût de ma salive sur ma langue, dans ma gorge, les oreilles qui chauffent, le cœur qui bat plus fort, qui ré­sonne jusque dans mes oreilles, la moiteur chaude sous mes doigts, cette envie de me caresser frénétiquement, puis ralen­tir soudain, savoir que je suis allée jusqu’au seuil du plaisir… recommencer…

À chaque fois, ces images qui s’imposaient à moi, juste avant de jouir, me faisaient peur, me faisaient honte. Je ne réussis pas à jouir ce jour-là, mais quelques jours plus tard, alors que je me lavais après avoir accompli mon de­voir conjugal, sans aucun enthousiasme, sentiment partagé avec mon époux.

Je prétextais une méthode anticonceptionnelle pour justifier ma douche prolongée. Je venais de parler avec le père de Julien de cette réunion dont j’avais entendu des bribes et lui avais demandé ce qu’il pensait de la masturbation féminine. Il me répondit que je n’en avais pas besoin puisque c’était un truc pour les mal baisées. Je pris cette réflexion en pleine face, un peu comme une gifle et je crois que c’est là qu’est née ma “rébellion”. Qu’est-ce qu’il en savait, ce con, de ce que je res­sentais ? Comme une vengeance muette et secrète, je décidais “Puisque c’est comme ça, il va voir ce qu’il va voir !”. En l’oc­currence rien, puisque je ne voulais pas qu’il sache ce que je m’apprêtais à commettre un adultère en solitaire.

J’allais donc sous la douche et me caressais longue­ment, à demi accroupie pour mieux écarter mes jambes et ressentir tous les replis, en éprouver la sensibilité avant de ca­resser mon clitoris. J’aurais aimé pouvoir observer le reflet de mon sexe dans un miroir, puisque certaines femmes sem­blaient dire que ça les avait aidées, mais à cause de la buée, des gouttes d’eau, je n’y voyais rien.

Je sentais le plaisir monter en moi et puis ces images, toujours les mêmes… ces regards lubriques posés sur moi… ces femmes et ces hommes… ces gestes à peine esquissés… La honte me fit écarter ma main une fois de plus, mais j’avais ou­blié la douche qui continuait à couler sur mes seins, sur mon ventre… Je dirigeais le jet entre mes cuisses, fermai les yeux et me laissai enfin aller à la douceur de ces regards excités…

La scène me revint tout de suite en mémoire, comme s’il s’agis­sait d’un film et que je reprenais ma place devant l’écran après m’être absentée quelques instants. Il me fallut quelques essais avant de réussir à jouir. Mais je me souviens parfaitement du sentiment de revanche que je ressentis. Cette impression de l’avoir fait cocu sans qu’il ne s’en doute.

Dès cette nuit, je me fis la promesse de jouir au moins une fois par jour. Promesse que je n’ai pas toujours pu tenir, mais je m’y suis efforcée au maximum. Tu comprends mainte­nant mieux ma gêne à propos du réveillon de 1974 ? Si j’avais eu d’autres fantasmes, peut-être aurais-je pu connaître leur part dans mes souvenirs de cette nuit, mais il se trouve que ces vagues souvenirs sont semblables aux images qui me venaient en tête quand je jouissais, aux images que je convoquais pour m’exciter quand je ne l’étais pas assez.

Pendant les presque deux années qui suivirent ma sé­paration d’avec le père de Julien, j’approfondissais mes connaissances sur mon corps, sur les différents plaisirs qu’il pouvait m’offrir. J’eus même une période, après ce fameux ré­veillon de 1974 où l’envie de jouir me prenait à l’improviste, par exemple à mon travail. Je prétextais alors une envie pressante pour aller me soulager dans les toilettes, mes collègues me plaignaient à cause de ces cystites à répétition, je n’ai jamais osé les détromper.

Quand je rencontrai Martial, durant notre première nuit, j’avais une idée assez précise de ce qui m’excitait, de ce qui me permettait d’accéder au nirvana, mais je n’aurais jamais imaginé qu’il pouvait m’en offrir bien d’autres.

Je n’ai pas le souvenir d’avoir éprouvé du plaisir avec ma poitrine avant que Martial ne la caresse. La seule hésitation que j’ai eue dans cette étreinte fut liée à mes seins d’ailleurs… Martial me les caressait doucement, sensuellement, je caressais ses épaules, j’avais envie de passer mes doigts dans ses cheveux, mais je n’osais pas, parce qu’ils étaient crépus… puis, je me suis lais­sée aller… j’ai immédiatement adoré la sensation sous mes doigts, ses cheveux sous mes doigts semblaient les caresser… la bouche de Martial était tout près de mes seins, j’avais envie qu’il me les tète, mais j’étais prise d’une honte incroyable à cette idée… Comme s’il avait deviné mes pensées, Martial re­leva la tête pour me demander l’autorisation de sucer mes seins… j’ai cru m’évanouir de plaisir.

Tu comprends pourquoi, quand en janvier, il m’a parlé de Monique, j’ai eu peur d’arriver trop tard dans sa vie et comme j’ai été heureuse de sa demande en mariage ?

Je vais arrêter là cette lettre et te la poster, parce que tu connais mon aversion pour les traces qu’on laisse sur le web. Si tu souhaites que j’apporte d’autres précisions, n’hésite pas à me les demander.

Ta mamie Sylvie

Lettre n° 4