Elle ne te suçait pas, non ! Elle t’offrait un voyage au pays de la fellation.

Comme on fait son livre, on se touche.

Nous nous sommes endormis, alors que j’aurais dû rentrer chez moi après cette fin de soirée où nous avons continué à étancher notre soif… ma soif de toi, de ton corps, de tes sourires, de la douceur de ton regard, ta soif de moi, de mon corps, de mes plaisanteries douteuses et de mes mots d’amour… Parviendrons-nous un jour à l’étancher ?
Épuisés de ces quelques nuits sans sommeil suivies de ces longues journées remplies comme l’agenda d’un kiné en banlieue parisienne, nous nous sommes assoupis, comme évanouis.
Que tes bras m’ont manqué ! Et ta peau ! Et ton odeur ! Nous nous sommes endormis comme si nos corps étaient des brins de coton tissés… la fenêtre était ouverte, le vent gonflait le rideau le transformant en une voile… je nous ai imaginés solitaires au milieu de l’océan dans une traversée romantique vers des plages paradisiaques…
Je me suis ébrouée en réalisant qu’il faisait déjà jour. Quelle heure est-il ? Mes lunettes étaient sur ta table de chevet, j’ai voulu tourner légèrement le radio-réveil pour savoir s’il était si tard que ça, mais je ne voulais pas te réveiller. Tu es si beau, quand tu dors un sourire aux lèvres…
Ça n’a pas manqué, en déplaçant le réveil, j’ai déclenché la radio ! C’est marrant qu’elle soit réglée sur France-Inter, je ne l’avais pas remarqué avant ce matin.
Tu as souri en entendant « Ils représentent 2% de la population française et se disent victimes de discrimination, les roux ont eu leur premier festival en Bretagne ce week-end. » Tu t’es tourné vers moi, m’as enlacée en me proposant de nous créer, rien que pour nous un festival off. Proposition que je me suis empressée d’accepter !

Enfin !
Il est enfin revenu !
Il est enfin là, ce temps où l’air a la douceur de ton souffle sur ma peau, la fraîcheur du mien sur la tienne… !
Elle nous est revenue la saison où l’air se déplace avec la grâce qui précède tes caresses sensuelles… quand il suspend son vol pour mieux fondre sur nous… la saison où l’air tangue comme extrémité… le bout du bout du bout de ma langue, qui se régale à l’avance du goût que ta peau lui offrira… !

Il est revenu !
Il est enfin là !
Il nous enveloppe, moi dans tes bras, toi dans mes bras !