L’éducation du dedans

Betsy, Alister, Gideon, Linus et Socrates sont arrivés au mas par leurs propres moyens. Socrates avait insisté sur ce point. Ils étaient ravis à l’idée de découvrir la Provence tout en s’appliquant à conduire à droite. Red ne serait pas de la partie, retenue par ses obligations familiales en période d’Halloween. L’arrivée de deux voitures dans la cour me surprit. Je pensais qu’ils n’en prendraient qu’une. Quand les portières s’ouvrirent, j’en compris la raison.

– Red ?! Mais qu’est-ce…

– Oublie Red, c’est Roweena l’affranchie qui est venue vous rendre visite !

– Tu as… comment as-tu… quel alibi, quelle raison t’a permis de venir ? Une autre loterie toute aussi improbable ?

– Mieux que ça ! Un détective privé ! Mon mari couchait avec une femme mariée que l’époux faisait suivre. Constat d’adultère. L’avocat du mari m’a avertie de mon infortune. J’ai fait un scandale et j’ai exigé quelques semaines pour faire le point loin de ma famille. Comme l’avocat m’a appelée le lendemain de notre réponse, on a décidé de vous faire la surprise.

– Mais tu as une chance de crapule !

– Ou est-ce un signe du destin ?

La question de Betsy resta en suspens. Les gamins s’impatientaient. Nous fûmes fermement conviés à prendre place dans la salle des fêtes du mas. Nos invités eurent à peine le temps de s’extasier que la lumière se tamisa pour nous plonger petit à petit dans le noir.

La voix de Pauline retentit des coulisses. Le sceau du destin. Saynète en deux époques et quatre tableaux, écrite par ma grand-mère dont je suis si fière. Aussitôt suivie par la voix de Vincent traduisant cette annonce en anglais.

  • Les personnages :
    • Jimmy jeune homme, joué par Vincent.
    • Odette jeune fille, jouée par Émilie
    • Un chérubin à la mode sixties, Enzo
    • Une chérubine à la mode sixties, Manon.
  • Le décor : Un petit boudoir décoré très XVIIIe siècle. Un sofa, des gravures au mur, un petit guéridon. Devant le sofa, un jeune homme en jeans et en tee-shirt tient dans ses bras, une jeune fille en robe blanche. À l’avant-scène se tiennent Enzo côté cour et côté jardin, Manon. À chaque réplique, ils tendront un petit panneau sur lequel est inscrite la traduction de ce que diront Vincent et Émilie, afin que les anglophones puissent profiter des subtilités de cette saynète.

Émilie tout contre le corps de Vincent, respire son odeur. Il lui dit à quel point il la désire, et comme il se sent fier qu’elle l’ait choisi pour la dépuceler. Ils s’embrassent langoureusement. Inquiète, elle lui demande.

– C’était bien ? T’as aimé ?

– Et toi qu’as-tu pensé de ton premier baiser ?

Elle parait réfléchir, hésiter, l’embrasse de nouveau.

– J’adore ça ! Mais tout cette salive dans ma bouche, ça ne t’ennuie pas ?

– Au contraire, Princesse !

– Pourtant, j’aurais cru… la bave… que tu trouverais ça écœurant

– Détrompe-toi, c’est tout l’inverse !

Ils s’effondrent sur le sofa. L’ardeur de leurs baisers s’intensifie.

– Mes nichons sont si lourds et tous ces picotements autour de mes mamelons, attends, je vais te montrer.

Le temps qu’elle dégrafe sa robe, il se déshabille. Alors qu’il retire son slip, elle s’arrête net, le haut de sa robe tombant sur ses épaules.

– Oh ! Mais c’est vachement beau, en fait ! Pourquoi on dit que c’est moche ? C’est vachement beau, en vrai !

Tendant un index timide, elle demande

– Je peux ?

– Mais bien sûr, Princesse que tu le peux, mais ne voulais-tu pas que je te caresse les nichons ?

Émilie a un geste agacé, comme pour lui dire « plus tard ». Vincent la laisse découvrir son sexe, l’approcher, le toucher, l’observer sous toutes ses coutures, en éprouver les reliefs, le manipuler comme un enfant découvre un jouet.

– Amuse-toi avec pour faire connaissance, après, je m’occuperai de ton cas !

Du bout de son index, Émilie agace le sexe de Vincent.

– Bite ! Bite ! T’es qu’une bite !

L’attrapant à pleine main et prenant une voix grave.

– Non ! Je suis une grosse verge ! Je ne suis pas une bite !

De nouveau l’index.

– Si ! Bite ! Bite ! Bite ! T’es qu’une bite !

Elle fait alors courir ses longs doigts graciles le long du corps de Vincent.

– Bite ? Verge ?

Les deux mains d’Émilie à plat sur les cuisses de Vincent convergent vers son membre. 

– Pénis !

– Mais qu’est-ce que tu as à déglutir si fort ?

– Tu sais, je fais souvent un drôle de rêve… je suis devant une statue et je lèche son pénis comme ça…

Les mains de Vincent se crispent autour de la tête d’Émilie.

