Odette&Jimmy – « I was sleeping, gently napping, when I heard the phone »

Le titre de ce texte est la première phrase de la chanson New York conversation de Lou Reed (in Transformer) que vous pouvez écouter en cliquant sur cette phrase.

Jimmy m’a téléphoné, sa voix hésitante trahissait un trouble profond.

– Princesse… ma chérie… je sais que j’ai merdé, mais c’est arrivé comme ça… J’ai merdé. Ne m’en veux pas…

– Qu’est-ce que tu racontes ? T’en vouloir de quoi ? Tu as merdé ? Qu’est-il arrivé ?

– Émilie

Émilie ? Quelle Émilie ?

– Ta petite Émilie… la fille de Sébastien… elle est au mas et…

– Et quoi ? Émilie est chez toi ?! Mais pourquoi ? Mais comment ? Qu’as-tu fait ?

J’en pouvais plus de ses « mémé Dédette »… elle a préparé du chocolat… je faisais partie du jury pour les départager, elle et Lucas… et… j’ai lâché le morceau pour nous deux… J’ai lâché le morceau, Princesse… J’ai merdé… ne m’en veux pas…

– Mais quel con tu fais ! Tu m’as filé une de ces trouilles ! J’ai cru que tu avais couché avec elle !

Avec Émilie ?! Mais c’est qu’une gamine !

– Avec les hommes on sait jamais. Pourquoi tu ris ? Pourquoi ce ton pour dire « Oh, ma Princesse » ?

– Parce que tu imagines qu’une gamine de 25 ans puisse avoir envie de coucher avec moi. C’est vraiment flatteur !

Un long silence.

– Ma Princesse chérie, je serais si heureux que tu viennes nous rejoindre, te faire découvrir le mas, te présenter enfin à mes amis. Il serait temps, non ?

– Tu as raison. Il est temps que je franchisse le pas. Si tu veux, je prends le premier vol ou le premier train pour Marseille. Je te confirme ça.

Un nouveau silence.

Jimmy, je peux t’avouer un truc ? Nous en avions parlé à Vancouver, nous en avions parlé à Perth et on avait estimé que le sujet était clos, mais depuis, je n’attendais que ça… que tu m’invites à nouveau… pour accepter… te regarder droit dans les yeux, au milieu de ton univers et te dire à quel point je t’aime.

– Ô, ma chérie, ma Princesse chérie !

– Jimmy, tu sais quoi ? Tu as bien fait, pour Émilie, c’est sûrement plus facile à entendre de ta bouche que de celle de sa mémé Dédette…

– Oh non ! Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi !

– Sinon quoi ? Tu vas me mettre une fessée ?

– Sinon, je ne te mettrai plus jamais aucune fessée, mais une robe de chambre à fleurs et t’installerai dans un fauteuil avec une tisane et t’obligerai à regarder « Les feux de l’amour » !

– Oh putain ! Pour une punition, c’est une punition ! T’étais aussi sévère avec tes étudiants ? Alors, promis, je jette mémé Dédette aux oubliettes !

– Tu fais bien, Princesse !

Encore sous le coup de la surprise, j’ai réservé une place sur le premier vol pour Marseille, préparé ma valise. Le temps a filé à une vitesse incroyable. Je me suis installée dans l’avion. Des tas d’images s’entrechoquaient dans ma tête. J’ai fermé les yeux.

Quelques heures après son appel, je débarquais dans cet aéroport où m’attendait un comité de réception, composé de Martial qui tenait un panneau « Dédette », Sylvie qui agitait le sien « Didou », Émilie avait opté pour « Mémé Dédette » quant à Jimmy, il m’accueillait avec son panneau « Princesse ».

Une petite blondinette se tenait à l’écart, l’indifférence qu’elle affichait était trop flagrante pour être honnête. Je me suis dirigée vers elle.

Tu conduis ou on prend un taxi ?

Jimmy sautait comme une puce sur plaque chauffante « J’ai gagné ! J’avais raison ! La preuve ! Dis-leur, Princesse, dis-leur ! ». Ils m’ont couverte de bisous. Sylvie m’a fait revenir à la réalité.

– Et tes bagages ?

– Sur mon lit… J’ai oublié ma valise en partant… à mon â…

Jimmy m’a fait les gros yeux, m’a discrètement menacée de son index.

– … à mon avis, c’est l’émotion !

Pendant le trajet, Émilie n’arrêtait pas de me parler d’inconnus, dont un certain Balafré que j’étais censée connaître.

– Je connais un Balafré ?

Comme s’ils avaient anticipé ma question, Jimmy, Martial et Sylvie répondirent « Le p’tit puceau ! » tandis que la blondinette, Manon, répondit « Jean-Cule ».

