Jimmy&Odette – Rapports de bon voisinage

La proposition que j’avais faite à Odette, sans en mesurer les conséquences, s’avérait être un véritable défi. Organiser en un mois un séjour de rêve au Canada, qui plus est, fin décembre… ! Je passais mon temps sur internet, à chercher, à trouver, à espérer, à recommencer. Martial passait ses soirées avec moi, il avait vraiment besoin de ne pas rester tout seul chez lui, me savoir brûler de désir pour sa sœur et préparer ce voyage lui permettait d’espérer malgré tout. Son univers s’était vidé d’un coup, la semaine précédant l’accident qui fut fatal à ses parents, son épouse adorée, Sylvie, avait été percutée par un chauffard et était plongée dans le coma.

Vers la mi-décembre, il fallut trouver un lieu au calme pour la convalescence de Sylvie. Je leur proposai le mas qu’ils acceptèrent volontiers.

Sylvie et moi avons toujours eu une relation particulière. J’aime vraiment me branler sur ses photos, ses vidéos. Quand elle s’exhibait encore, j’adorais assister à ses spectacles. Aujourd’hui encore, j’aime quand elle lit, nue ou à demi-dévêtue, la tête posée sur mon ventre, je la mate, je soulève son vêtement pour découvrir ce que je voulais qu’elle cache, je la caresse, mais en quarante-cinq années d’amitié, si nous avons couché ensemble une dizaine de fois, c’est le grand maximum.

La perspective de mes retrouvailles avec Odette, a permis à Sylvie d’atténuer un peu le choc de la mort de ses beaux-parents. Parce que rien n’aurait pu atténuer sa peine. Martial et moi l’encouragions à ne pas résister au chagrin, à le laisser l’envahir puis à laisser couler ses larmes, à hurler sa douleur, à maudire le sort. Nous avons ainsi pu, tous les trois laisser éclater notre propre chagrin, tout en ayant en tête ce voyage à l’autre bout du monde.

La préparation de ce séjour nous apportait une bouffée d’air frais et une belle lumière. Sylvie est depuis toujours ma confidente. J’ai pu mesurer sa discrétion quand elle m’apprit qu’elle était également celle d’Odette, qui ignorait tout de mes propres secrets.

J’ai voulu lui expliquer la situation, la raison de ce voyage. Elle savait pour Bertrand, mais ignorait son installation à Cannes, puisqu’il l’avait annoncée à Odette alors que Sylvie était dans le coma. C’est elle qui m’a orienté sur Vancouver, je cherchais plutôt dans la province de Québec.

Je lui ai également fait part de mes tourments. Il était hors de question que je renonce à la vie que je mène, mais hors de question de l’imposer à Odette, si viscéralement monogame.

– Et j’espère bien qu’il est aussi hors de question pour toi de renoncer à Didou…

C’est même le préambule !

– Je sais des choses que tu ignores, tant que Didou ne m’aura pas déliée de ma promesse, je ne t’en parlerai pas. Je peux lui écrire une lettre pour lui expliquer qu’elle n’a rien à perdre à se laisser aller avec toi, qu’elle a tout à y gagner.

Dans le hall de l’aéroport et jusqu’à l’embarquement, Odette se dérobait à mes baisers. Mal à l’aise, elle se tortillait comme un asticot quand je la prenais dans mes bras.

– C’est con, mais… j’ai peur qu’on me reconnaisse, ce qui est impossible… peur qu’on me traite d’épouse infidèle alors que c’est Bertrand qui est parti, pas moi. J’espère que ça va s’arranger quand on sera installés dans l’avion…

À l’avant de l’appareil, pendant que les autres passagers embarquaient, je lui demandai si elle n’avait jamais eu d’aventures depuis sa rencontre avec Bertrand. Odette dodelina, pinça ses lèvres.

Oui et non… presque…

J’éclatai de rire.

– Tu es vraiment la digne fille de tes parents ! « Oui et non », comme maman, « presque », comme papa qui avait presque couché avec une fille avant Louise !

