Les secrets de Louise & Jean-Baptiste

Quand je suis arrivée au mas, au printemps, après l’appel de Jimmy, Martial, Sylvie et moi avons eu une discussion avec Émilie et Lucas à propos de la maison d’Avranches. Il est hors de question de nous en séparer, pourtant dix ans après leur mort, je suis incapable de remettre les pieds dans la maison de mes parents. Martial et Sylvie ressentent la même chose. Nos enfants respectifs l’envisagent plus comme une roue de secours que comme un lieu de villégiature. Comme une évidence, nous proposâmes à Émilie et à Lucas de se l’approprier, d’en faire leur lieu à eux, comme Cathy et Alain l’ont fait de la maison du Toine, Monique et Christian de cette de Rosalie, Jean-Luc de celle de Valentino. Qui sait, peut-être qu’une fois réaménagée par leurs soins, pourrions-nous y séjourner sans trop de gorges serrées, d’estomacs crampés, de tripes nouées ? C’est pour cette raison que la petite classe a décidé de consacrer ses congés d’été à la redécorer. Manon en profiterait pour découvrir Montchaton et s’en réjouissait.

Émilie m’avait fait part de son souhait de faire un break dans ses études. Plus aucune motivation, aucun espoir. Nous en avions longuement parlé, d’abord toutes les deux, ensuite tous ensemble. Elle eut cette remarque touchante « C’est auprès de vous que je me sens la mieux comprise. Vous avez tous bossé à l’Éducation Nationale, mais me comprenez mieux que mes parents qui ne veulent pas en entendre parler ».

– On comprend surtout que si tu n’en as plus l’envie, ça ne sert à rien, tu cours à l’échec !

– Ce qui me plairait, ce qui m’attire en ce moment, c’est la littérature anglaise du XVIIIe siècle, si je dis aux parents que je laisse tomber le droit des affaires pour une filière sans aucun débouché… j’imagine déjà leurs réflexions… non merci !

– Comme tu l’as certainement entendu, je vais m’installer ici, tu peux habiter chez moi, le temps de prendre ta décision.

Je ne l’ai pas revue avant la fin octobre. Quelques jours avant l’arrivée de Jim, Émilie nous demanda comme une faveur de nous retrouver en comité restreint. Je décidai de ne pas chercher à deviner quel secret cachait ce ton mystérieux et acceptai volontiers cette proposition. Nous nous retrouvâmes donc Émilie, Sylvie, Lucas, Martial, Jimmy et moi chez Jean-Luc qui était également convié.

– En fait, bien dépoussiérée et débarrassée des toiles d’araignées, la maison est vraiment pas mal… sauf les papiers-peints… pas possibles ! Alors, on a décidé de commencer par le salon. L’armoire-bibliothèque prenait trop de place, on a voulu la déplacer…

– Surtout pas, elle est scellée dans le mur !

– Bah oui, on a remarqué !

Jimmy, Martial et Jean-Luc sifflotèrent « Tout va très bien, Madame la Marquise » et il est vrai que je me demandais quelle serait la prochaine catastrophe annoncée.

– Non, non ! Rassurez-vous ! Quand on a compris, on a fait super attention et on a tout remonté. Aucun dégât, par contre…

– En revanche !

– Ah ah ! En revanche, en décollant le papier peint au fond de la partie bibliothèque… en bas, derrière les tiroirs, il y avait une autre porte et en l’ouvrant, on a trouvé ça…

– Le syndrome de la valise !

– Moque-toi, Jean-Luc, mais mon père craignait toujours devoir faire sa valise, ça nous est resté.

– Tu as raison, Valentino en avait aussi une déjà prête à portée de la main, au cas où…

– Qu’y avait-il à l’intérieur ?

– On s’est dit qu’on n’avait pas le droit de l’ouvrir, que c’était à toi et à Martial de le faire… c’était vos parents et pis surtout, il y avait cette enveloppe scotchée dessus « Pour Martial et Odette »

Martial chéri, Odette adorée,

Si vous lisez cette lettre, c’est que nous sommes morts et que vous avez déjoué les ruses de notre code. Il est important pour nous que vous découvriez notre legs tous les deux ensemble. Martial, nous comptons sur toi pour épauler ta petite sœur, Odette que nous rêvions libre et rebelle, mais qui semble s’est trop assagie pour prendre le sexe avec toute la légèreté nécessaire. Quant à toi, nous craignions, fut un temps, que tu ne restasses vieux garçon, comme Jimmy et le petit Jean-Luc. Heureusement, la vie a permis que ton chemin croise celui de Sylvie. Elle nous a pris notre enfant pour en faire un homme épanoui, nous ne lui en saurons jamais assez gré.