L’accueil au mas fut encore plus chaleureux. Jean-Luc ricanait.

– Toi, j’te r’tiens !

– Parce que tu m’as cru puceau jusqu’en 2010 ?

Non. Non. Non ! Tu t’en tireras pas comme ça ! Tu sais très bien pourquoi ! Parce que ma petite-fille, ma descendance, en savait plus que moi, sur certaines de tes caractéristiques… anatomiques « Si on le surnomme le Balafré, c’est parce qu’il a une marque sur la teub, comme une cicatrice… genre Harry Potter de la teub ». Donc, la petite Émilie a vu ta queue avant moi, qui te connais depuis 1966…

– S’il n’y a que ça pour te faire plaisir, pour me faire pardonner…

Et là, comme si de rien n’était, je vois mon Jean-Luc, le même gars pourri de timidité que je connaissais, baisser son falzar et déballer son matériel, me mettre sa bite sous les yeux. Nature.

– T’inquiète, Odette, il fait ça tout le temps… Il l’avait même montrée à ma grand-mère et à celle de Christian ! Ça doit être sa façon de faire connaissance…

– Mon Dieu ! Un exhibitionniste ! Quelle horreur !

– Ne sois pas si sévère, Mémé Dédette, il n’y a rien de mal !

Jimmy et Sylvie éclatèrent de rire.

Elle se fout de vous ! J’espère que tu leur raconteras, ma Didou !

Quelle étrange impression ! Je connaissais l’intimité des amis de Jimmy, tout en en sachant si peu sur eux. Les éclats de rire de Christian, par exemple, personne ne m’en avait jamais rien dit. La douceur infinie de Cathy, les gloussements de Mireille et sa tendance à rougir quand Marcel ou Jean-Luc se montrent grivois.

Je découvris l’existence de la Confrérie du Bouton d’Or. Je savais que cette bande d’amis se rencontrait dès que possible, mais je trouvais ça étonnamment protocolaire. Connaissant l’esprit libertaire de Sylvie, Martial et Jimmy, j’étais surprise qu’ils se pliassent à un tel formalisme. Comme si elle avait lu dans mes pensées, Sylvie m’apporta quelques cahiers et dossiers contenant leurs « archives » pour que je comprenne mieux ce qui les attachait à cette Confrérie. Avant de les lire, je me tournai vers la petite Manon.

Si je comprends bien, voilà qui t’interdira l’épilation intégrale

Ah non, ça jamais ! Beark… les poils… beark !

– Mouais… la Confrérie du Bouton Chauve… la Confrérie du Mont Chauve… du Mont Pelé… mouais… pourquoi pas ? Chacun son truc…

Jimmy proposa aux gamins de nous laisser un peu entre nous, afin que je fasse connaissance avec ses amis, avec les lieux. Ils en profitèrent pour nous annoncer une représentation dès le lendemain soir. Annonce qui fut accueillie avec un enthousiasme bruyant.

J’avais les yeux dans le vide, je sentais une vague de sérénité absolue m’envahir, j’étais enfin arrivée, à ma place.

Je ne me suis jamais sentie aussi à l’aise de toute ma vie. Je suis enfin chez moi, je peux enfin poser mes valises…

Surtout que ça va pas trop prendre de place !

Mais t’es vraiment rien qu’un p’tit con, Jean-Luc !

– Bienvenue chez toi, ma Princesse !

Et puis, si tu as besoin d’autres vêtements, on a tout un dressing plein de robes et autres dessous qui t’iront à ravir… Si tu le souhaites, je me ferais un plaisir de t’aider à choisir…

– Brummel, le Prince des dandies !

Belle comme un cœur et de surcroît perspicace ! Prof, tu es un criminel de ne pas l’avoir arrachée plus tôt à ses terres du Nord, de ne pas l’avoir enlevée pour nous la présenter !

Te caille pas les sangs, ça c’est les Parisiens… Combien de temps on a dû patienter avant d’être présentés à la Fiancée ?

Je me trouvais au milieu d’une discussion animée dont je ne comprenais pas tout. Christian, à mes côtés, me traduisait, m’expliquait les sous-entendus. Monique prit la défense de son Titi, mon frère Martial.

Vous faites bien de la ramener ! Combien de temps le Notaire s’est gardé pour lui tout seul, en parfait égoïste, la délicieuse Madame ? Quinze ans ! Quinze ans !

Oui, mais ça c’est pas pareil… c’était de la estratégie de sa part…

De la stratégie de quoi ?

Fas cagua, Mounico, de la estratégie et pis c’est tout. Je me comprends…

– Moi, ce que je comprends surtout, c’est que t’as pas d’argument et que c’est de la mauvaise foi !