– Ô, put… fatché !

– Oh pardon ! Je t’ai fait mal ?

– Oh non, Odette ! Bien au contraire ! Mais laisse-moi découvrir ton corps…

Vincent cherche à glisser sa main entre les cuisses d’Émilie, mais elle se dérobe à ses caresses.

– Tu préfères te caresser toute seule ?

– Non… c’est pas ça… mais il faut que je m’essuie avant… je suis pleine de faux sperme…

– De faux sperme ?! De quoi parles-tu ?

– C’est un fluide qu’il faut essuyer au plus vite dehors comme dedans, discrètement, avec un mouchoir, avant que le garçon ne s’en aperçoive. Parce qu’ils n’aiment ni son odeur, ni sa texture et que ça nuit à la fécondité en tuant les spermatozoïdes, c’est pour ça qu’on l’appelle faux sperme.

Vincent éclate de rire.

– J’ignore où est née cette légende, mais je t’assure du contraire et que c’est justement ça qu’on cherche ! Pour que ça coulisse mieux… regarde !

Si je suis sûre d’une chose, c’est que j’ai bien fait de te choisir pour me rendre ce service. Maintenant que je t’ai dit un secret de fille, à ton tour de m’en dire un de gar… d’homme !

Plus une fille mouille, plus c’est bandant.

Ah bon ? Et pourquoi ?

Parce que ça veut dire qu’elle est excitée et que ça va bien coulisser.

Alors, c’est parce qu’elles s’essuient dehors comme dedans que ça leur fait mal ?

Oui. Sens comme mon doigt va rentrer facilement…

Le doigt de Jimmy s’enfonce lentement en elle.

Si tu savais comme c’est bon de sentir ta chatte bouillante, trempée sous mon doigt… tu sens comme il coulisse bien ?

Les cuisses d’Émilie se serrent autour de la main de Vincent, emprisonnant son doigt. Quand il peut sortir son doigt humide, il prend sa voix la plus douce, un peu plus grave que d’ordinaire, mais moins puissante, ce qui accentue la mélodie de son accent.

À l’époque des premiers propriétaires, il y avait toute une armada de serviteurs, à chacun était affectée une tâche particulière.

Un peu comme mon père en Côte d’Ivoire ?

Exactement ! Figure-toi qu’il en était un, tout spécialement chargé d’apporter un plateau sur lequel se trouvaient quelques flacons et une petite spatule en or. Le serviteur recueillait sur le doigt de son maître “la première jouissance d’une pucelle” avec laquelle on préparait un philtre d’amour très puissant. Le maître tirait ce cordon et…

C’est vrai ?!

Non. Mais ça devrait !

Ils éclatent de rire. Elle prend sa main, la remet entre ses cuisses.

Demande-moi un truc cochon avec des gros mots…

Tu aimes quand je te doigte ? Dis-moi que tu aimes mouiller quand mes doigts bougent comme ça dans ta chatte !

Encore ! Rien n’est meilleur que ça, n’est-ce pas ?

Ouvre les yeux, Princesse, je veux voir l’éclat de ton regard quand tu jouiras…

Comment tu sais que je vais jouir ?

Je sens ton vagin se gonfler sous mes doigts et… tu le sens comme il palpite ?

Et ça te fait quoi ?

Regarde ! Regarde ce que ça me fait !

Oh ! La chance ! Il est encore plus beau ! Oh, regarde, le gland a changé de couleur ! Oh… mais ça mouille aussi les hommes ou t’es en train de juter ?

Non, il s’agit d’un lubrifiant naturel…

Ta bite est encore plus douce, comme ça…

– Qui t’a parlé de bite ?! Je te parle des plaisirs que peut t’offrir une grosse verge !… C’que tu peux être belle quand tu souris comme ça, Odette !

Manon et Enzo tiennent chacun un pan du rideau, qu’ils referment en se rejoignant au centre de la scène. Sur un panneau « La soirée se poursuit », sur l’autre sa traduction en anglais. Après quelques minutes durant lesquelles ils ont dansé sur scène, une série de slows. Enzo prend le pan de rideau que tenait Manon, qui fait de même et ils l’ouvrent de la même façon qu’ils l’avaient refermé. Manon se retrouve côté cour et Enzo côté jardin.

Le rideau s’ouvre sur une chambre du même palais. Un lit à baldaquin, une coiffeuse, quelques tableaux aux murs. Allongée sur le lit Émilie se laisse caresser par Vincent. Comme lors du tableau précédent, les chérubins lèvent à tour de rôle les panneaux traduisant les dialogues.

Le jeune Jimmy écarte les lèvres de la vierge Odette, lui décrit la beauté de ses replis, les différentes couleurs, s’extasie que l’entrée de son vagin soit de ce rose précis. Elle ferme les yeux pour s’étourdir de ses mots, pour imaginer son visage quand il les prononce.

Ouvre les yeux Princesse, je veux voir ton regard quand je te déflorerai

Elle les ouvre.

Non ! N’arrête pas ! Continue !

Continuer quoi ?

Tu le sais bien…

Je veux te l’entendre dire, Princesse !