Réalisant la maladresse de mes mots et horrifié de cet impair, je m’en excusai auprès d’Odette, qui me regarda, les yeux étincelants « T’excuser de quoi ? D’avoir oublié qu’ils étaient morts ou par cet oubli, de les avoir rendus à la vie ? ». Elle serra sa main sur ma cuisse, m’embrassa à la commissure des lèvres.

– Tu ne t’es pas moqué de moi quand j’avais dix-sept ans, j’espère que tu ne le feras pas, maintenant que j’en ai presque soixante. À la naissance de Caroline, nous avons « fait construire » en Seine-et-Marne. Le terrain n’était pas cher, le pavillon fonctionnel, on nous promettait monts et merveilles quant aux infrastructures à venir et puis, les gamins auraient un jardin pour jouer, on y ferait un potager, un verger… Une chambre pour chacun, plus une autre pour les amis… deux salles de bain… À Paris, on vivait dans un quatre pièces microscopique.

Petit à petit, le lotissement s’est rempli de pavillons identiques, de voisins interchangeables. Pardon de me montrer quelque peu cynique, mais c’était, c’est mon sentiment. Néanmoins, allée des Acacias, nous étions solidaires. Il faut dire que les enfants y étaient pour beaucoup et que nous essuyions les plâtres, alors si un volet était bloqué, il y avait moyen que la mésaventure soit arrivée à un autre… tu vois ? Un lundi de juillet 1983, alors que les gamins étaient en vacances chez mes parents et que Bertrand travaillait, j’ai surpris mon voisin…

Les joues d’Odette prirent de la couleur. Qu’elle était craquante, plongée dans ce souvenir ! Elle souriait, un peu honteuse. Puis comme frappée par un éclair de génie, se tourna vers moi, un sourire éclatant illuminait son visage qu’elle tentait vainement de rendre sévère en fronçant les sourcils.

– Tout ça, c’est de ta faute !

– Ma faute ?!

– Parfaitement ! Ta faute ! C’est à cause de toi que je ne peux résister au plaisir de mater les…

– De mater les ?

– Les bites ! De surcroît, mon voisin se branlait !

– Et que s’est-il passé ?

– J’étais à l’étage, je dépoussiérais les tapis… Je ne sais pas comment il a su, mais il a compris que je le voyais. Il a caché sa queue avec sa revue porno. J’étais dépitée, il l’a remarqué et a soulevé tout doucement son journal comme pour s’assurer qu’il avait bien compris. Il tenait sa queue d’une main, j’ai passé une main sous mon tee-shirt, l’autre dans mon short et nous nous sommes donné du plaisir comme ça… moi debout sur mon balcon, lui assis dans son transat… C’est pas vraiment tromper, non ?

– Et quand tu le croisais ?

– Bonjour madame. Bonjour monsieur. Puis « Bonjour Odette » « Bonjour Jean-Claude ». On avait intérêt parce qu’on se retrouvait souvent dans les mêmes comités de quartier, dans les mêmes associations. De toute façon, à part une fois, on n’a jamais vraiment été plus loin que ça…

Parce que vous avez réitéré ?!

Se méprenant, Odette tenta de se justifier.

Pour Sébastien et Arnaud, j’avais réussi à retrouver ma ligne, mais après la naissance de Caroline, les kilos s’étaient installés… une certaine routine, aussi… alors avec les soucis, le pavillon, le crédit, la deuxième bagnole qu’on avait dû acheter… l’humeur n’était pas à la galipette… et pis… quand ton mari commence à t’appeler « Maman », c’est un peu le début de la fin de la romance, non ?

– Mais tu n’as pas à te justifier, Princesse !

Je pensais à la lettre de Sylvie et me maudissais de l’avoir glissée dans ma valise, c’eut été le moment idéal pour la donner à lire à Odette.