Mais toi, Dédette, nous aimerions que tu lèves les yeux sur la vie, que tu te respectes aussi pour la belle femme que tu es, pas seulement la mère de famille attentive et la bonne ménagère. Comment peux-tu accepter que ton mari t’appelle « maman » ? Tu veux être reconnue pour tes qualités intellectuelles, mais tu refuses de voir de ton corps autre chose que le moyen de locomotion de ton cerveau. Pourquoi t’entêtes-tu à renoncer à la sensualité qui coule dans tes veines ? N’as-tu jamais remarqué les regards gourmands que te lançait Jimmy, ses sourires carnassiers quand, au cours d’un repas, fusait une blague un peu leste, spécialement quand c’était toi qui la racontais ? As-tu oublié les « envies pressantes » du petit Jean-Luc qui le contraignaient à s’absenter « quelques instants » ? Ne cherche pas à faire croire que tu gobais cette excuse ! Il masquait son érection de façon si malhabile qu’il était aisé de s’imaginer qu’a contrario, il cherchait à nous la faire remarquer !

Regardez ces films ensemble, ou entourés de personnes qui ne jugeront pas un couple qui s’aime. D’où que nous soyons, si nous sommes quelque part quand vous lirez ces mots, nous vous envoyons tout notre amour et offrez-en une bonne part à Sylvie, notre bru bien aimée.

Papa, Maman ~ Jean-Baptiste, Louise

En ouvrant la valise, en découvrant son contenu, Sylvie ne put cacher son enthousiasme. « Une caméra et un projecteur Pathé-Baby ! » Et expliqua à Émilie et à Lucas ce qu’était le cinéma amateur avant l’ère de la vidéo. Les gamins ouvraient des yeux comme des soucoupes. Jean-Luc leur conseilla de refermer leur bouche avant qu’un fantôme lubrique n’y glisse son sexe.

La valise contenait aussi des tas de bobines et un disque. Certains souvenirs me revinrent en mémoire, ces moments sereins en famille, quand nous reprenions tous en chœur cette mélodie envoûtante. Je regardai Martial et constatai que lui aussi voyageait dans notre passé. Je tournais et retournais la pochette dans tous les sens, la regardant sans pour autant la voir vraiment. Je la tendis à Martial qui entonna les premières mesures, reprenant le rôle de notre père. J’allais demander « Vous vous souvenez ? » quand je constatai que chacun était concentré sur sa partie. L’odeur des dimanches me revint aux narines.

– Ça me rappelle le jour où vos parents m’ont dit « puisque tu fais partie de la famille, il n’y a pas de raison que tu coupes aux corvées dominicales ! Et tu viens depuis assez longtemps pour savoir que nous les effectuons en musique »

– Je m’en souviens aussi, ô put… le sable ! Le sable, ce putain de sable !

– Plaignez-vous ! Tu me fais marrer Jean-Luc avec ton sable ! Vous n’étiez de corvée qu’à Avranches. Nous, on l’était aussi à Paris et permets-moi de te dire que la poussière c’est autrement plus coriace que le sable… qui plus est, le sable ne me relevait pas de la corvée de poussières !

– Mais je ne m’en plains pas ! Si j’avais fondé une famille, j’aurais aimé les reproduire, ces corvées dominicales ! Pas toi, Jean-Luc ?

– Je ne sais pas, je n’y ai jamais vraiment songé… tout occupé que j’étais à me tirer sur l’élastique. Ô put… la famille Touré dans son ensemble me prenait pour un puceau…!

– Non ! Mes parents te prenaient pour un branleur, nuance ! Ce en quoi, ils ne se trompaient guère et pis, Martial savait lui…

Sylvie avait très peu connu ces dimanches. Quand elle venait chez mes parents avec Martial, j’y étais rarement et quand je me plaignais qu’ils délaissassent notre maison familiale pour passer leurs vacances d’été chez eux, en Provence, il y avait toujours papa ou maman, voire les deux, pour l’en excuser. « La pauvre, elle vient de Bretagne, elle a besoin de rester au soleil pour sécher toute cette pluie qu’elle a subie avant de s’installer là-bas ! » J’avais redouté ce moment, en fin de compte, nos souvenirs mêlés ramenaient nos parents à la vie.

S’il est un point sur lequel ils s’entendaient bien, c’était la manie des petites notes explicatives, celles qu’ils nommaient affectueusement « les consignes de vote ». Scotchée sur le projecteur, à l’intérieur d’une enveloppe rose saumon, un mode d’emploi concis et cette brève recommandation « Pour bien profiter de ces films, il faut les regarder en écoutant ce disque. Les bobines sont numérotées, mais vous remarquerez aussi de petits repères de couleur sur le disque qui correspondent à ceux des bobines. Pas besoin de vous faire un schéma, nous savons que vous avez déjà compris leur utilité. »

Il nous fallut un peu de temps avant de pouvoir regarder les films. Jimmy dut faire un bref aller-retour au mas pour récupérer un vieux tourne-disques capable de lire un 78 tours.