Puisque tu insistes, je te dis tout, alors ! Continue à te branler en matant ma chatte…

– Ne rentre pas la tête dans les épaules, Princesse ! Tu es encore plus jolie quand tu me dis ces mots…

Plus je te regarde, plus j’ai envie que tu continues… c’est super beau quand tu te branles ! Je te regarde et… et j’ai envie…

Rappelle-toi notre promesse, ni honte, ni tabou !

J’ai envie que tu te branles en me regardant faire ce que tu voudrais me voir faire.

– Ô, Princesse ! Ô, Princesse ! Pardonne-moi, mais je ne peux plus attendre. Garde tes yeux ouverts…

Parce que le regard d’une pucelle se faisant déflorer entre aussi dans la composition du philtre d’amour ?

Exactement, Princesse, exactement !

Oohh… C’est aussi bon pour toi que c’est bon pour moi ?

Oui, ma Princesse ! Oh que oui !

Tu pourrais sortir de ma…

De ta quoi ? Dis-moi le mot, ça me fait bander plus dur !

Tu pourrais sortir de ma chatte et me reprendre tout doucement ? Outch ! J’aime bien quand tu bandes comme ça ! Outch ! J’adore ça ! La… p’tite bosse quand elle frotte comme ça…

La p’tite bosse ? Ça ?

Oh oui ! Tu me la montreras ?

Je n’y manquerais pas, ma Princesse ! Guide-moi, indique-moi jusqu’où te pénétrer.

– Encore… encore… enc… mais retire-toi tout doucement… que je puisse profiter… oui… outch ! Oh comme j’aime ta p’tite bosse… ! Stop ! Ne bouge plus ! Pourquoi tu souris ?

– Parce que je suis heureux !

– Oh ! Merci ! C’est gentil ! Mais… pourquoi tu bouges plus ?

– Tu m’as dit « stop »

– S’il te plaît, Jimmy… s’il te plaît…

– Je ne reprendrai mes va-et-vient que si tu acceptes de me guider avec tes mots. Dis-moi quand tu voudras que j’aille vite ou au contraire, lentement. Dis-moi si tu veux me sentir tout au fond ou bien si tu préfères sentir mon gland à l’entrée de ton vagin.

Comme le demande le jeune Jimmy, la jeune Odette le guide pendant cette première étreinte.

– Montre-moi… pour les… brûlures… calmer…

Il prend sa main et la guide vers son clitoris.

– Avec moi ! Aide-moi ! Montre-moi… comment… faire… !

– Odette, je vais jouir…

– Mais… après… on passe quand même la… nuit ensemble ?

– Tu sens ? Que… je jouis en toi ?

– N’arrête pas ! N’arrête… pas ! Non ! Je t’en prie, reste encore un peu… On bougera pas si tu préfères… Reste… S’te plaît !

– Non, je ne veux pas prendre le risque d’irriter ta petite chatte fraîchement déflorée !

– Tu vois, par ta faute, je me sens toute vide maintenant !

Qu’est-ce qui te rendrait heureuse, Princesse ?… C’est quoi ce regard ?

S’il te plaît…

S’il te plaît quoi ?

Tu m’avais promis de me montrer ta p’tite bosse…

Dans un sourire, il lui fait découvrir le bourrelet à la base de son gland. Elle l’embrasse avec tendresse.

Merci, Jimmy !

Serviteur, Odette !

D’une langue gourmande, elle humecte ses lèvres.

– C’est encore meilleur que dans mes rêves… slurp… de statue !

Manon et Enzo referment le rideau comme précédemment. Pauline, habillée comme le sont les conférencières qui se veulent un peu conteuses, arpente la scène avant de se tourner vers le public et de le prendre à témoin.

– Mais ce qu’ignorait ce coquin de Jimmy, ce qu’il aurait su s’il avait pris la peine de partir à la recherche du tiroir le plus secret du secrétaire…

S’interrompant, elle traduit ce préambule exagérant l’effet du suspens qu’elle laisse planer.

– Mais ce qu’ignorait ce coquin de Jimmy, c’est que soixante-treize mille quarante-sept jours s’étaient écoulés depuis cette nuit où, jour pour jour, heure pour heure, minute pour minute…

Pauline s’interrompt, traduit et sort de scène. Le rideau s’ouvre sur le décor du premier tableau.

  • Les personnages :
    • Le prince, joué par Enzo
    • La princesse, jouée par Manon
    • Le serviteur, joué par Lucas
    • Cupidon, joué par Vincent.
    • Cupidone, jouée par Émilie
  • Le décor : Sur le sofa, Manon costumée comme une princesse tout droit sortie d’une toile de Fragonard, cherche à échapper aux baisers d’Enzo lui-même vêtu à la mode de cette époque.

– Me tenez-vous pour un coq à glousser de la sorte ?

– Que nenni ! Que nenni ! Vous m’avez priée, ce tantôt, de vous ouvrir mon cœur, sans crainte de vos moqueries. Vous m’avez assurée de toute votre bienveillance à mon égard. Je vous livre donc mon tourment. Monsieur, sachez que j’ai une folle envie de répondre à votre baiser, las ! À cette idée, ma bouche s’emplit de fluides et je crains que cela ne vous incommode. Aussi, je tente de les avaler en déglutissant de la sorte.