Dès le lendemain, je retournais sur le balcon… Jamais mes tapis n’ont été aussi bien entretenus qu’à cette période de ma vie ! Mais au lieu d’un short et d’un tee-shirt, je portais un déshabillé en satin, sans rien dessous. Mon voisin arriva, fit comme s’il ne m’avait pas vue, s’installa sur son transat, un pantalon de jogging trop lâche pour tout vêtement. Il commença la lecture de sa revue, une main dans le jogging. Je l’imaginais allant et venant, j’imaginais les reliefs de sa bite… Je fermai les yeux et commençai à me frotter à mon avant-bras. Quand je les rouvris, il avait retiré son jogging et se branlait en matant ostensiblement les photos de sa revue, comme si je n’étais pas là. De temps en temps, en tournant les pages, il jetait un coup d’œil dans ma direction et manifestait son contentement en se branlant plus fort ou en prenant ses couilles dans la paume de sa main. Nous n’en avons jamais parlé, pourtant je suis certaine de savoir ce qu’il voulait voir tout autant qu’il savait ce que je voulais voir… Par exemple, je sais qu’il préférait apercevoir mes seins, mon corps quand le vent s’engouffrait sous le tissu le dévoilant à l’observer directement offert à sa vue. Je sais qu’il préférait deviner mes gestes plutôt que me voir me toucher pour lui… C’était pas aussi bizarre que ça à vivre, je t’assure !

– Cette parenthèse a duré tout l’été ?

– Non

– Oh, quel dommage…

Elle a duré plus de dix ans… et puis… y a eu le Koweït… l’opération Tempête du Désert… Sa boite a fait faillite, il a été licencié… à quarante ans… il ne trouvait que des petits boulots sous-payés… puis le schéma classique : surendettement, divorce, pour finir vente par adjudication… enculé de Saddam !

Ta capacité à rire de tout ne cessera de m’étonner !

– Ça change quoi de geindre ?

– Et… cette exception dans votre règle tacite ? Tu étais dans ton jardin et lui sur son balcon ?

– Mais non ! Ce qui était quasi immuable, c’était de faire comme si on ignorait que l’autre nous matait, mais des situations, il y en a eu plein ! Je ne sais plus qui en avait l’idée… La haie de thuyas a été une belle source d’inspiration… C’est fou le nombre de fringues que le vent décrochait de mon fil pour les plaquer sur les branchages… satané vent, qui s’engouffrait sous ma robe, faisant sauter les deux boutons du haut et les deux du bas… et tout en haut de la haie, en plus ! Et c’est délicat à décrocher, les vêtements, quand t’es à bout de bras ! Ça prend du temps… et la petite culotte qu’on n’a pas vue tomber au pied de la haie… celle que le voisin a récupérée et qu’il rapporte, parce qu’il est ben urbain… J’adorais les frissons qui me parcouraient l’échine quand, devant lui, je remettais cette culotte avec laquelle il venait de se branler… Je sais qu’il aimait me voir me masturber ainsi, la main sur ma culotte et jouir dedans en appuyant bien le tissu contre ma chatte… « Non, cher voisin, ce n’est pas une des miennes… tenez, je vous la rends ! »… il la reniflait, son sexe gonflait encore… il se branlait… je me touchais et nous rabattions les branchages avant de vaquer à nos occupations habituelles…

Nous avons eu notre période « observation des étoiles au télescope », notre période « découverte des oiseaux migrateurs », notre période « promenons-nous dans les bois »… les scénarios variaient, mais on ne se parlait pas, on ne se regardait pas ouvertement, on ne se touchait pas…

Au début de l’été 93, nos gamins avaient décidé de passer leurs dernières vacances ensemble, chez les parents de Bertrand. Ils étaient amis depuis toujours et n’allaient pratiquement plus se voir dès la rentrée, puisqu’ils suivaient leur mère dans sa nouvelle vie. La voiture était trop petite et Bertrand ne faisait pas confiance aux jeunes titulaires du permis pour un si long trajet. Il fut décidé que nous partirions à deux véhicules et que je ferai le voyage du retour avec mon voisin, puisque du travail m’attendait à Paris.

Nous avons fait les premiers kilomètres en silence, il regardait droit devant lui, je faisais de même. Il a allumé la radio. Un slow sirupeux. Il a bougonné, changé de fréquence. Marvin Gaye. Il a souri.J’ai vu une larme accrochée à ses cils. J’ai regardé son entrejambe jusqu’à ce qu’il le remarque. Quand il a commencé à bander, j’ai gigoté sur mon siège pour qu’il puisse entrapercevoir la naissance de mes cuisses… pour la première fois, il a posé sa main dessus et m’a caressée. Mon cœur battait à tout rompre.