– J’étais pas si folle que ça ! Il y avait deux disques !

– Toi aussi, tu l’entendais ? Je croyais que c’était dans mes rêves…

– Moi aussi !

Nous racontâmes ces nuits où il nous semblait entendre une autre version du Boléro de Ravel, au son moins net que celui du disque qui rythmait nos dimanches.

– Je l’avais aussi entendu à Avranches, mais je n’ai jamais cru que je rêvais, la musique venait de leur chambre et…

J’avais mimé une branlette frénétique, Martial me bouscula d’un coup d’épaule.

– Ne te moque pas du petit puceau, Dédette !

– Du p’tit branleur, tu veux dire

– Pourquoi « petit » ? I am the Great Wanker !

– Ah ah ! Écoutez-le, ce vantard !

– Si les gamins n’étaient pas là…

Je lançai un regard en direction desdits gamins. Émilie plongea ses yeux dans les miens, ensemble nous mimâmes un violoniste de restaurant russe, tel qu’on se les imagine. Mais quand nous entonnâmes un « Ramona » sirupeux et ironique à l’unisson, Jean-Luc s’écria « Mais tu l’as aussi dressée à ça ? » Il est à noter que si l’Australien s’exclame souvent, le Great Wanker a tendance à s’écrier. Jimmy, qui venait d’arriver, demanda à quoi j’avais dressé Émilie. Jean-Luc ne me laissa pas le loisir de répondre.

– À l’insolence ! Voilà comment ta princesse a éduqué sa petite-fille, et c’est pas joli-joli

– C’est pas de l’insolence ! On remarquait juste qu’il est comme la grenouille à la grande bouche, il parle haut et fort, mais y a pas grand monde derrière !

– Té ! Qu’est-ce que je disais ?! Qui évoquerait la grenouille à la grande bouche si ce n’est une créature dressée par ta princesse ?

Nous étions trop avides de découvrir la première bobine pour prendre davantage de plaisir à cette joute oratoire. J’étais pressée de découvrir ces petits films tout en le redoutant. Nous suivîmes les consignes précises et nous réussîmes dès le premier essai à caler la musique sur les images. La femme que je vis s’animer sur le mur blanc était si éloignée de ma maman, que je la nommerai désormais Louise tout comme j’appellerai ce bel homme Jean-Baptiste et non papa.

Sur la première bobine, Louise, uniquement vêtue de son voile nuptial, danse en le faisant voleter, virevolter au rythme de ses pas, de ses petits sauts. De temps en temps, le tissu découvre tant son corps qu’on y voit le ventre arrondi et les seins gonflés de Louise.

Le premier film venait de s’arrêter. J’allais faire remarquer à Martial qu’il devait avoir été tourné peu après leur mariage, quand je vis Jean-Luc. Je me levai d’un bond et lui assénai une baffe à l’arrière du crâne. « T’es pas gêné, toi !! Hey, ton copain se branle sur maman, j’te f’rais dire ! » Jean-Luc n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche, la voix de Martial tonna, interdisant toute réplique à son ami. « Pas le physique, ni la religion ! »

Jean-Baptiste arrive dès le début de la deuxième bobine. Il s’approche de Louise à pas glissés. Maman avait raison, qu’il était raide ! Louise, tout en faisant onduler son voile, fronce légèrement les sourcils, mais presque aussitôt cet air de reproche s’estompe, s’efface pour laisser place à un océan d’amour. Je ne pense pas que c’était prémédité. Jean-Baptiste se colle au corps de Louise. Ses mains posées sur le ventre de sa déesse font de ce bébé lové à l’intérieur, le fruit d’une danse charnelle.

Je chassai les doigts de Jean-Luc d’une tape sèche et commençai à le branler. Je regardais fixement le mur où se projetaient les images animées, ce qui ne m’empêcha pas de sentir le sourire du Great Wanker.

J’aime beaucoup le branler à l’improviste, quand il s’y attend le moins. Il apprécie les loves attaques surprises, comme nous les nommons. Cet été, alors qu’il venait de jouir, son sperme n’avait même pas commencé à sécher, il me dit « J’adore quand tu me branles comme ça, sans raison ! » « Que veux-tu, ta bite m’inspire… » Je ne mentais pas. Rien que de penser au contact de sa peau dans le creux de ma main, sur le bout de mes doigts, des frissons de désir me parcourent le corps. Pour l’avoir si souvent observée, je peux visualiser la chair de poule parant ma peau mieux que le feraient des colliers de pierres précieuses. Une ceinture sensuelle qui se déploie comme une toile d’araignée. Quand je le branle ainsi, je ne cherche même pas à le faire jouir, seules m’importent mes sensations. Il le sait et en est d’autant plus excité.