– Votre candeur me charme, jolie Princesse… tant de fraîcheur ! Apprenez, gente demoiselle, que loin de me déplaire, cet afflux m’émoustille grandement !

– Puisqu’il en est ainsi…

Manon embrasse passionnément Enzo. Les caresses de celui-ci sont entravées par les nombreux dessous de Manon. Ils se dévêtent. Alors qu’elle ne porte plus qu’un bustier, Manon tombe en pâmoison devant le sexe dressé d’Enzo, digne descendant d’Alain.

– Si mes confidences devaient vous heurter, si vous les estimiez indignes d’une femme de mon rang, ne craigniez point de m’offenser en me demandant de cesser mon récit. Je fais souvent un songe qui me trouve troublée à mon éveil. Je suis la captive d’une geôle végétale, le centre exact d’un labyrinthe. L’espace est clos, rien ne distingue une haie d’une autre si ce n’est une statue d’Apollon. Je m’en approche, observe ce qui distingue les hommes des femmes et soudainement prise d’un transport charnel, commence à m’en régaler comme d’une friandise. Un passage s’ouvre alors. Passage au bout duquel une autre statue attend mon regard, espère mes caresses, aspire à mes baisers. À chaque statue ainsi honorée s’ouvre un nouveau passage vers la liberté.

– Ne vous interrompez point, Princesse, et narrez-moi ce qu’ensuite il advient !

– Hélas, mon Prince, je ne puis vous le dire puisque je me réveille dans le même état où je me trouve à présent. Une brûlure humide au plus profond de mon intimité et ces maudits fluides… Comment m’en débarrasser et m’assurer de les avoir chassés à tout jamais ? Comment apaiser cette brûlure ? Cela est-il seulement possible ?

– Mais ce sont justement ces fluides que nous recherchons, Princesse ! Laissez-moi vous démontrer leur utilité ! Mais avant toute chose, fermez les yeux et imaginez-vous dans ce labyrinthe, je serais une statue…

– Oh non, mon Prince ! Je serais bien marrie de devoir fermer les yeux devant tant de beauté !

Manon suce Enzo avec délectation, jouant à merveille la candeur gourmande d’une première fellation. De nouveau réunis sur le sofa, le Prince fait découvrir à la jeune Princesse les charmes de l’amour digital. L’ayant faite jouir, il tire un cordon. Lucas entre en scène, vêtu comme un valet de comédie portant perruque, entre ses mains un plateau d’argent.

Le Prince embrasse la jeune Princesse, sort son index et son majeur du sexe de la jeune fille, se tourne vers son valet « La première jouissance d’une pucelle… » Il tend ses doigts à son serviteur qui, à l’aide d’une spatule en or, recueille les sucs dont ils sont recouverts. Troublé par le regard extatique de la jeune fille, sa main tremble pendant qu’il en remplit la fiole, une goutte tombe sur son doigt, qu’il suce à l’abri des regards.

Après que son valet a recueilli la première jouissance, le Prince plonge deux doigts dans le puits d’amour de sa toujours pucelle, il les ressort, les offre à la bouche de la demoiselle tout en l’embrassant fougueusement.

Émilie et Vincent referment le rideau comme l’avaient fait avant eux Manon et Enzo. Les deux mêmes panneaux « La soirée se poursuit » et sa traduction en anglais. Après quelques minutes durant lesquelles ils ont dansé sur scène, un semblant de menuet fripon où les caresses sur les parties intimes semblent avoir été chorégraphiés par Éros en personne. Vincent prend le pan de rideau que tenait Émilie, qui fait de même et ils l’ouvrent de la même façon qu’ils l’avaient refermé. Émilie se retrouve côté cour et Vincent côté jardin.

Le rideau s’ouvre sur la même chambre. Sur le lit est allongée Manon et s’apprêtant à la déflorer, Enzo. Se tenant debout au pied du lit, Lucas pose un plateau sur la coiffeuse et, un miroir dans chaque main, semble chercher l’angle idéal. Sur le plateau une fiole dotée d’une sorte d’entonnoir réfléchissant.

– Ne vous offusquez pas, ma mie, sa présence n’a aucune importance. Il n’est là que pour capturer, à l’aide de ces miroirs, votre regard quand je vous déflorerai. Il l’emprisonnera dans cette fiole ainsi je pourrai vous remettre le philtre d’amour que vous me suppliâtes, tantôt, de vous confectionner.

– Ce n’est pas tant sa présence qui m’importune, mais vous et moi, prince et princesse de sang royal, nus comme au premier jour devant ce valet habillé de pied en cap…

– S’il n’y a que cela pour défroisser votre joli minois et chasser cet air chagrin… Allons, mon brave, ne nous fais pas languir !

Lucas se dévêt.