– Pas le physique, ni la religion !

On aurait pu croire qu’ils avaient répété cette scène des milliers de fois tant cette dernière phrase fut exclamée en chœur. C’est à cet instant précis que je compris la puissance du lien qui les unissait.

Je sentis, plus que ne le remarquai, le sourire de Christian assis à mes côtés. Je suivis son regard. Monique et Jean-Luc s’embrassaient tendrement.

– Qu’y a-t-il de plus beau ? Existe-t-il quelque chose de plus beau à voir que le corps de la femme que tu aimes, que le corps d’une femme en train de prendre du plaisir ? Connais-tu quelque chose de plus beau ?

La voix de Christian était envoûtante.

– De plus beau, je ne sais pas, mais d’aussi beau, de voir durcir la queue de l’homme qui regarde cette femme… et aussi son sourire…

Christian m’embrassa sur la joue, prit ma main.

– Viens !

Il m’entraîna dans un recoin de la pièce, deux grandes tentures pendaient du plafond. Je me « dissimulai » derrière celle qu’il me désigna, il se « dissimula » derrière l’autre. Je pouvais ainsi l’observer en toute discrétion observant subrepticement Monique et Jean-Luc se donner du plaisir. Un regard curieux de l’un ou l’autre des membres de la Confrérie nous aurait bien évidemment démasqués.

J’ai aimé le sourire presque enfantin de Christian quand il me désigna sa queue, son mouvement de tête semblant me dire « Alors ? Ça te plaît ? ».

D’un geste, je lui demandai l’autorisation de le regarder de plus près. D’un mouvement ample de la main, il m’invita à le rejoindre. Je fus surprise quand, arrivée à ses côtés, il me prit dans ses bras, m’étreignit en me chuchotant « Merci d’être enfin là sois la bienvenue parmi nous, Princesse de Jimmy ! ».

Je cherchai Jimmy du regard, il était en grande discussion avec Sylvie, Cathy et Joseph. Alain semblait taquiner Mireille. Daniel et Marcel se tenaient à l’écart, comme s’ils mettaient une surprise au point. Je jetai un regard en biais vers le sexe de Christian. J’aurais aimé en caresser les nervures, en éprouver le relief.

– À quoi tu penses ?

– À rien. Je suis heureuse et j’en profite. J’ai envie de…

– Tu as envie de ?

– Non. Rien. C’est ridicule.

– Laisse-moi en décider.

Je me hissai sur la pointe des pieds et lui avouai dans un murmure « De te montrer mes seins, tout en sachant que je n’en aurai jamais le courage ». Christian me sourit, me fit un clin d’œil « Tu as besoin d’aide ? Attends ! »

Je ne sais pas comment il a réussi à attirer l’attention de Jimmy et de lui seul, mais il y est parvenu.

– Ta princesse a besoin de tout ton art, de toute ta science pour se dévoiler.

J’étais blottie dans les bras de Jimmy, pour qu’il puisse dénuder ma poitrine et me permettre ainsi de l’offrir à la vue de Christian. Je n’ai pas pensé une seule seconde qu’il me déshabillerait intégralement.

– Ben mon salaud ! Tu t’es bien gardé de nous dire à quel point elle est belle ! Ah mon salaud ! Il nous avait pas dit que tu es si bandante !

Je regardais le sexe de Christian, sidérée de le voir bander si dur. Dans un geste réflexe, je tendis ma main pour le caresser, avant de me ressaisir et renoncer. Jimmy prit ma main et la guida vers la queue dressée de son ami.

– Fais-moi plaisir en te faisant plaisir, ma Princesse d’amour !

Je gémis un « si on nous voyait ». Je sentais Jimmy bander plus dur dans mon dos. Je branlais Christian en éprouvant un plaisir insoupçonné. « Tu veux qu’on les convie au spectacle ? » Tremblant comme une feuille, je soufflai un oui intimidé et, mue par je ne sais quel réflexe stupide, je fermai les yeux.

– Tu es d’humeur joueuse, mon amour ! Garde les yeux fermés et tente de deviner qui est à nos côtés.

Tout en disant ces mots, Jimmy dirigea ma main vers un premier sexe dont la taille me surprit. Alain ! Quand je caressai le second, quelqu’un sifflota une mélodie que je reconnus aussitôt, mais qui m’étonna.

– Jean-Luc ? Mais… il est avec Monique !

– Monique est occupée avec son Titi, tu n’imagines tout de même pas qu’on allait te faire toucher la bite de ton frère sans t’en avertir, Odette !

J’ouvris les yeux et compris, en croisant son regard, pourquoi Monique était tombée sous le charme de son Balafré.

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