La bobine était terminée. En se levant, Jimmy me fit réaliser que de son côté, il caressait ma cuisse.

– Ben ça va ! Vous gênez pas !

– C’est bien c’qu’on fait, Émilie ! C’est bien c’qu’on fait !

– C’est la retraite qui te rend fainéant, Jean-Luc ? Même pour la branlette, tu délègues !

Jean-Luc pesta.

– Pourquoi c’était pas moi dans le bus ?

– Regrette rien, t’aurais regardé tes pompes en marmonnant un « Salut. Ça va ? » Je ne t’aurais jamais demandé de me rendre ce service, Jean-Luc, jamais. Je voulais un homme d’expérience, pas un petit puceau !

– Mais je ne l’étais pas !

– Je l’ignorais. Tout le monde l’ignorait ! Enfin, mes parents et moi l’ignorions.

– Parle pour toi ! Les parents étaient au courant et Sylvie n’en a jamais douté !

– Elle t’a connu dix ans plus tard !

– N’empêche, y avait que toi pour ne rien remarquer ! C’était même un sujet de plaisanteries. Dédette qui voit jamais rien, qui monte sur la table, soulève sa jupe pour vérifier que les motifs de son collant sont bien ajustés et qui ne s’imagine pas qu’on puisse la mater !

– N’importe quoi ! J’attendais qu’il n’y ait personne dans la salle à manger pour le faire !

– Euh, ma chérie, sur ce point précis, l’ami Jean-Luc n’a pas tout à fait tort… Je pourrais même dire qu’il a carrément raison. Qu’y avait-il face au miroir ?

– La table

– Mais encore ?

– Ben, la porte qui donnait sur le couloir

– Couloir qui donnait sur…

– Sur la chambre de Martial, mais je vous aurais vus !

– Non, Dédette ! Ils s’asseyaient sur mon lit et orientaient la porte de l’armoire de telle sorte que la glace leur renvoie le reflet du miroir de la salle à manger. Je tiens à préciser que je n’assistais pas au spectacle, tout penché sur mes cours que j’étais. J’écoutais à peine leurs commentaires, fort élogieux au demeurant.

– Et ça ne t’ennuyait pas que tes potes se branlent, fantasment sur ta petite sœur ?

– Mieux vaut ça que l’inverse, Lucas ! Non, pour tout te dire, ça m’amusait plutôt.

La troisième bobine avait un repère jaune. Jimmy et Sylvie suivirent la consigne à la lettre et une fois encore, la synchronisation fut parfaite. Le film était plus récent. Louise n’était plus enceinte et Jean-Baptiste avait perdu sa raideur et dansait, lascif. Je sentis Jimmy sursauter. Je le regardai, surprise de le voir décontenancé, puis intéressé et enfin, amusé. À la fin de la bobine, il nous annonça « Je crois avoir compris un truc. Hou, comme j’ai eu le nez creux de rapporter les carnets qui étaient dans mon bureau ! » Il en ouvrit plusieurs, certains de Jean-Baptiste, d’autres de Louise, et parut à demi-satisfait.

– Je crois que j’ai trouvé une des clés de leur code, mais il doit y en avoir un autre, imbriqué. Ce n’est pas cohérent. Regardez dans la marge, le petit soleil jaune, je pensais qu’il représentait une promenade bucolique, surtout que dans les carnets de Jean-Baptiste, ce même soleil correspond à un ou deux vers plutôt romantiques. Je viens de comprendre que le nombre de rayons correspond au numéro de la bobine, mais je suis sûr que ce n’est qu’une partie de l’énigme.

– T’as pas un spécialiste du décryptage dans ton carnet mondain ?

– Si, mais je ne me vois pas confier ces carnets à celui auquel je pense !

– Pourquoi ne pas demander à Enzo ?

– Enzo ?!

– Oui, Enzo ! Il est balèze en matière d’énigmes. Il nous a sortis de galères pas possibles grâce à son don !

Je ne saurais dire qui d’Émilie ou de Lucas était le plus admiratif pour évoquer la façon dont Enzo résout les énigmes lors de certains jeux de rôles.

– C’est un expert parce que petit, il voulait être agent secret et s’entraînait à inventer des codes, des alphabets, à essayer de trouver des messages secrets dans les titres des journaux…

– Pauvre petit, quelle enfance il a dû avoir pour en arriver à de telles extrémités !

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