– Oh ! Mais il est noir des pieds à la tête ? Je serais bien curieuse…

– Approche, approche, mon brave, montre à Madame ce qu’elle cherche à voir ! Qu’en pensez-vous, ma mie ? Ressemble-t-il à l’une de vos statues oniriques ?

– Point de statue de dieux maures ou nègres, mais si cela devait advenir lors d’un prochain rêve… Approche, approche… Ô, mon Prince, m’autorisez-vous tant que je suis encore pucelle, à me régaler de ce membre massif comme sculpté d’ébène ?

– Que pourrais-je refuser à celle qui m’offre de son philtre d’amour plus que la moitié ?

– Que ce membre est superbe et ces bourses réactives ! Regardez comme elles recherchent mes caresses et comme ensuite son membre se dresse ! Penche-toi, mon brave et montre-moi ton habileté à honorer ma bouche de Princesse.

Lucas s’approche de Manon, il lui baise la bouche. Grâce à un savant jeu de miroirs, le Prince et la Princesse peuvent profiter du spectacle. D’un geste de la main, Manon le congédie.

– Laisse-moi découvrir tous tes reliefs du bout de ma langue agile

Manon le suce avec passion puis, s’estimant prête, demande à Lucas de reprendre sa place auprès du guéridon. Le Prince la déflore, mais l’éclair dure plus longtemps qu’une étincelle. Lucas pensant avoir capturé l’intégralité du regard, a légèrement bougé et les trois ont été brièvement éclaboussés du reflet de cet instant. Manon en pleine extase psalmodie « Je me meurs, je me meurs ! » Le Prince rabroue son valet. « Elle se meurt, offre-lui les sucs de ton vit afin de la ramener à la vie ! »

Lucas s’exécute et comme plus tôt, offre la scène aux regards attentifs du Prince et de la Princesse. La vue du sexe de son serviteur baisant la bouche de la Princesse, transforme en fougue animale ce qu’il pensait être un dépucelage accort.

Enzo mord Manon avant de jouir, Manon jouit une fois encore, mais son cri est étouffé par le sexe de Lucas, qui jouit au fond de sa gorge peu après.

Le rideau se referme. Pauline, la conférencière, revient au milieu de la scène pour nous conter la morale de l’histoire.

– Ce que ce coquin de Jimmy ignorait, ce dont lui et sa princesse se moquent si souvent…

Pauline traduit et laisse encore planer le souffle du suspens.

– Ce que ce coquin de Jimmy et sa Princesse n’ont toujours pas compris, c’est que les signes du destin existent et qu’il faut savoir les reconnaître quand ils croisent notre chemin.

Jim et quelques autres, dont Cathy, approuvent bruyamment.

– Laquelle, lequel d’entre vous oserait prétendre que ce ne sont que les fruits du hasard quand tant de coïncidences coïncident ? Odette qui change de tenue au dernier moment et rate son bus. Le fait que personne ne puisse remarquer qu’elle ne sera pas là où elle est censée être. Jimmy qui s’entête à chercher l’appoint chez le kiosquier alors qu’il ne le fait jamais. Cet entêtement qui lui fait, lui aussi, rater son bus. Sa montre-gousset qu’il a dû, le jour-même, laisser chez l’horloger qui, le temps de la réparation, lui a prêté une montre bracelet. Cette même montre sur laquelle se reflète le soleil, indiquant à Odette que c’est l’homme idéal au bon moment. Et ces clients qui se décommandent au dernier moment, permettant à Jimmy d’offrir à Odette leur premier dîner-croisière sur la Seine.

Il ne faut pas être bien malin pour comprendre qu’il s’agit de signes du destin ! Et si ce coquin de Jimmy, au lieu de s’amuser avec ses poilus, s’était donné la peine d’explorer toutes les cachettes du secrétaire, il y aurait trouvé cette anecdote consignée au cœur d’un carnet. Il aurait alors reconnu la scène alors qu’il la reproduisait avec Odette, soixante-treize mille quarante-huit jours plus tard, heure pour heure, minute pour minute.

Pauline traduit son propos, d’un geste invite Vincent à la rejoindre. Elle en français, lui en anglais expliquent alors que c’est ainsi que leur avait expliqué Mireille, leur grand-mère dont ils viennent, avec fierté, d’interpréter cette nouvelle saynète. Remue-ménage en coulisses, protestations bruyantes, Lucas, Émilie, Manon et Enzo envahissent le plateau. Lucas prend la parole, Émilie traduit. Elle a omis de vous raconter la fin de l’histoire ! Semblant prendre conscience de sa bévue, Pauline s’en excuse et poursuit, traduisant phrase après phrase.

– Si ce coquin de Jimmy avait lu le carnet, il aurait eu le fin mot de l’histoire. En léchant son doigt, le serviteur a bu une partie du philtre. En donnant ses doigts à sucer tout en embrassant la Princesse avec fougue, le Prince leur en avait aussi fait ingérer. Quant à l’autre composant, l’éclat du regard d’une pucelle se faisant déflorer, souvenez-vous, le serviteur les en avait brièvement aspergés. Ce qui eut pour conséquence de les unir à tout jamais, à travers le temps, à travers l’espace.