Il s’est arrêté sur le bas-côté et m’a demandé de lui faire confiance. Il a pris une autre direction, nous avons roulé un petit quart d’heure avant de nous garer dans une clairière, où il a sorti sa queue de son pantalon, où je me suis mise nue, où nous nous sommes masturbés côte à côte, à l’avant de sa voiture, sous le regard de voyeurs qui étaient accourus à notre arrivée. Ces hommes qui se branlaient pour moi ! Quel pied !

Un homme a fait un geste que je n’ai pas compris. Mon voisin m’a expliqué « Veux-tu baisser ta vitre ? ». J’ai accepté. Cet homme a caressé mes seins, ma chatte, je ne sais pas à quoi il ressemblait, je ne regardais que sa main, que sa bite… il voulait jouir sur mes seins, j’ai refusé, mais ouvert la bouche…

J’ai remonté la vitre pour regarder la main de mon voisin. Il m’a demandé si je voulais qu’il la retire pour que je puisse voir sa bite de plus près. Je n’attendais que ça et il le savait. J’ai éteint l’autoradio et sur le même ton lui ai demandé s’il voulait écouter chanter ma chatte. Ma question l’a surpris. Je lui ai fait entendre comment, quand je suis super excitée, les va-et-vient de mes doigts peuvent être sonores.

Il avait lâché sa bite et je la regardais vibrer d’excitation. C’est à ce moment qu’il m’a fait remarquer la présence de nouveaux spectateurs. Sans nous concerter, ma main a caressé son sexe et a sienne a glissé entre mes cuisses. Le « Ho ! » que nous avons gémi était dû à la surprise de sentir dans ma paume ce sexe que je connaissais si bien, mais de loin, à la sienne de caresser le mien et de la trouver si humide, auxquelles surprises s’ajoutait le plaisir de voir ces hommes se branler à cause de nous… grâce à nous… avec nous… pour nous… Je regardais ouvertement, ne cherchant pas à cacher le plaisir que j’y prenais. L’un d’eux s’approcha de la portière. Je baissai la vitre. Sa main sur mes seins… Sa main qui glisse vers mon minou, celle de mon voisin qui se soulève pour la laisser passer… leurs doigts qui me tripotent… l’autre main de l’inconnu qui accélère… son sperme qui macule mes joues… ses doigts qui recueillent sa semence avant de me les fourrer dans la bouche… ses doigts que je suce comme j’aurais aimé sucer tous ces hommes… Un autre homme s’est approché, puis un autre encore… Je ne sais plus combien ont joui sur ma langue, combien sur mon visage, combien sur mes seins… peut-être pas autant que ça, peut-être plus… J’étais vraiment dans un état second… J’ai senti mon voisin prêt à jouir. Je n’ai ni ralenti, ni desserré mes doigts quand il a éjaculé. J’ai pris garde qu’il le fasse dans le creux de ma main. J’ai rapproché ma main de nos visages et nous avons lapé ensemble son sperme tout chaud.

Il a incliné mon siège. J’ai posé mes pieds sur le tableau de bord. J’ai fait signe à ces hommes de s’approcher et toutes ces mains inconnues m’ont fait jouir.

Ensuite, nous sommes rentrés, chacun dans son pavillon respectif. Alors, monsieur le pinailleur en chef, était-ce de l’adultère ou n’en était-ce point ?

– Je dirais que c’en était presque un !

– C.Q.F.D. !

– Pourquoi ce sourire ?

– Parce que je suis heureuse et que… oups !

Odette a fait mine d’essuyer l’eau qu’elle n’avait pas renversée sur mon pantalon, pour avoir le plaisir de sentir mon sexe se dresser et tendre le tissu.

– Je crois que je n’ai jamais autant eu envie d’un homme que je te désire !

Nous nous sommes endormis sans nous en apercevoir et nous avons atterri à Vancouver dans l’après-midi du 31 décembre.

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