Est-ce par hasard que deux cents ans plus tard, jour pour jour, heure pour heure, minute pour minute, ce coquin de Jimmy pense faire une blague à Odette en croyant inventer cette histoire rocambolesque de philtre d’amour ? Est-ce par hasard qu’il reproduit les gestes de son illustre prédécesseur, dans les mêmes lieux, sur ce sofa précis, en usant des mêmes mots ? Est-ce encore qu’une simple coïncidence l’idée d’Odette qui pour se faire taquine évoque le regard d’une pucelle se faisant déflorer comme le second ingrédient dudit philtre ? N’y voyez-vous que le fruit du hasard, quand le premier surnom qui nous vienne à l’esprit en songeant à Odette soit Princesse ?

Mais, me direz-vous, où se trouvait le serviteur en 1967 ? Les temps ont heureusement bien changé. Cependant, tels des cailloux blancs, les signes du destin ont indiqué le chemin à nos deux pragmatiques, ils les ont menés aux antipodes où le troisième larron s’était caché. Et c’est tous en chœur que nous lui affirmons : Welcome home, Jim O’Malley !

Les saynètes de Madame – « Tel est pris qui croyait prendre ! »

– Vite ! Vite ! Accourez, mon ami ! Et venez juger par vous-même !

– Que se passe-t-il, très chère ? Qu’avez-vous de si important à me montrer que vous me dérangez en plein labeur ?

Le rideau s’ouvre, laissant apparaître la chambre conjugale d’un intérieur bourgeois.

– Constatez ! Constatez que je ne vous ai point menti ! Le voici, le gredin ! Le voici, mon tourmenteur ! Ah, ah, monsieur le Méchant, vous voilà bien attrapé !

– Qu’est-ce ceci ? Allez-vous m’expliquer ?

– Vous m’avez, à maintes reprises, soupçonnée… que dis-je « soupçonnée »… accusée d’être une épouse infidèle, tenant pour preuve mon… intimité souillée, selon vous, de la semence de mon amant. Or, je vous ai toujours affirmé vous être restée fidèle, je vous ai toujours clamé mon innocence. Seulement, vous ne m’avez pas crue. Votre regard et vos remarques acerbes me souillaient aussi certainement que si je m’étais vautrée dans la fange, mais vous… Si j’avais eu un amant, je m’en serais souvenu ! Étais-je donc folle à lier ? J’avais beau chercher dans mes souvenirs, je ne me rappelais de rien, si ce n’étaient quelques rêves… dont je préfère ne pas parler…

Après le dîner, puisque comme tous les soirs vous deviez vous pencher sur quelque dossier de la plus haute importance, je décidai de mettre en pratique le plan que j’avais échafaudé le matin même. Comme tous les soirs, j’allai dans notre chambre, me mis au lit, lus un chapitre d’un roman d’amour, éteignis la lumière, mais à la différence des autres soirs, je ne bus pas ma tisane relaxante et la laissai sur ma table de chevet.

Me pensant endormie, ce gredin, entra subrepticement par la fenêtre, que vous tenez à garder ouverte, hiver comme été, malgré ma tendance aux refroidissements, se glissa dans le lit et tandis qu’il ôtait ses… haillons, remarqua la tasse posée sur ma table de chevet « Alors, t’as pas bu ton digestif, la bourgeoise ? » et la but d’un trait, avant de s’allonger à mes côtés.

Je faisais semblant de dormir et lui me faisait exactement ce que me fait habituellement Alain Delon dans mes rêves… je vous passe les détails… Pendant ce temps, la tisane faisait son effet et il s’est endormi pendant qu’il « me faisait mon affaire », pour reprendre sa grossière formulation.

– La tisane agirait-elle si rapidement ? Au bout de combien de temps s’est-il endormi ? Pendant combien de temps avez-vous dû subir ses… assauts ?

– Je ne saurais vous dire précisément… un peu plus d’une heure… moins de deux, je suis formelle ! Moins de deux… Quand il fut endormi, je vous empruntai quelques cravates, me servis également de mes bas et le ligotai.

Ah, ah, vous voilà bien attrapé, Monsieur le gredin ! Et veuillez cesser, je vous prie de vous tortiller comme un ver à soie !

Quant à vous, Monsieur mon mari, reconnaissez votre erreur et admettez ma parfaite bonne foi !

– Si fait, Madame, si fait ! Afin que je puisse prendre la pleine mesure de ma faute, dans ce méjugement, auriez-vous l’obligeance de me montrer ce qu’Alain Delon vous faisait dans vos rêves ? (Regardant le gredin d’un air blasé) Alain Delon… !

– Puisque vous y tenez, et afin que vous ne puissiez plus remettre en cause ma bonne foi, je veux bien consentir à vous accorder cette démonstration. À cette fin, veuillez, je vous prie m’aider à installer le gredin sur ce fauteuil et prendre sa place.

Le mari et son épouse, entreprennent de déplacer le corps ligoté du gredin.

– C’est qu’il est lourd, le bougre ! Aidez-nous, monsieur le tourmenteur, au lieu de vous agiter sottement ! Laissez-vous transporter, aidez-nous plutôt que de lutter ! Et il ne sert à rien de grogner ainsi, derrière votre bâillon, vos propos demeurent inintelligibles ! Allons-nous devoir vous assommer ? Non ? Voilà qui est raisonnable…

Le gredin installé dans le fauteuil, l’épouse reprend son récit.

– Voilà qui est plus conforme à la situation. Veuillez, mon ami, avoir l’obligeance de vous dévêtir et de porter à vos narines ma culotte que j’avais posée, proprement pliée et que ce malotru a reniflée, froissée avant de la jeter à terre, comme un vieux chiffon usagé. Voilà qui est mieux… Devrais-je éteindre la lumière ou souhaitez-vous que je la laisse ?

– N’éteignez point, ainsi je pourrais mieux me rendre compte.

– Vous avez raison, mon ami ! Et quant à vous, monsieur le gredin, vous pourrez ainsi prendre la mesure des tourments que vous me faites subir plusieurs fois par semaine !

Plusieurs fois par semaine, dites-vous ?

– Hélas, mon ami… hélas… ! Je suis donc allongée sur le dos, les mains reposant pieusement sur la couverture. Ce gredin s’allonge à mes côtés. Oui. C’est ainsi qu’il fait. Par une pression sur mon épaule, m’oblige à me mettre sur le flanc… comme ça… oui !

– Groumpf ! Groumpf !

– Mais cessez donc de vous agiter, Monsieur, j’entends à peine les indications de mon épouse ! Cessez donc ces grognements, ces soubresauts ! Ah ! Vous voyez où ça vous a mené ? Vous avez chu et je vais devoir vous réinstaller sur le fauteuil !

Le mari se lève et tente de remettre le gredin sur le fauteuil.

– Mais aidez-moi au lieu de résister ! Qu’avez-vous donc de si important à me dire ?

Le mari desserre le bâillon.

– Avant de la mettre sur le côté, comme il fait nuit noire, je dois m’assurer que c’est bien elle…

– Oh ! C’est trop fort ! Après m’avoir injustement accusée, voici que vous le laissez aller à ses divagations ! Quel affront !

– Laissons-le s’expliquer, mais je vous assure que votre version aura ma préférence, si je devais faire un choix. Alors, ainsi vous vous assurez qu’il s’agit bien de mon épouse ? Ensuite… ?

Le mari reprend sa place sur le lit et, comme à tâtons, caresse le visage, les épaules, les seins de son épouse.

– Non ! Non ! Si vous voyiez mes mains, vous constateriez qu’elles sont bien trop caleuses pour me servir d’yeux dans le noir !

– Et de quelle façon procédez-vous à l’identification ? Avec votre bouche ?

– Que nenni ! Je me sers de mon membre que je passe comme ça sur ses joues.. oui… ainsi… Descendez jusqu’au menton, oui… Remontez le long de l’autre joue… plus près de l’oreille… Boudiou ! Je me tords le cou et j’y vois goutte ! Oui… Tournez-vous ainsi… de toute façon, d’un côté comme de l’autre, c’est toujours le même lit ! Remontez encore… jusqu’au front… caressez-le sur toute sa surface… oui… avec le gland… Boudiou ! Je bande comme un âne à vous regarder faire et ce bas me cisaille les joyeuses !

– Hors de question que nous vous détachions, monsieur le gredin ! J’ai eu trop de mal à vous capturer !

– Reprenons ! Je fais ainsi… comme un peintre applique ses couleurs…

– Maintenant, descendez le long du nez, faites le tour de sa bouche, titillez-la avec votre… Monsieur, avec tout le respect que je vous dois, vous vous y prenez mal ! Parce qu’elle aurait déjà dû avoir entrouvert ses lèvres et permis à votre gland de goûter à la douceur de sa bouche… gourmande.

– Monsieur ! Je vous en prie, vous vous égarez ! Que dites-vous là ? Ce n’est qu’un gredin, mon ami, n’écoutez point ce tissu de mensonges !

– Avec moi, elle parle pas…

– Reprenons là où nous en étions. Fermez les yeux, ma mie, et faites semblant de dormir…

– Vouaï, comme avec moi… Agacez-lui le bord de la lèvre… à la commissure… Non ! Juste au-dessus… titillez-la comme l’abeille qui se pose sur le pistil… elle ne sait où butiner… où que ce sera le meilleur… aaahhh… voilà… ! Laissez-vous faire, maintenant… Vous sentez comme elle vous tète avec…

– Oh oui !

– C’est donc la bonne personne ! Maintenant, que vous en êtes sûr et même s’il vous en coûte, sortez de sa bouche… en prenant tout votre temps… et faites-la pivoter sur le cô… tout doux ! N’allez pas nous la réveiller ! Et allongez-vous derrière elle… Je veux pas me moquer, mais avé moi, elle se colle direct à mon corps…

– Ne croyez pas ses allégations, mon ami ! Cet homme ment ! Si je me collais à son corps, je m’en souviendrais !

– Quand elle est tout contre moi, je glisse doucement mes mains sous sa chemise de nuit… plus furtif que ça ! Imaginez un renard se faufilant dans un poulailler… Oui ! D’une main, remontez jusqu’aux belles mamelles… mais ! Vous voulez la traire ou quoi ?! Boudiou ! Une telle poitrine mérite un peu d’attention, de respect ! Caressez-la doucement… prenez son sein dans votre main… aussi délicatement que si vous trouviez un joli petit nid tombé de l’arbre et que vous vouliez le remettre en place… doucement… dou-ce.-ment… L’autre main, je la plaque sur son ventre… ainsi, je peux la serrer tout contre moi… N’oubliez pas les caresses légères… glissez la main entre ses seins… le tranchant de la main… Fermez les yeux, imaginez… C’est votre membre qui coulisse entre ses mamelles… Imaginez la douceur… Boudiou ! Au moins, desserrez-moi ce putain de bas !

– N’en faites rien, mon ami, poursuivez… l’exercice…

– Et que faites-vous, ensuite, monsieur le… ligoté ?

– J’appuie plus fermement sur son ventre tout en poursuivant les va-et-vient de ma main entre ses seins… vous voyez, rien de bien offensant… Mon sexe se frotte contre la raie de ses fesses, au même rythme…

– Mais pas du tout ! Il glisse son membre entre mes cuisses et fait descendre sa main de mon ventre à… là… Voilà comment et où il met son gland et comment il appuie… là… sur mon « bouton »… s’agitant comme on fornique… C’est ainsi qu’il fait ! J’en suis certaine !

– Mais ça, c’est que pour le dimanche !

– Menteur ! Je me souviens de certains… rêves identiques, lundi, jeudi, vendredi !

– Mais… mais c’étaient les lundis de Pâques et de la Pentecôte, le jeudi de l’Ascension, et le Vendredi Saint ! Quand je dis « dimanche », je veux dire « jours du Seigneur » !

– Alors, dites-le ainsi ! Soyez précis, monsieur le gredin ! Puisque vous racontez, veillez à l’être !

– Pouvez-vous soulever la couverture, que je puisse vérifier si vous faites tout comme moi ?

Le mari s’exécute. Le gredin étire le cou… le mari desserre son étreinte afin que le gredin vérifie la position du corps de l’épouse assoupie.

– Remontez davantage la chemise de nuit… Boudiou ! Son cul est encore plus beau que je l’imaginais !

Et vous le laissez se rincer l’oeil ?! Je ne vous félicite pas, mon ami !

Le mari reprend sa place, dans le dos de sa femme. Il glisse son sexe entre les fesses de son épouse, suivant les indications du gredin. Il se frotte langoureusement, comme il le ferait entre les seins de sa femme.

– Mon ami, continuez vos caresses sur mon… sur ma féminité

– Soyez plus finaud ! Gardez vos forces ! Le but de ces caresses c’est de l’amener à bouger, à onduler dans son… sommeil. Oui ! Faites-la danser ! Regardez comme elle aime ça, la bourgeoise ! Elle est mouillée du minou ou pas encore ? Me regardez pas avec des yeux de merlan frit ! Pour le savoir, mettez-y les doigts ! Ah… voilà qui est mieux !

En effet, l’épouse roucoule de plaisir et ondule lascivement de la croupe.

– Elle est mouillée comment ? Un peu ? Beaucoup ? Vous savez pas ? Plus ou moinssse que d’habitude ? Plutôt plus ? Ah ! Tant mieux pour vous, alors ! Vous y mettez combien de doigts ? Que un ?! Mais vous la soumettez à la torture si vous y en mettez que un !

Ah ! C’est bien ce que je me disais, mais je n’osais vous en faire la remarque, mon ami !

– Voilà qui est mieux ! Écoutez-la roucouler, sentez comme elle bout de plaisir, sentez comme son coeur s’emballe.

De fait, l’épouse ne peut cacher la vague de plaisir qui s’empare d’elle.

– C’est bien ainsi qu’il procède, se comporte avec vous, madame ?

– Dans… mes rêves… il lui arrive de me… de me… pénétrer et de me faire… onduler… danser autour de son membre… sans cesser ses caresses…

– Ainsi ? C’est ainsi qu’il vous… fait danser ?

– Perdriez-vous la tête, mon ami ?! Ainsi, ce serait pécher ! Nous ne sommes ni dimanche, ni un jour férié !

Pendant que le mari sodomise son épouse, l’excitation du gredin est à son comble. Ses grognements rageurs, ses plaintes et ses suppliques sont couverts par les cris de plaisir du couple légitime.

Le rideau se ferme. Puis s’ouvre. Le mari, l’épouse et le gredin saluent sous les applaudissements du public. Le rideau se referme. On entend des bruits divers sur la scène. Des pas qui s’éloignent. La lumière s’éteint.

– Bon. Vous attendez quoi pour me détacher ? Non ! Revenez ! C’est pas drôle ! Vous pouvez pas me laisser comme ça, tout ficelé comme un rôti !

– N’y comptez pas, car telle est la sanction que mon époux et moi-même nous plaisons à infliger à tous les gredins de votre espèce !